Voïvod symphonique avec l’OSM @ Salle Wilfrid-Pelletier, Montréal – 29 janvier 2025

Voïvod et l’OSM, un parfait mélange

Ce soir, le concert à la prestigieuse salle Wilfrid Pelletier se transforme en un véritable spectacle sensoriel, où chaque élément semble se fondre pour offrir une expérience unique. J’ai rarement été aussi fébrile à l’idée de voir un concert et, par le fait même, aussi sûr d’en apprécier les effets. Au centre de cette performance, la cheffe Dina Gilbert dirige l’orchestre avec une aisance impressionnante, orchestrant chaque mouvement avec précision. Par moments, elle échange des regards complices avec Michel (Away), le batteur de Voïvod, comme s’ils étaient en parfaite synchronisation avec l’énergie du moment. Les projections, montrant des créatures extraterrestres dans Forgotten in Space, où l’on voyage dans un vaisseau spatial et où l’on vit la dramatique intensité de cette pièce tirée du fameux album Killing Technology, nous chahutent et nous chavirent de façon fort surprenante et inattendue. Des paysages futuristes ajoutent à l’aspect cinématographique du show, captivant le public à chaque instant.

L’un des moments forts de la soirée survient avec NuclearWar. Ce morceau, déjà intense dans sa version originale, atteint une dimension épique grâce à l’ajout de l’orchestre. La fusion entre les instruments classiques et les guitares électriques crée une atmosphère grandiose, donnant l’impression de voir une armée de robots futuristes en pleine action dans une galaxie lointaine. Le public, littéralement renversé par cette interprétation, m’a drôlement fait penser à The Wall de la légendaire formation Pink Floyd.

En arrière-plan, les musiciens de l’OSM, tout en restant dans l’ombre, sont baignés d’une lumière douce qui les fait se fondre dans l’univers visuel du groupe sans occuper trop de place visuellement. La projection de messages tantôt chaotiques et apocalyptiques, générés par ordinateur sur un écran géant, crée une tension palpable, intensifiant la puissance des compositions de Voïvod et leur message. Toujours d’actualité : l’importance de l’environnement et la décadence de l’humain sous plusieurs formes. Et même si les morceaux s’enchaînent un peu trop rapidement après coup, il est impossible de ne pas se laisser emporter par chaque détail de cette performance, qu’il s’agisse du travail minutieux de l’orchestre ou de la théâtralité croissante de Snake, qui s’amuse comme d’habitude avec un plaisir quasi infantile en multipliant les simagrées, semblant se nourrir de ce moment unique dans sa carrière.

L’album Nothingface est grandement bien représenté avec les pièces Pre-Ignition, l’incroyable The Unknown Knows (qui figure dans mon top des pièces du groupe) et Into My Hypercube, un titre qui me renverse à chaque fois par sa simplicité et sa fragilité, une berceuse pour introverti. Un auditeur criera un Tabarnak bien senti lors de l’apparition de ce fameux titre !

Je me dois de souligner la pièce Fall où l’on y dénote une atmosphère hors du commun assez différente du reste des compositions choisies.

HolographicThinking, extrait du dernier album Synchro Anarchy, met en lumière l’importance des arrangements, fruits de la collaboration de Dan Mongrain, ce virtuose que Denis prendra le temps de remercier comme digne remplaçant de Piggy D’amour, ainsi que d’Hugo Bégin. L’orchestre ne se contente pas de suivre la mélodie : il la transforme, apportant une richesse complémentaire à l’œuvre des gars de Jonquière. Les cuivres et les cordes doublent habilement les lignes vocales, et l’orchestre prend même le relais sur certains refrains, donnant une nouvelle vie à la chanson, un souffle frais et très intéressant.

On prendra le temps de se remémorer la créativité et le génie de Piggy, l’ex-guitariste fondateur d’une importance fondamentale dans l’évolution du métal tel qu’on le connaît, ainsi que dans celle de la formation.

Le concert s’achève sur un moment inoubliable : la reprise de Astronomy Domine de Pink Floyd, qui semble offrir une version ultime de ce morceau emblématique. Pendant cette interprétation, les membres du groupe se retrouvent au premier plan, l’orchestre s’effaçant doucement pour laisser Snake, Dan (Chewy), Dom (Rocky) et Michel (Away) se déchaîner sur scène. Le public, médusé, vit un instant de pure exultation. À la base, Voïvod avait repris cette pièce de façon métal, et ce soir, c’est un peu comme si l’on revenait à la version de Syd Barrett, le génie musical derrière cette pièce, ayant lui aussi apporté à sa formation une créativité singulière avant de quitter ses pairs pour d’autres sphères, tout comme Piggy.

Au terme de la soirée, on apprend que Stéphane Lévesque, le bassoniste, aurait initié cette collaboration entre Voïvod et l’OSM en en faisant la suggestion. Une belle ovation a remercié cette initiative, sans laquelle nous n’aurions pas pu bénéficier de ce moment magique. Dina Gilbert clôt le concert en sautant de joie, saluant la foule avec un geste typiquement « métal », les fameux Horns. Une dernière vague d’émotion chaleureuse envahit la salle, composée d’habitués de l’OSM et de métalleux de tous âges (même quelques enfants de moins de 10 ans !).

Ce spectacle exceptionnel et unique en son genre sera de nouveau proposé dès demain, et heureusement, il reste des billets pour les retardataires ou ceux qui regrettent déjà de ne pas être venus à cette magnifique soirée.

On souhaite un autre 40 ans et plus à Voïvod!

-Journaliste: Martin Desbois
Photos gracieuseté de Gabriel Fournier

Sum 41 – Tour of the Setting Sum @ Place Bell, Laval – 25 janvier 2025

Voici le compte rendu et les photos prises par Aryanne Marineau lors du spectacle de Sum 41 présenté par Evenko et Live Nation à la Place Bell de Laval le 25 janvier 2025 et qui mettait également à l’affiche Pup et Gob.

 

Sum 41 – Dernière tournée canadienne

C’est avec enthousiasme que j’étais en route vers la Place Bell à Laval pour me rendre au spectacle de la dernière tournée de Sum 41 samedi dernier. J’étais très fébrile de pouvoir assister à leur dernier concert dans notre belle grande salle qui les avait déjà accueillis à plusieurs reprises par le passé. Mais de savoir que c’était cette fois-ci pour la dernière fois, j’avoue que j’avais un petit pincement au cœur sachant que c’était un de mes groupes de musique punk préféré. Mais je n’étais pas pour le moins excité d’y assister.

 

Gob

On commence donc l’évènement avec Gob, un groupe punk rock alternatif formé dans les années 90, originaire de la Colombie-Britannique, dans l’ouest canadien. Le chanteur, aussi le guitariste solo, a littéralement tout donné, était fier d’être ici avec les autres membres du groupe qui ont su bien commencer la soirée avec une synchronisation hors pair et des back vocal clairs et bien soutenus. On ne pouvait pas mieux espérer comme première partie pour ce grand événement tant attendu. Une belle énergie se dégageait de la scène dès leur première chanson Give Up The Grudge. Ils ont terminé la soirée avec leur plus gros succès I Hear You Calling.

 

Pup

Ensuite, pour la deuxième partie de la soirée, nous avons accueilli sur scène Pup, un groupe punk rock hardcore canadien, cette fois-ci originaire de Toronto en Ontario. Ces quatre musiciens avaient beaucoup d’énergie sur la scène, on pouvait sentir qu’ils étaient fiers d’être présents avec nous ce soir. On pouvait apercevoir une belle chimie entre ces quatre amis qui n’en sont pas à leurs premiers concerts. Ils savent réchauffer la foule pour bien les préparer pour l’arrivée de la tête d’affiche. Les spectateurs ne sont vraiment pas déçus de cette entrée en force dans la salle de la part de nos artistes avec la chanson Totally Fine. Nous avons eu droit à une expérience musicale sans faille de la part de nos quatre musiciens tout au long de la prestation.

 

 

Sum 41

Puis, vient ensuite le moment tant espéré de la soirée. Celui où tous ici présent sommes réunis pour accueillir une dernière fois Sum 41. C’est dernier on fait  leur entrée dans la salle avec la chanson Motivation, la foule criait de joie et d’excitation et ca ne faisait que commencer. Les musiciens donnaient tout ce qu’ils pouvaient pour nous offrir le meilleur spectacle et de magnifiques souvenirs. Malgré que Deryck Whibley a dû annuler à quelques reprises des spectacles durant sa tournée dû à des problèmes de santé physique, il a su tout donner ce soir pour être à la hauteur de ce que leur fans espérait voir comme tournée d’adieu. Le groupe ne pouvait pas nous quitter sans évidement nous jouer des classiques comme Fat Lip ou encore Make No Different, une chanson de leur tout premier album. Ils nous ont marqué d’une énergie sans faille, vraiment nous n’aurions pas pu mieux espérer comme dernière venu au Québec. Ils ont terminé la soirée avec So Long Goodbye et comme toute dernière chanson Linoleum de NOFX, qui est un bel hommage à ce groupe qui a aussi fait sa dernière tournée en 2024 l’année dernière. Je conclus donc cet article en fière d’avoir pu assister au dernier spectacle d’un groupe punk rock canadien qui aura su marquer nombreux d’entre nous.

 

-Photographe et Journaliste: Aryanne Marineau

 

Fast Food Fairies//Seventy Minus One//Rock n Roll Television @ Taverne Royale, TR – 18 janvier 2025

Voici le compte rendu et les photos prises par Christian Lamothe lors du spectacle de Fast Food Fairies présenté par Rebel Sound Collective à la Taverne Royale de Trois-Rivières le 18 janvier 2025 et qui mettait également à l’affiche Seventy Minus One et Rock n Roll Television.

 

Un bullseye pour la production REBEL SOUND Collective 

Nous voilà de retour à la Taverne Royale de Trois-Rivières, pour une soirée festive bien attendue. Trois formations québécoises, dont j’avais eu de très bons commentaires et qui, effectivement, rendront cette rencontre, une belle retrouvaille avec la scène punk rock en ce 18 janvier 2025. Le nom de Jim Giguère est bien connu pour son groupe We Told You So, mais depuis ses débuts en 2024, il commence à faire parler de lui comme promoteur dans la région, avec sa compagnie de production Rebel Sound Collective. Ce soir, on a eu le droit à la justesse de son flair pour nous amener un spectacle de qualité et une ambiance que l’on voudrait à chaque événement, peu importe la salle où l’on se trouve.

 

 

Rock N Roll Television 

Maxime Durand – guitare et voix
Benoît Gagné – basse et voix
Marco De Grandpré – batterie 

On commence la soirée en français, un punk rock bien québécois qui avec ses textes nous amène en grande partie à des thématiques de relations de couple dysfonctionnelles et de peine d’amour. Ce qui surprend est la décision de laisser de côté tous les titres de leurs nombreux albums anglophones. Étions nous un public test pour leur nouveau matériel? Pourquoi pas. J’accroche rapidement sur la guitare dès le premier titre Viens me Chercher et le devant de la scène invite les gens sur place rapidement. Y avait-il un message subliminal dans les paroles pour que les spectateurs se positionnent aussi rapidement? On ne saura jamais, mais ça marche! Toujours, je T’aimerai, une ‘’love song punk rock style’’ à quoi on s’accroche facilement, mais c’est vraiment avec Je veux t’oublier que l’on passe à la vitesse supérieure et ça paraît dans toute la salle, car les gens s’animent d’un cran. Quand on lit des titres comme Je veux t’oublier, Tout est fini et Pas heureuse, ça nous donne l’impression que l’on va se retrouver dans une ambiance à la Dalida ou Mireille Mathieu, ce qui est encore une belle illusion.

Rock N Roll Television est en mode fougue musicale. Un beau message qui nous rappelle que ce n’est pas parce qu’on vit un bout ‘’platte’’ dans notre vie qu’on doit absolument s’enterrer en écoutant du doom ou gothique. Ma préférée et la dernière de leur prestation fut Reviens ici. Un ‘’punch’’ de fin qui termine cette première partie devant la salle qui est bien réchauffée. À noter que la formation sera en spectacle le 7 février à Sorel au Pub O’Callaghan avec le groupe Tant Mieux! 

Lien de l’événement: https://www.facebook.com/events/1016824883818781/

 

 

Seventy Minus One 

El Kevo – guitare et voix
Nelson Henri – guitare et voix
Hugo Remacle – basse et voix
Eric Lafontaine – batterie 

Important: à noter qu’El Kevo, même s’il nous arrive du Wisconsin (USA), n’est pas un immigré illégal. Donc on ne monte pas aux barricades les paranos…mais, fortement, je vous invite à suivre cet orchestre qui a donné toute une prestation ce soir. Tout un travail d’équipe qu’on me dit de leur côté, les compositions, les mélodies et les zèbres! Cette camaraderie est visible et contagieuse, l’assemblée adore et embarque dans leurs rythmiques rapides qui seront sans relâche tout le long de leur prestation. En outre, qui peut résister à big sexy Nelson Henri, ce séduisant personnage qui arrive avec un chapeau haut de forme et un style impeccable, ajoutant une touche de fantaisie à l’ensemble du groupe.

Avec Cursed, on a les oreilles pleines. Je ne me gênerai pas pour vous mettre la vidéo, même si je préfère réellement l’entendre en spectacle. Quand Hugo, bassiste, n’est pas à la voix de soutien, on le retrouve à quelques reprises dans la foule qui est de plus en plus serrée vers le devant de la scène. Le titre Hell Hotel, ma préférée, relance l’énergie dans la communion de cette soirée. Please Set the Kid on Fire, un pied de nez à la nouvelle génération, prend son envole et est acclamé. Pour terminer en feux d’artifice, on y va avec une reprise de Blink182; Dammit, qui a un effet immédiat. Beau travail de Seventy Minus One. El Kevo me donne en primeur l’information de la venue d’un album en 2025 intitulé Bad Voodoo et c’est à surveiller de près. 

 

 

 

 

Fast Food Fairies 

– Danny Duke : basse / voix (lead)
– Buddy Oli (Olivier Houde) : guitare (lead), voix (back)
– Maxime Durand* : guitare (rythme), voix (back)
– Frank Legault : batterie 

Comment peut-on passer à côté de la fiche de route de Danny Duke? Il a fait partie de The Undead (ex-Misfits), The Queers, Ripcordz, The Ataris et autres. En plus d’avoir fait partie de tant de spectacles avec de nombreux grands noms du punk rock au cours des années. Pas surprenant que son nouveau bébé Fast Food Fairies soit avec un son élite dans le style. On ne se cache pas de la ressemblance avec The Ramones, dont il est totalement fan. Par contre, la touche rockabilly qu’ils vont y mettre, pour moi, nous amène dans une nouvelle expérience. Le son va chercher l’enfant en moi qui apprend ses premiers pas de danse twist devant les vieux albums rock & roll de mes parents. Je ne dis pas cela dans le sens où c’est un rock infantilisant. Au contraire, je veux plutôt dire qu’ils vont chercher une corde qui se transmet facilement entre les générations.

Maintenant, le spectacle…on débute avec la première chanson écrite du même nom que le groupe Fast Food Fairies. On est serré sur le devant de la scène, j’oublie mon projet de prendre mon temps et faire des photos, je suis persona non grata pour les fêtards qui me tassent rapidement pour profiter de ce spectacle et moi, ça me va parfaitement…le party est dans la place! Pour ce soir c’est Maxime Durand * de Rock N Roll Television qui remplace Guyguy Deschenes, à la guitare (rythme) et c’est en seulement cinq jours qu’il a maîtrisé le tout comme un chef, merci Max! She Want More, It’s OK, Little fairy…tous les titres passent avec le même enthousiasme du groupe et l’énergie du public qui passe tout un bon temps ce soir. I want you, j’adore, avec son court solo de guitare qui swing. La salle garde la rythmique en applaudissant tout le long de la présentation des membres, c’est un moment mémorable pour un spectacle dans une taverne. Danny se fait cadeau de la dernière chanson qu’il dit à son image Old & Grumpy, mais le présent est clairement partagé pour tous. Fast Food Fairies, on retient le nom et on va chercher l’album Can’t Agree on Anything

 

 

Un big WOW pour cette soirée signée Rebel Sound Collective. Des moments de fougue, d’énergie brute, de plaisir et de musique punk rock à son meilleur. Ces trois groupes font leur petit bout de chemin et c’est à vous de venir les voir, car vous, le public de l’underground, êtes le feu qui les anime et, ce soir à la Taverne Royale, vous étiez beaux à voir. Soyons solidaires à l’excellence des groupes du Québec! 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground

Vengeful // I Apokalypse // Présages @ Petit Campus, Montréal – 11 janvier 2025

Voici le compte rendu de Louise Girard et les photos prises par Yohann Steinbrich lors du spectacle de Vengeful présenté au Petit Campus de Montréal le 11 janvier et qui mettait également à l’affiche I Apokalypse et Présages.

 

Intense tu dis ? !

Après avoir présenté une soirée lugubre en 2022 et une brutale l’an dernier, l’année 2025 allait commencer avec une soirée intense… et le mot était faible.

 

Présages

Ayant appris l’existence de Présages avec l’annonce de ce spectacle, la curiosité m’a conduite sur leur page bandcamp pour écouter Pleurs. La fraîcheur des compositions m’ayant agréablement surprise, l’album a finalement résonné plusieurs fois en boucle dans mes oreilles cette semaine. J’avais bien hâte de voir quel serait le rendu live puisqu’à mon avis, c’est là que tout se révèle. De plus, leur petit côté post-apocalyptique à la Godspeed You! Black Emperor me donnait aussi l’occasion d’un rendez-vous avec moi-même dont j’avais besoin.

Je suis donc restée un peu en retrait dans la foule malgré le nombre incroyable de visages familiers afin de laisser pénétrer les ténèbres de façon adéquate. Entendons nous, derrière la fumée et les éclairages presque absents, ce que nous livre ce trio, ce n’est pas une trame sonore festive mais plutôt un voyage tribal et lugubre teinté d’un exutoire certain.

Mais d’où le bassiste, Cymon (Martlet https://martlet.bandcamp.com) sort-il donc ces cris de douleur? C’est dans une « noircitude » et une « sombreté » profonde que les compositeurs nous ont gardé en haleine pour la durée de leur set qui s’est terminé avec une séance électronique minimaliste.

 

 

I Apokalypse

Il y a dans les compos de ce quatuor d’Abitibi une rythmique qui emporte et qui, involontairement, prend le contrôle de votre nuque. Les moments plus lents vous tiennent par la main pour vous attirer directement dans leur univers sonore soutenu avant de vous assaillir par une attaque à trois voix rugissantes!

Une prestation sans failles digne d’un savoir-faire évident et, sans aucun doute, d’une rigueur et assiduité au local de pratiques!

J’ai trouvé qu’il y avait un petit quelque chose dans leur façon de monter leurs chansons qui me rappelait God Dethroned et Behemoth. Outre les pièces de leur album Destroyer of Worlds (2019), de nouvelles compos étaient au menu et le groupe prévoit les enregistrer dans les prochains mois.

Les gens se sont rapprochés, l’ambiance s’est réchauffée, le thrash s’est activé et les « Hé! Hé! Hé! » poings dans les airs se sont élevés vers la fin du set, signe qu’ils avaient conquis leur public. En tout cas, moi, ils m’ont « eue ».

 

Vengeful

Place aux instigateurs de cette soirée qui célébraient 20 ans de musique lourde et torturée. Dans leurs compositions, rien n’est laissé au hasard. Tout est méticuleusement travaillé et pensé en fonction de l’expérience globale qui sera offerte à l’auditeur. C’est sérieux, calculé et tout simplement envoûtant.

Je ne trouve pas de meilleure expression que celle que j’ai utilisée dans ma chronique précédente pour décrire l’exercice : MANTRA LUGUBRE.

Le niveau de technicité est hallucinant et la justesse d’exécution tout autant. Il y a dans cet innombrable agencement de notes des subtilités et une finesse qui rendent le tout digestible malgré la complexité.

Il faut dire que ce sont des musiciens chevronnés qui gravitent dans la scène depuis des années qui sont dans l’alignement.

Jean-Marie Leblanc – guitare + voix (Minds, Fate Fall, …)
Etienne Bayard – voix (Phobocosm)
Olivier Pinard – basse (Cryptopsy, Cattle Decapitation, Akurion, …)
Emmanuel Pronovost – guitare + voix, Philip Truesdell – batterie. ]

Alex Leblanc (Fracturus, Versus Chaos, …) est venu chanter deux chansons de son époque avec le band soit les tous débuts en 2003-2004. Ces morceaux avaient été à l’origine montées par les deux Leblanc pour leur ancien groupe Minds.

Certains moments de nos vies sont marqués par la souffrance, l’angoisse et c’est cette longue agonie qui transperce comme la lente descente de la lave qui ne laisse que des cendres derrière qu’ils ont réussi à transposer en musique.

La dernière pièce a été tout simplement un coup de masse alors qu’ils nous ont achevés avec 15 minutes de Transcending! Marc-André Grenier, ancien chanteur, a d’ailleurs accompagné Etienne en duo sur celle-là. En intro, Etienne avait lancé : « Ça va faire mal » et ça a effectivement touché.

Un death metal à écouter avec son âme.

 

-Lou-

In Your Honnor // Les Cliffs @ Le Montecristo, Ste-Thérèse – 13 décembre 2024

Voici le compte rendu de Mayla Digard lors du spectacle de In Your Honor (Hommage à Foo Fighters) présenté par Stage Fright Entertainment au Le Montecristo de Sainte-Thérèse le 13 décembre 2024 et qui mettait également à l’affiche Les Cliffs.

 

Les Cliffs

Entrés en avance, mon chum et moi étions les premiers. Les autre personnes ont commencé à arriver quelques minutes avant le début du show. Les Cliff à 20h48 monte sur le stage. Les chansons sont en français et en anglais, entièrement originales. Ils vont en sortir deux nouvelles pour Noël : ‘’La terre’’ et ‘’État Tierce’’. En demandant si le public savait ce que ça signifiait et devant un silence de mort, on a eu droit à une explication. C’est lorsqu’on se trouve au-delà de l’état second. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

 

In Your Honor

Petite pause de quelques minutes en attendant le band principal In Your Honor. C’est un groupe composé de deux guitaristes, un drummer et un guitariste chanteur. Le drummer avait d’ailleurs un problème de constance de rythme au début du show. Il s’est rattrapé par la suite. Le band a joué de grands classiques comme par exemple ‘’Learn to Fly’’. Une corde de la guitare du chanteur a brisé pendant le show, le record de vitesse de remplacement de la corde dans le band était de 45 secondes, il n’a malheureusement pas été battu. Un autre classique joué ‘’The Best Of You’’. Après quelques chansons, le batteur s’est mis en rythme. On a aussi pu entendre ‘’My Hero’’, ‘’Monkey Wrench’’, et ‘’Everlong’’ pour clôturer le set. Période de Noël oblige, la toune de rappel a été ‘’Merry Christmas Baby’’ de Chuck Berry. Et voici comme terminer une belle soirée musicale.

-Mayla Watson

Mononc’Serge & Anonymus // Tagada Jones @ Trois-Rivières – 27 décembre 2024

Voici le compte rendu de Jean-Daniel Poirier et les photos prises par Vicky Fillion lors du spectacle de Mononc’Serge & Anonymus présenté à lAmphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières le 27 décembre 2024 et qui mettait également à l’affiche Tagada Jones.

 

Tagada Jones

La formation Tagada Jones arrive sur scène à 8 heures tapante. J’avais vu le groupe il y a plusieurs années au défunt Maquisart, mais je n’avais aucun souvenir de leur musique (le groupe a maintenant 30 ans). Ils nous chantent un répertoire en français. Ils ont une musique qui est plutôt punk rock, mais avec une bonne touche d’hardcore. Ils ont une bonne énergie sur scène, mais ce qui m’a le plus marqué, c’est le tightness de leurs chansons. L’exécution est vraiment parfaite. Musicalement, ce n’est pas ce qui a de plus compliqué, mais l’efficacité est au rendez-vous. Ils en ont profité pour nous jouer une chanson qu’ils ont écrite suite à l’attentat qu’il y a eu au Bataclan (vendredi 13). On s’entend que c’est quelque chose qui a ébranlé le monde de la musique, et ce mondialement. Comme ils viennent de France, ils étaient aux premières loges quand cette tragédie s’est produite. Les gens sur place ont réellement adoré et se sont même permis de sauter et thrasher. Tagada Jones est un groupe extrêmement professionnel et ils ont bien accompli leur mission qui était de partir le bal.

 

Mononc’Serge & Anonymus

C’est après plus de 16 ans qu’Anonymus et Mononc’Serge nous reviennent avec un nouvel album intitulé Métal canadien-français. Ils ont entamé leur setlist avec la pièce titre de l’album, Métal canadien-français pour ensuite enchainer avec Les fêtes en enfer, Sébastien Benoit, La bataille du vendredi saint, Woodstock en Beauce, Hommage aux hommages (car comme Mononc’ l’a si bien dit, personne ne rend hommage aux groupes hommage), Shitty Accent, Un clown pour grand-papa, La ligue des vieux pwel, Moé mais en mieux, J’pue pas j’sens l’punk, J’parle vrai, S’a coche et L’âge de bière sur laquelle a bien eu lieu la pêche au moron. Mononc’Serge en a choisi un qui avait bien entamé sa consommation, car à la fin de la soirée, il n’en menait pas large, ça chancelait un petit peu… Ensuite, Les Patates fut la chanson jouée par le groupe et impossible de jouer cette chanson-là sans les patates qui sont venues faire une apparition et danser sur scène. Bien sûr, Mononc’Serge avait son épluche patates dans ses poches pour s’épiler les cou**les (hahaha). Ils ont terminé avec Bonne Année, Musique Barbare et Ogunquit.

Concernant la portion visuelle du spectacle, il était évident que ce serait tout un show, car on le sait tous, Mononc’Serge ne fait rien à la légère. Il y avait une tonne de sapins sur la scène, dont un avec une étoile rose en forme de Tour Eiffel (Pinky pour les intimes), mais il y avait aussi des personnages gonflables et un sky dancer. Un canot représentant le groupe en squelette était suspendu dans les airs pour faire une référence à la légende de la chasse galerie. Il y a eu beaucoup d’éléments pour la chanson Un clown pour grand-papa. Plusieurs ballons ont été lancés dans la foule et la chanson ne pouvait pas être jouée sans la présence d’un clown.

La chanson Moé mais en mieux, a été celle qui visuellement a été la plus drôle. Pour nous présenter la chanson, Mononc’ nous a raconté toute qu’une histoire. Il y a eu de la neige qui est tombée tout le long de la chanson, mais malheureusement, ils n’ont pas été en mesure d’utiliser une vraie machine à neige, car le service des incendies de Trois-Rivières en avait interdit l’utilisation. Donc, comme Mononc’ est un homme à l’imagination infinie, il s’est dit qu’une machine à poudre (cocaïne) effectuerait le travail parfaitement. Bien entendu, il nous a fait un parallèle avec le film Cocaine Bear, (film dans lequel un ours prends de la cocaïne et se lance dans une folie meurtrière selon l’histoire du film) pour nous préparer à ce qui s’en venait. Donc la chanson commence, la poudre (fausse neige) tombe allégrement sur scène et un gros ours sort de nulle part pour aller faire le party avec les musiciens. C’était ridiculement parfait !!

Ce fut une soirée parfaite qui m’a permis d’avoir du plaisir, de voir plein de gens que je n’avais pas vus depuis bien longtemps, mais surtout, de célébrer le temps des fêtes avec des musiciens de talent qui n’ont pas froid aux yeux et qui savent comment faire lever un party. Merci à Tagada Jones, Anonymus et Mononc’Serge pour cette soirée

 

-Journaliste: Jean-Daniel Poirier
Photographe: Vicky Fillion