Phobocosm//RGRSS//Présages @ Petit Campus, Montréal – 4 avril 2026

Voici le retour de Louise Girard lors du spectacle de lancement de l’album « Gateway » de la formation Phobocosm présenté au Petit Campus de Montréal le 4 avril 2026 et qui mettait également à l’affiche RGRSS et Présages.

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C’était une nuit sombre et orageuse…

Les trois groupes de la soirée dégageaient une énergie brute et introspective, une trame sonore intense qui plongeait dans une certaine « sombritude cervicale » qui ne s’adressait pas à « monsieur / madame tout le monde ».

Si le commun des mortels savait… S’ils savaient tout ce qui bouillonne dans l’underground. C’est une marmite de structures complexes et des musiciens au talent hallucinant.

Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils manquent!

Présages

Le trio Présages ouvrait avec son death metal post apocalyptique en français pour nous conduire directement, sans escale, jusque dans notre propre abysse. En ce début de printemps, leurs atmosphères grises et bleues m’ont rappelé que les jours mornes de l’hiver seraient bientôt du passé, mais, tout comme nos tourments, ils allaient inévitablement être de retour. C’est une valse qu’il faut apprivoiser, des sentiments qu’il faut accueillir sans les laisser nous envahir. Le soleil brillera ou il nous brûlera.

 

 

RGRSS

La première expression à émaner de ma bouche après le set de RGRSS a été : « Ça rentrait au poste! » Et j’avais effectivement l’impression d’avoir syntonisé le bon poste. Tout résonnait à la bonne fréquence et, malgré la quantité de notes livrées, le tout était un death metal technique digestible et aéré. J’ai adoré leur groove à la Morbid Angel et les nouvelles compos étaient solides. Trois des membres du groupe font aussi partie d’Intonate. Allez y jeter une oreille!

 

 

Phobocosm

Pour le lancement de « Gateway », leur quatrième album studio, Phobocosm ont monté un spectacle intime et ténébreux. Si de l’extérieur les non initiés auraient pu crier au secours pour être délivrés de ce chaos total étourdissant, les mélomanes présents ont acclamé leur précision chirurgicale qui a tout foudroyé sur son passage. J’ai dû me déplacer vers la console de son pour mieux entendre la voix d’Etienne qui résonnait tel un vent de la mort derrière le mur de son des guitares omniprésentes.

Une foule concentrée sur la prestation plutôt que dans l’action où la qualité des auditeurs l’a emporté sur la quantité.

Les gens qui me disent qu’évoluer au sein de la scène métal c’est niché n’ont même pas idée à quel point ce l’est.

-Lou-
Texte et photos

Despised Icon//Beneath The Massacre//Apes//Primal Horde @ Club Soda, Montréal – 7 décembre 2025

Voici le compte rendu de Louise Girard et les photos prises par Emilie Hould lors du spectacle de Despised Icon présenté par Extensive Enterprise & Heavy MTL au Club Soda de Montréal le 7 décembre 2025 et qui mettait également à l’affiche Beneath The Massacre, Apes et Primal Horde.

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Deux soirées sold out 100% québécoises pour Despised Icon!

Certains fans n’ont pu résister à l’appel et s’étaient procuré des billets pour les deux soirées afin de voir, oui, Despised deux fois plutôt qu’une mais, aussi, des groupes différents en première partie et c’était fort!

 

Primal Horde

En voyant le floor tom sur scène, j’ai pensé qu’il aurait servi plus qu’une fois à donner une touche tribale à leurs compos. Les katas et les roulades ont pris possession du dance floor dès les premières notes de leur deathcore. Projections d’un jeu vidéo en arrière-plan pendant que les gars font des moulinettes dans le pit, il n’y a pas de quoi s’ennuyer. Le quatuor de Montréal a servi ce soir une nouvelle compo et «Cold», un cover de Xibalba.

 

 

Apes

La place laissée vacante par les katas monsters a eu du mal à se remplir malgré les nombreuses invitations faites par le chanteur, Alexandre Goulet à « remplir ce trou », mais je crois que le monde a eu un peu la chienne de manger un bras dans la gorge ou un pied dans la face. Il y a un petit quelque chose dans leur son lugubre qui me fait penser à la scène Sherbrookoise bien que le sextet soit basé à Québec et ma tête se met à headbanger sans avertissement. Ils tourneront en Europe en avril 2026 avec leur attaque à trois guitares.

 

 

Beneath The Massacre

C’est à la suite d’une invitation de la part de Despised que le groupe, qui était en hibernation profonde depuis 5 ans, s’est remis à pratiquer en vue de livrer ce spectacle exclusif. Ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas écouté leur musique que j’avais oublié à quel point leur démonstration de savoir-faire était hallucinante!!! Ils arrivent à faire du tapping (bass et guit) à travers la complexité et la rapidité de leurs compositions. Les frères Bradley sont tout simplement hypnotisants!

 

 

Despised Icon

Pour le lancement de leur nouvel album «Shadow Work», nos « enfants prodiges » du deathcore québécois se sont offert tout un party puisqu’en plus de cette ribambelle de talents brutes de la province, ils servaient une bière IPA de la microbrasserie Messorem à leur effigie (notez qu’Alex Erian y travaille). Une énergie contagieuse où la foule fait partie intégrante du show et où les refrains affichés sur l’écran géant donnent lieu à une chorale impressionnante! Ils ne sont plus le Despised que j’ai connu en 2002 mais ils sont une machine de guerre reconnue mondialement et je vous lève mon chapeau pour ça les gars. Ça rentrait au poste et le bain de foule était festif à souhaits!!!

-Journaliste: Louise Girard (Lou)
Photographe: Emilie Hould

Cattle Decapitation//Aborted//Frozen Soul//… @ Club Soda, Montréal – 5 novembre 2025

Voici le compte rendu de Louise Girard et les photos prises par Martin Desbois lors du spectacle de Cattle Decapitation présenté par Extensive Enterprise & Heavy MTL au Club Soda de Montréal le 5 décembre 2025 et qui mettait également à l’affiche Aborted, Frozen Soul, Tribal Gaze et Grindmother.

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Grindmother

Brutalité et féminité

Le spectacle commençait très tôt (18h30) mais il fallait y être pour vivre ce moment historique, soit l’avant-dernier show de Mme GrindMother. Âgée de 77 ans, c’est malheureusement la démence qui la force à mettre fin à ses performances de chanteuse dans ce projet grindcore mère-fils créé en 2015.

Pour ce spectacle d’adieu, Rayny Forster a agrippé sa basse et était accompagné par deux membres de Fuck the Facts : Mathieu Vilandré au drum et Topon Das à la guitare. Le duo familial a aussi fait appel à trois gueuleuses (https://gueuleuses.com/) invitées de calibre international soit Chelsea Marrow (Visitant), Liz Selfish (Brat) et Alissa White-Gluz (Arch Enemy / The Agonist) qui ont toutes les trois impressionné la foule de leurs prouesses vocales et de leur présence lumineuse sur scène.

C’était fascinant de voir ces chanteuses livrer leurs interprétations des pièces de Grindmother et très touchant de voir LA Mother livrer sa dernière chanson pour nous. Un message d’espoir, de résistance, de sororité, d’amour qui transcende les générations et les codes établis.

 

 

Tribal Gaze

Ces motherfuckers du Texas ont servi un death metal bien fluide et huileux. Le chanteur, McKenna Holland, incite tout de suite la foule à bouger : «Move! Move! Move!» comme s’il demandait à un gros pickup de libérer sa place de stationnement. Il y a très peu d’éclairages qui se rendent dans le pit et les (ostis) de stroboscopes rendent ce sport une coche de plus extrême. Ce groupe relativement jeune formé en 2020 a servi un son assez old school me faisant quelquefois penser à du Morgoth. On a même eu droit à un solo de drum avec de la cloche à vache, quoi demander de plus?

 

 

Frozen Soul

En 2023, j’ai découvert Frozen Soul live au Metal & Beer Festival à Philadelphie. J’avais trippé sur leur son à la Bolt Thrower et ce qui m’a frappée ce soir, c’est toute l’assurance qu’ils ont acquis sur scène dans les deux dernières années à force de tourner de manière continue. On peut dire que le chanteur, Chad Green, a maintenant la foule dans sa poche. Il a rendu un hommage touchant à son frère Cory décédé en 2022 à l’âge de 33 ans et a parlé de l’importance de la santé mentale en lui dédiant «Arsenal of War». Il a terminé en disant que Frozen Soul aiment Montréal et je conclue en disant que Montréal raffole du death metal!

 

 

Aborted

L’attraction principale d’Aborted est sans contredit le charisme et les prouesses de Sven, le chanteur. Il maîtrise son vocal « fond d’égouts » de façon subliminale tout en étant un orateur humoristique et rassembleur (en français!). Un mosh pit énergique du début à la fin, deux wall of death (puisqu’il ne sait pas compter à cause de son TDAH) et un hommage à notre scène métal québécoise qu’il a qualifiée de la meilleure scène métal extrême du monde avec nos Cryptopsy, Ion Dissonance, Despised Icon. Parlant de Despised, ça aurait été vraiment cool de voir Alex Erian apparaître pour chanter «Death Cult» avec eux mais Sven s’en est chargé seul. Il faut dire que Despised Icon allaient faire deux soirs à guichets fermés au Club Soda le lendemain et surlendemain!

 

 

Cattle Decapitation

Avec cette tournée “No Fear for Tomorrow”, Cattle Decapitation servaient l’album «Death Atlas» en son intégralité. N’étant pas une connaisseur ni une fan du band, je laissais la chance à la performance de me convertir. Malgré cette ambiance de feu, je n’ai pas été conquise par le vocal particulier de Travis Ryan qui ajoute une touche Bobby Blitz (Overkill) à ce death metal complexe. Je suis montée à la balustrade pour avoir une meilleure vue d’ensemble parce que la foule était tellement compacte qu’il était devenu presqu’impossible de bouger librement dans la fosse.

Une soirée sold out avec une foule endiablée!

-Journaliste: Louise Girard
Photographe: Martin Desbois

 

Paradise Lost + Trouble @ Théâtre Fairmount, Montréal – 20 mai 2025

Voici le compte rendu de Louise Girard et les photos prises par Martin Desbois lors du spectacle de Paradise Lost présenté par Extensive Enterprise au Théâtre Fairmount de Montréal le 20 mai dernier et qui mettait également à l’affiche Trouble.

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Trouble

Je me souviens…?

La soirée a commencé à 19h tapant avec Trouble. Les « + invités » annoncés n’étaient donc pas au rendez-vous. Si Patrick Lagacé s’en serait réjouit, j’étais contente d’être arrivée juste à temps pour les premières notes du show et pas fâchée non plus de visualiser que ma soirée finirait relativement tôt. Par contre, pour ceux qui visaient skipper les invités, ils ont plutôt manqué le quintet américain…

Je me souviens de cette photo de Trouble dans le magazine Metal Maniacs. Le groupe était posé dans une bâtisse abandonnée avec des genre de fougères qui poussaient à l’intérieur. C’était la pochette de leur album éponyme paru en 1990. À cette époque, j’étais très thrash death (c’est encore mon style de prédilection à ce jour), et cette photo n’avait pas réussi à me convaincre d’investir dans un long jeu.

Formé en 1978, le groupe joue dans la nostalgie de son époque avec des sons Arena Rock et ça fonctionne! Avec leurs deux guitaristes comme piliers, la bande nous envoûte de ses mélodies Stoner-Doom pour nous livrer un set list très old school. La plus récente compo au menu datant de 1995, le chanteur Kyle Thomas n’a donc chanté que les pièces d’Eric Wagner (R.I.P.).

La dernière fois que j’avais vu Trouble en show remonte à 1992 alors qu’ils avaient ouvert pour Pantera au Spectrum de Montréal et je n’en garde qu’un mince souvenir. Je ne peux donc répondre à votre brûlante question: « Qui est le meilleur chanteur pour Trouble? » Mais une chose que je peux vous dire, c’est qu’avec la maturité d’écoute que j’ai acquise avec les années, ceux qui ont posé les premières pierres du Stoner peuvent maintenant faire partie de ma discographie.

On profite de l’entracte pour bouger un peu et fraterniser et j’utilise cette chronique pour souligner que la disposition du Théâtre Fairmount est loin d’être Feng Shui. La foule bénéficierait d’une meilleure vue et de plus de fluidité si la scène était au fond de la salle par rapport à l’entrée (où sont actuellement installés les kiosques de marchandise des groupes).

 

Paradise Lost

Ceci dit, je me suis posté côté court pour la prestation des Britanniques de Paradise Lost que j’ai découverts en première partie de Kreator et de Morbid Angel au Spectrum en ’93. Par contre, je ne peux pas affirmer être une méga fan du groupe puisque j’ai arrêté de les suivre depuis presque vingt ans. D’ailleurs, je ne les avais pas vus depuis presque autant d’années, mais j’ai été agréablement surprise par les compos qu’ils ont livrées ce soir. Mon coup de coeur fût certainement « Pity the Sadness » qui m’a ramenée au Rail Théâtre en France en ’96 alors qu’ils tournaient pour Draconian Times.

À part le drummer qui est avec eux depuis 2023, ces solides musiciens jouent leur dark – goth ensemble depuis 1988! J’aurais aimé entendre un peu plus la guitare de Greg, mais, de mon point de vue, le drum, les samples et la bass prenaient beaucoup trop de décibels. J’ai bien aimé les pointes d’humour du chanteur Nick Holmes entre les chansons qui est allé d’un: « Thank you, good Night! » après As I Die livrée après environ 30 minutes de show! Hahaha!

Leur cover de Smalltown Boy de Bronski Beat était très up beat et entraînant. Peu de thrash ou de têtes qui revolent, j’ai de mon côté « regardé » la moitié du show les yeux fermés. Martin Doomed Desbois pensait que je trippais ma vie mais je cherchais plutôt une façon d’échapper aux lumières blanches style stroboscope qui me flashaient directement dans les yeux comme les voitures avec leurs hautes halogènes que j’ai croisées sur la 138 en retournant chez nous!

Il y avait environ 400 personnes présentes ce soir sur une capacité de 550 ce qui est très respectable compte tenu du nombre écrasant de spectacles métal intéressants au Québec dans les dernières semaines / jours.

-Lou-

-Journaliste: Louise Girard
Photographe: Martin Desbois

Swallow The Sun//Harakiri For The Sky//Ghost Bath et plus @ Foufounes Électriques – 22 février 2025

Voici le compte rendu de Louise Girard et les photos prises par Martin Desbois lors du spectacle de Swallow The Sun présenté par Vendetta Music Entertainment aux Foufounes Électriques de Montréal le 22 février 2025 et qui mettait également à l’affiche Harakiri For The Sky, Ghost Bath et Snakes Of Russia.

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Communier à travers des mélodies lugubres

La soirée a commencé par une pinte de bière locale (sans alcool pour moi) au Mutoïde dans Hochelaga où se tenait un samedi vinyle Hommage à Iron Maiden & au NWOBHM. Puis, nous avons bougé vers le centre-ville, dans l’antre de l’underground, cette institution que sont les FouFs depuis 1983.

 

Snakes Of Russia

La soirée commençait très tôt et, à notre arrivée pour 18h30, le DJ obscur était déjà sur scène. N’ayant personnellement aucun point de repère pour ce type de performance, il est très difficile pour moi de la juger. Les beats étaient-ils improvisés ou étaient ce des compos? C’était la question qui me trottait le plus en tête. Comment peut-on apprendre et reproduire des sons qui semblent des vibrations et qui impliquent de tourner et d’appuyer sur des boutons? S’il est humainement possible de retenir tous ces enchaînements, c’est un exploit en soi. Toujours est-il que l’américain se donnait et que son corps bougeait au même rythme que les pulsations sonores qu’il nous a livrées comme une intro sans fin. Une ambiance au parcours intrigant, relaxe et étrange qui nous plongeait tranquillement dans l’atmosphère.

 

 

Ghost Bath

Le slogan « Depressive Suicidal Black Metal » inscrit aux dos des T-shirts de Ghost Bath m’a fait penser à Malvery, un groupe de la Mauricie des années 90 dont le chanteur avait fait honneur à ce même slogan en s’enlevant la vie. Côté musique, c’est saturé et le fait qu’il y ait trois guitares n’aide peut-être pas à la cause. Mais je suis à froid ce soir puisque je ne connais aucune toune d’aucun band!! Je n’ai donc aucun souvenir associé, aucun refrain anticipé. Seulement devant moi des musiciens qui se mettent à nus sur scène pour livrer une musique qu’ils font avec leurs tripes et qu’ils projettent vers cette foule de Montréal réceptive comme je l’aime. Ils ont reçu un bel accueil mais, pour ma part, ils ne m’ont pas rejoint.

 

 

Harakiri For The Sky

La formation autrichienne a, par contre, visé dans le mille soit droit au cœur. D’ailleurs, la voix du chanteur, J.J., sonne tout simplement comme si on était en train de le lui arracher. Tout au long de la prestation, je me suis rapprochée de la scène et plus je me laissais imprégner par cette démonstration de souffrance, plus j’avais envie de monter sur scène lui faire un câlin. Des mélodies livrées avec subtilité malgré la lourdeur et la torture qui semblait attachée à des souvenirs et qui nous rappelle que nous faisons nos propres choix de vie, notre propre choix d’autodestruction. Chaque pièce était montée comme une finale épique.

 

 

Swallow The Sun

Les finnois étaient attendus de pied ferme pour cette tournée de leur 9e album studio « Shining ». J’ai trouvé que les mouvements de la foule et l’enthousiasme des fans présents contrastait avec le lenteur des compositions servies. Tout au long de leur prestation, j’ai tenté de me laisser bercer par leur univers doom/ prog / mélodique à la Paradise Lost, mais sans succès. Comme si Harakiri m’avaient vidée de mon sang. Quelques amis présents sur la croisière 70 000 tons of Metal m’ont partagé des images du show qu’ils ont vu sur le bateau alors qu’ils étaient accompagnés d’une troupe de ballet et c’était remarquable!

De la musique intime dans une salle qui l’est tout autant et qui permet une belle proximité. Ce soir, les chansons ont servi de thérapie pour s’ancrer dans le présent, communier parmi des semblables et se retrouver dans un climat réconfortant malgré la froideur et l’hostilité des murmures. On repassera voir Municipal Waste pour une soirée plus festive!

-Lou-

-Journaliste: Louise Girard
Photographe: Martin Desbois