Entrevue avec Deadwood – Tournée en Europe (avril-mai 2026)

Entrevue avec Deadwood

Deadwood est un groupe deathcore québécois de Montréal connu pour son style sombre, brutal et énergique. Ils ont sorti plusieurs EPs (Nemesis, Inhuman) et plus récemment le EP Rituals Of A Dying Light sur Innerstrength Records ainsi que des singles comme Straightblade, Djinn Pitts ou Heretic. Le groupe a tourné au Japon et aux États-Unis avant d’annoncer leur première tournée européenne en 2026.

À l’aube de leur aventure européenne, nous avons discuté avec la formation pour explorer leur état d’esprit et découvrir tout le travail de planification derrière une tournée de cette envergure.

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1. Comment l’idée de faire une tournée en Europe est-elle née ?

Fred Element: Si je parle pour moi, j’ai toujours voulu jouer en Europe depuis que j’ai vu des vidéos de Metallica, Pantera et Slayer! Et depuis que je fais de la musique, soit depuis 2005, l’Europe est mon plan principal!! Et après avoir été au Japon et au USA nous avons misé sur l’Europe et les offres qui se sont offertes à nous!

 

2. Quels sont les principaux défis logistiques quand on planifie une tournée internationale (réservations, visas, transport des instruments, etc.) ?
Fred Element : Au départ, on voulait y aller par nous-même (trouver les bands, shows, etc) mais nous avons eu quelques offres et selon le style des autres bands et l’itinéraire, nous avons accepté celle-ci! Nous serons pris en charge à notre arrivée à Zurich par Massive Music, une très grosse agence de booking en Europe! Nous avons juste à amener nos guitares et breakables du drum et tout le reste est fourni !

 

3. Personnellement, comment vous sentez-vous à l’idée de jouer devant des publics européens pour la première fois ?
Fred Element: Notre manager, Ryan de Distilled Entertainment, nous suit dans le processus et rendu à bon port nous serons pris en charge par Massive Music ! Nous sommes excessivement excités et je dirais même que c’est irréel pour nous, surtout rendu à notre âge hahaha! Mais nous savons que les européens sont des fans de métal, alors nous sommes très confiants !!

Stéphane Filion:  Je suis très excité de pouvoir jouer notre musique dans plusieurs pays européens et de découvrir le public.

Charles Étienne : Je répondrais qu’on à hâte et qu’on a envie de leur faire découvrir notre musique, et nous de découvrir leur culture et leur énergie

 

4. Quels apprentissages avez-vous tirés de vos tournées précédentes (Japon, USA) qui vous servent pour l’Europe ?
Fred Element: La logistique, nous jouons maintenant sur des quadcortex ce qui nous aident la vie x1000 !! Nous devons être très reconnaissants pour chaque personne qui se déplacera pour nous voir ! Au Japon, les déplacements étaient périlleux, rien n’a voir avec ce qu’on va vivre en Europe alors que nous aurons un tour bus!

Stéphane Filion: Ce que j’ai appris, c’est que pour bien réussir une tournée, ça prend un band avec des membres qui se respectent, qui sont très soudés et d’utiliser les forces de chacun.

Charles Étienne : Surtout de confirmer notre pensée sur le « mindset » à avoir durant la tournée, avoir la bonne énergie et façon d’approcher la tournée. Trouver des solutions dans le calme et avoir du plaisir en réalisant où nous sommes.

Petite pause de lecture, voici la pièce Tales Of Massacre

 

5. Y a-t-il un pays ou une scène en particulier que vous avez hâte de découvrir ? Pourquoi ?
Fred Element : Pour moi l’Allemagne!! J’ai toujours voulu visiter ce pays et je sais qu’ils ont une scène métal très active !! Alors c’est pour cela!!

Stéphane Filion: Je dirais que la Croatie m’intrigue beaucoup. En fait, j’ai hâte de jouer dans tous les pays.

Charles Étienne : Je dirais l’Allemagne, c’est un pays connu comme ayant une grosse scène métal, en plus d’être un superbe pays en soi.

 

6. Est-ce que l’expérience scénique change quand vous jouez à l’international comparée aux tournées locales ?
Fred Element: Pas vraiment, nous donnons notre 100% à chaque show, mais je t’avoue que que la on va donner notre 102%! C’est une belle vitrine pour nous faire voir et aller chercher des nouveau fans !!! Alors gros son, gros tuning et grosse voix !

 

7. Avez-vous des conseils à offrir aux formations québécoises qui désirent se produire à l’extérieur du pays ?
Fred Element : Y faut bien s’entourer et ne pas avoir peur de l’inconnu !! Nous on c’est dit qu’on allait y aller « all in », alors c’est ce qu’on fait et faut aussi proposer un produit propre et professionnel!! Mais le conseil principal, c’est allez y « all in« ! Si c’est vraiment ce que vous voulez !

 

8. Finalement, concernant la suite pour Deadwood, avez-vous des plans d’enregistrement ou de nouveaux projets que vous aimeriez partager avec nous?
Fred Element: Nous venons de sortir un nouveau EP sur Innerstrenght Records !! Nous allons aussi vous sortir une nouvelle chanson qui n’est pas sur le EP et ça implique de nouveaux membres !! Alors rester à l’affût, ça va sortir avant notre départ pour l’Europe!

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Mot de la fin: Nous leur souhaitons une tournée européenne brutale et mémorable. Que les breakdowns résonnent fort, que les pits s’ouvrent et que leur passage laisse une trace marquante sur les scènes européennes.

-Vicky Fillion

 

Nova Spei – Nouveau Single et Vidéoclip – 13 février 2026

Le 13 février prochain, Nova Spei dévoilera un tout nouveau single accompagné d’un vidéoclip. Pour souligner cette sortie, Dany Soucy s’est prêté au jeu d’une courte entrevue afin de nous parler de cette nouvelle étape.

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Nouveau single et vidéoclip le 13 février prochain pour la formation!


Qu’est-ce qui vous a inspirés à écrire cette chanson en particulier ?
Dany: L’idée du sujet venait de Nicolas. L’envie de parler de ce qu’on a vécu dans nos difficultés récentes avec les pertes des membres précédant et comment on se sentait. On avait envie de témoigner en même temps la rage qui boue en nous de revenir sur la scène dès que possible et qu’on n’abandonnerait jamais!

Comment le vidéoclip complète-t-il l’univers de la chanson ?
Dany: C’est de mettre en image notre débilité et partager l’énergie qui déborde en nous. Pascal Germain a réussi à capturer l’idée et à rendre ça en image! Ce n’est pas rien!

Est-ce que le processus de création de ce single a été différent de vos projets précédents étant donné les changements au sein de la formation ?
Dany: Pas vraiment. Musicalement, j’apporte toujours une idee de base, un squelette sur lequel travailler et ensuite, tout se construit avec le travail de chacun. Textuellement, on a repris la même mouture de travail à trois (Manue, Nicolas et moi). Donc même si on a vécu un gros chamboulement, notre « technique » de travail elle, n’a pas tant changé.

Si vous deviez décrire ce single en trois mots, lesquels choisiriez-vous et pourquoi ?
1-déjanté
2-énergique
3-Thrash

Quelle réaction espérez-vous provoquer chez votre public à l’écoute de cette chanson ?
Dany: Des sourires, des headbangs, les entendre nous dire « Fuck, y sont pas mort pis ils fessent fort! »

À quoi peut-on s’attendre pour la suite de Nova Spei ?
Dany:
12 Fevrier, le lancement du single au Foufs à Montreal avec Polygraph et RedRavenChaos.
21 Fevrier, Festival Phoque OFF, Évènement Les Gueuleuses avec Obsolete Mankind et Winthin Embers à L’antibar Spectacle à Quebec

Ensuite, on se ré-enferme pour terminer l’écriture et l’enregistrement de l’album qui devrait sortir à l’automne. À la suite de la sortie, on veut reprendre la route dès que possible. Durant ce temps, d’autres singles devraient voir le jour réparti à la surprise jusqu’à l’été.


Avec ce nouveau single et le vidéoclip à paraître le 13 février, Nova Spei amorce un nouveau chapitre, porté par la même intensité créative et une détermination renouvelée, avant un retour en force sur scène et un album attendu à l’automne.

-Vicky Fillion

Entrevue avec Mathieu Hemond – Wounds Of Heaven

Suite à l’écoute attentive de Testament Of The Fool de Wounds Of Heaven, notre journaliste Vicky n’a pu résister à l’envie d’en savoir plus sur l’esprit créatif derrière l’album, Mathieu Hémond. Elle lui a donc posé ses questions dans cette entrevue écrite. Bonne lecture !

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Entrevue – Wounds Of Heaven

Présentation et détails du projet

  1. Wounds Of Heaven est un projet solo. Qu’est-ce qui t’a poussé à choisir cette forme-là plutôt qu’un groupe traditionnel ? Wounds Of Heaven est né d’un besoin de liberté totale. Après avoir exploré la musique à travers des hommages à Gojira et à Ghost, ainsi que plusieurs projets de composition qui n’ont jamais réellement abouti, j’ai ressenti le besoin de créer un espace où rien ne viendrait freiner ce que j’avais à dire. Le format solo s’est imposé naturellement : il me permet de suivre ma propre vision artistique, sans compromis, en contrôlant chaque aspect du projet. Cette autonomie a profondément influencé la vitesse de création et la cohérence du résultat final, un résultat dont je suis aujourd’hui vraiment fier.
  2. D’où vient le nom Wounds Of Heaven et que représente-t-il pour toi ? Le nom Wounds Of Heaven s’est imposé comme une évidence, presque comme une fracture. Il évoque l’idée des blessures du ciel, quelque chose de sacré qui se fissure. Les références bibliques présentes sur Testament of the Fool renforcent cette tension constante entre foi, chute et désillusion. Pour moi, Wounds Of Heaven agit comme un miroir de notre monde intérieur et collectif : un espace où le bien et le mal se confondent, où la lumière existe encore, mais toujours marquée par la cicatrice de ce qu’elle a perdu.
  3. Avant cet album, quel a été ton parcours musical et créatif ? Mon parcours musical s’étend sur une quinzaine d’années, peut-être même un peu plus. Il s’est construit principalement dans l’ombre, à travers des compositions faites chez moi, dont certaines remontent à plus de dix ans. Beaucoup de ces projets ne se sont jamais rendus à terme, mais ils ont façonné ma manière d’écrire et de penser la musique. J’ai aussi mené un hommage à Gojira qui a trouvé un certain écho, ainsi qu’un hommage à Ghost, interrompu brutalement par la pandémie. Au fil du temps, je suis devenu multi-instrumentiste, en commençant par la guitare, puis en apprenant d’autres instruments au besoin. La voix s’est imposée plus tard, presque malgré moi, comme un prolongement nécessaire de l’expression, même si c’est encore aujourd’hui une facette que j’apprends à pleinement assumer.

Testament of the Fool : concept et narration

  1. Testament of the Fool n’est pas un album qu’on écoute à la légère. Comment ce projet a-t-il pris forme, autant sur le plan musical que conceptuel ? Le projet Wounds Of Heaven a pris forme presque malgré moi. À ce moment-là, j’avais été accepté à la GRC, et pourtant, je traînais avec moi un grand nombre de compositions qui dormaient depuis longtemps. Je m’étais promis de sortir un album, mais j’ai repoussé l’échéance, par fatigue, par hésitation, peut-être aussi par une forme de paresse. À un certain point, j’ai ressenti le besoin de laisser une trace, de créer quelque chose qui ne serait pas anodin. Je voulais un projet qui marque, qui force l’écoute, qui provoque une réflexion, quelque chose de profondément émotionnel et introspectif. Sur le plan conceptuel, ces thèmes mûrissaient en moi depuis longtemps. J’ai toujours eu un regard très réflexif sur le monde qui m’entoure, un besoin de comprendre, d’apprendre, de remettre en question. Testament of the Fool est né de cette posture : faire réfléchir sans prétention, sans se placer au-dessus de qui que ce soit, parce que je fais moi-même partie de ce monde que j’observe. C’est ma manière, modeste et honnête, d’essayer d’y apporter un peu de sens.
  2. Le fou est souvent associé à la marginalité, à la vérité brute ou à la remise en question des systèmes. Quelle symbolique voulais-tu explorer à travers lui ? Le fou est avant tout un symbole. Il peut être associé à la marginalité, à la remise en question ou à une forme de vérité brute, mais je le vois aussi à travers sa dimension symbolique, notamment celle du tarot. C’est une carte centrale, profondément ambivalente, qui peut être interprétée autant de manière positive que négative. Dans Testament of the Fool, le fou devient un outil narratif à travers lequel l’auditeur peut se reconnaître, autant dans ses faiblesses que dans ses forces. Nous portons tous en nous une part de ce fou : celle qui choisit parfois l’ignorance, qui détourne le regard, ou qui se laisse entraîner, consciemment ou non, par les tentations du monde. L’album est volontairement rempli de doubles sens, afin de permettre à chacun de s’identifier au personnage de différentes façons. Il aborde des thèmes comme l’adoration de soi, le besoin de validation morale, ou encore la lutte constante entre le désir d’être une bonne personne et la réalité imparfaite de la condition humaine. Le fou n’est donc jamais extérieur au récit : il est un reflet intime, présent en chacun de nous.
  3. L’album s’ouvre avec « The Fool Speaks » et se conclut avec « The Day That Wasn’t ». Est-ce que tu avais dès le départ une vision claire de ce chemin narratif ? C’est effectivement une très bonne question. Le chemin narratif de l’album s’est construit à partir de matières plus anciennes : je suis allé puiser dans de vieilles compositions que j’ai retravaillées en profondeur, tout en créant de nouvelles pièces. Sur le plan de l’histoire, le parcours est resté assez linéaire, parce que le thème était déjà bien ancré en moi depuis longtemps — quelque chose de profondément introspectif. La structure de l’album s’est affinée au fil de la création. En avançant de chanson en chanson, j’avais l’impression de débloquer naturellement de nouvelles pièces du casse-tête, comme si le récit se révélait de lui-même. La vision était présente dès le départ, mais elle n’était pas aussi raffinée qu’elle l’est devenue avec le travail. Et pour ceux qui se rendent jusqu’à la fin, la conclusion apporte un véritable twist — une lecture différente pour ceux qui en saisissent le sens, que je préfère laisser intacte, sans le spoiler.
  4. Est-ce que cet album raconte une histoire précise ou plutôt un état intérieur, un dialogue mental ? L’album se situe volontairement entre une narration précise et un état intérieur, presque un dialogue mental. Il devient en quelque sorte ce que l’auditeur choisit d’y projeter. Les premières pièces, de The Fool Speaks jusqu’à Virtue Machine, dressent un portrait global de ce que je perçois comme certains des grands dérèglements de notre époque, autant sur le plan collectif que personnel ou idéologique. The Great Unveiling marque ensuite le point de rupture : l’apocalypse du récit. Mais cette apocalypse fonctionne elle aussi à double sens. Elle peut être comprise comme un effondrement biblique du monde, ou comme une apocalypse intérieure, où toutes les valeurs s’écroulent et où l’on se retrouve confronté, de manière brutale, à nos fautes, nos contradictions et à la manière dont nous traitons les autres. Ce qui suit est un après. La nature renaît, le soleil se lève, l’air devient plus frais, mais il n’y a plus personne pour l’admirer. Cette absence suggère à la fois une humanité disparue et un monde oublié. L’album se conclut avec The Day That Wasn’t, une fin volontairement ambiguë, que je préfère laisser ouverte afin d’en préserver toute la portée.

 

Introspection, aliénation et regard critique

  1. Plusieurs thèmes forts émergent de l’album : aliénation, foi détournée, structures de pouvoir. Est-ce que ce sont des réflexions personnelles, sociales, spirituelles… ou un mélange des trois ? Ces thèmes viennent d’abord de réflexions très personnelles, mais ils prennent forcément une dimension sociale, parce qu’ils sont ancrés dans ce que nous vivons collectivement. J’observe un monde de plus en plus polarisé, où tout semble réduit à une opposition binaire. Comme un match de hockey : deux équipes, deux camps, et plus vraiment d’espace pour la nuance, le dialogue ou la coopération. Le centre s’efface, et avec lui la capacité de se parler. Les réseaux sociaux accentuent cette aliénation. Ils nourrissent l’auto adoration, la mise en scène constante de soi, tout en nous bombardant de messages, de publicités et de discours contradictoires. Il devient difficile de s’y retrouver, de garder une ligne intérieure claire. Testament of the Fool est né de ce malaise-là : la difficulté de naviguer dans un monde saturé d’images, de dogmes et de structures de pouvoir qui détournent autant la foi que le sens critique.
  2. Testament of the Fool ne semble pas chercher l’approbation ou la facilité. Est-ce un choix artistique conscient, ou simplement une conséquence naturelle de ta démarche ? Sans prétention, je dirais que c’est un choix pleinement conscient. Je suis un grand amateur d’albums concepts, de projets qui demandent de l’attention, où l’on entre dans un univers plutôt que de consommer des morceaux isolés. J’aime quand une œuvre est travaillée en profondeur et qu’elle laisse de l’espace à l’interprétation. La musique me semble être un médium idéal pour provoquer ce type de réflexion, justement parce qu’elle n’impose rien frontalement. Le type d’album que j’ai choisi de faire m’amenait naturellement vers cette exigence-là, mais c’est surtout une vision que j’ai décidé d’assumer pleinement, sans chercher la facilité ou l’approbation immédiate.
  3. Pour toi, est-ce que la musique peut (ou doit) provoquer une forme de remise en question chez celui qui l’écoute ? La musique peut absolument provoquer une réflexion. À cent pour cent. Est-ce qu’elle doit le faire ? Pas nécessairement. Comme le cinéma, les séries ou tout autre médium artistique, la musique peut servir à plusieurs choses : se concentrer, célébrer, se divertir, ou simplement accompagner un moment. Mais elle peut aussi inviter à s’arrêter, à digérer une œuvre et à se laisser porter vers une réflexion plus profonde. Je ne crois pas que la musique ait une obligation morale de provoquer une remise en question. Sa portée est trop large pour ça. En revanche, je pense qu’il est essentiel que certains artistes continuent d’explorer cette dimension-là, pour que cet espace demeure vivant. Testament of the Fool s’inscrit dans cette volonté : non pas d’imposer un message, mais d’offrir une œuvre qui peut être reçue selon l’intention de l’auditeur.


 

Approche musicale et atmosphère

  1. Musicalement, l’album navigue entre post-metal, doom atmosphérique et expérimental. Toi, comment décrirais-tu ton langage sonore ? Ces qualificatifs sont assez justes, même si je ne me définis pas consciemment à l’intérieur d’un style précis. Mon langage sonore est nourri de plusieurs influences, notamment de groupes comme Tool, avec leur approche rythmique répétitive, presque tribale, et une sensibilité progressive en périphérie. J’ai cherché à mélanger tout ce qui m’a façonné, sans me demander si cela entrait parfaitement dans une catégorie. Avec le temps, ce langage devient le mien. Il cesse d’être lié à une identité individuelle pour devenir une œuvre en soi. Sans prétention, je crois qu’un projet artistique peut dépasser la personne qui l’a créé. Testament of the Fool est le résultat de ce mélange : un ensemble d’influences transformées en quelque chose de plus large, avec des touches progressives, tribales et atmosphériques au service de l’univers.
  2. Les riffs sont souvent répétitifs, hypnotiques, presque rituels. Est-ce une façon consciente de plonger l’auditeur dans un état mental précis ? Oui, ça fait clairement le lien avec la question précédente. Je me suis beaucoup inspiré de groupes comme Tool ou Opeth, non pas en cherchant à sonner comme eux ou à me placer sur le même plan, mais plutôt dans leur manière de construire des textures et des atmosphères chargées d’émotion. Cette approche m’a marqué : utiliser le rythme et la durée comme des outils pour installer un état, plutôt que simplement enchaîner des riffs. Je ne dirais pas que les riffs sont répétitifs au sens strict. Il y a beaucoup de variations à l’intérieur des morceaux, ça bouge, ça évolue. Mais certaines pièces prennent volontairement plus de temps pour se déployer. À l’échelle de l’album, cette longueur sert à installer l’auditeur dans une forme de transe, à l’immerger dans un univers où il n’est pas simplement spectateur, mais réellement présent.
  3. Est-ce que certaines ambiances ou émotions te guidaient dans la composition avant même les riffs ou les structures ? Cette approche est très personnelle. Je suis quelqu’un de naturellement mélancolique, c’est un état intérieur qui m’accompagne depuis longtemps. Je me pose beaucoup de questions, je réfléchis beaucoup, et j’ai appris à ne pas fuir cette zone-là. Au contraire, c’est dans cet espace que mon instinct créatif est le plus fort. Les ambiances et les émotions ont souvent guidé la composition avant même les riffs ou les structures. La tristesse, le doute, une certaine lourdeur intérieure sont devenus des points d’ancrage plutôt que des freins. C’est dans cet état que je me sens le plus juste pour écrire, et c’est là que Testament of the Fool a réellement pris forme.

 

Le travail vocal

  1. Le chant est volontairement sobre, parfois distant, presque fondu dans l’ensemble. Te connaissant dans d’autre projet, je sais très bien que tu peux prendre toute la place si nécessaire avec ton talent vocal, est-ce difficile de trouver l’équilibre entre expressivité et retenue vocale ? Avec mon parcours, j’ai longtemps occupé beaucoup d’espace sur scène, avec une approche très assurée, presque guerrière. Sur Testament of the Fool, la dynamique est complètement différente : ce n’est plus la voix qui prend toute la place, c’est l’album lui-même. Paradoxalement, c’est le projet le plus ambitieux que j’ai réalisé vocalement. Ce n’est pas parfait, et c’est volontaire. Cette fragilité fait partie de l’émotion et de la justesse du propos. J’ai exploré des zones plus exposées : des voix chuchotées, parlées, des harmonies très détaillées, des montées vocales plus subtiles, des screams volontairement en retrait. Tout cela m’a mis à vif d’une manière nouvelle. Trouver l’équilibre entre expressivité et retenue était un travail conscient, parce que l’agressivité attendue ne servait tout simplement pas l’album. Je voulais me dépasser autrement. Je peux dire aujourd’hui que c’est mon projet le plus complet vocalement. Et sans trop en dévoiler, le prochain album est déjà bien avancé : on y reconnaîtra davantage certaines facettes plus frontales de mon approche passée, mais intégrées à la sensibilité plus moderne et nuancée que j’ai développée avec Wounds Of Heaven.

 

L’écoute comme expérience globale

  1. Dès les premières secondes, on sent que l’album est pensé comme un tout, presque comme un récit. Est-ce important pour toi que l’écoute se fasse dans l’ordre ? Et que perd-t-on selon toi si on écoute l’album en mode aléatoire ? Oui, absolument. Testament of the Fool est pensé comme un tout. C’est un album concept, un récit, et l’ordre des pièces fait partie intégrante de l’expérience. L’écoute de A à Z permet de suivre le chemin narratif, émotionnel et symbolique tel qu’il a été conçu. Certaines chansons peuvent évidemment se tenir seules, et quelques-unes fonctionnent très bien comme pièces fortes ou comme singles. Mais l’album, pris dans son ensemble, devient exponentiellement plus puissant lorsqu’il est écouté dans l’ordre. En mode aléatoire, on perd la progression, les tensions, les respirations et les échos entre les morceaux. Ce qui reste, ce sont de bons fragments, mais ce qui disparaît, c’est l’expérience globale.
  2. Qu’aimerais-tu que l’auditeur ressente en arrivant à la toute fin de l’album ? Je ne peux pas prétendre vouloir dicter ce que quelqu’un devrait ressentir. Testament of the Fool reste une œuvre ouverte, qui laisse volontairement place à l’interprétation. Chacun est libre de la recevoir à sa manière, selon son vécu et sa sensibilité. Cela dit, si je devais formuler un souhait, ce serait que l’album provoque une forme de réflexion intérieure. Qu’il pousse à se questionner sur notre façon de vivre, sur la manière dont on se traite les uns les autres, et qu’il vienne ébranler, ne serait-ce qu’un peu, certaines certitudes. Briser des habitudes, déconstruire des réflexes ou une manière d’être profondément ancrée n’est jamais simple. Mais si l’album peut faire bouger une petite chose à l’intérieur, alors il aura rempli son rôle. Je crois qu’on avance en se regardant avec justesse et honnêteté, autant dans nos qualités que dans nos défauts. C’est inconfortable, mais nécessaire. Si Testament of the Fool peut contribuer, même modestement, à cette prise de conscience, alors j’aurai le sentiment que cette œuvre a trouvé sa raison d’être.

 

 Regard sur la scène et l’avenir

  1. Comment perçois-tu la scène indépendante montréalaise en ce moment, particulièrement pour les projets plus sombres et introspectifs comme le tien? Est-ce un environnement qui nourrit ta créativité ou un contexte plus isolant ? Ayant fait partie de la scène montréalaise pendant un certain temps, j’ai aujourd’hui pris un pas de recul. Le talent à Montréal est indéniable, il y en a énormément, peut-être même plus que ce que la scène peut réellement absorber. Cela dit, je pense aussi que plusieurs choses pourraient être mieux structurées. Le soutien, la vision à long terme et la manière dont les projets sont portés pourraient gagner en cohérence. Sans nommer qui que ce soit, il existe à la fois des gens qui tentent sincèrement de faire grandir la scène et d’autres qui, volontairement ou non, la freinent. Cela crée parfois un climat de confrontation inutile, un genre de combat de coqs qui épuise plus qu’il ne construit. Pour des projets plus sombres et introspectifs comme le mien, ce contexte peut devenir limitant. Avec Wounds Of Heaven, j’ai de l’ambition. Je vois ce projet dans des contextes plus structurés, avec une production à la hauteur de l’univers proposé. J’ai énormément appris au fil des années, auprès de nombreuses personnes, et je crois savoir aujourd’hui comment amener un projet à maturité sans rester prisonnier des mêmes cercles. À mon sens, la scène gagnerait à ce que les artistes se fassent davantage confiance, prennent plus de risques et cessent de tourner en rond. Le talent est là. Ce qui manque parfois, c’est l’audace de croire qu’on peut viser plus loin.
  2. Est-ce que Wounds Of Heaven est un projet appelé à évoluer, à se transformer, ou à rester fidèle à cette approche très conceptuelle ?Oui, absolument. Wounds Of Heaven est un projet appelé à évoluer. Pour moi, un projet artistique qui stagne est voué à s’essouffler, voire à disparaître. L’évolution est nécessaire pour rester vivant. Je veux continuer à créer des albums concepts, mais avec des thématiques différentes, des univers distincts et des palettes sonores renouvelées. On reste dans le métal, évidemment, mais sans s’imposer de limites inutiles. Le prochain album, par exemple, est déjà bien avancé et s’oriente vers quelque chose de beaucoup plus rapide, plus agressif, avec une forte composante électro-métal. C’est un autre univers, une autre énergie, une autre narration. Je vois Wounds Of Heaven un peu comme une série avec différentes saisons : chaque album explore un monde différent, mais l’ensemble reste cohérent et identifiable. Ce sont des univers qui se tiennent, qui dialoguent entre eux, et qui pourront éventuellement être transposés sur scène. L’idée n’est pas de répéter une formule, mais de bâtir quelque chose qui se transforme sans perdre son identité.
  3. Quels sont les prochains projets de Wounds Of Heaven (single, nouvel album, spectacle, etc) ? Les prochains mois pour Wounds Of Heaven seront occupés. Un premier single, Breakpoint::Override, est déjà sorti il y a quelques semaines et donne clairement le ton du prochain album. Un second single, Controlled Environment, sort le 30 janvier  (il sera donc probablement déjà disponible au moment de la lecture de cette entrevue). Ces pièces montrent une direction très différente, plus rapide et plus agressive. Le deuxième album de Wounds Of Heaven est déjà très avancé. Sa sortie est envisagée vers la fin de l’été ou à l’automne prochain. Le titre n’est pas encore dévoilé, mais le travail de promotion commence tranquillement : mise en place des réseaux sociaux, structuration de l’identité visuelle et préparation du terrain pour la suite. Je peux aussi confirmer que je travaille actuellement avec des musiciens afin de développer le projet en vue de la scène. La réflexion est en cours sur le concept live, les costumes et la production. C’est un processus qui demande du temps, et je veux le faire correctement, de manière professionnelle. Rien n’est précipité : l’objectif est de laisser le projet grandir naturellement et de voir jusqu’où il peut aller.

 

 

Mathieu- Mot de la fin Je tiens à remercier sincèrement toutes les personnes qui suivent Wounds Of Heaven. Les vagues d’amour reçues, particulièrement sur YouTube, les nombreux messages privés et les retours unanimes me touchent énormément. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que le projet résonne aussi loin, et j’en suis profondément fier. Un immense merci à Vicky et à Onde Choc pour l’espace offert, la visibilité et la possibilité de m’exprimer librement sur le processus créatif et sur ma démarche en tant qu’artiste. C’est précieux et grandement apprécié. La suite ne fait que commencer. N’hésitez pas à nous suivre sur YouTube, Facebook, Spotify, Apple Music et les plateformes habituelles. On se retrouve très bientôt… et éventuellement, sur une scène près de chez vous.

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-Journaliste/Chroniqueuse: Vicky Fillion

Entrevue – Empire De Mu – Sortie d’un nouvel album le 13 février 2026

Dans le cadre de la sortie du nouvel album The Lotus Legacy de la formation Empire De Mu le 13 février prochain, notre journaliste Vicky Fillion a réalisée une entrevue écrite avec Arianne Fleury, chanteuse de la formation. Voici ce qui attends les fans avec ce nouvel album.

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Entrevue avec Empire De MU

Autour de The Lotus Legacy 

  1. Pourquoi le lotus? Qu’est-ce que ce symbole représente pour vous  personnellement et musicalement?
    La fleur du Lotus représente la terre de Mu.
  2. Le titre The Lotus Legacy évoque l’héritage et la transformation. Quel héritage  souhaitez-vous laisser avec cet album?
    The Lotus Legacy est l’héritage d’un apprentissage spirituel, culturel ainsi que l’évolution de notre planète avec son histoire. Mon souhait avec cet album c’est que les auditeurs soient conscients que notre planète est un être vivant tout comme nous. Avec son évolution propre. Et juste donner la chance à cette idée de grandir et de fleurir dans notre esprit est déjà beaucoup.
  3. En quoi cet album se distingue-t-il de vos sorties précédentes, tant au niveau  sonore que conceptuel?
    L’album se distingue de Spiritual Demise par sa vitesse 280 BPM à 300 BPM. Mon drummer, Michel Gagné Bouchard, depuis 2021 est une vraie machine. Il est une bête assoiffée de vitesse et je suis très fière de lui! Michel est un virtuose exceptionnel et tout un artiste. Son jeu à la batterie est unique et il se démarque dans tous ces nombreux projets musicaux. Je suis fière de chanter à ses côtés. Il représente pour moi mon arme de destruction massive dans les shows! Bravo Mitch. 

 

Composition et sonorités 

  1. Comment s’est déroulé le processus de composition? Était-il plus instinctif ou  très structuré?
    The Lotus Legacy est chanté entièrement en français. Je suis très  fière de respecter notre loi 101 et fière de chanter dans ma langue. Je suis allée chercher deux compositeurs du style
    Slamming Brutal Death Metal de l’Ontario, Sophokles Theodoru et Rory Kruger Kennedy. Ils sont tous les deux dans un  groupe de musique que les québécois adorent, Creme Flesh.
  2. Avez-vous exploré de nouvelles influences musicales ou techniques sur cet  album?
    Nos times signatures sont old school death metal à la Diyng Fetus. J’adore le groupe Aborted. Ont m’a dit que le groupe avait déjà travaillé par le passé avec le Kohlekeller studios donc je suis allée faire le Mixing Mastering du  deuxième album au Kohlekeller Studios en Allemagne. J’ai demandé à  l’ingénieur de son, Daniel Claar, d’avoir des couleurs sonores semblables pour les deux guitares. OUI, OUI, je suis fan fini… J’avoue… Merci à Rob Henx pour  l’enregistrement des guitares et de la basse. GOOD JOB !!! 
    Le son en général pour The Lotus Legacy est très large. Au niveau de la basse c’est très heavy et mon vocal est perché au-dessus de toute cette violence musicale. Mon vocal donne un contraste exceptionnel et extrême. Ma demande spéciale à l’ingénieur de son était d’entendre et de ressentir le double bass drum dans le fond de ma gorge jusqu’au plus profond de mes tripes. Je suis 100% satisfaite du travail exceptionnel du Kohlekeller studios.
  1. Y a-t-il une pièce qui a été particulièrement difficile, ou au contraire,  étonnamment facile, à composer?
    J’ai demandé à mes deux compositeurs, Rory et Sophokles, de me composer les sept chansons le plus brutal possible. Ensuite, j’ai fait le triage des riffs, soit enlever, garder ou rallonger la durée de  ceux-ci. Concernant les guitares pour chaque chanson, j’ai fait plusieurs  modifications pour créer un gros coup de pelle dans le visage à 280 et 300 bpm.
    YAKUSHIMA 4min 30sec la  pièce est un électrochoc qui te scie les dents, autrement dit un métro à vive allure qui ne s’arrête pas à station Berri Uqam ….
  2. Quelle chanson représente le mieux l’essence d’Empire De Mu en 2026?
    La chanson intitulée NAGA est le premier Wall of Death à 300 BPM de toute l’histoire du Métal québécois et canadien chanté par une chanteuse d’opéra. La  première note de mon vocale sur la chanson est maintenue très longtemps sur du blast beat, pour le plus grand des plaisirs chaotiques et ravageurs, destiné aux amateurs de musique extrême et de trash.

 

Thèmes et paroles 

  1. Les paroles des anciens albums semblent souvent introspectives et  spirituelles. D’où viennent vos textes et idées?
    Mon bagage spirituel et l’apprentissage de ceux-ci.
  2. Est-ce que certaines chansons sont inspirées d’expériences personnelles  vécues récemment?
    Oui, j’ai créé les paroles de la chanson INUKSHUK car j’ai  eu le privilège de travailler à Puvirnituq, un village inuit dans le Grand Nord québécois. J’ai appris énormément sur leur culture, les légendes et leur façon de vivre, leur combat, leur histoire et je voulais leur rendre hommage par le concept de Empire de Mu.
  3. Y a-t-il un message que vous espérez que les fans comprendront avec le temps, après plusieurs écoutes?
    L’histoire d’Empire de Mu se poursuit par un concept artistique qui raconte l’ascension des Muyens Naacals vers d’autres continents. À partir de la création de notre planète vers l’apprentissage spirituel, en passant par l’ignorance inhumaine des dirigeants extrémistes, dans un monde en voie d’extinction.

 

Évolution du groupe 

  1. Comment Empire De Mu a-t-il évolué au niveau des membres du groupe depuis  le dernier album? Y a-t-il eu des changements dans le groupe?
    Et bien, bonne nouvelle! Je me suis trouvé un bassiste !!! Il manque un guitariste pour booker des shows, donc svp contactez moi !!! Surtout que nous avons des opportunités pour jouer à l’extérieur du Canada. (Tabs sur guitare Pros.)
  2. Y a-t-il eu des remises en question importantes durant la création de The Lotus  Legacy?
    Je voulais aller au bout de ma vision artistique avec Michel, mon drummer, pas de compromis.
  3. À quel moment avez-vous su que l’album était « terminé »?
    David Gagné,  guitariste compositeur de Blackguard, quand il a terminé avec moi de composer les quatre pièces instrumentales. Celles-ci font voyager à l’intérieur du concept The Lotus Legacy. Merci DAVE POUR TON TRAVAIL
    EXCEPTIONNEL.DAVE EST UN VIRTUOSE ET UN ARTISTE INCROYABLE J’T’AIME  MON DAVE XXX
  1. Vous êtes nouvellement avec M&O Music, comment se passe cette nouvelle  collaboration ?
    Grâce au travail professionnel Les Productions Améthyste, avec Elizabeth Blouin-Brathwaite, Empire de Mu a signé avec cet excellent Label qui est français. Celui-ci est le même label que le groupe Burning The Oppressor. Je suis très satisfaite !!

Relation avec les fans et la scène 

  1. Que représente la scène métal québécoise pour vous aujourd’hui?
    Le 30  septembre 2025 dernier, j’ai quitté mon poste comme co-animatrice à Décibel Métal CIBL 101,5. Depuis 2021, j’avais le rôle de chroniqueuse et co-
    animatrice. J’ai eu le privilège d’encourager et de faire découvrir la scène métal ici au Québec et d’intégrer les Artisans de la Scène Metal qui donne un visage  aux concepts des nombreux et différents styles de groupes musicaux de notre  grande communauté. J’ai quitté car j’avais un choix à faire et j’ai choisi de  mettre les bouchés doubles pour l’album The Lotus Legacy. Je devais me concentrer avec le Label M&O Music ainsi que sur mes leçons de chant. J’étais  vraiment à la croisée des chemins. Voilà ce qui a été de mon bénévolat dans la scène Metal ici au Québec. Je suis une passionnée de musique Metal et j’aime beaucoup notre communauté.
  1. Comment percevez-vous le soutien du public depuis vos débuts?
    Leur loyauté. À tous ceux qui suivent Empire de Mu de loin ou de proche merci de votre patience !!!!! On va se revoir dans les shows !!!
  2. Avez-vous pensé à la dimension live lors de la composition de l’album?
    Costumes et chorégraphies seront au menu !!!!
  3. Quelle pièce avez-vous le plus hâte de jouer sur scène et pourquoi?
    J’ai hâte de chanter les sept chansons à plein poumons et de briser les tympans avec notre  album
    The Lotus Legacy (Extreme Operatic Brutal Death Metal)

 

Questions plus personnelles 

  1. Quelle chanson de l’album vous touche le plus personnellement?
    Témoins du  Déclin …avec mon vocal rock métal au début de la pièce … La dénonciation de  nos habitudes malsaines envers notre précieuse et si belle planète bleue qui est  en voie d’extinction, ni plus ni moins là…Nous sommes la dernière génération à boire de l’eau et à manger à notre faim avec une variété de fruits et légumes … faut arrêter d’agir en aveugle et être humain sans conscience.
  2. Y a-t-il une ligne de texte dont vous êtes particulièrement fiers?
    Arthefac, la  création de notre planète écrite de façon vulgarisée, mais à 300BPM faut faire  court donc l’essentiel est chanté et ce en FRANCAIS!!!!
    Extrait de la chanson ARTHEFAC
    « Nous sommes le résultat de l’évolution D’une conscience collective une  forme de vie parmi toute sa biodiversité qui s’orchestre depuis sa naissance.OH OH » Le vidéo clip sortira le 13 février 2026 et un teaser est prévu le 1 février 2026.
    Merci à Rob Henx, un musicien talentueux (Red Raven Chaos) et il a  enregistré les deux guitares ainsi que la basse pour The Lotus legacy. Michel  Gagné bouchard au drum (le destructeur de tambours). François Kelly du  groupe PARADISE qui a généreusement accepté de faire notre vidéoclip. Merci  Frank xxx On remet ça bientôt avec Rob !!!
  1. Que diriez-vous à quelqu’un qui découvre Empire De Mu pour la première fois  avec cet album?
    De s’ouvrir musicalement et qu’il existe plusieurs styles de  vocales dans la musique Heavy Metal et notre style, Extreme operatic Brutal  Death Metal, en fait partie.

 

Voici le teaser du vidéo clip à venir de la pièce Arthefac

 

Un gros merci à Arianne Fleury d’avoir pris le temps de répondre à nos questions, en espérant que cette entrevue vous donnera le goût de découvrir le nouvel album!

-Journaliste: Vicky Fillion

Critique d’album: Wounds Of Heaven – Testament Of The Fool (Novembre 2025)

Wounds Of Heaven
Testament Of The Fool
Novembre 2025

 

Liste des pièces

  1. The Fool Speaks – 1:30
  2. The Mirror Gospel – 6:12
  3. Temple Of Flesh – 5:40
  4. Crown Eaters – 4:06
  5. Virtue Machine – 4:26
  6. A Fool’s Dominion – 5:20
  7. The Sky Held Its Breath – 3:32
  8. The Great Unveiling – 6:00
  9. Global Judgment – 4:36
  10. The Hollow Dawn – 5:52
  11. The Day That Wasn’t – 3:54

 

Lien pour achat / Link for purchase :
https://woundsofheaven.bandcamp.com/album/testament-of-the-fool

Retour sur l’album

Testament of the Fool est le premier album du projet solo Wounds Of Heaven, sorti en novembre 2025. C’est un travail conceptuel et prononcé qui reflète la vision artistique de l’artiste montréalais Mathieu Hémond. Avec Testament of the Fool, Wounds Of Heaven signe une œuvre dense, exigeante et profonde.

L’album s’articule autour d’une narration symbolique du fou et peut évoquer à la fois l’aliénation, le questionnement existentiel et la rébellion contre des systèmes imposés. La structure de l’album, avec son intro « The Fool Speaks » et la finale « The Day That Wasn’t », rappelle une progression narrative, presque comme une histoire qui passe du discours intérieur à une forme de révélation. Selon moi l’album oscille entre le post métal atmosphérique et expérimental avec des ambiances denses, sombres et mélodiques.

Ce projet solo donne souvent l’impression de fusionner une ambiance immersive et les émotions brutes, en faisant de chaque pièce une exploration introspective. Le ton et le son placent l’album dans une zone créative où l’expérience d’écoute devient une immersion plutôt qu’une suite de titres isolés.

L’album a une progression claire et thématique, il est important d’en faire l’écoute dans l’ordre dès le départ pour en saisir toute la profondeur. Chaque piste est construite pour nous transporter dans un univers riche en textures sonores et en symbolisme. Ce projet livre ici une œuvre très personnelle, loin d’une simple collection de chansons, mais comme un voyage introspectif.

Une musique au service de l’introspection et de la réflexion

Musicalement, l’album évolue dans une zone hybride où se croisent post-metal, doom atmosphérique et quelques touches expérimentales. Les riffs sont rarement démonstratifs : ils privilégient la répétition hypnotique, les progressions lentes et les textures lourdes. Cette approche crée une sensation de tension constante.

Les guitares, souvent graves construisent des murs sonores oppressants, tandis que les variations de rythmes servent à maintenir l’auditeur dans un état d’instabilité. La rythmique joue un rôle central dans cet album. Les tempos majoritairement lents renforcent l’impression de lourdeur mentale, presque rituelle. Chaque morceau semble construit comme une incantation. Testament of the Fool n’offre pas de réponses faciles. Il installe plutôt un inconfort durable, cohérent avec son discours sur l’aliénation, la foi détournée et le regard critique sur les structures de pouvoir.

Le travail vocal, volontairement sobre et parfois distant, agit comme un vecteur émotionnel plutôt que comme un élément central. La voix ne cherche pas à dominer, mais à se fondre. Ce qui accentuant le sentiment d’introspection. Cela renforce l’impression que l’album se vit de l’intérieur, presque comme un monologue intérieur mis en musique.

Finalement, Testament of the Fool est un album qui ne cherche pas à plaire, mais à dire quelque chose. L’album se démarque comme une œuvre ambitieuse au sein de la scène montréalaise indépendante. C’est une œuvre exigeante et introspective, qui s’adresse avant tout aux fans prêts à s’immerger pleinement dans cet univers. Wounds Of Heaven y affirme une identité forte et assumée, ancrée dans une vision artistique cohérente et profondément honnête de son auteur.

Je donne un 9/10 et je vous invite tous à l’écouter attentivement et idéalement d’une traite, pas seulement pour se divertir, mais pour ressentir, réfléchir et vivre tout le travail derrière cet œuvre.

-Vicky Fillion

Janvier 2026 – Nouveau single de Wounds Of Heaven:
https://woundsofheaven.bandcamp.com/track/breakpoint-override