Jour 2 – 16 mai 2026
Nous voilà rendus à cette fameuse journée qui est un pur marathon musical. Onze formations vont s’enchaîner, une après l’autre, et ça va nous en mettre plein les oreilles. Une charge de travail impressionnante qui m’est demandée de surcroît, mais un bon test pour ma ‘’dureté du Mental’’. Mais je suis un guerrier, votre chroniqueur de l’underground, qui donnera de son mieux pour vous faire un tableau de cette superbe journée au Studio Sonum.
Martin Butch

Toujours intéressant de voir comment on peut être créatif quand l’on se retrouve seul sur la scène, après avoir mis du temps à écrire, pratiquer, monter ses effets ambiants… personne à se fier dessus, c’est la vie d’un ‘’one man army heavy metal style’’. Martin Butch nous a préparé 12 pièces de son cru qui va du trash, au hardcore et au Death… c’est le gros du mixte dans un mode old school. De titres anglos à francophones, on y met une voix rauque qui donne ce cachet punk-hardcore, encore plus évidente dans une pièce comme Guerre et Chaos. Une pièce qui vient me chercher, avec son style Motorhead est Crucifix Me, un train rock&roll métallisé. Tout ce mélange de vibration reste concis et accrocheur. Dans une pièce instrumentale comme Alerte Rouge, on voit aussi le travail qu’un compositeur comme Martin Butch peut mettre pour en sortir un produit de qualité. Un très bon début de journée avec un son qui a du coffre.
Legion of Decadence

On change de ton complètement. Les ténèbres s’installent pour faire place à une musique black métal mélodique avec un vocal féminin. De plus, avec leur nouvel album, tout frais, tout chaud, No Road Left to Burn (paru le 6 mai 2026), je découvre leurs nouvelles créations avec joie. C’est avec Fearmonger de l’album Checkmate (2025) qu’on se lance avec une harmonie très élevée et la voix de Karine Gagnon, qui nous enchante, s’affirme, prend sa place. Un bel équilibre qui met en place et en éclat, chaque membre, à la poursuite de subtilités et de surprises. Mais la pièce que j’attendais le plus et depuis quelques semaines: Epiphany (les trois parties) était une récompense en soi. Un voyage, dans un monde musical plus black progressif, une odyssée dans le drame et le théâtral, mais avec des parties aussi très rock, surtout sur From Rag to Riches (Epiphany part 2), qui met particulièrement en valeur la basse de William Lafrance et, par la suite, un son qui parfois me rappelle du King Crimson moderne. Pour ceux qui recherchent une belle soirée, aller au Piranha Bar le 6 juin, car ils y performeront, accompagnés de Nail et Callous Breed… ça va être magique!!!
Wodos

Dans le monde de la nouvelle garde du thrash metal québécois, ils sont une force qui est indéniable. On attend Justin, le batteur, qui nous arrive à la dernière minute: histoire de bateau et de monstres marins, mais ça, c’est du délire. On s’installe et, encore une fois, c’est une prestation folle et balistique. J’adore Sacrifice et Crystal Lake, mais chaque chanson est une rafale endiablée. Vous ne connaissez pas? Vous aimez le thrash metal? On va tout de suite chercher leur démo!!! Maintenant, petite surprise pour vous, une entrevue avec Benji, chanteur de la formation, qui nous donne de superbes nouvelles sur la formation et pour les autres formations du genre… bienvenue dans le frigidaire du Sonum:
Morsure

Ils nous arrivent d’un patelin où les épis de blé d’Inde ont des mohawks, où les ratons laveurs sont anarchistes: bienvenue dans le monde de la violence de fond de rang avec Morsure. On les reconnaît par leur punk sans compromis, franc et parfois cynique. Ils vont dans un mode d’écriture intuitif et sans censure. C’est toujours un plaisir pour moi de les voir, car on ne s’ennuie jamais, soit par leur bon vouloir de nous distraire, soit par des événements qui leur échappent… cette fois-ci, c’est la machine à boucane qui avait le ‘’piton collé’’. Au début je croyais à une farce, mais oui, on en a pris plein la gueule! Mais ça ne freine pas le trio de Yan, Yann et Pas Yan, qui jouent dans une ambiance cumulonimbus. Mais en même temps, c’était parfait pour la chanson Stef Carse avec une aura ‘’Pet sematary’’. Pour les fans du genre, n’oubliez pas que Violence de fond de rang (party deux) est disponible depuis quelques mois et de plus, en vinyle, vous avez les deux Ep… génial! À voir bientôt, le 19 juin, au Murdoch (Sherbrooke), ils nous reviennent en première partie de la formation australienne Smash Youth… à ne pas manquer!
Once and For All

Nous voilà dans un mode guttural et cela dès le premier lancer de la formation. En moins d’une minute, on sait qu’on nous amène dans un monde dur, brutal et souffrant. Un modèle d’oppression auditive, dans le bon sens du terme… On sent le poids de la puissance des abysses tout le long du ‘’set’’. Superbe reprise de Sons of Northern Darkness (Immortal). J’aurais aimé vous donner plus d’informations sur cette formation, mais, une chose est certaine: un vocal solide et un superbe travail à la basse, un band solide. Il est temps pour vous, les boys, d’avoir un page (au moins sur Facebook) car il est très possible que les amateurs du genre (death metal) s’intéressent de près à ce que vous faites. Once and For All, ‘’bad ass’’ du début jusqu’à la fin.
Lunasick

Formation qui a son pied à terre en Mauricie, ils nous arrivent avec du matériel neuf et enlevant. Un metal mélodique, metalcore, avec multiples affinités de style. On y retrouve entre autres Julien De Carufel (Nova Spei), Jean-Daniel Poirier (Apocalyptic Fear), Michel Marchand à la guitare, Alexandre Rousseau à la Basse et, bien sûr Lil Jo Monster au chant qui vit une totale renaissance depuis son départ de last Dance Among Wolves. Déjà à l’époque, il était remarquable, mais avec Lunasick, il exploite son vocal avec tant de nouvelles nuances, wow, juste wow. Des textes en anglais et en français avec le même punch, comme pour Et tu Danse à Tue-Tête. Nuances musicales et vocales impressionnantes lors de Decline of Humanity et Wicca. Beau travail les hometown boys!!!
Saule Noir

Encore une fois, une formation de Québec nous revient avec une noirceur digne du Ginnungagap. Un black metal troublant et dominé par un vent d’introspection et de souffrance. Comment oublier cette prière aux ténèbres, mais qui évite la redondance dans le titre Le sombre Mort d’Autrefois. Mais me voilà avec une pièce qui sera ma préférée de la journée, mon ‘’two tumbs up of the day’’, Valse Macabre, qui débute à la guitare sèche et qui nous transporte dans un monde d’émotion vive et lugubre. Ça vous surprend sûrement du fait que je fais rarement de chronique sur le genre, mais la qualité est là, l’émotion est là et la détermination de cette formation à nous faire vivre l’émotion du moment est palpable, superbe pièce. De plus, nous avons la joie de découvrir une nouvelle pièce qui terminera la prestation de ceux-ci: La Vallée de Himmon, lieu des lépreux et pestiférés… m’a obligé à creuser sur le sujet, vraiment intéressant. C’est ce que j’aime de ce style, la recherche, l’intellectuel et l’émotif derrière le macabre.
Sanaga

On revient dans le brutal, à consonance death metal. Sanaga, qui a participé à une entrevue avec Le Pwel de GMPQ il y a peu de temps, nous arrive avec du matériel qui résonne comme une usine à baston. Je n’ai pas eu accès aux informations concernant le titre des chansons et membres, mais je pense reconnaître un ou des membres de Meet the Mailman dans cette formation, si je me trompe, svp, ne pas me lancer de roches. C’est une vague de rudesse sans frein, et captivante comme une longue rivière qui déferle et qui sort de son lit pour nous en mettre plein la gueule. Cette formation de Québec plaira sûrement à toute personne et admirateurs de musique colérique et sans détours. Bang, dans les dents!
Ammo

Toronto, here we go! Heu, non, c’est Toronto qui se déplace au Studio Sonum. Haaaa voilà un bon band de Speed Metal qui me fait penser à des matchs faciles avec des formations
d’ici comme Metallian, Tol ou Noor. Non seulement ils ont la musique, mais aussi les poses du style. Brett Hexx, un frontman clairement chevronné, nous catapulte dans son mode ‘’crazy horse’’ avec les volées de guitares enlevantes. La salle est remplie de gens obnubilés par ce qu’ils entendent, moi de même, je vis un fort moment présent, et l’envie ne me manque pas de laisser mon crayon et ma caméra pour juste être en avant de la scène et faire du headbanging pour un peu moins d’une heure. Ils auraient pu être ‘’headliner’’ de la soirée sans problème, une très belle découverte.
Thunderslave

Les courageux et très sympathiques membres de cette formation mexicaine nous arrivent avec le sourire au lèvre. Je ne me rappelle pas avoir vu une formation qui nous remercie autant d’être présents à leur spectacle. Ils sont fébriles et leur joie du moment est contagieuse. Un mélange de thrash et speed metal ‘’old school’’ qui nous percute avec toute l’énergie et la bienveillance d’un Carlos wild et de ses compères qui déchirent et qui en donnent pour les fins et les fous. Le raz-de-marée commence avec Going Faster qui met le ton de la performance générale. Jake Grease à la batterie est un démon qui ne semble pas être capable de s’essouffler. Hell breaks Loose, que j’écoute présentement chez moi en écrivant, m’a donné comme effet d’acheter leur démo en ligne (bandcamp)…allez-y vous aussi et donnez votre prix. Une acclamation bien méritée pour eux, qui nous arrive de loin et qui repartent eux aussi avec de superbes mémoires de ce spectacle… ils parlent déjà de revenir au Québec, ils nous aiment, et ils font de la musique du tonnerre… si vous entendez parler de Thunderslave, d’un retour dans la belle province… vous vous déplacez!
Fragmatik

Première prestation au Sonum Fest 2025, l’année passée, et nous les revoilà ‘’headline’’ du samedi de ce festival de la musique émergente et underground. Leading Anarchy nous rappelle le succès qui a fait d’eux une curiosité impressionnante dans la relève du thrash l’année passée. Toujours et encore, on à le droit à tout un spectacle, et cela en grande partie avec Gabriel ‘’Crazy Fingers’’ Boucher, qui, entre autres, nous fait un solo à la Eddy Van Halen, très année 80 et de plus en plus rare. Je suis toujours étonné par ce jeune prodige de la guitare. Une autre observation qui est flagrante est l’animation et la présence grandissante aux vocales (choriste) du bassiste Dylan Ramirez. Depuis un an, il a pris des galons et une assurance qui donne vraiment un plus à cette jeune formation. Belle job Dylan! Même si ça ne donne pas de valeur ajoutée au spectacle, il a été le fun d’entendre du Black Sabbath en cover, ce qui permet aussi à nous démontrer la polyvalence de Justin X qui s’installe à ce moment à la batterie. On termine sur Unexpected Visit, et du même coup, je mets un crochet dans ma liste ‘’to do’’ en cette fin de journée, jour 2 du Sonum Fest 2026… on se reprend demain pour une grande finale de dix formations pour la dernière journée du Festival.
-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground
Tu veux en écouter plus? Tu veux contribuer au succès des bands de l’underground? Voici des liens juste pour toi!
Legion of Decadence
https://legionofdecadence.bandcamp.com/music
Wodos
https://wodosband.bandcamp.com/music
Morsure
https://morsureviolencedefondderang.bandcamp.com/music
Lunasick
https://www.youtube.com/@lunasickband
Saule Noir
https://saulenoir.bandcamp.com/track/le-meurtre-du-baron-des-ombres
Sanaga
https://www.facebook.com/profile.php?id=61585662054767
Ammo
https://ammo.bandcamp.com/music
Thunderslave
https://thunderslave.bandcamp.com/album/going-faster
Fragmatik
https://fragmatik.bandcamp.com/music
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