Fast Food Fairies//Seventy Minus One//Rock n Roll Television @ Taverne Royale, TR – 18 janvier 2025

Voici le compte rendu et les photos prises par Christian Lamothe lors du spectacle de Fast Food Fairies présenté par Rebel Sound Collective à la Taverne Royale de Trois-Rivières le 18 janvier 2025 et qui mettait également à l’affiche Seventy Minus One et Rock n Roll Television.

 

Un bullseye pour la production REBEL SOUND Collective 

Nous voilà de retour à la Taverne Royale de Trois-Rivières, pour une soirée festive bien attendue. Trois formations québécoises, dont j’avais eu de très bons commentaires et qui, effectivement, rendront cette rencontre, une belle retrouvaille avec la scène punk rock en ce 18 janvier 2025. Le nom de Jim Giguère est bien connu pour son groupe We Told You So, mais depuis ses débuts en 2024, il commence à faire parler de lui comme promoteur dans la région, avec sa compagnie de production Rebel Sound Collective. Ce soir, on a eu le droit à la justesse de son flair pour nous amener un spectacle de qualité et une ambiance que l’on voudrait à chaque événement, peu importe la salle où l’on se trouve.

 

 

Rock N Roll Television 

Maxime Durand – guitare et voix
Benoît Gagné – basse et voix
Marco De Grandpré – batterie 

On commence la soirée en français, un punk rock bien québécois qui avec ses textes nous amène en grande partie à des thématiques de relations de couple dysfonctionnelles et de peine d’amour. Ce qui surprend est la décision de laisser de côté tous les titres de leurs nombreux albums anglophones. Étions nous un public test pour leur nouveau matériel? Pourquoi pas. J’accroche rapidement sur la guitare dès le premier titre Viens me Chercher et le devant de la scène invite les gens sur place rapidement. Y avait-il un message subliminal dans les paroles pour que les spectateurs se positionnent aussi rapidement? On ne saura jamais, mais ça marche! Toujours, je T’aimerai, une ‘’love song punk rock style’’ à quoi on s’accroche facilement, mais c’est vraiment avec Je veux t’oublier que l’on passe à la vitesse supérieure et ça paraît dans toute la salle, car les gens s’animent d’un cran. Quand on lit des titres comme Je veux t’oublier, Tout est fini et Pas heureuse, ça nous donne l’impression que l’on va se retrouver dans une ambiance à la Dalida ou Mireille Mathieu, ce qui est encore une belle illusion.

Rock N Roll Television est en mode fougue musicale. Un beau message qui nous rappelle que ce n’est pas parce qu’on vit un bout ‘’platte’’ dans notre vie qu’on doit absolument s’enterrer en écoutant du doom ou gothique. Ma préférée et la dernière de leur prestation fut Reviens ici. Un ‘’punch’’ de fin qui termine cette première partie devant la salle qui est bien réchauffée. À noter que la formation sera en spectacle le 7 février à Sorel au Pub O’Callaghan avec le groupe Tant Mieux! 

Lien de l’événement: https://www.facebook.com/events/1016824883818781/

 

 

Seventy Minus One 

El Kevo – guitare et voix
Nelson Henri – guitare et voix
Hugo Remacle – basse et voix
Eric Lafontaine – batterie 

Important: à noter qu’El Kevo, même s’il nous arrive du Wisconsin (USA), n’est pas un immigré illégal. Donc on ne monte pas aux barricades les paranos…mais, fortement, je vous invite à suivre cet orchestre qui a donné toute une prestation ce soir. Tout un travail d’équipe qu’on me dit de leur côté, les compositions, les mélodies et les zèbres! Cette camaraderie est visible et contagieuse, l’assemblée adore et embarque dans leurs rythmiques rapides qui seront sans relâche tout le long de leur prestation. En outre, qui peut résister à big sexy Nelson Henri, ce séduisant personnage qui arrive avec un chapeau haut de forme et un style impeccable, ajoutant une touche de fantaisie à l’ensemble du groupe.

Avec Cursed, on a les oreilles pleines. Je ne me gênerai pas pour vous mettre la vidéo, même si je préfère réellement l’entendre en spectacle. Quand Hugo, bassiste, n’est pas à la voix de soutien, on le retrouve à quelques reprises dans la foule qui est de plus en plus serrée vers le devant de la scène. Le titre Hell Hotel, ma préférée, relance l’énergie dans la communion de cette soirée. Please Set the Kid on Fire, un pied de nez à la nouvelle génération, prend son envole et est acclamé. Pour terminer en feux d’artifice, on y va avec une reprise de Blink182; Dammit, qui a un effet immédiat. Beau travail de Seventy Minus One. El Kevo me donne en primeur l’information de la venue d’un album en 2025 intitulé Bad Voodoo et c’est à surveiller de près. 

 

 

 

 

Fast Food Fairies 

– Danny Duke : basse / voix (lead)
– Buddy Oli (Olivier Houde) : guitare (lead), voix (back)
– Maxime Durand* : guitare (rythme), voix (back)
– Frank Legault : batterie 

Comment peut-on passer à côté de la fiche de route de Danny Duke? Il a fait partie de The Undead (ex-Misfits), The Queers, Ripcordz, The Ataris et autres. En plus d’avoir fait partie de tant de spectacles avec de nombreux grands noms du punk rock au cours des années. Pas surprenant que son nouveau bébé Fast Food Fairies soit avec un son élite dans le style. On ne se cache pas de la ressemblance avec The Ramones, dont il est totalement fan. Par contre, la touche rockabilly qu’ils vont y mettre, pour moi, nous amène dans une nouvelle expérience. Le son va chercher l’enfant en moi qui apprend ses premiers pas de danse twist devant les vieux albums rock & roll de mes parents. Je ne dis pas cela dans le sens où c’est un rock infantilisant. Au contraire, je veux plutôt dire qu’ils vont chercher une corde qui se transmet facilement entre les générations.

Maintenant, le spectacle…on débute avec la première chanson écrite du même nom que le groupe Fast Food Fairies. On est serré sur le devant de la scène, j’oublie mon projet de prendre mon temps et faire des photos, je suis persona non grata pour les fêtards qui me tassent rapidement pour profiter de ce spectacle et moi, ça me va parfaitement…le party est dans la place! Pour ce soir c’est Maxime Durand * de Rock N Roll Television qui remplace Guyguy Deschenes, à la guitare (rythme) et c’est en seulement cinq jours qu’il a maîtrisé le tout comme un chef, merci Max! She Want More, It’s OK, Little fairy…tous les titres passent avec le même enthousiasme du groupe et l’énergie du public qui passe tout un bon temps ce soir. I want you, j’adore, avec son court solo de guitare qui swing. La salle garde la rythmique en applaudissant tout le long de la présentation des membres, c’est un moment mémorable pour un spectacle dans une taverne. Danny se fait cadeau de la dernière chanson qu’il dit à son image Old & Grumpy, mais le présent est clairement partagé pour tous. Fast Food Fairies, on retient le nom et on va chercher l’album Can’t Agree on Anything

 

 

Un big WOW pour cette soirée signée Rebel Sound Collective. Des moments de fougue, d’énergie brute, de plaisir et de musique punk rock à son meilleur. Ces trois groupes font leur petit bout de chemin et c’est à vous de venir les voir, car vous, le public de l’underground, êtes le feu qui les anime et, ce soir à la Taverne Royale, vous étiez beaux à voir. Soyons solidaires à l’excellence des groupes du Québec! 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground

Bonne année Underground 2025 par Christian Lamothe

Bonne année Underground 2025 

N’ayant pas encore couvert de spectacles pour Ondes Chocs en cette nouvelle année, j’ai quand même décidé de faire une chronique sur des albums ou EP qui nous arriveront sous peu. Je vais intégrer par la suite quelques titres de la fin 2024 dont je n’ai pas eu la chance d’y mettre ma plume. Une petite rétrospective pour vous donner le goût d’écouter de nouvelles chansons et de mettre à jour votre ‘’playlist’’. Aujourd’hui, à l’annonce du décès d’une grande créatrice qui a influencé l’imaginaire québécois (Kim Yaroshevskaya), je ne me donne plus d’excuses pour paresser et glander, alors j’écris! Voici quelques albums à surveiller en 2025. Je n’ai choisi que quatre groupes pour la première partie, ce qui est un bon début pour vous rendre un peu curieux de ce qui se fait au Québec.

 

Blank – The Descent

Blank, un jeune groupe des environs de Drummondville que j’ai eu la chance de voir en 2024. Un pur délice de deathcore avec une énergie d’un tremblement de terre de haute magnitude. Déjà quatre titres disponibles et l’on s’attend bien sûr au même éclat pour le reste de l’album. Un groupe qui s’impose en présentiel avec un matériel sonore qui à son impact vif. À l’arrivée des chansons Sanity et Warpath, je les ai clairement pris en considération pour un nouvel album à surveiller. Si j’avais un souhait, ce serait de les voir avec Get a Shot cette année, ça serait monstrueusement bon. L’album The Descent pourrait être un pilier pour les amener plus loin sur la scène musicale. On annonce déjà leur présence au Festival du Lac de Granby entouré de grosses pointures, comme Atreyu et Slaughter to Prevail. On m’a expliqué qu’ils feraient parti de l’after party au Central de ce festival…on verra qui sont les vrais qui tiennent encore debout! Ils sont présentement en studio, la pochette reste à faire et une date de sortie n’est pas encore déterminée. Clairement, moi, je respecte énormément les groupes de Drummondville et leur fans; rarement dans la demi-mesure.

 

 

 

VoidChaser- Trust

Concernant le metal progressif au Québec, Voidchaser doit être l’un des premiers noms qui résonnent à vos oreilles. Le EP n’a que trois chansons, mais avec l’implication de Universe Effects, The Anchoret et de Jim Grey (Caligula’s Horse). Cela démontre le sérieux du groupe et aussi du nom qu’ils sont en train de se faire un peu partout dans le monde. On verra la sortie de la deuxième pièce le 7 février et pour la dernière, le 7 mars 2025. Trust est la plus courte des trois, puisqu’on me promet des chansons de plus de huit minutes pour ce qui suit. On se rappelle de la découverte de Solace en 2024, un album créatif et indispensable à ma collection. Pour les avoir vus en spectacle, c’est un bijou de conception et je n’en attends pas moins du EP de cette année. J’ai été clair là-dessus, mon rêve de 2025 c’est de les voir en compagnie d’Ominide. Pour l’instant, il semble qu’une tournée se travaille effectivement au niveau des maritimes. À ma grande joie, cet automne à Baarlo aux Pays-Bas, ils nous représenteront au ProgPower Europe Festival. Je vous rappellerai que ce groupe n’est formé que depuis 2023. Allez voir ce qu’ils font sur Bandcamp!

Voici des infos de dernières minutes venant directement à la source (Jici LG, bassiste de Voidchaser ): ’’Je peux te dire en primeur, ce ne sera pas notre seule sortie pour 2025… On est déjà en train d’enregistrer un double album (de 90 minutes) dont la moitié sortira à l’été 2025, et l’autre en début de 2026. Grosse année à venir pour Voidchaser!’

Pour en savoir plus, allez voir leur nouveau site web: https://www.voidchaser.net/ 

 

 

 

The Dark Table – Nuke Em All

On parle maintenant d’un groupe qui ne se définit pas par une case de style. On nous décrit leur style comme un fusion de darkwave, metal, deathcore et pop…bonne chance pour la description. Avec les échantillonnages et l’intention claire de repousser les limites dans leur créativité musicale, The Dark Table reste une petite surprise qu’il me reste à découvrir en spectacle. L’album est toujours en construction et nous devrions avoir soit un ou deux titres (Nintendoom ou Admiral) avant la sortie de l’album prévue en avril ou mai. Pour l’instant, avec Tall Thorn, qui dépasse les 10K vues sur Spotify, ils nous donnent au moins cette vision d‘expression éclatée et de folie dans la composition de l’album. Pour les intéressés, on parle du premier spectacle le 13 avril au Piranha Bar (Mtl), ce ne sera pas le lancement de l’album, mais il y aura une date assez rapprochée qu’on m’a indiquée. Que l’on parle d’extravagance metal ou non, je suis toujours prêt à me faire émerveiller dans ce genre d’exploration musicale. Et vous ? 

 

 

 

La Corriveau Metal Witch

La Corriveau, une formation qui semble s’être donné le défi de faire un maximum de vidéos pour un album. Le décompte est déjà parti depuis quelques mois et il nous en reste encore à voir avant la sortie de l’album en mai. On nous a présenté des morceaux qui témoignent clairement de la tendance du groupe à explorer les sous-genres dans le groove metal, power metal et d’autre genre de metal à saveur des années 80. Entre Too Much et Behind the Curtain, on comprend le désir de faire chaque pièce avec ses propres traits originaux. Un groupe qui met de l’avant chaque membre avec fierté. Ce que j’en ressens est un grand respect de chacun et de son potentiel individuel pour faire grandir la formation. Tout récemment, on a vu la vidéo Criminal, mettant en premier plan Valérie Michaud pour celle-ci.

Mais cette semaine, on arrive avec un nouveau titre: Under my Hood. 

Alors, on attend le lancement de l’album, qui semble, par tout hasard, être pas mal dans les dates du Sonum Fest 2025…qui sait? Voici leur nouveau vidéo: 

 

 

 

Maintenant, voici un petit blitz sur quelques albums sortis à la fin de 2024, dont j’aurais aimé vous décrire un peu plus. La vie de chroniqueur bénévole étant ce qu’elle est, même avec un maximum de volonté, elle a ses limites. Mais, en même temps, n’est-ce pas une bonne nouvelle? Voyons cela comme un underground québécois qui en a dans le ventre et qui est en pleine ébullition. 

 

Bleeding Remains – None so Fucked

Entre le hardcore et le death metal, Bleeding Remains nous amène dans une vague de colère et d’agressivité. Parfait pour une soirée de défoulement entre amis et si vous voulez sortir, n’oubliez pas d’aller les voir à Sainte-Thérèse le 1er mars au bar-spectacle Le Montecristo. Ils seront en compagnie de Demonorgy et Insanity of Sorrow. Pour les avoir vus en spectacle avec leur nouveau matériel, ça déménage, c’est du brutal sans concession. Alors, amateurs du genre, soyez là! 

https://cdnrecords.bandcamp.com/album/none-so-fucked

 

 

Noize – Change is an Illusion

 

Remi Thompson Moreau, vocaliste (growling) et bassiste… mais que c’est impressionnant de l’entendre propulser les enfers de ses cordes vocales. Sans aucun doute, ces jeunes musiciens sont à surveiller, impressionnant au niveau technique, et ce EP est une bonne démonstration de leur potentiel. Certains peaufinages à faire versus les voies claires (back vocal), mais le produit reste de qualité. J’adore cette jeune formation de metalcore et je vais continuer à suivre leur évolution. Aller les voir à Montréal le 25 janvier, au Petit Campus. Ils seront accompagnés de Darksider et Wooden. Toute une belle soirée metal en perspective. Bonne écoute: 

https://noizetheband.bandcamp.com/album/change-is-an-illusion 

 

 

Archon Division – Let There Be Light

Probablement un des groupes que j’aurais aimé le plus voir en spectacle lors de la sortie de l’album vers la fin octobre 2024 ou encourager sur une plateforme que j’utilise. Vous savez quand on n’est pas du pour se rencontrer! Dès mes premières écoutes de l’album à coup d’échantillons, en plus du vidéo Let there be light, j’étais très emballé par ce groupe pour sa qualité sonore. Ce petit  »feeling » d’agression chuchotée d’un vocal que j’appelle ‘’whispering screaming’’ à son charme, du moins en studio. Malheureusement, pas de tournée en vue à moins d’une opportunité en or. On pourra en profiter sur Apple Music ou Spotify…à déguster pièce par pièce! 

Voilà ! C’est ainsi que se termine cette petite chronique du début janvier. Une nouvelle page se tourne et j’entrevois déjà les nombreux spectacles, festivals et albums dont je vais vous remettre sous forme de chronique cette année. C’est avec optimisme et envie de défi que je vais continuer à vous rencontrer ‘’live’’ ou en écrit. Faites-vous le cadeau de venir encourager les groupes de l’underground du Québec en 2025. 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground

Entrevue avec LuchaYan de Last Dance Among Wolves

Last Dance Among Wolves

Rétrospective 2024

Il s’en est passé des choses cette année avec cette bande de loups metalcore. Assez pour qu’on en fasse un retour sérieux en entrevue. Un nouvel album: Circa Origins, une multitude de vidéos, des nominations et un prix. Face à la popularité grandissante de ceux-ci, je ne pouvais passer par-dessus, sans partager la belle évolution d’un groupe de chez nous. De plus, je vous propose de visionner le dernier et non le moindre
de leur vidéoclip Back to the Root. Cette chronique se veut en images et en musique. Bonne écoute!

 

Pour réajuster le tir sur ce qui a été dit dans l’entrevue, voici un rapide retour sur certains points.
-London Music Video Award: Gagnant dans la catégorie pour le vidéo d’animation All Dressed Metal.

-Toronto International Music Video festival: présenté pour la vidéo d’animation All Dressed Metal. La cérémonie aura lieu le 8 novembre 2024. La réaction: certaines personnes présentes demandent une suite…à suivre.

-Gala Alternatif de la Musique Indépendante du Québec (GAMIQ): nomination dans la catégorie de l’album metal de l’année avec Circa Origins et nomination dans la catégorie de vidéo d’animation pour All Dressed Metal. La cérémonie a eu lieu le 1er Décembre 2024.

Voici maintenant la dernière touche mise sur l’album. Une dernière vidéo, une rétrospective 2024 entourée d’amis et de fans.
Bonne écoute du vidéo Back to the Root.

En terminant, j’aimerais vous rappeler que Last Dance Among Wolves a commencé son travail studio pour le prochain album. Quelle sera la nouvelle ‘’vibe’’et les nouvelles thématiques. Soyons patients et attendons encore quelques pleines lunes…les LDAW nous reviendront bientôt avec les dents bien pointues en 2025.


-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground

Critique d’album: Ulfhednar – Tales Ov Aeons Past (Octobre 2024)

Ulfhednar
Tales Ov Aeons Past
25 octobre 2024

Lien pour achat / Link for purchase :
https://ulfhednar2.bandcamp.com/music 
https://linktr.ee/ulfhednar.band

 

Ulfhednar
La chronique sur Tales Ov Aeons Past

En ce 26 octobre, les cors retentissent et témoignent de l’arrivée des troupes du Vineland nommé Ulfhednar. Vous, petit peuple des villages et bourgs, soyez à l’écoute des récits des glorieux et des damnés sous une musique death metal mélodique à saveur ancestrale norse. Je vais prendre le temps de décortiquer ce EP Tales Ov Aeons Past en vous donnant ma vision des textes et de l’orchestration de ce petit bijou d’un peu plus de trente minutes. Ne vous attendez pas à entendre un vague délire de ménestrel attaché à un arbre, mais bien d’une musique guerrière pour renforcer la bravoure des guerriers au moment ultime du Ragnarok.

Fenrir- voix
Warg- basse
Geri- batterie
Freki- guitare
Hati- guitare

 
Fear The Draugr

De tous les êtres damnés errants dans ce monde, le Draugr est sûrement l’une des plus terribles rencontres que l’on puisse avoir. Ce mort-vivant, dont même les portes du Helheim leur sont refusées, s’accroche à leurs biens comme un dragon, mais sans aucune noblesse. Ce sont des immondices avides et avares dans leur éternelle damnation. Une victoire lors d’une rencontre n’a qu’un gain maudit. Ils sont un mal des plus viscéral, sans autre conscience que leur propre perversité. Le texte de cette première chanson décrit bien ce moment terrible de la rencontre et donne le ton à cet album où l’on entre dans un monde de la mythologie moins bien connu. L’enchaînement de voix; le growling ogre et le scream à la banshee nous imprègne de l’horreur du moment. Les envolées de guitare majestueuse, au moment triste de la fin, aux chants de fond à la grégorienne: tout y est pour un début d’album cérémonial et puissant.

 

Sang sur la neige

La vision de la bête, du prédateur, dans sa solitude face à sa quête de se nourrir. Un regard qui enlève la mauvaise intention dans ce qui est ultime dans la nature de celui-ci: mettre à mort pour la survie. La musique nous amène dans une saga par sa mélodie qui s’alourdit au fur et à mesure que l’animal s’approche de son acte intuitif sans compassion ni haine. Musicalement parlant, on y entrevoit une grande influence post métal qui accompagne leurs armoiries black dès l’arrivée des paroles suivies d’une conclusion qui nous ramène aux mouvements de son intro comme un éternel recommencement…pour ma part, je n’hésiterais pas à l’écouter en boucle pendant des heures. Cette chanson française d’Ulfhednar, démontre que, peu importe la langue, leur message passe très bien. Aura-t-on un jour une chanson en danois ou en norvégien? Pas nécessaire, mais qui sais, on a quand même des titres de chanson en latin sur cet album!

 

Crepusculum Pacis

Crépuscule de la paix, court moment paisible en musique où la guitare nous guide vers un moment d’introspection, d’un moment où l’un marin sert sa rame, où un guerrier s’assoit à l’écart du campement où chaque personne lève les yeux vers les étoiles, guide des songes et des espoirs dans un monde inhospitalier, rude et sans promesses. Nous sommes dans un voyage sur cet album et l’écriture de la musique nous le fait vivre…. Cependant, tout comme un rêve, le retour à la réalité sera brutal. Crepusculum Pacis est certainement l’œil du cyclone sur cet album.

 

Allfather’s War

Bien avant les prières et les chants glorieux, Odin, (aussi nommé Wotan) mena les troupes Ases vers la première Grande Guerre des cieux en donnant la charge partout dans les neuf plans d’existence. Non sans un prix terrible, il mena ses troupes à la victoire et du coup, domina en être suprême avec une main de fer. Peuplades scandinaves, héritières de cette grande histoire, y puisèrent leurs courages sans égal. Pour un admirateur d’Amon Amarth, on s’y retrouve grandement. On perçoit l’arrivée majestueuse de la musique symphonique, qui nous submerge. Ulfhednar m’impressionne par ce titre très bien construit avec une cadence si précise. Composition qui les amène vers les grands du genre musical. On peut s’imaginer sans doute de l’impact de celle-ci lors d’un spectacle.

Odysseum Tryggvasson

Que peut-on dire sur Olav Tryggvason, ce souverain guerrier qui, aimé par les chrétiens, détesté par les païens, mais craint de tous. Sans aucun doute une des plus grandes figures du monde scandinave. Mettant fin au rituel de l’Ancien Monde, il devient un monarque qui s’impose à la fin de l’ère viking. Cette chanson est un hommage à son parcours historique, comme Alexander the Great d’Iron Maiden, mais à la sauce ‘vinlandoise’ de Montréal. On ressent une tendance de folk-power metal qui se mêle à leur style, qui est parfait vu la thématique de la chanson. Encore une fois, cet EP m’impressionne par son échantillonnage et les décisions artistiques prises. Sans se perdre dans un amalgame décousu de style, on arrive quand même à y insuffler une diversité de tons captivants.

 

Bellum Intra Mundos I

On peut dire: la guerre des mondes ou la guerre entre les mondes…à votre guise. toutefois, c’est déjà la fin avec ce titre symphonique qui nous rappelle que c’est album EP, donc plus court, vraiment trop court et je crois que mon avis sera partagé à ce niveau. J’en aurais pris trente minutes supplémentaires, sans problème. Comme dit un proverbe viking: « Souvent, ce ne sont pas les nombres qui remportent la victoire, mais ceux qui vont de l’avant avec le plus de vigueur. » C’est avec cette pensée que je ferme le livre d’histoire musicale d’Ulfhednar pour l’ouvrir de nouveau, le plus tôt possible j’espère. Il est vraiment temps pour moi de les revoir en spectacle. Ils étaient déjà très plaisants à voir la dernière fois. Tales Ov Aeons Past montre une maturité grandissante et je leur souhaite d’organiser de nombreux spectacles en l’honneur des dieux de nos ancêtres.

-Christian ‘’Robertson ’ Lamothe, chroniqueur en direct de Midgard

Genetic Error: lancement de l’album Fake World

Genetic Error, lancement de l’album Fake World

 

 

André Lachance – basse/voix
Louis-Simon Bellerose – guitare/ voix(back)
Patrock Béliveau – batterie

 

À une époque lointaine, où les abonnements aux cassettes Columbia faisaient rage, naquit un groupe perturbant sur la scène locale. Avec un son mutant entre punk,thrash et metal, ils nous introduisent à leurs textes sur le chaînon manquant social que nous sommes comme société. Ils traversent les époques dans le monde de l’underground pour en devenir un emblème québécois. Leur résilience nous amène fin 2024 avec un nouvel album nommé Fake World avec un spectacle de lancement qui ne devrait tarder. Cette chronique présente justement l’album et vous fournit toutes les informations nécessaires pour voir ce groupe légendaire. Bienvenue dans le monde thrash difforme de Genetic Error.

Mais avant de s’avancer sur ma description de l’album, j’ai interpellé Louis-Simon Bellerose pour qu’il puisse nous entretenir sur la venue de celui-ci.

Ondes Chocs: Parle-moi de la création de l’album Fake World. Comment s’est passée sa réalisation?

Louis-Simon Bellerose: ‘’Je te dirais que l’album a été composé en majorité, entièrement entre l’été 2019 et jusqu’à décembre 2023. On est entré en studio à la fin du mois et il y a même une pièce comme Evil Walking, la section du milieu de la  »tune » où tu entends le sampling d’un politicien qui parle…toute cette section là a été composée pratiquement en studio. Il y a des paroles qui ont été modifiées aussi en studio. Je te dirais que l’album, on l’a travaillé jusqu’à la dernière seconde. Pis aussi, une affaire qui est à souligner, c’est que la pandémie a été bénéfique pour ça, parce qu’avant, on avait souvent, du moins, on essayait de faire des spectacles en même temps qu’on essayait de composer. Vu qu’on ne se voit pas énormément non plus, moi j’ai d’autres projets, André est souvent sur la route avec son emploi. Quand on se voyait, on n’avait pas le choix, si l’on avait un spectacle à répéter, on ne pouvait pas s’abandonner à la composition tant que ça. Quand la pandémie est arrivée, ça a vraiment donné un  »go » pour composer parce qu’on avait rien que ça à faire. C’est vraiment un travail d’équipe entre moi, André et le drummer qu’on avait à l’époque, de 2019 à aller jusqu’en 2021, qui s’appelle Stéphane Desbiens. Le gros des  »tunes », on les a composées avec lui. Pis Pat (Patrock) est arrivé en novembre 2022  et il se les ait vraiment appropriées parce que, rendu là, on avait toutes nos tunes. Ils se les ait approprié d’une belle manière et moi ç’a été l’affaire qui m’a dit que Pat c’était le bon gars pour nous parce qu’il est entré dans les nouvelles tunes de façon très à l’aise…il a mit son  »feel » à lui et ça vraiment aidé à ce que l’album est devenu finalement. Les paroles, c’est une collaboration entre moi et André en particulier, surtout nous qui avons écrit les paroles…je te disais que l’album à été composé  en majorité pendant la pandémie, une  »tune » comme Beast, si tu écoutes les paroles comme il le faut, ça ressort un peu là dedans…ça paraît qu’on était dans la pandémie.’’

 

Fake World

Jour après jour, il est ‘’l’homme de la rue’’, anonyme. Il fait ce qui doit faire dans un monde froid et qui apporte tant de non-sens. Soumission au maître, travail encore et encore dans une société où il est un numéro. La routine du dominé dans un monde d’illusion de liberté. Un univers qu’il accepte, par faiblesse, par manque de vision ou par confort dans son mode d’esclave rémunéré. Une satire sur notre mode de vie et notre conformisme, notre inaction, dans une société de brouillards et de fausses aspirations. La matrix qui nous endort et pour nos propres raisons; on ne veut plus se réveiller. Un début d’album qui rentre dedans et ce n’est que le début, en spectacle, je m’attends à voir des gens dans un thrash endiablé!!! Solo de guitare: sur la coche, superbe exécution.

 

Life

Une chanson positive…aller vers l’avant, nous n’avons pas le temps broyer du noir sur le passé. Le temps va avec ou sans nous et c’est à nous d’avoir le focus. Une chanson qui nous amène dans une nuance de rift et de changement de rythme. Probablement ma préférée de l’album, juste au niveau percussion c’est vraiment excitant. Un superbe travail de Patrock à la batterie. J’ai les pieds qui sautillent tout seul en écoutant ce morceau…je suis excellent en air drumm, pour ceux que ça intéresse. Si c’est pas déjà fait, pas encore écouté? Voici ci-bas, Life, juste pour vous!

 

 

Tétanisé

En français, svp!!! L’histoire d’une chenille qui est bien dans son cocon, pas certaine de vouloir devenir un papillon car il vient juste de se faire poser le Wifi. Le mirage du confort pour être assis dans de quoi de chaud un peu trop longtemps. La thématique du pris au piège par son propre mode de vie hyperconnecté, mais seul. Un voyage cérébral anxiogène, mais sans mouvement. Belle description de la paralysie devant l’écran dans un départ musical ténébreux et inquiétant et qui change de vitesse avec un puck hardcore… j’aimerais avoir une vidéo de celle-là. Un feeling à la Groovy Aardvark et d’autres du genre qui nous interpellent tellement. Sans aucun doute, on se rappelle que ça peut brasser en ‘’francophone »!

 

Evil Walking

Musicalement, on ressent l’empressement de façon militaire ou machinale d’aller dans le même sens d’une marche rapide. Sur un texte qui nous interpelle sur notre impuissance collective face aux maîtres décideurs de notre fausse démocratie. J’ai particulièrement aimé la venue d’une ambiance sludge qui précède le discours d’un politicien. Ce qui donne une belle nuance à la chanson. Un moment plus dépressif dans la désolation de la conscience momentanée pour revenir au rift du début…comme si ce moment de conscience n’avait servi à rien, sauf nous rappeler de notre statue sociale.

 

29

Rapidement, en écoutant et en m’appropriant le texte de cette chanson, je me suis rendu compte de son importance. Que c’était une dédicace, un hommage ou une lettre à un vieux chum. J’ai décidé humblement de ne pas la décrire et de laisser plutôt André Lachance vous présenter le visage sous le 29.

 

Ondes Chocs: Concernant le titre 29, j’avais une bonne idée du fait que c’était en lien avec Marc-André Fortin, votre premier batteur. Puisque tu en fais un hommage, peux-tu nous en parler un peu pour nous le faire connaître?

André Lachance: ‘’ J’ai connu Marc-André, j’avais dix-huit ans. Il était au conservatoire de Trois-Rivières en même temps que mon mentor Mario Prudhomme, celui qui m’a appris à jouer de la basse. On avait de la difficulté à se trouver un drummer qui était prêt à mettre du temps pour monter de quoi de sérieux. Un jour Mario m’a dit: ‘’on va aller jammer chez un gars qui étudie en musique avec moi’’. Dans sa cave, à quatorze ans, il jouait l’album Moving Pictures de Rush intégralement. La chimie s’est installée sur le champ. Marc-André était sans doute l’un des meilleurs drummers du Québec. Son professeur à l’université lui avait dit que c’était lui qui en avait à lui apprendre. C’est alors qu’on a décidé de faire cette tune (29) qui immortalise celui qui fut la colonne vertébrale de Genetic Error.’’

 

 

Beast

Une chanson qui sent effectivement le Covid, comme disait Louis-Simon. Ce moment de chaos et de totalitarisme de cette époque pas si lointaine est imprégné dans les textes. Sous une musique intelligente qui change constamment, je suis envahi par un « Voivod feeling », comme on dit: ça groove ! Puisqu’on parle du Covid, je ne pouvais passer par-dessus le dernier arrivé 2022 dans ce trio trifluvien. Pendant que les microbes, paranoïas et directives se dissipent, nous voilà avec un vent de fraîcheur lors de l’arrivée de Patrock Béliveau pour compléter notre trio mutant. Pour mieux vous le présenter, je lui ai posé une question sur son arrivée dans le groupe.

 

Ondes Chocs: Tu es déjà impliqué avec Darksider et Sons of Seth. Parle moi de ta décision de faire partie de Genetic Error?

Patrock Béliveau: ‘’André m’a contacté pour faire une session studio pour le nouvel album et j’ai dis oui et que même je suis partant pour être dans le band même pour des gigs. Il m’a dit qu’il aimerait ça et qu’il n’osait pas demander vu que j’étais déjà dans Darksider et de paraître du gars qui vole les musiciens des autres bands. Darksiders et Genetic on avait déjà fait plus d’un show ensemble, donc on se connaissait déjà et j’ai toujours trouvé Genetic un band intéressant et impressionnant. La composition, je la laisse à André en Lewis vu qu’ils sont dans le band depuis plus longtemps que moi. Je fais l’ensemble de mes Beats, mais parfois, André ou Lewis ont des exigences de Beats pour fitter avec leurs riffs.  Le challenge, je dirais, c’est surtout d’enfiler les souliers de Marc-André Fortin pour les compos originales. M.-A. était un Drummer hors pair et c’est gratifiant qu’on me laisse jouer ses compos. Je ne suis pas à la hauteur de M.-A et il a tout mon respect. Je ne l’ai pas connu malheureusement, mais j’en ai entendu parler et c’est vite devenu une idole pour moi.’’

 

Making a Full of Yourself

Une thématique qui nous rappelle que, si l’on est génétiquement tout croche, notre psyché peut l’être encore plus. Notre défaillance en communication et surtout de rumination compulsive qui nous amène des états complètement autodestructeurs.

Le texte est très large, ce qui nous permet de nous l’approprier dans notre propre vie  et notre propre miroir qui nous donne ce si détestable reflet. Vouloir exister sans s’humilier par l’affirmation de soi est un art. J’adore les changements de tempo, cette émotion de changement, ce rythme qui parfois me donne des vibrations à la Dead Kennedys. Belle performance du trio pour la coordination de cette chanson et quelle belle façon de terminer l’album.

Terminé pour la chronique, mais ce n’est que le début pour l’album Fake World. La date à retenir pour le lancement est le 7 décembre 2024, à l’Entité. Le 27 décembre, ce sera au tour de l’Anti-Bar à Québec de les recevoir. Quelle belle façon de terminer l’année. L’album est disponible sur plusieurs plateformes…, mais il faut absolument aller les voir en spectacle. Quand un groupe culte de l’underground comme Genetic Error sort un album, ça se fête ensemble!

 

-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground