NORTHWALK, REVERSAL, PRIMAL HORDE et OFF&DEAD
10ième anniversaire – Harcore Style
Dix ans…dix ans d’espoir, d’émotions, de musique, d’écriture, d’enregistrements, de pratiques et de spectacles. Dix ans et on y est. Ce soir, Northwalk fête sa décennie d’existence et s’entoure avec trois autres groupes très bien choisis pour l’événement. Cette chronique vous fera part de l’implication de chacun et se terminera avec différentes questions posées à David Plante, qui nous donnera un bilan sur le groupe dans cette décennie de hardcore québécois.
OFF&DEAD

Charles Provencher: voix
Gabriel Paris: guitare
Steeven Jutras: basse
Étienne Raiche: batterie
Ce jeune groupe de Drummondville nous arrive avec leur album EP, WBNT, sorti cette année et ils vont nous en jouer la presque intégralité en désordre…ordre bien choisi. La fusillade musicale commence par une des premières chansons du groupe, soit: Craven qui tourne depuis 3 ans. La taverne, qui accueille déjà plusieurs arrivants fébriles, annonce à Trois-Rivières que ce soir, c’est ici que ça va brasser. Off&Dead est clairement le roulement de tambours qui annonce cette soirée de musique brutale. Je découvre comme la plupart des gens ce groupe dynamique, qui à l’arrivée de Love Hate me relance dans une vibration à la Pantera. Nous sommes tous attentifs mais avec la gêne du début de spectacle, on fait travailler le chanteur et on le met dans un rôle de motivateur. Il accepte le défi. Charles Provencher s’avance vers les curieux et peu à peu, en ramène plus d’un vers le devant de la scène. On enchaîne avec Parasite, pièce rapide, du moins qui est une accélération percutante et selon moi une pièce maîtresse pour un thrash solide quand le momentum s’y joint. Il nous font cadeau d’une nouvelle pièce, qui sera enregistrée bientôt du nom de Treachery, ce qui me fait dire qu’on va les revoir…Off&Dead, un nom à retenir.
PRIMAL HORDE

Jay Lapointe: basse
Nick James: guitare
Alexandre Cloutier: voix
David Comeau: batterie
J’ai eu la chance de les écouter avant de partir pour le show, à la dernière minute malheureusement, mais mon idée était claire, c’est du lourd. Primal Horde nous sert un hardcore qui ma fois a un enrobage proéminant de death métal. Alexandre Cloutier nous transperce le corps par une vocalise, un growling profond, noir et puissant et cela du début à la fin. Si l’écoute était faite sur mes écouteurs avant, rendu en spectacle, l’intensité était doublée. On y va dans le nouveau matériel avec les trois pièces de leur dernier démo paru en 2022: Blood Soaked, Killing Fields et la pièce éponyme Primal Horde. Si vous me permettez ce comparatif, ce groupe c’est The Ramones qui carbure au deathcore. Chansons courtes, on crache le venin et on passe à autre chose. C’est ce qui fait qu’il nous garde toujours alerte. De plus, niveau guitare, Nick James avec ses riffs endiablés et distorsions, donne une texture bien personnelle à chaque chanson. Si le diable est dans les détails, désolé Nick, tu sais où tu t’en vas ou du moins ta guitare!!! Très bon choix de groupe pour ce soir et on en est juste à la moitié!
Dans la salle, qui se remplit tranquillement au fur et à mesure que l’heure avance. On voit de plus en plus de gens s’approcher du ‘’stage’’ et les thrashers se font présents. Du fait qu’on est dans un show de brasse-camarades, nous voyons ce que j’appelle sympathiquement des ‘’Kung Fu Hardcore Kamikazes’’…vous savez, ces fameux adeptes de ‘’je frappes sur un fantôme, jusqu’à temps que je pogne du solide’’. Mais oui ça fait partie du spectacle, c’est bien ok ainsi. Le hardcore c’est aussi ça un moment de défoulement, tout en espérent que ça ne dégénère pas…moi ça me va. J’ai même vu un jeune individu terminer son kata brutal par un back flip. C’était une première pour moi, wow. Je me suis dit: ‘’hé bien voila la prochaine discipline pour les futurs jeux Olympiques: la gymnastique Hardcore’’. Après ce qu’on a vu du Hip Hop, au moins eux auraient le mérite de fournir eux-mêmes leur section paralympique en peu de temps…descriptions de l’ambiance avec un peu humour noir…oui oui, je sais: je reviens maintenant au spectacle.
REVERSAL

Francis Leblanc: voix
Pascal Rouleau – guitare
Johnny Bourgault: batterie
Marco Trudel: basse
Cédric Quaeybeur: guitare
Il y a de quoi qui se passe quand Reversal arrive: la scène semble trop petite ou on a mis le batteur en punition dans son coin. Pour le band, c’est sur le plancher avec le monde que ça va se passer. On entre dans un vague de ‘’old school hardcore’’, cette fameuse vision du temps ou les faux punks du Dimanche trouvaient le temps assez pénible: pas le temps pour les poseurs, 1-2-3: ça brasse!!! Francis me parlait de ses expériences du passé ici et aux États-Unis parmi les foules animées et on voit le résultat. Tous ont remarqué son aisance à chanter en plein milieu de la tempête avec un sourire de satisfaction et un intensité à livrer la marchandise. Même deux musiciens qui l’accompagnent, chacun avec leur micro, étaient bien près de lui sur ’’la piste de danse’’. Ils ne jouaient pas dans le pitt, ils étaient le pitt!!! On fait vraiment un mixte parfait des différents albums et le spectacle est apprécié, peu importe où tu te trouvais dans la taverne. Pour mon goût personnel, les chansons de l’album City Of Shadows me donnaient vraiment le goût de rentrer dans l’arène et faire un fou de moi (chose facile). Mais j’ai décidé de me garder une petite gène pour être apte à vous écrire dès le lendemain du spectacle. On parle de Reversal comme un groupe venant d’East Broughton. Dans les faits, ce sont de vieux camarades qui vivent maintenant un peu partout au Québec et réussissent à se rejoindre à Thetford Mines pour pratiquer pour nous en mettre plein les oreilles. Alors double raisons de vous dire merci, merci et merci pour avoir fait partie de cette superbe soirée.
NORTHWALK

David Plante: voix
Benjamin Doucet: guitare
JP Therrien: guitare
Francis Bergeron: basse
Simon Désaulniers: batterie
On arrive à notre groupe chéri de Trois-Rivières. Dix ans d’expérience et à la veille de faire leur première tournée Européenne (France Belgique, Luxembourg et Suisse). En plus ce soir, c’est la fête de David Plante, en fait c’est la fête à tous car ce party nous appartient clairement, car c’est Northwalk qui clôture. On prend part à la fanfare avec Make Believe du dernier Ep Steadfast paru en 2023. On y va à la pige surtout dans le répertoire des dernières années ou le son du groupe s’est durci, plus métal que punk dans la ‘’vibe’’ hardcore. L’assemblée en est ravie et acclame pièce après pièce. Through thick & thin est un train, mais qui semble avoir eu un effet non désirable pour David. Si la kryptonite est à Superman, il semble que l’air climatisé soit la bête noir du chanteur qui s’exprime sur son inquiétude pour sa voix. Mais vous savez, nous on n’a vu que du feu car il reprend de plus belle et nous martèle en décibel de sa position dominante avec tout ce qu’il a à donner. On finit en force avec Cutting ties et moi qui généralement reste au comptoir du bar au différents spectacles de la taverne; pas cette fois, je suis debout parmi l’audience qui à eu une soirée explosive et mémorable. Si vous y étiez, vous savez de quoi je parle. Belle soirée avec beaucoup de gens souriants avec qui partager à chaque entracte. Le dixième anniversaire de Northwalk est un franc succès.
Comme prévu, nous sommes rendus à l’entrevue écrite avec David Plante. Mais si vous voulez reposer vos yeux quelques instants de cette lecture en petits caractères et bien voici Flower par Northwalk, rafraîchi au goût de l’heure et mise en ligne il y a à peine deux semaines pour célébrer leur dixième anniversaire. N.B: On retrouve bien sûr la pièce sur Spotify.
Entrevue
Ondes Chocs: En 10 ans…Parle-moi de l’évolution de Northwalk en 10 ans, des membres, du groupe et implication.
David Plante: ‘’On a pas vraiment changé de line-up au fil des années si ce n’est que le drummer en 2019 qui a été remplacé par notre bassiste. Donc à 1 bassiste près c’est la même gang. Cependant, le style a beaucoup évolué. On a commencé avec un style plus hardcore punk, mais au fil du temps la petite touche de métal a pris le dessus. Au niveau de l’implication, depuis 2019 chacun des membres est plus impliqué dans l’écriture des chansons, même si c’est toujours Benjamin qui est le grand manitou.’’
O.C: En 10 ans…Parle-moi de ce que tu as vu de l’évolution du Hardcore au Québec.
David: ‘’Au Québec en général, plus qu’en région, il y a énormément de bands qui ont vu le jour. Quand je pense à Montréal depuis quelques années, c’est fou l’éclosion de bands. Bien entendu en région c’est plus difficile. Je crois que l’accessibilité aux shows pour les plus jeunes est très difficile donc ça ne nous aide pas vraiment. Quand on a commencé il y avait pas beaucoup de bands locaux si on peut dire, mais maintenant partout où on passe il y a
assurément au moins un band local sur le bill.’’
O.C: En 10 ans de création, quelles sont les 3 chansons dont tu es le plus fier et pourquoi?
David: ‘’Pour moi il n’y a aucun doute que c’est les chansons du dernier EP Steadfast. Lesquelles parmi les 4? Je dirais forcément Cutting Ties, Get Lost et Make Believe. Pour moi c’est nos tracks les mieux écrites et les lyrics qui parlent le plus à mon avis. C’est en partie à cause de notre collaboration avec Max Lacroix de House Of Gain Studio qui font que ces chansons-là sonnent différentes. Make Believe c’est bien pour le clin d’œil à la scène, aux posters, à nos 10 ans et à ceux qui portent fièrement la galoue dans le pit. Respect!’
O.C: En 10 ans, Quelles sont les plus belles expériences que tu as vécu sur scène avec Northwalk?
David: ‘’Les plus belles choses avec Northwalk sont à venir c’est sûr, mais je dirais d’avoir pu partager la scène avec des bands qui ont manqué ma vie est assurément la plus belle expérience. De créer des liens d’amitié avec ceux-ci et de même pouvoir compter sur leur aide parfois rend toute cette belle expérience là de Northwalk magnifique.’’
O.C: Si tu avais à former une tournée d’un »Big Four » de Hardcore bands Québécois avec Northwalk, tu irais chercher quels bands et pourquoi?
David: ‘’A PERFECT MURDER, IN DYING DAYS, A DEATH FOR EVERY SIN, GET THE SHOT. Premièrement, Get The Shot parce que par défaut c’est le plus gros band hardcore Québecois de l’histoire. Qu’on aime ou pas, il n’y a aucun band ici qui a fait ce qu’ils ont fait et qu’ils continuent de faire. Ensuite APM, pour les mêmes raisons que GTS, mais à une époque différente ou que la scène n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. Je suis convaincu que si APM sortait Unbroken en 2024 ça exploserait! Et les deux derniers, c’est par nostalgie. J’ai eu la chance de jouer une fois avec Indying Days et ils avaient ce côté metal hardcore qui n’était pas encore très présent sur la scène. C’est un des précurseurs dans le genre pour le Québec. Finalement, ADFES.. ai-je besoin d’expliquer le pourquoi? Ces gars-là ont participé à l’éclosion de la scène ici et même en Amérique je dirais. Alors aucun doute que si un Big Four se devait d’exister c’est mon Headliner.’’
O.C: Si tu avais à rencontrer le David Plante d’il y a 10 ans avec le recule que tu as aujourd’hui, quels conseils judicieux lui donnerais-tu à ses débuts avec Northwalk?
David: ‘’Je regrette rien, mais je dirais, prends ton temps et surtout pratique!’’
O.C: On tourne la page sur la première décennie. Maintenant Northwalk, on s’en va où pour les prochaines années? (Défis, tournées, albums etc)?
David: ‘’On commence ça avec une tournée européenne cet automne. Ensuite on a encore quelques shows à travers la province et un peu en Ontario. Pour le futur plus lointain, je dirais l’écriture d’un nouvel album. On a déjà quelques tracks de composés et on compte bien ne pas chômer sur ça pour ensuite refaire des shows et probablement retourner le plus vite possible sur le vieux continent.’’

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’underground