Critique d’album: Terror Symphony – Unstable Divinity (Avril 2026)

Terror Symphony
Unstable Divinity
Avril 2026

Liste des pièces

  1. The Angel’s Wake – Intro
  2. RETALIATION
  3. Don’t Look At Me – Reworked
  4. The Great Deluge – Reworked
  5. Fractured
  6. SEVERED
  7. Deception – Reworked
  8. Épopée – Reworked

 

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Sorti le 10 avril, Unstable Divinity débarque sans détour. Un album qui sent le local, le vrai, celui qui se forge dans les petites salles et les lineups serrés. Terror Symphony nous offre de l’efficacité, de la lourdeur et de l’attitude.

On est clairement dans un registre metalcore/heavy moderne, avec un pied bien planté dans les racines plus classiques. RETALIATION donne le ton rapidement : riffs directs, le vocal est abrasif, et la structure semble pensée pour le live avant tout. Ça ne cherche pas à être technique pour impressionner, ça veut frapper, et j’adore!

Là où l’album gagne des points, c’est dans son feeling brut. Les transitions, les interludes (The Great Deluge), les versions retravaillées, le tout donne un côté presque “work in progress » mais clairement assumé. Et au lieu de diluer l’expérience, ça renforce l’impression d’assister à l’évolution du band en temps réel.

Fractured et SEVERED sortent du lot : plus tight, plus mémorables, avec une meilleure gestion de la tension. C’est là que Terror Symphony montre qu’il peut dépasser le simple rentre-dedans pour aller chercher quelque chose de plus solide, plus structuré.

Les reworks? Ils ne sont pas là pour meubler. Ils donnent plutôt l’impression d’un groupe qui refuse de laisser ses tracks figées en les retravaille comme il les jouerait en show, avec plus de nerf, plus d’intention.

Au final, on tient un album imparfait, mais sincère, qui ne triche pas. Et dans le métal underground québécois, ça vaut souvent plus que n’importe quelle production ultra clean. Ça cogne, ça cherche, ça évolue. Maintenant reste à voir jusqu’où ils vont pousser la machine. 

Ne manquez pas leur tournée qui débute ce weekend!

25 avril @ Studio Sonum – Québec
avec Polygraph | Change My Brain With Cakes
https://www.facebook.com/events/1983928828885441/

2 mai @ Taverne Royale – Trois-Rivières
avec Red Raven Chaos | Outlying | Twenty Five Sixty
https://www.facebook.com/events/4395352244119975/

8 mai @ Resto-pub 100 génies – Montréal
avec No Real Hero | DYNASTY
https://www.facebook.com/events/2142709189904032/

29 mai – Sherbrooke – Le Murdoch
avec Burning The Oppressor | Burn The Evidence | No Real Hero
https://www.facebook.com/events/1847137360022351/

-Vicky Fillion

Critique d’album: Guhn Twei – Une ville, une mine, un cancer (11 mars 2026)

Guhn Twei
Une ville, une mine, un cancer
Slam Disques
11 mars 2026

Liste des pièces

1. Ville fantôme
2. Coquerelles
3. Une ville, une mine, un cancer
4. À bout de souffle
5. Culture du silence
6. 101 Avenue Portelance
7. Les oiseaux vont mourir au Lac Osisko
8. Neige noire, nuit blanche
9. Patient no. 1852606
10. Doux souvenirs de l’abattoir
11. Code blanc
12. Phase terminale
13. Suicide collectif

 

Lien pour achat / Link for purchase :
https://guhntwei.bandcamp.com/

Critique – Une ville, une mine, un cancerGuhn Twei

Il y a des albums qui divertissent, d’autres qui impressionnent. Puis il y a ceux qui frappent ça fait mal. Avec ce nouvel album, le groupe abitibien Guhn Twei ne cherche clairement pas à plaire : il cherche à réveiller.

Avec Une ville, une mine, un cancer, le groupe ne sort pas simplement un nouvel album : il lance une roche. Paru le 11 mars 2026, cet album est un cri engagé aussi brutal que nécessaire, un manifeste qui refuse de séparer musique et réalité. Un doigt pointé directement vers une réalité que plusieurs préfèrent ne pas regarder trop longtemps : une ville façonnée par l’industrie minière, une population qui vit avec des conséquences et surtout un silence collectif qui devient, tranquillement, complice.

Dès les premières secondes de « Ville fantôme », le ton est donné. Pas de détour poétique ni d’allégorie confortable : on parle d’une ville façonnée par l’industrie minière, d’une population qui respire plus que de l’air, et d’un système qui préfère fermer les yeux plutôt que de ralentir les machines. Le groupe transforme ce malaise collectif en une décharge de riffs abrasifs, rapides, parfois presque claustrophobiques.

Musicalement, l’album frappe vite et fort. Les pièces dépassent rarement les trois minutes, mais chacune agit comme un coup de masse. « Coquerelles », « Culture du silence » ou encore « Les oiseaux vont mourir au Lac Osisko » avancent avec une urgence presque suffocante. La production est volontairement rugueuse, laissant toute la place à la rage. Rien ici n’est poli pour plaire : chaque distorsion semble vouloir gratter la rouille d’un système trop longtemps accepté.

Mais Une ville, une mine, un cancer devient vraiment percutant, c’est dans son propos et dans son absence de compromis. Depuis ses débuts, Guhn Twei utilise sa musique comme une arme contre la pollution associée à l’industrie minière de Rouyn-Noranda et les conséquences sanitaires qui en découlent. Ce militantisme n’est pas un simple slogan marketing : il vient d’une expérience vécue et d’une colère bien réelle. Là où plusieurs groupes préfèrent camoufler leurs messages derrière des métaphores vagues, Guhn Twei frappe directement. Pas de filtre. Pas d’ambiguïté. Le message est clair : quand une communauté doit choisir entre son gagne-pain et sa santé, il y a déjà quelque chose de profondément brisé.

L’album atteint d’ailleurs un sommet avec « Suicide collectif », longue pièce finale qui agit presque comme un constat amer. Après la furie des pistes précédentes, le groupe y étire la tension pour laisser planer une question dérangeante : combien de temps une communauté peut-elle tolérer continuer à accepter l’inacceptable avant que tout cela devienne…une forme de suicide lent? 

Au final, Une ville, une mine, un cancer n’est pas un album confortable. C’est un album qui dérange, qui accuse et qui refuse les compromis. Mais c’est justement pour ça qu’il est essentiel. Dans un paysage musical souvent trop prudent, Guhn Twei rappelle que le métal peut encore servir à quelque chose : dire tout haut ce que plusieurs préfèrent taire. Déranger, dénoncer et secouer les consciences.

9/10

-Vicky Fillion

Critique d’album: Spirit Of Rebellion – Transcendent Chaos (Novembre 2025)

Spirit of Rebellion
Transcendent Chaos
Independant/CDN Records
Sorti le 14 novembre 2025

Liste des pièces

      1. The Redemptive Force of Rejection
      2. Sublimation of Lower Nature
      3. Seeds of Revenge
      4. Pernicious Supremacy
      5. Dormant Nothingness
      6. Pour abbatre l’inéluctable
      7. The Cold Indifference of the Universe
      8. Transmigration of Soul
      9. Nyctophilia

Liens des réseaux sociaux et liens pour écouter l’album :
Linktree: http://www.linktr.ee/spiritofrebellion
FB : http://www.facebook.com/sordeathmetal
IG : https://www.instagram.com/spiritovrebellion
Spotify : https://open.spotify.com/intl-fr/artist/4CprTlG1LSvLyP2RFXYS3u
Bandcamp: https://spiritofrebellion.bandcamp.com/

Spirit of Rebellion est :
Steeven Landry: Chant
Nicolas Auclair: Guitare principal
Jean-François Côté: Guitare rythmique
Jean-François Côté: Basse & Chant (back) … (non, ce n’est pas la même personne!)
Raphaël Gagnon-Caron: Drums

Enregistré et mixé par Marc-Antoine Desjardins
Masterisé par Dan Swano
Pochette par Rudi Yanto 

Spirit of Rebellion nous revient avec leur nouvel album « Transcendent Chaos », paru le 14 novembre 2025 en tant qu’indépendant/CDN Records. 5 ans après leur dernier album « Time for Global Refusal », sorti en 2020, les rimouskois de Spirit of Rebellion reviennent avec un nouvel album qui saura satisfaire tous les adeptes de death/black metal.

Dès le début de l’écoute de ce nouvel opus, nous découvrons avec « The Redemptive Force of Rejection » un groupe en pleine contrôle de son art. Le groupe du Bas-Saint-Laurent ne cesse de nous proposer des riffs nous donnant le goût de faire aller la tête, digne d’un petit headbang devant notre speaker. De la brutalité, en veux-tu? En v’la!

C’est de la destruction pure et dure du début à la fin. Avec un album qui nous propose 9 chansons pendant environ 40 minutes, Spirit of Rebellion nous prouve qu’ils sont des vétérans dans la scène death metal québécoise. Actif depuis 2001, « Transcendent Chaos » est le sixième album de leur large répertoire. Les compositions sont tout simplement du bonbon. C’est violent à souhait, c’est gras, c’est du metal comme on aime. La qualité sonore est là et nous pouvons également entendre toutes les petites subtilités dans chaque chanson.

Avec Steeven Landry, accompagné de Jean-François Côté au carré (comme en math, au carré, bref ça « ² « , blague à part), Nicolas Auclair et Raphaël Gagnon-Caron, nous voyons que Spirit of Rebellion est prêt à tout casser. La brutalité, la technique, la structure des pièces, tout y est.

Si vous désirez encourager local, n’hésitez pas à aller les voir en show. Pour les avoir vus à plusieurs occasions, ils sont exceptionnels. « Transcendent Chaos » nous prouve que le groupe est là pour rester et qu’ils sont maintenant passés à un autre niveau. Félicitations les gars!

Note: 9/10

 Pour les fans de: Morbid Angel, Immolation, Suffocation et Deicide

-Phil Grondin

Critique d’album: Wounds Of Heaven – Testament Of The Fool (Novembre 2025)

Wounds Of Heaven
Testament Of The Fool
Novembre 2025

 

Liste des pièces

  1. The Fool Speaks – 1:30
  2. The Mirror Gospel – 6:12
  3. Temple Of Flesh – 5:40
  4. Crown Eaters – 4:06
  5. Virtue Machine – 4:26
  6. A Fool’s Dominion – 5:20
  7. The Sky Held Its Breath – 3:32
  8. The Great Unveiling – 6:00
  9. Global Judgment – 4:36
  10. The Hollow Dawn – 5:52
  11. The Day That Wasn’t – 3:54

 

Lien pour achat / Link for purchase :
https://woundsofheaven.bandcamp.com/album/testament-of-the-fool

Retour sur l’album

Testament of the Fool est le premier album du projet solo Wounds Of Heaven, sorti en novembre 2025. C’est un travail conceptuel et prononcé qui reflète la vision artistique de l’artiste montréalais Mathieu Hémond. Avec Testament of the Fool, Wounds Of Heaven signe une œuvre dense, exigeante et profonde.

L’album s’articule autour d’une narration symbolique du fou et peut évoquer à la fois l’aliénation, le questionnement existentiel et la rébellion contre des systèmes imposés. La structure de l’album, avec son intro « The Fool Speaks » et la finale « The Day That Wasn’t », rappelle une progression narrative, presque comme une histoire qui passe du discours intérieur à une forme de révélation. Selon moi l’album oscille entre le post métal atmosphérique et expérimental avec des ambiances denses, sombres et mélodiques.

Ce projet solo donne souvent l’impression de fusionner une ambiance immersive et les émotions brutes, en faisant de chaque pièce une exploration introspective. Le ton et le son placent l’album dans une zone créative où l’expérience d’écoute devient une immersion plutôt qu’une suite de titres isolés.

L’album a une progression claire et thématique, il est important d’en faire l’écoute dans l’ordre dès le départ pour en saisir toute la profondeur. Chaque piste est construite pour nous transporter dans un univers riche en textures sonores et en symbolisme. Ce projet livre ici une œuvre très personnelle, loin d’une simple collection de chansons, mais comme un voyage introspectif.

Une musique au service de l’introspection et de la réflexion

Musicalement, l’album évolue dans une zone hybride où se croisent post-metal, doom atmosphérique et quelques touches expérimentales. Les riffs sont rarement démonstratifs : ils privilégient la répétition hypnotique, les progressions lentes et les textures lourdes. Cette approche crée une sensation de tension constante.

Les guitares, souvent graves construisent des murs sonores oppressants, tandis que les variations de rythmes servent à maintenir l’auditeur dans un état d’instabilité. La rythmique joue un rôle central dans cet album. Les tempos majoritairement lents renforcent l’impression de lourdeur mentale, presque rituelle. Chaque morceau semble construit comme une incantation. Testament of the Fool n’offre pas de réponses faciles. Il installe plutôt un inconfort durable, cohérent avec son discours sur l’aliénation, la foi détournée et le regard critique sur les structures de pouvoir.

Le travail vocal, volontairement sobre et parfois distant, agit comme un vecteur émotionnel plutôt que comme un élément central. La voix ne cherche pas à dominer, mais à se fondre. Ce qui accentuant le sentiment d’introspection. Cela renforce l’impression que l’album se vit de l’intérieur, presque comme un monologue intérieur mis en musique.

Finalement, Testament of the Fool est un album qui ne cherche pas à plaire, mais à dire quelque chose. L’album se démarque comme une œuvre ambitieuse au sein de la scène montréalaise indépendante. C’est une œuvre exigeante et introspective, qui s’adresse avant tout aux fans prêts à s’immerger pleinement dans cet univers. Wounds Of Heaven y affirme une identité forte et assumée, ancrée dans une vision artistique cohérente et profondément honnête de son auteur.

Je donne un 9/10 et je vous invite tous à l’écouter attentivement et idéalement d’une traite, pas seulement pour se divertir, mais pour ressentir, réfléchir et vivre tout le travail derrière cet œuvre.

-Vicky Fillion

Janvier 2026 – Nouveau single de Wounds Of Heaven:
https://woundsofheaven.bandcamp.com/track/breakpoint-override

Critique d’album: Outlying – Oblivisci (Novembre 2025)

Outlying
Oblivisci
Independant (Fred A. Dubeau)
21 Novembre 2025

 

Liste des pièces

  1. The Raven Is Gone
  2. Stigma
  3. Snow
  4. Streets of Rats and Vultures
  5. Pitch-Black Serum
  6. November
  7. Sentinel
  8. Impaired
  9. Dreamless Nights, Pt. 1 – A Lullaby for the Insomniacs
  10. Dreamless Nights, Pt. 2 – From Velvet Skies
  11. Dreamless Nights, Pt. 3 – Walking out of Eden’s Ashes

Pour les fans de: Dark Tranquility, At the Gates, Testament, God Forbig, Evergrey, Machine Head, etc.

Liens pour réseaux sociaux et achat :
Site internet: http://www.outlying.ca/
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Spotify : https://open.spotify.com/intl-fr/artist/5q6oycizRFEpwSzpUBJ0Z8

Outlying nous revient avec leur nouvel album « Oblivisci », paru le 21 novembre 2025 en tant qu’indépendant. 9 ans après leur dernier album « Frameworks for Repression » sorti en 2016, les trifluviens d’Outlying reviennent avec un nouvel album qui saura satisfaire à tous les adeptes de melodic death metal.

Dès le début de l’écoute de ce nouvel opus, nous découvrons avec « The Raven Is Gone » un groupe en pleine contrôle de son art. Fred A. Dubeau, guitare et vocal, est accompagné Martin Reithler aux drums et Charles Alex Bilodeau à la bass. Le trio ne cesse de nous proposer des riffs nous donnant le goût de faire aller la tête, digne d’un petit headbang devant notre speaker.

La qualité sonore ne cesse de m’impressionner! En tenant compte que ceci a été entièrement composé de façon indépendante, nous pouvons entendre tous les instruments et les petites subtilités dans les compositions et les pièces proposées. « Novembre » est sans hésitation ma pièce coup de coeur sur cet album.

Ayant récemment lancé leur album au Café-Bar Zénob de Trois-Rivières le 22 novembre 2025, Outlying se voit être un groupe qui mérite d’être connu dans la scène locale au Québec. Si vous avez la chance de pouvoir assister à un de leur spectacle, je vous le recommande sans hésitation.

Note: 8,5/10

-Phil Grondin

Critique d’album: Seventy Minus One – Bad Voodoo (Août 2025)

Seventy Minus One
Bad Voodoo
Août 2025

 

Liste des pièces

  1. Hang Up
  2. Fuck Me
  3. Party Girl
  4. Hell Hotel
  5. Bad Voodoo
  6. I Came Back
  7. Cursed
  8. Remember Me
  9. Baby it’s the End

 

Seventy Minus One et l’album Bad Voodoo

Un Sortilège Punk Rock 

Bad Voodoo, ce titre d’album me ramène 25 ans plus tôt, un soir où je suis assis avec un Africain et un Haïtien. Ma curiosité sur le monde de la spiritualité, de la religion et de la culture s’empare de moi. J’amorce une discussion sur le Voodoo, n’en connaissant que vaguement sur le sujet. Que de belles découvertes sur les différences, les croyances et aussi sur l’emprise de cette religion, même sur des personnes qui se disent de fervents chrétiens. Bien sûr, je ne veux en rien démoniser cette religion, mais ce qui allumait totalement ma curiosité était tout ce monde des mauvais charmes, de malédictions et l’emprunte toujours si vive dans l’esprit de mes deux interlocuteurs. Alors, Bad Voodoo, pourquoi un groupe de punk rock risquerait-il d’attirer les foudres des esprits de la nuit? Tout est devenu clair pour moi, lors du spectacle au Trou du Diable, au moment Big Sexy Nelly nous exclame ceci: ‘’ Nous sommes la prescription pour votre dépression’’. Parfait, j’ai saisi, comme je comprends que, si je vais à la pharmacie et que je vois herpès ou grippe sur une boîte…j’imagine que ce n’est pas pour me la donner. Alors, pour faire court… voici ma prescription contre le Bad Voodoo: 8 mg de Seventy Minus One à tous les jours. La prescription est renouvelable à tous les spectacles! Maintenant, regardons de plus près quelques composantes de cet album. 

Hang Up 

Ce fameux moment où, si tu as la chance d’avoir un bon chum qui va te faire un ‘’reality check’’ en te disant qu’il est temps pour toi aussi de décrocher, parce que, de l’autre côté, ça ne répondra plus. On laisse place à la basse d’Hugo Remacle, ce qui donne du corps à ce titre. Parfois, une introduction d’un autre style permet d’aller chercher l’attention, ce qui est le cas, très court, mais avec 4 phrases simples, nous permet de déterminer d’où l’on part au début de l’album. L’émotion de tristesse, de revenir de loin, avec une voix féminine et guitare… me voilà attentif. Baby It’s the End, le dilemme, le choix qui n’en est pas un, surtout dans nos premiers amours où nos prises de position ne sont pas claires, on donne peu, on veut tout. On aime passionnément, mais pas assez. Pour ceux qui ne connaissent pas Seventy Minus One, on l’entend dès la première chanson, c’est un punk rock, avec une tendance assez pop, qui va chercher un échantillonnage de style… va-t-on s’y perdre ou sera-t-il la plus grande qualité de l’album? En spectacle, on s’y retrouve très bien, je vous le jure. 

 

 

Party Girl 

Si je ne vous ai pas intrigué à découvrir l’album, il me reste quelques cornichons surets dans mon frigidaire pour vérifier que vous n’êtes pas complètement mort en dedans. Cette dernière pièce acoustique, on nous transporte à la fin d’une journée à la plage avec des amis, près d’un feu où notre guitariste chansonnier sort son instrument et en fait une version allongée pour que tous finissent par bien connaître par cœur le refrain. Ils auront pensé à tous ces 70-1! Belle finition d’un album qui s’écoute comme un charme et qui me fait patienter comme un enfant qui est sur le bord de la crise de centre d’achat. Je veux mon Bad Voodoo maintenant!!! Voici un album qui exprime parfois le mal-être, mais qui est conçu pour qu’on le chante ensemble, pour qu’on se comprenne et qu’on surmonte ensemble ces épreuves. 

Bad Voodoo 

La pièce-titre de l’album, celle qu’on ne doit pas manquer du fait qu’elle représente celui-ci. Ce titre représente très bien le groupe dans tout son rythme, ses intentions et son texte. Très bon choix de rythme, a clairement la présence et la prestance de ce qu’on désire d’une pièce qui se veut être un hymne à Seventy Minus One. Une bourrée de ‘’fun’’ rafraîchissant et me donnant le goût de répéter en spectacle le titre de celle-ci en sautant partout, jusqu’à ce que mes années me rattrapent et me demandent de retourner me rasseoir. 

Cursed et Hell Hotel 

On les voit circuler depuis un bout, les deux en vidéo, superbe choix, car pour moi, ce sont des chansons qui ont ce feeling de hit d’Été, plus pop, mais avec un twist, comme un Bloodhound Gang avec The Bad Touch, qui sort de nulle part et va toucher la grosse corde sensible qui sert à juste danser, chanter et se vider l’esprit. J’y ressens à nouveau cette impression de party. Pourquoi ? Justement, arrêtez de vous poser trop de questions et dansez, sautez et éloignez-vous du trop-plein de l’intellect qui rumine du noir. Pour ma part, le fait que Hell Hotel n’est pas déjà sur les palmarès et les radios autres qu’alternative, me démontre encore une fois la pauvreté des décisions des grandes industries entourant la musique au Québec. Mais trêve de politique… on met ça dans son balado, on le demande aux DJs, dans les bars et dans notre auto… Si Rej Laplanche, icône de 1-2-3 Punk (Musique Plus), dit que cette chanson est son no 1 de 2025, je ne dois pas être loin de la vérité, sans vouloir la posséder! 

 

Enfin, ce vendredi 29 Juillet, cet album est sorti avec une nouvelle vidéo. Au départ, il était prévu pour Mai et ensuite Juillet. Mais la troupe a préféré retravailler encore et encore sur le peaufinage de l’album. Pour avoir écouté la première version et le résultat final: on a bien fait d’attendre et d’y travailler…tout est dans les détails! D’ailleurs on remercie grandement Sébastien Tremblay, guitariste principal de Citron et les chiens tête qui a mixé et ‘’masterisé’’ la plupart des titres de l’album: une touche finale qui paraît dans le résultat. 

-Christian Lamothe, Chroniqueur de L’Underground

Pour découvrir l’album:
https://open.spotify.com/intl-fr/album/59c81q8iDeFDXQ3PghsSVD
https://music.apple.com/ca/album/bad-voodoo/1835499776