Lancement d’album pour 2Fast4U @ Rock Café le Stage, Trois-Rivières – 1er mars 2025

 

Onde de Choc dans le monde du punk rock Québécois

Au Québec, les vagues arrivent l’une après l’autre dans le monde de l’underground du punk rock. Pour ma part, le mois de l’hiver leur appartient par leur dominance, leurs spectacles et les sorties d’album. On a vu et entendu dans cette scène si active des noms comme Twenty-Five Sixty, Rock N Roll Television, Seventy Minus One, Jerkswitch, Fast Food Fairies et tant d’autres, dominer dans cet éveil et leur éclat. Ce soir, un double lancement d’album (2Fast4U et Drop it first) et un retour sur la scène d’un groupe bien connu: U.Seed. Devant une salle totalement remplie et grouillante d’admirateurs passionnés, se passera un ‘’quelques heures inoubliables’’ dont Trois-Rivières doit être fier. Un soir au Rock Café le Stage où l’ on tape la rythmique et lance des éloges.

 

Drop It First

Vince Fournier: voix
Mathieu Hébert: guitare, voix (back vocal)
Maxime Larouche: guitare, voix (back vocal)
Jam Gosselin: basse, voix (back vocal)
Jonathan Thivierge: batterie 

On commence avec de l’artillerie lourde avec Where The Wind Blows et Demons à peine séparé par un roulement de tambour. En une microseconde, on passe de l’avant spectacle à un raz-de-marée explosif avec un Vince Fournier qui s’impose et qui démontre que sa voix si prenante n’est pas faite de mixage studio: que du vrai en plein visage! The Deal We Made que j’ai apprécié encore plus, une version superbe et musclée, complètement démente, par le soutien des voix (back vocals) qui nous font surfer sur une rythmique de cavalerie. Dire qu’ils ne sont qu’à leur 3e spectacle de leur tournée et la machine est déjà bien huilée.

Un remerciement doit être fait à David Baribeault qui a participé à Come Back Home, avec un scream-fry parfait pour mettre le feu à cette chanson. À noter que David Pouliot, qui est sur l’enregistrement studio, ne pouvait se déplacer ce soir pour faire cette pièce, mais Drop it First voulait clairement nous la faire ressentir à son plein potentiel, ça c’est respecter son public, belle job les boys! Strong From Within, chanson de leur dernière vidéo… enfin en direct. Que vous dire de la réaction générale de l’assemblée épatée par le talent de ce groupe montréalais qui généreusement nous donne deux chansons supplémentaires, soit Every Second Counts et Never Enough, devant des fans qui en demandent plus. Leur premier album Fundamentals, est un franc succès et, en spectacle, un ‘’must’’.

 

 

 

U.SeeD

Hugo Dupuis: Basse
Doum Ratté: guitare
Frank Tibö: guitare
Etienne Fortin: voix
Hugo Doyon: batterie 

Trente ans de composition et de scène, U.Seed, le groupe parfait pour avoir du tonus entre deux lancements d’album. Du skate punk, comme ils le font entendre, avec une vélocité entraînante. Etienne Fortin s’amuse avec nous, un peu cabotin, comme s’il n’était pas préparé au spectacle, mais, pour moi, ce n’est que du théâtre, car, quand la musique est là c’est clairement fait par des pros. On va chercher dans le répertoire, en grande partie, des albums Seen From That Angle (1995) et The Black Ink (2006) qui sonnent encore très actuel.

Sur le podium, ces ‘’old school’’ ont l’énergie de jeunes fringants, animés par une salle si participante. Best of You et Locksmith nous brassent et remportent l’acclamation de tous. Quel beau moment d’amusement musical. Pour moi, ma préférée, Listen Carefully, est une superbe chanson pour faire un pit monstrueux avec ces riffs de guitare qui pulvérisent les amplis. C’est sur Print Out que l’avant-scène lâche plus son fou et se déchaîne. Comme je dis toujours: ‘’un peu de trash n’a jamais fait de mal à personne!’’ Une finale avec Berserker avec un Hugo Dupuis à la basse qui se fait remarquer par son instrument qui est mis de l’avant. Super prestation ! On attend impatiemment un prochain album… s’il vous plaît !

 

 

2Fast4U

Yan Levasseur: voix
Max Grondines: batterie
Fred Croisetière: basse
Jo Lesage: guitare, voix (back vocal)
Matieu jacques: guitare, voix (back vocal) 

Voici le moment où on va découvrir en direct ce nouvel album Speed of Lies de 2Fast4U. Je m’attends à une somme d’énergie et de dynamisme qui va donner toute l’appréciation pour chaque titre dévoilé. Dans une veillée qui déjà avait amené son lot d’émotions, ils reprennent l’élan pour que cette soirée soit sans faille. Je surprends Yan avec ma poupée gonflable sur scène (maudite groopy) ! Qu’est-ce qu’elle fait là? Le chanteur se sert de cet objet de désir tout en attirant un maximum

d’attention avec son attitude ‘’in your face’’ et son implication comme frontman. Gold Rush a démontré leur détermination à nous montrer que le party était loin d’être déterminé. Ils remercient grandement les deux groupes qui ont ouvert la parade et on reprend avec Samouraï qui ne manque pas de tranchant avec ses riffs rapides. Tout le long, les musiciens mettent de la pression pour provoquer l’engouement des punks-rockers qui vivent la démence du moment. Toujours sympathique d’écouter We All Hate NOFX qui nous rappelle leur vidéo humoristique et festive. Une brochette de chansons nous arrive: Sleeping pills, Loser Forever et Rain in my Heartun trio éclatant, qui sont, les moments forts de Speed of Lies, qui passe haut la main, le test d’amour des fans sur place. Je l’ai déjà dit, ce nouvel album est très bon, mais prend toute son ampleur en spectacle… allez voir 2Fast4U à leur prochain spectacle, la tournée n’est qu’à son début. 

 

Nous étions légion pour accueillir ces trois bands: vieux fans, nouveaux fans, poupée gonflable, Andy (propriétaire du bar)… et tous repartirent la tête bien pleine de musique et de bons souvenirs. Bravo à vous tous ! On se reverra dans un autre spectacle. À noter que le groupe Swipe Right n’a pas pu se présenter, on imagine que le mauvais temps et les conducteurs psychopathes de déneigeurs ont eu raison de ceux-ci. L’année est jeune, on se reprendra! 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground

 

Drop It First, l’album Fundamentals
https://thousandislandsrecords.bandcamp.com/album/fundamentals

U.Seed, l’album Seen From That Angle
https://peopleofpunkrock.bandcamp.com/album/seen-from-that-angle

2Fast4U, l’album Speed of Lies:
https://2fast4u1.bandcamp.com/album/the-speed-of-lies

Jerkswitch//Twenty Five Sixty @ Taverne Royale, Trois-Rivières – 7 février

Voici le compte rendu de Christian Lamothe lors du spectacle de Jerkswitch et Twenty Five Sixty à la Taverne Royale de Trois-Rivières le 7 février 2025.

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Jirkswitch et Twenty-Five Sixty 

Je m’attends à de la dynamite rebelle ce soir à la Taverne Royale. Une pétarade tout en décibels et une énergie comme on reconnaît à ce style de musique. Si vous êtes fan de punk rock du Québec et que vous n’avez pas entendu parlé de Twenty-five Sixty, je vous annonce que vous avez été kidnappé et transporté dans une autre dimension en 2024. On les a entendus partout dans la province avec un cumulatif de représentations impressionnant et 2025 s’annonce aussi mouvementé. Pour leur part, Jirkswitch, fier représentant de la scène musicale de la grande Rimouski, nous a fait languire depuis la parution de leur album éponyme en 2022. Trois ans déjà et ce soir, justement, on nous donne un avant-goût de l’album promis avant la mi-année. Mes attentes sont élevées et je connais le potentiel et les particularités des deux formations. Alors, place au spectacle!

 

Twenty-Five Sixty 

Hugues Marchand – voix
Julien Gagnon – guitare
Luc Thibeault – guitare
Ghislain Benoit – basse
Eric Thibeault – batterie 

J’ appris que ceux-ci vont faire partie de la méga liste de groupes présents au dernier soir du Sonum Fest à Québec, soit le 17 mai. Même si cette carte a des styles variés, j’étais content, mais aussi surpris de voir un groupe punk rock en faire partie. En même temps, Twenty-Five Sixty, c’est hard et en commençant avec Hiding Something, qui roule avec des riffs metal tout prend son sens, ça part bien le spectacle et ça va brasser le vieux Québec dans quelques mois.

Ce groupe de la Mauricie, des travaillants qui sont déjà sur l’écriture du prochain album, nous amène une nouvelle pièce ce soir: So Complicated, qui s’insère très bien parmi les autres titres. La chanson Don’t Walk Away a tellement de coffre en spectacle, elle devient probablement celle qui gagne le plus à écouter en salle. Hugues donne une superbe prestation pour l’élever à son fin potentiel.

La chanson qui nous amène un peu de soleil californien, Ghost in Paradise, probablement la chanson la plus pop du groupe, fait une légère coupure agréable, qui serait une pièce parfaite pour combien de séries américaines pour ados…je lance l’idée, qui sait? Mais trêve de marketing, on repart avec une nouvelle pièce du répertoire Network, on se comprend, nous ne sommes officiellement pas dans une ballade. Le frontman du groupe l’avouera à la fin du spectacle que d’assimiler ces nouvelles pièces en plus de tournée, est un tout un challenge. Pour Twenty-Five Sixty, des défis, ça leur donne faim, de musique, de public et de tournée. Trigger, avec sa vidéo, nous est bien connue et est très bien rendue. Sans que l’on s’en aperçoive, notre première partie est déjà terminée. Prochain spectacle le 17 février à Saint-Augustin, en compagnie de Try Again et Meathead Acoustique pour le premier événement des samedis punk du St-Aug! 

 

 

 

Jirkswitch 

EJ Lang – voix, guitare (rythm/ lead)
Will De Francesco – guitare (rythm/ lead) + voix (back)
Pat Savate – basse + voix (back)
Gabriel Lalancette AKA Gringo Star – batterie 

Ayant eu la chance d’écouter leur album éponyme une semaine avant le spectacle, j’ai pu déjà apprécier leur style clairement influencé par la musique de la côte ouest, surtout sur leur touche grunge bien ficelé à leur style. On y ajoute du ska, harcore, punk rock et voilà ce que je peux en mieux pour définir l’essence de Jirkswitch. Grâce à l’intuition d’un fan sur place, j’ai pu faire des recherches plus approfondies sur leur chanteur EJ Lang, j’ai pu faire une découverte sur ce personnage qui est de troisième génération de musicien. Sa grand-mère, Penny Lang, fut nommée Canada’s “First Lady of folk’’, par le Globe and Mail semble être un trésor national canadien. Son père, Jason Lang, très connu sur de multiples facettes dans l’industrie de la musique (chanteur, compositeur, multiple instrumentiste, producteur…). Nous voilà avec EJ qui perpétue cet héritage familial de l’amour de la musique…ça en jette! Le retour sur la scène du groupe est actuellement et, très probablement, pour tester ce nouveau matériel qui sera enregistré bientôt.

Pour avoir vu et entendu la réaction des personnes présentes, Jirkswitch est sur une très bonne lancée pour 2025. On débute avec -80’HC, un indicatif que l’on va nous brasser la cage toute la soirée, le rythme qui nous rentre dedans et qui donnera le ton de leur prestation. Bien sûr, The Truth que j’attendais grandement, quelle chanson! En spectacle, le côté garage-grunge ressort beaucoup plus que sur l’album. On vise la performance ‘’live’’ du délire rock, ce côté brute, débandade, que l’on ne retrouve pas sur un album numérisé. Avec Suicide Mission, on est dans le punk solide et prenant. Entre EJ et Will, c’est l’éternel échange entre la rythmique et le solo à la guitare, c’est captivant de voir les envolées (guitares) entre ces deux camarades de scène. Pat Savate, munie de sa basse Fender, va chercher le ‘’ mood groovy’’, au travers des attaques des solos frénétiques. New Grunge et 7, deux titres que j’ai adoré entendre. Le spectacle se termine sur une nouvelle pièce, Greg qui est une superbe finale pour une soirée de belles découvertes. Merci à Jerkswitch d’être venu à Trois-Rivières. Alors, je vous invite fortement à les découvrir, à les apprécier, lors de leur prochaine prestation le vendredi 28 février au Club Soda. Ils seront en première partie de April Hate (hommage à Nirvana) et aussi accompagnés de Ropes Skills…ne manquez pas ça!

 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’underground 

The Substandards//ASK//Atomic Threat//Morose @ Taverne Royale – 1er février 2025

Voici le retour de Christian Lamothe lors du spectacle de The Substandards présenté par Ben Ouellette à la Taverne Royale de Trois-Rivières le 1er février 2025 et qui mettait également à l’affiche A.S.K., Atomic Threat et Morose.

 

The Substandards, ASK, Atomic Threat et Morose

Premier février, mois où il fait -1000 degré Celsius… fait frette!!! Mais à la Taverne Royale, quatre groupes punk vont faire monter la température et mettre le feu sur la scène pendant quelques heures. Cette belle soirée signée par le promoteur Ben Ouellette, qui se spécialise dans les spectacles punk underground québécois, nous a amené bien des visages motivés et euphoriques par moment. Je ne sais pas si la marmotte va sortir de son trou pour nous dire que l’hiver sera court, mais ce soir, on a de quoi l’oublier un peu… vive le Québec punk!!! 

 

Morose 

Bianca – voix
Germ – guitare / voix (back)
Sam – guitare/ voix (back) 

C’est une première pour moi d’avoir une beatbox pour remplacer une batterie. J’imagine que c’est le mieux que l’on pouvait faire pour l’événement. Mais quelle fut ma joie de voir Germ sortir une superbe Rickenbacker 330. On se rappelle de cette marque pour des artistes comme The Beatles, Tom Petty, John Fogerty de CCR et plusieurs autres noms connus. Ça sonne rock et Germ nous permet d’en apprécier tout son charme avec une  »twist » punk très solide. Ça démarre avec Obsèques et l’assemblée est clairement prête pour les festivités.

On nous donnera en prime deux covers, une des Secrétaires Volantes et l’autre du groupe français Heyoka. Par la suite, pour moi c’est là que le groupe s’anime le plus avec les ‘’back vocals’’ qui sont en mode agression. Mon titre préféré sera Chute Libre, très thrash et avec un riff de guitare qui déménage. Morose, un autre bel exemple de la valeur du français dans notre punk québécois, on les applaudit, voilà un début de soirée qui nous amène encore trois groupes…ce n’est pas fini!

 

 

Atomic Threat 

Mathieu Brunet – voix
Yannick Fortin – guitare
Basse – Louis Drapeau – basse
Farid Hammaly – batterie 

La troupe me parlait de leur influence diverse et oui c’est clair qu’on l’entend dans les différentes palettes de rythmique et de style. Ils nous délivrent un punk métallisé et nuancé. On part le bal avec la première pièce de leur album Nuke You, Dark. Cloud. On s’y prête déjà avec cet arôme de metal pesant qui se marine dans le punk. On chante, on ‘’scream’’et on ‘’growl’’, tout y passe. Mon coup de cœur de la soirée fut Mushroom, une des chansons du futur Ep. Un style grunge-metal-punk, vraiment une pièce que j’ai très hâte de rajouter sur ma playlist. On se ramène avec Bomb Hochelaga, une pièce pour moshpit endiablée, toujours appréciée par l’assemblée. Mathieu Brunet me dit, à propos de celle-ci: ‘’Bomb Hochelaga, de base c’ est à propos de la transformation du quartier en condos de luxe pour se débarrasser des B.S., mais aussi de l’injustice d’attaquer les gens qui rush pour avoir un loyer abordable’’, ça nous parle, n’est ce pas?

On poursuit avec Shitty Bloodline à saveur thrash suivi d’un rythme hardcore avec Nazy Killer…le courant passe et on en redemande. Clairement un groupe que je vois avec une formation comme Chaos Wasteland où band thrash du genre. Plusieurs chansons tests du prochain Ep ont été jouées ce soir, dont la dernière Fuck G. On prévoit la sortir de celui-ci pour pour bientôt, aucun titre officiel, mais l’attente vaut la peine. D’ici là, rincez vous les oreilles avec Nuke You! 

  

 

 

A.S.K. 

Pat Molotov – guitare / voix
Christian Jean – guitare / voix
Jayson Hébert – basse / voix
Danick Rivet – batterie 

Après trente ans à jouer ensemble, ces musiciens de Montréal ont développé leur chimie dans une musique de contestation et de prise de position. Parfois on s’approche du Oï d’autre fois plus du punk folk irlandais…mais toujours avec cette grippe sur un punk traditionnelle qui ne se cache pas de leurs opinions. J’imagine que vous comprendrez que leur chanson Toutou n’a pas de lien avec la SPCA. On mélange anglais et français, peu importe, car le courant passe très bien. Skapitalistes, toujours une chanson qui fait tourner la masse sur le plancher du bar. Leurs rythmes sont accrocheurs, mais System Failure est sûrement ma préférée du band ce soir, avec une belle nuance dans son bris de rythme plus sludge, pour repartir en un punk que j’adore.

On ne pourra pas passer à côté de la dernière chanson, un hommage au Traxide de Montréal. Pour ceux qui ne connaissent pas l’endroit…Ask a Punk, slogan qui est devenu encore plus emblématique que ce défunt bar. Récemment le phœnix renaît de ses cendres sous le nom de LA BIU (madame la rédactrice…ai-je le droit de dire à quel point je trouve ça laid comme nom? Ça restera entre nous…chut!!!) Donc, en revenant à A.S.K., quelle bonne idée et quel groupe parfait pour faire cette chanson ! Les gens dans la salle approuvent, j’en suis certain. 

 

 

 

 

The Substandards 

Dennis Jones – voix
Ti-cail – batterie / voix (back)
Marty – bass / voix (back)
Hugo Caron – guitare 

Une arrivée remarquée sur une trame sonore de western spaghetti: Django, ce qui est un match parfait pour un spectacle dans une taverne. Mais Under a Pile of Waste nous ramène dans un ‘’punk mood’’ assez rapidement. Un son très rock garage-street punk, toujours en mode « train sans frein ». Roulement de tambour d’une autre trame de film pour introduire Dirt Cheap…J’aime ce petit côté théâtral en intro, qu’ils ajoutent ainsi et tellement rare dans ce style de musique. Une chanson qui nous parle, c’est Toxic Personality…on en parle, on en parle, mais (ouf!) pas au bout de nos discussions sur ce sujet. Dans un monde de plus en plus nombriliste, la toxicité se répand comme les cafards dans les bidonvilles. Avec Chaos on s’approche du hardcore et avec Makhnovshchina, moi, d’un mal de tête à essayer de mémoriser le titre de la chanson. Mais, trait d’humour, cette chanson, cette ambiance brute nous donne le goût de faire du rentre-dedans assez intense. Quand on parle de punk pure et dure, The Substandards est officiellement ce qu’on veut avoir dans les oreilles. C’est dans un discours de rassemblement que l’on souhaite une bonne fin de soirée avec Punk Anthem. Bravo pour la belle soirée. À ne pas manquer : à Québec, le 1er mars. Ils seront au Scanner accompagné de The Boredom Empire et Les Tabarnaks, soyez-y!

La communauté Metal et punk étaient au rendez-vous à la taverne Royale ce soir. En plus d’avoir la chance de nous entretenir avec Martin Samson que l’on associe à Inside Crew Productions et Pils Records (surtout vs production physique à ce que j’en ai compris). Donc oui, je n’ai pas pu résister à un sexy vinyle de Défaillance qui me faisait du charme d’un sourire dragueur sur le coin d’une table. Pas facile la vie de chroniqueur… il m’a eu à: vinyle! Encore merci à Ben Ouellet pour cette belle brochette punk

-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground 

Pour encourager ces formations, voici de quoi vous mettre sous la dent: 

Morose (bandcamp):
https://morosemtl.bandcamp.com/music 

Atomic Threat (bandcamp):
https://atomicthreat.bandcamp.com/music 

A.S.K. (bandcamp):
https://ask-anarcho-socialist-kidz.bandcamp.com/album/unis-united

The Substandard (bandcamp):
https://pilssessions.bandcamp.com/album/by-all-means-necessary

Défaillance – Nouvel Ep! Se Rendre Malade… 

 

 

Défaillance 

Nouvel Ep! Se Rendre Malade… 

En janvier 2025, ce groupe punk québécois nous offre un nouvel EP. Après plus de 25 ans d’existence, auront-ils encore autant d’énergie et de mordant? Que vous dire de plus que cet album est l’exemple parfait d’un pitbull qui ne veut pas lâcher le morceau. Un album rebelle où les instruments sont prêts pour aller à la baston. Je vais prendre le temps de lire et relire les textes. Vous faire part de mes impressions, avec quelques surprises et avec un peu de musique survoltée. Voici, Se Rendre Malade…une pièce à la fois. 

Se Rendre Malade…(pour des Malades) 

Un hymne national à l’agonie d’un système de santé tenu à bout de bras par ceux qui sont à genoux. Les décennies passent pour un message qui ne passe pas. Défaillance hurle pour ceux qui ont la gorge trop sèche d’avoir crié trop longtemps. On connaît tous quelqu’un en burnout, un(e) qui parle de son double quart de travail avec des larmes aux yeux. Pendant que les fonctionnaires ramassent leur bonus de fin d’année, eux, sur le plancher, sont à la ramasse. Voilà une belle façon de démarrer un album, avec un poing sur la table avec une thématique qui nous tient à cœur. Ça donne le goût d’apprendre le texte pour le crier nous aussi! 

 

1979 

Une date très importante dans l’univers punk, pour une raison bien claire : le décès de Sid Vicious, qui représentait le côté plus sombre et intrépide du mouvement. N’étant pas reconnu pour être un musicien aguerri, il fut toutefois et sans contredit une figure importante de l’essence même du punk anglais de ces années. Si symbolique qu’il ait repris la chanson My Way, car, jusqu’à sa fin tragique, il était unique et incorrigible. La fin des années 70 marque aussi une rupture entre le punk traditionnel face à un punk rock qui se dilue dans la ‘’pop culture’’ au cours des années 80 et surtout 90. Je crois que Défaillance, dans cette chanson, démontre une belle expression de ce passage et de la force du mouvement dans l’histoire. Toujours avec une fougue comme on les connaît et un solo de guitare parfaitement exécuté. 

Fuck ton Apitoiement 

Que j’aime le début de cette chanson avec le son de basse grasse et la rythmique rapide qui s’ensuit, ça décape la peinture. Un puissant coup de pied dans le derrière pour nous rappeler que nous sommes propriétaires et responsables de notre destinée. Nous ne sommes pas victimes, mais maîtres et bourreaux face à notre propre apitoiement. Ça me rappelle bien l’entrevue en 2022 qu’il avait faite avec Claudia Bo sur son podcast Le P’tit Moment Thrash (maintenant mieux connu comme rédactrice du Bad Crew) où ils parlaient de la baisse drastique des présences dans les salles lors des shows punk, surtout depuis le covid. Nous sommes en 2025 et ils sont toujours debout et forts. Quelle résilience ! En plus, on peut confirmer qu’ils suivent eux même la voie qu’ils prêchent. Loin de vouloir se donner une tape dans le dos, le message est au sens large, comme on dit en anglais: get a grip! 

Résistance 

Pièce qui nous mélange punk, rock et ska, un tourbillon dans la protestation. Défaillance, en collaboration avec Shantal Arroyo (Overbase) et Joe Evil (GrimSkunk), nous offre une chanson aux sonorités très 2000, très entraînante, et avec une multitude de vagues d’énergie qui nous donnent le goût de faire la fête de manière joyeusement rebelle. J’ai eu la chance de rejoindre Shantal au sujet de leur collaboration.

Ondes Chocs: Parlez-moi de votre collaboration avec Défaillance sur la chanson Résistance? 

Shantal Arroyo: ‘’Donc, en fait c’est les gars de Défaillance qui m’ont contacté et je crois qu’il y a en même temps, ils en parlaient avec Joe ça a été un peu compliqué parce que nos horaires sont difficiles à conjuguer. Dernièrement, moi, je m’occupe à temps plein d’un café qu’on a ouvert à Montréal et Dieu sait que la restauration, ça prend du temps sans compter. C’est un bar, une salle de spectacle et une salle d’exposition. Donc ça a été un peu difficile de se coordonner, on a fini par enregistrer au studio Indica. Joe et moi avec Peter à la console (Grimskunk), ensemble, puis on a fait parvenir les tracts à Défaillance. C’est sûr que Joe et moi, c’est pas la première fois qu’on collabore ensemble, donc c’était quand même assez facile à faire! C’était super le fun on a bien aimé ça!’’ 

 

Avant 

On retourne avec une sonorité plus brutale et un texte de remise en question sur les changements sociaux. Une nostalgie un peu désespérée face à un présent qui nous propulse dans un mur. Tous ces rêves qui s’effacent dans une brume épaisse d’un ‘’no futur’’. Clairement, la chanson qui amène un goût amer à notre réalité actuelle. Est- ce une chanson pour la génération X? Du moins, je crois que cette agonie des rêves du passé est partagée par tous. L’harmonie est aussi impulsive que le texte et plusieurs s’y reconnaîtront. 

L’Hymne à la Violence 

On pourrait partir avec toutes sortes de théories sur cette chanson: cas vécus? Histoire médiatisée dans les journaux? Histoire fantastique? Quand j’ai l’impression de partir dans le champ avec mes délires et mes impressions; je vais à la source.

Ondes Chocs: Concernant L’Hymne à la Violence, on peut y voir une description de tous les films ou évènements du genre tueur en série. Pour vous, lors de l’écriture, est-ce relié à un évènement bien spécifique? 

El Punkos: ‘’ Il n’y a pas vraiment d’histoire à proprement dit sur la chanson L’Hymne à la Violence, Gagnon et moi, on est de vieux fan de films d’horreur (d’ailleurs Gagnon a plusieurs tatouages de ses films préférés ). C’est juste un récit d’horreur. On l’a déjà souvent fait auparavant avec les chansons Morts-Vivants et Lacération, entre autres. Donc ça peut être sur un tueur en série ou juste une belle comptine avec des paroles lugubres sur un fond de musique qui inspire la crainte. » 

Maintenant, nous arrivons au moment des annonces: 

Pour aller chercher l’album: https://defaillance.bandcamp.com/album/se-rendre-malade-pour-des-malades

Lancement de l’album: 2 février 2025 à Jonquière au Rocco Bar, en après midi et l’entrée est gratuite et pour tous (all ages)

Dates prévues au Québec:
14 mars à L’Esco (Mtl)
21 mars au Plaza
(Saguenay)
28 mars au Scanner (Québec)
 

Tournée Européenne

Ondes Chocs: Vous avez surement une bonne histoire sur ce qui amène le dénouement de votre tournée européenne qui s’en vient en février? 

El Punkos: ‘’c’est un pote a nous, qui habite en France (Montpellier), qui organise des tournées en Europe et qui nous a invité à tourner là-bas, je dirais vers 2017-2018 . A l’époque nous n’avions pas mal tous de jeunes enfants et, avec les jobs c’était pas mal plus compliqué . Ensuite est arrivée la covid et le projet n’est pas vraiment dans les plans, car nous devions enregistrer l’album Sans Contrôle pour ensuite la tournée. À la fin 2023, nous avons fait un concert avec nos potes de B.A.L.M squad et quelque part au milieu de la nuit (plus le matin…..grosse brosse d’après show), on s’est mis à parler de se faire l’Europe tous ensemble. Après une bonne nuit de sommeil de 2-3 heures, je me suis dit: ‘’fuck off’, on le fait!’’ J’ai contacté notre contact pour lui dire que, dans un an, on allait être chez lui et de nous régler ça. Malheureusement, les deux groupes ensemble, c’était trop d’organisation. Donc nous avons gardé la date pour nous ( B.A.L.M Squad, eux, vont y aller de leurs côtés au printemps). Ça concorde avec la sortie de notre nouvel album, mais également avec la sortie de l’album Sans Contrôle sur Running out of Tape Records en Allemagne, donc on se trouve à faire une tournée pour un double lancement (oui c’est plutôt étrange ). Donc, la tournée va être majoritairement des chansons de Sans Contrôle et se rendre malade . Nous allons faire 10 concerts en 11 jours dans 4 pays différents: la Belgique , la Suisse, l’Allemagne et la France, bien sûr, notre journée de congé tombe le lendemain du concert à Stuttgart en Allemagne, j’ai hâte de voir si on va passer la journée là-bas. Pour l’instant on ne connaît pas trop l’identité des groupes avec qui on va partager la scène, mais je sais qu’il va y avoir Bad nasty donc c’est bon signe et à moins que je me trompe le concert de Marcella c’est un festival, mais j’en sais pas plus . J’espère que nos ami(e)s français vont apprécier la pochette de l’album Se Rendre Malade, c’est un de leurs compatriotes: Laul (dessinateur et membre de la troupe de Béru, ainsi que le dessinateur des Ludwig ) qui l’a créé.’’ 

Merci encore à El Punkos de Défaillance et Shantal Arroyo, pour le temps qu’ils m’ont accordé. J’espère que vous avez apprécié. 

-Christian lamothe, Chroniqueur de l’underground 

Fast Food Fairies//Seventy Minus One//Rock n Roll Television @ Taverne Royale, TR – 18 janvier 2025

Voici le compte rendu et les photos prises par Christian Lamothe lors du spectacle de Fast Food Fairies présenté par Rebel Sound Collective à la Taverne Royale de Trois-Rivières le 18 janvier 2025 et qui mettait également à l’affiche Seventy Minus One et Rock n Roll Television.

 

Un bullseye pour la production REBEL SOUND Collective 

Nous voilà de retour à la Taverne Royale de Trois-Rivières, pour une soirée festive bien attendue. Trois formations québécoises, dont j’avais eu de très bons commentaires et qui, effectivement, rendront cette rencontre, une belle retrouvaille avec la scène punk rock en ce 18 janvier 2025. Le nom de Jim Giguère est bien connu pour son groupe We Told You So, mais depuis ses débuts en 2024, il commence à faire parler de lui comme promoteur dans la région, avec sa compagnie de production Rebel Sound Collective. Ce soir, on a eu le droit à la justesse de son flair pour nous amener un spectacle de qualité et une ambiance que l’on voudrait à chaque événement, peu importe la salle où l’on se trouve.

 

 

Rock N Roll Television 

Maxime Durand – guitare et voix
Benoît Gagné – basse et voix
Marco De Grandpré – batterie 

On commence la soirée en français, un punk rock bien québécois qui avec ses textes nous amène en grande partie à des thématiques de relations de couple dysfonctionnelles et de peine d’amour. Ce qui surprend est la décision de laisser de côté tous les titres de leurs nombreux albums anglophones. Étions nous un public test pour leur nouveau matériel? Pourquoi pas. J’accroche rapidement sur la guitare dès le premier titre Viens me Chercher et le devant de la scène invite les gens sur place rapidement. Y avait-il un message subliminal dans les paroles pour que les spectateurs se positionnent aussi rapidement? On ne saura jamais, mais ça marche! Toujours, je T’aimerai, une ‘’love song punk rock style’’ à quoi on s’accroche facilement, mais c’est vraiment avec Je veux t’oublier que l’on passe à la vitesse supérieure et ça paraît dans toute la salle, car les gens s’animent d’un cran. Quand on lit des titres comme Je veux t’oublier, Tout est fini et Pas heureuse, ça nous donne l’impression que l’on va se retrouver dans une ambiance à la Dalida ou Mireille Mathieu, ce qui est encore une belle illusion.

Rock N Roll Television est en mode fougue musicale. Un beau message qui nous rappelle que ce n’est pas parce qu’on vit un bout ‘’platte’’ dans notre vie qu’on doit absolument s’enterrer en écoutant du doom ou gothique. Ma préférée et la dernière de leur prestation fut Reviens ici. Un ‘’punch’’ de fin qui termine cette première partie devant la salle qui est bien réchauffée. À noter que la formation sera en spectacle le 7 février à Sorel au Pub O’Callaghan avec le groupe Tant Mieux! 

Lien de l’événement: https://www.facebook.com/events/1016824883818781/

 

 

Seventy Minus One 

El Kevo – guitare et voix
Nelson Henri – guitare et voix
Hugo Remacle – basse et voix
Eric Lafontaine – batterie 

Important: à noter qu’El Kevo, même s’il nous arrive du Wisconsin (USA), n’est pas un immigré illégal. Donc on ne monte pas aux barricades les paranos…mais, fortement, je vous invite à suivre cet orchestre qui a donné toute une prestation ce soir. Tout un travail d’équipe qu’on me dit de leur côté, les compositions, les mélodies et les zèbres! Cette camaraderie est visible et contagieuse, l’assemblée adore et embarque dans leurs rythmiques rapides qui seront sans relâche tout le long de leur prestation. En outre, qui peut résister à big sexy Nelson Henri, ce séduisant personnage qui arrive avec un chapeau haut de forme et un style impeccable, ajoutant une touche de fantaisie à l’ensemble du groupe.

Avec Cursed, on a les oreilles pleines. Je ne me gênerai pas pour vous mettre la vidéo, même si je préfère réellement l’entendre en spectacle. Quand Hugo, bassiste, n’est pas à la voix de soutien, on le retrouve à quelques reprises dans la foule qui est de plus en plus serrée vers le devant de la scène. Le titre Hell Hotel, ma préférée, relance l’énergie dans la communion de cette soirée. Please Set the Kid on Fire, un pied de nez à la nouvelle génération, prend son envole et est acclamé. Pour terminer en feux d’artifice, on y va avec une reprise de Blink182; Dammit, qui a un effet immédiat. Beau travail de Seventy Minus One. El Kevo me donne en primeur l’information de la venue d’un album en 2025 intitulé Bad Voodoo et c’est à surveiller de près. 

 

 

 

 

Fast Food Fairies 

– Danny Duke : basse / voix (lead)
– Buddy Oli (Olivier Houde) : guitare (lead), voix (back)
– Maxime Durand* : guitare (rythme), voix (back)
– Frank Legault : batterie 

Comment peut-on passer à côté de la fiche de route de Danny Duke? Il a fait partie de The Undead (ex-Misfits), The Queers, Ripcordz, The Ataris et autres. En plus d’avoir fait partie de tant de spectacles avec de nombreux grands noms du punk rock au cours des années. Pas surprenant que son nouveau bébé Fast Food Fairies soit avec un son élite dans le style. On ne se cache pas de la ressemblance avec The Ramones, dont il est totalement fan. Par contre, la touche rockabilly qu’ils vont y mettre, pour moi, nous amène dans une nouvelle expérience. Le son va chercher l’enfant en moi qui apprend ses premiers pas de danse twist devant les vieux albums rock & roll de mes parents. Je ne dis pas cela dans le sens où c’est un rock infantilisant. Au contraire, je veux plutôt dire qu’ils vont chercher une corde qui se transmet facilement entre les générations.

Maintenant, le spectacle…on débute avec la première chanson écrite du même nom que le groupe Fast Food Fairies. On est serré sur le devant de la scène, j’oublie mon projet de prendre mon temps et faire des photos, je suis persona non grata pour les fêtards qui me tassent rapidement pour profiter de ce spectacle et moi, ça me va parfaitement…le party est dans la place! Pour ce soir c’est Maxime Durand * de Rock N Roll Television qui remplace Guyguy Deschenes, à la guitare (rythme) et c’est en seulement cinq jours qu’il a maîtrisé le tout comme un chef, merci Max! She Want More, It’s OK, Little fairy…tous les titres passent avec le même enthousiasme du groupe et l’énergie du public qui passe tout un bon temps ce soir. I want you, j’adore, avec son court solo de guitare qui swing. La salle garde la rythmique en applaudissant tout le long de la présentation des membres, c’est un moment mémorable pour un spectacle dans une taverne. Danny se fait cadeau de la dernière chanson qu’il dit à son image Old & Grumpy, mais le présent est clairement partagé pour tous. Fast Food Fairies, on retient le nom et on va chercher l’album Can’t Agree on Anything

 

 

Un big WOW pour cette soirée signée Rebel Sound Collective. Des moments de fougue, d’énergie brute, de plaisir et de musique punk rock à son meilleur. Ces trois groupes font leur petit bout de chemin et c’est à vous de venir les voir, car vous, le public de l’underground, êtes le feu qui les anime et, ce soir à la Taverne Royale, vous étiez beaux à voir. Soyons solidaires à l’excellence des groupes du Québec! 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground