Outlying//A Scar for The Wicked//Alyksir//Suicide Nation @Taverne Royale, Trois-Rivières – 4 avril 2025

Outlying, A Scar for the Wicked, Alyksir et Suicide Nation 

Black mélodique Royale inc. 

Des membres de la crème de l’underground metal de la région sont présents: des musiciens de Chained by Illness, Apocalyptic Fear, Genetic Error, Strigampire et surement d’autres que j’ai oublié (désolé). Ils n’étaient pas là pour faire du karaoké, mais bien pour assister à une superbe soirée de Heavy metal comme on les aime. Outlying, un groupe de Trois-Rivières d’où j’ai manqué toute leur prestation des dernières années; enfin voici le moment tant attendu, en ce 4 avril, dans une Taverne royalement animée…que le spectacle commence! 

 

Suicide Nation 

Charles-André Brodeur: batterie
François Lafond Bourque: guitare
Louis Jacques: guitare
Julien Coulombe: basse
Frédérik Beaulé: voix 

Tout débute avec ce groupe de musiciens qui rend hommage à At the Gates, formation suédoise de death metal mélodique ayant eu un fort succès, surtout dans les années 90 et souvent comparée à In Flames. Il m’est très satisfaisant de penser qu’on puisse faire autre chose qu’un ‘’tribute’’ sur les habituelles top bands qu’on a entendu milles fois, non pas qu’on ne doit critiquer ceux qui le font, mais le sens de mon témoignage est plus dans le l’optique où il est rafraîchissant d’aller chercher de la nouveauté, de risquer et de faire découvrir.

Suicide Nation, un hommage qui est autant pour les mordus du genre que pour aller chercher de nouveaux adeptes, voilà ce que je veux entendre ce soir. Un départ en fureur, on nous sert Cold et Under A Serpent Sun. En observant la salle, je me rends compte à quel point certaines personnes étaient dans une transe (de plaisir), chantant et communiant, sûrement, avec des souvenirs refaisant surface tout à coup. Frédérik Beaulé m’avait avoué que ce type de chant ne lui avait jamais été proposé avant de faire partie de ce groupe. Ce soir, il montre qu’il a fait ses devoirs, car sa prestation est épatante. Ma préférée fut Swarm, pour l’assembler de mémoire, Slaughter Of The Soul a eu tout un impact. Dernier mot sur la performance de Suicide Nation: Chanteur communicatif et avec une voix remarquable, entouré de musiciens très compétents. Je suis certain que At the Gates serait très content d’apprendre qu’on lui rend un hommage de cette qualité. N’hésitez pas à les contacter pour une soirée metal 101. 

 

Alyksir 

Jonathan Allen: basse
Pier-Luc Blais guitare
Alexander Clarke: guitare/ voix
Damian Blake: batterie 

Ce groupe de death metal mélodique nous présente les titres de leur album paru fin février sous le nom de Devourer. Le dernier titre The Great Decay nous transporte dans un monde macabre à la Cradle of Filth, qui selon moi, est le meilleur choix de l’album pour créer dès le début l’ambiance voulue. L’album est solide et leur prestance l’est autant. Inner Turmoil, avec une touche finale sur un superbe solo. On ne se gêne pas à aller dans le très ambiant pour créer une fausse apparence de plénitude, ce qui rend entre autres My Inception si intéressante avec ces multiples envolées de gammes aux guitares. Devourer, la chanson death solennel et à cadence de cavalerie à la power metal tout en gardant un côté très macabre. Leur prestation est à l’image de leur album, solide et nuancé. Alexander Clarke va dans un scream qui étonne et Disdain termine leur performance devant, selon moi, de nouveaux admirateurs. Je me suis dit de rajouter leur album à ma liste. Pour ma part, Alyksir est un groupe parfait pour s’initier à ce style de musique tout en restant un fort intérêt pour les adeptes de longue date. 

 

 

 

A Scar for the Wicked 

André Dubien: voix
Adam Semler: guitare (lead) voix (back)
Joe Moon: guitare (Rhythm)
James Kassis: basse
Nick Rodgers: batterie 

Une autre formation de death metal mélodique, mais cette fois-ci d’Ottawa (Ontario). Certains musiciens me diront que ça ne veut rien dire que le groupe arrive avec deux guitares à sept cordes et une basse à six cordes, mais je dirais qu’en générale c’est un signe du groupe qui s’applique énormément sur la technique. De plus, pour moi, il y a deux types de chanteurs distincts dans ce style. Le premier se distance de la musique pour être dans le rôle d’un narrateur et l’autre par la façon dont il donne une présence à sa voix qui s’intègre plus dans les mélodies pour en faire d’une certaine manière, un instrument qui s’unit à l’orchestration.

Pour moi, A Scar for the Wicked fait partie du deuxième exemple. André Dubien détient un vocal mature qui se déchaîne dans tous les spectres sonores qu’il utilise. The Ophidian Offspring, lourd, brutal, une vague de décibels qui nous frappe au corps, déjà après quelques chansons, je suis épaté par l’impact de leur musique. Acolythus, chanson éponyme de l’album avec un ‘’scream’’ dément à la Nekrogoblikon, qui nous grafigne avec une mélodie rapide et captivante, probablement ma préférée de l’album. On nous envoie Necrobutcher et Malformed de deux anciens EP, toujours dans le même déchaînement. Selon moi l’album Acolythus est à regarder et écouter de près pour tout fan de death metal mélodique en recherche d’intensité. Vous ne me croyez pas… voici le vidéo: Sacrificial Genocide!!!

 

 

 

Outlying 

Fred A. Dubeau: guitare/ voix
Charles Alex Bilodeau: basse
Martin ‘Frenchy’: batterie 

Combien de fois j’ai vu Fred derrière une console, à se promener de part et d’autre dans différents bars, très soucieux de la qualité du son pour différents groupes ! Enfin, ce soir, j’ai la chance de découvrir une autre facette de ce personnage, si souvent présent pour les autres. Ce soir, mon attention est sur lui et son groupe Outlying. Nous arrivons maintenant à un son plus aéré, mais non moins énergique. Beaucoup de variantes qui verse parfois dans le thrash, black, métal 80 traditionnel et autre. Malgré celles-ci, on ne se perd pas dans la continuité et cela relève sûrement du vocal de Fred A. Dubeau, qui est vibrant, va donc chercher le ressenti plus que la puissance.

Forgotten Instinct, en est un bel exemple où le scream n’est pas là pour des records de décibels, mais bien pour puiser dans un remous d’émotions. Toxidorphins dans le même sens qui, par moment, vont te chercher dans tes tripes tout en revenant dans des riffs simples. On nous joue le dernier single Pitch-Black Serum qui semble être une bonne chanson avec des moments pour un Mosh Pit, mais encore, on exécute des changements de tempo qui démontre un désir de nuance créative. En bon québécois je dirais que ma ‘’toune de char’’ serait probablement Paint you dead. Je dirais: ’’135 km/h, monsieur l’agent… c’est la faute à Outlying!’’

J’ai adoré les quelques reprises où notre chanteur guitariste est venu nous rejoindre pour faire ses solos de guitare, toujours intéressant de voir l’artiste à l’œuvre de prêt. On termine cette soirée avec This Mortal Blessing, une chanson de plus de 8 minutes qui s’introduit en douceur, un brin de nostalgie avant de monter d’un cran minute par minute, une chanson bien choisie pour une fin de spectacle. Bravo, à notre trio trifluvien. 

 

-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground 

Alyksir
https://alyksir.bandcamp.com

A Scar for the Wicked
https://asftwband.bandcamp.com/ 

Outlying
https://outlying.bandcamp.com/track/pitch-black-serum

Critique d’album: Burning The Oppressor – Waking Nightmare (18 avril 2025)

Burning the Oppressor 

Le nouvel album: Waking Nightmare 

Au loin, on voit le ciel s’obscurcir dans le monde du Heavy metal québécois. Jour après jour, l’ombre si attendue par les fidèles prend place sans confusion. Sous les tambours, qui annoncent l’événement, nous nous levons pour enfin les accueillir à leur retour sur la scène et aussi être à l’écoute de leurs nouveaux chants furieux. Le 18 avril 2025, ils nous reviennent forts de leur expérience créatrice, brandissant ce nouvel artefact du nom de Waking Nightmare. Vous et moi, mes frères et sœurs, levons nos bras vers les podiums du deathcore, pour faire les honneurs à cet événement si attendu de la réapparition de Burning the Oppressor. Depuis plus d’un mois, je me suis exposé à la nouvelle œuvre de ceux-ci et, humblement, je vous livre mes pensées et mes délires. 

 

Eternal Rest et Slaying Princess 

Comme pour toute intro de pièce majeure Eternal Rest, mélancolique à ses débuts, va nous élever avec détermination au rythme beaucoup plus brute qui suivra. Quand une formation prend le temps de faire un prélude du genre, on se doit de frapper fort pour lui donner sa raison d’être. Est-ce réussi? Comme une cavalerie qui se plonge frénétiquement au travers des premières lignes ennemies, Slaying Princess percute et met en pièces. Le retour en arrière est maintenant impossible… Les hostilités sont lancées de façon foudroyante. Cette pièce, qui est un paradoxe de brutalité, est intelligente dans sa composition, nous ouvre un monde de souffrance où la réponse instinctive, incrustée de vengeance, se répand dans une réalité sauvage. Une Loi du talion, faussée par le traumatisme, mais dominante dans les nouvelles règles infligées par une âme meurtrie. Mais quel début d’album remarquable, avec des touches subtiles tant dans les voix que dans les instruments ! Aucun étonnement pour moi qu’une vidéo soit mise de l’avant pour cette pièce… de la bombe. 

 

 

Animal 

Grandit dans la blessure, apprentissage de l’attaque pour la défense… la furie qui libère de la cage physique pour s’enfermer dans une cage psychique où les tourments et les rages s’entremêlent pour forger l’être malsain, mais qui assure la survie. On est dans l’émotion primitive, l’impulsion. Cette chanson comprend un superbe solo efficace qui donne à peine le temps de respirer dans ce monticule d’agressivité musicale. L’animal ayant la rage est dangereux… même si l’on veut bien comprendre sa souffrance. 

 

Explode 

Pièce très intéressante, qui semble être un moment de conscience, mais non de contrôle. Loin d’être dans l’œil du cyclone où l’on aurait un répit. Un moment où la souffrance est plus grande que la rage, nous met dans une position à admettre que l’on voit les démons qui nous habitent sans vision claire, sans introspection possible, ni capacité de les dominer. Un moment de supplice où l’on a l’impression qu’on va exploser, comme dans un vieux film de Scanners… mais il n’y a aucune délivrance. N’est-ce pas déjà clair pour vous, le titre de l’album prend tout son sens, le cauchemar éveillé (Waking Nightmare). Au niveau musical maintenant, je trouve que l’ambiance est bien choisie avec un son moins d’impact mur à mur, sans perdre de férocité, mais plus de clarté au niveau des subtilités. 

 

Suffocation 

Jusqu’à maintenant, l’évolution de l’album m’épate, car il semble vraiment y avoir une suite dans les idées, dans la thématique continue. L’être humain, physiquement parlant, ne peut être en mode rage plus que quelques heures… après Slaying Princess et Animal dominés par cette transe bestiale et écumante. Explode repose sur une dynamique changeante et nous voilà avec une pièce sur la dépression, l’angoisse du vide de sa propre vie. Je ne sais pas si c’était voulu, mais Suffocation est clairement une suite logique si on a voulu avoir des nuances d’émotions adroitement ficelées ensemble. J’ai aimé aussi cette introduction très rock progressive qui donne une belle levée au retour du son deathcore. Avec un refrain death-mélancolique puissant que je retrouve parfois avec une formation comme Avatar. On sent le poids du monde et ma foi, j’adore les envolées de guitare qui donne un beau cachet à cette chanson. 

 

Two Faces 

On revient avec un son lourd, lourd, l’ambiance est lourde, car on porte les lunettes de la personne qui souffre devant un système hospitalier non hospitalier. On s’enfonce dramatiquement sous les regards de ceux qui nous administrent les doses. On se sent trahi, mais, il est flou à savoir d’où vient ce sentiment, de la maladie? De la réalité? Ou tout simplement des deux. Je crois que cette chanson n’est pas dans le jugement total de la situation, mais dans le ressenti. Une expression de coma éveillé où tout devient extérieur à l’esprit fatigué… même son propre corps. Derrière cette rythmique deathcore, il y a une ambiance sludge dans sa dynamique qui me tourne dans la tête. Avec ce titre, nous voilà rendus à la moitié de l’album. Jusqu’à maintenant, un superbe travail par Burning the Oppressor… Je m’attends et je souhaite qu’ils me restent des surprises en portant l’oreille à cette deuxième partie. 

 

Exhausted 

Un roulement de percussion qui débute cette deuxième partie, une seconde énergie qui nous revient. Je suis certain que vous serez d’accord avec moi quand je vous dirai que l’arrivée de la partition de guitare (soliste) à partir du milieu de la chanson est très attrayante pour les amateurs de métal plus traditionnels, ce qui donne une superbe finition à ce titre qui ne m’épuise en rien. Pour la première fois, on ressent une reprise de contrôle sur le ‘’je’’ fasse aux démons intérieurs et aux abominations de la vie. La colère est ressentie, mais, dans ce titre, on s’approprie la conscience. Malgré la fatigue et le challenge immense, on sent le combat intérieur plus en construction qu’en auto-destruction.

Never 

On est dans un thrash intense et j’imagine déjà un  »pit » de metalhead tourner en rond et faire du rentre-dedans et crier Never!!! Mon esprit me dit: ‘’rentre dans le tas! Mon corps me dit: ‘’Laisse donc ça aux plus jeunes, svp!’’ Nous verrons bien qui gagnera dans ma propre dualité lors du spectacle au Trou du Diable. Cette chanson est parfaitement bien positionnée sur l’album. Un ralliement, un refus contagieux dans toute sa lucidité. Prenez vos vitamines et ne mangez pas trop, car, lors du spectacle, c’est dans le ‘’cercle ou mur de la mort’’ qu’on risque de se rencontrer. Encore une fois, j’aurais beaucoup de difficulté à croire que cet album, de la façon qu’il a été positionné (chaque titre) ne soit qu’un joli hasard. Il y a clairement une ligne de conduite à plusieurs points dans sa conception, superbe travail. 

 

Lizards & Worms et Silence 

Non, ce n’est pas parce que j’avais perdu tout désir d’écrire. Après plusieurs écoutes et analyses, je voulais simplement écouter Kevin Bordello lui-même et vous le livrer dans une question qui, je l’espère, vous fera encore plus apprécier l’œuvre. 

Ondes Chocs: À quelques reprises lors de mes commentaires sur l’album, j’écris sur la démarche évolutive structurée de différentes pièces. D’un départ, où l’émotion et la conscience sont floues par la douleur et la rage, peu à peu, on ressent une certaine libération, un recul qui s’installe. Les deux derniers titres (Lizards & Worms et Silence) me font ressentir cette nouvelle prise de contrôle, malgré la douleur et la colère, et même une forme d’espoir avec l’arrivée de Silence. Ai-je tort si je te dis que, dans tout cet amalgame de rage et de confusion, il y avait une intention claire de terminer l’album avec un message positif ou du moins dans l’éveil? 

Kevin Bordello: ‘’Oui tout à fait. Ces deux chansons explorent des thèmes profonds liés à la lutte intérieure et à la perte.Lizards & Worms illustre un combat entre l’espoir et le désespoir, exprimant une colère accumulée face à un monde hostile et déshumanisant. Pourtant, au-delà de cette rage, la chanson évoque une volonté de transformation, d’acceptation du passé et de résilience pour bâtir un avenir plus fort. Silence, quant à elle, est une ode poignante au deuil et à l’amour pour des êtres chers disparus (nos mamans à moi et JF). Écrite initialement pour JF et sa mère, elle est ensuite devenue un exutoire personnel suite à la souffrance et au décès de la mienne quelques mois plus tard. Elle traduit le poids d’une douleur profonde et de l’impuissance face à la souffrance. Mon désir était toutefois de laisser transparaître un espoir de paix et de protection après la mort. La guérison à travers le processus du deuil. L’acceptation de la mort. La fin de l’album capture l’intensité des émotions humaines, entre la rage, la perte et un espoir de renaissance à travers ces épreuves-là.

 

THE VOID 

The Void qui nous laisse avec une ambiance de regard au loin après une longue et terrible journée, où les mots ont tous été dits… terrible douceur sans nostalgie. Je souhaite avoir bien rendu le tout… Sinon, vous venez régler ça avec moi dans le mosh pit à Shawinigan le 25 avril… Pour les autres, n’oubliez pas qu’il y a six dates déjà inscrites au tableau pour la sortie de l’album Waking Nightmare

Voici un lien Waking Nightmare (album disponible le 18 avril 2025) et tous les autres albums de Burning the Oppressor!!! 

Burning The Oppressor – Waking Nightmare

De plus, à chaque endroit, ils seront accompagnés de différents groupes, comme si le monde du métal s’était donné le mot pour être au rendez-vous et goûter eux aussi au retour de Burning the Oppressor, regarder plus bas pour les dates et la palette d’artistes invités, il ne manque que vous! 

 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground

Banjax Brigade//MôdiVerrâ et Steamboat Woody @ Studio Sonum, Québec – 15 mars 2025

Banjax Brigade, MôdiVerrâ et Steamboat Woody
Quand les Korrigans s’invitent au Sonum 

La fête de Saint-Patrick, n’est-ce pas une des fêtes les plus festive, joyeuse et remplie de musique, celle-là ? Le vert, couleur pour l’espoir, le trèfle à quatre feuilles pour la chance et les Lutins pour nous rattacher à nos racines et croyances ancestrales. Ce soir à Québec, samedi 15 mars ( soit deux jours avant la St-Pat), on va se rencontrer dans un spectacle folklorique qui va donner la bougeotte aux farfadets du Sonum. J’ai été surpris par les trois formations qui ont apporté leur énergie et leurs saveurs, qui nous feront voyager. Je m’étais vraiment donné pour mon costume du moment… mais l’année prochaine, je vous le promets, je porterai le kilt! 

 

Steamboat Woody 

Julien Galli: one-man-band (voix, banjo,percussion et harmonica) 

Un homme-orchestre pour débuter sur une lumière verte scintillante. Julien nous transporte au plus profond de la Louisiane, près des marécages suintants. Sur la grande galerie d’une vieille maison, remplie d’amis fêtards et d’enfants qui courent et s’amusent sans accrocher la carabine, appuyée sur la porte; celle qui servit au plus jeune à faire fuir son premier alligator. Oui, je divague, mais quand j’entends cette musique, ça me fait rêver éveillé, et cela dès l’arrivée de Sandy Boys, premier titre, qui va tout de suite chercher l’attention de la salle. Le banjo est la pièce maîtresse et cette voix du Sud avec cet accent d’une touche nasillarde, tout y est pour le voyage! Nous sommes servi sur l’animation dans chaque introduction des chansons, comme Nowhere to Stay, où après avoir pris une cuite, un homme dans les brumes de sa consommation ne sait plus trop où il va se rendre. PBR and beef jerky, hymne à la fête entre amis dans une ambiance bien arrosée. Vous comprendrez bien que nous, présent au Sonum, ça nous donne soif. Tous ensemble, nous applaudissons grandement la prestation! Un moment dans une ambiance plus nostalgique avec By my side, un repos pour l’âme, mais qui sera de courte durée, car par la suite on assiste à un speed metal Banjo style, avec un titre qui est très démonstratif du moment: Insane…tout est dit! Avant de nous quitter, l’artiste multifonctionnel, nous rappelle l’arrivée d’un nouvel album en 2025 et nous laisse avec Darling Corey… wow. 

 

 

MôdiVerrâ 

Jean-Hugues Labrecque: chanteur et guitariste
Sacha Hobeila: violoniste
Jacques Legault: bassiste
Jean-Daniel Bouchard: batterie

J’aime bien le nom du groupe, MôdiVerrâ, qui fait du folk metal. Leur musique est vraiment originale, alors je suis très enthousiaste à l’idée de les voir en spectacle… Je crois que le cabochon troubadour qui sommeille en moi va avoir beaucoup de plaisir, mais parfois, c’est justement ce qui me fait le plus peur. Jean-Hugues et sa troupe nous font sortir notre ceinture fléchée, mais qui à plein de clous avec ce mélange de folklore et de gammes métallisées. Cartier: les Croix du Malouin, sera la pièce choisie pour partir la cavale et on sait déjà de quel bois ils se chauffent!!! Tout au long de la prestation, les yeux se tournent vers le doigté de Sacha Hobeila au violon, qui donne une ambiance pittoresque et festive tout en nous englobant de leur univers. ‘’Bonsoir, la compagnie!!!’’ et nous voilà repartis avec un goût de gigue sur la chanson MôdiVerrâ avec ses textes joyeux et à tinte historique québécoise, on turlute avec joie! Talon: Le Régime Seigneurial, qui nous frappe dans une histoire racontée sur de beaux accords métallisés et folkloriques, avec le violon qui nous hypnotise comme le ferait un fakir sur un serpent. ‘’On va tu n’avoir du plaisir, on va tu n’avoir de l’agrément!!!’’ La danse continue dans la salle, on frappe du pied et on acclame. Un hommage à Gilles Vigneault nous arrive avec Joe Hébert, un début à la War Pigs (Black Sabbath) et plusieurs riffs classiques du metal qui nous ensorcellent. Ce qui est vraiment plaisant du Sonum est le fait que c’est une salle, donc pour petits et grands. Je peux vous avouer qu’aujourd’hui, voir tout âge s’amuser en communion avec cette musique, ça fait chaud au cœur. Bravo à cette troupe qui termine avec Le Repas au Château. Vous avez été fantastique! 

 

 

 

Banjax Brigade 

Stéphanie Badeau : cornemuse et voix
Julien Galli:Banjo
Maxence Louis : basse
Joël Turgeon : batterie (plus clavier sur le Ep)
Olivier Babin : guitare
Ludovic Fortin: tin Whistle 

Le moment pour le big band en kilt tant attendu est arrivé. On remplit la scène de musiciens, d’instruments et de nitro-Irlandaise. On imagine les Korrigans sortir du frigidaire à bières pour se rassembler avec nous, appeler par la cornemuse de Stéphanie Badeau , la ‘’front Milady’’ du Banjax Brigade. On nous servira un mélange de succès du genre en ‘’cover’’ et de multiples titres de leur propre cru. Ils vont nous faire vivre un pur moment de Folk-punk irlandais dès le départ avec Merry Life. Déjà, sur Devil’s Dance Floor la fête bat déjà à son plein et la musique nous transperce dans nos racines du Vieux Continent. Dans une ballade bien accueillie par l’assemblé, Homesick Pirate et au chant, le duo Stéphanie et Julien, se complètent formidablement. Un peu de Cowboys Fringants à la sauce Banjax. Marine Marchande, pourquoi pas et ça ne vous étonne sûrement pas si je vous dis que ça passe le test haut la main. On poursuit avec leur première composition Holy brawl qui se mixera très bien avec le succès des Dropkick Murphys: Rose Tattoo. Il est maintenant temps pour eux de tester du nouveau matériel avec le titre: Davy Jones, où le Tin whistle est à l’honneur, mais qui sera par la suite en compétition dans un solo banjo vs guitare… vraiment un beau moment. Nous chantons tous ensemble ‘’green beer’’… et, hum, OK, je l’avoue, j’ai juste retenu ‘’green beer’’, mais pour ma défense, je sais très bien que c’était la chanson Irish Way. Donc j’ai compris le principal n’est-ce pas, madame la rédactrice? Donc, après tant de joie nous arrive avec leur chanson solennelle We are Banjax Brigade en finale, car toute bonne chose a une fin… presque, puisqu’ils nous donnent comme cadeau en rappel: Shipping up to Boston. Ça prenait ça, comme cerise sur le Irish Sunday! 

Superbe fête à Québec, ce soir ! Tout le monde quitte la place avec un peu plus de sang vert dans ses veines. Tous les lutins magiques prennent le large en direction de Montréal. Ils m’ont dit qu’ils participaient au 200e défilé de la Saint-Patrick demain et ils voulaient s’assurer que les wokes de Walt Disney ne s’invitent pas sur place pour gâcher le paysage… moi, je n’ai rien dit, ça vient d’eux! Je ne suis que le messager. 

Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground 

Voici pour découvrir et encourager nos excellents groupes

Steamboat, l’album:
https://steamboatwoody.bandcamp.com/music 

MôdiVerrâ, l’album:
https://modiverra.bandcamp.com/album/m-diverr 

Banjax Brigade, l’album:
https://banjaxbrigade.bandcamp.com/album/licensed-to-kilt

Within Embers//Nailed//The Space Between Us @ Studio Sonum, Québec – 8 mars 2025

Journée heavy metal des voix des femmes 

Ce samedi 8 mars 2025, tout droit du Sonum Fest de Québec, en cette Journée internationale des droits des femmes, nous voilà réunis pour applaudir trois groupes qui propulsent de l’avant les vocalises de trois dames du metal québécois. Je me souviens d’une époque où des Tarja Turunen, Angela Gossow, Otep Shamaya, Anneke van Giersbergen et d’autres grandes femmes ouvraient la marche pour redéfinir les balises et repousser les barrières d’un genre dominé par les hommes. Aujourd’hui, il est clair, pour moi, que le heavy metal est le tremplin de nombreuses divas, rebelles, éclatantes reines du rugissement. Ce soir, elles s’inscrivent une fois de plus, dans le livre de feu de la scène underground brutale. 

 

The Space Between Us 

Alex Mori: voix
Carl Dufour: guitare et voix
Pranavan Sutheswaran: guitare (lead)
Matt Fontana: batterie 

Ce jeune quatuor de Québec, nous entraîne vers un metalcore où les membres Alex et Carl alternent entre de vocaux pop rock et du growling, apportant ainsi une variété de tons qui ravissent l’atmosphère des morceaux. Leur titre Inner Demons est particulièrement réussi. Côté guitares, deux belles Schecter sept cordes se relancent dans de nombreux riffs, mais dominé par Pranavan qui démontre beaucoup de talents. Une pièce, The River, dédiée à la mère de Carl et sur sa remise d’un cancer, est appréciée par tous, un beau moment de profondeur. La pièce se termine avec un solo de Matt Fontana à la percussion, rapide et efficace, c’est parfait… car, disons le, les solos de batterie qui dure dix minutes, ça fait trop ‘’Eighties’’. On nous présente maintenant un titre qui sera bientôt disponible: Ubiquitous, qui veut dire omniprésente. Pour moi, cette pièce est un dévoilement de tout le potentiel que ce groupe peut nous déployer. C’est une pièce maîtresse, par son agressivité, sa mélodie et l’impact qu’elle a sur l’auditoire. Pour terminer, on nous sert deux reprises, soit A Boy Brushed Red Living in Black and White et Second & Sebring qui se marient bien avec leur propre répertoire. The Space Between Us, un nouveau groupe à suivre de près dans leur évolution. 

 

Nailed 

Jessica Ricard: voix (lead)
Lukasz Babiarz: guitare
Philippe Paquette: basse, voix (back:growl)
Guillaume Lévesque: batterie 

Enfin, je rencontre ce couple de métalleux, que l’on connaît aussi pour leur travail avec leur autre groupe du nom Uriel, que j’avais malheureusement manqué lors de leur passage au Trois-Rivières Metalfest, mais ce soir avec Nailed, je les ai pour moi!!! Ok, ok, moi et les autres dans la salle… je partage. Dès la première pièce Acceptance, je remarque tout de suite cette grande théâtralité dans les mouvements sur scène par Jessica. Sa capacité de se mouvoir, d’extérioriser ce qu’elle chante donne cette grande impression d’un récit, une histoire dans un opéra métallisé. Echoes of Me, une pièce que j’adore par ses tempos changeants, une belle dextérité dans les moments d’explosions et de la symbiose des musiciens. Par contre, ma préférée reste Adversity, pour son côté dramatique amplifié par ses effets de wah wah à la guitare par Lukasz Babiarz qui est solide lors de toute la prestation. On nous présente une nouvelle pièce qui fera partie intégrante du prochain album. Cette chanson, Waiting, nous permet grandement d’apprécier la richesse de la voix de Jessica, pendant que Philippe va chercher un maximum de gamme de sa basse à six cordes. Sans oublier une superbe performance à la percussion de Guillaume Lévesque. Disappointment et Abandoned se succèdent avec l’acclamation de la salle, pièces encore avec des moments dramatiques et puissants. Après un ‘’cheers’’ avec l’assemblée, on termine la performance avec brio. Me voilà comblé! 

 

Within Embers 

Nathasha Beauchamp: voix
Sébastien Pichette : batterie
Francis Villeneuve: basse
Sébastien Simard: guitare
Stef Bordebat: guitare
Sybellis voix (back) 

J’ai connu Nathasha il y a de cela un peu moins d’un an, à travers diverses rencontres lors de spectacles, de nos discussions sur nos passions pour la musique, les spectacles et l’art. Ce soir c’était une première pour moi de rencontrer Nathasha, la frontwoman the Within Ember et rien ne m’avait préparé à cela, de façon très positive bien sûr. J’aime l’expression anglaise qui dit ‘’jaw-dropping’’… une surprise totale de voir celle-ci se transformer en artiste qui domine là scène avec une superbe prestance et cette voix, mais quelle voix… wow!!! Avec Total Nightmare, on a déjà compris sa capacité et sa maîtrise du chant pop rock, du growl au scream et cela fait avec panache. Elle est entourée de musiciens expérimentés qui donnent de l’éclat à chaque chanson et de multiples solos sur Behond Horizon! Le premier

titre, paru en vidéo Cast in Embers, qui détonne et va chercher les admirateurs sur place avec enthousiasme. Dans un fond de fumée intermittente, notre choriste-sorcière dans une incantation dans un hymne à la sirène avec Rusalka où on peut l’entendre avec une voix d’opéra et de sceam de harpie… nous sommes ensorcelés. Sur Dilemma, Nathasha se rend au piano et ce n’est clairement pas pour nous chanter une comptine, une autre chanson qui arrache le gazon… ou ce que vous voulez. Un mélange de nostalgie et de brutalité qui épate la foule, et dire qu’elle ne l’a pratiqué que depuis un mois. On termine sur The Choral of death, où tous sur scène donne des frissons avec les vocalises changeantes et ses confrères qui mettent le paquet sur une finale musicale enlevante et majestueuse. Je vous lève mon chapeau! 

Superbe soirée et je me rends compte de quelque chose en écrivant cette chronique. Ce soir, je n’ai pas été voir des groupes de heavy metal avec des chanteuses, le concept de journée des droits de la femme, je n’y pensais pas sur le coup, s’il y avait une thématique. 

J’ai vu un spectacle de Heavy metal tout feu tout flamme. N’est-ce pas une victoire en soit, que ces femmes sont si présentes et dominantes en 2025, qu’on ne ressent plus cette ancienne dénivellation dans ce monde à la base très macho. Mais, oui, bravo à vous, mesdames, vous aviez clairement la main sur la soirée! 

Un remerciement particulier à Alexandra du Podcast Cestquoitonband pour les nombreuses photos qui complètent bien les miennes pour cette chronique. Je vous invite à suivre celle-ci sur les réseaux sociaux (YouTube, Instagram et TikTok), car c’est notre nouvelle voix pour notre relève et la culture musicale du Québec. 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’underground
Photos: Alexandra

Awkward Rock Hotel//Saint Kraken//Gin & Mr Freeze @ Café-Bar Zénob, Trois-Rivières – 6 mars 2025

Un Zénob qui rock un Jeudi soir 

Ce soir, au Zénob, se présentent trois groupes qui ont leur propre genre, leur propre créneau. Une soirée de découverte à la bonne franquette musicalement parlant avec différentes épices pour tester mes ‘’papilles’’ auditives. Un groupe de ‘’cover’’ de succès punk rock, une formation de rock lourd francophone et un trio old school stoner. 

Gin & Mr. Freeze 

Maxime Loranger: guitare, voix (lead)
Hugo Lefebvre: guitare,voix(back)
JF Croteau: basse, voix (back)
Jonathan Bourque: batterie 

Avec les nombreuses parutions d’album et une affirmation claire de sa domination en spectacle, l’hiver 2024-2025 appartient aux groupes punk rock au Québec. Probablement le meilleur moment pour un groupe de ‘’cover’’ du même style pour se mettre en œuvre et profiter de cette vague. Gin & Mr. Freeze nous interprète des succès de Blink-182, Green Day, Lag Wagon, Sum 41, NOFX, Good Charlotte et quelques autres formations du genre qui ont joué et rejoué depuis des décennies autant à la radio, qu’à Musique Plus et dans nos baladeurs. Ils le font avec énergie et la réponse est très positive dans la salle. On va même faire du Weezer avec Hash Pipe, pièce qui est un certain challenge vocal dans ses couplets. Pour moi, c’est une belle initiative qui peut être une parfaite ouverture pour d’autres orchestres punk rock qui veulent une première partie qui dégourdit la salle. Que dire aussi des multiples petits festivals qui se multiplient au Québec dès que la température est plus clémente. Je crois qu’ils sont un élément parfait pour bien des événements qui entassent plusieurs groupes d’âge. 

 

Saint Kraken 

Sylvain Sirois – voix / basse
Dan Guay – batterie
Pierre Cossette – guitare / voix (back*) 

Toujours sur un ton rock pesant et technique, un rock québécois qui nous brasse et qui nous fait apprécier les échanges entre bons musiciens. Saint Kraken, un trio enlevant qui déménage plus que du vent! On choisit la pièce Tatoué, qui démontre de quel bois le groupe se chauffe, avec un Dan Guay à la torture de percussion, frappe dure, mais avec une technique vraiment appréciée par la salle…1-800-HIT-DRUM, avec les contre-temps, il hausse clairement le jeu et la dynamique que nous apporte ce rock intelligent et brutal en même temps.

Faut qu’ça tuse, nous amène encore dans ce rock jazzy stoner. Où l’on pourrait laisser la facilité d’un rock conventionnel, on y met des gammes bien pensées qui rehaussent le tout. Par la suite, à ma grande joie, on entre avec une intro the Fuck the USA de The Exploited pour mixer avec Femme à barbe. Je suis fan de Nuclear Power Trio, ce groupe instrumental qui est magnifiquement efficace. Quand j’entends, le titre Tourne en Rond, me voilà dans un moment de satisfaction qui est dans le même créneau de chirurgie rock jam. Une des pièces préférées du répertoire, Frappe-moi, une pièce qui est un Aut’Chose métallisé qui nous rentre dedans avec ses riffs pesants. L’audience est impressionnée et démontre leur approbation, jusqu’à la fin. Une fin qui se fait bien sûr avec la chanson du gars qui s’est fait voler sa bière: Tabarnak! Sylvain s’assoit au bar pour y jouer de sa basse parmi l’assemblée et laisse Pierre et Dan se relancer dans les injures de la chanson. Belle prestation. Vous cherchez un groupe qui brasse et qui à son propre cachet, et bien pensez à Saint Kraken

 

Awkward Rock Hotel 

Pascal Bard-Roy: guitare, voix
Miguel Pépin: batterie, voix
Jf Royer: basse, voix 

Ce jeune groupe venant des environs de Victoriaville se mouille dans le vieux stoner des années 70 en général, prenant leur source dans le ton d’un vieux Black Sabbath avec des textes personnels. On débute la performance avec Throw Away Your TV, chanson sur l’essoufflement de ce qu’on devient devant cet objet de plus en plus large avec des sujets de plus en plus insignifiants. D’un Océan à l’Autre, par la suite, un hommage au front des camionneurs à Ottawa lors du Covid. Awkward Rock Hotel, démontre leur côté engagé et leurs prises de position. Avec Good Old Days are Gone et Les Gouvernements sont Là, on se retrouve dans une gamme psychédélique lourde avec la saveur très ‘’old 70’’ dans son plus sombre. Sweet Water, dont je vais vous laisser la vidéo plus bas, vient d’une histoire vécue de JF Royer à une époque où l’alcool l’amenait dans un mode d’auto-destruction et de mauvaises mésaventures. Mais pour moi, ce qui m’a plu le plus de leur composition est Kamikaze. Je ne semble pas avoir été seul à l’apprécier, semble-t-il. Une dernière chanson, c’est Gazon Obsession qui nous est présentée, un morceau beaucoup plus rythmé, plus « ensoleillé », si je peux m’exprimer ainsi, avec Miguel Pépin à la batterie, qui prend en charge le ‘’lead ’’, du vocal. La formation décide de nous donner finalement, une chanson supplémentaire où l’on laisse se décharger les instruments. Ce jeune groupe en apprentissage de la scène, se représentera à la Taverne Royale le 18 avril, accompagné de groupes comme Le Jour, Lead Gaz, Saint-Kraken et Brotherhood of Blood. C’est une invitation! 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground