Critique d’Album: Patrons of the Rotting Gate – « The Rose Coil »

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Patrons of the Rotting Gate

« The Rose Coil »

(2013)

The Path Less Travelled Records

Liste des pièces
Tři Tváře
Tři Závěti
Carnassial
Secrets In The Soil
Pride In Descent
Chest Of Light
Clandestine Fractures
A Perfect Suicide»
His Crimson Painting
…Of All Eyes
The Battle Of Chamdo [Gorguts Cover]
Caress Of Vines [Orgone Cover]

 

 

Originaire de Belfast dans la province britannique de l’Ulster (Irlande du Nord), mais maintenant déménagé à Londres, le jeune projet de Black/Death Metal Progressif nommé Patrons of the Rotting Gate nous surprenait en septembre dernier avec son premier effort complet nommé The Rose Coil. Le duo formé en 2013 par Andrew « Manshrew » Millar (vocal, guitares, basse, batterie claviers) et Adam Irwin (guitares additionnelles) nous démontrait ainsi son sérieux et son éthique de travail élevée en nous offrant aussi rapidement un opus de trois quarts d’heure de matériel original couplé à deux reprises de groupes l’ayant influencé, soit Gorguts et Orgone. Devant une sortie aussi rapide d’autant de matériel, le mélomane sceptique est en droit de se questionner sur la qualité du produit livré, d’autant plus que l’épithète « progressif » attribuée à la musique dudit duo suggère complexité et élaboration. Toutefois, dès la première écoute, ledit auditeur sera inévitablement rassuré par la qualité des pièces présentées, mais sera peut-être un peu déçu du côté de l’originalité et de l’absence d’éléments accrocheurs dans la musique présentée sur cet album.

Effectivement, dès l’introduction intitulée Tři Tváře, vos oreilles seront conviées dans un univers sombre aux textures atmosphériques superbement appliquées par des notes de piano surplombées par une nappe de guitare en trémolo s’accentuant dans un crescendo hautement efficace. Puis, la pièce Tři Závěti commence dans un déchaînement de pédales doubles sur une grosse caisse au son percutant et des motifs de guitare dissonante rappelant immédiatement Gorguts de par leur pesanteur et leur rythmique caractéristique. Aussitôt, une première précision s’impose: même si le groupe présente sa musique sous le nom de Black Metal progressif, celle-ci est largement dominée par des influences de Death Metal progressif/technique, d’abord et avant tout du groupe québécois précédemment nommé, auxquelles le duo a infusé des éléments de Black Metal. Ainsi, le groupe juxtaposera à ses compositions quelques motifs à saveur Black ici et là, des voix qui alternent entre un guttural très inspiré de celui de Luc Lemay et des hurlements plus aigus et un côté atmosphérique assez élaboré nous entraînant dans un univers cauchemardesque. Il ressortira donc de l’ensemble de l’album, une musique élaborée, complexe et un côté atmosphérique très satisfaisant pour les amateurs de noirceur. Pour terminer sur les aspects positifs de l’album, j’aimerais noter la magnifique illustration de la pochette réalisée par Andrew « Manshrew » Millar qui représente la fameuse porte pourrie derrière laquelle on peut apercevoir la silhouette de l’innommable et qui représente très bien  la musique du groupe avec des teintes vives et complexes.

La production, œuvre de Andrew « Manshrew » Millar, est généralement plutôt réussie quoiqu’un excès de saturation dans les basses fréquences la rende parfois un brin confuse et frôlant dangereusement le clipping. De plus, le vocal est parfois un peu trop en retrait ce qui le rend difficile à discerner dans la masse sonore formée par la basse omniprésente, les motifs de guitare saturés et les claviers atmosphériques. De plus, l’influence très forte, pour ne pas dire omniprésente de Gorguts fait parfois en sorte qu’on aura l’impression d’écouter un autre album de cette formation, plutôt que celui d’un nouveau groupe. Effectivement, Patrons of the Rotting Gate semble se livrer ici à un exercice de style en répliquant les patrons (jeu de mots facile) rythmiques particuliers inspirés du Jazz, les motifs dissonants et l’atmosphère particulière développée par ces pionniers du Death Metal progressif. Cela est tellement évident, que lorsque le groupe entame sa reprise de Gorguts, la pièce The Battle of Chamdo de l’album Colored Sands (2013) que le duo de Londres a transformé d’une pièce instrumentale et orchestrale en Death Metal instrumental, celle-ci se fond totalement dans le reste de l’album. Le groupe s’est donc efficacement approprié le style de Gorguts en ajoutant un peu d’éléments Black Metal, ce qui aura le double effet, d’en rendre le contenu intéressant comme exercice de style, mais de lui enlever beaucoup de fraîcheur du point de vue de l’originalité. Enfin, on notera un certain manque d’éléments accrocheurs dans les compositions du groupe qui s’imbriquent les unes aux autres sans grande différenciation ce qui rendra les premières écoutes un peu monotones. En effet, l’auditeur aura l’impression que rien ne lui restera imprimé dans la tête à la fin de l’album et devra le réécouter à plusieurs reprises avant de commencer à en retenir certains éléments particuliers et encore là il lui sera difficile de différencier les pièces les unes des autres. Ce sera donc un opus très difficile à apprivoiser.

En conclusion, le premier album de Patrons of the Rotting Gate présente un contenu complexe et élaboré qui pose cependant une énigme au point de vue de l’auditoire visé. En effet, avec une musique presque dépourvue d’éléments accrocheurs et qui ressemble à un exercice de style visant à émuler la musique de Gorguts en ajoutant quelques pelletées de noirceur, on peut se demander qui sera intéressé à écouter l’album de ce duo autrement que par simple curiosité. Autrement, le duo démontre de belles qualités du point de vue du talent musical en ayant conçu des pièces très complexes aux atmosphères sombres réussies, avec une production moderne généralement très bien réalisée, hormis les quelques réserves exprimées plus haut. Heureusement, la formation est récente et aura le temps de travailler sur un second opus qui lui permettra de se différencier de ses maîtres et de trouver des façons d’accrocher l’oreille de ses auditeurs.

Pièces favorites : Tři Závěti et A Perfect Suicide

6,5/10

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

Ghost Bath (Chine) – Entrevue!

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On reçoit énormément de correspondance de la part des bands partout dans le monde, des labels et aussi des boîtes de relations publiques engagées par les bands et des fois le nombre est tellement impressionnant qu’il devient facile de se perdre dans la marre de bands suggérés et toutes les nouvelles qui les concernent.  Cependant, quand j’ai vu que Ghost Bath était originaire de la Chine et que le band nous contactait directement, je me suis dit qu’une entrevue écrite serait intéressante afin d’en connaître plus sur leur Black Metal dépressif et aussi leur scène underground.  Voici un entretien fait par courriel dans les derniers jours.
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Why is your band named “Ghost Bath”?

Ghost Bath is our own terminology to describe the action of trying to commit suicide by drowning yourself in either a bathtub or walking into a body of water such as an ocean (such as Silvia Plath once tried). We find suicide to be an emotionless and comforting release. An eternal peace.

Who are the band members and how has it been formed?

This can not be discussed.

What are your influences?

Silencer, Xasthur, Agalloch, Mayhem, Austere.

You play a very dark and depressive brand of Black Metal, how is that influenced by the environment around you?

The main songwriter lives in a very cold and desolate area. Not many trees or structures, mostly plains. I think this has great influence on his writing.

Can you play shows in China? If so, are you under scrutiny from the authorities?

We could, but we have not attempted it yet. It has been in talks for a while. I do not believe the authorities would do much.

Are you close to doing shows abroad?

It is also possible. Still in the works.

You want to release a physical copy of “Funeral”, but can you have distribution in your home country?

Yes. We are talking with Pest Prod China to do a fairly big release of a physical copy. They have released bands such as Thy Light.

How was the recording process?  DYI or with a producer/engineer?

The record was made in our basement. With a single $100 guitar, a demo version of FL studio, and a cheap drum set and microphone we borrowed.

How is the metal scene in your part of the world?  Can people listen to everything or are there bands of certain genres of metal or else?

The underground metal scene is alive and well. People can listen to what they want. The only restriction would be on the lyrics talking about the government. I can think of a certain rap artist who was executed because of his lyrics. Even talking about this is looked down upon, so we keep our identities a secret. Many metal bands are known and play live shows just fine though.

–  What’s coming up for the band (release, shows, promos, etc)?

We just released our album FUNERAL online. We plan to promote and release the physical version later this year. We have been working with a photographer and model to be used for some new artwork. We will possibly have another release before the year is over. Also we plan to sell copies of the full length FUNERAL as a special edition in the United States that comes with a wear-able vial of virgin’s blood. 春节好!

 

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Capsule Ondes Chocs: Copperfield

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Comme mentionné auparavant, on y va avec des changements de procédés à Ondes Chocs depuis 2 semaines et ça continu avec les Capsule Ondes Chocs qui seront intégrées à un article comme celui-ci afin de connaître les artistes un peu plus en profondeur et offrir une meilleure présentation.

Aujourd’hui, on y va d’une entrevue de David Lavictoire, chanteur de la formation de Post-Hardcore de Rouyn-Noranda, Copperfield.  On parle bien sûr de leur nouvel album, « Monuments » (sorti sur Blind Eye Records), qui sera lancé le 22 février dans leur ville, mais aussi de leur carrière et bien d’autres choses.

En plus de l’entrevue, la musique et les découvertes, courez-la chance de gagner une copie physique de l’album de Copperfield en partageant cet article sur facebook à partir de notre publication en haut de notre page facebook Ondes Chocs.  Ready? Go!

 

Question de découvrir d’autres bands, voici les bands qui seront de la soirée de samedi au Petit Théâtre du Vieux Noranda.  Carey est un band de Victoriaville qui sera en première partie et leur beat fait penser à celui de Copperfield et je vous offre l’écoute de leur dernier album sorti en 2013, « Desolation », sur Red Noise Recording.

 

Pour terminer, voici Le Conflit avec une track enregistrée live de leur Screamo/Post-Hardcore.  Le band ne semble pas avoir de sortie officielle, mais d’aimer leur page facebook est une bonne manière de les supporter!

Les Escapades Métalliques du Doc

Je plaide coupable pour le retard considérable avec lequel je vous présente cette escapade qui date déjà du 31 janvier 2014. J’ai été particulièrement occupé tout au long de la semaine dernière et le fait d’avoir eu à couvrir deux spectacles en deux soirs n’a certainement pas contribué à m’ajouter des temps libres. Il suffit de se rappeler que « mieux vaut tard que jamais! », bon (mauvais) vieux dicton usé jusqu’à la moelle.

Petite particularité de l’escapade de ce soir: je suis accompagné par un suisse-allemand en provenance de Toronto (il y fait une session d’études) venu passer le week-end à Montréal pour y découvrir les attraits touristiques de notre charmante métropole. C’est une personne que nous avions rencontrée à l’auberge jeunesse lors de l’escapade à Toronto. Nul doute cependant sur le fait que ce gentilhomme à l’accent germanique soit familier avec le metal; lorsque je lui ai montré un extrait vidéo d’un spectacle, il s’est rapidement tourné vers moi lorsque le moshpit s’est animé pour me demander l’air un peu anxieux: « Are they fighting?« . « No, they are dancing. » que je m’empressai de répondre, sourire en coin.

 

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Après deux rhum’n’coke bien savoureux et un shot de Jagermeister, nous nous dirigeons vers le Café Chaos pour aller voir et entendre l’hommage à Megadeth par Hangar of Deth, avec Fatality, Leather Up Your Ass et Open Your Mind en première partie. J’apprends que c’est la toute dernière soirée où le premier étage du Café Chaos sera ouvert. Je me prépare donc à faire mon deuil en amenant mon comparse vers les machines à Jagermeister question d’être bien réchauffés pour une soirée de thrash metal digne des années 80s.

Le public est somme toute assez restreint pour le début de la prestation de Open Your Mind. Ces jeunes au talent incroyable ont la fougue, l’énergie et l’insouciance de l’adolescence avec la volonté sans limite typique des jeunes adultes. On ne peut qu’entrevoir un avenir prometteur lorsqu’on les voit à l’œuvre. Je dois toujours me rappeler qu’ils « commencent ». Dans les faits, ils sont déjà très professionnels. Leur thrash metal se complexifie de plus en plus et j’apprécie beaucoup. La petite passe funk dans un de leur morceau était plus que bienvenue, sans omettre qu’elle était très bien exécutée. Thumbs up!

J’aime bien aussi leur humour spontané entre les différentes pièces qui ne laisse guère le spectateur dans un silence malaisant. Seule ombre au tableau, si c’en est une: le fait que Vincent (le drummer) nous ait encore fait le coup du fusil à eau. Lorsqu’il fait 30 degrés Celsius et plus à l’intérieur d’une salle, je n’ai absolument rien contre, mais lorsque nous sommes en hiver et que la foule n’est pas le moindrement dense, c’est peut-être un peu déplacé. Mais c’est mon côté vieux grincheux qui dit cela. C’était loin d’être dramatique. Au fond, j’espérais peut-être quelque chose de nouveau mais dans la même veine. C’est-à-dire que le fait qu’un batteur sorte de manière inattendue de derrière ses percussions pour venir faire quelque chose à l’avant de la scène est un créneau tout à fait intéressant mais déjà exploité par Reanimator. Il suffit de continuer d’y travailler. Parce que cela dit, ce drummer exubérant est incroyablement vivant derrière son instrument. Somme toute, ce groupe gagne définitivement à être connu (c’est aussi pourquoi je lui ai consacré un temps considérable sur la vidéo qui accompagne cette escapade…).

Petit entracte, petite clope et je m’enquiers de l’appréciation du spectacle de la part de mon comparse néophyte. Jusqu’à maintenant, tout baigne. Certes, il n’est pas habitué à ce genre de musique, mais il sait apprécier le talent à l’état brut. J’ai déjà hâte d’entendre la suite.

Leather Up Your Ass monte sur scène et entame sa performance avec Bark At The Moon de Ozzy. Nul besoin de spécifier que le public embarque tout à fait spontanément au son de ce classique. Ils enchaînent avec d’autres classiques, notamment de Anthrax, Iron Maiden et Metallica, pour ne citer qu’eux et ils les rendent avec une justesse certaine. De mon point de vue, les pièces sont jouées généralement plus rapidement que les originales et ça donne un bon feeling live. Toutefois, je m’attendais à un peu plus de cuir pour un groupe dont le nom est Leather Up Your Ass. Oui, le chanteur a des « leather spiked gloves » puis une « leather vest« , mais je ne sais pas, je m’attendais à plus côté « costume » du genre une ou deux paires de pants. C’est quand même Leather Up Your Ass… Mais enfin, détail! La prestation est efficace et les fans offrent une réponse plus que respectable si je me fie aux moshpits déjà présents pour ce deuxième groupe. Mention honorable au chanteur qui possède un spectre vocal capable d’aller chercher des tonalités intéressantes en plus d’être bien modulée sur le rythme, notamment pendant Got The Time de Anthrax, pièce aux forts accents punk.

Au deuxième entracte, j’en profite pour aller prendre l’air et apprécier une température plutôt clémente en cette fin janvier. Je me demande ce que les Torontois de Fatality nous réservent compte tenu que je n’ai écouté absolument aucun extrait préalablement à cette soirée. Mon attente consiste grosso modo à du thrash metal style années 80.

Right on! Difficile de s’attendre à autre chose dans une soirée dont le thème est « Trashed or be trashed! »…  Toujours est-il que Fatality nous servent un thrash metal bien construit, de leur cru, et avec brio. J’ai l’impression d’entendre un amalgame du « Big Four » (Slayer, Megadeth, Anthrax et Metallica) dans pratiquement chaque pièce. Ils sont énergiques à souhait et le public leur rend bien. Et quand je dis énergique, le chanteur à lui-seul illustre mon propos en sautillant et dansant presque sans arrêt tout au long de leur performance. Côté musical, comme je l’ai dit précédemment, c’est du bon vieux thrash metal bien exécuté. Solos qui s’enchaînent, rythmes de batteries très rapides et envoûtants, riffs de basse et de guitares accrocheurs.

Tout ce que je peux dire de négatif à ce point-ci du spectacle, et je crois que ça s’applique au thrash metal en général, c’est qu’il apparaît de plus en plus difficile d’innover tellement ce style a été couvert par un nombre incalculable de groupes. Petit clin d’oeil à Open Your Mind qui tentent ici et là d’ajouter des touches provenant d’autres styles de musique dans leurs compositions, ce qui ajoutent considérablement à mes yeux au potentiel de ce jeune quatuor.

Dernier entracte, la bière coule à flot, d’autres petits shots de Jager, et je me retrouve dans un état passablement éthylique pour apprécier la prestation de Hangar of Deth. Si je me fie aux dires de Lex, qui s’est pointé à peu près pour le début de Hangar of Deth, j’étais relativement peu réceptif au dialogue. En d’autres termes, j’étais dans un état d’ivresse focalisé sur mon monde intérieur plutôt que sur le monde extérieur. Bon, assez digressé.

Voici donc que l’hommage à Megadeth se met en place et commence avec en guise d’introduction un morceau de classique qui me fait penser à Toccata et Fugue de Jean Sébastien Bach (mais ce n’est pas exactement cela il me semble…). Musicalement, Hangar of Deth est assez impeccable, si ce n’est de la fin abrupte et imprévue de Take No Prisoner. Il faut dire que le chanteur, qui est aussi le fils de Bruno Pelletier selon ce qu’on m’a dit, possède un talent naturel pour la musique. Ses comparses sont tout aussi efficaces. Esthétiquement, il y a définitivement moins d’énergie sur scène que lors de la prestation précédente. Même si je dois avouer que de jouer du Megadeth n’est pas nécessairement une mince tâche en soi, il reste que j’aime quand ça bouge davantage sur scène… À noter que ce commentaire est issu de mon visionnement de l’enregistrement vidéo car au cours de la soirée elle-même, je n’avais absolument pas remarqué ce manque de dynamisme alors pas de souci.

Je ne pourrais vous énumérer le titre des pièces qui ont été jouées car je n’ai pas écouté Megadeth à outrance dans le passé. D’un autre côté, je peux vous dire que j’étais satisfait du spectacle auquel j’assistais. Il y avait une belle énergie et c’était festif à souhait, typique d’une bonne vieille soirée thrash.

En terminant, remerciement à Xtrem Prods pour l’accès et la tenue de l’événement, ainsi qu’à tous les musiciens de Hangar of Deth, Fatality, Leather Up Your Ass et Open Your Mind. Cheers! Ah oui! La vidéo juste ici-bas.

Dr Light

 

Les Escapades Métalliques du Doc

On ne se fera pas de cachette… Cette escapade est principalement consacrée à Children Of Bodom (COB), qui débute leur tournée nord-américaine Halo of Blood question de faire la promotion de leur plus récent opus. Ils sont accompagnés de Tyr et Death Angel qui effectuent la première partie. Le premier spectacle officiel de la tournée était dans la ville de Québec, pas plus tard qu’hier (14 février) quoique Death Angel et Tyr avait joué au Mavericks à Ottawa le 13. Ce soir, c’est au Métropolis de Montréal que ça se passe, une présentation de BCI, et j’ai bien hâte de voir et d’entendre une performance de COB comme headliner, la dernière fois remontant à un certain nombre d’années, 2008 peut-être, mais je ne suis pas certain.

Nous sommes en après-midi et je me dirige vers le Steve’s Music Store situé sur la rue St-Antoine. Vous aurez compris que j’ai décidé d’aller à la séance d’autographes de Alexi Laiho, Henkka Blacksmith et Roope Latvala, respectivement lead guitariste/chanteur, bassiste et rythm guitariste. Je dois dire d’emblée que j’y allais davantage dans la perspective de rencontrer les membres du groupe plutôt que pour aller chercher une signature. Je ne suis pas fan de ce phénomène qu’on appelle parfois idolâtrie qui transforme un être humain en figure divine toute puissante. Certes, avoir la signature de Jim Morrisson aujourd’hui sur un de mes vinyles de The Doors pourrait peut-être me servir à raconter une belle anecdote. Cela pourrait même valoir quelques dizaines de dollars… Mais quand même…

La meilleure manière que j’ai de m’expliquer cette folie (parce qu’il y avait tout de même pas loin de 150-200 personnes qui attendaient patiemment, dehors, en hiver) est que c’est un acte juvénile tout à fait normal. N’importe quel ado a besoin de placer un autre adulte que ses parents sur un piédestal pour commencer sainement à s’émanciper d’eux; or, quand cette adoration se poursuit à l’âge adulte et qu’on voudrait que la vedette adulée soit notre propre parent, il y a peut-être stagnation au niveau de la maturation psychologique. Curieusement, l’endroit où je me trouve dans la file d’attente confirme mes pensées car justement, le mec derrière moi affirme à ses comparses qu’il préférerait que Alexi Laiho soit son père. Un de ses amis lui répond que pour sa part, non, il préfère son vrai père à lui. En tous les cas, cela représente un peu le sentiment mitigé que j’ai de me retrouver parmi cette mer d’éternels adolescents venus faire autographiés des pièces qui deviendront « de collection ».

 

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En ce qui me concerne, j’ai choisi deux feuillets d’album (je n’étais tout de même pas pour ne rien faire signer à une séance de signatures…!) minutieusement: celui de Something Wild (premier album) et Are You Dead Yet (premier album avec Roope au rythm). Je m’étais dit qu’avec la photo de COB qu’il y a dans Something Wild, je leur donnerais amicalement un petit coup de vieux. Jugez par vous-mêmes…

 

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C’est donc après environ une demi-heure d’attente que je peux finalement entrer à l’intérieur du Steve’s Music pour… attendre encore. Moins longtemps cette fois, seulement une dizaine de minutes. J’ai trouvé l’ambiance particulièrement mercantile. Gardes de sécurité stoïques, organisateurs stressés et musiciens l’air hagard, à l’exception de quelques sourires ici et là.

Quand je suis finalement arrivé à la table de signatures, je me suis présenté et ai donné une carte de Ondes Chocs à Henkka en spécifiant que j’allais faire une revue écrite de leur spectacle de ce soir. J’ai ajouté que j’aurais bien aimé pouvoir les interviewer et prendre quelques bières mais que, faute d’autorisation, je devrai me résigner à un prochain spectacle. À ce moment précis, j’ai aussi mentionné que je ne doutais pas qu’il reviendrait à Montréal puisque ce soir, il s’agirait de leur 13e prestation en sol montréalais si mes calculs sont exacts. Alexi et Henkka n’ont pas eu l’air particulièrement surpris ou enchanté par ce fait quand même spécial (ils viennent presque une fois par année depuis leur premier show en 2000). J’étais cependant loin de me douter que Henkka, le seul membre du quintette finnois à parler français, allait balancer à la foule entre leur 12e et 13e morceau que quelqu’un leur avait dit plus tôt dans la journée qu’ils en sont à leur 13e spectacle à Montréal. Wow! Ce petit clin d’œil a apaisé un petit quelque chose en moi qui durait depuis cet après-midi et qui était relié au fait que je ne me sentais pas tout à fait à l’aise avec le setting de la séance d’autographes, qui était, pour dire les choses franchement, passablement expéditif et impersonnel. En tout et partout, j’ai dû être en contact avec les musiciens pendant maximum 10-15 secondes.

C’est un phénomène somme toute normal dans les circonstances. On appelle ça une opération de marketing dans le jargon du business. C’est dans l’ordre des choses quand on veut qu’un produit continue de se vendre. Et force est d’avouer que COB sont rendus tout un produit. Comme je viens de le mentionner, je crois que c’est normal dans les circonstances. Lorsqu’ils avaient 20 ans en 1998, ils réalisaient leur rêve de rockstar et le simple fait de faire le tour du monde pour jouer de la musique était suffisamment exaltant pour ne guère se soucier du reste. Plus de 15 ans plus tard, les données sont différentes. Le rêve d’enfance est devenu une réalité professionnelle lourde de responsabilités. Le groupe de musique est devenu leur business et ils doivent la gérer du mieux qu’ils le peuvent pour avoir le moins de désagréments possible afin de perpétuer leur carrière. Cette citation tirée du livret de l’album Hate Crew Death Roll en dit long à ce propos : « Children Of Bodom would smash beer bottle on their heads: All the sorry ass cocksucking motherfuckers who have tried to mess with us in business or otherwise. Fuck You! You’re Better Off Dead… »

On sent l’amertume de certains événements qui ne se sont sans doute pas passés comme ils l’auraient souhaité. Ça fait partie des apprentissages. Bon, assez de bla bla sur la séance de signatures et sur les aléas de la vie d’adulte; je vous entretiens maintenant du spectacle auquel j’ai assisté ce soir, 15 février 2014.

Mon avance de 1h30 sur l’ouverture des portes fut bénéfique à deux égards. D’une part, j’ai pu prendre place sur la première rangée de la mezzanine, ce qui donne une vue en plongée incroyable sur l’ensemble de la scène en plus d’une qualité de son optimale ou presque. D’autre part, j’ai eu le plaisir de rencontrer et de m’entretenir avec Pat et Jess, métalleux venus de Beloeil pour assister à leur deuxième concert de COB (l’autre ayant été cet été au Heavy Mtl 2014). Les portes ouvrent à l’heure prévue, soit 18h30, et nous entrons finalement nous réchauffer à l’intérieur. J’attends patiemment le début du spectacle à 20h00 en sirotant une bière ou deux. Entre-temps, je suis allé porter le billet que j’avais gardé pour Chuck, un de mes amis de longue date, qui m’attendait à l’entrée.

 

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Les lumières se tamisent enfin et les musiciens de Tyr se mettent en place à 20h00 pile poil. La première chose qui frappe mon esprit lors des premières notes est la faiblesse du son. Il semble définitivement manquer de puissance et cela va perdurer jusqu’à la fin de leur prestation. Je ne sais pas si c’était voulu ou si cela est dû au fait que les groupes ne partagent pas le même matériel audio, mais il y avait une différence plus que considérable entre la puissance du son de Tyr et celle des deux autres groupes. Cela dit, leur performance fut tout de même exemplaire et le public était très réceptif. L’espace limité sur scène à cause des autres instruments n’a pas semblé incommoder les musiciens outre-mesure et ils éprouvaient un plaisir manifeste à jouer devant une foule aussi enthousiaste qui, dès les premiers riffs plus agressifs, a formé un joyeux moshpit.

Si je dois catégoriser la musique de Tyr, je la rangerais dans la section metal progressif et mélodique. Les cleans vocals du chanteur sont efficaces et envoûtants. À chaque morceau, les fans en redemandent et montrent une ferveur assez importante compte tenu que nous en sommes encore au premier groupe de la soirée. Leur style progressif réchauffe bien la salle et induit une atmosphère festive. Il y a une belle évolution sur le plan de l’agressivité entre leurs premières et leurs dernières pièces. Lors de l’annonce du morceau final, le public pousse des huées pour signifier qu’il en prendrait encore plus et cela plaît définitivement aux musiciens qui remercient le public en mentionnant qu’eux aussi aurait aimé disposer de plus de temps sur scène. À une prochaine fois!

Petit entracte d’une vingtaine de minutes, juste assez long pour faire tout ce qu’il y a à faire pendant un entracte (aller voir les tables de merch et acheter un petit quelque chose, fumer une cigarette à l’extérieur, se procurer une autre bière, etc.). De retour à mon siège, je me rends compte que mon ami s’entretient avec un gars arborant un chandail du club de hockey olympique finnois. C’était un Finlandais qui en était à sa première session d’études à Montréal et il était bien content de pouvoir apprécier de la musique de chez lui ici au Métropolis.

Soudainement, nous sommes plongés dans une noirceur totale qui se fait progressivement déchirer par des raies bleutées. Ça donne un effet visuel assez intéressant. Ayant assisté au show de Death Angel lors de leur tournée précédente à l’automne, je peux dire que je savais un peu à quoi m’attendre et c’est exactement ce qui s’est produit. Beaucoup, beaucoup d’énergie pour ce groupe de thrash metal qui perdure depuis maintenant plus de 20 ans. J’ai l’impression d’entendre du Metallica version death metal à certains égards. Certains morceaux sont plus typiquement thrash des années 80 et d’autres sonnent plus contemporain. C’est assez intéressant et surtout très puissant. Les headbangers sont plus nombreux et le moshpit beaucoup plus considérable, sans compter les nombreux bodysurfers.

Deux faits à noter qui ne concernent pas directement les groupes. Premièrement, le public semble unique en son genre. Je dis cela dans la mesure où je n’ai jamais vu un moshpit aussi uniforme, étendu et constant (ce sera encore plus évident lors de la prestation de COB). C’était beau à voir et d’en haut. Ça semblait particulièrement joyeux et pacifique. En second lieu, les gars qui faisaient la sécurité à l’avant-scène ont changé radicalement d’attitude entre leurs premières interventions et les suivantes. Je ne sais pas s’ils ont reçu une consigne différente à un moment particulier mais pour les premiers bodysurfers, l’expérience n’a pas semblé être agréable. Les bouncers rejetaient littéralement les bodysurfers dans la foule avec une violence hors du commun qui avaient pour conséquence ultime que la personne s’écrasait littéralement au sol entraînant avec elle les gens autour. Un ou deux morceaux plus tard, les bouncers font ce qu’ils sont censés faire, c’est-à-dire protéger les gens en les attrapant lorsqu’ils arrivent à l’avant-scène pour ensuite les déposer dans l’espace média afin qu’ils puissent rejoindre la foule à nouveau par les espaces latéraux de la salle.
Même si j’avais assisté à un show de thrash metal des 80s pas plus loin qu’il y a deux semaines avec l’hommage à Megadeth par Hangar of Deth, je n’étais pas saturé. Particulièrement lors des derniers morceaux de Death Angel, à partir du moment qu’ils ont annoncé jouer une chanson de leur premier album, Ultra Violence, j’ai headbangé automatiquement jusqu’à la fin de leur set. Je n’étais pas seul à être entraîné par la puissance de leur musique et de leurs mélodies parce que la foule était tout simplement endiablée! En moyenne 2 à 3 bodysurfers à la fois sans compter des circlepits qui se formaient tout à fait spontanément sans que le frontman n’ait à dire quoi que ce soit au public. Manifestement, les membres de Death Angel étaient très content de la réaction des fans et n’a cessé d’encenser Montréal pour le dévouement des adeptes de musique lourde. Entre deux morceaux, ils ont été jusqu’à dire qu’ils aimaient beaucoup venir jouer ici parce qu’ils trouvent que les fans vont voir les concerts pour les bonnes raisons, à savoir encourager la musique en tant qu’art. C’était le cas hier soir, les musiciens l’ont senti et c’était très agréable de voir et de feeler un tel public. (C’est différent par exemple quand on sent que parmi le public, plusieurs personnes ont des enjeux personnels d’égo, de pouvoir ou autre.)

Déjà le dernier entracte de la soirée, même routine habituelle et retour à mon siège. Définitivement, tout le monde semble apprécier la soirée si je me fie aux sourires et commentaires que les gens échangent entre eux. Je partage totalement leur avis! Il ne reste plus qu’à attendre que COB monte sur scène et évidemment, ils vont se laisser désirer pendant un certain nombre de minutes question de faire monter la tension positive d’un cran.

À 22h00 tapant, l’introduction (exhaustive) de Sixpounder commence, ce qui vivifie encore plus le public déjà enflammé. Ce choix de morceau pour ouvrir leur prestation est intéressant et poursuit dans la veine heavy que Death Angel avait déjà bien entamée. Les jeux de lumière sont exquis et bien faits et cela rajoute une belle touche esthétique à l’ensemble de la prestation. COB enchaîne immédiatement avec Living Dead Beat, classique morceau d’ouverture sur l’album Are You Dead Yet. Par la suite, Alexi salue le public et lui fait part de sa joie d’être de nouveau à Montréal. Sans perdre de temps, Bodom Beach Terror nous est balancée en pleine gueule et ça sonne comme une tonne de briques. Chacun de leur morceau a d’ailleurs sonné comme une tonne de briques ce soir. Définitivement, COB ont bien rodé ce show et ils étaient très bien préparés.

Le morceau qui suit Bodom Beach Terror est Halo of Blood, de l’album du même nom. Morceau qui marque et se démarque par des blastbeats comme on en n’entendait guère sur les derniers albums du groupe finnois. Ensuite, on reste sur le même album avec Scream for Silence, morceau qui rappelle à certains égards Every Time I Die de par ses mélodies et son rythme un peu plus lent. Après cette pièce, Laiho donne de l’amour verbal aux nombreux fans présents et bien qu’il s’assagisse avec le temps, il ne semble pas avoir moins de plaisir à jouer de la musique devant une foule dévouée et participative. Pendant ces paroles empreintes de générosité, Janne Warman (claviériste) nous entonne un petit air mélodique qui rappelle la toune cachée sur Something Wild, à la fin de Touch Like Angel of Death. Ou peut-être est-ce que je confonds avec l’introduction sur Tokyo Warhearts? Allez savoir… ma mémoire fait défaut!

Après ce petit partage d’amour, quoi de mieux que poursuivre avec la pièce Hate Crew Death Roll qui enflamme immédiatement la crowd et qui donne lieu au plus gros moshpit de la soirée. Lake Bodom et Follow The Reaper sont les deux pièces suivantes et il faut être drôlement insensible à ce point-ci pour ne pas être en transe… La transe terminée, on retourne à Halo of Blood avec probablement la pièce la plus dépressive et lente que COB a pu composer jusqu’à aujourd’hui: Dead Man’s Hand On You. Le clash avec le reste de leur répertoire est considérable. Je dois m’avouer encore mitigé face à cette pièce. Je me résigne à l’apprécier pour ce qu’elle est et à me dire qu’elle a sans doute sa raison d’être. Comme pour nous réveiller immédiatement après, COB nous interprète Are You Dead Yet? avec un aplomb certain. Tous les albums y sont passés à l’exception de deux: Hatebreeder et Blooddrunk. C’est donc au tour de la pièce Blooddrunk de se faire entendre. Les changements de guitares et les ajustements techniques ont fait en sorte qu’on retrouve exactement le son de chaque album, sans que nous soyons contraints d’attendre de façon déraisonnable. Je pense qu’il devait y avoir au minimum 6 guitares à « tuner » avant le début de leur performance…

Autre petit moment où le rythme ralentit avec la pièce Angels Don’t Kill. C’est après ce morceau que Henkka nous a entretenus de son amour pour Montréal dans un français plus que respectable. La chanson suivante me surprend car elle n’avait pas été jouée depuis belle lurette: Towards Dead End, chanson culte de l’album Hatebreeder qui a été éclipsée au cours des dernières années par Silent Night, Bodom Night. L’incontournable Hate Me suit et le spectacle se termine avec Downfall, ce qui est assez usuel dans un show de COB. Je m’attendais à ce que le rappel soit par conséquent Silent Night, Bodom Night mais j’ai été encore une fois surpris et c’était In Your Face. Effectivement, c’était dans ma face et ils ont donc choisi de ne pas jouer le morceau dont on peut affirmer sans trop se tromper qu’il a fait leur renommée internationale.

En somme, la performance de COB était solide à plusieurs égards. Musicalement et techniquement, j’ai vu des musiciens en pleine possession de leurs moyens. Contrairement à leurs débuts où ils pouvaient et se permettaient des erreurs flagrantes parce que ce qu’ils jouaient était nouveau pour tout le monde, ils ont trimé dur et peuvent maintenant rendre de façon pratiquement impeccable chacune de leur pièce, tout album confondu. C’est tout à leur honneur!

Petit merci spécial à Jess et Pat qui ont gardé ma place pendant les entractes, ce qui m’a permis de m’adonner à mon vice tabagique tout en étant assuré de conserver la place que j’avais méritée grâce à l’heure et demie d’attente au froid…

Dr Light

Compte-Rendu du 70 000 Tons of Metal – Part III

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Compte Rendu du 70 000 tons of Metal 2014 – partie 3

 

Voici la troisième partie de mon compte rendu sur le 70,000 Tons of Metal 2014. La première partie est disponible ici et la seconde partie en suivant ce lien.

 

Mercredi : Jour 3 : Pas le temps pour une siesta!

 

Déjà à mi-chemin de ce périple, et aujourd’hui nous étions supposés accoster au quai de Costa Maya au Mexique vers les 8h du matin, mais à 9h du matin, toujours aucun quai en vue. Le soleil tapait relativement fort aux abords de la piscine alors que je discutais avec un compatriote de la situation pour apprendre que nous n’arriverions pas avant midi. Si seulement, j’avais su, j’aurais sûrement fait la grasse matinée, car les occasions de dormir étaient plutôt rares et tous les spectacles et boutiques à bord avaient interrompu leurs activités pour le temps de notre escale.

Finalement, l’heure du débarquement avait sonné et il était temps de faire la file pour profiter des quelques 4 heures restantes sous le chaud soleil du Mexique. Pas grand-chose à faire ici à part visiter des ruines à la hâte, se faire harceler par les vendeurs qui veulent notre argent ou se baigner dans la piscine d’eau salée. Franchement, j’aurais aimé une autre destination, mais c’était Costa Maya qui avait gagné le vote, principalement dû à la quantité d’habitués des croisières qui voulaient voir du nouveau.

Après une petite saucette rafraîchissante dans la piscine, j’ai réussi tant bien que mal à compléter mes emplettes de babioles en souvenir de mon passage, et avant de perdre ma patience et ma bonne humeur envers les vendeurs exaspérants, j’ai décidé que j’en avais assez et que je pouvais aussi bien profiter de ce même soleil à bord du bateau où c’était beaucoup plus calme. D’ailleurs, c’était aussi le moment idéal pour jeter un coup d’œil à l’exposition de notre illustrateur vedette Nick Micho, alors que le kiosque de marchandises était fermé et qu’il n’y avait pas une longue file de gens pour entraver ma vue comme la veille.

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Vers 16h30, je suis allé manger avant le début des spectacles de la soirée. Comme tous les groupes avaient déjà passé une fois, c’était l’occasion de voir ceux dont j’avais raté la première prestation ou revoir mes favoris. Le premier groupe à débuter cette troisième journée était la jeune formation écossaise de Power Metal nommée Gloryhammer, second groupe du frontman de Alestorm, Christopher Bowes, qui est beaucoup plus discret dans son rôle de Zargothrax, sombre sorcier claviériste. Sans doute comme plusieurs d’entre nous ayant manqué le premier spectacle de Gloryhammer qui avait joué sur le Pool Deck à 4 heures du matin le lundi, je n’avais pas l’intention de rater ce second rendez-vous dans le Spectrum Lodge bondé d’une foule de gens très festifs et parfois costumés, brandissant en l’air, épées de mousse et têtes de licornes! Si certains trouvaient qu’il manquait de groupes Power à bord, au moins on avait droit à de la qualité. C’était le cas de Gloryhammer qui nous a démontré un talent fou à caricaturer les aspects les plus fantaisistes du genre, principalement Thomas Winkler qui cache un impressionnant vocal sous ses airs de nerd maigrichon en armure. Comme le groupe n’a qu’un seul album, nous avons eu droit à presque la totalité des pièces de Tales from the Kingdom of Fife, entrecoupée par une excellente interaction parsemée d’humour avec le public qui avait beaucoup de plaisir!

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Ensuite, alors que nous semblions toujours amarrés au quai de Costa Maya, je suis passé de la légèreté du joyeux Power Metal de Gloryhammer à la lourdeur de la deuxième prestation de Obituary en direct du Pool Deck! Les dieux Mayas ne devaient pas en croire leurs oreilles alors qu’ils se faisaient littéralement marcher sur la face avec Redneck Stomp! Après avoir enchainé quelques classiques tels que; Intoxicated, Immortal Visions et Body Bag, Obituary nous a offert 2 nouvelles pièces inédites avant de continuer avec d’autres pièces de Cause of Death et The End Complete pour terminer avec une autre nouvelle pièce, ainsi que I’m in Pain et Slowly we Rot! C’était encore une fois vraiment très intense!

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À peine remis de mes émotions, je me suis dirigé vers le Chorus Line Theater, où Cynic venait tout juste de commencer à jouer. Une fusion de jazz et de death progressif? Si, je n’étais pas prêt pour cela il y a 20 ans lors de la sortie de Focus, j’avais tout de même apprécié leur spectacle à Québec en 1994 lorsqu’ils étaient de la tournée de Cannibal Corpse et Sinister. Mais, aujourd’hui, ces virtuoses m’ont un peu perdu dans leur délire technique. Pour dire la vérité, dans le genre je préfère de loin Atheist que j’avais pu admirer à deux reprises lors de ma croisière précédente, et après seulement 3 pièces, j’en ai conclu que je n’étais pas tellement dans le mood pour autant de complexité. Désolé Cynic, on se reverra lors du prochain set de Death DTA!

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Tout compte fait, j’étais peut-être dû pour une seconde dose de Satyricon, mais en attendant le début de leur spectacle sur le Pool Deck, je devais faire quelques achats à la boutique souvenir puisque c’était vraisemblablement la dernière fois que je mettais les pieds à bord du Majesty of the seas. En effet, dès l’an prochain, le festival du 70,000 Tons of Metal se tiendra dans un nouveau bateau qui sera plus gros. Reste à savoir si le festival gardera son nom intact ou sera mis à jour en conséquence. Maintenant, prêt pour la suite des événements, un second spectacle de Satyricon en autant de soir, et un setlist assez prévisible, voire pratiquement identique à celui de la veille, mais peu importe le choix des titres ici, une chose est certaine, à l’exception de Mother North, Satyricon est clairement meilleur live que sur album…

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Après un lunch sur le pouce, je me suis dirigé du côté du Spectrum Lodge pour voir Massacre, un autre groupe death metal old school qui fut ajouté in extremis à ce merveilleux line-up de 2014. Dès le début de ce spectacle, j’ai eu une étrange impression de déjà-vu puisque le groupe était présent lors de ma précédente croisière en 2012 alors qu’il venait à peine de se reformer. Mais cette fois-ci, il présentait avant tout le fruit de leur récent labeur, soit des pièces de son nouvel album intitulé Back from Beyond qui doit sortir très bientôt. Bien évidemment, nous avons également eu droit à quelques classiques de From Beyond. Comme plusieurs d’entre nous, j’aurais bien aimé que Terry Butler et Rick Rozz participent activement à l’hommage Death DTA, mais il semblerait que le temps leur a manqué pour envisager un tel scénario. C’est dommage, peut-être une prochaine fois!

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Vers 23h je sentais déjà la fatigue d’une autre longue journée m’envahir, mais je devais résister au moins pour le spectacle suivant qui était le deuxième set de Carcass. Rien de mieux que de l’air frais du Pool Deck et la musique de ces légendes pour me garder éveillé au moins pour les prochains 2 heures! Pour ce qui est de ce set, on a eu droit à quelque chose d’un peu différent, notamment dans l’ordre des pièces jouées mais aussi quelques surprises comme The Pursuit of Vikings de Amon Amarth en guise d’introduction à Rupture in Purulence/Heartwork. Mais ce n’est pas tant le spectacle de Carcass qui était incroyable ici, comme les possibilités qu’offrent le Pool Deck Stage à ses spectateurs!  À ma connaissance, nul autre stage ne donne la chance de voir un spectacle avec autant de points de vue de la scène, que ce soit la vue classique devant le stage ou au bord de la piscine, au deuxième étage sur les côtés ou même carrément derrière le stage, ou encore plus rare, au troisième étage derrière le stage avec une vue en plongée, confortablement étendu sur une chaise longue! C’est d’ailleurs de cette façon que j’ai terminé le spectacle de Carcass et du même coup cette autre soirée féérique, visiblement épuisé par le soleil du Mexique de l’après-midi et le manque flagrant de sommeil des 2 derniers jours.

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Comme je ne voulais pas être une des victimes de vilains photographes qui avaient un malin plaisir à prendre en défaut tous ceux qui osaient fermer l’œil durant l’un de ces concerts, j’ai choisi de retraiter vers ma cabine et m’abstenir de participer ne serait-ce que passivement au spectacle de Dark Tranquillity qui allait débuter dans le Chorus Line Theater. Mon plus grand regret ici fut possiblement d’avoir également raté ma deuxième chance de voir Cripper qui ont, semble-t-il, donné un excellent show sur le Pool Deck Stage à 1h30 am. Cripper avait donné son premier spectacle la veille alors que j’assistais à Satyricon. Si seulement j’avais mieux planifié mon horaire, mais dans le feu de l’action, les imprévus abondent et cette journée tout entière fut remplie de ce genre d’imprévus.

À suivre…

Luc St-Laurent

Résumé de la journée:

  • Gloryhammer
  • Obituary
  • Cynic (3 pièces)
  • Satyricon
  • Massacre
  • Carcass

 

Critique d’Album: Vociferian – « Iscariot Gospel »

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Vociferian

« Iscariot Gospel »

VOCI Records

2013

 

Since their inception in 1998, France’s VOCIFERIAN has released four albums of unrelenting Black Metal that would have any devotee salivating at their unholiness! After relocating to Belgium, fans can finally enjoy a compilation including a split with now fellow countrymen, GOATHOLOCAUST and all three mini-albums in one package!

Coming off the collaboration with the Belgians in Maître Bouc, VOCIFERIAN firmly display its penchant for unhinged, dirty sounding Black Metal with an uncompromising attitude. The « old school » sound/musical direction is clearly heard on Mother Regression which segues into more chaotic territory in Piss Stained Shroud. Unpolished and militant, the song exudes an evil propelled by the vocal styling of sole member, Lord Genocide, whose guttural growl contrasts the rasp of most modern-day Black Metal vocalists. A straight ahead assault is characteristic of most of the songs, save for Pride of the Unholy Path, a slow moving and sinister piece before moving into a familiar frenzy; foreshadowing material to come.

Enter 2005 and Universal Hate Decades Ultimatum sees Lord Genocide clearly on his game, releasing a better, crisper sounding ep with songs such as « May the Holocaust Appease Thy God and Angelskeletons Cathedrals which draws similarities to Norways, AETERNUS, especially after a production overhaul. In addition, the album displays a more focused direction in song writing and sees some thinking « outside the box », particularly on Esse Dyoboli et Infecta et Inficiencia Annimas, the final cut and clear highlight!

2009’s On Angelbones Blood Altarized, VOCIFERIAN pulls out all the stops and unleashes all out war in a blistering barrage of blasting chaos that straddles the line between Black and Death Metal. Vicious Baptism in Exaltation of Bestiality perfectly demonstrates this juxtaposition. Continuing the deepest of vocal snares, Lord Genocide pens songs of a much shorter length; getting in and getting out with little in the way of finesse or relief as heard on Sadolocaust Ejaskullation Ritual, a cut seething with deliberate mayhem! What is noticeable about this EP compared to earlier efforts are the guitar riffs which are well crafted and purposeful. If there is one sole criticism here, it’s the overall similarity of the songs themselves. Consisting of mainly blast beats and furious riffing, the EP comes and goes with no real highs or lows. The variation of Universal Hate  Decades Ultimatum is utterly void here as VOCIFERIAN decimates without letting go of the gas, a characteristic heard again on last year’s Horns of Armageddon EP as well.

Ultimately, VOCIFERIAN’s legacy will be one of uncompromising Blackened Death Metal, rife with venom and bitterly unforgiving. Beginning with humble beginnings, Lord Genocide has steadily released some harrowing collections and as time has passed, fans are greeted with more and more precise song writing and concise execution! For fans wanting to explore the journey this man has made since the 2000 demo, Preludium to Massacre, this compilation is great listening; a fascinating listen and one that foresees much more to come!

Standout Tracks: Devotional Crusade ov Exkommunication, Nuclearfrost Strike, Part II, Esse Dyoboli et Infecta et Inficiencia Annimas, Seraphinslaves Anal-Hellxecution, Panzerphomet (bonus track to be included in a 4-way split later this year)

8/10

Chris

 

Critique d’Album: Upon Your Grave – « Eponym »

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Upon Your Grave

« Eponym« 

2013

 

Crooked
Poisoning
Vicious
Tune
Cleansing machine
Not enough
Allowed
My obsession
Life simulator
Death’s only a beginning
Bonus track: Haunting of the beast

 

Les débuts de Upon Your Grave prennent forme en 2009 dans les arrondissements de Québec et Lévis, comportant plusieurs line-up, en cours de route, jusqu’à celui d’aujourd’hui constitué de Jordan Jolicoeur (voix), Alex Grave (guitare), Sim Diamond (lead guitar), Marc Thériault (basse) qui ne semble pas avoir fait partie de la production de Eponym, et Manuel Allaire‑Durand (drums). Le premier matériel de la formation apparait en 2011 avec un single appelé Haunting Of The Beast suivi d’une autre réalisation sortie en Juin 2012, un démo contenant 6 chansons, Artistic Freedom. Avec le temps et les réalisations précédentes, on comprend que Upon Your Grave nage dans les profonds bassins du death metal à la tendance mélodique, accompagné d’un soupçon de thrash. Une formation pour laquelle l’emploi du terme « metalcore » colle plus ou moins. On s’éloigne pertinemment du son appartenant aux bands metalcore de la période fin 90/début 2000 (exemple: Earth Crisis, All Out War, Unearth, Zao, Bleeding Through et j’en passe.)

L’expérience du groupe, acquise au fil du temps, est mise de l’avant dans Eponym, sorti en décembre 2013. Avec une forte collaboration et réalisation complète par Antoine Baril (Hemisphere Studio), Eponym donne accès à un énorme buffet de epic guitar, solo bien garni, accompagné de rythme franc, de quoi conquérir les fans de: Children of Bodom, In Flames et Trivium.

L’album démarre dans une ambiance de carrousel épeurant, suivi de Poisoning qui ouvre le bal et donne le ton à l’album. On se rive le nez à une entrée luxueuse pour démarrer Cleansing Machine. On continue dans le buffet pour retrouver aussi un doux et soyeux cleanpart dans My Obsession; agréable moment pour les oreilles. L’alternance des voix surgit tout au long de l’album, ce qui assaisonne l’ensemble. La digestion de tout ce buffet se complique cependant dans la partie des lyrics et des voix: on perd aisément et à répétition les lyrics pendant les high vocal screams de Jordan. Curieusement le pitch ou la couleur choisie des voix sur la réalisation ne correspondent pas à ce que j’ai entendu au lancement, à l’exception du vocal plus rauque. Est-ce une recherche de style particulier? Peut-être!

Alors, pour les curieux, Eponym est disponible via Bandcamp aux coût de seulement 8$. Il est également possible de rejoindre le band via facebook. La chanson Poisoining est disponible également sur Youtube et offerte sur le lecteur Bandcamp ci-dessous.

 

Note globale : 7 / 10

Miguel