Je plaide coupable pour le retard considérable avec lequel je vous présente cette escapade qui date déjà du 31 janvier 2014. J’ai été particulièrement occupé tout au long de la semaine dernière et le fait d’avoir eu à couvrir deux spectacles en deux soirs n’a certainement pas contribué à m’ajouter des temps libres. Il suffit de se rappeler que “mieux vaut tard que jamais!”, bon (mauvais) vieux dicton usé jusqu’à la moelle.

Petite particularité de l’escapade de ce soir: je suis accompagné par un suisse-allemand en provenance de Toronto (il y fait une session d’études) venu passer le week-end à Montréal pour y découvrir les attraits touristiques de notre charmante métropole. C’est une personne que nous avions rencontrée à l’auberge jeunesse lors de l’escapade à Toronto. Nul doute cependant sur le fait que ce gentilhomme à l’accent germanique soit familier avec le metal; lorsque je lui ai montré un extrait vidéo d’un spectacle, il s’est rapidement tourné vers moi lorsque le moshpit s’est animé pour me demander l’air un peu anxieux: “Are they fighting?“. “No, they are dancing.” que je m’empressai de répondre, sourire en coin.

 

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Après deux rhum’n’coke bien savoureux et un shot de Jagermeister, nous nous dirigeons vers le Café Chaos pour aller voir et entendre l’hommage à Megadeth par Hangar of Deth, avec Fatality, Leather Up Your Ass et Open Your Mind en première partie. J’apprends que c’est la toute dernière soirée où le premier étage du Café Chaos sera ouvert. Je me prépare donc à faire mon deuil en amenant mon comparse vers les machines à Jagermeister question d’être bien réchauffés pour une soirée de thrash metal digne des années 80s.

Le public est somme toute assez restreint pour le début de la prestation de Open Your Mind. Ces jeunes au talent incroyable ont la fougue, l’énergie et l’insouciance de l’adolescence avec la volonté sans limite typique des jeunes adultes. On ne peut qu’entrevoir un avenir prometteur lorsqu’on les voit à l’œuvre. Je dois toujours me rappeler qu’ils “commencent”. Dans les faits, ils sont déjà très professionnels. Leur thrash metal se complexifie de plus en plus et j’apprécie beaucoup. La petite passe funk dans un de leur morceau était plus que bienvenue, sans omettre qu’elle était très bien exécutée. Thumbs up!

J’aime bien aussi leur humour spontané entre les différentes pièces qui ne laisse guère le spectateur dans un silence malaisant. Seule ombre au tableau, si c’en est une: le fait que Vincent (le drummer) nous ait encore fait le coup du fusil à eau. Lorsqu’il fait 30 degrés Celsius et plus à l’intérieur d’une salle, je n’ai absolument rien contre, mais lorsque nous sommes en hiver et que la foule n’est pas le moindrement dense, c’est peut-être un peu déplacé. Mais c’est mon côté vieux grincheux qui dit cela. C’était loin d’être dramatique. Au fond, j’espérais peut-être quelque chose de nouveau mais dans la même veine. C’est-à-dire que le fait qu’un batteur sorte de manière inattendue de derrière ses percussions pour venir faire quelque chose à l’avant de la scène est un créneau tout à fait intéressant mais déjà exploité par Reanimator. Il suffit de continuer d’y travailler. Parce que cela dit, ce drummer exubérant est incroyablement vivant derrière son instrument. Somme toute, ce groupe gagne définitivement à être connu (c’est aussi pourquoi je lui ai consacré un temps considérable sur la vidéo qui accompagne cette escapade…).

Petit entracte, petite clope et je m’enquiers de l’appréciation du spectacle de la part de mon comparse néophyte. Jusqu’à maintenant, tout baigne. Certes, il n’est pas habitué à ce genre de musique, mais il sait apprécier le talent à l’état brut. J’ai déjà hâte d’entendre la suite.

Leather Up Your Ass monte sur scène et entame sa performance avec Bark At The Moon de Ozzy. Nul besoin de spécifier que le public embarque tout à fait spontanément au son de ce classique. Ils enchaînent avec d’autres classiques, notamment de Anthrax, Iron Maiden et Metallica, pour ne citer qu’eux et ils les rendent avec une justesse certaine. De mon point de vue, les pièces sont jouées généralement plus rapidement que les originales et ça donne un bon feeling live. Toutefois, je m’attendais à un peu plus de cuir pour un groupe dont le nom est Leather Up Your Ass. Oui, le chanteur a des “leather spiked gloves” puis une “leather vest“, mais je ne sais pas, je m’attendais à plus côté “costume” du genre une ou deux paires de pants. C’est quand même Leather Up Your Ass… Mais enfin, détail! La prestation est efficace et les fans offrent une réponse plus que respectable si je me fie aux moshpits déjà présents pour ce deuxième groupe. Mention honorable au chanteur qui possède un spectre vocal capable d’aller chercher des tonalités intéressantes en plus d’être bien modulée sur le rythme, notamment pendant Got The Time de Anthrax, pièce aux forts accents punk.

Au deuxième entracte, j’en profite pour aller prendre l’air et apprécier une température plutôt clémente en cette fin janvier. Je me demande ce que les Torontois de Fatality nous réservent compte tenu que je n’ai écouté absolument aucun extrait préalablement à cette soirée. Mon attente consiste grosso modo à du thrash metal style années 80.

Right on! Difficile de s’attendre à autre chose dans une soirée dont le thème est “Trashed or be trashed!”…  Toujours est-il que Fatality nous servent un thrash metal bien construit, de leur cru, et avec brio. J’ai l’impression d’entendre un amalgame du “Big Four” (Slayer, Megadeth, Anthrax et Metallica) dans pratiquement chaque pièce. Ils sont énergiques à souhait et le public leur rend bien. Et quand je dis énergique, le chanteur à lui-seul illustre mon propos en sautillant et dansant presque sans arrêt tout au long de leur performance. Côté musical, comme je l’ai dit précédemment, c’est du bon vieux thrash metal bien exécuté. Solos qui s’enchaînent, rythmes de batteries très rapides et envoûtants, riffs de basse et de guitares accrocheurs.

Tout ce que je peux dire de négatif à ce point-ci du spectacle, et je crois que ça s’applique au thrash metal en général, c’est qu’il apparaît de plus en plus difficile d’innover tellement ce style a été couvert par un nombre incalculable de groupes. Petit clin d’oeil à Open Your Mind qui tentent ici et là d’ajouter des touches provenant d’autres styles de musique dans leurs compositions, ce qui ajoutent considérablement à mes yeux au potentiel de ce jeune quatuor.

Dernier entracte, la bière coule à flot, d’autres petits shots de Jager, et je me retrouve dans un état passablement éthylique pour apprécier la prestation de Hangar of Deth. Si je me fie aux dires de Lex, qui s’est pointé à peu près pour le début de Hangar of Deth, j’étais relativement peu réceptif au dialogue. En d’autres termes, j’étais dans un état d’ivresse focalisé sur mon monde intérieur plutôt que sur le monde extérieur. Bon, assez digressé.

Voici donc que l’hommage à Megadeth se met en place et commence avec en guise d’introduction un morceau de classique qui me fait penser à Toccata et Fugue de Jean Sébastien Bach (mais ce n’est pas exactement cela il me semble…). Musicalement, Hangar of Deth est assez impeccable, si ce n’est de la fin abrupte et imprévue de Take No Prisoner. Il faut dire que le chanteur, qui est aussi le fils de Bruno Pelletier selon ce qu’on m’a dit, possède un talent naturel pour la musique. Ses comparses sont tout aussi efficaces. Esthétiquement, il y a définitivement moins d’énergie sur scène que lors de la prestation précédente. Même si je dois avouer que de jouer du Megadeth n’est pas nécessairement une mince tâche en soi, il reste que j’aime quand ça bouge davantage sur scène… À noter que ce commentaire est issu de mon visionnement de l’enregistrement vidéo car au cours de la soirée elle-même, je n’avais absolument pas remarqué ce manque de dynamisme alors pas de souci.

Je ne pourrais vous énumérer le titre des pièces qui ont été jouées car je n’ai pas écouté Megadeth à outrance dans le passé. D’un autre côté, je peux vous dire que j’étais satisfait du spectacle auquel j’assistais. Il y avait une belle énergie et c’était festif à souhait, typique d’une bonne vieille soirée thrash.

En terminant, remerciement à Xtrem Prods pour l’accès et la tenue de l’événement, ainsi qu’à tous les musiciens de Hangar of Deth, Fatality, Leather Up Your Ass et Open Your Mind. Cheers! Ah oui! La vidéo juste ici-bas.

Dr Light