Voici la deuxième partie de mon compte rendu sur le 70,000 Tons of Metal 2014, un texte épique pour une journée qui l’a été tout autant! La première partie est disponible en suivant ce lien.
Mardi : Jour 2 : Une journée épique
C’est après seulement 4 heures de sommeil que je me suis levé et que j’ai commencé à me préparer pour ce qui se promettait d’être la journée la plus chargée du festival. Après une bonne douche, je suis sorti de ma cabine pour aller déjeuner. C’est alors que j’ai pu constater que le kiosque de marchandises était ouvert depuis 8h du matin. Avec une file interminable et un temps d’attente estimé à environ 3 heures, le kiosque de marchandises demeure un des irritants qui aurait besoin de quelques ajustements pour améliorer sa fluidité. Pour ma part, j’ai décidé de ne pas perdre mon temps là et d’attendre plus tard en journée en espérant trouver un trou assez grand entre 2 spectacles pour ne rien manquer de l’action sur scène de mes groupes favoris.
Donc, rendez-vous au 11e étage pour un copieux déjeuner de fruits, brioches, bacon et café à volonté! Après avoir repris des forces, il était temps de se diriger vers le premier spectacle de la journée. Le trio Terrorizer, qui fut un ajout tellement de dernière minute que son nom n’apparaît même pas sur les t-shirts officiels du festival. Rien de mieux que du Death/grind à 12h15 pour se remettre les idées en place et effacer les restants de fatigue de la veille! Composé de Sam Molina à la basse et vocal, Lee Harrisson à la guitare (batteur de Monstrosity) et Pete Sandoval à la batterie (ex-Morbid Angel), le trio qui jouait parfois des pièces d’une extrême rapidité avec une facilité assez déconcertante, n’a pas cessé de me surprendre. Terrorizer a donné un bon spectacle dans son genre, enfin c’était bien meilleur que du Napalm Death.
De retour dans le hall du bateau, la file du kiosque de marchandise ayant passablement raccourci, et disposant d’environ 1h15 avant le début de Keep of Kalessin, j’ai tenté ma chance pour me procurer quelques t-shirts inédits. Malheureusement, après plus d’une heure d’attente, je n’ai pas pu mettre la main sur l’édition spéciale de Carcass qui était déjà sold-out, mais je me suis consolé avec l’édition spéciale du groupe m’ayant le plus impressionné depuis le début, Obituary. J’ai également ramassé mon t-shirt de Survivor 2014.
Ensuite, il n’y avait pas une seconde à perdre, car Keep of Kalessin avait déjà débuté son premier set dans le Spectrum Lodge. Le groupe Norvégien qui n’est plus qu’un trio, comptait un autre absent dans ses rangs, car Vyl ne pouvait être présent et a dû se faire remplacer par un jeune batteur de 20 ans nommé Sondre Drangsland. Néanmoins, la qualité du spectacle ne fut que très peu affecté par cet imprévu. Le groupe a mis l’emphase sur leur dernier album Reptilian, sorti il y a déjà 4 ans avec les pièces, Judgement, The Awakening, The Divine Land et Dark as Moonless Night, sans oublier Ascendant et Kolossus de l’album précédent. Le groupe s’est également permis de promouvoir son nouvel album qui sortira en avril prochain en jouant Introspection, le premier extrait de celui-ci. Un autre bon spectacle ici, quoique j’ai personnellement préféré leur deuxième prestation durant le jour 4.
Toujours dans le petit Spectrum Lodge, D.R.I. était le prochain groupe sur mon horaire de la journée, et c’était possiblement celui que j’avais le plus hâte de voir avec Carcass. Après 20 ans d’attente, je n’avais que peu d’espoir de voir un jour D.R.I. en spectacle puisque ceux-ci ne peuvent plus franchir la frontière canadienne pour une raison qui m’échappe. Ma patience fut récompensée par un des meilleurs, si ce n’est pas le meilleur spectacle de tout le 70,000 tons of Metal 2014! Les gars étaient tous dans une forme phénoménale, même que le guitariste Spike Cassidy qui serait toujours atteint d’un cancer ne faisait pas ses 52 ans! Harald Oimoen, le bassiste est un humoriste-né, le genre à dire « hey man, this cruise is awesome, it’s the first time I got drunk twice in the same day! » et que dire de la voix particulière de Kurt Bretch qui est tout à fait identique à celle qu’on peut entendre sur les albums studio. Mais, il n’y a rien d’étonnant en fait, car D.R.I. est certes de la vieille école, et à la base un groupe punk avec un peu plus de talents que la moyenne qui s’est développé en thrash métal avec le temps, mais cette mentalité de garder les choses simples et vraies est restée et c’est tant mieux! Même si D.R.I. n’a pas sorti de nouvel album studio depuis Full Speed Ahead en 1995, le groupe est toujours aussi tight! Et pour ce set comme pour le deuxième, j’ai eu droit à une panoplie de classiques qui ont bercé mon adolescence tels que; Thrashard, Acid Rain, Beneath the Wheel, Couch Slouch, I don’t Need Society, Who Am I?, Abduction, Suit and Tie Guy, Five Years Plan et quelques autres. À vouloir faire mon chialeux, j’en aurais aimé un peu plus de l’album Crossover, mais c’était déjà excellent!
Avec quelques douleurs cervicales et visiblement encore sous le choc de ce que je venais de vivre avec D.R.I., c’est donc assis confortablement sur une banquette du chorus line theater que j’ai commencé à regarder Septic Flesh nous offrir une démonstration de puissance sans commune mesure! Le groupe grec en a d’ailleurs impressionné plusieurs à ce chapitre selon les commentaires que j’ai pu entendre çà et là. Avec des pièces majoritairement issues de leurs 2 derniers albums Communion et The Great Mass, Septic Flesh a non seulement réussi à combler ses fans, mais il a certainement réussi à en conquérir de nouveaux. Et personnellement, je n’ai eu d’autres choix que de me lever de mon siège et courir vers les abords de la scène pour la pièce finale Five-Pointed Star! Grandiose!
Déjà 17h30 et le temps idéal pour aller se bourrer la face et s’étendre dans son lit quelque peu avant Satyricon à 20h30. Non pas qu’il n’y avait rien d’intéressant entre-temps, Dark Tranquillity et Death Angel ont sans doute donné de bons spectacles, mais dans ce genre de festival marathon, mieux vaut choisir ses combats comme on dit, et les chances de revoir ces 2 groupes dans un avenir rapproché sont visiblement très bonnes puisque les 2 tournent souvent dans notre coin de pays.
Encore dans la torpeur de ma petite sieste de 2 heures, je suis retourné au Chorus Line juste à temps pour le début de Satyricon, un groupe qui a passablement changé depuis l’époque du magistral Nemesis Divina. Officiellement, Satyricon est un duo composé de Satyr et de Frost, mais comme Frost est interdit de séjour aux États-Unis d’Amérique pour cause d’antécédents judiciaires, c’est Dirk Verbeuren de Soilwork qui le remplaça derrière la batterie. Mais ici nous n’avions pas droit à un concert minimaliste à la Inquisition, car Satyr s’est entouré d’une horde de musiciens afin de rendre justice aux pièces de sa discographie. Donc c’est avec pas moins de six musiciens sur scène que Satyricon fit son spectacle. Un spectacle bien meilleur que ce que j’avais espéré, étant donné que j’avais décroché du groupe depuis déjà fort longtemps et que peu de pièces m’étaient familières à l’exception de Now, Diabolical, K.I.N.G. et Mother North. Malgré tout, j’ai tout de même apprécié le spectacle et je me suis surpris à taper du pied à maintes reprises.
Dès les dernières notes de K.I.NG., c’est sans perdre une seconde que je me suis précipité du côté du Pool Deck pour le spectacle de Fear Factory qui nous avait promis d’interpréter rien de moins que l’album Demanufacture dans son intégralité pour commémorer son 20e anniversaire. Bon sang que le temps passe vite! Chose promise, chose due, Demanufature 20 ans plus tard, ça sonne toujours comme une tonne de brique! Pas étonnant qu’autant de groupes s’en soient inspirés, mais personne n’arrive à la cheville de Fear Factory, parce que les maîtres du genre, ils sont « drettes » en maudit!
Peu après 22h30 et à deux pièces de la fin de Fear Factory, j’ai quitté le Pool Deck, en direction du Chorus Line, afin de m’assurer une place de choix dans la première rangée en avant pour Carcass. Une prestation à la hauteur de mes espérances, qui débuta en force avec Buried Dreams et enchaîna avec Incarnate Solvent Abuse, pour le reste du setlist, je ne me rappelle plus très bien de l’ordre exact, mais nous avons eu droit à un peu de tout, des medleys de Symphonies of Sickness et Reek of Putrefaction accompagnés d’images gore sur la Carcass TV (des écrans de projection faisant partie du décor de la scène), quelques classiques incontournables tels que; This Mortal Coil, Heartwork, Exhume to Consume et Corporal Jigsore Quandary, ainsi que quelques nouvelles pièces issues de Surgical Steel. Bien sûr, presque entre chacune des pièces Jeff Walker y est allé de quelques blagues plutôt rigolotes. Somme toute, un autre spectacle mémorable.
Une fois Carcass terminé, il me restait une heure à tuer avant le prochain et dernier spectacle incontournable prévu au programme de ma journée. Temps idéal, pour quelques pointes de pizza au Sorrento’s et un coup d’œil rapide à Haggard avec ses 13 musiciens qui jouaient sur le Pool Deck.
De retour dans le Chorus Line, il était déjà rendu 1 heure du matin, et un autre groupe que j’ai sûrement attendu 20 ans avant de voir live s’apprêtait à se produire devant mes yeux! Certes, Chuck Schuldiner n’était pas sur scène pour une raison évidente, mais le Death DTA Tour 2014 est sûrement l’incarnation du groupe la plus proche que j’aurai jamais la chance d’admirer, constitué du line-up de l’album Human, soit Steve DiGiorgio à la basse qui jouait également le rôle d’animateur, les membres de Cynic, Paul Masvidal à la guitare, Sean Reinert à la batterie et également jouant live dans Cynic, Max Phelps qui était très convaincant dans son rôle de M. Schuldiner, car non seulement, il avait la bonne intonation vocale et jouait à la perfection, mais aussi, physiquement il ressemblait quand même assez à Chuck pour y croire! Pour ce qui est du setlist, je dois avouer qu’il est difficile de faire un survol efficace de la discographie de Death en seulement 10 ou 12 titres, n’est ce pas? Néanmoins, ici ils ont réussi à captiver l’auditoire en mettant principalement l’emphase sur des pièces de Human et des albums antérieurs, tels que Leprosy et Spiritual Healing, et effleurant à peine les 3 derniers albums. On a également eu droit à un touchant hommage vidéo mettant en vedette Chuck lui-même, préalablement introduit par la pièce instrumentale Cosmic Sea et un solo de basse de DiGiorgio. De quoi faire brailler comme des fillettes tout un public de mâles venus écouter du Death Metal!
Bien entendu, vers les 2 heures du matin, il était venu le temps pour moi de tirer sur la « plogue » d’une journée bien remplie, car le lendemain matin, nous faisions une escale à Costa Maya au Mexique…
À suivre…
Luc
Résumé de la journée:
- Terrorizer
- Keep of Kalessin
- D.R.I.
- Septic Flesh
- Satyricon
- Fear Factory
- Carcass
- Death DTA












