Belphegor//Incantation//Hate @ Le Studio TD, Montréal – 21 février 2026

Voici le compte rendu de Phil Grondin lors du spectacle de Belphegor présenté par Heavy MTL, Extensive Enterprise & Evenko au Le Studio TD de Montréal le 21 février 2026 et qui mettait également à l’affiche Incantation, Hate et Narcotic Wasteland.

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Belphegor @ Studio TD

C’est un samedi soir occupé pour la Ville de Montréal alors que trois spectacles sont présentés ; soient The Offspring au Centre Bell, Arkona au Piranha Bar et Belphegor au Studio TD. Mon choix s’arrêta au profit du groupe autrichien Belphegor. Drôle de coïncidence que les deux groupes précédents (Arkona et Belphegor) font un arrêt en même temps avec leur tournée respective dans la métropole alors qu’ils étaient ensemble lors de leur dernier arrêt il y a moins d’un an au Théâtre Beanfield en avril 2025.

Tel que mentionné, Belphegor est de retour dans le cadre de la tournée « Praise the Beast 2026 » avec les formations Incantation, Hate et Narcotic Wasteland. Présenté par Extensive Enterprise et Heavy MTL, le Studio TD est la salle qui a été choisie afin de présenter le spectacle de ce soir. Sachant que leur dernier arrêt ne remonte pas plus loin qu’un an, ceci se voit être un choix judicieux. Une formule plus intime, pourquoi pas! De même, il y avait une promo « 2 pour 1 » question de booster les ventes. Le Studio TD était plein à craquer, c’est encourageant !

Narcotic Wasteland

Narcotic Wasteland ouvre le bal à 18h45 tapant. Offrant un death metal technique, les connaisseurs du genre peuvent voir que l’ancien chanteur du groupe Nile, Dallas Toler-Wade, est en pleine maîtrise de ses capacités alors qu’il est le chanteur de la formation. Après avoir quitté le groupe en 2017, il se concentre majoritairement sur son nouveau projet, Narcotic Wasteland. Composé de seulement trois musiciens, on aurait dit que Narcotic Wasteland était six musiciens sur scène afin de nous servir de la pure brutalité technique. Par contre, le son n’a pas fait justice au talent immense du groupe. Tout au long de leur performance, le son était malheureusement très mauvais. Comme on dit si bien en québécois, le technicien de son « dormait sur la switch ». Parfois, le vocal coupait, revenait, et après ça c’était la guit qui était devenue inexistante, la bass, etc.

Bref, Dallais était tout simplement en furie, et c’est comprenable. Il a même lâché un beau gros « What the fuck is going on ? » au technicien de son. Ils en ont quand même profité de nous livrer une performance brutale et juste malgré les différents problèmes de son, naviguant entre leurs deux albums : « Narcotic Wasteland »et « Delirium Tremens ». Espérons revoir le groupe prochainement avec un meilleur son et surtout, un technicien de son compétent qui ne fait pas n’importe quoi.

Hate

Hate, directement de Pologne, vient nous servir une leçon de blackened death metal, style mis en avant scène avec la venue de Belphegor. Hate devait initialement faire parti de la tournée de 2025 mais suite à des problèmes de Visa, ils ont dû annuler leur présence. Cette fois, c’est la bonne ! Ils sont bien là ! Tout comme le groupe précédent, le technicien de son dort malheureusement encore sur la switch pour les deux premières pièces. J’ai encore une fois ressenti un malaise profond, non… pas encore des problèmes de son. Par chance, le tout s’est réglé à la troisième pièce et le son était devenu impeccable pour le restant de la soirée.

Actif depuis 1991, Hate est un groupe qui vaut la peine d’être connu si vous appréciez Belphegor. Ils nous ont offert une belle performance digne de leur nom. Avec des pièces comme « The Wolf Queen » et « Iphigenia », Hate a su faire bonne impression à la foule du Studio TD. Par contre, j’ai été agréablement surpris de ne voir aucun moshpit alors que Hate semble un groupe par excellence pour partir la danse. Pas grave, ce n’est que partie remise. Bien hâte de revoir les Polonais prochainement !

Incantation

Incantation est le prochain groupe à venir s’installer. Alors qu’il était au QCDM BBQ à Trois-Rivières il y a moins d’un an en tant que tête d’affiche, la chance de voir ce groupe légendaire de New York a été un incitatif pour le spectacle et le déplacement. Ayant manqué ma chance d’aller voir leur performance au QCDM, je me réjouis en disant que je peux enfin voir Incantation et je confirme sans aucun doute que mes attentes ont été respectées sur toute la ligne. John McEntee, légendaire chanteur/guitariste en charge du groupe depuis 1989, m’a agréablement surpris. Son vocal guttural est impeccable, gras à souhait, et nous avons l’impression de voir un démon vouloir sortir de ses cordes vocales. 

John nous raconte que puisqu’ils étaient supposés venir jouer l’an passé avec Decapitated mais que malheureusement, le spectacle n’a pas eu lieu suite à un problème de leur bus de tournée, ils ont décidé de changer leur setlist ce soir. En primeur, Incantation allait nous jouer l’album « Mortal Throne of Nazarene » en entier, setlist qui était prévu initialement en 2025 mais qui n’a jamais eu lieu. Avoir cet album en entier comme compensation comparé à leur setlist traditionnelle de la tournée, pourquoi pas ? Incantation nous a tout simplement déferlé cet album du début à la fin. C’était lourd, gras, pesant. Tous les musiciens ont fait honneur à cet album légendaire d’Incantation. Simple de même, un album en tant que setlist, merci bonsoir !

La foule a répondu présent et s’est finalement réveillée alors que le moshpit a commencé et n’a cessé d’arrêter. C’était du bonbon. Chapeau d’avoir honoré le concert qui a été annulé l’an passé, un geste de grande classe.

Setlist :

  1. Demonic Incarnate
  2. Emaciated Holy Figure
  3. Iconoclasm of Catholicism
  4. Essence Ablaze
  5. Nocturnal Dominium
  6. The Ibex Moon
  7. Blissful Bloodshower
  8. Abolishment of Immaculate Serenity

Belphegor

Belphegor vient clore les hostilités après une soirée plus que mouvementée. Helmuth, chanteur et guitariste du groupe, vient nous démontrer qu’il est ici pour terminer le tout sur une note positive. Avant de rentrer sur scène, de l’encens brûle afin de mettre le ton pour Belphegor. Les musiciens sont en feu ce soir ! Leur blackened death metal vient nous rentrer dedans comme une tonne de briques et un tank.

Même si leur dernier arrêt remonte à moins de 10 mois, la foule est tout aussi en feu que la dernière fois et a répondu présent. Alternant entre les classiques comme « Lucifer Incestus » et « Stigma Diabolicum », Belphegor a su opter pour une setlist sensiblement identique à leur dernier passage. Est-ce un aspect négatif ? Totalement pas. Belphegor, c’est bon et on en redemande. Il est certain que j’aurais préféré quelques petits changements dans la setlist alors que j’aurais pris « Bondage Goat Zombie », qui est selon moi, leur meilleure pièce. Et pourquoi pas ajouter « Conjuring the Dead « ? Bref, la setlist aurait pu être différente mais ça se prend bien malgré tout. On ne change pas une formule gagnante.

Ils ont quand même joué leur dernier single en primeur, « Scarlet Beast – Leviathan », sorti justement il y a 3 jours. Très bon choix de pièce, elle est excellente et rentre au poste  en live! Helmuth, chanteur et pièce maîtresse du groupe, nous ensorcèle avec sa voix diabolique entre les blast beast du drum et les riffs endiablés des guitaristes. 

Crânes, croix inversées et allure morbide sur scène, c’est une messe satanique qui se conclut au Studio TD alors que la pièce « Belphegor – Hell’s Ambassador » termine la soirée en rappel. Le Studio TD aura alors été converti en autel satanique par ce rituel signé Belphegor. 

Setlist :

  1. The Procession
  2. Baphomet
  3. The Devil’s Son
  4. Sanctus Diaboli Confidimus
  5. The Devils
  6. Stigma Diabolicum
    7. Pactum in Aeternum
  7. Lucifer Incestus
  8. Virtus Asinaria – Prayer
  9. Scarlet Beast – Leviathan 
  10. Totentanz – Dance Macabre
  11. Belphegor – Hell’s Ambassador (rappel)


Mot de la fin

Après un départ chaotique et limite « broche à foin », le son s’est grandement amélioré au milieu de la soirée. Les quatre groupes nous ont offert des performances plus qu’à la hauteur de mes attentes. Si l’on regarde avec la promotion « 2 pour 1 » qui était là à quelques jours du spectacle, pour environ 25 $, vous avez accès à un show qui en vaut vraiment plus que ça. Je vous suggère de regarder les différents courriels ou pages Facebook d’Extensive Enterprise ou Heavy MTL, il y a parfois des promotions de dernières minutes sur différents concerts. Payer 25 $ en 2026 pour un événement de ce calibre, c’est quelque chose qui se présente rarement.

Merci à Extensive Enterprise et Heavy MTL pour le spectacle.

-Journaliste: Phil Grondin

Blinded By Faith//Alykisir//Born Divided//Black Hole @ La Salso, Matane – 21 février 2026

Voici le retour et les photos prises par Cynthia Côté lors du spectacle de Blinded By Faith présenté à la La Salso de Matane le 21 février 2026 et qui mettait également à l’affiche Alyksir, Born Divided et Black Hole.

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Une tournée 30e anniversaire pour Blinded by Faith

La tournée Interplanetary tour 2026 a effectué son premier arrêt à Matane à la salle La Salso. Une première soirée métal dans ses lieux : des riffs lourds et de l’énergie brute!  

 

Black Hole

Ce jeune band de metal a ouvert pour Blinded By Faith, pour la deuxième fois au Bas-Saint-Laurent depuis leur existence. Ils ont su réchauffer la scène donnant une prestation à la hauteur des bands présents. Leur prochaine prestation aura lieu dans le cadre de Band de Garage. Il s’agira d’une captation vidéo de leur prestation musciale, dans un lieu inusité, chez Rimouski Another World – Level Up. Leur dernier album, After the shot, est disponible sur toutes les plateformes d’écoute. 

 

Born Divided

Band de melodic death metal de Québec, ils ont intégré dernièrement leur nouveau chanteur. Ce fût leur tout premier show avec les membres actuels. Ils nous ont livré une solide performance qui buche à souhait. En janvier, ils ont sorti leur nouveau lyric vidéo : The Dead Inside Ourselves. Autres dates prévues pour eux : ils seront en show le 30 février sur la planète Uranus (haha) ainsi que le 24 avril à Ottawa. Trois des membres de Blinded by Faith se retrouvent dans Born Divided, chapeau à ces musiciens de performer deux fois par soir pour cette tournée. 

 

Alyksir

Ce band de melodic death metal de Montréal a fait sept heures de route pour nous livrer leur album parru en 2025 avec leur nouveau drummer depuis janvier dernier. « Alyksir a été fondé en 2013 en tant que projet solo. Le projet a oscillé plusieurs fois entre solo et groupe complet, et fin 2023, le groupe a eu la chance de monter sur scène pour la première fois, marquant sa première apparition officielle. » Source du superbe site web du band. Découvrez-les lors de cette tournée!

 

 

Blinded by Faith

Créé en 1996, band pillier du metal québécois, ils fêtent maintenant leur 30e anniversaire. Malgré une tournée d’adieu en 2017 après 20 ans d’existence, le band a surgit des cendres en 2024 avec quelques shows. Les revoilà pour au moins sept dates au cours des mois de février, mars et avril. Le chanteur nous a fait remonter dans nos souvenirs des shows vécus du temps où ils ont joués. Venez vivre la nostalgie avec eux (peut-être est-ce la dernière fois) aux rythmes de leurs riffs enflammés. 

Born Divided, Alyksir et Blinded by Faith partageront la scène durant toute la durée de la tournée avec en première partie des bands des endroits visités. 

-Photographe/Journaliste: Cynthia Côté

 

Northwalk//Bruiserweight//Drop Out Cold @ Nord-Ouest, Trois-Rivières – 6 février 2026

Voici le retour de notre chroniqueur Christian Lamothe lors du spectacle de Northwalk présenté au Le Nord-Ouest de Trois-Rivières le 6 février 2026 et qui mettait également à l’affiche Bruiserweight et Drop Out Cold.

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Le Nord-Ouest Hardcore 

Un tremblement de terre en plein centre-ville

Nous voici à une soirée bien spéciale. On renoue avec le Nord-Ouest pour plusieurs avec une musique qui est probablement la plus intense que ce bar ait connue depuis son fondement dans les années 90. Une soirée avec trois formations hardcores, un lancement d’album et une réponse dans la vente des billets avec un temps impressionnant. Nous voilà face à un moment dont on va se rappeler et qui annonce un retour en grande d’un bar mythique de Trois-Rivières. 

 

Drop Out Cold 

Ils nous arrivent de Québec et entament les hostilités devant un attroupement serré avec nos thrasheurs qui s’en donnent à cœur joie, avec moi qui, une caméra dans la main et le courage dans l’autre, se met au défi d’être bien en avant pour ne rien manquer du spectacle. Un hardcore lourd comme dans la pièce The Only Way avec des pièces a tempo variant comme Agony, voilà qu’on s’en met plein les oreilles tout en sentant le plancher recevoir une symbolique correction face à tant d’énergie devant et sur la scène. Un titre comme Désespoir n’est pas joué sans me rappeler un bon vieux Lofofora comme ambiance. Drop Out Cold, avec leur chanteur Guillaume Chayer, sont un nom à retenir pour tout fan de hardcore…rare que je vais parler de t-shirt et autre  »merch », mais voyant ce qu’ils ont fait avec l’image du Nosferatu et Trump sur leur crewneck, wow, beau travail de conception. On termine avec la chanson Human Nature, et finalement, l’acclamation de la prestation n’est pas attendue, clairement et unanimement, toutes les personnes présentes ont adoré la performance. On les découvre à Trois-Rivières et on souhaite les revoir. Ils ont fait fort impression et j’ai très hâte de pouvoir présenter un album ou Ep de ce groupe qui sont dans une belle lancée dans ce monde d’impétueux qu’est la scène Hardcore. 

 

Bruiserweight 

De Montréal et après avoir fait salle comble en compagnie de Despised Icon, Blind Witness et Scorching Tomb (Club Soda), nous les revoilà devant nos Trifluviens qui sont toujours bien allumés en cette soirée. N’ayant pu avoir accès à la liste de chansons, je risque d’être plus vague dans les commentaires, par contre, sur ce que je suis capable d’être plus précis est la description sur l’envi de Grayson (chanteur) pour nous en mettre plein la gueule avec son mood old style au vocal hardcore teinté d’un rap qui me rappelle des ambiances 80-90’s…brutale et efficace. Une chanson clairement identifiée: Play with Fire, donne un air d’unisson troubadour dans le bataillon d’avant scène qui ne s’épuise pas en cette deuxième manche musicale. Eux aussi, m’ont fait profiter de leur musique en ayant un vinyle de leur

nouvel EP Still Standing que je vous recommande fortement. Comme on dit au diable la dépense! Quand c’est bon, ça va dans ma collection! 

 

Northwalk 

La formation trifluvienne nous arrive maintenant et ils étaient préparés pour le grand jour: vinyles, cassettes, cd, t-shirts, hoodies…une vente de billets en ligne sold out, un nouvel Ep en main et un enthousiasme clair à en mettre plein la gueule aux partisans. Pour moi c’est mon moment de Pré… préspectacle du superbowl!!! Enfin voilà le moment qui donne tout le sens de ces mois de sueurs et d’enregistrement du Ep A World Undone, signé avec du sang de guerrier et une énergie métallique qui dépasse mes attentes. Avec cet album, Northwalk se distance du hardcore classique pour y mettre vraiment une emprunte à eux. Les riffs de guitares s’accordent avec des tons qui rassemblent, dynamiques, lourdes et manifestant leur désir de pousser la machine à broyer le son dans une nouvelle direction. Le spectacle débute d’ailleurs avec deux titres de leur nouvelle création, soit A World Undone et In The Absence of Hope. Le courant passe, l’assemblée est unanime à ce fait. On a bien sûr le droit à nos pièces connues, comme Flower et une reprise de la formation Terror (Out of my Face). On est dans le lourd avec Omerta, pièce que j’adore, par sa mélodie, encore une fois, les musiciens de Northwalk mettent le paquet, ça déchire! Si vous êtes un dur de dur dans le métal et que vous voulez vous introduire dans le monde du Hardcore, sans aucun doute, que A Wold Undone fera partie de votre collection. Le spectacle devait se terminer avec Counting Days, mais merci à eux ont y va encore de plusieurs pièces lors d’un rappel. Mais quelle soirée au Nord-Ouest! Bientôt, à quelques semaines d’une tournée européenne, ceux-ci peuvent être très confiants. Notre groupe fétiche trifluvien va faire trembler le Vieux Continent. 

Vous voulez entendre parler un peu plus de Northwalk, et bien sachez qu’il seront en entrevue bientôt à mon émission: La capsule de l’Underground (Nous TV) qui passera fin mars-début avril…d’ici là, allez écouter l’album!!! 

-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground

Drop Out Cold
https://www.facebook.com/profile.php?id=61579304499156

Bruiserweight
https://bruiserweight.bandcamp.com/album/still-standing

Northwalk 
https://northwalk.bandcamp.com/album/a-world-undone-2

 

Spirit Of Rebellion//Sulfure//Badass Commander//Black Hole @ Coop Paradis, Rimouski – 7 février 2026

Voici le compte rendu et les photos prises par Cynthia Côté lors du spectacle de Spirit Of Rebellion présenté à la Coop Paradis de Rimouski le 7 février 2026 et qui mettait également à l’affiche Sulfure, Badass Commander et Black Hole.

 

Lancement de Transcendent Chaos de Spirit of Rebellion à Rimouski

Samedi le 7 février dernier a eu lieu le lancement de l’album Transcendant Chaos des vétérans rimouskois de death metal, Spirit of Rebellion. La Coopérative de solidarité Paradis a vibrée au rythme de ces quatre bands devant une salle presque comble, réunissant jeunes et moins jeunes.

 

Black Hole

Ce band metal rimouskois connait une ascension dans la région. Malgré leur jeune âge, ce trio a déjà partagé la scène avec plusieurs gros noms tel que Xaon, Vortex, Omnivide, Blinded By Faith, Deadwood, Guhn Twei, etc. Durant leur set, on a eu droit en primeur à une nouvelle toune. Le prochain show de Black Hole est prévu le 21 février à La SALSO de Matane avec Blinded By Faith, Alyksir, Born Divided : événement Facebook ici.

 

 

Badass Commander

Ce band old school death metal de Québec, formés d’anciens membres de Mesrine, a sorti le mois dernier, leur premier album complet «Intense Combat Experiment». Ils l’ont d’ailleurs joué en intégralité. Des riffs rapides et un vocal gras à souhait. Leur dernier matériel enregistré remonte en 2015, avec leur EP «Bad Intentions». 

 

 

Sulfure

Ce band de black death de Québec ont ravagé nos tympans creusant profond dans les entrailles des lieux. Un LP verra le jour cette année pour cette formation. En attendant, vous pouvez écouter l’album partagé avec Carathis d’Autriche, du black metal à la fois brut et mélodique, sortie en 2022.

 

 

Spirit of Rebellion

Transcendent Chaos n’est pas simplement un nouvel album : c’est une résurrection pour eux. Après un cours temps de silence, Spirit of Rebellion est de retour des profondeurs. Sortie en novembre 2025 sous l’étiquette CDN Records, il a été enregistré, réampé et mixé par Marc-Antoine Desjardins, puis masterisé par Dan Swanö (Unisound). L’artwork, signé Rudi Yanto, y capture parfaitement l’essence apocalyptique. Ils nous ont livré l’intégral de cette production d’une puissance redoutable. Des images ont été captées sur les lieux pour une éventuelle vidéo. «Pour Spirit of Rebellion, le chaos n’est pas uniquement destructeur : il devient un moteur de renouveau, un symbole d’évolution et de résilience».

Le groupe est prêt et plus déterminé que jamais à vous livrer cette puissance sonore dans des shows à venir pour cet été/automne.

-Photographe/Journaliste: Cynthia Côté

Nova Spei – Nouveau Single et Vidéoclip – 13 février 2026

Le 13 février prochain, Nova Spei dévoilera un tout nouveau single accompagné d’un vidéoclip. Pour souligner cette sortie, Dany Soucy s’est prêté au jeu d’une courte entrevue afin de nous parler de cette nouvelle étape.

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Nouveau single et vidéoclip le 13 février prochain pour la formation!


Qu’est-ce qui vous a inspirés à écrire cette chanson en particulier ?
Dany: L’idée du sujet venait de Nicolas. L’envie de parler de ce qu’on a vécu dans nos difficultés récentes avec les pertes des membres précédant et comment on se sentait. On avait envie de témoigner en même temps la rage qui boue en nous de revenir sur la scène dès que possible et qu’on n’abandonnerait jamais!

Comment le vidéoclip complète-t-il l’univers de la chanson ?
Dany: C’est de mettre en image notre débilité et partager l’énergie qui déborde en nous. Pascal Germain a réussi à capturer l’idée et à rendre ça en image! Ce n’est pas rien!

Est-ce que le processus de création de ce single a été différent de vos projets précédents étant donné les changements au sein de la formation ?
Dany: Pas vraiment. Musicalement, j’apporte toujours une idee de base, un squelette sur lequel travailler et ensuite, tout se construit avec le travail de chacun. Textuellement, on a repris la même mouture de travail à trois (Manue, Nicolas et moi). Donc même si on a vécu un gros chamboulement, notre « technique » de travail elle, n’a pas tant changé.

Si vous deviez décrire ce single en trois mots, lesquels choisiriez-vous et pourquoi ?
1-déjanté
2-énergique
3-Thrash

Quelle réaction espérez-vous provoquer chez votre public à l’écoute de cette chanson ?
Dany: Des sourires, des headbangs, les entendre nous dire « Fuck, y sont pas mort pis ils fessent fort! »

À quoi peut-on s’attendre pour la suite de Nova Spei ?
Dany:
12 Fevrier, le lancement du single au Foufs à Montreal avec Polygraph et RedRavenChaos.
21 Fevrier, Festival Phoque OFF, Évènement Les Gueuleuses avec Obsolete Mankind et Winthin Embers à L’antibar Spectacle à Quebec

Ensuite, on se ré-enferme pour terminer l’écriture et l’enregistrement de l’album qui devrait sortir à l’automne. À la suite de la sortie, on veut reprendre la route dès que possible. Durant ce temps, d’autres singles devraient voir le jour réparti à la surprise jusqu’à l’été.


Avec ce nouveau single et le vidéoclip à paraître le 13 février, Nova Spei amorce un nouveau chapitre, porté par la même intensité créative et une détermination renouvelée, avant un retour en force sur scène et un album attendu à l’automne.

-Vicky Fillion

Entrevue avec Mathieu Hemond – Wounds Of Heaven

Suite à l’écoute attentive de Testament Of The Fool de Wounds Of Heaven, notre journaliste Vicky n’a pu résister à l’envie d’en savoir plus sur l’esprit créatif derrière l’album, Mathieu Hémond. Elle lui a donc posé ses questions dans cette entrevue écrite. Bonne lecture !

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Entrevue – Wounds Of Heaven

Présentation et détails du projet

  1. Wounds Of Heaven est un projet solo. Qu’est-ce qui t’a poussé à choisir cette forme-là plutôt qu’un groupe traditionnel ? Wounds Of Heaven est né d’un besoin de liberté totale. Après avoir exploré la musique à travers des hommages à Gojira et à Ghost, ainsi que plusieurs projets de composition qui n’ont jamais réellement abouti, j’ai ressenti le besoin de créer un espace où rien ne viendrait freiner ce que j’avais à dire. Le format solo s’est imposé naturellement : il me permet de suivre ma propre vision artistique, sans compromis, en contrôlant chaque aspect du projet. Cette autonomie a profondément influencé la vitesse de création et la cohérence du résultat final, un résultat dont je suis aujourd’hui vraiment fier.
  2. D’où vient le nom Wounds Of Heaven et que représente-t-il pour toi ? Le nom Wounds Of Heaven s’est imposé comme une évidence, presque comme une fracture. Il évoque l’idée des blessures du ciel, quelque chose de sacré qui se fissure. Les références bibliques présentes sur Testament of the Fool renforcent cette tension constante entre foi, chute et désillusion. Pour moi, Wounds Of Heaven agit comme un miroir de notre monde intérieur et collectif : un espace où le bien et le mal se confondent, où la lumière existe encore, mais toujours marquée par la cicatrice de ce qu’elle a perdu.
  3. Avant cet album, quel a été ton parcours musical et créatif ? Mon parcours musical s’étend sur une quinzaine d’années, peut-être même un peu plus. Il s’est construit principalement dans l’ombre, à travers des compositions faites chez moi, dont certaines remontent à plus de dix ans. Beaucoup de ces projets ne se sont jamais rendus à terme, mais ils ont façonné ma manière d’écrire et de penser la musique. J’ai aussi mené un hommage à Gojira qui a trouvé un certain écho, ainsi qu’un hommage à Ghost, interrompu brutalement par la pandémie. Au fil du temps, je suis devenu multi-instrumentiste, en commençant par la guitare, puis en apprenant d’autres instruments au besoin. La voix s’est imposée plus tard, presque malgré moi, comme un prolongement nécessaire de l’expression, même si c’est encore aujourd’hui une facette que j’apprends à pleinement assumer.

Testament of the Fool : concept et narration

  1. Testament of the Fool n’est pas un album qu’on écoute à la légère. Comment ce projet a-t-il pris forme, autant sur le plan musical que conceptuel ? Le projet Wounds Of Heaven a pris forme presque malgré moi. À ce moment-là, j’avais été accepté à la GRC, et pourtant, je traînais avec moi un grand nombre de compositions qui dormaient depuis longtemps. Je m’étais promis de sortir un album, mais j’ai repoussé l’échéance, par fatigue, par hésitation, peut-être aussi par une forme de paresse. À un certain point, j’ai ressenti le besoin de laisser une trace, de créer quelque chose qui ne serait pas anodin. Je voulais un projet qui marque, qui force l’écoute, qui provoque une réflexion, quelque chose de profondément émotionnel et introspectif. Sur le plan conceptuel, ces thèmes mûrissaient en moi depuis longtemps. J’ai toujours eu un regard très réflexif sur le monde qui m’entoure, un besoin de comprendre, d’apprendre, de remettre en question. Testament of the Fool est né de cette posture : faire réfléchir sans prétention, sans se placer au-dessus de qui que ce soit, parce que je fais moi-même partie de ce monde que j’observe. C’est ma manière, modeste et honnête, d’essayer d’y apporter un peu de sens.
  2. Le fou est souvent associé à la marginalité, à la vérité brute ou à la remise en question des systèmes. Quelle symbolique voulais-tu explorer à travers lui ? Le fou est avant tout un symbole. Il peut être associé à la marginalité, à la remise en question ou à une forme de vérité brute, mais je le vois aussi à travers sa dimension symbolique, notamment celle du tarot. C’est une carte centrale, profondément ambivalente, qui peut être interprétée autant de manière positive que négative. Dans Testament of the Fool, le fou devient un outil narratif à travers lequel l’auditeur peut se reconnaître, autant dans ses faiblesses que dans ses forces. Nous portons tous en nous une part de ce fou : celle qui choisit parfois l’ignorance, qui détourne le regard, ou qui se laisse entraîner, consciemment ou non, par les tentations du monde. L’album est volontairement rempli de doubles sens, afin de permettre à chacun de s’identifier au personnage de différentes façons. Il aborde des thèmes comme l’adoration de soi, le besoin de validation morale, ou encore la lutte constante entre le désir d’être une bonne personne et la réalité imparfaite de la condition humaine. Le fou n’est donc jamais extérieur au récit : il est un reflet intime, présent en chacun de nous.
  3. L’album s’ouvre avec « The Fool Speaks » et se conclut avec « The Day That Wasn’t ». Est-ce que tu avais dès le départ une vision claire de ce chemin narratif ? C’est effectivement une très bonne question. Le chemin narratif de l’album s’est construit à partir de matières plus anciennes : je suis allé puiser dans de vieilles compositions que j’ai retravaillées en profondeur, tout en créant de nouvelles pièces. Sur le plan de l’histoire, le parcours est resté assez linéaire, parce que le thème était déjà bien ancré en moi depuis longtemps — quelque chose de profondément introspectif. La structure de l’album s’est affinée au fil de la création. En avançant de chanson en chanson, j’avais l’impression de débloquer naturellement de nouvelles pièces du casse-tête, comme si le récit se révélait de lui-même. La vision était présente dès le départ, mais elle n’était pas aussi raffinée qu’elle l’est devenue avec le travail. Et pour ceux qui se rendent jusqu’à la fin, la conclusion apporte un véritable twist — une lecture différente pour ceux qui en saisissent le sens, que je préfère laisser intacte, sans le spoiler.
  4. Est-ce que cet album raconte une histoire précise ou plutôt un état intérieur, un dialogue mental ? L’album se situe volontairement entre une narration précise et un état intérieur, presque un dialogue mental. Il devient en quelque sorte ce que l’auditeur choisit d’y projeter. Les premières pièces, de The Fool Speaks jusqu’à Virtue Machine, dressent un portrait global de ce que je perçois comme certains des grands dérèglements de notre époque, autant sur le plan collectif que personnel ou idéologique. The Great Unveiling marque ensuite le point de rupture : l’apocalypse du récit. Mais cette apocalypse fonctionne elle aussi à double sens. Elle peut être comprise comme un effondrement biblique du monde, ou comme une apocalypse intérieure, où toutes les valeurs s’écroulent et où l’on se retrouve confronté, de manière brutale, à nos fautes, nos contradictions et à la manière dont nous traitons les autres. Ce qui suit est un après. La nature renaît, le soleil se lève, l’air devient plus frais, mais il n’y a plus personne pour l’admirer. Cette absence suggère à la fois une humanité disparue et un monde oublié. L’album se conclut avec The Day That Wasn’t, une fin volontairement ambiguë, que je préfère laisser ouverte afin d’en préserver toute la portée.

 

Introspection, aliénation et regard critique

  1. Plusieurs thèmes forts émergent de l’album : aliénation, foi détournée, structures de pouvoir. Est-ce que ce sont des réflexions personnelles, sociales, spirituelles… ou un mélange des trois ? Ces thèmes viennent d’abord de réflexions très personnelles, mais ils prennent forcément une dimension sociale, parce qu’ils sont ancrés dans ce que nous vivons collectivement. J’observe un monde de plus en plus polarisé, où tout semble réduit à une opposition binaire. Comme un match de hockey : deux équipes, deux camps, et plus vraiment d’espace pour la nuance, le dialogue ou la coopération. Le centre s’efface, et avec lui la capacité de se parler. Les réseaux sociaux accentuent cette aliénation. Ils nourrissent l’auto adoration, la mise en scène constante de soi, tout en nous bombardant de messages, de publicités et de discours contradictoires. Il devient difficile de s’y retrouver, de garder une ligne intérieure claire. Testament of the Fool est né de ce malaise-là : la difficulté de naviguer dans un monde saturé d’images, de dogmes et de structures de pouvoir qui détournent autant la foi que le sens critique.
  2. Testament of the Fool ne semble pas chercher l’approbation ou la facilité. Est-ce un choix artistique conscient, ou simplement une conséquence naturelle de ta démarche ? Sans prétention, je dirais que c’est un choix pleinement conscient. Je suis un grand amateur d’albums concepts, de projets qui demandent de l’attention, où l’on entre dans un univers plutôt que de consommer des morceaux isolés. J’aime quand une œuvre est travaillée en profondeur et qu’elle laisse de l’espace à l’interprétation. La musique me semble être un médium idéal pour provoquer ce type de réflexion, justement parce qu’elle n’impose rien frontalement. Le type d’album que j’ai choisi de faire m’amenait naturellement vers cette exigence-là, mais c’est surtout une vision que j’ai décidé d’assumer pleinement, sans chercher la facilité ou l’approbation immédiate.
  3. Pour toi, est-ce que la musique peut (ou doit) provoquer une forme de remise en question chez celui qui l’écoute ? La musique peut absolument provoquer une réflexion. À cent pour cent. Est-ce qu’elle doit le faire ? Pas nécessairement. Comme le cinéma, les séries ou tout autre médium artistique, la musique peut servir à plusieurs choses : se concentrer, célébrer, se divertir, ou simplement accompagner un moment. Mais elle peut aussi inviter à s’arrêter, à digérer une œuvre et à se laisser porter vers une réflexion plus profonde. Je ne crois pas que la musique ait une obligation morale de provoquer une remise en question. Sa portée est trop large pour ça. En revanche, je pense qu’il est essentiel que certains artistes continuent d’explorer cette dimension-là, pour que cet espace demeure vivant. Testament of the Fool s’inscrit dans cette volonté : non pas d’imposer un message, mais d’offrir une œuvre qui peut être reçue selon l’intention de l’auditeur.


 

Approche musicale et atmosphère

  1. Musicalement, l’album navigue entre post-metal, doom atmosphérique et expérimental. Toi, comment décrirais-tu ton langage sonore ? Ces qualificatifs sont assez justes, même si je ne me définis pas consciemment à l’intérieur d’un style précis. Mon langage sonore est nourri de plusieurs influences, notamment de groupes comme Tool, avec leur approche rythmique répétitive, presque tribale, et une sensibilité progressive en périphérie. J’ai cherché à mélanger tout ce qui m’a façonné, sans me demander si cela entrait parfaitement dans une catégorie. Avec le temps, ce langage devient le mien. Il cesse d’être lié à une identité individuelle pour devenir une œuvre en soi. Sans prétention, je crois qu’un projet artistique peut dépasser la personne qui l’a créé. Testament of the Fool est le résultat de ce mélange : un ensemble d’influences transformées en quelque chose de plus large, avec des touches progressives, tribales et atmosphériques au service de l’univers.
  2. Les riffs sont souvent répétitifs, hypnotiques, presque rituels. Est-ce une façon consciente de plonger l’auditeur dans un état mental précis ? Oui, ça fait clairement le lien avec la question précédente. Je me suis beaucoup inspiré de groupes comme Tool ou Opeth, non pas en cherchant à sonner comme eux ou à me placer sur le même plan, mais plutôt dans leur manière de construire des textures et des atmosphères chargées d’émotion. Cette approche m’a marqué : utiliser le rythme et la durée comme des outils pour installer un état, plutôt que simplement enchaîner des riffs. Je ne dirais pas que les riffs sont répétitifs au sens strict. Il y a beaucoup de variations à l’intérieur des morceaux, ça bouge, ça évolue. Mais certaines pièces prennent volontairement plus de temps pour se déployer. À l’échelle de l’album, cette longueur sert à installer l’auditeur dans une forme de transe, à l’immerger dans un univers où il n’est pas simplement spectateur, mais réellement présent.
  3. Est-ce que certaines ambiances ou émotions te guidaient dans la composition avant même les riffs ou les structures ? Cette approche est très personnelle. Je suis quelqu’un de naturellement mélancolique, c’est un état intérieur qui m’accompagne depuis longtemps. Je me pose beaucoup de questions, je réfléchis beaucoup, et j’ai appris à ne pas fuir cette zone-là. Au contraire, c’est dans cet espace que mon instinct créatif est le plus fort. Les ambiances et les émotions ont souvent guidé la composition avant même les riffs ou les structures. La tristesse, le doute, une certaine lourdeur intérieure sont devenus des points d’ancrage plutôt que des freins. C’est dans cet état que je me sens le plus juste pour écrire, et c’est là que Testament of the Fool a réellement pris forme.

 

Le travail vocal

  1. Le chant est volontairement sobre, parfois distant, presque fondu dans l’ensemble. Te connaissant dans d’autre projet, je sais très bien que tu peux prendre toute la place si nécessaire avec ton talent vocal, est-ce difficile de trouver l’équilibre entre expressivité et retenue vocale ? Avec mon parcours, j’ai longtemps occupé beaucoup d’espace sur scène, avec une approche très assurée, presque guerrière. Sur Testament of the Fool, la dynamique est complètement différente : ce n’est plus la voix qui prend toute la place, c’est l’album lui-même. Paradoxalement, c’est le projet le plus ambitieux que j’ai réalisé vocalement. Ce n’est pas parfait, et c’est volontaire. Cette fragilité fait partie de l’émotion et de la justesse du propos. J’ai exploré des zones plus exposées : des voix chuchotées, parlées, des harmonies très détaillées, des montées vocales plus subtiles, des screams volontairement en retrait. Tout cela m’a mis à vif d’une manière nouvelle. Trouver l’équilibre entre expressivité et retenue était un travail conscient, parce que l’agressivité attendue ne servait tout simplement pas l’album. Je voulais me dépasser autrement. Je peux dire aujourd’hui que c’est mon projet le plus complet vocalement. Et sans trop en dévoiler, le prochain album est déjà bien avancé : on y reconnaîtra davantage certaines facettes plus frontales de mon approche passée, mais intégrées à la sensibilité plus moderne et nuancée que j’ai développée avec Wounds Of Heaven.

 

L’écoute comme expérience globale

  1. Dès les premières secondes, on sent que l’album est pensé comme un tout, presque comme un récit. Est-ce important pour toi que l’écoute se fasse dans l’ordre ? Et que perd-t-on selon toi si on écoute l’album en mode aléatoire ? Oui, absolument. Testament of the Fool est pensé comme un tout. C’est un album concept, un récit, et l’ordre des pièces fait partie intégrante de l’expérience. L’écoute de A à Z permet de suivre le chemin narratif, émotionnel et symbolique tel qu’il a été conçu. Certaines chansons peuvent évidemment se tenir seules, et quelques-unes fonctionnent très bien comme pièces fortes ou comme singles. Mais l’album, pris dans son ensemble, devient exponentiellement plus puissant lorsqu’il est écouté dans l’ordre. En mode aléatoire, on perd la progression, les tensions, les respirations et les échos entre les morceaux. Ce qui reste, ce sont de bons fragments, mais ce qui disparaît, c’est l’expérience globale.
  2. Qu’aimerais-tu que l’auditeur ressente en arrivant à la toute fin de l’album ? Je ne peux pas prétendre vouloir dicter ce que quelqu’un devrait ressentir. Testament of the Fool reste une œuvre ouverte, qui laisse volontairement place à l’interprétation. Chacun est libre de la recevoir à sa manière, selon son vécu et sa sensibilité. Cela dit, si je devais formuler un souhait, ce serait que l’album provoque une forme de réflexion intérieure. Qu’il pousse à se questionner sur notre façon de vivre, sur la manière dont on se traite les uns les autres, et qu’il vienne ébranler, ne serait-ce qu’un peu, certaines certitudes. Briser des habitudes, déconstruire des réflexes ou une manière d’être profondément ancrée n’est jamais simple. Mais si l’album peut faire bouger une petite chose à l’intérieur, alors il aura rempli son rôle. Je crois qu’on avance en se regardant avec justesse et honnêteté, autant dans nos qualités que dans nos défauts. C’est inconfortable, mais nécessaire. Si Testament of the Fool peut contribuer, même modestement, à cette prise de conscience, alors j’aurai le sentiment que cette œuvre a trouvé sa raison d’être.

 

 Regard sur la scène et l’avenir

  1. Comment perçois-tu la scène indépendante montréalaise en ce moment, particulièrement pour les projets plus sombres et introspectifs comme le tien? Est-ce un environnement qui nourrit ta créativité ou un contexte plus isolant ? Ayant fait partie de la scène montréalaise pendant un certain temps, j’ai aujourd’hui pris un pas de recul. Le talent à Montréal est indéniable, il y en a énormément, peut-être même plus que ce que la scène peut réellement absorber. Cela dit, je pense aussi que plusieurs choses pourraient être mieux structurées. Le soutien, la vision à long terme et la manière dont les projets sont portés pourraient gagner en cohérence. Sans nommer qui que ce soit, il existe à la fois des gens qui tentent sincèrement de faire grandir la scène et d’autres qui, volontairement ou non, la freinent. Cela crée parfois un climat de confrontation inutile, un genre de combat de coqs qui épuise plus qu’il ne construit. Pour des projets plus sombres et introspectifs comme le mien, ce contexte peut devenir limitant. Avec Wounds Of Heaven, j’ai de l’ambition. Je vois ce projet dans des contextes plus structurés, avec une production à la hauteur de l’univers proposé. J’ai énormément appris au fil des années, auprès de nombreuses personnes, et je crois savoir aujourd’hui comment amener un projet à maturité sans rester prisonnier des mêmes cercles. À mon sens, la scène gagnerait à ce que les artistes se fassent davantage confiance, prennent plus de risques et cessent de tourner en rond. Le talent est là. Ce qui manque parfois, c’est l’audace de croire qu’on peut viser plus loin.
  2. Est-ce que Wounds Of Heaven est un projet appelé à évoluer, à se transformer, ou à rester fidèle à cette approche très conceptuelle ?Oui, absolument. Wounds Of Heaven est un projet appelé à évoluer. Pour moi, un projet artistique qui stagne est voué à s’essouffler, voire à disparaître. L’évolution est nécessaire pour rester vivant. Je veux continuer à créer des albums concepts, mais avec des thématiques différentes, des univers distincts et des palettes sonores renouvelées. On reste dans le métal, évidemment, mais sans s’imposer de limites inutiles. Le prochain album, par exemple, est déjà bien avancé et s’oriente vers quelque chose de beaucoup plus rapide, plus agressif, avec une forte composante électro-métal. C’est un autre univers, une autre énergie, une autre narration. Je vois Wounds Of Heaven un peu comme une série avec différentes saisons : chaque album explore un monde différent, mais l’ensemble reste cohérent et identifiable. Ce sont des univers qui se tiennent, qui dialoguent entre eux, et qui pourront éventuellement être transposés sur scène. L’idée n’est pas de répéter une formule, mais de bâtir quelque chose qui se transforme sans perdre son identité.
  3. Quels sont les prochains projets de Wounds Of Heaven (single, nouvel album, spectacle, etc) ? Les prochains mois pour Wounds Of Heaven seront occupés. Un premier single, Breakpoint::Override, est déjà sorti il y a quelques semaines et donne clairement le ton du prochain album. Un second single, Controlled Environment, sort le 30 janvier  (il sera donc probablement déjà disponible au moment de la lecture de cette entrevue). Ces pièces montrent une direction très différente, plus rapide et plus agressive. Le deuxième album de Wounds Of Heaven est déjà très avancé. Sa sortie est envisagée vers la fin de l’été ou à l’automne prochain. Le titre n’est pas encore dévoilé, mais le travail de promotion commence tranquillement : mise en place des réseaux sociaux, structuration de l’identité visuelle et préparation du terrain pour la suite. Je peux aussi confirmer que je travaille actuellement avec des musiciens afin de développer le projet en vue de la scène. La réflexion est en cours sur le concept live, les costumes et la production. C’est un processus qui demande du temps, et je veux le faire correctement, de manière professionnelle. Rien n’est précipité : l’objectif est de laisser le projet grandir naturellement et de voir jusqu’où il peut aller.

 

 

Mathieu- Mot de la fin Je tiens à remercier sincèrement toutes les personnes qui suivent Wounds Of Heaven. Les vagues d’amour reçues, particulièrement sur YouTube, les nombreux messages privés et les retours unanimes me touchent énormément. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que le projet résonne aussi loin, et j’en suis profondément fier. Un immense merci à Vicky et à Onde Choc pour l’espace offert, la visibilité et la possibilité de m’exprimer librement sur le processus créatif et sur ma démarche en tant qu’artiste. C’est précieux et grandement apprécié. La suite ne fait que commencer. N’hésitez pas à nous suivre sur YouTube, Facebook, Spotify, Apple Music et les plateformes habituelles. On se retrouve très bientôt… et éventuellement, sur une scène près de chez vous.

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-Journaliste/Chroniqueuse: Vicky Fillion