Voici le compte rendu de Jean-Daniel Poirier et les photos prises par Vicky Fillion lors du spectacle de NecroticGoreBeast présenté à l’Anti-Bar & Spectacles de Québec le 25 janvier 2025 et qui mettait également à l’affiche Primal Horde, Scorching Tomb et For One Hate.
Retour sur le spectacle
Tout d’abord, fait important à mentionner, NecroticGoreBeast sait très bien accueillir ses groupes, les médias et les collaborateurs de la soirée. Nous étions invités à arriver un peu plus tôt et profiter d’un buffet et de boissons offerts sur place. Ce type d’accueil n’est pas fréquent dans la scène et je trouve que c’est une excellente occasion de discuter et côtoyer les artistes.
For One Hate
Le chanteur est arrivé sur scène avec une énergie palpable. Il était prêt à mettre le feu au stage. Les guitares étaient accordées très graves.
Les guitares sont accordées vraiment bas et les riffs sont accrocheurs. Leur son est vraiment lourd et c’est plutôt core comme musique. Musicalement, il n’y avait rien de compliqué, mais c’était efficace. Cependant, la grosse lacune du groupe se trouvait au niveau de la batterie. Il y avait un gros manque de tightness et l’exécution des partitions était parfois laborieuse. Je comprends que c’est un groupe qui est jeune et qu’ils ont beaucoup d’expérience à gagner. Ne lâchez pas, j’ai hâte de vous revoir quand vous aurez pris plus d’expérience.
Scorching Tomb
Avec l’arrivée de Scorching Tomb, l’intensité a monté d’un cran. Les gens sont déchaînés dans le pit. Ça brasse pas à peu près et je plains les photographes qui essaient d’effectuer leur travail. Leur musique est vraiment bien exécutée. La précision et l’exécution parfaite des chansons est là. Le drummer est vraiment précis et rapide. Ses partitions sont bien imaginées. Le bassiste a un tone de basse plutôt distortionné et ses partitions sont vraiment efficaces. Le vocal est bien grave et très bien poussé. Ça me rappelle un peu Suffocation dans le temps de Frank Mullen. Pour ce qui est de la guitare, les riffs étaient bon, mais parfois plus difficile à entendre à cause du mix de la salle. Sinon les gars ont livré la marchandise.
Primal Horde
Ce groupe m’a agréablement surpris. Je ne les connaissais pas et ce fut toute une surprise. Le côté musical technique a monté d’un cran. Le drummer est une machine. Il a une bonne force de frappe, de la précision dans ses partitions et une bonne imagination dans la création de ses partitions. Les riffs de guitares sont vraiment bons et accrocheurs. Encore une fois, on peut ressentir une grosse vague de basse dans leurs notes, car, clairement, ils ne sont pas accordés en mi. J’ai trouvé que le bassiste était plutôt discret par sa prestance, mais en revanche ses partitions rentraient au poste. Le chanteur a une présence de fou. Il utilise chaque centimètre de la scène qu’il peut pour nous crier ses paroles. À lui seul, il donnait le show. Belle découverte!
NecroticGoreBeast
Voilà le moment de la soirée que nous attendions tous. Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe, ce qui s’en vient n’est vraiment pas propre. Leurs paroles sont plutôt axées sur des déjections diverses du corps humain, de pratiques sexuelles douteuses, mais surtout d’amour et de tendresse (haha). Blague à part, ce groupe est vraiment sur une bonne lancée avec plusieurs tournées aux États-Unis pour ne nommer que ça.
Ce sont des musiciens expérimentés et de très haut calibre qui se dressent devant nous sur la scène. Les riffs de guitares sont plutôt lourds et techniques. C’est vraiment quelque chose à voir et à écouter. Le bassiste, en plus d’avoir une bonne prestance sur scène, a des partitions de basse vraiment complexes et très originales. Le batteur tant qu’à lui, est tout simplement une machine, c’est très rapide et ça n’arrête pratiquement jamais. C’est fou d’être encore précis à cette vitesse là. Le chanteur, il pourrait facilement tenir tête à Corpse Grinder (Cannibal Corpse) en frais de headbanging. De plus, il a une bonne prestance sur scène. Sa voix est vraiment grave et peu articulée ce qui ajoute un aspect violent supplémentaire à la musique.
Mention spéciale à FAF, un humoriste trash émergeant du Québec que j’aime bien, qui est venu s’enfoncer une banane dans la gorge pour faire l’intro de la chanson Gagging on Feces. Le groupe avait utilisé l’audio d’une de ses vieilles vidéos promo comme introduction de la chanson sur l’album et l’humoriste est venu faire le ‘’stunt’’ sur scène. C’était quelque chose.
Vraiment, NecroticGoreBeast a bien terminé la soirée. C’était un show parfait.
N’ayant pas encore couvert de spectacles pour Ondes Chocs en cette nouvelle année, j’ai quand même décidé de faire une chronique sur des albums ou EP qui nous arriveront sous peu. Je vais intégrer par la suite quelques titres de la fin 2024 dont je n’ai pas eu la chance d’y mettre ma plume. Une petite rétrospective pour vous donner le goût d’écouter de nouvelles chansons et de mettre à jour votre ‘’playlist’’. Aujourd’hui, à l’annonce du décès d’une grande créatrice qui a influencé l’imaginaire québécois (Kim Yaroshevskaya), je ne me donne plus d’excuses pour paresser et glander, alors j’écris! Voici quelques albums à surveiller en 2025. Je n’ai choisi que quatre groupes pour la première partie, ce qui est un bon début pour vous rendre un peu curieux de ce qui se fait au Québec.
Blank – The Descent
Blank, un jeune groupe des environs de Drummondville que j’ai eu la chancede voir en 2024. Un pur délice de deathcore avec une énergie d’untremblement de terre de haute magnitude. Déjà quatre titres disponibleset l’on s’attend bien sûr au même éclat pour le reste de l’album. Ungroupe qui s’impose en présentiel avec un matériel sonore qui à sonimpact vif. À l’arrivée des chansons Sanity et Warpath,je les aiclairement pris en considération pour un nouvel album à surveiller. Si j’avais un souhait, ce serait de les voir avec Get a Shot cette année, çaserait monstrueusement bon. L’album The Descent pourrait être un pilierpour les amener plus loin sur la scène musicale. On annonce déjà leurprésence au Festival du Lac de Granby entouré de grosses pointures,comme Atreyu et Slaughter to Prevail. On m’a expliqué qu’ils feraientparti de l’after party au Central de ce festival…on verra qui sont lesvrais qui tiennent encore debout! Ils sont présentement en studio, lapochette reste à faire et une date de sortie n’est pas encore déterminée.Clairement, moi, je respecte énormément les groupes de Drummondvilleet leur fans; rarement dans la demi-mesure.
VoidChaser- Trust
Concernant le metal progressif au Québec, Voidchaser doit être l’un despremiers noms qui résonnent à vos oreilles. Le EP n’a que troischansons, mais avec l’implication de Universe Effects, The Anchoret etde Jim Grey (Caligula’s Horse). Cela démontre le sérieux du groupe etaussi du nom qu’ils sont en train de se faire un peu partout dans lemonde. On verra la sortie de la deuxième pièce le 7 février et pour la dernière,le 7 mars 2025. Trust est la plus courte des trois, puisqu’on me prometdes chansons de plus de huit minutes pour ce qui suit. On se rappelle dela découverte de Solace en 2024, un album créatif et indispensable àma collection. Pour les avoir vus en spectacle, c’est un bijou deconception et je n’en attends pas moins du EP de cette année. J’ai étéclair là-dessus, mon rêve de 2025 c’est de les voir en compagnied’Ominide. Pour l’instant, il semble qu’une tournée se travailleeffectivement au niveau des maritimes. À ma grande joie, cet automne àBaarlo aux Pays-Bas, ils nous représenteront au ProgPower EuropeFestival. Je vous rappellerai que ce groupe n’est formé que depuis 2023.Allez voir ce qu’ils font sur Bandcamp!
Voici des infos de dernièresminutes venant directement à la source (Jici LG, bassiste de Voidchaser): ’’Je peux te dire en primeur, ce ne sera pas notre seule sortie pour2025… On est déjà en train d’enregistrer un double album (de 90minutes) dont la moitié sortira à l’été 2025, et l’autre en début de 2026.Grosse année à venir pour Voidchaser!’
On parle maintenant d’un groupe qui ne se définit pas par une case destyle. On nous décrit leur style comme un fusion de darkwave, metal,deathcore et pop…bonne chance pour la description. Avec leséchantillonnages et l’intention claire de repousser les limites dans leurcréativité musicale, TheDark Table reste une petite surprise qu’il me reste àdécouvrir en spectacle. L’album est toujours en construction et nousdevrions avoir soit un ou deux titres (Nintendoom ou Admiral) avant lasortie de l’album prévue en avril ou mai. Pour l’instant, avec Tall Thorn,qui dépasse les 10K vues sur Spotify, ils nous donnent au moins cettevision d‘expression éclatée et de folie dans la composition de l’album.Pour les intéressés, on parle du premier spectacle le 13 avril au PiranhaBar (Mtl), ce ne sera pas le lancement de l’album, mais il y aura unedate assez rapprochée qu’on m’a indiquée. Que l’on parled’extravagance metal ou non, je suis toujours prêt à me faire émerveillerdans ce genre d’exploration musicale. Et vous ?
La Corriveau – Metal Witch
La Corriveau, une formation qui semble s’être donné le défi de faire un maximum devidéos pour un album. Le décompte est déjà parti depuis quelques moiset il nous en reste encore à voir avant la sortie de l’album en mai. Onnous a présenté des morceaux qui témoignent clairement de latendance du groupe à explorer les sous-genres dans le groove metal,power metal et d’autre genre de metal à saveur des années 80. EntreToo Much et Behind the Curtain,on comprend le désir de faire chaquepièce avec ses propres traits originaux. Un groupe qui met de l’avantchaque membre avec fierté. Ce que j’en ressens est un grand respectde chacun et de son potentiel individuel pour faire grandir la formation.Tout récemment, on a vu la vidéo Criminal,mettant en premier plan Valérie Michaud pour celle-ci.
Mais cette semaine, on arrive avec unnouveau titre: Under my Hood.
Alors, on attend le lancement de l’album, qui semble, par tout hasard,être pas mal dans les dates du Sonum Fest 2025…qui sait? Voici leurnouveau vidéo:
Maintenant, voici un petit blitz sur quelques albums sortis à la fin de2024, dont j’aurais aimé vous décrire un peu plus. La vie de chroniqueurbénévole étant ce qu’elle est, même avec un maximum de volonté, elle a seslimites. Mais, en même temps, n’est-ce pas une bonne nouvelle?Voyons cela comme un underground québécois qui en a dans le ventreet qui est en pleine ébullition.
Bleeding Remains – None so Fucked
Entre le hardcore et le death metal, Bleeding Remains nous amène dans une vague de colère et d’agressivité. Parfait pour une soirée de défoulement entre amis et si vous voulez sortir, n’oubliez pas d’aller les voir à Sainte-Thérèse le 1er mars au bar-spectacle Le Montecristo. Ils seront en compagnie de Demonorgy et Insanity of Sorrow. Pour les avoir vus en spectacle avec leur nouveau matériel, ça déménage, c’est du brutal sans concession. Alors, amateurs du genre, soyez là!
Remi Thompson Moreau, vocaliste (growling) et bassiste… mais quec’est impressionnant de l’entendre propulser les enfers de ses cordesvocales. Sans aucun doute, ces jeunes musiciens sont à surveiller,impressionnant au niveau technique, et ce EP est une bonnedémonstration de leur potentiel. Certains peaufinages à faire versus lesvoies claires (back vocal), mais le produit reste de qualité. J’adore cette jeune formation de metalcore et je vais continuer à suivre leur évolution.Aller les voir à Montréal le 25 janvier, au Petit Campus. Ils serontaccompagnés de Darksider et Wooden. Toute une belle soirée metal enperspective. Bonne écoute:
Probablement un des groupes que j’aurais aimé le plus voir en spectacle lors de la sortie de l’album vers la fin octobre 2024 ou encourager sur une plateforme que j’utilise. Vous savez quand on n’est pas du pour se rencontrer! Dès mes premières écoutes de l’album à coup d’échantillons, en plus du vidéo Let there be light, j’étais très emballé par ce groupe pour sa qualité sonore. Ce petit »feeling » d’agression chuchotée d’un vocal que j’appelle ‘’whispering screaming’’ à son charme, du moins en studio. Malheureusement, pas de tournée en vue à moins d’une opportunité en or. On pourra en profiter sur Apple Music ou Spotify…à déguster pièce par pièce!
Voilà ! C’est ainsi que se termine cette petite chronique du début janvier. Une nouvelle page se tourne et j’entrevois déjà les nombreux spectacles, festivals et albums dont je vais vous remettre sous forme de chronique cette année. C’est avec optimisme et envie de défi que je vais continuer à vous rencontrer ‘’live’’ ou en écrit. Faites-vous le cadeau de venir encourager les groupes de l’underground du Québec en 2025.
Après ma quatrième présence au Maryland DeathFest, je croyais avoir vu et entendu pas mal de choses en cette longue fin de semaine. Baltimore est évidemment loin d’être une ville banale et aussi la route pour s’y rendre. De plus, le fait d’être à un festival metal est déjà en soit quelque chose de peu commun, que ce soit celui de l’envergure du MDF ou le Wacken Open Air en Allemagne, le Hell fest en France ou le Metal Camp en Croatie, sans parler des deux croisières. Le MDF n’est certes pas le plus grand mais pour les États-Unis, après une douzième édition il apparaît sans doute comme celui le moins susceptible de se vider et de s’affadir. C’est pourquoi j’ai encore quelques images à rapporter de ces instants inoubliables.
-Notre passage aux douanes n’a pas été sans histoire cette année. En 2011, nous avions été retardés quelque peu mais cette année, le sort a voulu que nous connaissions les joies de connaître le jeu « Bon cop – Bad cop » des agents du US Department of Homeland Security. Après avoir été intimés de nous stationner, nous avons eu à nous rendre dans un grand local glauque, ressemblant à une salle d’attente avec ses rangées de bancs fixes et son long comptoir en métal. Après nous avoir laissé poiroter un peu, trois agents en uniforme noir nous ont demandé de retirer ce que nous avions dans nos poches et portefeuilles, en nous posant des questions une après l’autre. Je crois avoir eu celui qui joue l’air bête, tandis qu’un autre semblait intéressé par le MDF. Ça fait drôle de se faire regarder comme un passeur de drogue, j’vous jure… Peu après nous avoir fait encore attendre avec l’agent « Bon cop » (ses collègue fouillaient nos bagages dans la voiture, nous avons enfin pu sacrer notre camp du local en ayant droit à de grands sourires chaleureux des Américains, satisfaits d’avoir rempli leur mandat. J’étais aussi soulagé qu’à la fin d’un passage chez le dentiste…
-Si vous utilisez un GPS, assurez-vous de bien le programmer et surtout, de décocher la case « Routes sans péage ». Vous ne perdrez pas de temps dans des routes secondaires vous amenant dans l’État vers l’ouest ou pire, dans des chemins de terre reliant des villages aussi pittoresques qu’ils peuvent l’être à 23h30 après une soirée entière sur la route, sans trop savoir pourquoi on ne prend pas l’Interstate 87 comme d’habitude…
-Si jamais vous allez au MDF l’an prochain, je vous conseille l’hôtel Home 2, situé sur la rue Pleasant, au centre du secteur touristique. Il n’y a peut être pas de piscine mais c’est vraiment proche du site extérieur et des bars de spectacles. D’ailleurs, Luc nous a fait remarqué que le groupe Candlemass et sa suite logeaient au même hôtel que nous.
-Cette année, outre le célèbre gars déguisé en poulet jaune que nous avons l’habitude de voir à chaque édition, il y avait également quelques autres « mascottes »: un gars déguisé en vache, un autre avec une tête de cheval (la plupart du temps vu à faire du body surfing et à se faire attendre par les gars de la sécurité à l’avant de la scène), un autre encore en pot de moutarde, un type qui s’est promené sans autre chose que son Speedo aux couleurs de l’album « Symbolic » de Death et en espadrilles toute la fin de semaine, sans oublier la tendance de nombreux spectateurs à porter les chaussettes les plus hideuses disponibles sur le marché.
-Plus tard lors du dernier soir, après le spectacle de Gorguts, je suis allé serrer la main à Luc Lemay au comptoir de la merch de son groupe. Le petit étonnement dans son regard lorsqu’il m’a entendu lui parler en français pour le féliciter de sa prestation! On a été quand même au moins une vingtaine de Québécois à s’être déplacés à Baltimore cette année, à vue de nez.
-C’est bien bon l’odeur de la viande sur le barbecue sur le site mais à un moment donné, j’ai décidé de ne manger que du végé pour le reste de la fin de semaine. À mon avis, c’est pas mal plus prudent si on veut éviter les désagréments gastriques occasionnés avec la bière IPA amplement vendue sur place…
-J’en ai vu de tous les genres comme musiciens sur scène mais la palme du gars avec la plus belle face de bandit faisant partie d’un groupe va au chanteur-bassiste de Diocletian. Il devrait se présenter au casting de la prochaine série de type « Prison Break« , il serait parfait pour le rôle principal…
-Une jeune femme m’a demandé pour me prendre en photo car je portais un t-shirt du groupe Eastern Front, relativement peu connu en dehors de la Grande-Bretagne et l’Europe. Elle connaissait un des membres du groupe et elle était très surprise de voir quelqu’un qui connait leur musique.-Nous sommes revenus le lundi après dix heures de route, mon record pour le plus court trajet entre Baltimore et Montréal. Ça m’a pris quand même deux jours à m’en remettre et j’ai trouvé le tour d’aller à la finale du Wacken Metal Battle Canada, version Québec pour acclamer Hidden Pride, malgré la fatigue et les oreilles encore bourdonnantes…
Deux jours après notre retour, les effets de la fatigue et de la route s’estompent. La réalité est revenu aussitôt après avoir remis les pieds à mon lieu de travail, surtout lorsque j’ai réalisé ce qu’il fallait rattraper. Une collègue me l’a dit, mon absence a paru car en effet, on ne m’a pas remplacé.
Durant toute la journée d’hier et aujourd’hui, on m’a demandé comment c’était le Maryland Deathfest. Il a fallu que je fasse court à chaque fois, pour essayer de donner une idée de notre fin de semaine. Judyth aussi, évidemment, elle qui travaille au même bureau que moi. Mais comme on a eu une maudite belle fin de semaine, ça ne nous emmerdait pas trop de répéter les mêmes anecdotes…
Et ici aussi, il me faut rappeler quelques événements de cette dernière journée du MDF. Je suis arrivé relativement tôt sur le site, à peu près au milieu du spectacle de Misery Index dont je ne m’estime guère en mesure d’écrire sur eux, tant ils sont connus par la majorité mais inconnu pour moi. Il m’a semblé que le groupe a eu beaucoup de succès avec la foule, à première vue. En fait, j’arrivais à ce moment de la journée pour voir les trois groupes suivants, soit Pseudogod de Russie, Wrathprayer du Chili et bien sûr Inquisition. Les deux premiers groupes, venus remplacer des défections annoncées au MDF plus tôt dans l’année, ce sont des découvertes récentes et dont il ne me fallait absolument pas manquer la prestation. J’ai été servi tant par l’un que par l’autre, d’autant plus que les deux groupes nous ont servi un black metal brutal et utilisant chacun le même type de vocal caverneux d’outre-tombe. Pour ce qui est d’Inquisition, il nous a servi sensiblement le même spectacle que lors de son passage avec Behemoth et 1349 le mois dernier au Club Soda de Montréal et que j’avais beaucoup apprécié.
Coupant court au spectacle de Soilent Green, pour manger et trouver quelques marchandises rares, je me suis par la suite retrouvé en terrain connu avec Gorguts, dont la présence était fortement attendue. Luc Lemay lui-même ne s’attendait pas à une telle réception enthousiaste, y allant même d’un «Tabarnak!» bien senti entre deux chansons. Les fans ont en retour eu des décibels plein la gueule, à leur grand plaisir. C’est sur un tout autre registre que le groupe suivant, Uncle Acid and the Deadbeats a fait son apparition sur scène. Ne connaissant absolument rien d’autre que le nom de ce groupe, je dois admettre que ce fut ma découverte du MDF. Un déconcertant mélange de doom, de sludge et de stoner dont les références nombreuses se sont bousculées dans ma tête tout le long du spectacle. Electric Wizard, Cathedral, Confessor… tout ça à la fois! Je me suis dit de bien écouter ce groupe sur cd, une fois de retour…
C’est Candlemass qui a clos pour moi la soirée sur le Edison Lot, avec un spectacle à mon avis le meilleur de la fin de semaine, avec celui de Tankard la veille. En pleine forme, les vétérans de la scène doom ont enchaîné les gros morceaux avec une vigueur de gars de vingt ans, à notre plus grand plaisir. Ce fut un curieux moment de chanter avec joie et à l’unisson une chanson telle que « In Solitude » à la fin du spectacle…
Pressé de passer me reposer un peu à l’hôtel avant de retourner au Rams Head une dernière fois, j’ai laissé tomber le spectacle de My Dying Bride. Je croyais à ce moment-là que mes forces me permettraient de voir les derniers spectacles du MDF jusqu’à la fin, en dépit de notre départ matinal le lendemain. Las! Une fois sur place, c’est sur un fond de barrage d’artillerie que je fut accueilli par le spectacle de Diocletian, probablement le groupe le plus bruyant qui m’ait été permis d’entendre, hormis celui de Morbid Angel au Medley de Montréal il y a une dizaine d’année… Un blackened death brutal certes mais plus un moins convaincant. D’Ulcerate, je n’ai retenu que le groupe était de la même mouture, avec une finesse un peu plus évidente que le précédent mais c’est à ce moment que j’ai flanché et choisi de revenir au bercail.
Je vous reviendrai pour un dernier rapport, ce sera quelques anecdotes de voyage que je vous raconterai. À+!
Des gens qu’on dit chanceux (mais qui doivent surtout être considérés comme des gens qui savent ce qu’ils veulent et prennent les moyens pour l’obtenir) sont présentement au légendaire Maryland Deathfest 2014 à Baltimore et Alain Pérusse de Montréal en fait partie.
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La vieillesse, l’âge, l’accumulation de fatigue, etc. J’ignore ce qui m’a amené à dormir dix heures d’affilée et d’avoir encore sommeil… enfin, on ne dira pas que je suis peu actif au MDF, si je compte le nombre de prestations vu à date: 21 depuis jeudi! La qualité de la programmation et le choix des spectacles, tout comme l’épuisement de fin de soirée, m’amène à faire des choix un peu difficiles.
La journée d’hier a été placée sous le signe des retours et du savoir-faire des vétérans de la scène thrash. Je pense notamment à Tankard. Le spectacle d’hier va sûrement rester dans la mémoire des festivaliers! Il fallait voir le moshpit impressionnant répondant à l’enthousiasme des Allemands sur scène, lesquels nous ont défilé les « The Morning After » et autre « Chemical Invasion« . Que dire aussi de Sacrifice, également dans une forme splendide après toutes ces années… j’en reviens toujours pas de les voir plus de 25 ans après avoir été présent à un de leurs spectacles à Québec, avec Soothsayer et Cremains. Leurs chansons n’ont pas pris une ride, alors que les membres du groupe ont presque tous perdu leurs poils! Je me suis surpris à chanter les paroles de « Pyrokinesis« , chanson que j’avais apprise avec mon tout premier groupe en 1988. Unleashed n’a pas été en reste, les Suédois ont rappelé qu’ils étaient encore bien présents sur scène. Eux aussi ont assuré, à la plus grande joie de leurs nombreux fans. Idem pour Dark Angel, dont c’était pour moi une première après tant d’années d’attente. Un plaisir évident à jouer ensemble sur scène et une réponse unanimement positive du public ont crée aussi de beaux souvenirs impérissables.
Parlant de souvenir, une autre prestation mémorable a été celle de Sarke, groupe dont on retrouve à sa tête, Nocturno Culto (Darkthrone), sorti de sa Norvège pour monter une rare fois sur scène. Bien sûr, on a tous remarqué son état d’ébriété quelque peu avancé et comme il le disait lui-même, son incapacité d’être un « entertainer ». Il a réussi avec son groupe à ravir tous les spectateur présents avec ses compositions inspirées du thrash metal des années 80, mélangeant les références musicales à la Voivod et Celtic Frost. D’ailleurs, de ce dernier groupe, Sarke ont repris eux-aussi « Dethroned Emperor« . Et comme on ne s’y attendait pas, on a eu droit à une chanson de Darkthrone… ben oui! « Too Old Too Cold« , rien que ça. Ai-je fait subitement des envieux? He he he…
De ce samedi, je suis allé voir également le spectacle d’Entrails, dont le caractère purement suédois de son death metal est indéniable. Je ne connaissais pas ce groupe mais désormais, il peut me compter parmi ses fans, suite à sa prestation. Même chose pour God Macabre. Je serais redondant de répéter la même chose. De Nocturnus, j’avoue avoir été un déçu par la qualité discutable du son, même si le groupe a joué ses compositions avec un bel entrain. La soirée s’est achevée au Rams Head pour un dernier spectacle, étant donné mon état de fatigue (et non d’ébriété, j’ai été sage!). J’espère TRÈS fortement que vous êtes allés voir Hooded Menace aux Katacombes lundi avec Beast Within. Ce que j’ai vu samedi m’a plu énormement. Imaginez un doom funeraire ultra-lourd, avec la voix la plus caverneuse possible que l’être humain peu avoir… wow!
Après la prestation de Hooded Menace, j’ai fait le déchirant choix de retourner à mon hôtel et me reposer… et ainsi rater les spectacles de Schirenc/Pungent Stench et Asphyx. Apres m’être réveillé difficilement le lendemain, il apparait que ce fut le choix le plus logique étant donné le programme de ce dimanche. Gorguts, Inquisition, Immolation, Wrathprayer, Candlemass et j’en passe. Il faut faire des sacrifices, n’est-ce pas?
Des gens qu’on dit chanceux (mais qui doivent surtout être considérés comme des gens qui savent ce qu’ils veulent et prennent les moyens pour l’obtenir) sont présentement au légendaire Maryland Deathfest 2014 à Baltimore et Alain Pérusse de Montréal en fait partie.
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Toute une journée ce vendredi! Un temps idéal pour être dehors à écouter de la belle musique, malgré le vent du large qui manque de faire voler mon chapeau…
C’est un peu après 15h00 que le festival débute avec Castevet de New York, qui nous offre son black metal progressif assez lourd, idéal pour attendre un des groupes que j’attendais le plus cette fin de semaine, soit MGLA. Malgré la chaleur, les Polonais ont joué avec capuchons, masques et perfectos comme d’habitude… leur black metal a semblé avoir plu à un grand nombre de nouveaux fans, si je me fie à la réaction de la foule. Un moment fort du MDF, sans aucun doute.
Avec la musique de The Ruins of Beverast en toile de fond, du black bien lourd, je fais un tour rapide des kiosques de merch tous situés au même endroit, séparés des comptoirs de bouffe. The Ruins of Beverast assure avec son côté ambiant, aidé par la présence d’un claviériste mais qui n’adoucit en rien le caractère de leur prestation. C’est encore un autre groupe black d’Allemagne qui fait suite, Necros Christos dont plusieurs spectateurs attendaient impatiemment la présence, apparemment la première en sol américain. Ayant connu le groupe l’an dernier, je peux vous assurer qu’il n’a pas été décevant, loin de la! La voix caverneuse de leur chanteur résonne encore ce matin sur le terrain de l’Edison Lot!!! Alourdi par les t-shirts achetés (vous l’avez devinez, j’ai eu une liste par les copains…) je dois faire un aller-retour à l’hôtel, ce qui m’a fait manquer Solfastir…
Une autre prestation incontournable pour moi et mes compagnons de voyage a été celle de Taake. Toujours aussi furieux, les Norvégiens en ont mis plein la vue et les tympans. Il fallait voir Hoest arriver sur scène avec une immense cape à capuchon noir, tel un Mephisto de cauchemar… en très grande forme, le groupe nous a livré ses blasphèmes de façon magistrale. Pour m’assagir un peu, comme si c’est possible, je suis allé voir ensuite les vétérans de Cancer dont je connaissais très peu la musique à l’époque. Leur death metal a plu à de nombreux spectateurs mais m’a laissé plutôt tiède, réalisant durant le spectacle que leurs compositions sont généralement du même moule. Quand même, leur reprise de « Dethroned Emperor » de Celtic Frost a été impeccable.
C’est Agalloch qui a suivi Cancer, un autre moment fort. Pour les amateurs plus mélomane, le groupe a livré une excellente prestation rappelant les paysages de l’Oregon, les landes et les forêts sous la lune, si ça peut donner une idée de leur black metal atmosphérique teinte de progressif. Le temps de voir et d’entendre At the Gates pour quelques-unes de leurs chansons m’amène à quitter le site de l’Edison Lot pour aller au Rams Head, afin d’y voir les prestations de Bolzer, Enthroned et Incantation. De Bolzer, ce fut une belle découverte, le duo guitare-batterie de Suisse nous a asséné un blackened death mémorable, je crois avoir été autant surpris que la plupart des spectateurs présents. De même pour Enthroned, les Belges ont été en très grande forme. Cette fois-ci, ils ne se sont pas faits voler le show comme aux Katacombes en 2010 par Destroyer 666! Du black puissant qui casse et amène les métalleux à s’épuiser devant la scène. Pour Incantation, je suis resté le temps de quelques chansons, convaincu comme il y a plus de vingt ans de cela aux Foufounes Electriques que ce groupe a composé selon un seul canevas. Pas que leur death metal soit mauvais, il est seulement… répétitif. En me rappelant aussi que la journée de samedi ne sera pas de tout repos, je rentre à l’hôtel pour enfin retirer mes bottes…