by Louis Olivier Brassard Gelinas | Nov 23, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Mayhem
« Esoteric Warfare«
Season of Mist
2014
«Watchers»
«Psywar»
«Trinity»
«Pandaemon»
«MILAB»
«VI. Sec. »
«Throne of Time»
«Corpse of Care»
«Post Human»
«Aion Suntelia»
Bonus (version digitale):
«Into the Lifeless»
Le Black Metal et même le Métal extrême en général n’auront jamais connu de légendes plus importantes que Mayhem. Effectivement, Euronymous, le défunt fondateur de cette horde psychopathologique et véritable parrain du Black Metal norvégien serait certainement fier de l’héritage malsain associé au nom Mayhem. Musique innovatrice diaboliquement malsaine, meurtres, suicide, incendies criminels d’églises méthodistes et spectacles controversés; la troupe d’Oslo aura absolument tout fait. Or, plusieurs étaient sceptiques quant à l’avenir du groupe après le départ du guitariste Blasphemer, principale force créatrice de Mayhem depuis son arrivée en 1995, suite à la parution de leur dernier opus intitulé «Ordo ad Chao» (2007). C’est donc avec une grande curiosité que les fanatiques de Mayhem accueillirent cette année la parution exubérante en une multitude de formats (l’album est disponible en 16 versions allant de digitale au double LP de couleurs multiples) du nouvel album du groupe, habilement intitulé «Esoteric Warfare» sur une thématique lyrique d’expérimentations en guerre psychologique. Attaquons-nous donc à décortiquer ce nouvel album qui aura mis sept ans à naître.
Tout d’abord, lorsque «Watcher» démarre avec ses barrages d’accords dissonants livrés par les nouveaux guitaristes Teloch et Charles Hedger, suivis d’une autre performance incroyable de Hellhammer à la batterie et des voix sublimement malsaines d’Attila Csihar, l’auditeur remarquera inévitablement une écriture musicale plus structurée que sur l’opus précédent. En effet, malgré l’utilisation récurrente de variations rythmiques axées sur des passages rapides et violents alternants avec des passages lents et atmosphériques comme sur «Ordo ad Chao», les motifs du nouveau compositeur Teloch suivent des structures musicales plus serrées et intelligibles que les expérimentations déstructurées à saveur Noise livrées par Blasphemer sur ledit précédent opus. La production, quant à elle, reste particulièrement similaire à celle de l’album précédent avec un accent mis sur la malpropreté des guitares et des voix qui accentue la folie musicale de Mayhem. Cependant, les auditeurs érudits noteront une heureuse mise en évidence de la batterie et de la basse comparativement à «Ordo ad Chao», ce qui permettra une meilleure appréciation de la performance d’ensemble du groupe. La première moitié de «Esoteric Warfare» fera donc les délices des amateurs de délires psychotiques, comprenant les meilleurs moments musicaux de l’album avec des pièces puissantes et bien construites. Toutefois, après «MILAB» la bande s’égarera dans les méandres tortueux de compositions de moins en moins inspirées et énergiques telles que: «VI. Sec. », «Throne of Time», «Corpse of Care» et «Post Human», avant de revenir à des idées un peu plus intéressantes quoique n’égalant pas le début de l’album sur «Aion Suntelia».
En somme, bien que démarrant sur les chapeaux de roue, bénéficiant d’une production lui permettant d’exploiter à fond son côté malsain et donnant lieu à une performance époustouflante de Hellhammer et d’Attila, «Esoteric Warfare» souffre d’une panne progressive d’inspiration et d’énergie à mi-parcours qui en fera un album inégal. On en retiendra donc des structures et motifs rythmiques extrêmement intéressants ainsi que des voix à faire dresser le poil sur la nuque, mais aussi une certaine déception reliée à un sentiment de remplissage dans la seconde partie de l’album avec quelques pièces franchement médiocres. La commercialisation de l’album en de multiples formats et couleurs tape-à-l’œil ne parviendra pas à faire oublier qu’il ne s’agit en fin de compte que d’une entrée moyenne dans la discographie de l’illustre groupe norvégien.
Pièces favorites: «Watchers», «Psywar», «Trinity» et «Pandaemon»
6,5/10
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Jee | Nov 15, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Wovenwar
« Wovenwar«
Metal Blade Records
2014
Suite à l’arrêt forcé de As I Lay Dying dû aux problèmes judiciaires de leur chanteur Tim Lambesis, les musiciens ont décidé de se créer une nouvelle entité, Wovenwar. Dans la continuité de groupe tel Trivium et un peu de Tesseract mais ajoutant une touche bel et bien power métal, il nous présente ici un album éponyme riche en mélodies. Mises de l’avant, les voix cleans sont partout sur cet album. Un mélange de lourdeur, de vitesse et d’envolées, de solos et d’un côté épique; une vraie fresque glorifiante de par un son moderne et une énergie chevaleresque. Et parfois le groupe part sur des balades émotionnellement chargé. Non je n’ai pas pleuré…
Wovenwar, c’est un de ces bands plein d’énergie, influencé par la vague émo, mais ayant des racines de l’épopée power métal de voilà 15 ans. La production est excellente, professionnelle et juste. Il y a beaucoup de fromage pour ceux qui savent l’apprécier à bonne dose et au risque de me répéter, la force de cet album est à quel point tout est calculé mélodiquement pour nous accrocher. La rythmique y apporte une force et une petite touche groove métal qui rentre bien au poste! Donc un mélange de style réussi dans tous les aspects, sauf celui d’être vraiment original. On retrouve au cour de l’album plusieurs moment plus recherchés, mais dans l’ensemble il s’agit de musique grandement accrocheuse qui devrait vendre amplement. Personnellement, j’apprécie plusieurs aspect mais aucune des chansons de Wovenwar ne fera partie de ma playlist spéciale de chansons favorites.
J’ai particulièrement aimé des titres tel que «Death To Rights», «Identity» et «Profane» et j’ai eu beaucoup de difficultés avec «Archers»
Donc en résumé, bien construit commercialement, mais ça manque un peu d’originalité pour ceux qui cherche à approfondir un peu.
Jee
by Stéphan Levesque | Nov 15, 2014 | Chroniques, Critiques, Critiques d'Albums, Les "Elles" du Métal

Voici le retour de ma chronique régulière après avoir cédé la place à mon amie Graciela le temps de mes vacances en Europe durant lesquelles j’en ai profité pour assister pour une 2ème année consécutive au Metal Female Voices Fest en Belgique (où j’ai fait de belles rencontres, vous pouvez d’ailleurs me voir en compagnie ma chanteuse préférée, Heidi Parviainen) et aussi rendre visite au groupe polonais Hegemony qui m’a chaleureusement accueilli dans son local de pratique pour un petit concert privé. Je vous prépare d’ailleurs un petit texte à ce propos. Bref, ce fut de belles vacances et je vous mets ici le lien pour ma revue du festival belge au cas où vous l’auriez manqué lors de sa publication.

Maintenant, comme je disais, voici ma chronique régulière. Deux groupes à découvrir qui nous offre leur première parution. – Stéphan

From Light Rose the Angels
Éponyme (mini-album)
Autoproduit
2014
Si vous m’avez suivi tout au long de l’année (je le souhaite bien!) et que votre mémoire ne vous trahit pas trop, vous vous souviendrez possiblement que je vous ai vanté les mérites de la chanteuse américaine VK Lynne. Cette dernière, à la voix solide et riche, a par le passé démontré son large champ d’action, autant en solo avec son Whiskey or Water, à saveur folk-blues-rock, qu’avec Vita Nova où elle démontrait son talent au niveau du rock symphonique, ou bien encore au sein de StOrk, où sa contribution vocale se mariait à merveille avec le prog métal plus lourd.
Cette fois, la sirène à la chevelure rose est de retour au centre d’un tout nouveau projet nommé From Light Rose the Angels, où elle s’est entourée de deux musiciens d’origine finlandaise: le claviériste/guitariste Janne Tamminen et le bassiste Arno Nurmisto, ainsi que de deux de ses concitoyens, soit le batteur Justin Lee-Dixon et le guitariste principal Andrew Faust, qui s’exécute aussi occasionnellement comme chanteur. Récemment, le quintet a décidé de lancer sur le marché un album éponyme, qui est en fait un mini-album composé de sept titres, totalisant une trentaine de minutes.
Traditionnellement, ces mini-albums constituent des cartes de visite, des éléments destinés d’abord à être envoyés à des maisons de disques afin de décrocher une entente: des démos de luxe, en quelque sorte. Surprise ici, le nouveau groupe montre dès ses premiers pas une belle cohésion et offre aux auditeurs une solide introduction. Au niveau du style, ce EP se situe aux frontières du métal et du rock mélodique. Bref, les amateurs de métal pur et dur ne seront peut-être pas séduits par cet essai. Toutefois, tous les éléments en place sont bien maîtrisés et donnent pour résultat un album à la sonorité très avenante.
Ce sont les mélodies qui constituent la grande force du EP, les chansons étant très faciles à assimiler, sans tomber dans la facilité. L’ensemble est bien construit et, comme mentionné ci-haut, se fait attrayant pour plusieurs types d’oreilles. « The Grey Returns » est de signature plus pop-rock et entre immédiatement dans la tête, tout comme « Selfish » et « Proud 2B« , tandis que des pièces comme « Holding Stones » ou « Tear Down the Horizon » sont de nature plus symphoniques et pourraient être classifiées dans ce qu’on pourrait appeler du «métal léger». « Tear Down the Horizon« , en particulier, se révèle comme la pièce la plus substantielle du disque, avec des arrangements de claviers denses qui plairont sans l’ombre d’un doute aux fans de «sympho». Quant à « Blood Roses« , il s’agit d’une jolie ballade acoustique, mettant en vedette la toujours efficace VK. L’album est également agrémenté par une version acoustique fort agréable de « The Grey Returns« .
Quant à l’aspect de l’instrumentation, on ne peut que constater la solidité des composantes. Janne Tamminen a réussi à orchestrer de beaux arrangements aux claviers, les superposant habilement afin de créer une appréciable densité sonore, bien renforcée par la batterie de Justin-Lee Dixon qui se retrouve constamment placée à l’avant, aidant davantage à ingérer les mélodies et nous amenant surtout à taper du pied ou à brasser la tête. L’aspect métal est renforcé par Andrew Faust qui vient semer ici et là des notes gutturales. À mes oreilles, c’est toutefois VK Lynne qui vole la vedette. Je suis une fois de plus épaté par la richesse vocale déployée par la dame. Sans tenter de s’aventurer dans un territoire lyrique, elle réussit encore une fois à offrir une démonstration de chant des plus solides. Parfois, le talent d’une chanteuse ne doit pas être évalué par la force des notes poussées, mais bien par la variété de ces notes. C’est ici la grande force de VK Lynne: se faufiler partout et chanter à merveille tout ce qui lui tombe sous la main, avec un talent remarquable et une voix chaleureuse immédiatement identifiable.
Ce premier pas discographique se révèle somme toute fort agréable, From Light Rose the Angels nous gratifiant d’une musique qui se laisse écouter avec le plus grand plaisir. De plus, voici un disque que vous pouvez faire jouer un peu partout, même lorsque des oreilles sensibles se trouvent dans la pièce, sans vous faire traiter de satanique ou de sanguinaire! Plus sérieusement, ce EP nous éclaire très bien sur le potentiel du groupe; nous ne pouvons qu’attendre la suite avec enthousiasme. Habituée de se promener d’un projet à l’autre, souhaitons que VK Lynne s’accroche plus longuement à celui-ci, la suite à ce départ prometteur pouvant être des plus intéressantes.
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Innerly
« In Praise of Shadows«
Démo autoproduit
2012
N’ayant pas peur de le dire, dans plusieurs cas les démos ont une valeur plutôt limitée. Ajoutons simplement que ces enregistrements sont davantage des essais qui peuvent nous donner à tout le moins une idée de ce qu’un groupe peut valoir. Il arrive toutefois d’entendre des démos qui sonnent mieux que les autres, c’est pourquoi je me permets de vous parler brièvement du groupe français Innerly et de son démo « In Praise of Shadows« .
Innerly est une de ces découvertes faites par hasard, en flânant sur YouTube. La chanteuse du groupe, Katia Iva, produit des reprises de Nightwish fort intéressantes, elle qui est dotée d’une voix assez vaste et puissante pour interpréter le répertoire des Finlandais, tout en agrémentant le tout d’un instrument que j’ai toujours trouvé intéressant dans l’absolu: le violon électrique. C’est quelques instants plus tard que mon agréable surprise est devenue doublement intéressante lorsque j’ai découvert que la dame faisait partie d’un groupe. Il est en effet plus enthousiasmant comme mélomane de se frotter à du nouveau matériel plutôt qu’à des reprises, aussi bien rendues soit-elles.
Ayant parlé de Nightwish, on doit reconnaître qu’Innerly se tient dans le territoire du célèbre groupe, particulièrement lorsqu’on porte attention aux claviers qui sonnent dans la veine de ceux de Monsieur Holopainen, version Wishmaster. Soyons toutefois clairs, on ne se retrouve pas confrontés à de vulgaires clones, Innerly réussissant tout de même à se forger une identité bien à lui. L’ingrédient le plus intéressant s’avère sans l’ombre d’un doute le violon électrique, que le groupe n’hésite pas à utiliser au coeur des compositions. Le son très coloré de l’instrument rehausse l’ensemble, la partie centrale de « Gaïa’s Awakening« , la première chanson, en témoigne.
« Dark Waters« , même si elle est relativement courte (3:26), nous fait vivre plusieurs changements d’ambiance, et est agrémentée d’une solide performance de la section rythmique. « When Witches are Born » soutient la comparaison dans le même registre: entrée ambiante, guitare bien en avant bien soutenue par les claviers, et ensuite intéressantes variations du rythme et de l’atmosphère. De plus, la voix de Katia Iva, très souple et se déployant sur une large étendue, fait merveille et contribue à ajouter une touche d’inspiration fantastique au tout.
C’est toutefois sur la longue « Regrets and Hope » (8:25) qu’Innerly se laisse pleinement aller. Comme toujours, la durée joue en faveur de la composition, alors que les thèmes peuvent être pleinement développés. Encore une fois, c’est la variation des ambiances qui s’exprime bien ici, alors qu’on se retrouve face à une rythmique purement power metal pour se rendre, sans crier gare ou presque, à des passages plus calmes. De plus, le groupe n’hésite pas encore une fois à judicieusement utiliser cet hypnotisant violon, et surtout il le fait sans avoir peur de s’aventurer dans de grandes envolées instrumentales qui se font au profit de la voix: un groupe plus établi comme Stream of Passion par exemple, n’ose pas à mon grand regret sacrifier quelques parties du divin chant de Marcela Bovio pour la laisser user d’un instrument si original (du moins il l’est dans un univers métal). Innerly sait donc mettre cet élément à profit pour tenter de se dégager du lot, ce qui est extrêmement louable. La longue partie instrumentale de cette pièce de fermeture est d’ailleurs bien pimentée de claviers, de guitare et de violons, faisant de cette séquence musicale un moment réellement mémorable.
Dommage que tout ceci ne s’arrête qu’au bout de quatre chansons, mais on ne peut que s’encourager en se disant que si Innerly est parvenu à présenter un démo de cette qualité (en plus d’être bien exécuté, c’est également très bien produit), le premier véritable album pourrait faire beaucoup de bruit dans le milieu métal. Oui, la relève est là, elle ne demande qu’à être entendue. D’ailleurs, souhaitons que les chansons de ce démo se retrouvent sur le premier album, elles y méritent pleinement leur place.
by Caro Roy | Nov 10, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

A Scar For The Wicked
»The Necrobutcher » EP
Self-release/Independent
2014
Pièces :
Silence Vile Temptress
Within The Rot
Surrounded By Giants
The Necrobutcher
The Blood Ritual
Membres du groupe :
Ryan Kenyeres – Voix
Eric Forget – Voix
Joe Kenyeres – Guitare
Adam Semler – Guitare
Max Moore – Basse
Nick Rodgers – Batterie
A Scar For The Wicked (ASFTW), groupe canadien originaire de la ville de Perth en Ontario, sort enfin son 1er EP, le 8 août dernier. Je vous explique mon enthousiaste. J’ai eu l’occasion d’assister à quelques prestations du groupe, à Ottawa et en Outaouais. Dès leur première pièce, ASFTW m’a captivé, tant par la qualité de leur matériel musical que par leur présence sur scène et leur connexion avec le public. Toutefois, à ce moment, la formation ne possédait aucun matériel possible de se procurer en spectacle. À mon grand bonheur, ils ont remédié rapidement à cette situation, quelques mois plus tard, avec leur EP « The Necrobutcher« , enregistré chez Silver Wings Studios à Montréal.
ASFTW nous présente ici un album de deathcore à la fois technique et mélodique. La formation, fondée en 2012, est composée de 6 membres, dont 2 chanteurs principaux, qui contribuent fortement à rendre le groupe si unique. Les vocaux de Ryan Kenyeres et Eric Forget, qui fusionnent une voix growl à une voix plus criarde et perçante, se complètent agilement. Les deux chanteurs sont très versatiles et en contrôle de leur organe vocal. La première pièce, « Silence Vile Temptress » nous peint déjà le portrait de l’album, qui débute avec un cri intense des 2 chanteurs pour poursuivre ensuite avec des riffs techniques autant au niveau des guitares, de la basse qui utilise un vocabulaire musical développé et de la batterie, nous permettant de constater immédiatement que le batteur maîtrise bien l’art du « double bass-drum », qu’il a de bonnes capacités techniques et qu’il est très « tight ». L’album se poursuit avec « Within The Rot« , une pièce qui groove et alterne entre des riffs techniques et d’autres riffs plus répétitifs. Ensuite, « Surrounded By Giants« , une pièce qui dégage une atmosphère assez lourde, particulièrement marquante par les cris profonds et intenses du début et le travail de guitare qui place autant des passes mélodiques et de sweep picking que des riffs « chug-chug » durant la pièce ainsi qu’un solo mélodique à la fin. J’apprécie particulièrement le fait que les musiciens ont un bon niveau technique mais qu’ils utilisent ce talent pour faire de la musique et non seulement pour battre un record de note à la minute. Plusieurs groupes négligent l’aspect musical au détriment de l’aspect technique et ce n’est pas le cas pour ASFTW qui arrive à trouver un équilibre efficace entre les deux. L’avant-dernière pièce « The Necrobutcher« , pièce titre de l’album, nous offre encore de l’intensité, utilisant blasts beats précis, breakdowns et solo mélodique. L’album se termine, beaucoup trop tôt, avec « The Blood Ritual » qui débute par une introduction ambiante, monte en intensité et se conclue par un picking « clean » à la guitare, où on peut entendre une basse très présente.
En plus d’offrir une production et une présentation très professionnelles, l’album « The Necrobutcher » ne tombe pas du tout dans des »patterns » redondants ou ennuyants et ne donne aucun répit de brutalité à l’auditeur. Sans aucun doute, l’album en vaut vraiment l’écoute et si vous avez la chance d’assister à une de leurs prestations, je vous le recommande fortement. Malheureusement, l’album ne dure que 18 minutes et nous laisse l’eau à la bouche, mais, bonne nouvelle: le groupe est présentement en processus d’écriture pour un album complet qui devrait voir le jour en 2015.
\m/ C@w0o0o \m/
by Chris Wheeler | Nov 5, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

AlgomA
« Reclaimed by the Forest«
Deadbeat Media
2014
Imposing, Vulgar Mass of Canadian Sludge!
With the release of a new EYEHATEGOD album this year, Stoner fans will be chomping at the bit for other slower, syrupy dirges to misery and personal torment. Enter ALGOMA, an Ontario band that certainly plays “slow and furious” with Stoner Doom determination. Being the first album for the trio, “Reclaimed by the Forest” is set to compete with the “big boys”!
“Bedsores” opens the record with an excerpt from the film “Requiem for a Dream” before cascading into headbanging, agony-ridden minimalist doom that will keep fans gyrating in syncopated motion! “Fell Down a Well” continues the momentum as Kevin Campbell’s vocals are articulate but wracked with shouted pain. “Tertiary Syphilis” is a strong number starting with a bout of feedback and drum pattern only to be cut by the wall of sound. Here, Campbell’s voice takes a more tortured and twisted approach than usual which suits the music well and makes for a highlight!
What ALGOMA excel at are the “memorable riffs” that are heard on cuts, “Reclaimed by the Forest” and “Go On, Git” (beginning with a film excerpt from Tom Hanks classic, “The Burbs”). When strong chords and crashing drums are at the fore, the band sound “big”, but it’s the hummable notes and “faster” rhythms that really set ALGOMA apart. Finisher, “Extinct Volcanoes” takes a little while to get going, for example, repeating the same guitar arrangement but when those strained vocals come through, one takes immediate notice. The syrup continues to drip until from out of nowhere the song takes a left turn towards a real foot-stompin’ energy that slowly fades back to a slow crawl.
Ontario’s ALGOMA make a noticeable impression with their debut, “Reclaimed by the Forest” with aural strength and a heaping of Sludge. Although, what really stands out are the riff ideas that take the listener away from conventional Doom and drop them squarely into areas a bit more illuminating.
Standout Tracks: “Tertiary Syphilis”, “Go On, Git”
7/10
Chris
by Mathieu Audet | Nov 4, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Devin Townsend
« Z2 »
2014
Jadis, je n’étais pas le plus grand fan de Devin Townsend. Pas que je n’aimais pas ce qu’il faisait, mais son style me laissait un peu indifférent, à la limite… Ce n’est que lorsque j’ai eu la chance de voir son spectacle live « The Retinal Circus » paru en 2013 que j’ai pogné la piqûre pour lui! Tant d’extravagance ne pouvait me laisser indifférent plus longtemps, et j’en ai profité pour me replonger dans la majorité de son catalogue. Devin ne chôme pas. Depuis le début des années 2000, il sort un nouvel album presqu’à chaque année, et parfois nous gâte avec plus d’un album par année!
J’aimerais dire d’entrée de jeu que je ne suis peut-être pas la personne la mieux placée pour faire cette critique (je ne connais pas tous ses albums sur le bout des doigts), mais le représentant d’Inside Out Music a été très aimable de m’envoyer l’album, même si je ne l’avais pas demandé, et dans la vie il faut foncer, alors je fonce!
Avant d’y aller avec la critique de l’album en tant que telle, il est important d’apporter quelques précisions sur la nature du contenu de « Z2« . Depuis que l’aventure Strapping Young Lad est terminée pour lui, Devin Townsend sort ses albums sous deux noms: Devin Townsend (DT) et Devin Townsend Project (DTP). « Z2 » est donc une sortie double qui est constituée de deux disques bien distincts. Le premier disque, intitulé « Sky Blue« , est un album paru sous le nom de DTP. Le deuxième disque, intitulé « Dark Matters« , est un album paru sous le nom de DT, et est la suite directe de l’album « Ziltoid the Omniscient » sorti en 2007. Cet album avait été très apprécié des fans qui, après plusieurs années d’attente, peuvent enfin se régaler de cette suite. Les deux disques viennent donc ensemble dans un seul emballage.
Je trouve la décision de sortir les deux albums ensemble un peu douteuse… J’ai l’impression que chacun des deux albums auraient pu bénéficier d’une sortie indépendante, ne serait-ce qu’à quelques mois d’intervalle, et jouir d’un peu plus de visibilité. Le nom officiel de cet album double est « Z2 » (une référence directe à « Ziltoid the Omniscient« ), et le contenu qui y est associé n’est même pas le premier disque, mais le deuxième. Mais bon, j’imagine que si la décision a été ainsi prise, c’est qu’il devait y avoir des avantages pour lui ou sa maison de disques…
Abordons donc le premier disque, « Sky Blue« . Les douze chansons qui y sont présentes sont en plein dans le style auquel Devin nous a habitué sur ses albums précédents. Ceux qui connaissent bien « Addicted« , « Deconstruction » et « Epicloud » retrouveront immédiatement le style de chanson de ces albums. Ne cherchez pas trop les solos de guitares, les structures et les tempos plus complexes, Devin les a délaissés depuis longtemps pour des chansons plus directes, plus simples, plus pesantes, mais bien variées. L’album se termine de façon un peu trop mollo à mon goût par contre. Mes chansons préférées sur ce disque: « Rejoice« , « Fallout« , « A New Reign » et « Universal Flame« .
*suite après cette interlude musicale
Le deuxième disque, intitulé « Dark Matters« , est la suite directe de l’album « Ziltoid the Omniscient » paru en 2007. Sauf que cette fois-ci, c’est plus pesant, plus ambitieux, plus grandiose et beaucoup plus extravagant. La production est nettement supérieure au premier album Ziltoid, qui avait été produit, réalisé et enregistré entièrement par Devin lui-même avec un minimum de budget. Il y a beaucoup plus de narration sur « Dark Matters » que sur le premier, mais c’est très bien exécuté et ça ne tombe pas sur les nerfs. Pour ceux qui préfèrent écouter l’album sans les narrations, il y a un troisième disque sans les dialogues. C’est le genre d’album qu’il faut écouter d’un bout à l’autre pour en apprécier pleinement toute l’ampleur et les subtilités. Pour ceux qui sont familiers avec l’extravagance scénique qu’a su démontrer Devin avec son spectacle « The Retinal Circus« , réjouissez-vous! Devin a l’intention de produire un autre spectacle extravagant, cette fois-ci sur les aventures de Ziltoid (gageons que le spectacle couvrira les deux albums). La date et l’endroit de la performance sont déjà déterminées: Ce sera le 13 avril 2015 au Royal Albert Hall. Le gros bon sens nous dicte que ce spectacle sera fort probablement filmé sous tous les angles possibles, et que nous en profiterons tous lorsqu’il sortira en Bluray! Après cette performance, l’ami Devin prendra une pause de recording/touring d’au moins un an, le repos du guerrier bien mérité!
Donc, si on résume, le premier disque « Sky Blue » nous offre du bon Devin Townsend classique bien balancé, tandis que le deuxième disque « Dark Matters » continue la saga extravagante (est-ce que je vous ai dit que c’était extravagant?) de Ziltoid. L’histoire de la musique nous a prouvé que c’est rarement une bonne idée de faire une suite à un album qui a très bien marché (et les exemples sont multiples, à quelques exceptions près), mais dans ce cas-ci, c’est en plein sur le coche! Et quelque chose me dit qu’on a pas fini d’entendre parler de Ziltoid…
Notes:
« Sky Blue« : 7.5/10
« Dark Matters« : 9/10
Mathieu