Critique d’album: Wovenwar – « Wovenwar »

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Wovenwar

« Wovenwar« 

Metal Blade Records

2014

 

Suite à l’arrêt forcé de As I Lay Dying dû aux problèmes judiciaires de leur chanteur Tim Lambesis, les musiciens ont décidé de se créer une nouvelle entité, Wovenwar. Dans la continuité de groupe tel Trivium et un peu de Tesseract mais ajoutant une touche bel et bien power métal, il nous présente ici un album éponyme riche en mélodies. Mises de l’avant, les voix cleans sont partout sur cet album. Un mélange de lourdeur, de vitesse et d’envolées, de solos et d’un côté épique; une vraie fresque glorifiante de par un son moderne et une énergie chevaleresque. Et parfois le groupe part sur des balades émotionnellement chargé. Non je n’ai pas pleuré…

Wovenwar, c’est un de ces bands plein d’énergie, influencé par la vague émo, mais ayant des racines de l’épopée power métal de voilà 15 ans. La production est excellente, professionnelle et juste. Il y a beaucoup de fromage pour ceux qui savent l’apprécier à bonne dose et au risque de me répéter, la force de cet album est à quel point tout est calculé mélodiquement pour nous accrocher. La rythmique y apporte une force et une petite touche groove métal qui rentre bien au poste! Donc un mélange de style réussi dans tous les aspects, sauf celui d’être vraiment original. On retrouve au cour de l’album plusieurs moment plus recherchés, mais dans l’ensemble il s’agit de musique grandement accrocheuse qui devrait vendre amplement. Personnellement, j’apprécie plusieurs aspect mais aucune des chansons de Wovenwar ne fera partie de ma playlist spéciale de chansons favorites.

J’ai particulièrement aimé des titres tel que «Death To Rights», «Identity» et «Profane» et j’ai eu beaucoup de difficultés avec «Archers»

Donc en résumé, bien construit commercialement, mais ça manque un peu d’originalité pour ceux qui cherche à approfondir un peu.

Jee

Critique d’album: I Declare War – « We are violent people by nature »

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I Declare War

« We are violent people by nature« 

Artery Recordings

2014

 

Je me sens presque mal… je viens tellement de me faire doser de haine viscérale, j’en perd mes mots…

I Declare War, c’est un groupe de Deathcore de Seattle extrêmement brutal, technique et surtout ambiant. Une ambiance, sale, malsaine, remplie de noirceur. Quand je découvre un nouveau groupe, souvent je tripe raide au début (ou non) et mon enthousiame s’effrite au gré des chansons. Pas avec I Declare War. Plutôt le contraire. Sentant la malignité m’envahir de plus en plus à mesure que je découvre le groupe, j’y prends une sorte de plaisir noir et je suis rapidement charmé par la puissance de la rythmique. Des chansons courtes, efficaces, une véritable nuée de taloches faites par une grosse main de biker pas fins. Tu revoles loin, ça fait mal, mais l’adrenaline est dans le tapis. I Declare War, c’est cela.

Point de vue instrumentale, I Declare War c’est d’abord une rythmique solide, puissante, entraînante, sauvage même. Bon ok, peut-être un petit peu trop de breakdowns à mon goût, mais à peine. Car ils sont efficaces pour la plupart et rajoutent à l’ambiance malsaine de l’album. Aussi, les maintes variations de tempo aident à circuler dans leur monde de pure brutalité. Les guitares sonnent tellement grasses et toutes les chansons ont des mélodies désagréables de lead à l’arrière, apportant un inconfort simplement jouissif. Ça me rappelle un vieux groupe du Québec maintenant disparu, Insect. Pour ceux à qui ça pourrait rappeler quelque chose!

Et que dire de la voix… J’adore le mélange grasse, mid et aigue. J’ai un peu de difficulté avec la voix grasse et je dirais qu’il s’agit probablement du maillon faible de l’album. Manque de maîtrise des basses et trop de nez, comme une patate dans la bouche! Mais fuck, les mids et les aigües sont tout simplement sublimes! Un peu de harsh jeté ici et là font de cet album une très belle réalisation. Bon des fois les rythmiques vocales sont un peu cul-cul et simpliste mais… dans l’ensemble c’est très bien fait!

Donc en résumé, un très bon délice. Les pièces qui m’ont le plus accroché sont « Black Heart« , « The Bad Man » et la très très excellente « Blurred Vision« . Je conseille cet album à tous les fans de Deathcore brutal et malsain. Une bonne dose d’inconfort, de violence et d’excellence.

9/10

Jee

 

 

Critique d’album: Strike It – « Zoomanity »

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Strike It

« Zoomanity« 

Indépendant

2014

Liste des pièces
Rupture
Extinction
Zoomanity
Timeline

 

Bon, j’étais en feu pendant 2 semaines à faire des reviews comme un con. Mais là, j’avais envie de me taper un album (EP) de core et mon petit camelot Dave m’a apporté sur ma table de travail, le groupe Montréalais, Strike It. Je l’ai écouté pas moins de 20 fois en boucle et j’ai soudainement eu le syndrome d’une genre de page blanche. Ou faiblement raturée. Pourquoi? Et bien, je vais vous l’expliquer dans cette revue de leur nouvel EP, « Zoomanity« .

Premièrement, je dois dire qu’à ma première écoute, je suis resté sur ma faim. J’aime le hardcore, le metalcore, le deathcore, le djent, un peu tout dans cette famille, et là, après 4 tounes, je me sentais un peu vide à l’intérieur. Pour la première fois, j’avais comme rien à dire. C’est pas que je n’aime pas ça ou que je trouve ça faible ou mal interprété ou que ce sont de mauvais musiciens. Pas du tout. C’est plus que dans la masse incroyable de core qui surgit de partout au Québec et ailleurs dans le monde, ce EP ne me donnait pas de repère précis. Pas de touche Strike It, ou de riffs tellement puissants que j’en perdais mon latin. Non, j’ai gardé mon latin bien en main.

Il y a quand même des forces dans cette musique et les voilà! J’aime la touche un peu punk dans les riffs. Une belle énergie s’en dégage et le mélange des voix plus grasses et plus criardes appuie bien cet amalgame. Une belle job de ce côté pour le vocal. Pas trop de breakdowns répétitifs aussi, apportés violemment à de bons moments bien choisis. Plusieurs fois lors de mes nombreuses écoutes, je voyais clairement une sorte de ville en ruine style «Mad Max» avec du monde pas contents et bien agressifs qui ont envie de t’égorger pour te voler tes dernières gouttes d’essences. Y’a quelque chose d’une gang de méchants sur des motos dans un monde apocalyptique dans ce que Strike It font. Bon, je me comprends avec mes images bizarres!

Donc, c’est quand même bon mais c’est un peu fade. Un bon mélange de genre, mais je trouve les 4 chansons un peu répétitives et j’aurais aimé avoir plus de moment où je suis soudainement surpris par l’originalité d’une passe ou la puissance ou l’exécution de celle-ci. Mais rien de tel. Encore une fois, je n’ai pas senti d’émotions particulières avec cet album. J’ai l’impression qu’en spectacle, l’énergie doit être malade car ça reste entrainant et bien puissant mais il manque cruellement de production pour apporter une touche de plus et faire surgir le groupe de la masse des «coreux» de ce monde. Il y a plein de bonnes idées, une belle énergie et une puissance qui frappe… mais j’ai beau me forcer, je suis incapable d’embarquer vraiment et de me dire «wow»…

Pour finir, je dirais par contre que pour les amateurs de hardcore qui cherche de la brutalité, vous allez vous y retrouver. Et je suis encore une fois convaincu que en spectacle, leur musique dois faire aller les coups de poings et coups de pieds dans le vide pas à peu près! J’ai quand même hâte de voir la direction que va prendre le groupe dans le futur et je dois dire qu’il ne leur en manque pas tant pour sortir du lot.

Donc un EP pour les trippeux core punkish pas trop breakdowné à saveur métallique. Pour ceux qui veulent découvrir de la nouveauté, vous risquez d’être décu!

6.5/10

Jee

 

Critique d’album: Black Khox – « A.K.A.B. »

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Black Khox

« A.K.A.B.« 

D7i Records

avril 2014

 

Enfin, j’ai la chance de passer en revue un groupe de chez nous. Black Khox nous offre un stoner bien crémeux à saveur moderne mais empreint d’une saleté digne de leur pochette bien drôle et accrocheuse.

Je ne connais pas très bien l’univers stoner/sludge mais je dois admettre qu’au premier accord de guitare pesant, il s’est soudainement mis à faire 40 degrés sous le soleil du Texas. Je me suis vu au ralenti avec mes bottes de cowboys sales en tabar&%$#* sur le point de me battre avec 2 gros boeufs dans un bar miteux au milieu de nulle part.

Donc ça rentre au poste. Dès les premiers accords, le groove embarque, puissant, entraînant. Un bon côté punk appuie des pièces plus que d’autres tel « Pinata » et « Kong » tandis qu’une lourdeur de pierre s’imprègne dans le premier morceau « AKAB » et aussi dans « BJ« .  Des riffs puissants, lourds parfois rapides, parfois lents et pesants. Point de vue guitares, un très bon album. « Gros » est le mot qui me vient le plus facilement à l’esprit. De bonne mélodies parsèment chaque chansons apportant une touche un peu plus unique à leur musique gargantuesquement énergique. En plus de petit leads ici et là qui font sourire plus qu’autres choses et un bon gros solo bien feelé dans « Amerinachos« . Mais ce qui m’a accroché le plus, c’est définitivement le groove.

Donc un groove qui déménage, carré, direct, sans flafla ni détour. Direct dans ta face, venant probablement de l’influence plus punk. Je ne peux empêcher ma jambe de shaker suivant le rythme de leur musique. Donc, une basse bien grasse de style « ma tante Ginette »,  comme on peut l’entendre dans l’intro de « Parasol« , qui appuie super bien l’album et une batterie qui fait le travail adéquatement! Vraiment la force de l’album à mon avis. Un groove qui transporte au chaud comme on en aurait gravement besoin présentement. Après 3 écoutes, je commençais à sentir ma bouche pleine de sable du désert. Un son et une rythmique aride, torride, chaud, sec, brûlant quoi. Définitivement un album à écouter en Cadillac en traversant l’Interstate 66.

Maintenant, je vais devoir parler de la partie vocale et lyrique de l’album. Premièrement, Black Khox, certains l’auront remarqué, c’est vulgaire! Un peu à la Urban Aliens, c’est trash, ben sale dans la musique, comme dans les paroles. Et la voix aussi. Un ton gras, direct, très punk, entre le cri et le chant. Les mélodies sont correctes, sans plus et à mon avis un peu plus de travail aurait pu y être apporté. La voix est un peu trop saturé, garoché, mais d’un sens, ca va dans l’esprit de l’album. Je trouve seulement qu’il manque une clarté que l’on trouve dans les autres instruments malgré le son sale style stoner, comme si on avait voulu masquer le vocal derrière une belle grosse saturation et bien des effets. J’aurais aimé de quoi de plus clair, mieux maîtrisé.

Donc amateur de stoner, ca rentre au poste, solide. C’est un peu répétitif, mais les grooves sont tellement bons qu’on en oublie aisément qu’ils se ressemblent d’une chanson à l’autre. Ne connaissant pas beaucoup le style, je ne peux pas vraiment me prononcer à dire si l’album est original ou non, mais j’ai passé un bon moment. Surtout avec l’instrumental que j’ai trouvé beaucoup plus recherché dans sa franchise de coup de poing dans face que le vocal qui m’a déçu.

Pour les amateurs de testostérone, de jokes de mononcs cochons, du Texas, de grooves méchants, de bouette, de femelles, de kérosène, de désert et bien sûr de bon stoner, laissez vous tenter!

8/10

Jee

 

 

Critique d’album: Mercenary – « Through our darkest days »

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Mercenary

« Through our darkest days« 

Prosthetic Records

2013

Fan de In Flames et d’autres bon band death mélo du nord, attachez votre tuque avec de la broche, Mercenary revient et frappe fort. Directement du Danemark, la formation nous amène quelques nouvelles saveurs à ce style déjà exploré plus d’une fois. Et ils le font avec brio et une maîtrise accrue de leur instrument. Alors, allons de l’avant dans l’exploration de cet opus puissant et découvrons ensemble quelle est donc cette saveur mystère dont je vous parle.

Premièrement, parlons électronique car, oui, le groupe utilise allègrement l’électro pour nous transporter dans divers univers. Dans certaine chansons dont « Forever the unknown » ou « Through the darkest days » le groupe l’utilise afin d’ajouter une touche très symphonique, créant des ambiances magistrales et hypnotiques, un peu plus épiques rajoutant une touche plutôt originale. Sinon dans d’autres excellents morceaux comme « Starving eyes » ou ‘A moment of clarity » on sent l’influence de groupes comme Soilwork ou In Flames avec une électro beaucoup plus industrielle et mélodique appuyant les guitares. Donc un excellent ajout, aucunement superflu qui rajoute une dimension extrêmement intéressante aux divers univers que cet album varié nous fait visiter.

Deuxièmement, point de vue riffs et mélodies, le groupe joue dans la simplicité teintée de bon fromage, mais avec énormément de mordant et d’agressivité. Un petit côté Trivium se ressent, mélangeant riffs accrocheurs et mélodies entraînantes comme dans « A new dawn » par exemple. Tandis que des chansons comme « Dreamstate machine » sont plus lourdes, moins mélodiques et plus axés sur un groove pratiquement metalcore qui fait bouger la tête d’avant en arrière style pigeon au lieu de tourner style moulin à vent violent comme le ferait du bon death qui se respecte. Donc simplicité et fromage bleu bien mordant alliant beaucoup de subgenre et d’exploration subtile. Pas de moment totalement fou mais une belle recherche pour mélanger les styles et faire de cet album, une expérience complète et nullement ennuyante.

Un petit moment à explorer sur la rythmique. Ceux qui recherche sensation forte style death technique ou mathcore, passez votre chemin et allez écouter des bands canadiens tel Unhuman, Sykode ou Beyond Creation. En fait, comme beaucoup de groupe du genre death mélo cheese, la basse est très absente malheureusement et la batterie fait un véritable travail de support. Un bon support mais il s’agit probablement de la faiblesse de l’album à mon avis. Trop de 4/4 bien carrés, manque d’accents, de découvertes, de passes où tu fais comme, « wow, omfg, shit man, écoute ça c’te passe là man, yo stie que ça torche c’te feel là dude« … non, pas de moment dans ce genre… faiblesse…

Et pour finir en beauté, quelle voix. Pas dans le ton qui pourtant est très bon mais n’a rien de très original, mais dans la technique incroyable de ce chanteur versatile. Dans la chanson « Welcome The Sickness« , René, le chanteur passe d’un harsh puissant, violent et très mélodique à un refrain à faire pleurer les emos de ce monde, chantant avec beaucoup d’émotions et des mélodies presque BVB. Oh, je crois que ma dernière phrase va en titiller plus d’un soit à cause du nom du chanteur, oui, René, c’est bien cela, mais il est extrêmement talentueux malgré le nom, ou à cause de l’utilisation de Black Veil Bride… BLASPHÈME! Donc René m’impressionne grâce à ses mélodies recherchées et à l’aide de son puissant scream rarissime comme dans « Beyond The Night » mais bien distorsionné et dans des refrains et prérefrains explorant très bien différents niveaux de fromage. Probablement la grande force de cet album, bravo René, la voix va du growl gras au refrain emocore en passant par des harsh trop bien maîtrisé. Bravo

En résumé, amateur de fromage et de bon vin corsé, Mercenary se déguste de plusieurs façons, sur le treadmill pour son énergie vivifiante ou sur le canapé pour la simple découverte d’un mélange de style bien éxecuté et le magnifique voyage que peut nous faire ce délicieux album. Mais amateur de bœuf saignant ou de sushis aux tentacules de kraken marinées aux baies exotiques du Népal, pas assez brutal ou technique pour vous…

Donc 8,5/10!! Mais pourquoi donc pas 10? Parce que la batterie manque d’exploration, la basse existe peu et après 3 écoutes, je vais garder cet album dans ma playlist certes, mais il manque quand même LA toune que je vais mettre en repeat pour me donner mon fix avant de partir conquérir le monde. Et aussi, j’aime le fromage, mais un brin de technicité de plus y aurait donner un goût un peu plus prononcé … pour le mieux. Voilà!

Jee