Les “Elles” du Metal

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Les “Elles” du Metal, mais c’est quoi cette bebitte? Très simple, c’est une chronique pour parler des femmes qui savent se faire remarquer dans le monde du métal québécois et international. Que ce soit des frontwomen ou des musiciennes, elles ont toutes un petit quelque chose qui leur a permis de se démarquer dans ce monde de la musique! Sans oublier que la chronique est écrite par une adepte du metal et de la musique en générale! Entrevues, présentations d’artistes, biographies, etc. La chronique sera présentée sous plusieurs formes, selon les sujets traités. Vous aimeriez que l’on parle de l’une vos artistes préférées du metal? Envoyez un courriel à notre chroniqueuse Vicky au [email protected] 

Cliquez ici pour voir la page avec toutes les éditions de la chronique.


 

Pour ma deuxième chronique, je vais vous parler du groupe de folk celtic metal ELUVEITIE originaire de la Suisse, ainsi que des femmes de la formation.

Eluveitie -Ategnatos - Pochette d'album

Bien entendu, pour tous ceux qui connaissent déjà le groupe, vous savez tous que les membres ont changé à de nombreuses reprises, mais pour cette chronique, il sera question de la formation actuelle et de leur nouvel album “Ategnatos“, qui est sorti le 5 avril.

Fait intéressant concernant les paroles de ce groupe, la plupart d’entre elles sont tirées de textes écrits en Gaulois et issues de prières, d’invocations des dieux et d’autres divinités. Eluveitie est un groupe actif dans le domaine musical depuis 2002, et le seul membre fondateur restant est Chrigel Glanzmann. À partir de novembre 2007, le groupe a signé avec la maison de disques Nuclear Blast.

Voici le plus récent vidéo tiré du nouvel album:

Voici également le vidéo de la pièce titre de l’album:

Formation actuelle

Chant et harpe : Fabienne Erni
Vielle à roue : Michalina Malisz
Violon et chœurs : Nicole Ansperger
Chant, guitare, mandoline, harpe : Chrigel Glanzmann (membre fondateur)
Basse : Kay Brem
Cornemuse, guitare acoustique, tin whistle : Matteo Sisti
Batterie : Alain Ackermann
Guitare rythmique : Jonas Wolf
Guitare Solo : Rafael Salzmann

 

Image Eluveitie

Un peu plus sur les Elles de ce groupe

Originaire de l’Allemagne, tout a commencé dès l’âge de 6 ans pour Nicole Ansperger. Elle a débuté ses cours de violon avec le professeur George Moradian. Comme ses affinités musicales n’allaient pas dans le sens de joindre un orchestre, elle a finalement commencé à jouer avec des « rock band » dès l’âge de 19 ans. Depuis, elle a enchaîné plusieurs groupes à succès tels que Paddy Goes To Holyhead et Across the Border. En 2013, elle a joint le groupe Eluveitie qu’elle a quitté en 2015 et elle l’a rejoint à nouveau en 2017.

Pour Michalina Malisz, elle était fan d’Eluveitie avant même de rejoindre le groupe en 2016. La vielle à roue, un instrument à corde frottée par une roue en bois, provient de l’époque du Moyen-Âge. Michalina est une passionnée de vielle à roue: pour elle, cet instrument est le plus incroyable. En plus de jouer pour Eluveitie, Michalina fait des études universitaires en littérature. Étant habituée à jouer de la vielle à roue acoustique, elle était très excitée de pouvoir jouer avec l’instrument électrique du groupe.

Fabienne Erni, seulement âgée de 26 ans, est prête à conquérir le monde en tant que chanteuse d’Eluveitie! Non seulement ses cheveux rouges attirent le regard, mais en plus, elle possède une voix et un talent incroyable. Selon ses propres mots, que je cite:

Singing makes me lose track of all time. When I sing I’m the most happy, passionate, free and I feel the most peace.

Il est facile de voir qu’elle est une grande passionnée et qu’elle veut partager le bonheur que le chant lui procure avec son public. En plus de chanter, elle joue de la harpe celtique. Cette harpe est plus petite et maniable que la harpe de concert. Fabienne dégage une excellente énergie sur scène, et la complicité entre chacun de membres d’Eluiveitie se fait sentir rapidement lorsqu’on regarde des performances “live” du groupe.

En espérant que cette chronique vous donnera le goût d’en apprendre davantage sur ces “Elles” et que vous serez curieux d’écouter le nouvel album d’Eluveitie.

-Vicky

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Les “Elles” du Metal

Bannière Elles du Metal

Après plus de 4 ans d’absence, la voici de retour, cette chronique sur les femmes dans le monde du Métal! Elles ne sont pas nombreuses, mais lorsqu’elles sont sur scène, impossible de ne pas en parler. Cette fois, la chronique sera pour les “Elles” du Métal et administrée par une “Elle” passionnée de cet univers musical.

Pour ma première chronique, je vous ferai un petit retour sur les “Frontwoman” de la soirée du 2 mars dernier qui s’est déroulée au Piranha Bar de Montréal. La soirée, produite par Hellstorm Productions, a offert au public quatre groupes ayant des femmes dans leurs rangs! Il sera donc question des quatre “Elles” de cette soirée.

Vrylnia - Moonwing - Pochette d'album

La première à faire son entrée sur scène est Ariane Martel avec le groupe Vrylnia. Avec sa voix de mezzo-soprano, Ariane a offert un spectacle impressionnant. Que ce soit sur enregistrement ou en spectacle, la voix de cette artiste est irréprochable! Formé en 2016, ce band de power métal symphonique a sorti son premier EP « Moonwing » en octobre 2018. Avec son allure vestimentaire d’ange déchue, Ariane assure une bonne présence sur scène. Malgré le peu d’années d’expérience, le groupe Vrylnia, avec Ariane Martel à son bord, est voué à un avenir prometteur. Avec des allures de Nightwish à leur débuts, c’est certain que Vrylnia attirera beaucoup de fans à leurs futurs spectacles.

 

 

La deuxième Elle du Métal, qui a assuré une performance brutale et inoubliable lors de cette soirée, est nulle autre que Jessica Dupré de Fall of Stasis. Jessica, débordante d’un charisme assuré et accompagnée par l’humour de son guitariste, assure une proximité entre le groupe et le public. Avec sa voix quelque peu éraillée, Jessica offre des performances au chant très surprenantes et sa présence sur scène est très énergique. Malgré le look “simpliste” de ce band de metal, le public saura certainement apprécier les prochains shows de Fall of Stasis!

Ce band de black folk métal, actif depuis 2014, comprend aussi parmi ses membres, la claviériste Melissa Bissonnette, toujours très souriante!

 

Sanguine Glacialis - Hadopelagic - Pochette d'album

Ensuite, Maude Théberge du groupe Sanguine Glacialis a fait son entrée sur scène couverte de « sang » tout comme les autres membres du band. Formé en 2010, ce groupe a connu beaucoup de changement au sein de ses membres depuis le début, la présence de Maude depuis 2011 leur a permis de garder le cap et de devenir un incontournable de la scène locale. Toujours très énergiques, les performances de Maude sont toujours à la hauteur des albums. Que ce soit ses chants clairs ou ses “screams”, ça en vaut le détour en spectacle.

 

Seven Spires - Solveig - Pochette d'album

Finalement, le groupe Seven Spires a mis les pieds sur scène, avec l’unique Adrienne Cowan au chant. Ce petit brin de femme originaire de Houston au Texas détient un diplôme du « Berklee College of Music » et elle est une artiste polyvalente: parmi ses compétences mentionnées sur son site web, on retrouve, et je cite “metal vocalist, keyboardist, composer, orchestrator, conductor, and arranger.”. Adrienne compte a son actif de nombreuses collaborations, ce qui selon elle lui permet d’en apprendre tous les jours, que ce soit sur la musique, en tant qu’écrivaine ou même sur elle-même. De plus, elle ne se gêne pas pour dire qu’elle adore ça! Adrienne fait aussi parti du groupe Winds of Plague depuis 2017 en tant que claviériste.

Vicky Fillion

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Les “Elles” du Métal

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Dark Sarah

Behind the Black Veil, Episode II

autoproduction

2014

 

En mars dernier, la chanteuse Heidi Parviainen (ex-Amberian Dawn) faisait paraître la première partie de son nouveau projet solo, Dark Sarah. L’album, nommé “Behind the Black Veil“, doit être publié en trois parties, nommées «épisodes», et financées via Indiegogo, donc par une campagne participative où la contribution des fans fait toute la différence. La réponse ayant été aussi positive que lors de la première levée de fonds, voici que nous parvient le deuxième épisode.

Avant de passer à la musique, il convient de se placer dans le contexte de l’histoire racontée, détail que j’avais volontairement éludé lorsque j’avais parlé de l’épisode 1 (lire ma critique ici). Dark Sarah raconte l’histoire d’une jeune femme, nommée Sarah (bien sûr!), qui vit une humiliation le jour de son mariage. S’ensuit un traumatisme psychologique qui l’amène à côtoyer le côté sombre de sa personne, révélé sous les traits de sa moitié, Dark Sarah. L’épisode I s’occupait d’introduire le sujet, où l’on assiste à l’éveil du désir de vengeance. Dans l’épisode II, le personnage décide de pleinement sombrer dans la noirceur. Ceci dit, nous voici prêt à plonger dans ce nouveau matériel musical.

Dès les premières notes de “Evil Roots“, on peut rapidement constater que la musique suit la progression du personnage de Sarah, c’est-à-dire que l’on s’engage en territoire plus noir. En effet, si Dark Sarah était présenté comme un projet de «metal cinématique», l’épisode I portait peu de trace de l’aspect metal annoncé. Le changement est donc perceptible ici, alors que Sarah fait la rencontre de la «Queen of No Good», qui incite la jeune femme à mettre à exécution ses sombres desseins. La reine est ici interprétée par Inga Scharf (du groupe allemand Van Canto), dans un duo où les intonations plus rock de la voix de l’Allemande viennent se greffer avec brio au timbre très lyrique de la Finlandaise. La musique, elle, se fait lourde, plus rythmée, et met en vedette une guitare qui avait été un peu laissée en plan lors de la première phase du projet.

Vient ensuite “Violent Roses“, morceau très théâtral où Sarah découvre que les roses de son jardin, son endroit de repos et de bonheur, ont été détruites. La destruction étant l’oeuvre de plantes vénéneuses, le personnage sombre définitivement du côté du mal en croyant que son ancien fiancé est derrière la disparation des attributs favoris de son jardin. Ayant pour fond une très habile orchestration, appuyée par une rythmique entraînante, la chanson relate le «dialogue» entre les maléfiques créatures horticoles et Sarah, qui ne tarde pas à élaborer son plan, ayant de toute façon perdu tout contact avec la réalité. C’est la chanteuse qui vole en vedette sur cette deuxième chanson, montrant toutes les couleurs qu’elle peut donner à sa voix.

C’est ainsi que sur “Hunting the Dreamer“, elle met en place l’exécution de son plan, aidée bien sûr par les plantes mortelles qui ont maintenant pris place dans son jardin. Sarah s’affaire à cuisiner une tarte aux pommes empoisonnée (le plan était relaté dans la chanson “Poison Apple“, sur l’épisode I) afin de mettre fin aux jours de cet homme cruel, qui non seulement l’a humilié, mais qui a également détruit tous ses rêves. Très symphonique, “Hunting the Dreamer” combine l’orchestration toujours luxuriante et raffinée de Mikko P. Mustonen et la voix fantastique de Heidi Parviainen, comme à l’habitude très expressive et d’une puissance à faire frissonner. Ce titre renforce surtout notre impression que les musiciens qui accompagnent la divine cantatrice ont été beaucoup mieux mis en valeur: la batterie est bien présente et la guitare prend la place qui lui revient dans un projet metal.

Le dernier titre de ce deuxième épisode, “Fortress“, nous conduit au réveil à la réalité de Sarah. Cette dernière reprend ses sens et est terrifiée, voyant du sang sur le sol de sa maison. A-t-elle mis son plan à exécution? Ne se reconnaissant plus dans ce qu’elle semble être devenue, elle se rend devant le miroir et demande à sa moitié diabolique, Dark Sarah, de la libérer de la «cage» dans laquelle elle s’est laissée enfermer. La tension est à son comble et passe parfaitement à travers la musique et l’interprétation vocale dramatique, où l’on assiste à une belle démonstration, autant de la part de la guitare, des fantomatiques harmonies vocales, ainsi que par l’excellent solo de claviers qui jalonne la dernière partie de la pièce.

Si le premier épisode était sans conteste une très jolie entrée en matière, les amateurs de metal pouvaient toutefois être restés sur leur appétit devant ces quatre pièces fort bien écrites et interprétées, mais qui avaient plus à voir avec la musique de film qu’avec le metal. Toutefois, sur ce deuxième épisode, on découvre que le plan musical de Heidi Parviainen était échafaudé à l’image de son dualiste personnage: l’histoire se développe au gré des humeurs sinistres amenées par la thématique, la tension monte, et la musique suit la parade en entrant pleinement dans le vif du sujet en explosant de belle façon. D’ailleurs, il est maintenant intéressant de revenir sur les chansons de l’épisode I et de les coller à ces quatre nouveaux titres; on y découvre une architecture musicale bien pensée et le récit y prend tout son sens, en huit parties!

La chanteuse avait d’ailleurs promis que cet épisode II serait plus lourd et plus «punché»: la parole a été tenue. La grande révélation ici vient surtout de son équipe de musiciens, très solide, qui a la chance de jouer pleinement son rôle et de faire entendre son savoir-faire. Cette donnée s’additionne à une orchestration moins présente que sur la première partie, mais qui est encore bien perceptible et qui demeure la base de l’identité musicale du groupe. Bien sûr, les amateurs de chant lyrique seront encore une fois aux anges, Heidi Parviainen faisant encore une fois la preuve qu’elle possède une grande voix, à la fois claire et profonde, elle qui peut atteindre les hautes notes avec une facilité déconcertante tout en faisant passer les émotions nécessaires aux moments clés.

Il ne reste donc qu’à se délecter de ces nouvelles pièces et à attendre que prenne fin la phase ultime de la campagne de financement qui mènera à l’enregistrement des dernières chansons de ce projet. D’ailleurs, il est prévu qu’en conclusion l’album complet soit publié en copie physique, alors que présentement les huit chansons de Dark Sarah ne sont disponibles qu’en version digitale, et seulement pour les contributeurs. L’objectif financier de cette dernière phase étant déjà dépassé, il ne reste plus qu’à attendre la conclusion musicale de l’histoire. Tout ce que l’on sait pour l’instant, c’est qu’un autre duo sera enregistré sur l’épisode III, cette fois avec le populaire chanteur de Sonata Arctica, Tony Kakko. Sarah retrouvera-t-elle le droit chemin ou a-t-elle déjà commis l’irréparable? La réponse dans quelques mois…

Pour se procurer le CD complet, il suffit de contribuer à la campagne de l’épisode III, qui dure encore quelques jours, en cliquant sur ce lien.

Stéphan

 

 

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Les “Elles” du Métal

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Voici le retour de ma chronique régulière après avoir cédé la place à mon amie Graciela le temps de mes vacances en Europe durant lesquelles j’en ai profité pour assister pour une 2ème année consécutive au Metal Female Voices Fest en Belgique (où j’ai fait de belles rencontres, vous pouvez d’ailleurs me voir en compagnie ma chanteuse préférée, Heidi Parviainen) et aussi rendre visite au groupe polonais Hegemony qui m’a chaleureusement accueilli dans son local de pratique pour un petit concert privé. Je vous prépare d’ailleurs un petit texte à ce propos. Bref, ce fut de belles vacances et je vous mets ici le lien pour ma revue du festival belge au cas où vous l’auriez manqué lors de sa publication.

 

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Maintenant, comme je disais, voici ma chronique régulière. Deux groupes à découvrir qui nous offre leur première parution. – Stéphan

 

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From Light Rose the Angels

Éponyme (mini-album)

Autoproduit

2014

 

Si vous m’avez suivi tout au long de l’année (je le souhaite bien!) et que votre mémoire ne vous trahit pas trop, vous vous souviendrez possiblement que je vous ai vanté les mérites de la chanteuse américaine VK Lynne. Cette dernière, à la voix solide et riche, a par le passé démontré son large champ d’action, autant en solo avec son Whiskey or Water, à saveur folk-blues-rock, qu’avec Vita Nova où elle démontrait son talent au niveau du rock symphonique, ou bien encore au sein de StOrk, où sa contribution vocale se mariait à merveille avec le prog métal plus lourd.

Cette fois, la sirène à la chevelure rose est de retour au centre d’un tout nouveau projet nommé From Light Rose the Angels, où elle s’est entourée de deux musiciens d’origine finlandaise: le claviériste/guitariste Janne Tamminen et le bassiste Arno Nurmisto, ainsi que de deux de ses concitoyens, soit le batteur Justin Lee-Dixon et le guitariste principal Andrew Faust, qui s’exécute aussi occasionnellement comme chanteur. Récemment, le quintet a décidé de lancer sur le marché un album éponyme, qui est en fait un mini-album composé de sept titres, totalisant une trentaine de minutes.

Traditionnellement, ces mini-albums constituent des cartes de visite, des éléments destinés d’abord à être envoyés à des maisons de disques afin de décrocher une entente: des démos de luxe, en quelque sorte. Surprise ici, le nouveau groupe montre dès ses premiers pas une belle cohésion et offre aux auditeurs une solide introduction. Au niveau du style, ce EP se situe aux frontières du métal et du rock mélodique. Bref, les amateurs de métal pur et dur ne seront peut-être pas séduits par cet essai. Toutefois, tous les éléments en place sont bien maîtrisés et donnent pour résultat un album à la sonorité très avenante.

Ce sont les mélodies qui constituent la grande force du EP, les chansons étant très faciles à assimiler, sans tomber dans la facilité. L’ensemble est bien construit et, comme mentionné ci-haut, se fait attrayant pour plusieurs types d’oreilles. “The Grey Returns” est de signature plus pop-rock et entre immédiatement dans la tête, tout comme “Selfish” et “Proud 2B“, tandis que des pièces comme “Holding Stones” ou “Tear Down the Horizon” sont de nature plus symphoniques et pourraient être classifiées dans ce qu’on pourrait appeler du «métal léger». “Tear Down the Horizon“, en particulier, se révèle comme la pièce la plus substantielle du disque, avec des arrangements de claviers denses qui plairont sans l’ombre d’un doute aux fans de «sympho». Quant à “Blood Roses“, il s’agit d’une jolie ballade acoustique, mettant en vedette la toujours efficace VK. L’album est également agrémenté par une version acoustique fort agréable de “The Grey Returns“.

Quant à l’aspect de l’instrumentation, on ne peut que constater la solidité des composantes. Janne Tamminen a réussi à orchestrer de beaux arrangements aux claviers, les superposant habilement afin de créer une appréciable densité sonore, bien renforcée par la batterie de Justin-Lee Dixon qui se retrouve constamment placée à l’avant, aidant davantage à ingérer les mélodies et nous amenant surtout à taper du pied ou à brasser la tête. L’aspect métal est renforcé par Andrew Faust qui vient semer ici et là des notes gutturales. À mes oreilles, c’est toutefois VK Lynne qui vole la vedette. Je suis une fois de plus épaté par la richesse vocale déployée par la dame. Sans tenter de s’aventurer dans un territoire lyrique, elle réussit encore une fois à offrir une démonstration de chant des plus solides. Parfois, le talent d’une chanteuse ne doit pas être évalué par la force des notes poussées, mais bien par la variété de ces notes. C’est ici la grande force de VK Lynne: se faufiler partout et chanter à merveille tout ce qui lui tombe sous la main, avec un talent remarquable et une voix chaleureuse immédiatement identifiable.

Ce premier pas discographique se révèle somme toute fort agréable, From Light Rose the Angels nous gratifiant d’une musique qui se laisse écouter avec le plus grand plaisir. De plus, voici un disque que vous pouvez faire jouer un peu partout, même lorsque des oreilles sensibles se trouvent dans la pièce, sans vous faire traiter de satanique ou de sanguinaire! Plus sérieusement, ce EP nous éclaire très bien sur le potentiel du groupe; nous ne pouvons qu’attendre la suite avec enthousiasme. Habituée de se promener d’un projet à l’autre, souhaitons que VK Lynne s’accroche plus longuement à celui-ci, la suite à ce départ prometteur pouvant être des plus intéressantes.

 

 

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Innerly

In Praise of Shadows

Démo autoproduit

2012

 

N’ayant pas peur de le dire, dans plusieurs cas les démos ont une valeur plutôt limitée. Ajoutons simplement que ces enregistrements sont davantage des essais qui peuvent nous donner à tout le moins une idée de ce qu’un groupe peut valoir. Il arrive toutefois d’entendre des démos qui sonnent mieux que les autres, c’est pourquoi je me permets de vous parler brièvement du groupe français Innerly et de son démo “In Praise of Shadows“.

Innerly est une de ces découvertes faites par hasard, en flânant sur YouTube. La chanteuse du groupe, Katia Iva, produit des reprises de Nightwish fort intéressantes, elle qui est dotée d’une voix assez vaste et puissante pour interpréter le répertoire des Finlandais, tout en agrémentant le tout d’un instrument que j’ai toujours trouvé intéressant dans l’absolu: le violon électrique. C’est quelques instants plus tard que mon agréable surprise est devenue doublement intéressante lorsque j’ai découvert que la dame faisait partie d’un groupe. Il est en effet plus enthousiasmant comme mélomane de se frotter à du nouveau matériel plutôt qu’à des reprises, aussi bien rendues soit-elles.

Ayant parlé de Nightwish, on doit reconnaître qu’Innerly se tient dans le territoire du célèbre groupe, particulièrement lorsqu’on porte attention aux claviers qui sonnent dans la veine de ceux de Monsieur Holopainen, version Wishmaster. Soyons toutefois clairs, on ne se retrouve pas confrontés à de vulgaires clones, Innerly réussissant tout de même à se forger une identité bien à lui. L’ingrédient le plus intéressant s’avère sans l’ombre d’un doute le violon électrique, que le groupe n’hésite pas à utiliser au coeur des compositions. Le son très coloré de l’instrument rehausse l’ensemble, la partie centrale de “Gaïa’s Awakening“, la première chanson, en témoigne.

“Dark Waters“, même si elle est relativement courte (3:26), nous fait vivre plusieurs changements d’ambiance, et est agrémentée d’une solide performance de la section rythmique. “When Witches are Born” soutient la comparaison dans le même registre: entrée ambiante, guitare bien en avant bien soutenue par les claviers, et ensuite intéressantes variations du rythme et de l’atmosphère. De plus, la voix de Katia Iva, très souple et se déployant sur une large étendue, fait merveille et contribue à ajouter une touche d’inspiration fantastique au tout.

C’est toutefois sur la longue “Regrets and Hope” (8:25) qu’Innerly se laisse pleinement aller. Comme toujours, la durée joue en faveur de la composition, alors que les thèmes peuvent être pleinement développés. Encore une fois, c’est la variation des ambiances qui s’exprime bien ici, alors qu’on se retrouve face à une rythmique purement power metal pour se rendre, sans crier gare ou presque, à des passages plus calmes. De plus, le groupe n’hésite pas encore une fois à judicieusement utiliser cet hypnotisant violon, et surtout il le fait sans avoir peur de s’aventurer dans de grandes envolées instrumentales qui se font au profit de la voix: un groupe plus établi comme Stream of Passion par exemple, n’ose pas à mon grand regret sacrifier quelques parties du divin chant de Marcela Bovio pour la laisser user d’un instrument si original (du moins il l’est dans un univers métal). Innerly sait donc mettre cet élément à profit pour tenter de se dégager du lot, ce qui est extrêmement louable. La longue partie instrumentale de cette pièce de fermeture est d’ailleurs bien pimentée de claviers, de guitare et de violons, faisant de cette séquence musicale un moment réellement mémorable.

Dommage que tout ceci ne s’arrête qu’au bout de quatre chansons, mais on ne peut que s’encourager en se disant que si Innerly est parvenu à présenter un démo de cette qualité (en plus d’être bien exécuté, c’est également très bien produit), le premier véritable album pourrait faire beaucoup de bruit dans le milieu métal. Oui, la relève est là, elle ne demande qu’à être entendue. D’ailleurs, souhaitons que les chansons de ce démo se retrouvent sur le premier album, elles y méritent pleinement leur place.

 

 

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Les “Elles” du Métal, hors-série: Metal Female Voices Fest XII

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Metal Female Voices Fest XII: pèlerinage à la grand-messe du metal féminin

Pour les amateurs de voix féminines, le Metal Female Voices Fest est un événement bien connu et établi. C’est pourquoi on peut en parler comme étant une «grand-messe» pour les fans de ce créneau bien spécifique. Au point que l’on peut dire que si les fans d’Elvis doivent faire le pèlerinage à Graceland une fois dans leur vie, les amoureux de metal et de dames qui chantent doivent en faire de même, le lieu de rendez-vous étant Wieze, en Belgique, à un peu plus de 25 kilomètres de Bruxelles.

En bon fan j’ai accompli mon devoir, et ce pour la deuxième fois plutôt qu’une alors qu’après m’être administré un bon coup de pied au derrière pour faire le voyage l’an dernier, le plaisir que j’en avais retiré m’a incité à y retourner encore cette année. De plus, l’Europe a beaucoup à offrir aux touristes, donc aussi bien de joindre l’utile à l’agréable. Ainsi le Metal Female Voices Fest, douzième édition, se tenait les 17, 18 et 19 octobre derniers, avec encore une fois une belle programmation à offrir.

 

Un vendredi en demi-teinte

L’ouverture du festival se fait toujours le vendredi soir, avec quelques concerts pour réchauffer un peu le public. Première constatation: la foule me semble plus clairsemée que l’an dernier, bien que certains fans préfèrent arriver pour les deux grosses journées.

L’ambiance était donc plutôt froide lorsque Diary of Destruction a attaqué la scène. Pourtant, le groupe français a offert une bonne performance, très énergique, avec au-devant la chanteuse Audrey Ébrotié qui en a donné pour leur argent aux amateurs de chant guttural. Ensuite est venue la très particulière Ayin Aleph: voici une artiste qui ne peut faire l’unanimité, avec un jeu scénique et une théâtralité qui défient les conventions. C’est avec l’esprit ouvert qu’il fallait aborder cette prestation, surtout avec la diffusion en boucle d’images de ses vidéoclips, qui sont d’un mauvais goût notoire. Toutefois, pour en rester à la musique, ce n’était pas inintéressant et l’Américaine d’origine russe a vocalement bien performé. J’ajoute que je respecte les artistes qui sortent des sentiers battus, ce que Ayin Aleph sait faire à sa façon. Pas certain toutefois que la foule a pleinement apprécié, ce qui est un peu normal face à l’audace de l’artiste.

À l’instar de l’an dernier, c’était un collectif de chanteuses qui venait clore la marche, regroupé sous le nom de Metal Female Voices United. Ainsi, sept dames nous ont présenté des reprises de plusieurs chansons connues. Encore une fois, on a senti le public hésitant malgré la bonne qualité des musiciens et des chanteuses. De ce côté, Ailyn Gimenez (de Sirenia) m’a agréablement surpris en faisant très bonne figure sur “Fleurs du mal” de Sarah Brightman, tandis que Kassandra Novell a épaté avec une fort jolie reprise de “I Walk Alone” de Tarja Turunen. Lorsqu’il s’agit de Tarja ou de Nightwish, la foule apprécie et on a enfin senti la salle se réchauffer un brin. C’est toutefois Iliana Tsakiraki (de Enemy of Reality) qui a volé la vedette avec de solides interprétations de “Whispers” d’Evanescence, mais surtout de “Bless the Child” de Nightwish. Cette performance n’était qu’un avant-goût, la Grecque allait de nouveau briller plus tard au cours du week-end…

 

 

Départ canon d’une longue journée

Comme c’est le cas depuis plusieurs années, c’est la journée du samedi qui est la plus substantielle, avec une offre de pas moins de 12 groupes: début à 10h30 le matin, on est en route jusqu’à… minuit, que de musique! Si plusieurs personnes ont plutôt des problèmes à démarrer la machine le matin, ce n’est clairement pas le cas de La-Ventura. Le groupe néerlandais s’était fait déléguer la tâche de réveiller un public plutôt engourdi. Ceux qui étaient bien disposés à les écouter (j’étais du nombre!) ont été ravis, la formation offrant une prestation des plus solides; le jeu des musiciens était bien huilé et la chanteuse Carla Van Huizen affichait une forme splendide.

La balle était ainsi lancée, balle qui a été saisie au bond par les artistes suivants: Season of Ghosts, nouveau groupe de la chanteuse Sophia Sama (ex-Blood Stain Child), en était à ses premières armes sur scène et en profité pour nous présenter son tout premier album, “The Human Paradox“. La performance était convaincante, tout comme la musique du groupe (un mélange intéressant de metal et de musique électro) dont j’aurai la chance de vous entretenir dans une future chronique. Quant à Dark Sarah, le groupe de l’ex-Amberian Dawn Heidi Parviainen, il n’en était qu’à une deuxième prestation devant public, mais on a senti que la machine tournait déjà bien, avec une Heidi en voix qui sera rejointe sur scène pour deux duos (“Evil Roots” et “Memories Fall“) par Zuberoa Aznarez de Diabulus in Musica. Décidément, le réveil fut des plus agréables.

 

 

C’était ensuite au tour des amateurs de power metal d’être ravis, le groupe italien Ancient Bards offrant des hymnes entraînants et énergiques. Question de varier le registre, le groupe grec Jaded Star est quant à lui atterri sur scène avec un metal plus «old school», qui se marie bien à la voix de la chanteuse Maxi Nil (ex-Elysion et ex-Visions of Atlantis). La performance était à la hauteur, surtout que l’on savait plus ou moins à quoi s’attendre, le premier album du groupe se faisant encore attendre. Si l’on se fie à ce qui a été joué ce samedi, on tiendra entre nos mains un des bons albums de 2015.

Représenté pour la première fois l’an dernier au festival, le Japon s’amenait de nouveau, cette fois représenté par deux groupes. Mes écoutes pré-festival m’avaient dévoilé une agréable surprise en Head Phones President, tandis que Magistina Saga m’avait laissé plutôt froid. Curieux paradoxe, les rôles ont été plutôt inversés en spectacle, alors que Head Phones President n’a pas réussi à m’accrocher que tandis que Magistina Saga, qui s’est exécuté le dimanche après-midi, est venu davantage me chercher, impression que j’ai d’ailleurs sentie au sein du public.

D’autres bons moments nous attendaient en cette longue journée de samedi, alors que Skeptical Minds parvenait à faire bouger une foule enfin réveillée; si la musique du groupe belge n’est pas forcément ma tasse de thé, je dois admettre que sur scène, Karolina Pacan et sa bande sont d’une belle efficacité. D’ailleurs, la formation en profitait pour lancer sur place l’album en spectacle “Run for your Live“. C’est toutefois Diabulus in Musica qui devait ensuite m’épater le plus, avec un metal symphonique particulièrement bien troussé – qui flirte d’ailleurs dans les plate-bandes d’Epica – où l’on a pu renouer avec Zuberoa Aznarez, dont la jolie voix se balance parfaitement avec le jeu plus rude de ses compères.

 

 

Quant à la soirée, elle amenait son premier lot de grosses pointures. Les fans de doom metal allaient enfin recevoir leur dû par l’entremise de Draconian, qui est incontestablement l’un des meilleurs groupes du genre. Une présence qui suscitait la curiosité était celle de The Sirens, trio vocal formé de pionnières du metal avec chanteuses: Kari Rueslatten (ex-The 3rd and the Mortal), Liv Kristine (Leaves’ Eyes, ex-Theater of Tragedy) et Anneke van Giersbergen (ex-The Gathering). Si le public était bien sûr ravi de renouer avec ces dames, la performance a toutefois un peu fait baisser le niveau d’énergie qui s’était enfin installé. Si le tout était absolument impeccable vocalement – les trois dames sont clairement attachantes – la musique qui accompagnait le tout était plutôt molle, faisant de ce spectacle davantage un tour de chant qu’un concert metal. Bref, pas sûr que le trio était au bon endroit.

C’est de belle façon que s’est terminé ce long marathon, avec Sirenia et Leaves’ Eyes, le premier groupe s’exécutant devant un public conquis d’avance qui attendait son metal mélodique avec impatience. Si je n’ai jamais été un grand fan de la voix de Ailyn Gimenez, je dois toutefois admettre qu’en spectacle le courant a passé. C’est toutefois la formation germano-norvégienne qui a couronné le tout de la plus belle façon, en offrant une solide prestation en guise de spectacle dixième anniversaire. D’ailleurs, le tout a été filmé pour un futur DVD, et le groupe y avait mis le paquet avec un important dispositif de scène, des effets visuels éclatants et une belle rétrospective musicale des meilleurs moments de leur discographie.

 

 

Gros samedi matin, gros dimanche matin

Si la première matinée du festival avait été éclatante, il faut croire que les groupes qui allaient amorcer la dernière journée avaient pris des notes! En effet, nous en avons encore une fois été quittes pour un bon départ. Aria Flame, de Grand Rapids au Michigan, s’est d’abord amené pour présenter son mini-album tout fraîchement paru, “A World of Silence“. Présentant une musique théâtrale fortement teintée de structures progressives, la richesse des compositions s’est bien fait sentir sur scène, les musiciens montrant de belles habiletés instrumentales tandis que la chanteuse Aziza Poggi faisait preuve d’un charisme envoûtant, armée d’une voix des plus solides. Le groupe avait aussi réservé de belles surprises, avec trois chanteuses invitées.

La journée était bien amorcée, et nous avons eu droit ensuite à un solide coup de tonnerre, gracieuseté de Evenoire. Le groupe italien se présentait au festival avec deux excellents albums sous le bras (“Vitriol” et “Herons“) et avait pour mission de reproduire sur scène cette magie. Mission accomplie pour les Lombards, qui ont littéralement soulevé le public. La cohésion des instrumentistes était absolument parfaite, tandis que la chanteuse Lisy Stefanoni a su charmer avec une voix juste et puissante et son jeu particulièrement habile à la flûte. Il est quand même dommage que plusieurs fans auxquels j’avais parlé depuis deux jours ne connaissaient pas vraiment le groupe (on se reparle des fans plus loin…), sinon l’accueil aurait été encore plus chaleureux, sans l’ombre d’un doute.

 

 

C’est après la sympathique performance de Magistina Saga que LE grand coup de la fin de semaine est arrivé, alors que le groupe grec Enemy of Reality prenait place sur scène. Des riffs dévastateurs, une section rythmique qui détonne, un guitariste d’une dextérité étourdissante, des claviers virevoltants et une chanteuse à la voix toute puissante, c’est ce que la formation nous offre. Si tout ceci se faisait déjà sentir sur disque, la puissance des pièces de “Rejected Gods” est définitivement décuplée sur scène. Les musiciens affichaient leur forme des beaux jours, livrant de manière impeccable un contenu musical où les passages complexes ne manquent pas. Quant à Iliana Tsakiraki, elle est parfaitement en phase avec ses collègues, venant gratifier la musique de sa voix soprano. Un véritable barrage sonore qui m’a jeté au sol!

Après cette démonstration éclatante de virtuosité, le ton allait ensuite changer drastiquement, alors qu’une partie de l’après-midi allait être consacrée au thrash metal. Formule brutale qui ne me plaît guère, j’admets bien honnêtement être allé faire un petit tour du côté des kiosques alimentaires situés à l’extérieur de l’aréna. Par contre, les choses étant bien pensées à ce festival, les portes demeurent ouvertes nous permettant de garder l’oreille sur ce qui se déroule à l’intérieur. J’ai donc pu constater que dans le genre, Viper Solfa et Holy Moses ont livré la marchandise, les fans du genre auxquels j’ai parlé ont d’ailleurs été ravis de ces deux concerts.

 

 

Bien rassasié après une petite bouffe et une tournée du côté des kiosques souvenirs à l’intérieur, je me suis fait un devoir de retourner devant alors que se présentaient deux des groupes que j’attendais le plus sur l’affiche: Stream of Passion et Xandria. Dans le genre metal symphonique, ces deux formations sont parmi les meilleures et elles l’ont prouvé de belle façon en offrant des concerts à la hauteur de leur réputation. Les bons moments n’ont pas manqué et j’ai pu vivre de nouveau le plaisir d’entendre Marcela Bovio et Dianne van Giersbergen, deux chanteuses aux voix tout à fait charmantes. Après ces deux performances, le chroniqueur était aux anges.

Si le chroniqueur était satisfait, il était toutefois fatigué et c’est donc sur une note un peu distraite que j’ai terminé mon festival. Tout d’abord, la musique d’Arkona présentait pour moi un intérêt plutôt limité. Ensuite, j’admets mon manque de connaissance face à l’abondante discographie de Therion, qui avait la tâche de nous retirer nos dernières parcelles d’énergie avant de nous renvoyer chez nous (où à l’hôtel, dans mon cas…). Par contre, un spectacle de Therion, ça demeure toujours un événement, et la troupe de Thomas Vikström n’a pas chômé sur scène, démontrant pourquoi elle était le gros nom de l’affiche cette année. C’est ainsi que se terminait une autre fin de semaine qui demeurera longtemps dans ma mémoire.

 

 

Les cinq coups de coeur du chroniqueur

1) Enemy of Reality: en revoyant des images du concert du groupe grec, j’ai été de nouveau secoué par la puissance de la musique du groupe, et surtout par l’incroyable talent déployé par les musiciens. De plus, Iliana Tsakiraki est une chanteuse remarquable, elle l’a démontré deux fois plutôt qu’une, se démarquant le vendredi et le dimanche.

2) La-Ventura: j’ai toujours été charmé par le rock énergique du groupe néerlandais. Bien franchement, ils ont été encore meilleurs que ce dont je m’attendais en spectacle, ayant joué avec cohésion et un haut niveau d’énergie. Tel que mentionné plus haut, Carla Van Huizen était parfaitement en voix.

3) Dark Sarah: bien sûr, comment ne pas être charmé par ma chanteuse préférée? Entendre Heidi Parviainen en spectacle, ça tenait pour moi du rêve et ma sirène a été parfaitement à la hauteur. Son groupe s’en est également fort bien tiré, considérant qu’il ne s’agissait que d’un deuxième concert à vie pour eux ensemble.

4) Evenoire: mes attentes étaient extrêmement élevées, considérant la qualité de la musique du groupe et le fait que “Herons” est mon album favori de 2014 jusqu’à maintenant. Parfois quand les attentes sont hautes, on ne peut qu’être déçus, mais heureusement ce ne fut pas le cas, la performance était décidément d’un très haut niveau. Un groupe à découvrir absolument si vous ne connaissez pas.

5) Xandria: après les avoir vu deux fois plus tôt dans l’année (à Montréal et à Québec), je n’attendais pas nécessairement Xandria avec impatience, l’effet de surprise étant plutôt bas. Après quelques chansons, je me suis toutefois souvenu que les Allemands sont franchement forts sur scène et que Dianne van Giersbergen (aucun lien de parenté avec Anneke, soit dit en passant…) est une chanteuse des plus solides.

On se revoit en… 2016

Voici une nouvelle qui est tombée à notre plus grand regret deux semaines avant le festival: le Metal Female Voices Fest prend une pause en 2015. Le Metal Female Voices Fest XIII se tiendra donc en 2016. Se déroulera-t-il au même endroit? La formule changera-t-elle? Plusieurs questions sont en suspens présentement, on ne peut que laisser l’organisation du festival prendre un repos bien mérité car il faut le spécifier, le Metal Female Voices Fest est une entreprise à but non lucratif traînée à bout de bras par des bénévoles. Monter une bonne programmation variée, convaincre des gros noms de se déplacer, s’assurer du bon déroulement du week-end ainsi que gérer tous les imprévus qui peuvent survenir constitue une tâche colossale. On ne peut donc qu’accepter la décision et attendre le retour de l’événement dans deux ans.

Par contre, je me permets de me questionner sur l’influence qu’a eu le public en général sur la décision qui a été prise. En effet, vous avez lu plus haut que la foule était un peu plus clairsemée cette année. J’ai aussi senti moins d’enthousiasme émanant de la salle que l’an dernier. Pourquoi? En premier lieu, l’affiche présentait moins de gros noms que l’an dernier. Pas de Delain, de Lacuna Coil, de Nightwish, de Within Temptation (le groupe n’a jamais joué au festival), d’Epica, etc. Est-ce que cette édition était moins réussie musicalement pour autant? NON. Les groupes présents ont offert de solides performances et à mon avis, la qualité de la cuvée 2014 n’avait rien à envier à celle de l’an dernier ou des années précédentes.

Au fil des conversations nouées au cours de la fin de semaine ainsi qu’en lisant les commentaires sur la page Facebook du festival, j’ai constaté que les gens étaient extrêmement exigeants, ceux-ci ne demandant que des gros noms. Il faut toutefois tenir compte d’une donnée importante: ce genre de festival constitue une plate-forme de lancement pour plusieurs petits groupes qui ont ainsi la chance de se faire connaître. Mais pour cela, il faut que les gens sur place acceptent de donner une chance à ces plus petits groupes, ce que je n’ai pas pleinement senti. De plus, n’avons-nous pas déjà l’occasion de les voir en tournée, ces gros noms? Un peu d’ouverture d’esprit n’a jamais fait mal à personne, les amis.

J’ai aussi constaté que plusieurs personnes arrivaient sur place en ne connaissant que six ou sept groupes (sur 24); n’est-ce pas un devoir de s’assurer de connaître un peu tous les groupes qu’on va entendre? Il faut croire que ce n’est pas une priorité pour tout le monde. Ceci m’amenant à me déclarer plutôt déçu du public sur place, un public parfois indifférent manquant d’énergie, comme si le festival était un acquis auquel on assiste mécaniquement, par habitude. Cette impression générale, je ne suis peut-être pas le seul à l’avoir sentie, et c’est peut-être (je dis bien peut-être) pourquoi les organisateurs ont décidé de tirer sur la «plogue» pour l’année 2015. Bien sûr, les raisons de cette suspension ne sont connues que d’eux seuls et loin de moi l’idée de vouloir parler en leurs noms. Je ne fais que livrer mes impressions…

Finalement, si il y avait moins de pèlerins à cette grande messe, il n’en demeure pas moins que le Metal Female Voices Fest a encore une fois répondu aux attentes et justifié avec brio sa réputation. On ne peut que souhaiter une bonne pause aux organisateurs et on se revoit en 2016!

Stéphan

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Les “Elles” du Métal

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Pendant que notre ami Stéphan (et chroniqueur régulier des “Elles” du Métal) continue à s’amuser en Europe après avoir assisté au Metal Female Voices Fest en Belgique, j’ai, une fois de plus, la chance d’utiliser cet espace et j’en profite pour vous parler d’un excellent album. – Graciela

 

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Stream of Passion

A War of Our Own

2014

 

Si vous connaissez Stream of Passion, vous connaissez déjà le son particulier du groupe: des chansons profondes qui nous racontent des histoires touchantes, des guitares majestueuses, une batterie imbattable et des paroles en espagnol qui ajoutent toujours une douceur singulière aux mots. Tous ces éléments se retrouvent bel et bien dans le quatrième album du groupe. Mais il y a plus… il y a une guerre: “A War of Our Own“.

Le voyage commence avec “Monster“. Comme son nom l’indique, c’est une chanson monstre qui nous réveille avec les sons souples et envoûtants du clavier, annonçant la venue des guitares emphatiques et de la batterie qui définissent l’ambiance de l’album dès les premiers accords. “A War of Our Own” nous parle des conflits émotionnels, des moments de la vie où l’on doit affronter tout le monde et leur montrer de quoi nous sommes faits. Si l’album précédent, “Darker Days“, vous a paru sombre, ce nouvel album vous surprendra avec ses histoires.

C’est dans la chanson éponyme de l’album que nous pouvons écouter un bel exemple de la dextérité des musiciens. Johan Van Stratum à la basse marque le rythme vigoureux de la mélodie et est accompagné de la batterie intense de Martijn Peters pour créer des sons enveloppants.

Les chansons “Autophobia” et “Exile” incluent des éléments plus progressifs que le groupe souhaitait aborder. Ces éléments augmentent la complexité des mélodies et leur donnent un accent mélancolique et mystérieux. En parallèle, Marcela Bovio explore sa voix et nous offre des interprétations très émouvantes et dramatiques, différentes de celles qu’elle avait proposées lors de sa collaboration sur l’album “Antagonise” de Mayan, où elle offrait plutôt une performance opératique.

La langue espagnole et les sonorités latino-américaines sont beaucoup plus présentes sur ce disque. L’un des meilleurs morceaux de l’album est sans doute “Delirio“, une chanson entièrement en espagnol qui commence avec le clavier de Jeffrey Revet et le violon de Ben Mathot. Ceux-ci créent une ambiance douce et clairement nostalgique puis, tout d’un coup, les riffs de guitares enflamment la mélodie et la transforment en un véritable volcan en éruption, sans oublier la voix séduisante de Marcela accompagnée des sons sublimes des claves.

Cet album prouve le dynamisme du groupe, l’évolution et la force des membres de Stream of Passion en tant qu’âmes créatives. Il est aussi la preuve que le groupe a réussi à produire un album comme il le voulait, selon ses propres règles et en toute liberté artistique. Le projet Indiegogo leur fut très profitable: avec la participation des adeptes de la formation, la somme initiale requise pour enregistrer l’album souhaité par le groupe a été doublée, ce qui a permis l’enregistrement de versions acoustiques, comme “The Curse” qui se démarque admirablement.

C’est un album à écouter avec les yeux fermés et le cœur ouvert. Un travail remarquable, imprégné de passion. Avec un album comme celui-ci et des musiciens aussi talentueux, espérons que la musique de Stream of Passion se répande de plus en plus à l’échelle mondiale – et surtout, espérons que ce succès se traduise par des concerts à l’extérieur des frontières de l’Europe, car nous sommes nombreux à avoir hâte de les écouter en direct.

 

 

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