Critique d’album – The Neal Morse Band – «The grand experiment»

The Neal Morse Band - The grand experiment

 

The Neal Morse Band

«The grand experiment»

Radiant Records

2015

 

Depuis près d’une décennie, les années impaires sont les meilleures en ce qui concerne les sorties d’albums rock/métal progressif. Neal Morse avait la chance (ou la tâche ingrate?) d’ouvrir le bal progressif pour l’année 2015 (oui je sais, je suis sûr que le band de rock/métal progressif XYZ a sorti un album en janvier) avec son album «The Grand Experiment».

Avant de procéder à la critique de cet album, un peu de background! Pour la composition, Neal a décidé d’opter pour un processus différent. Pour ses précédents albums solos, il arrivait déjà avec la majorité du stock et le présentait aux autres membres de son groupe, qui agissaient surtout à titre de musiciens engagés. Sauf Mike Portnoy, bien sûr, qui lui était beaucoup plus impliqué dans le processus. Neal composait, Neal et Mike arrangeaient. Pour «The Grand Experiment», Neal a décidé d’arriver en studio avec aucun stock de préparé et que l’album serait composé en gang de A à Z. Après tout, le groupe formé par Neal pour la tournée «Momentum» en 2012 est resté le même, et avec la chimie qui s’est créée depuis, le moment était bien choisi pour essayer la composition en groupe! Et avec l’année de fou que Neal a connu, peut-être que l’inspiration n’était pas assez au rendez-vous pour lui (mais ça, nous y reviendrons).

L’album commence donc avec «The Call», une des deux pièces épiques de l’album (qui n’en compte que cinq au total, si on exclut le disque bonus). Je dois dire que son intro A Capella m’a tout de suite accroché. Les autres membres (en particulier Eric Gillette) contribuent beaucoup plus au chant, autant en back qu’en lead vocal, et «The Call» en est une excellente démonstration. C’est probablement la chanson la plus «classiquement Neal Morse» de l’album.

«The Grand Experiment», la chanson titre, est d’une simplicité et d’une longueur efficace. Elle me rappelle par moment du bon vieux Styx avec un extra rock, et assaisonnée à la Neal Morse. C’est d’ailleurs le premier extrait qui est paru il y a quelques semaines, que vous pouvez écouter ci-dessous:

 

 

«Waterfall» vient ralentir considérablement le rythme de l’album. C’est une chanson acoustique, un peu dans le même style que «Smoke and Mirrors» sur l’album précédent. C’est encore une excellente utilisation des multiples vocalistes dans le groupe.

«Agenda» c’est vraiment de la marde. Par contre, le vidéoclip lui permet de se racheter un peu. Un peu…

 

 

«Alive Again» est la dernière chanson (et non la moindre) de l’album. Faisant presque 27 minutes en longueur, c’est la pièce épique que tous les fans de Neal Morse ont hâte d’entendre depuis que le tracklist de l’album est sorti un peu avant les fêtes. C’est sur cette chanson qu’on peut entendre le plus la contribution de composition des autres membres du groupe. En particulier le refrain principal, contribué et chanté par Eric Gillette. L’interlude du milieu (qui dure plus de dix minutes) est pour moi la section la plus intéressante de l’album, et fait parfaitement le pont entre la section du début et de la fin, qui elle reprend habilement les thèmes de la section du début. Eric Gillette nous démontre clairement ses talents de guitariste soliste avec un solo de deux minutes sur laquelle se termine la chanson en fade out.

Je ne m’étendrai pas trop longtemps sur le disque bonus, mais disons simplement qu’il comporte trois chansons originales («New Jerusalem», «Doomsday Destiny» et «MacArthur Park») assez intéressantes, ainsi que deux chansons live («The Creation» et «Reunion») enregistrées au «MorseFest» en novembre dernier.

La sortie de cet album est la quatrième sur une période d’environ un an pour Neal Morse. Avec Transatlantic – «Kaleidoscope» (fin janvier 2014), Flying Colors – «Second Nature» (septembre 2014) et Neal Morse – «Songs from November» (novembre 2014), cette «grande expérience» fut peut-être un peu forcée par le fait que Neal manquait d’inspiration, après avoir pressé la poire un peu trop dans la dernière année. Les fans finis comme moi qui ont écouté les démos de Neal pour le dernier album de Transatlantic (je devrais peut-être en faire une critique un moment donné, mais ça c’est une autre histoire) ont pu réaliser que c’est Neal qui a pratiquement composé tout l’album, ou du moins toutes les structures principales.

En comparaison au reste du catalogue de Neal Morse, l’album est relativement court, faisant «à peine» plus de 52 minutes. En particulier si on compte la chanson «Agenda», qui n’est tout simplement pas écoutable (d’autant plus que son air fatiguant nous reste dans la tête). Personnellement, j’aurais pris une des chansons originales sur le disque bonus (fort probablement «Doomsday Destiny»), et je l’aurais mise sur le disque régulier.

«The Grand Experiment» porte malgré tout très bien son titre. Et je lève mon chapeau à Neal Morse d’avoir eu l’audace de brasser les cartes. Est-ce que ce test se révèlera concluant ou est-ce qu’un retour à la formule originale avec un Neal bien reposé serait plus souhaitable? Probablement que la réponse se trouve à quelque part à mi-chemin entre les deux. Un deuxième effort collectif avec un Neal Morse bien rechargé comme capitaine de navire sera redoutable, qu’on se le tienne pour dit!

Note: 8/10 (là-dessus, il faut compter un bonus de 0.5 parce que je suis un fan fini).

L’album parait le 10 février 2015.

Mathieu Audet

 

Critique d’Album : Beyond Creation – Earthborn Evolution (2014)

Beyond Creation – Earthborn Evolution

(Album, 2014 – Season of Mist)
Enregistré chez The Grid

Beyond Creation - Earthborn Evolution Cover

Beyond Creation est un groupe de Death Metal Progressif de Montréal ayant vu le jour en 2005. Depuis le lancement de son premier opus, l’album « The Aura » en 2011, le groupe a radicalement pris de l’ampleur pour être aujourd’hui une de nos plus grandes fiertés de l’histoire du metal au Québec et connaître un succès sur la scène internationale. Lorsqu’on entend leur musique on comprend que ce n’est pas pour rien qu’ils ont autant de succès, on parle d’une vraie furie mélodique et technique.

Je connais plus d’un mélomane qui se réjouit de pouvoir écouter du matériel frais de Beyond Creation depuis la sortie de leur deuxième album Earthborn Evolution. Connaissant ce groupe, on sait déja que l’écoute de cet album sera une expérience mémorable.

Dès la première seconde d’écoute, le son est fidèle à l’identité de Beyond Creation : puissant et mélodique. Contrairement à beaucoup de bands de metal, pas de longue intro qui nous fait languir. Elusive Reverence introduit très bien l’album. On sent déja cette énergie percutante qu’on retrouve souvent dans leur musique. Les riffs de basse très caractérisés de Forest qu’on entend très bien sont un des premiers atouts qui nous font apprécier la musique. Quelques dissonances bien placées ici et là, drumming brutal à souhait et bourré de blast beats de Philippe Boucher… Quelqu’un qui n’aurait jamais entendu ce groupe légendaire comprendrait vite qu’ils ont tout pour plaire.

Sous la lueur de l’Empereur : Voila un titre qui fait plaisir à entendre. Ça fait chaud au coeur de constater qu’un groupe qui a connu le succès à l’étranger écrit des compositions dans sa langue natale, rappellant en quelque sorte aux autres d’ou ils viennent. La deuxième pièce de l’album est tout aussi étoffée que la première et j’ai bien l’impression que ce calibre sera conservé jusqu’à la fin. J’entend quelques riffs de sonorité similaire à ceux de Necrophagist au niveau des sons de guitares étouffés avec des « slides » dans une gamme similaire à ce que j’ai déja entendu dans ce groupe allemand qui m’a ouvert les portes du death metal technique lors de mon adolescence. Le coté progressif ressort dans cette pièce avec un passage groovy un peu innatendu dans lequel le son des guitares devient un peu plus léger pour mettre l’accent sur quelques punchs. On peut effectivement profiter d’ambiances plus calmes qui permettent à la musique de respirer, comme au moment du solo de guitare.

La pièce titre de l’album, soit la troisième, Earthborn Evolution, commence avec une intro de guitare clean qui suggère à mon oreille des influences à la Animals as Leaders. Un tapping percussif sur une corde grave (de guitare 8 cordes) qui développe une mélodie à travers un groove agréable à l’écoute. La basse entre en deuxième et fait le pont vers la section plus heavy en développant de beaux phrasés avec une intonation quasi incomparable… À la fois planant et très profond, avec la batterie plus espacée… jusqu’au moment ou un autre tapping de guitare plus aigu soit accompagné d’un blastbeat pour donner un résultat au delà des mots. Je ne crois pas qu’il me soit déja arrivé d’entendre dans le metal quelque chose que je considère être une véritable révolution musicale… mais c’est bien ce que ce passage m’a fait ressentir. Malgré toute la pesanteur et la brutalité qu’on retrouve dans le death metal, Beyond Creation est un groupe qui parvient avec brio à mettre de l’expression dans ses compositions, et c’est selon moi un facteur qui fait que c’est un des meilleurs groupes de la scène metal internationale.

On peut aussi profiter de petits répits pour nos oreilles lors de moments plus calmes comme dans la pièce Neurotical Transmissions (la cinquième). Elle contient un autre de ces tappings en guitare clean combiné au blast beat que j’affectionne particulièrement, avec en plus la basse qui y participe, de quoi combler les oreilles. Une bonne maitrise des instruments est très bien démontrée avec cette pièce : on y exploite bien la guitare à 8 cordes, chose qui n’est pas faite par tous les musiciens qui jouent sur autant de cordes.

Alors que Abstrait Dialog est plus calme que les autres et plutôt du type ambiante, The Axiom est pour sa part plus mouvementée, voire psychotique au niveau de la mélodie.

L’une des pièces avec le plus de personnalité sur l’album est Theatrical Delirium. Une ambiance sombre mais pesante, un bel enchainement de solos de basse et guitare, une passe plus calme avec une ambiance qui me fait un peu penser au groupe de progressif instrumental Unbeing, bref, une belle variété de couleurs bien assorties. La ligne de basse est particulièrement impressionnante dans cette longue pièce.

Somme toute, l’album Earthborn Evolution est un excellent produit que je recommande à tout fan de death metal avec du mordant. Pour ceux qui aiment le tapping (technique de guitare / basse), les blast beats, la mélodie en grande quantité et les architectures musicales élaborées.

Vous pouvez acheter l’album Earthborn Evolution en suivant ce lien

Critique d’Album: Rahu – « The Quest for the Vajra of Shadows »

Rahu_cover

 

Rahu

« The Quest for the Vajra of Shadows« 

2012

 

«Ordeal of X»
«Samudra Manthan»
«Kalas Bleed for the Sun-Eater»
«The Serpent King»
«Sceptre of the Auspicious One»

 

Dans la mythologie hindoue, Rahu est un démon représenté sous la forme d’un serpent qui fut coupé en deux par Vishnu pour avoir bu le nectar d’immortalité des dieux. Sa tête, toujours vivante, serait responsable des éclipses solaires, avalant le soleil avant que celui-ci ne ressorte par le trou de son cou. C’est donc suivant cette thématique que le duo finlandais de Black Metal du même nom a élaboré son premier album complet publié sur vinyle et CD en 2012 et ressorti cette année de façon digitale et internationale pour les amateurs d’obscurité mythique. Intrigué par cette sortie au thème original et à la superbe présentation graphique anormalement colorée pour un projet de métal noir nordique, votre serviteur s’est attaqué à des écoutes répétées dudit opus et voici ce qui en est ressorti.

Tout d’abord, dans la plus pure tradition finlandaise établie par des groupes tels qu’Horna, Sargeist et Baptism, ce qui sautera aux oreilles de l’auditeur dès l’introduction de «Ordeal of X» est la parfaite combinaison d’une élaboration mélodique épique et d’une production résolument sale, bourrée d’échos mystiques rehaussant l’atmosphère occulte de la musique. Les expérimentés Kobalt (Devilry, ex-Baptism, ex-IC Rex)) (voix, batterie) et Atvar (Circle of Ouroborus, Impervious, Karmic Void, Prevalent Resistance, Venus Star, Verivala, Vordr, Key) (guitare, basse) nous livrent ainsi une sélection de pièces majestueusement atmosphériques nous transportant littéralement par leurs mélodies à saveur résolument orientale dans l’univers mythologique hindou peuplé de démons assoiffés de pouvoir et de dieux vengeurs. Nos deux protagonistes évitent aussi le piège de la répétitivité en incluant d’intéressantes variations rythmiques et une influence Doom assumée, caractérisée par des passages très lents, rampant dans le subconscient de l’auditeur pour contribuer à l’expérience mystique qu’est l’audition de ce chef-d’œuvre. De plus, malgré une production très malpropre et toute en réverbération typique du Black Metal finlandais, l’auditeur sera heureux d’entendre facilement tous les instruments et les subtilités utilisés par les membres de Rahu, y compris la basse souvent laissée pour compte dans le métal noir. Toutefois, en ce qui concerne le chant de Kobalt, j’aurais personnellement préféré qu’il soit un peu plus prédominant dans le mix sonore et un peu moins bourré d’écho, afin qu’il soit plus aisé de saisir les paroles et d’en apprécier les réelles qualités. Malgré cela, il ne s’agit pas d’un problème majeur puisque ledit chant se fond très bien dans l’ensemble musical superbe créé par Rahu.

En somme, «The Quest for the Vajra of Shadows» est un album de grande qualité qui devrait se retrouver dans la collection de tous les fanatiques de Black Metal occulte finlandais. Avec une thématique lyrique originale, une musique à la fois mystique et accrocheuse et une production rehaussant son atmosphère épique et ésotérique, Rahu atteint effectivement la cible recherchée avec une facilité déconcertante en un peu plus de quarante minutes seulement. Allumez de l’encens, présentez vos offrandes au serpent dévoreur de soleils et laissez-vous emporter par ce disque magnifique!

Pièces favorites: L’album en entier!

9,5/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

Les « Elles » du Métal

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Dark Sarah

« Behind the Black Veil, Episode II« 

autoproduction

2014

 

En mars dernier, la chanteuse Heidi Parviainen (ex-Amberian Dawn) faisait paraître la première partie de son nouveau projet solo, Dark Sarah. L’album, nommé « Behind the Black Veil« , doit être publié en trois parties, nommées «épisodes», et financées via Indiegogo, donc par une campagne participative où la contribution des fans fait toute la différence. La réponse ayant été aussi positive que lors de la première levée de fonds, voici que nous parvient le deuxième épisode.

Avant de passer à la musique, il convient de se placer dans le contexte de l’histoire racontée, détail que j’avais volontairement éludé lorsque j’avais parlé de l’épisode 1 (lire ma critique ici). Dark Sarah raconte l’histoire d’une jeune femme, nommée Sarah (bien sûr!), qui vit une humiliation le jour de son mariage. S’ensuit un traumatisme psychologique qui l’amène à côtoyer le côté sombre de sa personne, révélé sous les traits de sa moitié, Dark Sarah. L’épisode I s’occupait d’introduire le sujet, où l’on assiste à l’éveil du désir de vengeance. Dans l’épisode II, le personnage décide de pleinement sombrer dans la noirceur. Ceci dit, nous voici prêt à plonger dans ce nouveau matériel musical.

Dès les premières notes de « Evil Roots« , on peut rapidement constater que la musique suit la progression du personnage de Sarah, c’est-à-dire que l’on s’engage en territoire plus noir. En effet, si Dark Sarah était présenté comme un projet de «metal cinématique», l’épisode I portait peu de trace de l’aspect metal annoncé. Le changement est donc perceptible ici, alors que Sarah fait la rencontre de la «Queen of No Good», qui incite la jeune femme à mettre à exécution ses sombres desseins. La reine est ici interprétée par Inga Scharf (du groupe allemand Van Canto), dans un duo où les intonations plus rock de la voix de l’Allemande viennent se greffer avec brio au timbre très lyrique de la Finlandaise. La musique, elle, se fait lourde, plus rythmée, et met en vedette une guitare qui avait été un peu laissée en plan lors de la première phase du projet.

Vient ensuite « Violent Roses« , morceau très théâtral où Sarah découvre que les roses de son jardin, son endroit de repos et de bonheur, ont été détruites. La destruction étant l’oeuvre de plantes vénéneuses, le personnage sombre définitivement du côté du mal en croyant que son ancien fiancé est derrière la disparation des attributs favoris de son jardin. Ayant pour fond une très habile orchestration, appuyée par une rythmique entraînante, la chanson relate le «dialogue» entre les maléfiques créatures horticoles et Sarah, qui ne tarde pas à élaborer son plan, ayant de toute façon perdu tout contact avec la réalité. C’est la chanteuse qui vole en vedette sur cette deuxième chanson, montrant toutes les couleurs qu’elle peut donner à sa voix.

C’est ainsi que sur « Hunting the Dreamer« , elle met en place l’exécution de son plan, aidée bien sûr par les plantes mortelles qui ont maintenant pris place dans son jardin. Sarah s’affaire à cuisiner une tarte aux pommes empoisonnée (le plan était relaté dans la chanson « Poison Apple« , sur l’épisode I) afin de mettre fin aux jours de cet homme cruel, qui non seulement l’a humilié, mais qui a également détruit tous ses rêves. Très symphonique, « Hunting the Dreamer » combine l’orchestration toujours luxuriante et raffinée de Mikko P. Mustonen et la voix fantastique de Heidi Parviainen, comme à l’habitude très expressive et d’une puissance à faire frissonner. Ce titre renforce surtout notre impression que les musiciens qui accompagnent la divine cantatrice ont été beaucoup mieux mis en valeur: la batterie est bien présente et la guitare prend la place qui lui revient dans un projet metal.

Le dernier titre de ce deuxième épisode, « Fortress« , nous conduit au réveil à la réalité de Sarah. Cette dernière reprend ses sens et est terrifiée, voyant du sang sur le sol de sa maison. A-t-elle mis son plan à exécution? Ne se reconnaissant plus dans ce qu’elle semble être devenue, elle se rend devant le miroir et demande à sa moitié diabolique, Dark Sarah, de la libérer de la «cage» dans laquelle elle s’est laissée enfermer. La tension est à son comble et passe parfaitement à travers la musique et l’interprétation vocale dramatique, où l’on assiste à une belle démonstration, autant de la part de la guitare, des fantomatiques harmonies vocales, ainsi que par l’excellent solo de claviers qui jalonne la dernière partie de la pièce.

Si le premier épisode était sans conteste une très jolie entrée en matière, les amateurs de metal pouvaient toutefois être restés sur leur appétit devant ces quatre pièces fort bien écrites et interprétées, mais qui avaient plus à voir avec la musique de film qu’avec le metal. Toutefois, sur ce deuxième épisode, on découvre que le plan musical de Heidi Parviainen était échafaudé à l’image de son dualiste personnage: l’histoire se développe au gré des humeurs sinistres amenées par la thématique, la tension monte, et la musique suit la parade en entrant pleinement dans le vif du sujet en explosant de belle façon. D’ailleurs, il est maintenant intéressant de revenir sur les chansons de l’épisode I et de les coller à ces quatre nouveaux titres; on y découvre une architecture musicale bien pensée et le récit y prend tout son sens, en huit parties!

La chanteuse avait d’ailleurs promis que cet épisode II serait plus lourd et plus «punché»: la parole a été tenue. La grande révélation ici vient surtout de son équipe de musiciens, très solide, qui a la chance de jouer pleinement son rôle et de faire entendre son savoir-faire. Cette donnée s’additionne à une orchestration moins présente que sur la première partie, mais qui est encore bien perceptible et qui demeure la base de l’identité musicale du groupe. Bien sûr, les amateurs de chant lyrique seront encore une fois aux anges, Heidi Parviainen faisant encore une fois la preuve qu’elle possède une grande voix, à la fois claire et profonde, elle qui peut atteindre les hautes notes avec une facilité déconcertante tout en faisant passer les émotions nécessaires aux moments clés.

Il ne reste donc qu’à se délecter de ces nouvelles pièces et à attendre que prenne fin la phase ultime de la campagne de financement qui mènera à l’enregistrement des dernières chansons de ce projet. D’ailleurs, il est prévu qu’en conclusion l’album complet soit publié en copie physique, alors que présentement les huit chansons de Dark Sarah ne sont disponibles qu’en version digitale, et seulement pour les contributeurs. L’objectif financier de cette dernière phase étant déjà dépassé, il ne reste plus qu’à attendre la conclusion musicale de l’histoire. Tout ce que l’on sait pour l’instant, c’est qu’un autre duo sera enregistré sur l’épisode III, cette fois avec le populaire chanteur de Sonata Arctica, Tony Kakko. Sarah retrouvera-t-elle le droit chemin ou a-t-elle déjà commis l’irréparable? La réponse dans quelques mois…

Pour se procurer le CD complet, il suffit de contribuer à la campagne de l’épisode III, qui dure encore quelques jours, en cliquant sur ce lien.

Stéphan

 

 

Critique d’album: DistortHead – « Invasive Species »

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DistortHead

« Invasive Species« 

2014

 

DistortHead est un groupe Death Métal Mélodique / Metalcore de Châteauguay (en rive sud de Montréal) qui ne fait pas dans la dentelle. Je parle en connaissance de cause pour avoir partagé deux fois la scène avec eux. Leur premier album, « Invasive species« , produit chez Silver Wings Studios, est paru en octobre cette année (2014). C’est un enregistrement qui peint parfaitement le portrait du groupe DistortHead. Pour en savoir plus à leur propos, voici un lien vers l’entrevue que Lex a réalisée avec eux dans leur local de pratique ainsi que 2 pièces jouées lors de cette occasion.

Le tout commence avec une courte intro théâtrale qui bâtit une de ces tensions comme je les aime.. court mais radical, un orchestre au son maléfique, qui me fait penser au son d’un empire cruel à la manière des films du grand écran. Une formule avec laquelle on ne se trompe pas pour introduire un album de musique sans pitié.

Ça commence en force avec « Invasive Species« , la pièce titre de l’album. On sent tout de suite la puissance. Le visage musical et parolier de la thématique se fait aussi sentir en forte présence. L’ouvrage musical mélange avec brio les éléments du metalcore à ceux du death metal mélodique, et les mélodies au son tragique (un son tragique mais puissant et grandiose) des guitares sont particulièrement communicatives (le genre à donner des frissons dans le dos à mon esprit de mélomane). Le vocal est puissant et audible. Lorsqu’on entend des choses comme « Brace yourselves for extinction » et « We cannot run, we cannot hide », on comprend tout de suite que l’histoire derrière les paroles n’est pas comme la fin des films pour enfants. La trame sonore d’une fatalité que l’humanité doit affronter… peut-être le fruit de l’évolution de l’humanité (la bêtise humaine qui atteint son apogée?) qui résulte en l’extinction de la race humaine par l’invasion d’autres espèces…

« Ode to the Sun » nous balance en pleine gueule dès le départ un bel assortiment d’accords de guitare à caractère dramatique. L’énergie est tout aussi percutante et j’ai le feeling que ça sera comme ça tout au long de l’album. Beaucoup de groupes sont capables de mettre de la pesanteur dans leurs créations mais plus rares sont ceux qui sont capables d’y inclure des mélodies qui interpellent l’oreille et qui dégagent des couleurs perceptibles. DistortHead sont des créateurs qui ont ce talent. Les chants clean font leur apparition dans cette chanson, sont bien éxécutés et fonctionnent bien dans la musique (les chants cleans étant quelque chose qui ne fait jamais l’unanimité). L’équilibre entre le côté pesant et mélodique est agréablement palpable.

« Jack is Always Smiling » transporte une ambiance diabolique et pervertie. Mon imaginaire me pousse à croire qu’on y parle d’un maniaque, peut-être au second degré pour représenter cette facette de l’humain en général ou au premier degré, soit désignant une personne. Les riffs plus pesants / espacés du type breakdown y sont davantage exploités. Le vocal du type « inhalé » est très caractérisé et c’est un élément distinctif par rapport au vocal des pièces précédentes. C’est intéressant de voir les différentes portées vocales faire leur apparition à travers de différentes pièces.

Chacune des pièces de l’album transporte ses caractéristiques et couleurs. La thématique de l’album est tout de même homogène par le fait qu’elle représente le destin tracé de l’humanité. La pièce « Skyso » (la plus longue de l’album) dégage une énergie de détraqué avec ses notes dissonantes qui sont particulièrement efficaces pour briser le confort de l’oreille (c’est toujours cool d’entendre des riffs qui viennent déranger l’oreille et défier les conventions musicales!). C’est définitivement l’une des pièces qui a le plus de personnalité sur « Invasive Species« .

La production sonore de cet album est excellente, le produit est d’une qualité agréable à l’écoute, les différents registres de voix sont bien exécutés et assemblés. Je recommande « Invasive Species » à ceux qui aiment le mélodique et la pesanteur. Distribué a 8$ en version digitale sur leur page bandcamp dont le lecteur se trouve ici-bas pour vous permettre d’écouter ce très bon album. Pour la copie physique, je sais que les disques produits par Silver Wings Studios sont distribués chez certains disquaires indépendants du Québec, alors allez donc visiter le vôtre, ça l’encouragera et vous ferez peut-être d’autres belles découvertes si vous ne trouvez celui-ci!

Francis

 

 

En rafale – 4 albums à découvrir

J’ai reçu 3 albums de Inside Out Music et je me fait un plaisir d’en parler brièvement ici alors qu’un 4ème album (qui m’a été suggéré par Lex) vous sera présenté pour clore cette brève chronique en rafale. – Mathieu

 

United Progressive Fraternity

« Fall in love with the world« 

Inside Out Music

25 novembre 2014

 

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Ce groupe, créé et mené par le chanteur Mark Trueack (dont la voix me rappelle un mélange de celle de Fish et de Simon Collins), est en fait un collectif collaboratif, une fraternité entre plusieurs personnes de la scène musicale progressive. L’album nous offre beaucoup de variété dans la composition et une palette intéressante d’instruments, notamment du saxophone et sitar sur certaines chansons. C’est mon coup de cœur du mois!

 

 

… And you will know us by the trail of dead

« IX« 

Inside Out Music

11 novembre 2014

 

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Houlala! Non mais quel nom de groupe! Difficile de mettre un style musical sur ce groupe, mais si je me fie à l’entrée wikipedia, ce serait du post-hardcore, alternative progressive indie art math rock! Ça ne correspond pas vraiment à la musique que j’écoute normalement, mais des fois ça fait du bien de recevoir une claque dans la face!

 

 

Cloudkicker

« Live with Intronaut« 

Inside Out Music

24 novembre 2014

 

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De la musique instrumentale live qui s’écoute bien! Rien d’extravagant ou d’archi complexe (hello Animals as Leaders!). Un bon groove, à écouter en travaillant, en faisant du sport ou en jardinant. Pour du live, la qualité de la production et de la performance sont à souligner!

 

 

Summon the Octopi

« Nonversations« 

Sober Up Records

17 novembre 2014

 

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Summon the Octopi est l’œuvre de la pieuvre, un multi-instrumentaliste Berlinois qui écrit et enregistre tous ses titres lui-même. De son propre aveu, il semblerait que sa recette de prédilection soit un mélange de buzzs abyssaux et de délicatesse romantique. De mon côté, je dirai simplement que ce EP s’ajoute à la courte liste (liste qui a débuté il y a de ça quelques années avec l’album « Europa » d’Echoes from Jupiter) des ouvrages qui me font aimer (lentement, mais sûrement!) le post-rock. Alors à « Nonversations« , je dis oui! Très belle découverte!