Critique d’album: Devin Townsend – « Z2 »

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Devin Townsend

« Z2 »

2014

 

Jadis, je n’étais pas le plus grand fan de Devin Townsend. Pas que je n’aimais pas ce qu’il faisait, mais son style me laissait un peu indifférent, à la limite… Ce n’est que lorsque j’ai eu la chance de voir son spectacle live « The Retinal Circus » paru en 2013 que j’ai pogné la piqûre pour lui! Tant d’extravagance ne pouvait me laisser indifférent plus longtemps, et j’en ai profité pour me replonger dans la majorité de son catalogue. Devin ne chôme pas. Depuis le début des années 2000, il sort un nouvel album presqu’à chaque année, et parfois nous gâte avec plus d’un album par année!

J’aimerais dire d’entrée de jeu que je ne suis peut-être pas la personne la mieux placée pour faire cette critique (je ne connais pas tous ses albums sur le bout des doigts), mais le représentant d’Inside Out Music a été très aimable de m’envoyer l’album, même si je ne l’avais pas demandé, et dans la vie il faut foncer, alors je fonce!

Avant d’y aller avec la critique de l’album en tant que telle, il est important d’apporter quelques précisions sur la nature du contenu de « Z2« . Depuis que l’aventure Strapping Young Lad est terminée pour lui, Devin Townsend sort ses albums sous deux noms: Devin Townsend (DT) et Devin Townsend Project (DTP). « Z2 » est donc une sortie double qui est constituée de deux disques bien distincts. Le premier disque, intitulé « Sky Blue« , est un album paru sous le nom de DTP. Le deuxième disque, intitulé « Dark Matters« , est un album paru sous le nom de DT, et est la suite directe de l’album « Ziltoid the Omniscient » sorti en 2007. Cet album avait été très apprécié des fans qui, après plusieurs années d’attente, peuvent enfin se régaler de cette suite. Les deux disques viennent donc ensemble dans un seul emballage.

Je trouve la décision de sortir les deux albums ensemble un peu douteuse… J’ai l’impression que chacun des deux albums auraient pu bénéficier d’une sortie indépendante, ne serait-ce qu’à quelques mois d’intervalle, et jouir d’un peu plus de visibilité. Le nom officiel de cet album double est « Z2 » (une référence directe à « Ziltoid the Omniscient« ), et le contenu qui y est associé n’est même pas le premier disque, mais le deuxième. Mais bon, j’imagine que si la décision a été ainsi prise, c’est qu’il devait y avoir des avantages pour lui ou sa maison de disques…

Abordons donc le premier disque, « Sky Blue« . Les douze chansons qui y sont présentes sont en plein dans le style auquel Devin nous a habitué sur ses albums précédents. Ceux qui connaissent bien « Addicted« , « Deconstruction » et « Epicloud » retrouveront immédiatement le style de chanson de ces albums. Ne cherchez pas trop les solos de guitares, les structures et les tempos plus complexes, Devin les a délaissés depuis longtemps pour des chansons plus directes, plus simples, plus pesantes, mais bien variées. L’album se termine de façon un peu trop mollo à mon goût par contre. Mes chansons préférées sur ce disque: « Rejoice« , « Fallout« , « A New Reign » et « Universal Flame« .

*suite après cette interlude musicale

 

Le deuxième disque, intitulé « Dark Matters« , est la suite directe de l’album « Ziltoid the Omniscient » paru en 2007. Sauf que cette fois-ci, c’est plus pesant, plus ambitieux, plus grandiose et beaucoup plus extravagant. La production est nettement supérieure au premier album Ziltoid, qui avait été produit, réalisé et enregistré entièrement par Devin lui-même avec un minimum de budget. Il y a beaucoup plus de narration sur « Dark Matters » que sur le premier, mais c’est très bien exécuté et ça ne tombe pas sur les nerfs. Pour ceux qui préfèrent écouter l’album sans les narrations, il y a un troisième disque sans les dialogues. C’est le genre d’album qu’il faut écouter d’un bout à l’autre pour en apprécier pleinement toute l’ampleur et les subtilités. Pour ceux qui sont familiers avec l’extravagance scénique qu’a su démontrer Devin avec son spectacle « The Retinal Circus« , réjouissez-vous! Devin a l’intention de produire un autre spectacle extravagant, cette fois-ci sur les aventures de Ziltoid (gageons que le spectacle couvrira les deux albums). La date et l’endroit de la performance sont déjà déterminées: Ce sera le 13 avril 2015 au Royal Albert Hall. Le gros bon sens nous dicte que ce spectacle sera fort probablement filmé sous tous les angles possibles, et que nous en profiterons tous lorsqu’il sortira en Bluray! Après cette performance, l’ami Devin prendra une pause de recording/touring d’au moins un an, le repos du guerrier bien mérité!

Donc, si on résume, le premier disque « Sky Blue » nous offre du bon Devin Townsend classique bien balancé, tandis que le deuxième disque « Dark Matters » continue la saga extravagante (est-ce que je vous ai dit que c’était extravagant?) de Ziltoid. L’histoire de la musique nous a prouvé que c’est rarement une bonne idée de faire une suite à un album qui a très bien marché (et les exemples sont multiples, à quelques exceptions près), mais dans ce cas-ci, c’est en plein sur le coche! Et quelque chose me dit qu’on a pas fini d’entendre parler de Ziltoid

Notes:

« Sky Blue« : 7.5/10

« Dark Matters« : 9/10

Mathieu

 

 

Les « Elles » du Métal

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Pendant que notre ami Stéphan (et chroniqueur régulier des « Elles » du Métal) continue à s’amuser en Europe après avoir assisté au Metal Female Voices Fest en Belgique, j’ai, une fois de plus, la chance d’utiliser cet espace et j’en profite pour vous parler d’un excellent album. – Graciela

 

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Stream of Passion

« A War of Our Own« 

2014

 

Si vous connaissez Stream of Passion, vous connaissez déjà le son particulier du groupe: des chansons profondes qui nous racontent des histoires touchantes, des guitares majestueuses, une batterie imbattable et des paroles en espagnol qui ajoutent toujours une douceur singulière aux mots. Tous ces éléments se retrouvent bel et bien dans le quatrième album du groupe. Mais il y a plus… il y a une guerre: « A War of Our Own« .

Le voyage commence avec « Monster« . Comme son nom l’indique, c’est une chanson monstre qui nous réveille avec les sons souples et envoûtants du clavier, annonçant la venue des guitares emphatiques et de la batterie qui définissent l’ambiance de l’album dès les premiers accords. « A War of Our Own » nous parle des conflits émotionnels, des moments de la vie où l’on doit affronter tout le monde et leur montrer de quoi nous sommes faits. Si l’album précédent, « Darker Days« , vous a paru sombre, ce nouvel album vous surprendra avec ses histoires.

C’est dans la chanson éponyme de l’album que nous pouvons écouter un bel exemple de la dextérité des musiciens. Johan Van Stratum à la basse marque le rythme vigoureux de la mélodie et est accompagné de la batterie intense de Martijn Peters pour créer des sons enveloppants.

Les chansons « Autophobia » et « Exile » incluent des éléments plus progressifs que le groupe souhaitait aborder. Ces éléments augmentent la complexité des mélodies et leur donnent un accent mélancolique et mystérieux. En parallèle, Marcela Bovio explore sa voix et nous offre des interprétations très émouvantes et dramatiques, différentes de celles qu’elle avait proposées lors de sa collaboration sur l’album « Antagonise » de Mayan, où elle offrait plutôt une performance opératique.

La langue espagnole et les sonorités latino-américaines sont beaucoup plus présentes sur ce disque. L’un des meilleurs morceaux de l’album est sans doute « Delirio« , une chanson entièrement en espagnol qui commence avec le clavier de Jeffrey Revet et le violon de Ben Mathot. Ceux-ci créent une ambiance douce et clairement nostalgique puis, tout d’un coup, les riffs de guitares enflamment la mélodie et la transforment en un véritable volcan en éruption, sans oublier la voix séduisante de Marcela accompagnée des sons sublimes des claves.

Cet album prouve le dynamisme du groupe, l’évolution et la force des membres de Stream of Passion en tant qu’âmes créatives. Il est aussi la preuve que le groupe a réussi à produire un album comme il le voulait, selon ses propres règles et en toute liberté artistique. Le projet Indiegogo leur fut très profitable: avec la participation des adeptes de la formation, la somme initiale requise pour enregistrer l’album souhaité par le groupe a été doublée, ce qui a permis l’enregistrement de versions acoustiques, comme « The Curse » qui se démarque admirablement.

C’est un album à écouter avec les yeux fermés et le cœur ouvert. Un travail remarquable, imprégné de passion. Avec un album comme celui-ci et des musiciens aussi talentueux, espérons que la musique de Stream of Passion se répande de plus en plus à l’échelle mondiale – et surtout, espérons que ce succès se traduise par des concerts à l’extérieur des frontières de l’Europe, car nous sommes nombreux à avoir hâte de les écouter en direct.

 

 

Critique d’album: Trail of Ash – « Embers » EP

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Trail of Ash

« Embers », EP

Self-Released/Independent

2014

 

There is Beauty in Fire

Hailing from Vancouver, Canada, one-man musical endeavor, TRAIL OF ASH is the brainchild of one, “Bobby Destroy Her”. Having guitar duties in DEVOUR THE UNDEAD he has since taken a self-reflective pause to focus on deep seeding emotion in this three song ep, “Embers”. The result is a very eclectic and often disheartening array of anguished Doom and experimental Metal.

First number, “Embers” takes a while to “get going” in its ambient intro before “jumping right into the fire”. Blasting and wildly cascading into a slow dirge, the song features Damon from OVERLORD and remembers old NOVEMBER’S DOOM with tortured clean singing intertwined with a ferocious growl. Quiet moments are included which include a soft whisper and jarring shots of distortion which are heard on other songs as well. “Heroes”, features a slightly more up tempo pace but is no less imposing and melancholic. Here, sharing the spotlight with guest guitarist, Exikye Cote (also from OVERLORD), the sparse moments leave room for TOOL comparisons with a reflective, pensive aura about loss and regret. Finally, “Trials” begins with a guitar intro that sounds out of tune before being bulldozed by thick distortion and crushing drums. Disjointed, uncomfortable and yet ultimately satisfying, the song offers something fresh and unexpected. Back once again are the monstrous growls and clean whispers, although this time with a vocal effect added.

Bobby Destroy Her has recorded what many may consider uneasy listening and it may require added moments spent in the dark processing TRAIL OF ASH’s “Embers”. However, what sets this EP apart from so many are the chances and liberties taken disregarding convention and throwing the “rule book” completely out the window! Not masterfully recorded, (the guitars sound a bit too high in the mix compared to the drums, especially on “Embers”) although with this style, the focus usually is on feeling not on how many notes are played a second. To hear more from TRAIL OF ASH, fans will have to wait until April of next year for that one!

Standout Tracks: “Trial

8.5/10

Chris

 

 

Critique d’album: HolloW – « Mordrake »

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HolloW

« Mordrake« 

Independent

2014

HolloW est un groupe de death/black metal technique de Montréal qui fusionne plusieurs genres avec brio et avec une couleur très personnelle (le death technique, le black mélodique, le thrash et le progressif). Ce sont surtout les arrangements symphoniques qui frappent en premier, qui englobent la grandeur de l’ambiance et qui élargissent la splendeur des compositions. Puis en deuxième, c’est la virtuosité du guitariste qui s’imprègne comme une impératrice des royaumes de glace, impétueuse et sublime, avec des solos impressionnants toujours bien imbriqués. Le vocal passe de grognements sordides et bestiaux aux imprécations aigües et se laisse parfois teinté d’une clarté très rock et solennelle sans surenchère. La structure est un flot qui se brise avec délicatesse, comme les vagues d’une plage tranquille qui se brisent et s’harmonisent avec le ressac mais qui, en même temps, subissent une tempête en haute-mer… Voilà où se trouve le génie de cet album selon moi: avec ce paradoxe peaufiné qui transcende les émotions humaines  »amour-haine ». Je pense donc que HolloW produit un art universel mais pointu qui plaira aux amateurs recherchant des artistes de la musique extrême  »qui savent polir une perle brute » (comme me l’a déjà si bien dit Lex Ivian). Et j’aimerais aussi souligner le travail du batteur qui soutient avec brio, voire décadence, cette puissante marche métallique, comme l’éclaireur qui conduit ses troupes vers une victoire assurée.

Il y a aussi que l’album a été enregistré en analogue sans triggers et copy-paste, ce qui donne un rendu direct et authentique qui se rapproche de l’expérience du concert. Et c’est doublement impressionnant concernant la capacité des musiciens de se fondre dans leur oeuvre. Je pourrais essayer de faire un reproche sur la longueur de l’album, arguant que les derniers titres dilueraient un peu l’impact, mais je ne peux même pas soutenir cette affirmation (comme l’a dit mon confrère de metalunderground.com) puisque la finesse qui en ressort ne fait que rendre l’album encore plus complet (je pourrais comparer minimalement cela à l’album « Dark Ages » de Soulfly, qui s’étire mais n’est pas pour autant interminable).

En parcourant d’autres critiques, je vois que la plupart compare la musique de HolloW à de grands groupes de métal symphonique et, sans vouloir leur jeter de pierres, je préfère m’abstenir car je trouve cela un peu réducteur tellement le souffle de « Mordrake » est de haute-voltige et possède sa propre couleur. Il est certain que nous pouvons y trouver des similitudes mais je préfère laisser l’auditeur faire ses propres comparaisons. Étant habitué d’écouter des groupes beaucoup plus sales et vulgaires dans le son, et ayant délaissé le genre symphonique plus commercial, « Mordrake » m’époustoufle d’autant plus.

Je vous invite tous à entrer dans ce voyage musical admirable, qui devrait contenter les mordus de chacun des sous-genres illustrés..

Blazing Owl

 

 

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Critique d’album: Unbeing – « Raptus »

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Unbeing

« Raptus » EP

Independent

2014

 

Unbeing est une formation de metal progressif instrumental (ou plutôt « ProgEpic InstruMetal » selon les écrits sur leur site web et leur facebook) de Montréal ayant vu le jour en 2006. Suite à plusieurs péripéties et changements de membres, on peut dire que la formation telle qu’on la connait aujourd’hui date plutôt de 2010 (C’est là que commence la chronologie des événements à retenir sur leur page facebook). Mais Unbeing n’ont pas toujours été une formation instrumentale. Ayant commencé au tout début avec une formation qui incluait un chanteur (ce même membre est maintenant leur bassiste), le groupe a fait l’essai d’autres voix au sein de leur formation, pour en arriver finalement à la conclusion que leur créativité était limitée par le fait d’exploiter pleinement le potentiel d’un chanteur. Unbeing est donc devenu à partir de 2011 un groupe instrumental d’abord et avant tout, et il est dit sur leur page qu’il sera considéré d’ajouter une voix si cela convient.

Le EP « Raptus« , paru cette année soit 2014, est un court enregistrement de 4 pièces, comportant au total 19 minutes de musique. C’est jusqu’à maintenant le deuxième enregistrement du groupe.

La première pièce, « Rapture« , installe tranquillement l’ambiance du EP. Il faut souligner qu’Unbeing est une formation qui compose plus de longues pièces que de courtes pièces. Les développements musicaux sont donc très élaborés et se font de manière longue et PROGressive. Au tout début de « Rapture« , on entend le son de quelque chose qui s’approche (comme le son du vent ou d’un véhicule quelconque en mouvement), alors que le mood est calme et space. Alternant d’accords mineurs à majeurs, le son planant de ce début de EP très prometteur transporte une identité bien propre à Unbeing. Mes oreilles affectionnent particulièrement ce type d’ambiance: c’est un bon indicateur que le plat de résistance sera bon quand on peut sentir que l’entrée est déjà de la fine gastronomie. Lorsque l’énergie atteint son apogée et que l’aspect metal est entré en place, on constate que c’est une construction réalisée avec brio. À la fin de la pièce, extrait sonore du métro de Montréal qui décolle vers une prochaine station (C’était ça le son au début, un métro qui approche). C’est intéressant d’entendre cela car ça caractérise la musique avec un élément de la vie de tous les jours, mais non seulement ça, ça créé aussi une appartenance au lieu d’origine de la musique tout en permettant aux gens de partout dans le monde qui écouteront cette musique d’entendre le son du métro de Montréal. C’est un peu comme si la musique d’Unbeing nous amenait visiter des lieux en plus de nous communiquer des mélodies.

D’ailleurs, ce son du métro est entrecoupé entre la fin de la première pièce, et le début de la deuxième: « Batterie Faible« . On peut apprécier dans « Batterie Faible« , une grande présence de la basse qui groove calmement mais avec du caractère. Encore une fois la construction de la pièce se fait progressivement avec la guitare clean au début, formule semblable à la première pièce. Une belle palette de textures nous est livrée par ce groupe progressif dont les mélodies sont communicatives et spécialement caractérisées. Une fois de plus, l’énergie est montante et l’effet est percutant lorsque la vélocité atteint son sommet. L’aspect agréable d’un groupe instrumental tel qu’Unbeing est que chaque mélodie et chaque groove se succède pour être analysé par notre oreille d’une perspective frontale, donc très directe.

C’est particulièrement intéressant de retrouver des transitions très fluides entre les pièces, tout comme celle entre « Batterie faible » et « Tetris Rufus« . L’énergie du EP « Raptus » comporte beaucoup de nuances, monte et descend souvent. Quelqu’un qui ne porte pas attention au lecteur de musique et qui écoute sans le regarder pourrait ne pas remarquer le moment où les pièces se fondent les unes dans les autres et percevoir le tout comme un seul long morceau. C’est peut être même voulu par le groupe, et ça a quelque chose d’ingénieux (ça doit être cool en live de voir les 4 pièces enchainées sans interruption). La pièce « Tetris Rufus » comporte elle aussi un son atmosphérique plutôt planant. C’est selon moi celle qui a la personnalité la plus mordante dans ce EP.

Finalement, « 2nd Cup » est une pièce où on peut profiter d’une multitude de belles harmonies et dans laquelle on retrouve un côté prog plus accentué. Les signatures de temps et découpages progressifs sont un peu plus prononcés dans cette pièce. Il y a cette ambiance tout au long du EP qui combine le fait que la musique lève beaucoup, mais il y a aussi cette atmosphère space entretenue par les différentes banques de son du keyboard. C’est une expérience d’écoute raffinée et rafraichissante.

La musique de Unbeing est disponible sur leur site officiel donc si vous aimez ce que vous entendez, le EP « Raptus » est disponible au coût de 4$ en version digitale, et chacune de leurs pièces (incluant celle de leur album éponyme) sont en vente séparément au coût de 0.99$ sur ce même site web. Ça vaut la peine, à ce prix la, d’encourager de bons artistes locaux.

Francis

 

 

Critique d’Album: Haken – « Restoration »

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Haken

« Restoration« 

Inside Out Music

(2014)

 

Le groupe de métal progressif britannique Haken fait beaucoup jaser depuis quelques années, en particulier depuis la sortie de son troisième album « The Mountain » en septembre 2013. Cet album leur a permis de se faire connaître sur la scène internationale et également d’entrer dans la grande famille d’Inside Out Music. De par son style, Haken est souvent décrit comme étant le prochain Dream Theater. Côté albums, le groupe est très productif. En effet, le groupe a sorti ses trois premiers albums en moins de trois ans et demi, et voilà maintenant qu’il récidive avec une quatrième offrande en moins de cinq ans avec son EP « Restoration« .

Il faut mettre les choses au clair dès le départ: « Restoration » consiste en un EP de trois chansons retravaillées qui figuraient originalement sur leur démos « Enter the Fifth Dimension » enregistré en 2008. La sortie de « Restoration » fait d’une pierre, trois coups: Elle redonne vie et fait justice à d’excellentes chansons qui ne brillaient pas sous leur meilleur jour sur le démo (la qualité de l’enregistrement laisse vraiment à désirer), elle permet de présenter et d’intégrer le nouveau bassiste Conner Green, et finalement donne un nanane aux fans pour les faire patienter en attendant le quatrième album (qui ne devrait pas tarder à venir, le groupe a annoncé avoir déjà commencé à travailler dessus il y a de ça plusieurs semaines).

La première chanson « Darkest Light » (« Blind » sur le démo) est très directe et de loin la plus pesante sur le EP. Il y a plusieurs changements de rythme, et chacun des membres a la chance de briller. C’est également la chanson utilisée pour le vidéoclip qui est sorti il y a quelques semaines:

 

 

« Earthlings » (« Black Seed » sur le démo) est une chanson beaucoup plus lente et sombre. Elle me fait penser à « As Death Embraces » sur « The Mountain« . Elle offre un bon contraste avec la première chanson, et contribue à diversifier les styles proposés sur ce EP.

« Crystallised » (« Snow » sur le démo) est la troisième et dernière chanson sur ce EP. C’est de loin la meilleure et la plus ambitieuse des trois, et il y a même deux collaborations, celle de Mike Portnoy au drum (Dream Theater, Avenged Sevenfold, Transatlantic, Flying Colors, The Winery Dogs) et de Pete Rinaldi à la guitare (Headspace). Pete est celui qui a servi de bassiste temporaire pour Haken le temps que le groupe en trouve un permanent (qui allait finalement être Conner Green).

Faisant près de vingt minutes, « Crystallised » est un chef-d’oeuvre de musique progressive. Elle fait le tour de pas mal tous les styles qu’Haken a exploré sur ses trois premiers albums. C’est en quelques sortes un beau gros gangbang musical qui nous offre des changements de rythme, des refrains accrocheurs, de la musique folk, des harmonies vocales à la Cockroach King, des solos de guitare et toutes sortes d’autres extravagances musicales qui sont trop dures à décrire en mots. C’est une des meilleures chansons que le groupe a écrite jusqu’à maintenant.

Dans un monde idéal, j’aurais aimé que le groupe « restore » les six chansons de son démo, et je dis ça seulement par pur égoïsme, car j’en aurais voulu encore, et je comprends très bien qu’il y a des choix déchirants qui ont dû être faits. Malgré tout, le groupe nous offre trente-quatre minutes de bon matériel en seulement trois chansons, ce qui est excellent pour un EP! Les chansons, bien qu’on en reconnaisse les éléments principaux des démos, ont tous été retravaillées de fond en comble et pour le mieux. Ce n’est donc pas seulement un re-recording, et je lève mon chapeau (même si je n’en porte pas) à Haken qui a mis le coeur à l’ouvrage.

En conclusion, « Restoration » nous offre trois chansons très différentes les unes des autres et fait le pont entre le passé relativement court et le futur très prometteur du groupe (escaping the past by embracing the future, comme le chanteur Ross Jennings le dit si bien dans les dernières secondes de « Crystallised« ). Haken a le vent dans les voiles plus que jamais, et rien ne semble pouvoir les arrêter!

Note: 9.5/10

Mathieu