by Marc-Andre Jobin | Mar 9, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

Geezer
«Gage»
Ripple Music/STB Records
2015
Geezer est un groupe de Kingston dans l’État de New-York composé de trois musiciens: un chanteur/guitariste, un bassiste et un joueur de batterie. Il a à son actif un album, un album en spectacle et un EP. C’est ce dernier auquel on va s’intéresser ici. Le EP s’intitule «Gage» et contient cinq chansons. Originalement, il a été sorti en septembre 2014 sous le label STB Records. Comme ça s’est vendu rapidement, le label Ripple Music a pris en charge de le sortir à nouveau le 10 février dernier. Voyons à quoi ça ressemble.
Au niveau de la musique, on peut facilement identifier plusieurs genres de musique réunis dans un seul et unique groupe. Le genre le plus flagrant qu’on peut identifier, et c’est d’ailleurs ce qui fait en sorte que j’ai beaucoup apprécié l’ensemble du EP, c’est le blues, plus particulièrement à la deuxième chanson intitulée «Thorny». La seule ballade de ce EP, mais je l’ai grandement appréciée. En plus, c’est le genre de blues que j’aime bien.
On peut retrouver également un vieux côté du heavy métal et aussi de temps en temps un côté de hard rock. On retrouve énormément les deux influences dans la première, «Ancient song», et la troisième chanson, «Ghost Rider Solar Plexus». Sans oublier cette touche de rock psychédélique qui est surtout présente dans la quatrième chanson intitulée «Tales Of Murder And Unkindness», qui fait 14 minutes et 27 secondes. Par contre, c’est la chanson pour laquelle j’ai le moins accroché. Je pensais qu’à environ 10 minutes et demie, la chanson était finie, mais le groupe a décidé de rallonger leur chanson alors que l’essentiel était déjà entendu.
Pour présenter ce mélange de tous les genres, le groupe a donné une préférence à un vieux son que l’on retrouvait à la fin des années 60 et dans les années 70. Le bon côté du son de ce EP concerne le fait que l’on entend bien tous les instruments. Le mauvais côté, c’est que j’ai eu l`impression que le groupe a enregistré ce EP pendant un concert ou dans un local de pratique parce qu’on entend assez bien les «feed» des amplificateurs et que l’enregistrement s’est fait quand même loin de ce groupe. C’est surtout vrai pour la cinquième et dernière chanson intitulée «Dude, It’s Molecular». La seule pièce instrumentale de ce EP et j’avoue que les quatre minutes de cette chanson m’ont paru une minute tellement que je me laissais planer avec la musique. Pour ce qui est de la voix, je n’ai rien à dire mis à part qu’elle s’accorde parfaitement avec le genre de Geezer.
En conclusion, ce EP est idéal pour les fans qui adorent et écoutent beaucoup tout ce qui se faisait à la fin des années 60 et dans les années 70. Personnellement, j’ai eu du plaisir à l’écouter et j’ai hâte d’entendre davantage de chansons de la part de ce groupe pour voir son évolution musicale. À mon avis, la pièce maîtresse de ce EP est la troisième chanson qui s’intitule «Ghost Rider Solar Plexus». À vous de vous le procurer via le label Ripple Music et je suis sûr que vous n’allez pas regretter votre achat. Chapeau les gars!
8/10
Marc-André Jobin
by Marc-Andre Jobin | Mar 8, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

Holy Cost
«Pornado»
Independant
2015
Est-ce que Holy Co$t vous dit quelque chose? Non! Vous savez… c’est le groupe formé en janvier 2008 au Nouveau-Brunswick et maintenant rendu à Montréal. Ça ne vous dit toujours rien? Il a sorti plusieurs EP et split avec d’autres groupes depuis sa formation. Toujours rien? Si je vous dis les mots suivants: grind, threesome, porn, sharknado (si vous voulez voir un film mauvais, c’est parfait pour vous même si c’est meilleur que «The Wicker Man» avec Nicolas Cage). Ah! Je vois que vous avez compris qui est Holy Co$t.. Enfin, peut-être l’avez-vous compris!? Holy Co$t est ce groupe composé de trois membres qui a subi plusieurs changements au fil des années pour finalement sortir un tout premier album intitulé «Pornado».
À quoi ça ressemble cet album? Holy Co$t offre un mélange de goregrind et de pornogrind. Par contre, on sent très bien l’influence du slam death métal dans plusieurs riffs de quelques chansons, surtout dû au rythme de la guitare. D’ailleurs, si vous ne l’avez jamais remarqué, ce genre de musique donne un goût de danser et de faire des «mosh-pits», ce qui est le cas chez Holy Co$t.
En général, la musique est grasse, dégueu (dans le bon sens du terme), simple et efficace. De quoi plaire aux fans du genre. En plus, on entend très bien tous les instruments. Si vous êtes fan du son de la basse, on l’entend très bien et même que par moment, (ça arrive quelques fois à vrai dire) on entend mieux la basse que la guitare. Un défaut qu’on oublie assez rapidement. Pour la voix, ça correspond parfaitement à un évier qui se vide malgré que le tuyau est presque entièrement bouché, mais aussi avec des «pigsqueals» malsains et dégueu (dans le bon sens du terme encore une fois) qui correspondent parfaitement au genre de Holy Co$t.
Au niveau de la production, ma crainte était que je n’allais pas apprécier mon écoute préjugeant que ça sonnerait très mal et que ce ne serait que du bruit que j’entendrais comme ca arrive souvent. Heureusement, ce n’est pas le cas de cet album. C’est une production que j’aime bien comme dans les bons albums du genre. Presqu’aucun instrument n’embarque par-dessus un autre (bon à part mon commentaire plus haut sur la basse mais c’est pas vraiment important).
Pour ce qui est de la durée, j’ai trouvé cet album pas mal court par contre à moins de 20 minutes. C’est d’ailleurs son gros défaut dans le sens qu’après la dernière chanson, j’en voulais encore et encore. J’aurais pu écouter ce groupe pendant plus de 45 minutes et j’aurais été satisfait.
En conclusion, j’ai très apprécié mon écoute de cet album, mais comme je l’ai dit, la durée était trop courte à mon goût parce que j’en demandais encore plus après la dernière chanson. Je crois même qu’après 30 minutes, j’en voudrais plus. Pour le reste, tout m’a paru très bien. Selon leur page Facebook, un deuxième album pourrait voir le jour, mais en espérant que cette fois-ci, l’album va être un peu plus long.
8/10
Marc-André Jobin
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mar 7, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

Vehemal
«The atom inside»
Indépendant
2014
Liste des pièces:
«Les particules élémentaires»
«Progéniture échouée»
«Cosmic Collision»
«Univers Zéro»
«Relativité nébuleuse»
«Milky Way»
«Avenge the Earth»
«The Atom Inside»
«Les synapses planétaires»
C’est l’an passé, plus précisément le 25 septembre dernier, que la formation montréalaise de Black Metal mélodique Vehemal sortait son tout premier album intitulé «The Atom Inside». Testant son matériel sur scène ici et là en province depuis 2008, le quintette d’abord entièrement constitué de membres du beau sexe, mais comprenant aujourd’hui trois membres masculins, devait effectivement se lancer et nous livrer sa première offrande après de nombreuses années de gestation. Pour y parvenir, la troupe réquisitionna les services des maintenant réputés Silver Wings Studios, ce qui laissait présager une première sortie de qualité optimale. Décortiquons donc ledit résultat final, pour voir ce qui en est réellement de cette nouvelle galette métallisée québécoise.
Tout d’abord, en scrutant la superbe couverture de l’album et les titres des pièces s’y retrouvant, on verra que Martine Bourque (chant, paroles), s’est appliquée à développer un concept lyrique à saveur cosmique, illustré par de superbes paroles francophones et des paroles disons-le, un peu moins réussie dans la langue de Shakespeare. En effet, bien que les paroles anglophones semblent être très bien placées dans la musique élaborée du groupe, leur lecture nous fait constater qu’elles sont nettement moins riches que celles écrites dans la langue de Molière.
Assez parlé de l’enrobage, entrons maintenant dans la musique de Vehemal. De manière tout à fait classique pour le genre, le groupe nous accueille avec «Les particules élémentaires», une introduction orchestrale un brin longuette avec sa minute et demie qui semble tourner en rond au lieu de nous emmener quelque part. Cet effet est renforcé, par le fait que la seconde pièce, une de meilleures de l’album soit dit en passant, semble comporter sa propre introduction de clavier qui rallonge la mise en bouche de façon un peu injustifiée. Passé cette longue introduction, le groupe entre enfin dans le vif du sujet avec des motifs de guitare en trémolo, typiques du courant musical choisi, souvent couplés à une guitare de tête superbe et mélodique.
Ce qui suit est une succession de motifs agressifs et de passages plus calmes et mélodieux arrangés d’une façon qui n’est pas sans rappeler les aventuriers d’Unexpect, sans jamais verser dans la même complexité par exemple. L’écoute de l’album nous fera donc l’effet d’un voyage cosmique à travers tempêtes solaires et moments de vide interstellaire, mais on en retiendra principalement les passages plus violents. Ceux-ci sont en effet très bien construits et écrits, alors que certains des passages plus atmosphériques ne semblent qu’exister pour rallonger la sauce.
On en vient maintenant à la production qui, très compétente en ce qui a trait aux guitares tranchantes quoique manquant un brin de saleté, sonne beaucoup trop plastique du côté de la batterie qui est dépourvue de sonorités réellement organiques. Au chapitre des orchestrations de claviers, celles-ci apportent un aspect intéressant à la musique du groupe lorsqu’elles se font ambiantes et atmosphériques, mais se révèlent parfois agaçantes dans mon cas lorsque le clavier est utilisé comme instrument de tête. Effectivement, les sonorités utilisées dans ces passages se rapprochent plus du Power Metal ou du Goth Metal que de sonorités associées au Black Metal, ce qui amène un côté un peu trop fromagé à mon goût à l’ensemble. Le chant de Martine Bourque variant entre les hurlements râpeux typiques du genre, un chant plus clair, mais rauque et des passages narrés constitue clairement le second point fort de l’album après les motifs de guitare en raison de sa puissance et de son intelligibilité.
En somme, bien que plusieurs éléments de «The Atom Inside» soient perfectibles à mon avis, celui-ci vaut tout de même largement le détour grâce à son équilibre entre agression et mélodie, à ses motifs de guitare élaborés, à un concept lyrique bien travaillé et à la voix puissante et variée de sa chanteuse. Toutefois, Vehemal aurait eu avantage à opter pour une production plus organique du côté de la batterie, à choisir des sonorités de clavier plus glauques que cajoleuses et à conserver plus de saleté dans les guitares, ce qui aurait amené un son moins stérile à l’ensemble. De plus, certaines longueurs, notamment celle de la double introduction, auraient pu être réduites pour améliorer l’impact de l’album qui se distinguera surtout par ses passages plus agressifs. Les fanatiques du côté plus mélodique et grandiloquent de la musique sombre ne devraient cependant pas s’en formaliser outre mesure et jeter une oreille attentive à ce premier opus d’un groupe de chez nous.
7/10
Pièces favorites: «Progéniture échouée» et «Milky Way».
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Mathieu Audet | Fév 26, 2015 | Chroniques, Critiques, Critiques d'Albums, En Rafale
Fidèles à leur générosité, Inside Out Music et Century Media m’ont envoyé un bon paquet de nouveautés qui sont parues récemment ou qui sont à paraître bientôt. Pour certaines d’entres elles, j’en ai fait une critique complète (Neal Morse – «The Grand Experiment» et The Agonist – «Eye of Providence»). Je n’ai malheureusement pas le temps, ou l’intérêt, ou le background pour faire une critique complète de chacun de ces albums ci-dessous, alors je me contenterai de glisser un mot sur plusieurs d’entre eux! Et je vous avertis, il risque d’y avoir une deuxième partie!
Mathieu Audet

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Kaipa
«Sattyg»
Inside Out Music
2014
Kaipa, c’est un groupe de rock progressif suédois qui roule sa bosse depuis plus de 40 ans. C’est un groupe dont j’avais entendu parler par la bande, puisque deux membres des Flower Kings y sont passés (Roine Stolt à deux occasions, et Jonas Reingold en est le bassiste depuis 2000), ainsi que le guitariste de Scar Symmetry, Per Nilsson. J’avais très hâte d’écouter cet album, qui est le treizième de leur discographie, et je n’ai pas du tout été déçu. Les amateurs de vieux progressif autant que les amateurs de sonorités folkloriques à la Eluveitie y trouveront leur compte. L’album est une balance parfaite entre de la musique d’ambiance et de la musique qu’on écoute pour écouter de la musique. Je sais que j’ai commencé à l’envers en m’attaquant à plus de 40 ans d’héritage musical en commençant par le plus récent effort, mais «Sattyg» est le genre d’album qui donne envie d’aller se taper tout le reste de la discographie du groupe, chose que je vais faire dans un avenir très rapproché. Une excellente découverte!
Note: 9/10
https://www.youtube.com/watch?v=wF2r7VumB9g
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Nightwish
«Élan» (single)
Nuclear Blast, Roadrunner Records
Février 2015
Pour nous faire patienter en attendant la sortie de l’album «Endless Forms Most Beautiful», Nightwish nous a gâté du premier single «Élan», qui vient avec un total de quatre chansons («Élan», version album, radio et alternative, ainsi qu’un b-side intitulé «Sagan»). Les gens vont reconnaître tout de suite le style des deux derniers albums. Selon moi (et je l’espère), «Élan» est sortie en premier parce qu’il s’agit de la chanson la plus « catchy » et la plus « radio friendly » de l’album. Je ne peux contenir mon excitation d’entendre la dernière chanson de l’album à paraître, «The Greatest Show on Earth», qui fait très exactement 24 minutes… À suivre!
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Night Demon
«Curse of the Damned»
Century Media
2015
Je ne sais pas trop c’est quoi que les gars de Night Demon ont essayé de faire sur l’album «Curse of the Damned» C’est peut-être moi qui n’ai pas compris, mais il me semble qu’ils aient essayé de mélanger quelques styles (du métal des années 80 à la Iron Maiden et Diamond Head au punk tout croche des Misfits) et qu’ils en aient malheureusement retenu plus des mauvais côtés que des bons. La production n’est pas aux standards de 2015, et même si c’était volontaire, je ne trouve pas que ça sert bien la musique. Les riffs et les arrangements sont souvent trop faciles et trop évidents. Encore là, s’il s’agit d’un hommage aux années 80, ça aurait pu être exécuté de meilleure façon. C’est peut-être moi qui n’ai rien compris… «Screams in the Night» va vous rester dans la tête par contre!
Note: 5/10
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Napalm Death
«Apex Predator – Easy Meat»
Century Media
2015
La première (et unique) fois que j’ai vu Napalm Death en spectacle, c’était en 2007 en première partie des puissants Kreator. J’ai trouvé que ce band-là torchait solidement en live, et que le chanteur Barney Greenway avait l’air d’un autiste qui, entre chaque couplet, était pris d’un combat intérieur intense pour décider s’il allait cracher en plein visage de la foule les prochaines lignes vocales, ou s’ils allait foutre son camp de la scène pour fuir cette foule bruyante qui en redemandait plus pour aller se perdre dans ses pensées et réfléchir au sens de la vie tout seul dans un coin…
Pour ce qui est de la critique de l’album, je vais faire mon lâche et me contenter de citer Jason Lepage qui a très bien résumé le nouvel album de Napalm Death.
Un nouvel album de Napalm Death c’est un peu comme un nouvel album de NOFX ou AC/DC, tu n’as pas vraiment besoin de l’écouter pour faire une critique.
Voilà, tout est dit!
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Marduk
«Frontschwein»
Century Media
2015
Ok, encore plus lâche, reprenez la citation pour Napalm Death et remplacez par Marduk. Je ne le referai plus après, promis!
by Mathieu Audet | Fév 19, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

The Agonist
«Eye of Providence»
Century Media Records
2015
La première fois que j’ai vu The Agonist en spectacle, c’était en 2007 en première partie de Sonata Arctica. Disons que c’était un choix un peu spécial pour une première partie, étant donné les styles très différents des deux groupes. Les gens sur place, moi le premier, avions été très agréablement surpris par la performance du groupe. C’est donc à partir de ce moment que j’ai commencé à m’intéresser à ce groupe, qui sortait pas longtemps après son album phare «Lullabies for the Dormant Mind» (2009).
En mars 2014, un coup de théâtre majeur est venu changer considérablement la scène du metal. Après dix ans et trois albums avec The Agonist, la chanteuse Alissa White-Gluz annonçait son départ du groupe pour rejoindre Arch Enemy, dont la chanteuse Angela Gossow venait tout juste de quitter pour s’occuper uniquement de la gérance du groupe. Dans la même annonce, The Agonist annonçait la remplaçante d’Alissa, une certaine (et peu connue) Vicky Psarakis.
Plusieurs oiseaux de malheur ont prédit la fin de The Agonist. Il est vrai qu’Alissa White-Gluz était l’image et la leader du groupe, et en faisant la transition pour Arch Enemy, elle semblait être la seule gagnante de l’équation. Sauf que tout le monde a été gagnant. Je dirais même que c’est la meilleure chose qui aurait pu arriver à The Agonist, car suite à ce changement, le groupe a sorti son meilleur album jusqu’à maintenant.
Faisant près d’une heure en longueur, «Eye of Providence» est l’album le plus mature et de loin le mieux produit du catalogue de The Agonist. C’est comme si le groupe avait décidé de se faire une liste des bons et des moins bons coups des trois albums précédents et de ne garder que la colonne des bons coups. L’album, plus mélodique que ses prédécesseurs, conserve toutefois l’agressivité qu’on connait et qu’on aime chez The Agonist. Parlant d’agressivité, elle ne tarde pas à arriver avec la première chanson «The Gates of Horn and Ivory»:
En plus de cette chanson, il y a plusieurs autres bons highlights sur l’album, notamment «My Witness Your Victim», «Danse Macabre», «I Endeavor», «A Gentle Disease» et «As Above, So Below».
Je vais le dire carrément comme ça, sans détours, sans me cacher ni rien: Vicky Psarakis est une chanteuse mieux balancée qu’Alissa White-Gluz. Le contraste entre sa voix clean et sa voix growl est mieux maîtrisé, sa voix clean est plus polie et plus jolie (comme on peut l’entendre sur «A Gentle Disease»), et sa voix growl est du même calibre que celle d’Alissa (qui à mon avis est beaucoup mieux exploitée avec Arch Enemy). Avec la musique de The Agonist, sa voix mieux balancée vient chercher une coche de plus qui rend le tout meilleur que la somme de toutes ses parties. Reste à voir maintenant si Vicky saura chausser sur scène les grandes pointures laissées vides par Alissa. Seul le temps nous le dira.
C’est donc un nouveau départ réussi sur toute la ligne pour The Agonist. J’espère que ce changement de personnel durera un bon bout et nous produira plusieurs autres excellents albums comme «Eye of Providence»!
Note: 9/10
L’album sortira le 24 février 2015.
Mathieu Audet
by | Fév 14, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

At The Gates
«At War With Reality»
Century Media Records
2014
1. « El Altar del Dios Desconocido » (« The Altar of the Unknown God ») Ernesto Sabato 1:06
2. « Death and the Labyrinth » 2:33
3. « At War with Reality » 3:09
4. « The Circular Ruins » 4:28
5. « Heroes and Tombs » 3:59
6. « The Conspiracy of the Blind » 3:19
7. « Order from Chaos » 3:26
8. « The Book of Sand (The Abomination) » 4:28
9. « The Head of the Hydra » 3:38
10. « City of Mirrors » (instrumental) 2:06
11. « Eater of Gods » 3:51
12. « Upon Pillars of Dust » 2:39
13. « The Night Eternal » 5:37
Une chose est certaine lorsqu’on entame l’écoute du tout récent album de At The Gates, s’intitulant «At War With Reality», l’attente en a valu le coût. La formation suédoise a fait languir ses fans pendant une période de dix-neuf années, alors que leur dernier enregistrement, «Slaughter of the Soul» est paru lors de l’année 1995. Il faut préciser que, pendant cette période d’attente, le groupe s’est dissout à deux reprises et a performé lors de tournées réunion pour le simple plaisir de le faire, sans vouloir s’engager auprès de leurs partisans. Ce n’est qu’en 2010 que At The Gates reprend enfin vie, et quatre ans plus tard sort son nouveau titre.
L’orchestre, composé de membres d’une moyenne d’âge approchant la mi-quarantaine, n’a pas perdu du poil de la bête. Avec une introduction d’une ambiante noirceur, qui paraît comme un avertissement dans une langue étrangère, At The Gates huile la machine à death métal mélodique qu’ils sont. Quelques secondes suffisent pour qu’on retrouve toute l’énergie qu’ils avaient laissée à la fin du dernier millénaire. Dès la première piste suivant l’introduction de l’album, «Death and the Labyrinth», l’agressivité est palpable et le ton est mis pour les pièces qui la succéderont. En effet, grâce à leur sonorité écrasante et ténébreuse, ainsi qu’à la robustesse de la voix du chanteur, le résultat des compositions est plus que satisfaisant.
Malgré les tendances récentes de plusieurs groupes métal émergeant à vouloir impressionner la galerie avec des enchaînements de notes ultra rapide et des «blast beats» omniprésents, l’ensemble suédois revient en exploitant les racines de leur méthode de composition. Toujours en conservant la facette mélodique de leur musique, ils se concentrent à délivrer des riffs terrassant les tympans, en sacrifiant davantage la rapidité pour laisser un maximum de place à l’efficacité. Les pièces «At War With Reality», «The Circular Ruins» et «Heroes and Tombs» bâtissent le chemin avec une progression sombre et accablante, des rythmes qui font voyager vers le passé pour se rapprocher pas à pas du At The Gates qui a su influencer les tournures du genre qu’est le métal mélodique.
Par contre, il est important de préciser que le groupe est tout autant capable de fournir des titres plus rapides, contenant beaucoup d’énergie, sans trop s’éloigner de la ligne directrice de l’album. C’est le cas entre autre avec «The Conspiracy of the Blind», «The Book of Sand (the Abomination)» et «Eater of Gods», pièces qui sauront condenser les notes jouées et accéléreront le rythme dicté par les percussions. Des solos de guitares foudroyants forgent une écoute passionnée, et des riffs d’une pureté perturbante imposent des lectures en boucle; les oreilles en demanderont encore et encore.
Au final, il est parfaitement clair que les légendes ont été en mesure de livrer une marchandise de qualité. L’ensemble de l’œuvre, tant au niveau instrumental, vocal et ambiant, continuera de satisfaire les tympans des fans qui en feront l’écoute. Perpétration fortement recommandée pour les avides de sensations classiques et réconfortantes et pour les curieux qui désirent explorer un monde bien connu avec une touche moderne implacable.
Vous pouvez acheter «At War With Reality» en suivant ce lien
Charles-Olivier Giguère