• Les “Elles” du Métal

    Posted by Stéphan Levesque on March 22nd, 2014

    1536632_10152164014935767_1568919610_n

     

    Cette fois-ci, je vous reviens dans un format plus classique pour Les “Elles” du Métal alors que je vous propose la revue de deux albums. Toutefois, je m’en tiens à la nouveauté alors que je vous propose le 1er album du groupe italien Sleeping Romance et également le 1er album de Dark Sarah, nouveau projet de Heidi Parviainen. – Stéphan

    ____________________________

     

    526539_206178436225280_1298342777_n

     

    Sleeping Romance

    Enlighten”

    Ulterium Records

    2013

     

    Au cours des dernières années, le nombre de groupes metal mettant en vedette des chanteuses a explosé de manière exponentielle. Ainsi, les nouveaux groupes qui arrivent dans le décor se voient obligés, dès leur premier essai, d’offrir un produit raffiné et bien peaufiné afin de se donner une chance de se faire un nom. Ayant bien compris cette exigence, voici que le groupe italien Sleeping Romance se lance dans l’arène avec un premier album, “Enlighten“.

    Chose sûre, Sleeping Romance y met le paquet et annonce ses couleurs dès le départ, la (trop) courte introduction orchestrale “Hydrid Overture” se faisant somptueuse et nous dévoilant ce que sera une des principales composantes de l’album, soit un son très orchestral qui s’avère omniprésent à travers les dix titres. Ensuite, la pièce-titre et celle qui lui succède, “The Promise Inside“, nous confirment cette tendance en intégrant ces éléments orchestraux à des rythmiques typiques au power metal, créant ainsi une belle harmonie entre passages calmes et passages plus lourdes. La principale qualité que l’on peut relever concernant “Enlighten” est que la variation des ambiances y est entretenue de manière extrêmement habile, prouvant qu’un grand soin a été apporté au niveau de l’écriture.

    En effet, le guitariste et compositeur Federico Truzzi se révèle être un arrangeur hors-pair, lui qui est parvenu à faire passer de multiples émotions à travers sa musique. Les arrangements orchestraux complètent parfaitement le jeu solide des musiciens et Truzzi réussi à bien varier les ambiances en jouant habilement sur plusieurs tableaux. Ainsi, même si les pièces sont généralement bien rythmées, le cours des festivités est aussi agrémenté de ballades très bien réussies : si “Free Me” est une jolie pièce mid-tempo, c’est surtout “December Flower” qui tire son épingle du jeu grâce à sa superbe introduction au piano. Seul bémol, il aurait été pertinent de séparer ces deux pièces, certains amateurs de metal n’appréciant pas particulièrement que deux chansons plus tranquilles se succèdent.

    Si les pièces plus tranquilles sont bien réussies, ce sont toutefois les moments plus musclés qui se révèlent les plus mémorables, nous n’avons qu’à penser au moment instrumental au coeur de “The Promise Inside“, au rythme enjoué de “Finding my Way” et à la très powerDevil’s Cave“, pièce explosive dotée de superbes chorales et d’un jeu de cordes qui enrobent parfaitement la mélodie. Devant d’aussi belles qualités d’arrangeur, l’auditeur ne peut que s’émerveiller. On peut d’autre part se demander comment aurait sonné la pièce d’introduction (“Hybrid Overture“) et celle de conclusion (“Aeternum“) si Truzzi s’était affairé à les développer davantage. De courte durée (moins de deux minutes chacune), on peut quand même flairer dans ces deux extraits un fort potentiel épique malheureusement laissé sur le terrain.

    L’autre élément contribuant fortement à illuminer “Enlighten” est la voix de Federica Lanna. Si la dame n’est pas dotée d’une voix particulièrement puissante, on ne peut remettre en doute l’investissement émotif qu’elle y met dans l’interprétation. Sa voix aiguë et fragile, rappelant grandement Andrea Dätwyler de Lunatica, fait merveille et se révèle des plus agréables. Si les pièces sont d’une grande qualité instrumentale, elles sont définitivement tirées vers le haut du fait de la passion et de l’émotion communiquées par la vocaliste.

    Sans l’ombre d’un doute, Sleeping Romance signe une entrée remarquée et remarquable grâce à cet album qui ne manque pas de charme. L’ensemble est bien produit, bien écrit et bien interprété. De plus, aucune pièce faible ne vient faire baisser le niveau de plaisir que l’on peut éprouver au contact d’une musique imprégnée d’un esprit positif et lumineux. Un album à se procurer à tout prix.

     

     

    ____________________________

     

    1959876_605874949494380_997320515_n

    Dark Sarah

    Behind the Black Veil” (1er épisode)

    Autoproduction

    2014

     

    En novembre 2012, les fans de Amberian Dawn apprenaient avec regret que la chanteuse Heidi Parviainen quittait le groupe. Au moins, derrière cette triste nouvelle se cachait un élément positif: c’était pour se consacrer à un projet musical plus personnel que Parviainen, une des plus belles voix qui soit, rentrait chez elle. Ce projet personnel se nomme Dark Sarah.

    Signe des temps qui changent dans l’industrie musicale, c’est via une campagne de financement Indiegogo que Heidi/Sarah a dû trouver le financement nécessaire pour mettre en chantier “Behind the Black Veil“. La campagne, divisée en trois parties nommées “épisodes”, prévoit ultimement la publication de l’album complet. Pour l’instant, suite à la réussite de la première partie de la levée de fonds, les contributeurs (dont j’en suis) ont reçu le premier épisode qui comprend quatre chansons.

    C’est sous le qualificatif de “Cinematic Metal” que se présente Dark Sarah et suite à l’écoute de cette première partie, on constate que c’est davantage l’aspect trame sonore que l’aspect metal qui se retrouve placé en avant. La musique se fait donc suave, langoureuse et atmosphérique, mettant parfaitement en valeur la voix opératique très aérienne de Heidi. On comprend aussi que la dame avait clairement le goût de s’éloigner du power metal et c’est pourquoi nous ne retrouvons aucune référence à la musique de son ancien groupe. Cette remarque s’applique également à l’aspect littéraire alors que les textes de Heidi, imprégnés de fantaisie et de mythologie chez Amberian Dawn, sont davantage ancrés dans la réalité alors que l’on peut y suivre l’évolution du personnage de Sarah dans un univers sombre et tendu.

    Ceci dit, c’est avec la très théâtrale “Save Me” que l’on entre dans le vif du sujet. Cette ouverture, très lente et mélancolique, place en avant de très beaux arrangements orchestraux, signés par Mikko P. Mustonen, que l’on avait connu pour son travail sur le “Circus Black“… de Amberian Dawn. On se voit ensuite transporté sur un terrain plus rock avec “Poison Apple“, pièce rythmée bien augmentée par un très beau solo de guitare.

    Changement d’ambiance de nouveau, le piano fait son entrée sur la très jolie “Hide and Seek“, chanson calme à souhait qui nous permet de relaxer et d’apprécier pleinement la voix magnifique de la chanteuse. Très riche malgré sa simplicité apparente, ces cinq minutes mélangent à merveille chant, piano et instrumentation classique.

    La plus belle surprise avait toutefois été gardée pour la fin alors que l’enlevante “Memories Fall” nous offre un des plus agréables 2 pour 1 qui soit, Parviainen se voyant ici rejointe par Manuela Kraller, ex-chanteuse de Xandria, pour un duo qui saura ravir les amateurs de belles voix. C’est avec une joie indescriptible que l’on est témoin de la passe d’armes entre ces deux chanteuses qui se complètent à merveille, le tout bien agrémenté par cette instrumentation dense et étoffée.

    Suite à cette agréable introduction, on ne peut maintenant qu’attendre la suite des choses, soit le lancement et la réussite, souhaitons-le, de la suite de la campagne de financement. Nous savons d’ores et déjà que la deuxième partie de “Behind the Black Veil” nous réserve un autre duo, cette fois avec Inga Scharf de Van Canto. Voilà qui s’annonce des plus intéressants, souhaitons que le raffinement musical soit de nouveau au rendez-vous pour la suite.

     

     

Leave a Reply





Copyright © 2012 Ondes Chocs. All rights reserved.