«Eye of Providence»
2015
La première fois que j’ai vu The Agonist en spectacle, c’était en 2007 en première partie de Sonata Arctica. Disons que c’était un choix un peu spécial pour une première partie, étant donné les styles très différents des deux groupes. Les gens sur place, moi le premier, avions été très agréablement surpris par la performance du groupe. C’est donc à partir de ce moment que j’ai commencé à m’intéresser à ce groupe, qui sortait pas longtemps après son album phare «Lullabies for the Dormant Mind» (2009).
En mars 2014, un coup de théâtre majeur est venu changer considérablement la scène du metal. Après dix ans et trois albums avec The Agonist, la chanteuse Alissa White-Gluz annonçait son départ du groupe pour rejoindre Arch Enemy, dont la chanteuse Angela Gossow venait tout juste de quitter pour s’occuper uniquement de la gérance du groupe. Dans la même annonce, The Agonist annonçait la remplaçante d’Alissa, une certaine (et peu connue) Vicky Psarakis.
Plusieurs oiseaux de malheur ont prédit la fin de The Agonist. Il est vrai qu’Alissa White-Gluz était l’image et la leader du groupe, et en faisant la transition pour Arch Enemy, elle semblait être la seule gagnante de l’équation. Sauf que tout le monde a été gagnant. Je dirais même que c’est la meilleure chose qui aurait pu arriver à The Agonist, car suite à ce changement, le groupe a sorti son meilleur album jusqu’à maintenant.
Faisant près d’une heure en longueur, «Eye of Providence» est l’album le plus mature et de loin le mieux produit du catalogue de The Agonist. C’est comme si le groupe avait décidé de se faire une liste des bons et des moins bons coups des trois albums précédents et de ne garder que la colonne des bons coups. L’album, plus mélodique que ses prédécesseurs, conserve toutefois l’agressivité qu’on connait et qu’on aime chez The Agonist. Parlant d’agressivité, elle ne tarde pas à arriver avec la première chanson «The Gates of Horn and Ivory»:
En plus de cette chanson, il y a plusieurs autres bons highlights sur l’album, notamment «My Witness Your Victim», «Danse Macabre», «I Endeavor», «A Gentle Disease» et «As Above, So Below».
Je vais le dire carrément comme ça, sans détours, sans me cacher ni rien: Vicky Psarakis est une chanteuse mieux balancée qu’Alissa White-Gluz. Le contraste entre sa voix clean et sa voix growl est mieux maîtrisé, sa voix clean est plus polie et plus jolie (comme on peut l’entendre sur «A Gentle Disease»), et sa voix growl est du même calibre que celle d’Alissa (qui à mon avis est beaucoup mieux exploitée avec Arch Enemy). Avec la musique de The Agonist, sa voix mieux balancée vient chercher une coche de plus qui rend le tout meilleur que la somme de toutes ses parties. Reste à voir maintenant si Vicky saura chausser sur scène les grandes pointures laissées vides par Alissa. Seul le temps nous le dira.
C’est donc un nouveau départ réussi sur toute la ligne pour The Agonist. J’espère que ce changement de personnel durera un bon bout et nous produira plusieurs autres excellents albums comme «Eye of Providence»!
Note: 9/10
L’album sortira le 24 février 2015.
Mathieu Audet





