Critique d’album: Carnation «Cemetery of the insane»

Carnation - Cemetery of the insane

 

Carnation

«Cemetery of the insane»

Final Gates Records

2015

 

Au premier coup d’oeil, la pochette de «Cemetery of the insane» m’a mené sur une fausse piste. Alors que leur logo est très semblable à celui de Mortician, l’oeuvre qui orne la pochette se présente justement dans les teintes de bleu que présentaient «Zombie Apocalypse» et «Darkest days of Horror» dudit groupe. Si ce n’était pas assez pour me mener en bateau, l’intro du EP nous fait entendre un mâchouillage d’ossements jumelé à des grognements, imagerie chère au groupe de Pennsylvanie. Toutefois toute comparaison s’arrête là dès que »Explosive cadavers» s’élance.

Carnation est un quintette belge de death metal, qui a compris qu’il est possible de faire de l’excellent old school death metal sans stéroïdes et OGM. C’est ce qu’il nous offre sur sa première sortie, un EP de 5 pièces qui totalise un peu moins de 20 minutes.

Juste des ingrédients 100% approuvé death metal. Donc pas de passes techniques d’athlète boosté, pas de chug-a-chug modifié génétiquement en breakdowns… non juste des bons bouncing riffs qui groovent, des solos out of nowhere gardés court (ça aide à ne pas se perdre dans un trip guitar hero), un vocal gras mais audible (qui fera penser à Chris Barnes par bout) assaisonnés d’un soupçon de thrash et juste ce qu’il faut de death & roll. J’ajouterai concernant le vocal que j’apprécie sa façon de suivre les mélodies et rythmiques au lieu de juste japper par-dessus la musique.

Formé en 2013, Carnation a su en tant que petit nouveau sur le marché, éviter le piège de reproduire ses influences en créant des pièces originales quoiqu’on sente bien l’aura des Entombed, Dismember, Cannibal Corpse/Six Feet Under et autres ténors du genre à l’époque glorieuse des années 90. Mais en même temps, leur musique à cette particularité justement de se démarquer par sa façon de bien marier l’approche suédoise au courant de la côte est étatsunienne avec une «drive» et attitude qui la rend prometteuse dans le style. Si vous voulez du sang neuf dans votre discographie, vous devez vous procurer «Cemetery of the insane». Maintenant, on attend la suite.

Lex

 

 

Critique d’album: Compilation Artistes Variés – «The Battle Of Metal Vol. 1»

Dark Tunes - Battle of Metal vol 1

 

Artistes Variés

«The Battle Of Metal Vol. 1»

Dark Tunes

2015

 

Avant de commencer ma critique, je tiens seulement à dire que ce n’est pas dans mes habitudes de faire une critique d’une compilation (de même que les EP même si j’ai fait une exception avec Geezer l’autre jour) parce que premièrement, il est très difficile d’évaluer un groupe avec une seule chanson, deuxièmement parce que d’écrire une critique sur une compilation ne relève que de l’appréciation générale que l’on a de son ensemble, troisièmement parce qu’une chanson ne représente pas l’ensemble de l’œuvre d’un groupe, ce qui pourrait nous faire penser qu’un groupe est bon à cause de la chanson présentée alors que le reste de l’album pourrait être merdique par exemple, et parce qu’il est extrêmement difficile de donner une note lorsqu’il ne s’agit pas d’un album d’un groupe en particulier.

Comme vous l’avez lu, ce n’est pas une compilation où on met tous les grands succès d’un groupe dans un ou deux CDs. C’est tout un défi de faire une critique sur une compilation et comme j’aime les défis, c’était l’opportunité en or d’en faire une. La note que je vais donner à la fin de ma critique sera une note globale de mon appréciation générale de mon écoute de la compilation.

Mais de quelle compilation que je parle? De la compilation «The Battle Of Metal Vol. 1» par le label Dark Tunes, un label allemand créé en 2012 et qui vient de Darmstadt. Un label qui s’intéresse à la fois à l’univers du métal et aussi à la musique gothique, dark ambiant, electro, etc. Cette compilation a pour but de donner de la visibilité à 50 nouveaux groupes, dont je ne connais aucun d’entre eux. C’est d’ailleurs cet élément qui m’a attiré étant donné que je suis tout le temps en soif de découvrir de nouveaux groupes. Comme mentionné, il y a 50 groupes pour un total de 3 heures et 45 minutes de musique en variant les genres. Il y a du métalcore, du métal industriel, death métal mélodique, etc. C’est quand même quelque chose et il faut avoir le temps pour l’écouter. Disons que ça passe pas mal le temps d’un voyage de Montréal à Toronto en voiture (pas loin de six heures de route).

Comme je l’ai dit dans mon introduction, il est difficile de juger un groupe par une chanson, mais pour plusieurs d’entre eux, j’ai vu qu’il y a du potentiel et que certains ont assurément un bon avenir devant eux. Même si certains de ceux-ci n’ont pas des chansons nécessairement originales, il faut dire qu’ils savent composer une bonne chanson. Ce sont les chansons où j’ai bougé davantage la tête en me disant que je voulais en connaître plus sur ses groupes. Ce qui est encore plus remarquable, c’est la diversité des genres parmi les groupes qui se sont distingués à travers les 50 présentés. Parmi ces groupes qui sortent du lot, il y a Cypecore, Arising Fear, Nachtschatten, Deux Ex Vagina, Slaughterra, Sober Truth, Dead Man’s Boogie, Devil-M (mon coup de cœur de la compilation), Call Of The Sirens, GodDelusion, Revealing Dawn, Samsara Circle, Spawn Of Damnation, BrokenVein, Richtwerk, Neverland In Ashes, Beverly Hells, RessurectTomorrow et Xternity.

Pour les autres, ce n’est pas parce que je ne les ai pas nommés qu’ils sont tous mauvais. Certains sont bons, mais n’ont pas su attirer mon attention ou je trouvais qu’un simple changement pourrait être bénéfique pour un groupe. Par contre, pour plusieurs groupes, ils ont du travail à faire, soit pour leur originalité (c’est surtout cet aspect qui est flagrant) ou pour leur production en général (peu de cas dans cette compilation). N’empêche que des gens seraient heureux de les découvrir et vont probablement mieux les apprécier que moi. Et comme je l’ai dit dans mon introduction, une chanson ne représente pas généralement l’ensemble de l’œuvre du groupe, ce qui pourrait me causer une surprise éventuellement si je me penche sur certains groupes.

En conclusion, la compilation m’a permis de découvrir un label, mais aussi 50 nouveaux groupes. Certains d’entre eux ont réellement de l’avenir, d’autres devront travailler un peu plus pour donner un produit plus intéressant. Mais il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit qu’une seule chanson par groupe et que cette chanson peut nous donner une idée préconçue du groupe, mais dans l’ensemble de son œuvre. Parmi les 50 groupes, dans le futur, il serait intéressant d’apprendre un peu plus sur eux et de voir comment ils vont évoluer à leur façon. Je tiens à remercier Dark Tunes pour cette opportunité enrichissante de découvrir autant de groupes de la scène underground dont j’espère que plusieurs vont percer sur la grande scène métallique et que j’espère avoir la chance d’entendre parler davantage sur eux. Voici quelques pièces pour vous donner le goût d’en savoir plus. Vous pouvez aussi aller sur iTunes ou sur Amazon.

7/10

Marc-André Jobin

 

 

 

 

 

 

Critique d’album: Deivos «Theodicy»

Deivos - Theodicy

 

Deivos

«Theodicy»

Selfmadegod Records

2015

 

Formé en 1997, le groupe polonais Deivos compte un démo (1999), un EP (2003) et 4 albums complets (2006, 2010, 2011) et «Theodicy» (2015) dont il sera question ici.

Que vous connaissiez Deivos ou non (comme moi), ne vous laissez pas berner par l’intro à l’allure industrielle qui ouvre l’album avec la pièce titre «Theodicy». Deivos n’a pas décidé de créer un hybride industriel de brutal death metal. Par contre, prenez la en note car ces ambiances industrielles déjà mises à profit sur leur album précédent «Demiurge of the void» reviendront sur chacune des pièces ce qui est définitivement un plus dans la façon qu’elles encadrent leurs compositions. Cela crée des atmosphères qui devraient vous faire penser à l’album «Demanufacture» de Fear Factory. Elles dictent aussi parfois la dynamique de certaines passes rythmiques comme à 2:25 de «Theodicy» par exemple. Je ne suis pas sûr que cela plaira aux puristes qui apprécient leur extreme technical death metal sans flafla autre que dans les riffs complexes mais c’est ce qui leur permettra peut-être de sortir de l’ombre et de se démarquer de ce côté-ci de l’Atlantique, de leur compatriote Vader et Decapitated.

Ajoutez à cela une touche de grind et une cloche à vache (quelle bonne idée!!) qui tintera une première fois à 1:30 pour revenir en roulement et tintement éparses, et vous avez la liste des ingrédients qui distinguent cet album. Ah oui, à souligner que les pièces débutent et terminent avec les mêmes mesures comme une boucle, comme un cycle.

Pour le reste, vous aurez, comme tout bon amateur de vitesse et technique est en droit de s’attendre, à de très bonnes pièces, rapides, agressives et brutales contenant votre lot de riffs techniques, de solos pertinents dont quelques-uns courtoisie du bassiste, de blast beats naturellement et une bonne groove dans les moments plus lents comme sur «Ochlocracy». Le vocal n’est pas très varié mais s’harmonise bien avec l’ensemble.

Si vous êtes intéressés, une fois que vous aurez écouté l’album sur le bandcamp de Selfmadegod Records, ils en ont 2 pièces, «El Shaddai» et «Ochlocracy», en téléchargement gratuit sur leur propre reverbnation. Je termine en disant qu’il est toujours plaisant de voir qu’un groupe de chez nous, Cryptopsy est parmi les influences d’un groupe.

Lex

 

 

Critique d’album: Monolord – «Vaenir»

Monolord - Vaenir

 

Monolord

«Vaenir»

RidingEasy Records

2015

 

Monolord est un trio de sludge/doom métal qui vient tout droit de Gothenburg, Suède. Le trio, formé en 2013, est composé d’un chanteur/guitariste, d’un bassiste et d’un joueur de batterie. Le groupe a à son actif deux albums. Le premier album s’intitule «Empress Rising» sorti le 1er avril 2014 par le label Easyrider Records. Le deuxième album, auquel je m’intéresse dans ma revue, s’intitule «Vaenir» et sortira le 28 avril via le label RidingEasy Records. Voyons voir ce que cet album vaut.

Musicalement, comme je l’ai dit dans mon introduction, c’est du sludge/doom métal. Je dirais que le groupe se penche principalement sur le côté doom, mais il arrive que le côté sludge se manifeste de temps en temps. Le son du groupe est lent, simple et lourd comme dans les groupes classiques du doom métal que j’adore énormément. Pour moi, ce son est venu me chercher automatiquement. Cependant, les compositions ne sont pas si originales puisque n’importe quel amateur de doom métal a déjà entendu de nombreux riffs à travers les groupes classiques du même genre.

Seulement six chansons sur l’album mais le total fait plus de 50 minutes et la durée des pièces est extrêmement variée. D’ailleurs, «Vënir», la plus longue avec une durée de 16 minutes et 49 secondes mais qui m’a paru comme une chanson de 7 minutes (ce qui est bon signe), est mon coup de cœur pour les mélodies, mais aussi pour la lourdeur. C’est d’ailleurs une excellente chanson pour finir un album de doom métal et on peut le remarquer dans ses dernières minutes. À l’opposé, «The Cosmic Silence», l’avant-dernière chanson de l’album, différente du reste et qui est de loin la plus courte de l’album, comme une interlude a ajouté un côté mystérieux et très intéressant et aurait facilement pu se retrouver comme bande sonore dans un jeu vidéo de la série «Silent Hill».

Concernant la voix, je ne sais pas quel est le nom de l’effet que le chanteur utilise, mais j’avoue que c’est le côté que j’ai aimé le moins de cet album. Est-ce que c’est pour rajouter un côté mystérieux et psychédélique? Ou bien, est-ce parce que le chanteur est inspiré, en partie du moins, par le chanteur d’Electric Wizard? Possible, mais j’ai toujours eu une préférence pour les chanteurs qui utilisent leur voix sans effet.

Au niveau de la production en général, c’est très bien. C’est exactement ce que l’on peut s’attendre d’un groupe de doom métal. Par contre, par bout, j’ai eu l’impression que le son était plus fort pour les moments forts de cet album. Par exemple, dans leur deuxième chanson intitulée «We Will Burn», on peut constater ce changement radical à partir de 4 minutes et 47 secondes. Pas que ça me déplait complètement, mais c’est ce genre de détail minime que je trouve bizarre et il est difficile de passer à côté.

En conclusion, malgré quelques défauts, «Vaenir» est un bon album pour les amateurs de doom métal. Comme je l’ai dit, si vous cherchez quelque chose d’original, ce n’est peut-être pas le bon album à se procurer, mais si vous vous en fichez de l’originalité et que vous voulez un bon vieil album de doom, il est parfait pour vous. N’empêche que j’ai apprécié son écoute. Je tiens à remercier Sheltered Life PR qui m’enrichit dans ma soif de connaissance musicale avec l’occasion de découvrir un groupe de doom métal qui partage beaucoup mes goûts.

7/10

Marc-André Jobin

 

 

Critiques à la mitraillette

À la mitrailllette

Aujourd’hui, je vous offre une salve de commentaires concernant divers album qui sont atterris dans mon arsenal. – Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

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Wolves in the Throne Room - Celestite

 

Wolves in the Throne Room

«Celestite»

Artemisia records

2014

Liste des pieces:
«Turning Ever Towards the Sun»
«Initiation at Neudeg Alm»
«Bridge of Leaves»
«Celestite Mirror»
«Sleeping Golden Storm»

 

Les fiers représentants du Black Metal atmosphérique de la chaîne montagneuse des Cascades nous revenaient en juillet avec un cinquième album pleine longueur en carrière. Le duo des frères Aaron (guitares, synthétiseurs) et Nathan Weaver (guitares, synthétiseurs) nous surpris cependant avec un album complètement dénué de toute trace de Black Metal et même de toute trace de Metal ou de Rock à proprement parler, mis à part quelques traces de guitares saturées utilisées comme vectrices de textures plutôt que comme instrument de tête. Les cinq collages sonores de l’album sont effectivement ancrés dans une exploration de musique électronique atmosphérique totalement dépourvue de percussions ou de rythmique solide. Le voyage astral ainsi créé n’est pas du tout désagréable pour les fanatiques de Dark Ambient, malgré une certaine répétitivité dans les mélodies et les textures choisies qui fera en sorte qu’aucune pièce ne ressortira du lot. L’album s’écoutera donc comme une trame sonore nouvel âge de relaxation sans différenciation entre ses cinq parties. Cependant, les fanatiques de Black Metal ne trouveront rien ici pour satisfaire leur appétit de violence malsaine. Le tout déstabilisera donc certainement les amateurs du style musical élaboré par le groupe sur ses albums précédents. Ce sera donc un effort à aborder avec ouverture d’esprit ou à tout simplement laisser de côté.

5/10 (réussi dans le genre, mais le groupe y perd une grande partie de son identité.)

 

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1349 - Massive Cauldron of Chaos

 

1349

«Massive Cauldron of Chaos»

Indie Recordings

2014

Liste des pieces
«Cauldron»
«Slaves»
«Exorcism»
«Postmortem»
«Mengele’s»
«Golem»
«Chained»
«Godslayer»
«The Heretic (Possessed cover)»
*Bonus disponible sur l’édition CD Deluxe.
«Tornado (Voivod cover)»
* Bonus disponible sur l’édition limitée Digipak.

 

Le 29 septembre dernier, 1349 nous présentaient leur sixième opus de démolition Black Metal en 18 ans d’existence. Laissant de côté les expérimentations atmosphériques plus ou moins réussies de «Revelations of the Black Flame» (2009) et les interludes inquiétants de «Demonoir» (2010), la troupe de démons psychopathes opte cette fois pour un retour aux sources de leur Black Metal ultra rapide et sans compromis. Les motifs de guitare et les solos puissants de Archaon amènent des influences Death et Thrash dans la sauce déjà excellente, alors que Frost (batterie) se signale encore une fois par son talent de démolisseur de peaux et son jeu reconnaissable entre mille. Ravn (chant) ne se fait pas oublier avec ses incantations de styles variés accentuant la qualité du mur de son malsain créé par l’ensemble. L’album comporte aussi une bonne dose de «groove» qui laisse une belle place au talent de bassiste de Seidemann, ce qui est intéressant, car la basse est trop souvent oubliée dans le Black Metal. Le tout rappelle donc la simplicité efficace de «Hellfire»(2005) tout en bénéficiant d’une production beaucoup plus profonde et puissante. Enfin, si vous avez la chance de mettre la main sur le Digipak la reprise de «Tornado» de Voivod est absolument délicieuse. L’album sera donc un impératif pour tous les fanatiques de Black Metal brutal et sans compromis.

Pièces favorites : «Cauldron», «Slaves», «Chained», «Godslayer» et «Tornado (Voivod cover)».

8,5/10

 

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Vesania-DeusExMachina

 

Vesania

«Deus Ex Machina»

Metal Blade Records

2014

Liste des pièces :
«Halflight»
«Innocence»
«Disillusion»
«Vortex»
«Dismay»
«Glare»
«Notion»
«Disgrace»
«Fading»
«Scar»

 

Il aura fallu attendre environ sept ans avant que Vesania, projet Blackened Death Metal symphonique et industriel de Orion (guitare rythmique, chant) aussi connu pour son rôle de bassiste au sein de Behemoth, ne sorte un successeur à «Distractive Killusions». Sur «Deus Ex Machina», la troupe de clowns malfaisants échappés d’un cirque malsain assume plus que jamais son penchant pour les mélodies industrielles psychotiques menées par des claviers prédominants. Les guitares prennent donc ici un rôle principalement rythmique et de second plan même si elles ont une place très présente dans le mix sonore. Les voix hurlées du leader de la formation se révèlent excellentes, malgré des voix claires définitivement moins intéressantes quoique correctes notamment sur «Innocence». La brutalité n’est toutefois pas oubliée, particulièrement sur la pièce «Vortex» qui combine à merveille violence, rapidité et atmosphère de cirque industriel. La production menée par Orion est cependant un peu décevante par excès de compression qui rend le tout un peu étouffé et qui empêche à la musique de pleinement révéler son caractère imposant. Néanmoins, l’album comprend de nombreux moments intéressants et plaira aux amateurs de ce genre de musique qui rappelle Covenant (avant qu’ils ne deviennent The Kovenant), Vesperian Sorrow et plus près de nous, Daedalean Complex, sans nécessairement les dépasser. Il s’agit donc d’une sortie de bonne qualité dans un genre très visité, mais la longue attente n’aura pas nécessairement livré un produit révolutionnaire.

Pièces favorites : «Halflight»,«Vortex», «Glare» et «Notion».

7,5/10

 

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Anaal Nathrak - Desideratum

 

Anaal Nathrakh

«Desideratum»

Metal Blade Records

2014

Liste des pièces:
«Acheronta Movebimus»
«Unleash»
«Monstrum in Animo»
«The One Thing Needful»
«A Firm Foundation of Unyielding Despair»
«Desideratum»
«Idol»
«Sub Specie Aeterni (Of Maggots and Humanity)»
«The Joystream»
«Rage and Red»
«Ita Mori»

 

Le satané duo britannique originaire de Birmingham nous revenait en octobre avec son huitième opus intitulé «Desideratum». Deux après l’excellent «Vanitas» (2012), nos deux protagonistes nous dévoilaient un album assez similaire, ponctuant le chaos rageur et impitoyable de leur Black Metal industriel teinté de Grindcore de motifs mélodiques de guitare accompagnés de voix claires, grognées et hurlées excellentes. Il en résulte un album qui aurait très bien pu constituer la seconde partie d’un album double dont la première partie aurait été l’opus précédent tellement le groupe nous sert la même recette. Cela ne fait pas de «Desideratum» un album faible puisque le groupe maintient son niveau de qualité et prolonge notre intérêt en allant plus loin dans ses expérimentations électroniques et dans sa maîtrise du chaos musical qu’il produit. En ressort donc un penchant mélodique de plus en plus assumé qui ne réduit en rien la brutalité de l’ensemble et des toiles de fond électroniques de plus en plus élaborées. De plus, l’album se révèlera tellement constant en qualité qu’il sera difficile d’en identifier des pièces meilleures que les autres. En somme, les fanatiques du groupe devraient se précipiter sur cet album si ce n’est pas déjà fait!

Pièces favorites : Tout l’album!

9/10

 

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Marduk - Frontschwein

 

Marduk

«Frontschwein»

Century Media Records

2015

Liste des pièces :
«Frontschwein»
«The Blond Beast»
«Afrika»
«Wartheland»
«Rope of Regret»
«Between the Wolf-Packs»
«Nebelwerfer»
«Falaise: Cauldron of Blood»
«Doomsday Elite»
«503»
«Thousand-Fold Death»

 

Depuis l’arrivée du chanteur Mortuus en 2004, Marduk connaît un second souffle qui s’était pleinement concrétisé il y a trois ans avec le très bon «Serpent Sermon» (2012). Cette année, les guerriers du Black Metal suédois poursuivent sur leur lancée avec «Frontschwein», un treizième microsillon typiquement présenté par une imagerie de la Seconde Guerre mondiale. Le quatuor frappe droit dans le mille avec un album aussi varié que son prédécesseur qui ose autant s’aventurer dans la brutalité digne du classique «Panzer Division Marduk» (1999) que dans des pièces à tempo modéré ou lent qui accentuent le caractère malsain de la musique du groupe. Le groupe s’aventure même avec une rythmique «disco» sur «The Blond Beast» qui confère à la pièce une originalité diablement efficace. La production de Devo (basse) est impeccable et profonde rehaussant la performance d’ensemble de la troupe qui est au sommet de sa forme. La performance du nouveau batteur Fredrik Widigs est variée et puissante alors que Mortuus nous surprend toujours agréablement par ses hurlements puissants et profondément malsains. En somme, Marduk nous livre un album de Black Metal de haute qualité s’inscrivant avec honneur dans leur discographie bien garnie.

Pièces favorites : «Frontschwein», «The Blond Beast», «Wartheland», «Nebelwerfer» et

«Thousand-Fold Death».

9/10

 

Critique d’album: Steven Wilson – «Hand. Cannot. Erase.»

Steven Wilson - Hand Cannot Erase

 

Steven Wilson

«Hand. Cannot. Erase.»

Kscope

2015

 

Ahh Steven, Steven, Steven, Steven, Steven… mon cher Steven… Tu t’es mis dans le trouble en 2013 avec ton album «The Raven That Refused to Sing (and Other Stories)». Je dis bien dans le trouble, parce qu’en sortant un tel album, tu as créé un précédent. Et pour ta carrière solo, il y a maintenant un avant et un après. Je dirais même que tu as été dur avec toi-même, à la limite du sadomasochisme, en t’imposant un tel chef-d’œuvre auquel tous tes autres ouvrages seront inévitablement comparés. Mais c’est correct de finir deuxième, surtout quand tu occupes aussi la première place.

Bon, j’arrête de parler à Steven pour vous parler à vous (nous), la plèbe. Parce que Steven Wilson est un génie et un dieu de la musique, et pas nous. Il faut l’accepter. Il vient de nous le prouver une fois de plus avec son album «Hand. Cannot. Erase.». Il n’est pas aussi bon (?) que son prédécesseur, «The Raven That Refused to Sing (and Other Stories)», mais ça c’était attendu de tout le monde, ou presque, je pense (encore une fois, ?). C’était juste impossible comme tâche. N’empêche que «Hand. Cannot. Erase.» est un chef-d’œuvre total, et voici pourquoi.

L’album raconte l’histoire d’une jeune femme (visiblement troublée) qui «disparaît» peu à peu de la société. Elle s’éloigne de plus en plus de la civilisation et de ses relations interpersonnelles, incluant celles avec les membres de sa famille. À un point tel que personne ne remarque son absence ou ne s’ennuie d’elle. L’histoire est inspirée de celle de Joyce Vincent qui fut retrouvée dans son appartement plus de deux ans après sa mort, sans que personne n’ait signalé sa disparition.

J’ai adoré la façon dont Steven Wilson a préparé son public pour la sortie de cet album. D’abord en tenant un journal personnel détaillé de l’histoire racontée sur l’album et d’autres évènements menant à cette histoire. Ce journal, présenté comme s’il était écrit par la personne concernée (le livret compris dans la version deluxe de l’album nous apprendra qu’on y fait référence seulement sous le pseudonyme «H.») contient un mélange de souvenirs (dont certains sont directement inspirés des souvenirs d’enfance de Wilson, de l’aveu même du principal intéressé), de situations présentes et de réflexions de la femme sur la vie de tous les jours. En particulier son intérêt envers les personnes portées disparues, et de sa propre capacité de passer inaperçue pratiquement partout où elle va. C’est bien écrit et bien monté, c’est creepy par moment, mais surtout, tout à fait crédible. Steven nous a ensuite surpris quelques semaines plus tard en publiant le premier single de l’album, «Perfect Life».

 

 

Le style de l’album est très différent des autres albums, en particulier de son prédécesseur «The Raven That Refused to Sing (and Other Stories)». Steven Wilson a ressorti sa touche de musique électronique qu’il avait laissée de côté depuis quelques temps. L’aspect progressif est encore là, mais un petit peu plus enfoui. Par contre, il est toujours aussi bien maîtrisé. Il y a moins de trucs jazzy fucked up (que j’ai adoré sur The Raven…), l’album est plus smooth, à la limite ambiant par bout, et surtout plus accessible. On sent que le but premier de Steven Wilson était de submerger l’auditeur le plus possible dans l’histoire pour pouvoir mieux la raconter. «Hand. Cannot. Erase.» est un album concept, du début à la fin. Les transitions entre les chansons sont très bien exécutées, et il y a quelques pistes qui sont beaucoup plus des transitions que des chansons en tant que telles. Mais ce n’est pas grave, ça sert très bien l’album. Les chansons à souligner sont «3 Years Older», «Routine», «Home Invasion» et «Ancestral». Et que dire de «Happy Returns» qui vient conclure sereinement et parfaitement cette histoire remplie de regrets.

Il va sans dire que c’est un 4e effort solo réussi pour notre podo-nudiste préféré. Après nous avoir présenté les traumatismes de son enfance à travers les souvenirs d’une femme, reste à voir s’il ira jusqu’au bout de son allégorie en performant sur scène en vêtements féminins. Avec «Hand. Cannot. Erase.», Steven Wilson a réussi une fois de plus à nous surprendre et à nous faire vivre des émotions avec sa musique, le tout en nous surprenant avec un produit complètement différent de ce qu’il a fait jusqu’à maintenant. Ça prend plusieurs écoutes pour l’apprécier pleinement, mais ça en vaut grandement la peine.

Note : 10/10

Mathieu Audet