Critique d’album: Disfago – «Double 7”»

Disfago - Double 7 inches

Disfago
«Double 7”»
Witch Ghetto Productions
Date de sortie: 8 juin 2015

 

*English version follows
Le groupe londonien Disfago mélange le punk et le métal de façon basique mais efficace. En fait c’est même très efficace. C’est le genre de musique que t’écoutes pour brosser le vendredi soir avec ta gang de mécréants. C’est fait pour être écouté en buvant d’la bière de merde tout en préparant des plans stupides qui mèneraient sûrement à l’arrestation. T’entends ce groupe-là et en deux secondes t’as déjà le goût d’la Cinquante (tablette) dans gueule. Ça niaise pas, c’est sale, crotté pis ça pue la robine.

Les hostilités commencent avec la chanson «Whiskey Breath», c’est rapide et malpropre à souhait, ça débute en force. Dès les premières notes de la basse, la frénésie s’empare de toi et l’envie de tout briser te pogne. Faut dire que la chanson est bien nommée, t’écoutes ça et on dirait que t’as un goût de whiskey médiocre (du Jack Daniel’s!) qui te remonte dans la gorge, t’amenant des reflux acides … Normal que ta seule pensée soit de briser des choses.

Suit «400K», qui est la chanson qui tend le plus vers le punk du EP avec ses riffs simplistes mais ayant un côté rentre-dedans. Une bonne chanson à écouter en commettant des actes de rébellion contre les autorités de ton quartier. Mention spéciale au solo, même les gars de Slayer n’auraient jamais mis ça sur un enregistrement!

La troisième chanson du 7”, «Midnight Marauder», ma préférée et malheureusement la plus courte, est leur plus corrosive. Les trois gars se déchainent au vocal et elle démontre parfaitement l’esprit du groupe: simple, rapide et sale.

L’avant dernier morceau, «Scrumpyfyre», est parfait pour être scandé en invoquant le Malin. On a même droit à des petits fills et des solos tout-croches à souhait.

L’EP se termine avec la pièce «Tyrant Skull (Poverty and Lust)», qui elle aussi a une saveur plus punk, en particulier au niveau du vocal. On sent une touche de Motörhead, en fait on sent cette touche là tout le long de l’EP, mais là c’est plus qu’évident.

J’aime le côté garage que la production de l’EP dégage, ainsi que les riffs simples mais efficaces. Les gars ne réinventent pas la roue et c’est bien comme ça. Malgré le fait que cet enregistrement sente la dompe, il amène quelque chose de rafraîchissant avec son absence de surproduction et sa touche crasseuse qui reste collée sur toi. C’est toujours bon d’entendre un power trio avec un son aussi épuré mais efficace en même temps. À mon humble avis, c’est très souvent une formule gagnante. Cet EP est parfait si tes ambitions sont de marauder jusqu’au dépanneur le plus proche pour t’approvisionner en bière de marde et ensuite sacrifier un de tes boys aux forces obscures dans un délire éthylique.

David-Alexandre Grand-Velozo

 

Disfago, a London (UK) band, mix punk and metal in a basic but effective way. In fact it’s more than effective. This is the kind of music you listen to in order to get wasted on a Friday night with your gang of miscreants. It’s made to be listened to while drinking cheap beer and preparing stupid plans that would surely lead to your arrestation. Just a few seconds of this album and you already have in mouth the warm taste of from the shelf cheap ale. They don’t joke around, it’s dirty, crusty and stinks like your worst filthy alcohol breath.

Hostilities began with the song «Whiskey Breath». Fast and messy at will, it starts the album full force ahead. From the first notes of the bass, the frenzy takes hold of you and the desire to break everything grabs you. I must say that the song is aptly named. You play it and it feels like you got a taste of mediocre whiskey (Jack Daniel’s!) which crawls back up your throat, causing acid reflux … Kinda normal you’d think of breaking things.

Follows «400K», which is the song that tends the most towards punk with its simplistic riffs but brought with that «in your face» attitude. A good song to listen to while committing acts of rebellion in your neighborhood against the authorities. A special mention to the guitar solo, even the guys from Slayer would never put that on a record!

The third song, «Midnight Marauder», my favorite but unfortunately the shortest, is their most corrosive. The three guys rage in voice and demonstrate perfectly the band’s spirit: simple, fast and dirty.

The penultimate song, «Scrvmpyfyre» is a perfect chant to invoke the devil. We’re even served with some short fills and weird guitar solos (but are they?).

The EP ends with the song «Tyrant Skull (Poverty and Lust )», which also has a more punky flavor, especially at the vocal level. I feel a touch of Motörhead here… actually I felt it all along the EP, but this is more than obvious here.

I like the garage side of the production as well as the simple but effective riffs. These guys don’t reinvent the wheel and it’s fine like that. Although this recording unloads swarms of filthy stench, it brings something refreshing with its lack of overproduction and its crusty touch that clings to you. It’s always cool to hear a power trio with a sound as crude but effective at the same time. In my humble opinion, it’s more than often a winning formula. This EP is perfect if your ambitions are to wander to the nearest convenience store to supply you with cheap shitty beer and then sacrifice one of your boys to the dark forces in an alcoholic delirium.

David-Alexandre Grand-Velozo

Critique d’album: Délétère – «Les heures de la peste»

Délétère - Les heures de la Peste

 

Délétère
«Les heures de la peste»
Sepulchral Productions
2015

Liste des pièces :
«I. Portepeste»
«II. Credo II»
«III. Exitiabilis venatus»
«IV. Aux thaumaturges égarés, une étoile nécrosée»
«V. Une charogne couronnée de fumier»
«VI. Le lait de l’essaim»
«VII. Architectes de la peste»
«VIII. Une garce vénale en majesté»

 

*English version follows
Après deux démos couronnées de succès («Inopia et Morbo» (2012) et «Sacrificium Necrothytum» (2013) publiées sur cassette et maintenant disponibles sur un cd: «De Ritibus Morbiferis – Demo Compendium» (2015)), Délétère récidivait au mois d’avril de cette année avec son premier album pleine longueur. Composé des expérimentés et talentueux Thorleif (Valknacht, Aurore, Ex-Angstorm, Ex-Utlagr) (Voix, batterie, claviers) et Atheos (Monarque (live), Forteresse (live), Eos (live), ex-Angstorm, Ex-Pestroyer) (guitares, basse), la formation créée à Québec en 2009 avait donc la lourde tâche de venir ajouter un cran de plus à un héritage de Métal noir déjà impressionnant. Laissez-moi vous préciser d’entrée de jeu que c’est un défi que Délétère releva avec brio!

Tout d’abord, l’album «Les heures de la peste» poursuit la tradition de Métal noir aux atmosphères et aux paroles moyenâgeuses établie sur les deux premiers efforts de la troupe, mais avec une autoproduction nettement plus peaufinée quoique toujours bien malsaine et crasseuse, comme les standards du genre le veulent et l’exigent. Le résultat est près de cinquante minutes de compositions puissantes, malsaines tout en restant mélodiques ­ rappelant en cela l’œuvre des Finlandais de Sargeist, Horna et aussi des aspects des Légions noires françaises ­exécutées avec autorité. L’homogénéité est aussi au rendez-vous avec une constance d’assaut et de qualité toute à l’honneur du duo.

Les motifs de guitare sont mémorables et suffisamment variés et agressifs pour conserver l’intérêt de l’auditeur tout au long de l’album tout en ne dérogeant pas au genre choisi, ni aux standards de qualité déjà établis au début de l’album. Bien que la majorité de l’album soit constituée de pièces rapides, Délétère peut aussi nous surprendre avec une pièce plus lente et rampante comme «Aux thaumaturges égarés, une étoile nécrosée», tout aussi réussie que le reste de l’album. Les claviers parcimonieux et bien utilisés de Thorleif viennent garnir le tout d’atmosphères inquiétantes et cauchemardesques qui complètent le tout à merveille.

Du côté des voix, les hurlements râpeux de registre moyen de Thorleif dominent la musique avec violence et un côté malsain très intéressant. Toutefois, la formation a aussi recours à des chœurs clairs et hurlés d’où percent parfois des cris hauts perchés délicieusement troublants. En ce qui concerne les paroles, Thorleif s’illustre encore une fois avec une superbe sombre poésie, combinant vieux français et latin, suscitant en l’auditeur des images infernales issues des ténèbres du Moyen-âge.

Il s’agit en somme d’une œuvre majeure pour le Métal noir québécois qui ira se ranger au panthéon du genre aux côtés de Monarque, Forteresse, Chasse-Galerie, Csjethe, Hiverna…etc. J’encourage tous les amateurs de Black Metal en général à jeter une oreille attentive à cet excellent album qui ne connaît pas de véritable faiblesse. En terminant, pour les lecteurs de Québec, je vous invite cordialement à venir voir Délétère se produire sous forme de quintette complété par Anhidar (guitares), G. (guitares) et Kaedes (batterie) le vendredi 3 juillet au Bar-Coop l’Agitée en compagnie de Seth, HolloW et Ordoxe. Ce sera d’ailleurs le tout dernier concert métal en ces lieux.

9,5/10: Un incontournable du genre.

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

After two successful demos («Inopia et Morbo» (2012) and «Sacrificium Necrothytum» (2013) released on tape and now reunited on the CD, «De Ritibus Morbiferis – Demo Compendium» (2015)) Délétère was back in April this year with its first full-length album. Formed in Quebec city in 2009 by experienced and talented Thorleif ((Valknacht, Aurore, Ex-Angstorm, Ex-Utlagr) (Vox, drum, keyboards) and Atheos (Monarque (live), Forteresse (live), Eos (live), ex-Angstorm, Ex-Pestroyer) (guitars, bass), the band therefore had the difficult task of carving their own notch to an already more than impressive legacy of Métal Noir. Let me tell you from the outset that this is a challenge that Délétère fulfills brilliantly!

First, the album «Les heures de la peste» continues the tradition of the Métal Noir atmospheres and medieval lyrical themes established by the first two efforts of the band, but with a much more refined self-production although always unhealthy and filthy as the standards of the style want and require. The result is almost fifty minutes of powerful compositions, unhealthy while remaining melodic, recalling the work of the Finnish Sargeist, Horna and also aspects of Les Légions noires françaises, executed here with authority. Homogeneity is also at the rendezvous with a consistency in assault and quality, all in honor of the duo.

Guitar patterns are memorable and sufficiently varied and aggressive to keep the interest of the listener throughout the album while not derogating from the chosen style, nor the quality standards already established at the beginning of the album. Although the majority of the album is made ​​up of fast songs, Délétère may also surprise us with a slower, creepy song like «Aux thaumaturges égarés, une étoile nécrosée», just as successful as the rest of the album. The parsimonious and well used keyboards by Thorleif brings forth disturbing and nightmarish atmospheres that complete the package perfectly.

As for vocals, the mid-range raspy screams of Thorleif dominate the music with a great violence and unhealthy side. However, the band also uses clear vocals and screams from where sometimes high pitch screams rise and slice in a deliciously disturbing way. As for the lyrics, Thorleif shines again with a superb dark poetry, combining old French and Latin, instilling in the listener hellish images from the darkness of the Middle Ages.

This is in fact a major work for the Métal Noir Québécois that will rank in the pantheon of the genre alongside Monarque, Forteresse, Chasse-Galerie, Csjethe, Hiverna… etc. I encourage all Black Metal fans in general to give a good listening to this excellent album which offers no real weakness.

Finally, for Quebec City readers, I cordially invite you to come see Délétère occur as a quintet completed by Anhidar (guitars ) , G. ( guitars) and Kaedes (drums), Friday, July 3rd at Bar-Coop L’AgitéE sharing the line up with Seth, HolloW and Ordoxe . That will be the last metal concert at this venue.

9,5/10: A must-have album

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

 

Le GangBang musical

Salut tout le monde, je vous reviens avec ma chronique «En rafale» qui change de nom pour «Le GangBang musical». Pourquoi changer de nom. Parce que…  Mathieu Audet

 

En rafale

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Moonlyght - Return to desolation

Moonlyght
«Return to Desolation»
Blast Head Records
Date de sortie: 7 juillet 2015

Moonlyght nous revient en force avec un 3e album qui plaira aux fans de longue date du groupe. Tous les éléments que j’ai adoré des deux premiers albums y sont présents: mélodies, passages qui bûchent, vocal féminin et originalité dans la composition. Tous des éléments qui font que Moonlyght, sans en réinventer le genre, se démarque des autres groupes du même style. Je dois dire par contre que la pochette est affreusement laide, il faudrait peut-être montrer à l’artiste qui a fait la pochette cette vidéo sur les perspectives

Avec une qualité de production supérieure aux prédécesseurs et plus d’une heure de nouveau matériel, c’est bien sûr un no-brainer pour les fans de Moonlyght, et fortement à conseiller pour les fans de prog et de métal en général.

Note : 9/10

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 Next to None - A Light in the Dark

Next to None
«A Light in the Dark»
Inside Out Music
Date de sortie: 30 juin 2015

Next to None, c’est le groupe du kid à Mike Portnoy (batteur de Dream Theater pendant 25 ans). J’ai eu la chance de voir ce groupe en spectacle sur le bateau de la «Progressive Nation at Sea», et j’ai été franchement impressionné pour des kids. La composition est excellente, et pour un premier album, ça fesse franchement fort. On sent grandement l’influence de Portnoy, autant dans la composition, les arrangements que dans la production. En écoutant la batterie de Max Portnoy, on croirait souvent entendre son père: même fils, et même faiblesse au niveau du double bass-drum. Le refrain de la chanson «Legacy» ressemble très étrangement au refrain de la chanson «Repentance» de Dream Theater. Coïncidence?

Note: 8.5/10

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 Between the Buried and me - Coma ecliptic

Between the Buried and me
«Coma Ecliptic»
Metal Blade Records
Date de sortie: 10 juillet 2015

Les gars de Between the Buried and Me n’ont jamais produit de mauvais matériel, et c’est encore vrai avec «Coma Ecliptic». Sans se répéter, ni se réinventer, ils nous livrent avec ce septième album, un amalgame de tous les styles auxquels ils nous ont habitués au fils des années. L’album est-il peut-être un peu plus « smooth » que les autres? À vous de juger.

Note: 9/10

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 Muse - Drones

Muse
«Drones»

Warner Bros. Records
Date de sortie: 5 juin 2015

Oh la belle surprise! L’album «The 2nd Law», paru en 2012, m’avait légèrement déçu. «Drones» est rock à souhait, un beau retour aux sources pour Muse!

Note: 8.5/10

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 Codas - Currents

Codas
«Currents»
Crowquill Records
Date de sortie: 2 juin 2015

Je ne sais pas trop comment décrire ce EP. Premièrement, c’est le projet solo du guitariste Mario Quintero de Sleep Lady. C’est de la musique instrumentale, probablement qu’on pourrait la qualifier aussi de musique expérimentale. Les trois premières chansons sont structurées, la dernière et la plus longue l’est un peu moins. C’était probablement une tentative de mettre en musique ce qui se passe dans la tête d’une personne en train de faire une crise d’épilepsie.

Ça s’écoute mieux qu’on le pense.

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NY64 - NY in 64

NY in 64
«NY64»
Magic Bullet Records
Date de sortie: 7 avril 2015

Ça aussi, c’est de l’instrumental. Quand Justin Hock et Thomas Schlatter, le duo derrière les compositions du groupe screamo des années 1990, You And I, ont décidé après plus de 15 ans de collaborer à un nouveau projet, ils ont créé Ny in 64 en s’adjoignant les vétérans Chris Alfano et Seth Rheam, mieux connus pour être de la formation progressive East Of The Wall, Ça fait penser à Cloudkicker. L’extrait de l’album est gratuit sur le bandcamp du groupe.

À découvrir!

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 Leprous - The congregation

Leprous
«The Congregation»
Inside Out Music

La première fois que j’ai vu le premier vidéoclip du nouvel album

j’ai immédiatement pensé à ça:

 

 

La Décapiteuse #30

Décapiteuse Marryah Noch

LA DÉCAPITEUSE

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 Trials - This ruined world

TRIALS
«This Ruined World»
Independant/DIY
Date de sortie: 24 Juillet 2015

 J’ai de la misère avec le métal qui se qualifie lui-même de «complexe». De un, la complexité est un univers très subjectif. On a tous notre définition de c’est quoi un album «fucké». Je commence à trouver qu’avec la trollée de bands qui se ramassent sur le bandwagon du «Stare at the Wall Metal» (qualificatif sarcastiquement affectueux que j’utilise pour décrire les albums ambiants qui tentent de mélanger quarante-cinq types de styles juste pour prouver que les membres ont une santé spirituelle supposément plus élevée que la mienne), l’aspect  »fucké » est dramatiquement diminué par l’aspect trop familier de ce genre d’approche. Je ne dis pas que je n’aime pas ce qui est peu conventionnel ou ce qui défie les standards de la composition trop passivement agressive. Loin de moi est l’intention de prétendre que ça ne me séduit jamais, étant moi-même un être capricieux et difficile à prédire ou comprendre, à ce même titre.

Le groupe de Chicago TRIALS reste DIY dans le seul et unique but d’avoir un son qui refuse décidément d’être libellé, compartimenté ou contrôlé par les réactions du système digestif d’un Suit and Tie de gros label blasé et si fièrement pogné for the sake of big money, Le problème est qu’ironiquement ils devraient avoir un peu plus de contrôle. Ça sonne bizarre venant de moi, j’acquiesce vivement à cette remarque que j’entends déjà à mesure que j’écris. Quand je dis contrôle, mon regard est posé plus spécifiquement sur la triste réalité que le «métal complexe», ou «post metal», se doit de reconnaître l’importance de la marge entre l’émotivité si débordante qu’aucune attention n’est vraiment apportée à la qualité des compositions, et la concentration requise pour l’élaboration d’un pattern musical qui peut être profitable dans un tel état d’adrénaline et de rage mentale.

En d’autres mots, prend un guitariste qui se claque une dépression nerveuse et a envie de tuer tout le monde; s’il profite de sa colère pour rajouter à son intention d’écrire une osti de toune qui va tous les anéantir parce que c’est l’affaire la plus hot qu’il a écrite de sa vie, il risque de ne pas rusher avec la structure de l’élaboration de ses riffs, et il risque même d’écrire toutes les drum parts sur son kit électronique, tout ça en direct de sa cellule de prison à côté de son X-Box.

Prend le même gars qui succombe à ses émotions et, au lieu de les accepter, se met à se défouler d’une manière mal dosée en espérant promptement passer à autre chose- il risque de se ramasser à écrire «This Ruined World».

Ce que j’entends ici est un drastique manque de focus et un besoin beaucoup trop imminent d’être aussi agressif que possible. Le résultat empêche chacune des pièces de se développer d’une façon organique et vertement déterminée à ne pas se laisser décontenancer. J’entends certaines influences thrash, post-rock, noise, et 80s goth, un peu trop précipitées et mal dosées dans un effort bien trop conscient d’être abstrait dans l’effort de démontrer une émotion accrue et dangereusement instable Celle-ci selon moi serait bien mieux libérée à travers des riffs tight et oldschool qu’à travers des leads dissonants qui sonnent à peine travaillés et qui sont squeezés entre des patterns de drums qui pourraient rester plus constants et nous emmener vers de véritables hooks. Quand ils y réussissent et qu’un véritable focus est mis sur l’agencement de ces leads un peu contradictoires dans la nature de leurs color tones et que le drumming est aussi frantic dans le réel «punch» de sa delivery, on voit que ce band a une identité capotée qui a le potentiel de vraiment être hot et innovatrice.

Avec un peu de recul face à leurs propres compositions, et un «outlook» à tête plus reposée, cet album exprimerait beaucoup plus de substance bien pré-méditée et tranchante qu’en se laissant aller dans un «fit» mal proportionné par rapport à l’impact qu’il souhaite emmener. L’intention est nette ici, juste mal exécutée.

VERDICT: 1/10

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 Zandelle - Perseverance

ZANDELLE
«Perseverance»
Pure Steel Records
Date de sortie: 24 Juillet 2015

ZANDELLE est un groupe de speed métal américain de vingt ans d’âge que le crew de Pure Steel Records compare à HELLOWEEN. Ce genre de  »name-dropping » est risqué et peut être qualifié de carrément misleading, vu que la référence en question est un band qui refuse tout simplement d’écrire la même affaire chaque fois qu’il rentre dans le studio pour composer ou quand il s’entasse dans leur tour van pour souffler entre deux shows. Donc, l’implication du statement en lui-même promet une originalité surprenante, et même supposément frustrante (en tout cas les fans du band aiment pas le dernier album vu qu’il se penche plus sur l’aspect rock que power, ce qui veut apparemment dire, selon eux, qu’il perd son «thunder»; je trouve que c’est pas mal le contraire).

J’veux rien savoir d’un groupe qui refuse stoïquement de changer de son par peur de perdre sa propre identité. Il me semble que c’est normal que ta musique varie en même temps que ta vie et ton expérience. Avec une seule écoute de «Perseverance», c’est facile de voir que cette théorie est comprise, appliquée, et respectée par ZANDELLE. Cet album est même défini par un goût prononcé pour le risque. Il existe un certain charme dans son exécution imparfaite aussi puisqu’elle est tout de même professionnelle et assez rehearsed pour sonner comme un live show, autant en termes de production que de performance de la part des musiciens.

Le frontman George Tsalikis n’est pas accroché à son auto-tuner, ce qui laisse l’émotion respirer à travers sa delivery, bien qu’avec un peu de retenue; l’effet ici étant tout de même percutant plutôt que navrant. La twin guitar attack de Maglio et Durfy est loin d’essayer de se montrer overflashy ou de s’imposer par dessus le reste de l’instrumentation, étant plutôt airy et accompagnatrice, servant de back-up au reste du band dans une modestie élégante, mais tout de même savante, montrant que les gars sont calés dans leur étude de cas. Leur range est étoffé, cette collection de tounes incluant autant de tracks upbeat et vraiment explosives à la early PRIEST que des ballades qui auraient facilement leur place en plein milieu d’un album concept qui décrirait la tragique histoire d’un personnage tourmenté par ses propres désirs contradictoires. Ces gars-là sont capable d’être brutalement réservés, dramatiquement dévergondés, ou apparemment victimes de violent traumatismes émotifs dans l’intention derrière la delivery des tracks, ce qui fait de l’album une réelle journey qui est plutôt définie par la quête d’identité que le rehash atrocement chorégraphié d’une formule surfaite et plastique.

Ceci dit, la comparaison avec HELLOWEEN n’est pas exagérée, bien que l’efficacité de l’album se verrait augmentée par une prestance un peu plus égocentrique du côté des twin guitars et possiblement par un petit coup de pied dans l’arrière-train de Tsalikis pour qu’il pogne un peu plus les nerfs derrière le micro, définissant un style et une attitude plus faciles à cibler; il a déjà un caractère qui ne semble pas donner sa place, mais qui est un peu trop contenu ici. Rien à redire sur le drumming de Joe Cardillo; il semble structurer la saveur expérimentale de beaucoup des pièces qu’on a ici, ce qui en dit long sur son expérience.

Je m’attends à être pas moins que ravie la prochaine fois.

VERDICT: 5.5/10

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Fallen Angels - World in decay

FALLEN ANGELS
«World in Decay»
Cyberdyne Records
Date de sortie: 4 Août 2015

Je trouve que ces temps-ci, c’est pas évident de trouver un band de thrash qui n’essaie pas de se la jouer mainstream et de sur-moderniser son approche, ou encore qui n’est pas excessivement occupé à se pogner le beigne dans une composition automatique, redondante, et carrément vannante qui va comme suit: couplet qui sonne faux du criss, riffage dissonant et étourdissant qui mène à un bridge laid et vide de réelle émotion, chorus empli de gang shouts qui sont supposés me donner envie de répéter les lyrics mais me donnent plutôt mal aux dents, solo trop rapide pour que j’aie le temps de comprendre que chacun des leads a été écrit par dessus une page de Reader’s Digest dans les toilettes du Ultramar, et drumming qui reste agressivement pareil (un peu comme celui de l’idole de l’heure Lars Ulrich) pendant quarante-cinq minutes béton à part pour l’occasionnel blastbeat qui n’a pas rapport avec le reste de la toune mais qui change son fusil d’épaule pendant quatre secondes pour quand même pas trop sonner comme du METALLICA.

Dans cet ordre d’idées, vous allez comprendre que je suis assez difficile avec les bands qui prétendent avoir le genre de portée couronnée d’un  »je m’en foutisme » aussi efficace que du vieux TESTAMENT ou EXODUS en ne perdant pas la valeur de leur True North (en d’autres mots, leur focus sur l’importance de la composition raisonnablement imprévisible mais tout de même axée sur une discipline suffisamment aiguisée pour présenter des riffs qui sont le fruit d’une intention claire et non pas un besoin de prouver un skill glorieusement absent ou trop juché sur la technicalité plutôt que l’expression d’un besoin brûlant pour l’authenticité des émotions véhiculées).

FALLEN ANGELS est capable d’écrire ce genre de tracks qui sont bien exécutées, passionnées, et écrites avec un réel sens du meaning profond, ce qui est assez évident à travers chacune des notes jouées. La seule chose que je déplore, c’est leur besoin de se la jouer  »safe » avec des patterns qui semble les forcer à changer la structure de chacune des pièces pour la rendre plus  »paint by the numbers », détruisant l’identité originale et franchement anti-homogène de chaque titre pour les emmener dans un pattern «been there done that» assez facile à reconnaître après environ vingt minutes, ce qui casse le punch (dans ce cas-ci, un whirlwind of solos qui change le pacing de la toune au complet pour encadrer ladite tornade de leads ultra-tech qui ne fittent pas avec le reste de la portée de la compo en question – obligatory en plein millieu de chacune d’entre elles). J’aimerais voir ces gars-là prendre le risque de rester sur leur lancée, peu importe s’ils écrivent une track qu’ils pensent juste semi-efficace ou complètement explosive et orgasmique; l’évolution impulsive de leurs compos marcherait à merveille puisqu’ils sont de bons musiciens qui ont les racines autant définies par le Bay Area thrash que le technical DM à la DEATH. Ils sont studieux et connaissent leurs instruments sans se swinger les balls dans nos faces. Dommage qu’ils suivent leurs cues un peu trop religieusement car c’est visiblement loin d’être une nécessité selon mes observations vivement intriguées.

VERDICT: 6/10

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 Powerwolf - Blessed n Obsessed

POWERWOLF
«Blessed & Possessed»
Napalm Records
Date de sortie: 17 Juillet 2015

Après six albums, je reste sur mon cynisme prudent et même un peu appréhensif face à POWERWOLF. Avant que vous me pétiez une syncope, je l’avoue; ils sont de bons musiciens. Ils savent jouer du métal théâtral, studieusement néoclassique et assez prenant pour voler ce qui me reste d’attention après une journée chiante ou plaisante (ça change rien à mon humeur mais ça ne me laisse jamais perdue dans mes pensées). Ils réussissent cet exploit de taille face à un cerveau hyper-occupé qui se contre-fout de tout ce qu’il entend quand ça semble sortir du micro-ondes après avoir été réchauffé quarante-cinq fois vu que typiquement, ça veut dire que c’est loin d’être encore du bon.

Je ne dirais pas que «Blessed & Possessed» c’est du brûlé ou du recyclé, reste que ça continue à me purger steady. Un band un peu trop réconforté par sa propre gimmick, ça a tendance à écrire des albums qui sont le fun et utiles comme trame sonore pour une Uber Beer Session qui tough la run jusqu’à six heures du matin; mais peu efficaces quand on se ramasse sur une quête de sens face à nos propres noirs désirs d’auto-destruction (ou pognés dans le traffic avec un besoin de défoulement qui nous emmène de l’avant au moins mentalement jusqu’au point qu’on s’en fout solide qu’on s’est trompés de sortie pour la dixième fois).

Ce que j’essaie de dire avec cet humour blasé et sur-compliqué, c’est que y’a aucune des compositions de POWERWOLF qui réussit à susciter une seule réelle émotion humaine en moi. Bien que le musicianship se claquerait des médailles olympiques, et l’adrénaline suscitée par les influences MALMSTEEN, IRON MAIDEN, et même DIO sont hard at work dans l’élaboration de pièces catchy et puissantes en termes de sensations fortes, celles-ci sont toutes physiques, et aucunement mentales. La répétition de la même pièce de théâtre soixante mille fois d’affilée me laisse sur ma faim, autant que cet album qui est bon, mais plus ou moins attachant dans sa prédictabilité tellement agressive que je me demande si ces gars-là vont s’écoeurer de rester dans leur comfort zone. J’aimerais les voir se dissocier de leur ligne directrice pour écrire des tracks qui se contre-câlissent d’être militantes et se ramassent plus dans une zone d’introspection et de réelle darkness tout à fait dépourvue de ses trente couches de vernis usuelles. Un band avec une identité non-costumée, qui n’essaie pas d’impressionner mais qui finit par réellement avoir envie de sauter une coche créative. J’attends encore que ça leur arrive.

VERDICT: 8/10

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 Defect Defender - Ageing accelerator

DEFECT DESIGNER
«Ageing Accelerator»
Sleaszy Rider Records
Date de sortie: 13 Juillet 2015

Faut que je l’avoue, voir deux membres de SEPTICFLESH, un de CRYPTOPSY (ouep, Flo Mounier) et un de TROLLFEST dans le même line up d’enregistrement, ça m’a fait flipper avant même que je pèse sur «play». Drette en partant je me suis dit que j’allais accepter aucune possibilité de manque d’originalité complètement pétée. Je suis loin d’être déçue ou forcée de revenir sur ce mantra entêté et presque envoûté.

«Ageing Accelerator», c’est une des rares exceptions définies dans le proverbial haystack de bands expérimentaux qui se lâchent lousses dans la fusion de styles et sous-styles de métal qui semblent pas fitter ensemble et réussissent à saisir nos âmes et les dépecer lentement et en toute beauté sans qu’on veule se débattre rien qu’un peu. En ce sens, on a droit ici à un mélange de black, deathgrind, oldschool punk, jazz, et nu-metal à la SLIPKNOT dans le temps que c’était bon (je dis ça avec un amour infini pour Corey Taylor).

Attachez vos fucking tuques, car j’arrive à peine à être certaine de ma liste quand je pense à la weapon de taille qu’on a ici. Ça s’appelle un cas de «duck and cover sinon tu crèves, friend».

Ça prend du génie presque surnaturel pour être capable de créer des hooks monstre qui t’avalent pour te recracher en pièces détachées avec une efficacité qui ne manque pas de style à travers sa monstruosité abstraite et difficile à comprendre complètement sans la sécurité d’un blâme ferme porté sur les substances hallucinogènes. Je viens de résumer l’expérience qui t’attends si t’es brave. Cet album toppera les charts de l’année parce qu’il crée une toute nouvelle trail fraîche et glissante pour les bands qui vont essayer de l’emprunter après s’être claqués cet album tout simplement inimitable.

Ceci dit, les compos ne sont pas  »fourrantes ». L’intensité de chacune d’entre elles est supportée par une intention claire en termes d’ambiance qui se veut assez évidemment glauque, inquiétante, et schizophrénique. Les riffs sont tantôt mélodiques, parfois plutôt techniques, mais jamais strippés de leur presque buzzante efficacité quand on parle du backbone groove qui les unifie. Le drumming est du Copyright Flo. Ce gars-là est une machine. Y’en existe pas deux comme lui et c’est parce qu’il est diversifié à travers une identité qui est instantanément reconnaissable et stubborn, mais qui a jamais peur de se mettre la tête dans l’eau plus longtemps à chaque maudite fois qu’il est sur un album à travers un projet ou l’autre. DEFECT DESIGNER, c’est le trip le plus notable qu’il fait en termes de risque complètement désarçonnant et mémorable. Vous êtes juste pas prêts.

Marier le meilleur du oldschool avec le newschool en redéfinissant les trends et en crachant dans la face des «stare at the wall» complextro whores of the modern day, c’est ce que DEFECT DESIGNER réussit à accomplir sur cet album et probablement même sur leurs lendemains de brosse. Vous êtes mieux de vous tasser du chemin parce que leur set-up prend de la place.

VERDICT: 8/10

 

Critique d’album: Bison Machine – «Hoarfrost»

Bison Machine - Hoarfrost

 

Bison Machine

«Hoarfrost»

Kozmik Artifactz

2015

 

*English version follows

Est-ce que je vous ai dit que c’est à la mode de faire de la musique lourde comme si on était dans les années 70? Probablement. Mais dites-vous que cette mode n’est pas près de s’essouffler parce que les groupes d’aujourd’hui sont prêts à nous prouver que malgré les 35 ans d’écart depuis la fin des années 70, elles sont plus que présentes. Et je ne vous parle pas de revisiter des classiques comme Led Zeppelin, Judas Priest ou Black Sabbath mais d’avoir une certaine ouverture d’esprit sur les groupes récents qui nous replongent dans ces années. Certains vont être originaux tandis que d’autres vont l’être moins. Pour cette critique d’album, je vais me pencher sur la première œuvre de Bison Machine intitulée «Hoarfrost» qui sortira le 31 juillet prochain via le label Kozmik Artifactz. Voyons à quoi ça ressemble.

Musicalement, Bison Machine nous offre un mélange de blues et de vieux heavy métal des années 70. Un très beau mélange, je devrais dire puisque la musique m’embarque. Les riffs sont très entraînants, quand même originaux et juste assez lourds pour ne pas ruiner leur genre. Plusieurs riffs m’ont tout de même fait penser à ce que j’ai déjà entendu une coupe de fois dans des groupes de blues et parmi les vieux groupes heavy métal des années 70. De plus, j’ai trouvé malheureusement que certaines chansons duraient trop longtemps en n’allant pas directement au point. Sinon, le groupe donne quelques moments calmes enchaînés avec de la musique lourde comme on les aime. La chose que je pourrais reprocher le plus, c’est l’enchaînement fait dans la chanson «Giant’s Coffin» qui m’a paru bizarre, comme si le groupe jouait devant un public. Selon moi, quelques secondes de silence entre le moment calme et les gros riffs auraient été idéales pour que l’enchaînement soit mieux.

Le côté blues, ressenti uniquement dans les riffs par contre, est dominant dans la pièce «Speed Of Darkness» et est présent dans plusieurs riffs tout au long de l’album. Par contre, le son est plutôt axé sur le vieux heavy métal des années 70. Parmi les six chansons de leur premier album, «Speed Of Darkness» est justement la chanson que j’ai le plus appréciée et que j’aime rejouer plusieurs fois avant de passer à la prochaine.

Pour la voix, j’avoue que je ne suis pas un grand fan puisque je m’attendais à une voix un peu plus agressive et moins orientée comme si le chanteur chantait dans un groupe de rock dans le genre de U2 ou bien Muse. En fait, il y a des moments où je trouvais que la voix du chanteur ressemblait à celle de Matthew Bellamy de Muse.

Au niveau de la production, en général, c’est très bien. Mais il y a des fois – j’ignore si c’est l’effet d’avoir recherché un vieux son – où le son laisse à désirer notamment dans le solo en plein milieu de la chanson «Gamekeeper’s Thumb» et le début du solo de la chanson «Viking Hand». Et j’ai l’impression qu’il y a trop d’effet d’écho dans leur son, autant dans les guitares que dans la voix. D’ailleurs, je soupçonne le chanteur d’utiliser l’effet du «delay» dans sa voix.

En conclusion, «Hoarfrost» est un premier album très réussi qui nous replonge facilement dans les années 70, mais en gardant un côté plus moderne dans leur musique. Malgré quelques points négatifs, le groupe a de quoi pour plaire aux nostalgiques des années 70 en offrant un produit de très bonne qualité. C’est un album à vous procurer le 31 juillet prochain via le label Kozmik Artifactz. Merci à Sheltered Life PR pour une promo intéressante et qui n’hésite jamais à me faire découvrir des œuvres de qualité.

7,5/10

Marc-André

 

Did I tell you it is fashionable to make heavy music like it was done  in the 70s? Probably. So you better remember that this is not just a trend because today’s bands are ready to prove that despite the 35 years apart since the late 70s, this era’s music is back in full force. I do not mean revisiting classics like Led Zeppelin, Judas Priest and Black Sabbath but to have a certain openness on recent bands that take us back in these years. Some will be original while others will be less. For this album review, I will look at the first work of Bison Machine entitled «Hoarfrost» to be released on July 31st via the label Kozmik Artifactz. Let’s see what it sounds like.

Musically, Bison Machine offers a mix of blues and 70s heavy metal. A beautiful mixture, I should say, since the music draws you in. The riffs are very catchy, with some originality and still just heavy enough not to ruin their genre. Nevertheless, several riffs reminded me of what I’ve heard both in blues bands and among the old heavy metal bands of the 70s. Moreover, I found that some songs lasted too long by not going directly to the point. Otherwise, the group gives a few quiet moments to line up with heavy music as we like it done. I have some reserve though for the transition made ​​in the song «Giant’s Coffin», which seemed odd, as if the band played live. Maybe a few seconds of silence between quiet times and heavy riffs would have been ideal.

Blues side felt mainly through the riffs, is dominant in the song «Speed ​​Of Darkness» and is present in several riffs throughout the album. For cons, the sound is not blues but rather focused on the old 70s heavy metal. Of the six songs from their first album, «Speed ​​Of Darkness» is THE song that I liked the most and I like to replay it several times before moving on to the next.

On the vocal side, I admit that I am not a big fan since I was expecting a voice a little more aggressive and less oriented as if the singer sang in a rock band in the style of U2 or Muse. In fact, there are times when I thought the singer’s voice sounded like that of Matthew Bellamy of Muse.

In terms of production, in general, that’s fine. But there are times – I do not know if this is the effect of having sought this old sound – where the sound is poor especially in the solo in the middle of the song «Gamekeeper’s Thumb» and at the beginning of the solo in song «Viking Hand». And I feel that there is too much echo effect in their sound, as much in the guitars as in his voice. Moreover, I suspect the singer to use the effect of «delay» in his voice.

In conclusion, «Hoarfrost» is a very successful first album deeply sunk in the 70s , but keeping a more modern side to the music. Despite some negative side I exposed you, the group has something to please to the nostalgic of the 70s by offering a product of very good quality. It’s an album about to get released July 31st via Kozmik Artifactz. Thanks to Sheltered Life PR for an interesting promo and never hesitating to send me quality work to discover.

7,5/10

Marc-André

Critique d’album: Urban Aliens – «7 tounes d’épais»

7 tounes d'ÉPais

 

Urban Aliens
«7 Tounes d’Épais»
2015

Liste des pièces
«Buried Under the Chalet»
«Machobiotique»
«Total Bruntage»
«White Knight»
«Vegan-Abattoir»
«Tales from Morningwood»
«Le Bat en Feu»

 

Avertissement premier: Ce texte s’adresse à qui veut le lire et n’est pas responsable des effets produits. Je suis aussi conscient que tous n’ont pas l’âge légal pour le lire à cause de la teneur de ma prose et du contenu de l’album et c’est tant mieux car selon ce que je sais des jeunes, ils en comprennent et savent beaucoup plus que beaucoup d’adultes, alors ils pourront aider ceux qui peinent dans mon texte.
Avertissement second: Ce texte ne veut que suivre l’esprit ludique de l’album que nous a déféqué Urban Aliens et ne reflète en aucun cas quoi que ce soit. D’ailleurs, l’auteur (ça c’est moi) se cache derrière son nom pour signer ses propos puisqu’il est fort conscient qu’une signature n’a plus la crédibilité d’antan.

Formé précocement dans le nouveau «mis les nerfs» par Whoe Henry (alors dans Neuraxis dont il est un des fondateurs sous un pseudonyme vaguement crédible), dit le Grand Sachet en chef dont je perçois vaguement le nom comme une contraction par ANALogie de SAC à déCHET, mais paraît que (et c’est de source sûr et même de source surie considérant l’âge de ma source que je le sais) Grand Sachet veut dire pour lui-même, le Scrot Homme. Bon je m’écarte un peu là et s’écarter peut s’avérer dangereux en présence d’Urban Aliens qui ne lésinent pas avec l’enfourchement.

Bon on y revient. Urban Aliens comptait donc à ses débuts le nombre requis de malotrous dans ses rangs, pour que ça ait au moins l’air d’un groupe qui commence. Depuis cette époque, il y a eu plusieurs mouvements au sein du personnel que j’escamote ici mais un significatif soit l’addition d’un deuxième guitariste, Fil Hermouth (AKA Pedo Fil), avec qui Whoe avait joué dans The Wacky Pack of Lobstermen from Mars. Quoi de plus normal que les extra-terrestres de la musique québécoise s’unissent de nouveau. Aujourd’hui restent toujours naturellement le Sachet lui-même et aussi Fil Hermouth qui constituent «la pine dort sale» de cette formation et à qui nous devons en vouloir pour les trois premiers méfaits.

«Corporate Punk for Rich People» (CD – 2005)
«Perdition» (CD – 2006)
«Trui3» (CD – 2011)

Après qu’ils eurent fait patienter leurs fans en leur jouant le coup du «sloppy second» en leur resservant dans le même lit, leurs deux premières éjaculations musicales sous le titre racoleur «Corporate Perdition», arrive en avril 2015, leurs dernières giclées en date qui forme la crêpe «7 tounes d’épais», une belle pile de «jizz».

Avertissement troisième: La suite du texte est écrit complètement au masculin comme si les Urbans Aliens n’étaient que des mecs, des dudes, des ginos afin de respecter l’esprit «politically incorrect» du groupe: le masculin l’emportera en tout temps sur le féminin. Désolé pour la demoiselle du groupe, la bassiste Jizza Belle. Alors par galanterie toute macho, je souligne ici sa présence. Et de toute façon, vous avez sûrement spotté la succube squeezée dans le milieu des 4 gigolos sur la pochette. De plus, il y a une chanson de filles, «White Knight», dans le milieu de l’album et il y a deux filles qui font des «blows» pour débuter «Tales of Morningwood». C’est déjà en masse.
Avertissement quatrième: Là j’avertis que je suis tanné de vous avertir pour nous patcher le derrière au cas où quelqu’un trouverait certains propos offensant et aurait oublié la liste des avertissements que j’ai délicatement mis jusqu’à date dans mon texte. Et de toute façon, si vous êtes rendu ici dans le texte…

Bon maintenant voyons comment les Urbans Aliens sont virils pour se brasser le manche et se faire aller la baguette pour exposer les travers pervers de nos SOTciétés.

Les mictions débutent avec une intro qui rappellera les mésaventures technologiques de notre héros national, le plus Québécois des Canadiens pure laine d’expression française, le plus canadien français des américains du nord de l’Amérique du Nord et j’ai nommé naturellement Elvis Gratton. Je souligne tout de suite qu’Urban Aliens s’introduira ainsi en snoreau pour toutes les pièces sauf une «Total bruntage» qui, dans le fond si je relis bien son titre, se prête moins aux préliminaires car ça n’aide pas nécessairement quand ça vient d’en arrière. Je vous dis pour les intros car j’imagine que peu d’entre vous auraient pensé qu’Urban Aliens se bâdrait de préliminaires avant l’acte. Remarquez que celles-ci sont courtes car tout de même, ce n’est pas leurs problèmes si vous ne mouillez pas encore (ici c’est figuratif car je sais que le texte se veut au masculin et qu’un gars ne mouillent pas(!)). Ah, il y a un solo à la AC/DC pour couper court aux préliminaires et lancer «Buried under the chalet». Je suis vraiment surpris une autre fois de la délicatesse des Aliens. Ils ont pensé à ceux qui ne s’érectent que sur ce qu’ils reconnaissent.

Urban Aliens se lancent de pièce en pièce s’exécutant dans pas mal toutes les positions permises par leur flexibilité et on a du trash, du dèche et même qu’il y a des fois que ça sent le punk. De la vraie musique transgenre qui sent bon comme la semence d’un groupe mature et non ce que certains pré-pubères tentent de nous faire à croire comme du vrai.

Alors que les musiciens effeuillent et pigent du mieux qu’ils peuvent dans les pages non collées de leur copie du Kamasoutra de la musique pour générer des gémissements et des trémoussements, le chanteur démontre avec brio, en variant l’ouverture de sa gorge pour rugir, crier et aussi parfois chanter, qu’il a la gorge lubrifiée en masse avec toutes sortes de crèmes sorties de divers engins, spermettant même un clin d’oeil aux émasculés alors qu’il se serre fort les couilles et atteint une voix semi-aigüe dans «Tales of Morningwood», une histoire de douchebags épiques.

Si vous n’êtes pas content des paroles qu’il régurgite, faites comme dans le temps où les films pornos était en copie originale suédoise et que tous, sauf les Suédois, devaient donc se foutre de ce qui se disait. Concentrez vous sur l’ensemble de leur performance et vous verrez que ce ne sera pas long que vous headbangerez au même rythme que la starlette à genoux dans les dits films suédois.

L’album se termine en faisant les «sloppy second» une autre fois avec une version métallisée du tango «La dame en bleu», le grand tube de Michel Louvain réutilisé à multiples reprises et à peine séché depuis les derniers ébats où il a trempé. «Le bat en feu» permet donc de vraiment savoir le vrai fond de la pensée qui sous-tendait la version responsable du péché originel dans lequel se vautrent ici Urban Aliens, les fesses serrées j’espère pour eux.

Et maintenant qu’ont fini de s’écouler leurs mictions, je «rewind and replay» les meilleures passes heureux d’être content qu’on soit à l’ère des CD et non des cassettes VHS (euh…. je veux dire TDK cassettes TDK) pendant que je les imagine en train de se la shaker comme il faut pour que les gouttes restantes aillent sur le mur, par terre et laissant naturellement la dernière pour le spot jaune du devant des shorts trahissant le côté où ils portent, pendant que le «politically correct», (tsé l’homme rose, y’en a toujours un dans une gang) panique et court essuyer les poils et les gouttes sur le tour de la «bol»…. et rabaisse le couvercle pour ne pas que toutes les filles fassent la gueule.(!) C’est pour ça aussi que je soupçonne que les Urban Aliens doivent en avoir un caché dans le groupe ou dans l’entourage et qu’ils doivent l’aimer, le rose de la gang, parce que pendant qu’il s’occupe que les filles restent chill et fassent pas chier, les autres peuvent se taper le vrai bon temps à crédit sur ses R-Lousses et avoir toute la concentration et le loisir de composer d’autres succès aussi gluants qui collent parfois à la peau et aux poils comme lorsqu’ils s’endorment sur le dos dans la seconde suivant le coït.

Lex