Critique d’album: Disfago – «Double 7”»

Disfago - Double 7 inches

Disfago
«Double 7”»
Witch Ghetto Productions
Date de sortie: 8 juin 2015

 

*English version follows
Le groupe londonien Disfago mélange le punk et le métal de façon basique mais efficace. En fait c’est même très efficace. C’est le genre de musique que t’écoutes pour brosser le vendredi soir avec ta gang de mécréants. C’est fait pour être écouté en buvant d’la bière de merde tout en préparant des plans stupides qui mèneraient sûrement à l’arrestation. T’entends ce groupe-là et en deux secondes t’as déjà le goût d’la Cinquante (tablette) dans gueule. Ça niaise pas, c’est sale, crotté pis ça pue la robine.

Les hostilités commencent avec la chanson «Whiskey Breath», c’est rapide et malpropre à souhait, ça débute en force. Dès les premières notes de la basse, la frénésie s’empare de toi et l’envie de tout briser te pogne. Faut dire que la chanson est bien nommée, t’écoutes ça et on dirait que t’as un goût de whiskey médiocre (du Jack Daniel’s!) qui te remonte dans la gorge, t’amenant des reflux acides … Normal que ta seule pensée soit de briser des choses.

Suit «400K», qui est la chanson qui tend le plus vers le punk du EP avec ses riffs simplistes mais ayant un côté rentre-dedans. Une bonne chanson à écouter en commettant des actes de rébellion contre les autorités de ton quartier. Mention spéciale au solo, même les gars de Slayer n’auraient jamais mis ça sur un enregistrement!

La troisième chanson du 7”, «Midnight Marauder», ma préférée et malheureusement la plus courte, est leur plus corrosive. Les trois gars se déchainent au vocal et elle démontre parfaitement l’esprit du groupe: simple, rapide et sale.

L’avant dernier morceau, «Scrumpyfyre», est parfait pour être scandé en invoquant le Malin. On a même droit à des petits fills et des solos tout-croches à souhait.

L’EP se termine avec la pièce «Tyrant Skull (Poverty and Lust)», qui elle aussi a une saveur plus punk, en particulier au niveau du vocal. On sent une touche de Motörhead, en fait on sent cette touche là tout le long de l’EP, mais là c’est plus qu’évident.

J’aime le côté garage que la production de l’EP dégage, ainsi que les riffs simples mais efficaces. Les gars ne réinventent pas la roue et c’est bien comme ça. Malgré le fait que cet enregistrement sente la dompe, il amène quelque chose de rafraîchissant avec son absence de surproduction et sa touche crasseuse qui reste collée sur toi. C’est toujours bon d’entendre un power trio avec un son aussi épuré mais efficace en même temps. À mon humble avis, c’est très souvent une formule gagnante. Cet EP est parfait si tes ambitions sont de marauder jusqu’au dépanneur le plus proche pour t’approvisionner en bière de marde et ensuite sacrifier un de tes boys aux forces obscures dans un délire éthylique.

David-Alexandre Grand-Velozo

 

Disfago, a London (UK) band, mix punk and metal in a basic but effective way. In fact it’s more than effective. This is the kind of music you listen to in order to get wasted on a Friday night with your gang of miscreants. It’s made to be listened to while drinking cheap beer and preparing stupid plans that would surely lead to your arrestation. Just a few seconds of this album and you already have in mouth the warm taste of from the shelf cheap ale. They don’t joke around, it’s dirty, crusty and stinks like your worst filthy alcohol breath.

Hostilities began with the song «Whiskey Breath». Fast and messy at will, it starts the album full force ahead. From the first notes of the bass, the frenzy takes hold of you and the desire to break everything grabs you. I must say that the song is aptly named. You play it and it feels like you got a taste of mediocre whiskey (Jack Daniel’s!) which crawls back up your throat, causing acid reflux … Kinda normal you’d think of breaking things.

Follows «400K», which is the song that tends the most towards punk with its simplistic riffs but brought with that «in your face» attitude. A good song to listen to while committing acts of rebellion in your neighborhood against the authorities. A special mention to the guitar solo, even the guys from Slayer would never put that on a record!

The third song, «Midnight Marauder», my favorite but unfortunately the shortest, is their most corrosive. The three guys rage in voice and demonstrate perfectly the band’s spirit: simple, fast and dirty.

The penultimate song, «Scrvmpyfyre» is a perfect chant to invoke the devil. We’re even served with some short fills and weird guitar solos (but are they?).

The EP ends with the song «Tyrant Skull (Poverty and Lust )», which also has a more punky flavor, especially at the vocal level. I feel a touch of Motörhead here… actually I felt it all along the EP, but this is more than obvious here.

I like the garage side of the production as well as the simple but effective riffs. These guys don’t reinvent the wheel and it’s fine like that. Although this recording unloads swarms of filthy stench, it brings something refreshing with its lack of overproduction and its crusty touch that clings to you. It’s always cool to hear a power trio with a sound as crude but effective at the same time. In my humble opinion, it’s more than often a winning formula. This EP is perfect if your ambitions are to wander to the nearest convenience store to supply you with cheap shitty beer and then sacrifice one of your boys to the dark forces in an alcoholic delirium.

David-Alexandre Grand-Velozo

Une bonne soirée Old School aux Foufs

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Les Foufounes Électriques se sont fait botter le cul (j’m’excuse même pas pour cette joke poche) par la tournée « Carnival of Death » qui était de passage hier dans la Métropole. Avec une brochette de groupes de Death Metal d’une aussi grande qualité, la soirée ne pouvait qu’être bonne. Mais elle fut bien plus que cela, elle fut excellente ! C’est une salle bien remplie qui a accueilli cette horde américaine mené par les Montréalais de Kataklysm.

C’est les gars d’Internal Bleeding qui ont commencé la fête avec leur Brutal Death Metal typiquement New-Yorkais. Bien que n’ayant pas beaucoup de temps de scène, les gars se sont donnés à fond, offrant une prestation de qualité, y allant de quelques classiques et quelques chansons du nouvel album. Bien que la salle n’aie pas encore été pleine, la foule a donné une réponse positive (quoique timide) au groupe, les old school manifestant leur bonheur de voir ce mythique groupe de Long Island et les plus jeunes appréciant la leçon de NYDM qui leur a été donnée.  C’est avec des classiques tels que « Ruthless Inhumanity » et « Annointed in Servitude« , que les gars d’Internal Bleeding ont donné le ton à une soirée de pur Death Metal .

Ensuite ce fut le tour des gars de Pyrexia de monter sur scène. Autre groupe mythique de la région New-Yorkaise, les gars ont fait honneur à leur réputation en offrant du bon NYDM aux Montréalais présents, même si malheureusement plusieurs d’entre eux ne semblaient pas connaître le groupe, ne comprenant pas à quoi ils avaient affaire. Le chanteur n’arrêtait pas de demander à la foule de s’avancer et de s’adonner aux circlepits , mais celle-ci répondait timidement … Pour l’avant dernière chanson , Keith DeVito (Internal Bleeding) est venu les rejoindre sur la scène afin de chanter « System of the animal« . À ce moment la foule a donné un peu du sien, brassant un peu plus pour les deux dernières pièces de leur set, qui s’est terminé avec la pièce « Sermon of Mockery« .

Jungle Rot firent ensuite leur entrée sur scène. Comme à leur habitude, les gars ont commencé en force pour ne plus s’arrêter. Jungle Rot tel un Ak-47, est une machine de guerre qui ne s’enraille jamais, aucun temps mort ni faux pas. Toujours les gars livrent la marchandise à cent mille à l’heure, ne laissant qu’une traînée de cadavres suite à leur passage. Dès les premières notes, la foule s’est déchaînée, libérant toute l’énergie conservée durant les prestations des deux premiers groupes. Les gars y sont allés d’un bon melting-pot de leur discographie obligeant la foule à se donner corps (et âme) dans le pit. Ils ont aussi offert quelques classiques à la foule tel que « Terror Regime » et la pièce « Worst Case Scenario » qui a été grandement appréciée.

Ce fut finalement au tour de Suffocation de monter sur scène. C’est devant une foule plus que survoltée et bien échauffée (tsé  … ben chaude là) que les rois du  Brutal Death Metal New-Yorkais ont enclenché les hostilités. Tout de suite, les stage-dives et les circlepits ont commencé et ce, de façon plus intense que durant Jungle Rot (si c’est possible …). Encore une fois, Frank Mullen était absent, mais heureusement Hobbes et compagnie ont su trouver un chanteur de tournée compétent en la personne de Ricky Myers (batteur de Disgorge U.S.A) qui a VRAIMENT assuré! La formation a enchaîné les classiques (« Catatonia« , « Abomination Reborn« , « Funeral Inception« , « Breeding the spawn« , « Pierced from within« ) ainsi que quelques chansons du dernier album (« Pinnacles of Bedlam« ) ne laissant pas un instant de répit à la foule qui ne faisait qu’en demander plus. Encore une fois Keith DeVito a fait une apparition sur scène, pour le plus grand bonheur de la foule. Question de finir en beauté, les gars nous ont offert l’éternellement excellente « Infecting the crypts« ! Mention spéciale à Kevin Talley qui en terme de drummer qui « varge »  ne donne pas sa place et pète la baraque à chaque fois.

Finalement la cerise sur le sundae, Kataklysm! La foule qui miraculeusement était encore vivante après le passage de Suffocation, s’est encore une fois déchaînée. Comme l’a mentionné Maurizio, cela faisait près de treize ans que la formation n’avait pas jouée aux Foufs. Bien contents de pouvoir jouer à Montréal, les gars de Kataklysm ont « sacré une rince » à la foule qui ne demandait que ça. Ils ont eux aussi fait un bon tour de leur discographie bien pesante, offrant aux spectateurs des pièces telles que « Shadows and Dust« , « As I slither« , « Crippled and broken » et une bonne surprise « The Awakener« . Personnellement, c’est le meilleur show de Kataklysm que j’ai vu à ce jour. Les gars ont donné la touche finale à une superbe soirée de pur Death Metal  qui a bien brassée la cage à la Métropole en ce lundi soir.

Un gros merci à Brave Concerts International (qui m’ont gracieusement accueilli), aux Foufounes Électriques et à tous les groupes pour cette soirée magique!

David-Alexandre

La musique underground au service de l’être humain

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Il arrive souvent (pas mal tout le temps…) que les gens ont une mauvaise opinion/impression à propos de la musique underground (punk/métal et les sous-genres affiliés). Cela semble chose commune, c’est une  »habitude ». Bien que somme toute assez désagréable, cet état de fait est compréhensible, au travers de la musique aux sonorités extrêmes, les pochettes d’albums choquantes et les propos agressifs, il y a peu de chance que le larbin moyen puisse y trouver son compte. Comme on dit en bon Québécois: c’est ça qui est ça.  On ne se le cachera pas, un artiste/groupe qui s’adonne à ce genre de musique ne cherche pas vraiment à séduire le plus grand nombre, l’oeuvre s’adresse aux initiés. Parfois il arrive, volontairement ou non, que certains groupes/individus réussissent le tour de force de donner une bonne image du monde musical underground.  Prenons par exemple les soirées Québécoises « Parkinson Métal » (dont un Battle of the Band) qui amassent des fonds pour la recherche contre la maladie de Parkinson.

Un autre bon exemple est le français Vivian Grezzini, infirmier en psychiatrie, qui depuis 2011 fait jouer des groupes de Grindcore et de Noise pour les patients de l’hôpital où il travaille à Bourg-en-Bresse (Ain) et qui plus est a son propre label de Noise ! Du Grindcore pour des patients en psychiatrie; bien qu’à première vue cela puisse paraître incongru, en y repensant bien, pas tant que ça …  Voici une entrevue avec un infirmier nouveau genre! – David-Alexandre

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D-A – Tout d’abord, pouvez-vous nous parler de vous, de votre background professionel et musical?

Vivian Bonjour et tout d’abord, merci pour votre intérêt.

Je travaille auprès de personnes présentant des troubles envahissants du développement avec déficience mentale profonde en milieu psychiatrique depuis 2010. La majorité des patients pris en charge n’ont pas accès à la parole et sont hospitalisés depuis de longues années. Ceux que l’on peut appeler les « chroniques ». Le soin auprès d’eux est au très long cours, le but étant d’arriver à trouver un équilibre rendant l’intégration possible dans un lieu de vie autre que la psychiatrie.

Parallèlement à cela, je m’occupe du label Underground Pollution Records depuis 2005, et évolue dans le milieu noise au sens large également. J’ai organisé pas mal de concerts dans mon appartement entre août 2010 et mars 2013, c’est donc naturellement que j’ai monté un projet visant à faire entrer l’extérieur dans l’unité, par le biais de concerts bruyants (harshnoise / drone / noisecore / grindcore / Indus …). L’après midi, c’était concert dans l’unité, le soir à la maison. Le premier concert (avec l’Italien Luca Sigurta, juin 2011) était un test, quitte ou double, et au vu des résultats le médecin psychiatre m’a donné carte blanche pour continuer tous les mois. Puis j’ai mis en place deux ateliers autour du bruit, qui ont lieu toutes les semaines avec des groupes de patients fixes (on dit thérapeutiques) étant donné le côté important de la répétition et la ritualisation pour arriver à des résultats même infimes avec cette population.

 

D-A – Comment vous est venu l’idée d’une telle thérapie, y a t-il eu un élément déclencheur particulier?

Vivian L’inactivité, l’ennui, la friche, appelez ça comme vous le voulez. Je savais que ces patients avaient (ont) un potentiel incroyable qui sommeillait en eux sans être utilisé à des fins thérapeutiques. Il fallait quelque chose de fort, de contenant, d’enveloppant, brut, instinctif. D’où mon penchant pour le son noise.

Après plusieurs années de pratique sur le son noise uniquement, j’ai décidé d’élargir cela en proposant une activité plutôt festive, le dimanche après midi: « la boum du dimanche« , qui a lieu toutes les semaines itou, et où on passe des vieux 45 tours de pop pour faire la fête, danser, chanter, enfin insuffler de la dynamique et de la vie. Ce qui ne change rien au fait qu’il y ait des concerts noise tous les mois et deux festivals par an. L’arsenal thérapeutique mis à la disposition autour du patient doit être varié.

 

D-A – Quel est l’objectif  de cette thérapie?

Vivian Je ne pense pas que l’on puisse parler de thérapie mais plutôt d’outil thérapeutique. Tout est thérapeutique, cela dépend du sens mis derrière les gestes (cf Antonin Artaud « le théâtre et son double« ). Les concerts à eux seuls ne peuvent être considérés comme thérapie, ni les ateliers. Le tout est thérapeutique.

L’objectif ultime des soins prodigués est d’arriver à créer une dynamique groupale compatible avec les attentes des lieux de vie afin de pouvoir placer le patient dans un réseau de soin où l’hôpital psychiatrique n’est qu’un maillon de la chaîne et non le centre.

Nous travaillons également sur la détente, le plaisir, le partage et l’expression de la personne hors des carcans admis en terme de déficience mentale profonde.

 

D-A – Comment vos proches et vos collègues perçoivent-ils votre “oeuvre”?

Vivian En ce qui concerne mes proches, ils me soutiennent même si cela reste abstrait pour eux.

Pour ce qui est de mes collègues, le bilan est mitigé. Certains me soutiennent de façon inconditionnelle et s’investissent, d’autres sont indifférents, et d’autres détestent.

Le travail d’équipe est primordial, et je dois composer avec ces données. Et heureusement, je sais qu’il y a des personnes sur qui je peux compter (et elles se reconnaitront).

 

D-A – Quelles ont été /sont les réactions de la communauté underground de votre région?

Vivian On se connait quasiment tous, et le bouche à oreilles fonctionne de façon incroyable. Une bonne partie de l’UG regional est par ici, et les gars soutiennent mon initiative à fond!

 

D-A – Le simple fait que vos concerts continuent depuis trois ans en est déjà un bon indicatif, mais jusqu’à quel point votre thérapie est-elle effective?

Vivian Croyez moi, les progrès effectués par nos patients et qu’ils continuent de faire sont des indicateurs encourageants. Il y a un réel engouement des patients pour les concerts, et d’autres unités de l’hôpital montrent de l’intérêt pour cela.

 

D-A – Vous avez déjà mentionné que vous laissez les groupes vous contacter pour les concerts, mais y en t-il certains que vous avez contacté vous-même, que vous désiriez vraiment booker?

Vivian Je pars du principe de ne pas contacter les groupes pour ne pas tourner en rond et pour faire jouer des groupes que je ne connais pas, accepter de se laisser surprendre. Il est arrivé que je contacte les groupes, évidemment, mais j’évite de le faire, n’ayant pas l’assise financière pour me payer ce luxe.

Habituellement, ce sont des groupes en tournée qui me contactent, qui passent dans le coin. L’occasion fait le larron comme on dit.

 

D-A – Vous organisez aussi un festival, est-ce selon le même principe, les groupes vous contactent pour y participer?

Vivian Deux festivals même, depuis cette année: un en juin et un en septembre. Le concept reste le même évidemment.

La particularité des festivals est qu’ils sont ouverts à tout l’hôpital (450 lits) et non uniquement aux patients pris en charge dans l’unité où je travaille.

 

D-A – Comment est-ce que cela marche pour les concerts et le festival, les groupes reçoivent-ils une rémunération ou tout se fait sur une base volontaire?

Vivian L’hôpital prend en charge un petit défraiement (je dis bien petit), et de mon côté je gère la nourriture et le sleeping des groupes dans notre maison (« notre » car il y a aussi ma compagne), de façon bénévole.

 

D-A – Dans un autre média, vous avez mentionné le fait que les concerts sont strictement ouverts aux patients et au personnel de l’hôpital, est-ce encore le cas? Et si oui, est-ce une formule que vous prévoyez changer éventuellement ?

Vivian J’espère pouvoir un jour ouvrir à tous, comme des concerts « normaux ». Mélanger patients et badauds, pour lutter contre le paternalisme ambiant et la surprotection des personnes en situation de handicap.

 

D-A – Quels sont vos projets pour l’avenir en ce qui a trait aux concerts et à votre label?

Vivian Les concerts sont bookés jusqu’à novembre 2015 (!!!), c’est une mécanique bien rodée.

Je suis en train de monter une salle pour travailler sur l’enveloppement par des tonalités basses (voire infrabasses) pour une patiente autiste de Kanner.

En ce qui concerne le label, toujours des tonnes de cassettes bien barrées et de vinyls tout aussi sales. Le plus simple est d’aller sur le site du label, parce que la cadence est soutenue!

 

D-A – Merci beaucoup pour ces réponses Vivian et bonne chance pour la suite!

 

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Ça a rugi et grindé dans le moteur

Jeudi soir le 5 juin à Montréal, tout a l’air bien relax dans Jean-Talon … FAUX ! Au Il Motore y’a une tempête qui s’amène, une tempête nommée Malignancy, qui déferle en direct de New-York. Retour sur un show violent mettant à l’affiche Malignancy/Obsolete Mankind/Pallor Mortis/Tribunal et une bonne soirée à «Mourial».

 

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C’est le groupe Tribunal qui a eu l’honneur de starter les hostilités. Quoi de mieux pour starter une soirée de violence et de brosse qu’une séance de mise en forme et un cours de nutrition 101? Probablement bien des choses … n’empêche que les gars de Tribunal ont tapé dans le mille avec leur approche comique. Accoutrés des costumes les plus bizarres (voir les photos) ils nous ont offert une performance intéressante, entrecoupée de cours de cuisine asiatique et de séance de gymnastique (étirements/corde à danser). En bon gars qu’ils sont, ils ont aussi tenu à nourrir la foule en lui lançant des légumes et de la coriandre tout au long de  leur set. Mention spéciale aux divers changements de line-up qu’ils ont effectués tout au long de leur show, invitant des amis et ex-membres sur scène.

 

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C’est les gars (la fille n’y était pas) de Pallor Mortis qui ont repris les rênes de la soirée. Avec leur Death Métal bien lourd et sombre, la gang de Pallor Mortis a su ramener la foule sur une track plus sérieuse. Honnêtement, quelle claque dans la gueule! Fini les rires et le « bouffage » de légumes! Que de la musique violente et intense. Je ne connaissais aucunement le groupe avant ce show, mais maintenant j’suis un fan! Ce groupe-là est une valeur sure de Montréal. Ils ont le potentiel pour aller loin. Avec des riffs démentiels,des basslines qui abusent et un duo de vocal (le guitariste participe activement) qui sonne la fin du monde, c’est un mix gagnant. Faites comme moi et achetez-vous immédiatement leur album « The Art of Terror« , c’est un bon investissement pour vos oreilles.

 

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Obsolete Mankind est ensuite embarqué sur les planches pour nous servir une dose massive de Death-Grind. Bien que ce ne soit certainement pas leur but, ce band-là, c’est une sorte de all-star band québécois. Avec des membres qui ont évolué dans des formations telles qu’Atheretic, Neuraxis, Paroxysm, Vengeful, Despised Icon (les débuts …), Borborygme, y’a pas à dire ca peut juste botter des ostis d’culs. Et c’est exactement ce qui est arrivé. Dès la première toune, tout le monde a embarqué; les slams et les mosh-pits n’ont pas arrêté. Personnellement, j’suis un fan des bands avec des vocalistes féminines. J’parle pas des Arch Enemy de ce monde … et y’a pas à dire Marie-Hélène déménage en sacrement. Le band promet de sortir son premier album cette année, en attendant commander vous un shirt.

 

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Finalement le plat de résistance, les gars de Malignancy sont montés sur le stage pour nous infliger leur Death brutal et technique. Comme à l’habitude, Danny Nelson nous a fait goûter à l’humour typique des new-yorkais, y allant de blagues salaces et de jeux de mots douteux, tout en agaçant les gars de son band (our drummer knows nothing but one beat …). Surprise suprême, il y avait un bassiste avec la formation! Bon, il y a toujours eu un bassiste dans le band, mais c’est la première fois depuis des lustres qu’il y’en a un qui peut passer les douanes. J’ai eu la chance de discuter avec Ron Kachnic (guitare ) avant le show, qui m’a donner des bonnes nouvelles. Les gars prévoient revenir au moins une fois par année au Canada! Comme à l’habitude, la performance des gars étaient au top, ça décalissait. Ils nous ont bien gâté en nous offrant un show bien diversifié, faisant le tour de leur discographie et jouant des tounes rarement jouées en live!

Je termine en ajoutant mes remerciements à Dungeon Works Productions qui ont accueilli photographe et reviewer de Ondes Chocs lors de cette soirée brutale où ça a rugi et grindé dans le moteur. Voici le lien pour l’album de toutes les photos de Karolane.

Désagréablement, D-A

 

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Entrevue: Deboned

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Voici l’entrevue que j’ai faite avec les gars de Deboned, un band de deathgrind de Junkyard (Jonquière … ) . Une bande de GAYS lurons consanguins qui font du beat de motés, un mélange entre Pungent Stench, Repulsion et Impetigo. Les gars ne sont clairement pas là pour réinventer la roue, ils sont plus du genre à chier dessus … N’empêche que leur beat à tout pour plaire aux fans du genre. C’est crasseux, irrévérencieux, ça va vite, ça parle de porno et de merde (les seuls sujets que leurs cerveaux dégénérés par un trop long acoquinage familiale semblent pouvoir assimiler). David-Alexandre

D.-A. – First thing first,un petit historique du groupe s.v.p!

Deboned – First thing first, man! You’re fucking with the worst. I’ll be stickin’ pins in ya head like a fuckin’ nurse. En fait, avant, moi (Alex), Etienne et le beau P-A, on était tous les trois dans Exciser et on était plus inspiré du old school death pour ce band là. Avec le temps, nous avons voulu changer de son et de nom mais nous avons eu des problèmes de drummers, donc Deboned « existait » mais cela a été longtemps en stand-by jusqu’à ce que Yannick rejoigne le band pour qu’on puisse enfin commencer quelque chose de concret. Sans lui, on en serait sûrement encore à chercher un drummer assez fou pour nous obéir et blaster à un pied.

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Quelles sont vos influences?

Il y a beaucoup trop de bands qui nous influencent pour tous les nommer mais c’est surtout Repulsion, Impetigo, Pungent Stench, Terrorizer et bien sûr le vieux Napalm Death qui nous inspire le plus.

Comment se porte la scène underground du Saguenay?

La scène était beaucoup plus vivante dans le temps, surtout entre 2008 et 2011. Malheureusement, le monde sont plus vieux et ils viennent de moins en moins dans les shows. Reste que c’est une petite région mais ça thrash à mort, beaucoup plus qu’à d’autres places et dans un sens c’est pas si mort que ça. C’est une très belle scène et les bands de l’extérieur aiment bien ça venir ici parce qu’on a un public crinqué à mort et du monde de brosse à n’en plus finir.

Parlez-nous de l’enregistrement de votre LP, comment les choses se sont-elles passées, dans quelles conditions?

En fait, c’est plus un démo qu’un LP. Nous l’avons enregistré au CEGEP de Jonquière donc ça ne nous a rien coûté et ça explique la médiocre qualité sonore. Pour tout dire, les seules dépenses qu’on a eu à faire sont pour notre artwork de désaxés sexuels. La prise de son a été fait par Etienne mais le rough mix était pourri, c’est seulement écoutable grâce à Jean-René Cloutier-Menard de Who Cares? qui nous a fait un sublime mastering gratuitement parce que c’est un bon samaritain. Le reste a été possible grâce à Emmanuel Bergeron de Human Disgrace rec. qui s’est occupé du layout intérieur et de sortir le produit final.

C’est qui le champion qui a fait la pochette de votre 1er LP?

Le artwork a été fait par Robie Bougie. Il dessine pour Cinema Sewer, un fanzine de films d’horreur et de films porno!!!!!!!! Sinon l’idée vient de l’esprit tordu de Etienne.

Êtes-vous tous des Tremblay ?

Oui.

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Comment votre bassiste handsome P-A fait-il pour être aussi beau?

Pierre-Alexandre a l’habitude de se servir un bon bol de céréales, des Corn Pops de préférence, et de les laisser tremper dans le lait jusqu’à ce qu’elles soient toutes molles. Le secret du charisme de handsome P-A c’est donc les Corn Pops humides… Dégeulasse! (true story)

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De toute évidence vous-aimez pas mal les films d’horreur et l’humour noir, cela paraît fortement au travers de votre musique. Est-ce important pour vous, de déconner, de ne pas vous prendre trop au sérieux, est-ce une partie importante de votre processus de composition?

En partant, nous n’avons jamais eu l’intention de nous prendre au sérieux. Nous voulions surtout une imagerie « comique » sans être trop absurde. C’est aussi important dans nos paroles, car on a toujours aimé les lyrics à la Pungent Stench, Impetigo ou Autopsy, violente et choquante mais avec un brin d’humour.

Sinon, pour les films d’horreurs je ne vois pas de quoi tu parles … Nous sommes beaucoup plus fan de Disney.

Vous avez manifesté le désir de changer de logo pour chaque release, pourquoi?

Parce que Autopsy l’ont fait.

Avez-vous d’autres projets musicaux en dehors de Deboned?

Etienne essaie désespérément de se trouver des esclaves pour jouer sa musique mais il ne trouve personne.

 

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Quels sont les projets pour Deboned en 2014?

Fort probablement un prochain EP/demo d’ici la fin de l’été sinon surtout de jouer à l’extérieur du Saguenay. Sinon, nous  voudrions sortir des lunchbox en métal, des sous-verres et une bière Deboned.

 

Vous pouvez télécharger (à votre prix) leur démo sur bandcamp.