Les “Elles” du Metal, mais c’est quoi cette bebitte? Très simple, c’est une chronique pour parler des femmes qui savent se faire remarquer dans le monde du métal québécois et international. Que ce soit des frontwomen ou des musiciennes, elles ont toutes un petit quelque chose qui leur a permis de se démarquer dans ce monde de la musique! Entrevues, présentations d’artistes, biographies, etc. La chronique sera présentée sous plusieurs formes, selon les sujets traités. Vous aimeriez que l’on parle de l’une vos artistes préférées du metal? Envoyez un courriel à notre équipe au [email protected] 

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Gaïa

Max- Nous sommes présentement avec la talentueuse chanteuse Gaia. Elle va nous parler de son expérience de frontwoman de groupe de musique! Premièrement, salut Gaia! Comment vas-tu?

Gaïa– Hey! Ça va vraiment bien! Toi, comment vas-tu?

Max- Ça va très bien merci ! Si tu le veux bien, parle-moi de toi et ton band!

Gaïa- Oui! Donc je fais partie de la formation Montréal Uriel depuis 2013, le groupe existe depuis un peu plus longtemps que ça. Nous jouons un style de métal un peu particulier où nous incorporons des instruments classiques en concert autant que sur CD. J’ai la chance de partager la scène avec Jessica Ricard (violoncelliste), Ariane Paquette (violoniste), Dave Hazel (guitariste), Phil Paquette (bassiste et growler) et notre tout dernier ajout Gabriel Harvey (percussionniste). Depuis notre dernier album Multiverse, en plus de chanter, je joue de la harpe pour le groupe.

Hors métal, j’ai un projet soliste néoclassique Dark Wave avec lequel j’ai sorti un album en novembre dernier. J’ai eu la chance de travailler avec le percussionniste original de la formation américaine Evanescence, Rocky Gray.

Max- Wow ! Comme tu dis, c’est très particulier. J’ai eu la chance d’écouter une de vos chansons et j’ai beaucoup apprécié. J’ai aussi écouté ton album que j’ai dévoré. D’ailleurs, dis-moi c’est quoi le quotidien d’une frontgirl devant une gang de gars?

Gaïa- Merci! Le fait qu’on soit trois femmes dans le projet aide beaucoup. Lorsqu’on a fait des concerts où on devait dormir dans la ville où on jouait, c’était vraiment agréable de partager la chambre avec elles. Je ne dis pas que les gars sont dures à partager des espaces communs, mais les femmes ont tendance à se retenir un peu plus avant de laisser aller leurs besoins naturels.

Max- Effectivement, les femmes doivent plus se diriger aux toilettes. D’ailleurs le fait que vous soyez trois filles dans le band. .. Cela a-t-il déjà amené des contraintes ou situations difficiles?

Gaïa- Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on n’a jamais vraiment eu de situations difficiles entre nous. On est très soudés, que ce soit les femmes ou les hommes, on se soutient dans les pires et les meilleures situations.

Lorsqu’on rejoint un groupe de musique, du moins c’est mon expérience avec Uriel, c’est comme rejoindre une famille. Des fois il y a des petites chicanes, mais on a toujours notre maman Jessica qui remet de l’ordre dans le groupe.

Max- Ça fait un environnement plus serein et plus agréable à la création dans ce temps-là! Te sens tu chanceuse de faire ce que tu fais à une époque où la femme prend de plus en plus de place dans l’Univers de la musique?

Gaïa- C’est sûr que quand j’ai commencée la musique, il n’y avait pas énormément de role model dans le métal qui étaient des femmes.

Il y a tellement d’incroyables frontwomen qui ont émergées dans les dernières années, c’est une tendance qui j’espère va continuer. C’est inspirant de les voir prendre leur place et je me compte chanceuse de faire partie de cette nouvelle vague.

Max- Justement, qui est ta plus grande inspiration?

Gaïa- Lindsay Schoolcraft.

Nous sommes amies depuis environ 12 ans et elle est une des personnes les plus inspirantes que je connaisse. Que ça soit musicalement ou comme entrepreneuse, c’est une femme fonceuse qui donne énormément à ses fans et ses proches. Elle m’a toujours soutenue dans ma carrière, mais aussi personnellement. Lorsque j’étais en combat contre une maison disque, c’est elle qui m’a donnée la confiance de sortir de mon contrat. Je lui dois beaucoup!

Max- Sans faire de bashing, je peux comprendre que certaines maisons de disques peuvent être non professionnelles! Que penses-tu de la communauté metal en général?

Gaïa- C’est une communauté qui est extrêmement chaleureuse et ouverte d’esprit. Lorsque j’ai sorti mon album solo, j’étais terrifiée de voir comment mes fans réagiraient à un style hors métal. À ma surprise, je n’ai eu qu’une personne qui était déçue que ça ne soit pas du metal. La plupart des gens qui appartiennent à la communauté métal écoutent beaucoup de styles différents. Je crois que c’est une des caractéristiques de notre belle communauté, on a l’air tough mais on est tous des gros nounours ahah.

Max- Effectivement! On s’aime tous haha! Tu me parlais de tes fans. Aurais-tu quelque chose à dire aux femmes qui t’écoutent et t’admirent, mais n’osent pas faire le saut comme toi?

Gaïa- Au début ça peut être vraiment stressant de se lancer dans la musique. Je suis une personne très timide et faire le saut m’a pris vraiment beaucoup de courage. Les gros rêves qui valent la peine d’être rêvés sont effrayants au début, mais si tu veux vraiment quelque chose, personne ne va le faire à ta place. Il faut être prêt à mettre les efforts et se lancer tête baissée à pleine force. C’est un domaine qui est dur, mais la récompense est immense si tu persévères. On a besoin de nouvelles musiques, encore plus dans l’état actuel du monde.

Max- Wow, tu es inspirante! Ma dernière question.On sait tous que des femmes se font harceler sur les réseaux sociaux, avez-vous vu une différence depuis votre arrivée derrière le micro?

Gaïa- Honnêtement, je suis chanceuse d’être entourée de bon monde sur les réseaux sociaux. Ça n’empêche pas les dick pics de temps en temps, mais normalement le monde est vraiment respectueux. Je ne crois pas que ça soit relié au fait que je chante, c’est vraiment une malédiction pour n’importe quelle femme qui est active sur les réseaux.

Max- C’est effectivement un fléau, qui j’espère sera brisé un jour! Merci beaucoup pour ton temps! Je trouve que tu es très inspirante et j’ai bien aimé découvrir ton univers ainsi que ta gang!

Gaïa- Merci beaucoup pour tout ce que vous faites pour la scène locale.

 

Entrevue réalisé par Maxime Regimbald
Mise en page par Vicky Fillion