by Marc-Antoine Therriault | Mar 31, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Architects
« Lost Forever // Lost Together »
11 Mars 2014
Epitaph
Architects nous reviennent cette fois ci avec leur sixième album en carrière, nommé « Lost Forever//Lost Together« . L’album succède à leur dernier album « Daybreaker » paru en 2012 et qui, selon moi, était un des meilleurs de la formation jusqu’à ce jour. D’ailleurs, fait intéressant, le titre de l’album est tiré des paroles d’une chanson (« Youth Is Wasted On The Young« ) tirée justement du dernier disque de la formation .
Dans l’ensemble, l’album est bon. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est mon album préféré du groupe, mais par contre l’album commence en force avec la pièce « Gravedigger« , une pièce qui bouge pas mal. On retrouve un groove différent que nous ne sommes pas habitué à entendre pour Architects et c’est une excellente chose, puisque à mon sens, le groupe commençait à se répéter un peu côté musical. Du côté des paroles, je n’ai rien à redire. Ce sont des textes qui dénoncent, des textes qui n’ont pas peur de toucher des zones plus sensibles. Sautons à la troisième pièce du disque, « Broken Cross » touche plus particulièrement les religions en général. Suite à la parution de cette chanson, une petite controverse pris naissance puisqu’elle parle du culte parfois un peu extrême que certaines personnes peuvent avoir pour un dieu. Selon moi, c’est à ce moment où la formation est à son meilleur, avec des textes qui peuvent parfois être dénonciateurs, voire violents. De cette façon, il est certain qu’ils vont obtenir l’attention qu’ils désirent.
Par contre, plus l’album continue, un sentiment de déjà vu fait son impression. Comme je le mentionnais plus tôt, la formation commence, malheureusement, à nous sortir des albums qui commencent à se ressembler. N’empêche que dans l’ensemble, la formule fonctionne bien. Si vous êtes un nouveau fan de Architects, je suis certain que vous aller apprécier l’album. Petit ajout sur le disque, une voix clean, ce qui n’est pas nécessairement une habitude dans leurs précédents albums mais qui donne un bon résultat au final.
Points Forts:
- Variation de la voix dans certaines pièces
- La formation n’a toujours pas peur de faire réagir avec leurs propos (textes)
Points Faibles:
- Redondance du côté musical
- L’album s’essouffle un peu vers le milieu
7.5/10
Marc-Antoine Therriault
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mar 30, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Agiel
« Dark Pantheons » EP
Deepsend Records
2014
Liste des pieces:
«Dark Pantheons»
«Deeds Rendered Upon The Flesh»
«The Awakening»
«Serpent Masquerade»
«Andromeda»
Tout droit sorti de Rochester NY, Agiel est une troupe de Symphonic Death Black Metal menée par James Taylor (voix, claviers et programmation). Fondée en 1997, la formation a d’abord œuvré dans l’univers du Brutal Death Metal avant d’y intégrer une dominante symphonique et des éléments de Black Metal tels des voix râpeuses et un chant clair mystérieux et une atmosphère occulte. Après la parution de plusieurs démos, d’un Ep et d’un album complet en 2002 (« Dark pantheons Again Will Reign« ) la formation a connu un hiatus de 2007 à 2012 avant de revenir sous la forme d’un quatuor et de nous présenter le présent EP cette année qui se veut un réarrangement et une «modernisation» de pièces se retrouvant sur l’album complet précédemment évoqué. L’exercice est donc risqué et les prochaines lignes s’attarderont à en décortiquer le contenu.
Tout d’abord, dès l’amorce de la pièce titre de l’album, l’auditeur est assailli par une mixture sonore chaotique qui rappelle Fleshgod Apocalypse, si ces derniers avait consommé une dose élevée de LSD. En effet, bien que le groupe fasse preuve d’une virtuosité indéniable, les compositions sont extrêmement chaotiques dans leur approche, bourrée de notes et d’orchestrations omniprésentes qui rendent le tout étourdissant et difficile à discerner. Bien loin de présenter une synthèse efficace de symphonie de Death et de Black comme Agiel l’indique dans la description de son produit, on a plutôt l’impression que le groupe a ajouté moult éléments disparates masturbatoires par-dessus des compositions qui étouffent sous une couche impénétrable de grandiloquence orchestrale. Par exemple, les solos de guitare semblent souvent hors contexte et manquent cruellement d’émotion, d’intensité. De plus, la production bizarroïde ne fait rien pour améliorer le résultat en mettant les orchestrations, les solos de claviers et la batterie frénétique beaucoup trop à l’avant-plan, ce qui fait que bien souvent, on ne parvient plus à discerner les motifs de guitare et même les solos de guitare, donc la base de tout bon Metal. Il en résulte une impression d’étouffement et un caractère bourrin qui rend l’écoute de l’album pénible et étourdissante. Ainsi, ce n’est qu’après des écoutes répétées que l’auditeur parviendra à apprécier certains motifs ou moments des pièces, mais il sera difficile de chasser l’impression qu’il ne s’agit que d’un clone de seconde qualité de groupes beaucoup plus efficaces, comme les Italiens précédemment nommés. À force de tirer dans toutes les directions, le groupe perd donc tristement sa cible de vue.
En somme, malgré une virtuosité indéniable, Agiel ne parvient pas à nous convaincre de la pertinence de l’exercice de réarrangement présenté sur « Dark Pantheons« . Avec un fouillis sonore cacophonique noyé dans une mer d’orchestrations et de clavier, le groupe semble perdre l’essence de ce qui fait un bon album de Metal en général. Loin d’être une synthèse efficace de genres, le résultat final est donc un ramassis disparate d’éléments superposés dans un manque flagrant de cohérence. Seuls les amateurs de masturbation technique et d’orchestrations grandiloquentes pourront y trouver un intérêt, les autres feront mieux d’éviter cet EP. Espérons que le groupe se reprendra sur son prochain album complet prévu pour 2015.
5/10
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas et Lex Ivian
by Patrick Graham | Mar 30, 2014 | Chroniques, On Arrête Pas l’Prog!

Naissance, Renaissance et Persistance
Bonjour à tous,
Dans cette présente édition, j’ai envie de vous parler de trois bon groupes qui me font vibrer depuis quelques temps. Un de ces groupes, je ne le connais que depuis peu car c’est encore une découverte que je dois à mon amitié avec Dave Rouleau (et à son incroyable flair musical, sérieux son nez entend très bien ^^ ). Un groupe donc dis-je, de chez nos voisins ontariens qui ont tout pour laisser leur marque chez les amateurs de metal et de prog-metal. Vous avez sûrement vu passer les annonces sur notre page FB, je parle bien sûr de The Parallax et j’analyse pour vous leur 1er LP, « Obliquity of the Ecliptic« .
Ensuite, je vous parlerai d’un groupe que j’ai connu en cherchant les restes d’un autre groupe dont je vous ai déjà parlé dans ces chroniques. Un groupe formé des restes de deux autres très bons groupes de l’état du Maine, né des cendres de Conifer (dont j’ai enfin pu trouver une place qui tient au moins un de leur LP) et de Ocean. Je vous parlerai donc un peu de ces deux derniers avant de voir le EP de 3 tounes que Awaas nous propose pour l’instant sur Bandcamp.
Mais d’abord je veux parler d’un de ces groupes qui m’ont marqué profondément et ont contribué à former mon oreille musicale et à définir mes attentes par rapport à un groupe. Un groupe qui me fait planer depuis leur lointain premier album, « Focus« , en 1993. J’ai nommé Cynic.
Si vous êtes des trippeux prog et/ou prog-metal et que vous n’avez jamais entendu parler de Cynic, il manque vraiment quelque chose à votre bonheur. D’abord formé en 1987 par Paul Masvidal (guitare) et Sean Reinert (batterie), ces deux même musiciens qui, avec DiGiorgio et leader par Schuldiner, allait nous donner un des (sinon, à mon avis, le) meilleurs album de Death, « Human« , ont produit plusieurs démo. Le premier était très thrash/death (’88 Demo)
Pour le deuxième en 1989, Paul pris le micro en plus de continuer la guitare alors que Jason Gobel assurait la guitare et Tony Choy (plus tard dans Atheist) s’occupait de la basse pour « Reflections of a dying world » qui est encore dans la même veine de thrash/death, sinon un peu plus speed.
Le même line up en 1990 pour le troisième démo (’90 Demo ) avec un son plus léché, des riffs un peu plus techniques mais toujours ce bon vieux fond de thrash. On est encore à des lieux de leurs riffs « signature » pour lesquels la plupart les connaissent.
Sur leur dernier démo, (’91 demo) alors que le groupe vient de signer avec Roadrunner Records, on peut enfin entrevoir la direction vers laquelle le groupe ira: un son encore plus léché et des riffs beaucoup plus recherchés. Même si la rythmique reste encore thrash, les progressions sont nettement plus dans le death même si ce n’est pas encore tout à fait le jazz-death-prog que sera l’album « Focus« .
Même si le groupe est signé et qu’il doit commencer l’enregistrement de son album, les obligations de Reinert et de Masvidal avec Death et la tournée de « Human » en Europe retardera ce projet. Encore plus que Death rencontrant des difficultés financières, le matériel à Masvidal et Reinert se verra confisqué pendant plus de six mois par un promoteur en Angleterre. Cynic perd aussi son bassiste, Choy, qui s’en va jouer pour Atheist et il sera alors remplacé par Sean Malone (qui en plus d’assurer une basse incroyable dans Cynic, nous donnera plus tard des bijoux de jazz-prog avec son groupe Gordian Knot). L’infortune s’acharne sur le groupe alors que l’ouragan Andrew détruit la maison à Gobel et le studio de Cynic au moment où il s’installait pour l’enregistrement. Ceci donnera cependant l’occasion au groupe d’écrire d’autre matériel qui sera ultimement choisi pour faire l’album. Cynic s’additionnera aussi d’un claviériste et vocal gras en la personne de Tony Teegarden. On est rendu milieu 1993, un 14 septembre, où l’ un des albums les plus importants pour votre humble serviteur voit le jour, « Focus« . 8 chansons totalisant 35 minutes et 56 secondes de pur bonheur. Sur celui-ci, j’ai bien sûr mes préférées dont « I’m but a wave too… » et « Uroboric Forms » mais la béatitude complète, l’apogée de la jouissance musicale arrive avec l’incontournable dernière pièce de l’album, « How Could I« .
À force de traîner cet album partout, j’en ai brisé un cd, l’ai racheté, l’ai perdu, l’ai re-racheté… Je m’endormais sur cette musique, à un certain moment. Cynic, c’était pratiquement ma religion. Mon grand malheur, devoir attendre jusqu’en 2006 pour que Cynic, le groupe qui s’était entretemps dissout, fasse une réunion avec sur son site officiel, une promesse de nouveau matériel. Nouveau matériel qui n’arriva qu’un bon deux ans plus tard, « Traced in Air » suivi de peu d’un EP/remix appelé tout simplement « Re-Traced » et qui changea ma relation avec Cynic en une d’amour/haine…
Si j’ai adoré le premier, ça m’a pris un certain temps avant d’apprécier le remix. Comme ça m’a pris un certain temps pour avaler la pilule du EP, « Carbon-Based Anatomy« , un EP de 6 pièces qui n’en sont effectivement que trois. Comprenez moi bien, j’adore maintenant ce disque car il est très planant mais à l’époque de la sortie, un bon 3 ans après la dernière sortie originale du groupe, j’étais en manque. Même si « Carbon-Based Anatomy » était annoncé comme étant un EP, je m’attendais à plus. J’en voulais plus. Une fois, cette petite frustration irréaliste passé, j’ai vécu (et je vis encore) de beaux moments (avec ou sans influence) à planer sur les airs éthérés de ce EP. Depuis leur réunion, Masvidal et Reinert ont décidé d’agir en tant que « collectif », c’est à dire qu’ils formeraient maintenant, et à jamais, le coeur de Cynic et qu’ils s’associeraient à d’autres musiciens selon les occasions et/ou les besoins de leur création du moment. Chaque nouvel album sera donc à chaque fois une renaissance, ode à la persistance de deux musiciens-artistes qui ne se donnent aucune limite, aucune barrière.
Ce qui nous mène au 14 février dernier et à la sortie de leur tout dernier, « Kindly Bent to Free Us« . Premièrement, comme le EP précédent, « Kindly Bent to Free Us » est complètement exempt de vocal agressif (ou growl), écrit entièrement en trio avec leur complice Sean Malone qui assure la basse et le chapman stick. Cet album est plus près du jazz et du rock prog que des racines metal de Cynic mais en même temps c’est un album qui, si on en croit les paroles même des deux fondateurs, est beaucoup plus identitaire. C’est probablement l’album de Cynic qui est le plus facile d’approche. Malgré ses progressions complexes, les mélodies vocales, sans les growls feront sûrement en sorte que plus de gens sauront l’apprécier. Mais il y a vraiment un pas entre dire ça et les comparer à de la pop, tant qu’à moi. Il reste indubitablement prog et les éléments de metal ne sont jamais très loin. Ceci dit, même si les mélodies sont très accrocheuses, « Kindly Bent to Free Us » reste un album qui, comme les dernières oeuvres de Cynic, gagne en saveur à l’usage. Un peu comme un bon vin qui profite d’une bonne oxydation, à chaque fois que je le ré-écoute, je découvre une nouvelle saveur, entends différemment tel riff… Je vous mentirais en vous disant que les growls ne me manque pas mais ce que ça fait c’est que ça me donne le goût, tel une impulsion, de re-visiter les deux autres LP et, une fois rassasié de growls et de vocoder, de revenir planer sur ce dernier LP, incontestablement le plus « space » ou « out there » des trois. Mes préférés sur l’album sont la très post-grunge (je ne saurais mieux la décrire puisqu’elle me fait autant penser à Soundgarden qu’à Mars Volta) deuxième pièce « The Lions Roar » et la quatrième « Infinite Shapes » qui me fait penser autant à Rush qu’au groupe de jazz fusion à mon pote Maheux, Spaced Out. Je vous laisse les découvrir dans leur milieu naturel, soit l’album au complet, ça vaut la peine que vous preniez les 42 minutes avant de poursuivre votre lecture.
Bonne écoute? Ça relaxe, non? Parfait car le prochain déménage un tant soit plus.
Découvert, selon mon humble perspective, par le grand explorateur musical, je parle bien sûr de l’omniprésent Dave Rouleau, qui les a connus grâce à sa récente entrevue à propos du Wacken Metal Battle Canada, The Parallax nous sert un très bon melodic death aux accents prog. Si leurs arrangements et leurs progressions ne vont pas sans rappeller les maîtres du genre que sont Between the Buried and Me, les moments lyriques et les interludes mélodiques me font plus penser au fondateur du genre, Edge of Sanity. Aussi, et contrairement à Between the Buried and Me, leurs riffs metal sont typiquement death canadien. En fait, ça me fait vraiment beaucoup penser à Neuraxis et le vocal me rappelle un peu celui sur « Trilateral Progression » mais du même coup il est aussi pas loin du vocal gras plein d’air à Between the Buried and Me. J’aime bien leur philosophie qui veut que l’expérience musicale, les sensations ou sentiments que l’on a à vivre pendant l’écoute de leur album priment d’abord et avant tout par rapport à une exposition de talent qui serait juste une distraction. En vrai, plus on avance dans l’écoute de leur LP, mieux on comprend cet énoncé. Il en va sans dire que les quatre comparses de Mississauga, Ontario, sont des excellents musiciens, mais en plus leur musique est organique. On ne fait pas que l’écouter, on la vit.
De plus, étant un fan des longs albums, je suis très bien servi car « Obliquity of the Ecliptic » dure un respectable 60 minutes et la production est impeccable. « Obliquity of the Ecliptic« , c’est une heure où l’on ne s’ennuie mais vraiment pas. Même si la pièce la moins longue dure tout de même plus de sept minutes, on n’a jamais l’impression de longueur, même « The Reformatting » avec ses quelques 23 minutes m’a surpris, je n’ai pas vu le temps passé!
Plus j’écoute et plus je découvre des influences de groupes qui depuis toujours me font tripper, j’ai parlé de Between the Buried and Me et de Neuraxis, de Edge of Sanity, j’aurais tout aussi bien plus nommer Children of Bodom, Amorphis, Tool ou Death. Ce qui est encore mieux, c’est que si leur musique peut faire penser à ces maîtres, ils n’en sont jamais des copies. À l’instar de ces derniers, ils sont tout à fait possédés par leur musique. Si on peut y voir les influences, on n’a tout de même pas d’autre choix que de dire « ça sonne comme…The Parallax« .
The Parallax se disent d’ailleurs obsédés par la beauté de la musique, de l’univers et de l’infinité des possibilités. En elle seule, cette phrase résume ce que « Obliquity of the Ecliptic » est comme oeuvre. Définitivement à écouter, allez voir leur bandcamp où vous pouvez non seulement streamer le LP mais aussi télécharger leur album en formule « pay what you want« .
Pour ma part, j’espère avoir la chance de vivre ce show avant longtemps. Quatre étoiles et demi bien sonnés pour ce groupe. Pour ma part, ils ont eu droit au 5 dans mon ITunes, je sens que ça va jouer souvent! Je vous laisse les découvrir avec leur plus courte, le début est un gros clin d’oeil à « Mordecai » de Between the Buried and Me ou je ne connais rien.
Pour finir, une découverte personnelle faite alors que je cherchais encore une fois à retrouver des nouvelles de Conifer. En fait, depuis que je suis tombé sur Conifer dans youtube, je connaissais le nom de leur album et j’avais bien fait quelques recherches afin de me le procurer mais je n’avais jamais trouvé. Comme ça faisait un bail que je n’avais pas écouté leur musique, je met un vidéo sur le tube et comme ma blonde commentait sur le fait qu’elle aimait bien ce groupe, je fait une énième recherche google, à tout hasard. Premier lien, la page facebook du band Awaas qui est décrit comme la rencontre entre les musiciens de deux formations géantes de Portland, Maine, soit Ocean et… Conifer. La gueule a dû me tomber jusqu’à terre.
En suivant le lien, j’ai pu trouver la maison de disque actuelle, Important Records, qui offre leur stock auto-produit et qui détient aussi encore quelques copies de « Crown Fire« , le deuxième LP de Conifer. J’en ai profité pour aller connaître Ocean. Si Conifer a de multiples influences et reste un peu inclassable même si indéniablement sludge, Ocean était un groupe on ne peut plus doom, sans n’être que ça. Si le style premier n’est pas un de mes préférés, je me suis tout de même surpris à écouter plusieurs de leur pièces disponibles sur le tube. Ils font de très bon vidéo en plus. Après avoir fait connaissance avec la provenance de la deuxième moitié de Awaas, et après avoir commandé l’album de Conifer (que j’ai reçu depuis, vous auriez dû me voir, je me croyais à Noël), j’ai été faire plus ample connaissance avec leur produit actuel.
Sur la page d’accueil de leur bandcamp, on peut y lire un excellent article de Nicholas Schroeder où l’on peut en apprendre plus sur la genèse de ce groupe, en suivant le lien pour le téléchargement GRATUIT de leur EP début (éponyme) de trois pièces. On y trouve aussi un autre article, de RVA Magazine cette fois-ci. Je vous laisse aller lire ces deux articles et en tirer les conclusions que vous voudrez.
Malheureusement les nouvelle sont vieilles, les plus récentes datant du 14 décembre 2012. Mais heureusement le groupe semble toujours vivant. J’ai eu quelques contacts avec eux sur leur Facebook et ils sont très intéressés à faire des shows, quitte à venir jusqu’ici pour ce faire, avis au booker émérite et apprenti. Leur musique est aérienne, à la fois proche et très loin de ce que les membres faisaient avant, dans leur groupe respectif. Il y a des teintes de Conifer bien sûr, notamment sur « Cauterize » mais le sentiment pesant de menace perpétuelle de Ocean est aussi toujours présent même si certaines parties de leur musique, comme la dernière, « Burial ground« , a des sonorités que l’on jurerait tout droit sorties des années 80 (rythmes cheesy en moins).
Très dur à qualifier sinon qu’ils sont plus que la somme de leur deux anciens groupes, je vous invite à les découvrir tous ici plus bas dans les vidéos mais surtout sur leur bandcamp et leur page Facebook. Si comme moi vous appréciez ce que vous entendez, soyez sûr de leur faire savoir!
Un gros merci à Ondes Chocs pour cette merveilleuse plateforme qu’il me laisse utiliser, à Lex pour ses conseils, à Dave pour ses découvertes, aux musiciens bien sûr pour cette merveilleuse musique et à vous tous pour votre attention et votre lecture! N’hésitez pas à me communiquer vos commentaires. À très bientôt j’espère mais d’ici là rappelez-vous que…
On Arrête Pas l’Prog!
Pat G.
by Jee | Mar 29, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Black Khox
« A.K.A.B.«
D7i Records
avril 2014
Enfin, j’ai la chance de passer en revue un groupe de chez nous. Black Khox nous offre un stoner bien crémeux à saveur moderne mais empreint d’une saleté digne de leur pochette bien drôle et accrocheuse.
Je ne connais pas très bien l’univers stoner/sludge mais je dois admettre qu’au premier accord de guitare pesant, il s’est soudainement mis à faire 40 degrés sous le soleil du Texas. Je me suis vu au ralenti avec mes bottes de cowboys sales en tabar&%$#* sur le point de me battre avec 2 gros boeufs dans un bar miteux au milieu de nulle part.
Donc ça rentre au poste. Dès les premiers accords, le groove embarque, puissant, entraînant. Un bon côté punk appuie des pièces plus que d’autres tel « Pinata » et « Kong » tandis qu’une lourdeur de pierre s’imprègne dans le premier morceau « AKAB » et aussi dans « BJ« . Des riffs puissants, lourds parfois rapides, parfois lents et pesants. Point de vue guitares, un très bon album. « Gros » est le mot qui me vient le plus facilement à l’esprit. De bonne mélodies parsèment chaque chansons apportant une touche un peu plus unique à leur musique gargantuesquement énergique. En plus de petit leads ici et là qui font sourire plus qu’autres choses et un bon gros solo bien feelé dans « Amerinachos« . Mais ce qui m’a accroché le plus, c’est définitivement le groove.
Donc un groove qui déménage, carré, direct, sans flafla ni détour. Direct dans ta face, venant probablement de l’influence plus punk. Je ne peux empêcher ma jambe de shaker suivant le rythme de leur musique. Donc, une basse bien grasse de style « ma tante Ginette », comme on peut l’entendre dans l’intro de « Parasol« , qui appuie super bien l’album et une batterie qui fait le travail adéquatement! Vraiment la force de l’album à mon avis. Un groove qui transporte au chaud comme on en aurait gravement besoin présentement. Après 3 écoutes, je commençais à sentir ma bouche pleine de sable du désert. Un son et une rythmique aride, torride, chaud, sec, brûlant quoi. Définitivement un album à écouter en Cadillac en traversant l’Interstate 66.
Maintenant, je vais devoir parler de la partie vocale et lyrique de l’album. Premièrement, Black Khox, certains l’auront remarqué, c’est vulgaire! Un peu à la Urban Aliens, c’est trash, ben sale dans la musique, comme dans les paroles. Et la voix aussi. Un ton gras, direct, très punk, entre le cri et le chant. Les mélodies sont correctes, sans plus et à mon avis un peu plus de travail aurait pu y être apporté. La voix est un peu trop saturé, garoché, mais d’un sens, ca va dans l’esprit de l’album. Je trouve seulement qu’il manque une clarté que l’on trouve dans les autres instruments malgré le son sale style stoner, comme si on avait voulu masquer le vocal derrière une belle grosse saturation et bien des effets. J’aurais aimé de quoi de plus clair, mieux maîtrisé.
Donc amateur de stoner, ca rentre au poste, solide. C’est un peu répétitif, mais les grooves sont tellement bons qu’on en oublie aisément qu’ils se ressemblent d’une chanson à l’autre. Ne connaissant pas beaucoup le style, je ne peux pas vraiment me prononcer à dire si l’album est original ou non, mais j’ai passé un bon moment. Surtout avec l’instrumental que j’ai trouvé beaucoup plus recherché dans sa franchise de coup de poing dans face que le vocal qui m’a déçu.
Pour les amateurs de testostérone, de jokes de mononcs cochons, du Texas, de grooves méchants, de bouette, de femelles, de kérosène, de désert et bien sûr de bon stoner, laissez vous tenter!
8/10
Jee
by Dave Rouleau | Mar 29, 2014 | Critiques, Critiques de Shows
Lors de la journée internationale des femmes, je me suis fait inviter par un ami à aller souper dans un petit resto vietnamien, le Café Saigon, pour célébrer en retard mon anniversaire. Nous avons par la suite convenu de nous diriger vers la COOP Katacombes pour assister au Queens of Metal Women’s Day XTrem Fest qui met en vedette Obsolete Mankind, Smirking Revenge et Vehemal. Les américains Abnormality, que j’ai découvert jadis en jouant à Rock Band 2, étaient censés être les headliners de ce soir mais malheureusement, deux de leurs membres seulement ont pu passer les douanes. Dommage d’être privé de ce talent de nos voisins du sud car j’aurais bien aimé les voir. D’un autre côté, je ne suis pas resté totalement sur ma faim compte tenu que la chanteuse de Abnormality a fait une apparition pendant le set de Obsolete Mankind.

Vehemal est un groupe qui m’est tout à fait inconnu, jusqu’à temps que je les aperçoive sur scène; je constate qu’un visage m’est familier et c’est celui du lead guitariste qui joue aussi dans Valfreya, groupe dont je vous ai déjà parlé lors d’escapades antérieures. J’apprendrai par la suite qu’il ne faisait que remplir le rôle de guitariste le temps que Vehemal trouve quelqu’un. J’ai su également que Vehemal est l’ancien groupe, où elle y jouait du clavier, de Corinne/Crook, chanteuse de Valfreya et également organisatrice de cette soirée via X Trem Prods.
Leur introduction samplée est un peu longue, trop longue peut-être (1min30sec)… Cela dit, la pièce d’ouverture est intéressante et elle incarne un black metal assez typique aux quelques accents mélodiques. Ce groupe né en 2009 est assez bien balancé, ne serait-ce que par la répartition presque égalitaire entre les sexes. Martine, la chanteuse, a une voix noire puissante qui laisse place à une belle clarté à certains moments, alternant par ailleurs des propos anglophones et francophones (du moins dans la première pièce). Quelques accrochages ici et là arpentent leur prestation somme toute très respectable. J’ai apprécié la première partie de ce soir et je serais curieux de revoir Vehemal dans le futur.
Au premier entracte, nous en profitons pour aller nous ressourcer et prendre l’air. Parle parle, jase jase, Smirking Revenge sont déjà sur scène en train d’entamer leur performance alors nous rentrons immédiatement à l’intérieur.
C’est leur premier show à vie et je dois avouer avoir été impressionné. Ce n’est pas la première fois que je vois une première live d’un groupe, mais c’est une des premières fois que je peux dire qu’ils ont fait ça de manière quasi impeccable! La nervosité et le manque d’expérience n’a pas semblé les intimider d’un iota. Qui plus est, le groupe est composé entièrement de jeunes femmes pleines d’énergie et de potentiel. Malgré un style difficile à décrire de mon point de vue, un style qui par ailleurs ne m’aurait pas intéressé d’emblée sur enregistrement, je me suis littéralement laissé envoûter par leurs rythmes lourds, à la fois lents et rapides. Le côté heavy est vraiment palpable et j’aime ça. Lorsqu’elles annoncent leur dernier morceau, je me surprends à être déçu (dans le sens positif du terme) car j’aurais apprécié que leur set dure un peu plus longtemps. C’était du bonbon à l’oreille. Si j’étais à leur place, je serais très fier d’avoir offert une telle performance à un premier show.
Deuxième et dernier entracte, déjà. Trois groupes, ça passe vite, trop vite. J’en aurais voulu quatre, mais bon! Je ne peux qu’en vouloir aux douaniers d’avoir refoulé du talent à la frontière…
Obsolete Mankind se mettent donc en place et leur introduction se fait entendre. BAM! Dans notre face quand ça part! Des blastbeats qui arrachent! C’est intense et j’aime ça. On est définitivement dans un autre registre: celui du death metal. Les breakdowns sont bien placés et ça ajoute du pesant dans chaque morceau. Que dire des screams particuliers et des growls gutturaux profonds de Marie-Hélène au chant. Ça rentre au poste comme on dit. Le morceau avec Mallika de Abnormality est une belle surprise qui arrive à point. En ce sens que le seul reproche que je pourrais adresser à Obsolete Mankind, c’est l’absence de solos percutants qui mettraient paradoxalement le reste de leur œuvre en évidence. Cela dit, performance très intéressante et je suis au final bien satisfait car j’en suis presque venu à oublier l’absence du headliner qui était prévu.
Sincères remerciements à Corinne et Mat de XTrem Prods et à toutes les musiciennes et tous les musiciens qui ont participé au show de cette « soirée des femmes ».
Dr Light