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Agiel

« Dark Pantheons » EP

Deepsend Records

2014

Liste des pieces:
«Dark Pantheons»
«Deeds Rendered Upon The Flesh»
«The Awakening»
«Serpent Masquerade»
«Andromeda»

Tout droit sorti de Rochester NY, Agiel est une troupe de Symphonic Death Black Metal menée par James Taylor (voix, claviers et programmation). Fondée en 1997, la formation a d’abord œuvré dans l’univers du Brutal Death Metal avant d’y intégrer une dominante symphonique et des éléments de Black Metal tels des voix râpeuses et un chant clair mystérieux et une atmosphère occulte. Après la parution de plusieurs démos, d’un Ep et d’un album complet en 2002 (« Dark pantheons Again Will Reign« ) la formation a connu un hiatus de 2007 à 2012 avant de revenir sous la forme d’un quatuor et de nous présenter le présent EP cette année qui se veut un réarrangement et une «modernisation» de pièces se retrouvant sur l’album complet précédemment évoqué. L’exercice est donc risqué et les prochaines lignes s’attarderont à en décortiquer le contenu.

Tout d’abord, dès l’amorce de la pièce titre de l’album, l’auditeur est assailli par une mixture sonore chaotique qui rappelle Fleshgod Apocalypse, si ces derniers avait consommé une dose élevée de LSD. En effet, bien que le groupe fasse preuve d’une virtuosité indéniable, les compositions sont extrêmement chaotiques dans leur approche, bourrée de notes et d’orchestrations omniprésentes qui rendent le tout étourdissant et difficile à discerner. Bien loin de présenter une synthèse efficace de symphonie de Death et de Black comme Agiel l’indique dans la description de son produit, on a plutôt l’impression que le groupe a ajouté moult éléments disparates masturbatoires par-dessus des compositions qui étouffent sous une couche impénétrable de grandiloquence orchestrale. Par exemple, les solos de guitare semblent souvent hors contexte et manquent cruellement d’émotion, d’intensité. De plus, la production bizarroïde ne fait rien pour améliorer le résultat en mettant les orchestrations, les solos de claviers et la batterie frénétique beaucoup trop à l’avant-plan, ce qui fait que bien souvent, on ne parvient plus à discerner les motifs de guitare et même les solos de guitare, donc la base de tout bon Metal. Il en résulte une impression d’étouffement et un caractère bourrin qui rend l’écoute de l’album pénible et étourdissante. Ainsi, ce n’est qu’après des écoutes répétées que l’auditeur parviendra à apprécier certains motifs ou moments des pièces, mais il sera difficile de chasser l’impression qu’il ne s’agit que d’un clone de seconde qualité de groupes beaucoup plus efficaces, comme les Italiens précédemment nommés. À force de tirer dans toutes les directions, le groupe perd donc tristement sa cible de vue.

En somme, malgré une virtuosité indéniable, Agiel ne parvient pas à nous convaincre de la pertinence de l’exercice de réarrangement présenté sur « Dark Pantheons« . Avec un fouillis sonore cacophonique noyé dans une mer d’orchestrations et de clavier, le groupe semble perdre l’essence de ce qui fait un bon album de Metal en général. Loin d’être une synthèse efficace de genres, le résultat final est donc un ramassis disparate d’éléments superposés dans un manque flagrant de cohérence. Seuls les amateurs de masturbation technique et d’orchestrations grandiloquentes pourront y trouver un intérêt, les autres feront mieux d’éviter cet EP. Espérons que le groupe se reprendra sur son prochain album complet prévu pour 2015.

5/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas et Lex Ivian