Critique d’album: Biotoxic Warfare – «Lobotomized»

Biotoxic Warfare - Lobotomized

 

Biotoxic Warfare

«Lobotomized»

Slaney Records/Static Tension Recordings

2015

Listes des pièces
«Mors Indecepta»
«Proclaim The Gospel Of Lies»
«Baptized In Blood And Greed» (Remastered)
«Dysphoric Reality»
«Lobotomized»
«Lust For Hate» (Remastered)
«Parasitic Life»
«As We Rot (Promises Of Heaven)»

 

Biotoxic Warfare est un groupe de thrash/death grec, formé en 2012 à Héraklion, capitale de la Crète. Donc pour être précis, ils sont crétois. Après un 1er EP, «Baptized In Blood And Greed» en 2013 (téléchargeable gratuitement sur leur bandcamp), ils ont fait paraître leur 1er album complet, «Lobotomized», en janvier 2015 contenant huit pièces dont deux remasterisées du EP.

Bon, quoi dire car j’ai comme une vue bipolaire de cet album. Probablement le moins de négatif possible car ce ne serait pas rendre justice à ce groupe qui a un excellent potentiel mais en même temps il y a des choses avec lequel j’ai de la difficulté et qui ne peuvent pas être passées sous silence. Alors allons-y avec le pot en premier, les fleurs suivront après.

Premièrement, débuter son album avec l’intro de cymbale-bassdrum de «Criminally insane» de Slayer a pu sembler une bonne idée dans le local de pratique mais pour moi, à part attirer mon attention vers Slayer, ça ne me fait pas tripper parce que je déteste quand ma cellule de surveillance anti-plagiat est sollicitée. Je sais qu’on ne peut réinventer la roue à chaque nouvelle composition mais il y a des trucs qui sont des mesures-signatures comme cette intro de batterie. Tout comme le sont le solo de clavier de Europe dans «Final countdown» ou le riff de basse de Black Sabbath dans «Children of the grave», et pourtant trop de groupes ont pensé que ce serait cool de les utiliser. Pour ma part, je ne veux plus les entendre. Je le répète, ce sont des mesures-signatures trop évidentes. Et ça m’amène comme toujours au même problème des comparaisons et pendant tout l’album, j’ai comparé et reconnu plein de passes à la Lombardo.

Deuxièmement, l’approche au solo est à la Kerry King, c’est à dire que lors des solos tout doit être mis en veille. Donc la section rythmique devient générique et comme pour Slayer, les solos me paraissent servir le guitariste et non la pièce. Un peu comme l’intro de la pièce-titre «Lobotomized» qui apparait comme un collage pour montrer le talent du guitariste. Ils ont aussi une vague tendance à étirer la sauce en répétant les mêmes mesures comme lors de la passe mélodique qui termine l’album. Le thrash est pourtant mieux servi «right in your face».

Donc, comme vous le voyez, je trouve que ça sent le Slayer a plein nez. Surtout quand tu t’appelles Biotoxic Warfare qui est très proche de «Chemical Warfare». Pourtant, malgré tout ce que je viens de dire plus haut, l’aura de Slayer autour de leur musique est aussi le bon côté ce qui explique mon opinion bipolaire.

Les fans de Slayer, Kreator et Sepultura de la première heure seront comblés. Et ce qui ne me surprendrait pas est que plusieurs de vous le soient pour les deux éléments mentionnés ci-haut. Les gars sont allés à l’école du thrash, connaissent la panoplie de riffs «Kreator/Slayer 101» et je dois avouer que j’y ai trouvé plein de bons moments mais pas les solos. Oubliez les solos pour moi car à la base je ne suis pas fan de solo. Cependant je sais, à voir la quantité d’adeptes du «air guitar» dans les shows, que c’est sûr que plusieurs vont tripper sur les solos.

De plus, il est indéniable que ce sont des musiciens de talent et l’exécution est très bonne. Plusieurs moments sont puissants et livrés avec brio ce qui leur permettent de se démarquer. En plus, le vocal est parfait pour le thrash. «Lobotomized» devrait donc faire tripper plus d’un fan de thrash. Je serai aux aguets pour entendre la suite car le potentiel est là.

Lex

 

 

 

Critique d’album: ¡Pendejo! – «Atacames»

Pendejo---Atacames

 

¡Pendejo!

«Atacames»

Chancho Records

2014

Liste des pièces
«El Verano Del ’96»
«Amore y pereza»
«Uñero»
«Amiyano»
«Camarón»
«Cuarenta Y Siete»
«Hermelinda»
«¡Dos!»
«El Jardinero»
«La Chica Del Super No Se Puede Callar»

 

Quand j’ai vu qu’un groupe se nomme ¡Pendejo!, j’ai tout de suite cherché à en savoir plus. Pourquoi? Parce que, pour ceux qui ne le savent pas, «pendejo» est une insulte. Dans sa traduction polie, ça veut dire «abruti», «con». Dans sa version malpolie, ça veut dire dans certains pays sud-américains que j’ai visités, «poil de pubis» ou «poil de trou d’cul». Tsé celui qui fait chier sur la langue quand… enfin je vous passe les détails(!).

Peu importe la version qu’ils veulent incarner, je devais au moins en savoir plus. Surtout que la pochette de l’album montre un Joker avec des pattes de bouc qui jongle avec les têtes de la royauté des cartes à jouer en dansant sur un globe terrestre à l’emplacement de l’Amérique du Sud.

Donc qui est ¡Pendejo!? C’est un groupe stoner hollandais qui a un nom espagnol et chante en espagnol – ne pas confondre avec le groupe punk rock argentin. El Pastuso, le chanteur/trompettiste et Jaap « Monchito » Melman, guitariste, sont cousins et auraient un background sud-américain selon les notes biographiques ce qui explique leur approche.

Gardez en tête cette histoire de background latino mais ce n’est pas ça qui m’a frappé le plus. J’ai focusé sur le mot « trompettiste ». Et oui! ¡Pendejo! joue du stoner et a une trompette.

Quand j’ai appuyé sur « play », j’attendais donc avec anticipation sinon impatience l’arrivée de la trompette dans le mix pendant que j’appréciais «El verano del ’96». Rien de compliqué mais une excellente drive au son sludge gras et crasse avec une groove qui ferait danser les morts. Le vocal d’El Pastuso est cool avec son clean légèrement éraillé, comme si la cigarette… que dis-je, le cigarillo et l’alcool avaient fait leur oeuvre. Il me semble l’entendre dire

Hey Hombre

dans l’ombre de son sombrero, avec en croix sur son torse des ceintures de balles visibles sous son poncho. Background latino… Claro que si!!

Alors que je branlais la tête avec rythme, je comprenais bien qu’il ne pouvait y avoir trompette et voix en même temps puisqu’elles viennent toutes deux des mêmes poumons. Enfin, la trompette entre en scène avec un solo bien placé à 1:15. Cool, j’avais peur qu’elle ne serve qu’à faire des accords en arrière-plan. Non, elle sera soliste à chaque intervention. Je souligne la présence de la basse à l’avant-plan. J’adore la basse.

La groove est de retour en force dès les premières notes de la suivante «Amore y pereza» avec d’excellents bouncings riffs. On ne peut faire autrement que d’y succomber. Il y a un côté chaleureux dans leur musique bien que je soupçonne qu’un titre comme «Amour et Paresse» ne soit pas nécessairement dans cette atmosphère.

 

 

Encore une fois, je branlais la tête et les fesses en attendant d’entendre la trompette. Je me disais bien qu’elle arriverait. Quand elle est arrivée, je ne sais pas pourquoi mais le solo me rappelait quelque chose. Bon, ce n’est pas le refrain de la «Cucaracha», ce n’est pas un bout de «The Mexican hat dance» mais je suis sûr d’avoir entendu ça avant. Peut-être ai-je trop écouté de westerns américains dont très souvent l’histoire se déroule près de la frontière Mexique-États-Unis!! Mon conseiller spécial en matière de cuivre, le Hitman, trombonniste du groupe metal montréalais Fallstaf, était d’accord avec le côté mariachi mexicain mais me soulignait également que ça lui rappelait l’approche surf/swing de la trompette de la pièce «Misirlou» de Dick Dale qui apparaît sur la trame sonore du film «Pulp Fiction». C’est vrai que ça a ce côté un peu swing. Enfin, peu importe, je le répète, je me dois de souligner l’apport de la trompette.

Je fais un court aparte ici pour ceux qui ne savent pas qui est Dick Dale. Je vous dirai seulement qu’il est reconnu comme un précurseur du heavy metal à cause de la «breakneck speed of his single-note staccato picking technique» (dixit Wikipedia) et qu’il a inventé avec la compagnie Fender, plein de trucs dont le premier ampli de guitare 100 watts et a été un des premiers à expérimenter avec la reverberation et la distortion.

Revenons maintenant à la progression de l’album.

Ça se poursuit avec l’entraînante «Uñero» qui pourrait très bien figurer sur un album de Kyuss ou Fu Manchu puisqu’elle n’a pas de trompette.

La 4ème, «Amiyano», calme le rythme un peu en débutant en ballade aux échos vaguement psychédélique avant de devenir une pièce pesante au style doom qui garde un côté hypnotique.

Cette atmosphère se poursuit dans la 5ème, «Camarón» qui part avec une belle progression doom/southern rock. Mention aux voix féminines et leur chant de sirènes au milieu de la pièce qui arrive exactement comme aurait pu l’être un punch de trompettes… finalement un peu comme à 3:05 de la pièce où la trompette remplace les sirènes, La trompette montre même un petit côté jazzy. Enfin vous avez compris que je suis vendu à sa présence.

Avec «Cuarenta Y Siete», ça continue en force puis tout à coup, la trompette nous amène une atmosphère mélancolique comme une sérénade de mariachi. Quand c’est reparti à 2:54, j’ai quasiment eu le goût de crier «OLÉ» dans la foulée du build up émotif et propulsé par le beat tribal!!!

L’intro de la septième, «Hermelinda», montre encore une fois la capacité de présenter une variété avec cette déclamation sur fond de balade acoustique avant de revenir dans un barrage d’accord distortionné. Et pour terminer la pièce, apparition d’un riff en tremolo de style black metal parfait pour lancer «Hasta la muerte».

Una, «¡Dos!» et c’est reparti avec une groove de la mort

 

 

«El Jardinero» amène un côté bluesy avant que «La Chica Del Super No Se Puede Callar» nous entraîne vers la fin de l’album avec ses riffs distortionnés pas compliqués mais comme tout le reste de l’album, ça groove et c’est catchy.

 

 

En conclusion, je ne peux que vous inciter à cliquer sur le lecteur ci-bas si ce n’est déjà fait et apprécier une approche au stoner/sludge différente. ¡Pendejo! ne nous ramène pas les sempiternels riffs de Black Sabbath mais en plus innove dans son utilisation de la trompette qui se veut parfois traditionnelle, parfois swing et même jazzy. En plus, ils ont choisi un tone de guitare qui non seulement convient à leur style musical mais en même temps présente juste ce qu’il faut de distortion pour bien se marier avec la voix d’El Pastuso. S’il y a un album de stoner rock qui manque à votre collection, c’est «Atacames» et qui sait, peut-être que la sangria et la téquila remplaceront la bière autour du barbecue cet été. O que si! Ay caramba!

Lex

 

Critique d’album: Seth Ect – «DiMethylTriptamine»

Seth Ect - «DiMethylTriptamine»

 

Seth Ect

«DiMethylTriptamine»

Independent

2014

Liste des pièces
«Warning»
«Orison III»
«Puparium»
«Snowflake’s creation»

 

Du métal, de l’électro et de la musique traditionnelle.

Lex m’envoie pas mal de musique aléatoire dernièrement. Je dis aléatoire car c’est plein de groupes différents et de styles différents. Alors, j’écoute le tout en faisant mes mille et un trucs que j’ai à faire. Résultat, j’oublie de faire mes textes de couvertures de shows(!!). Je dois me faire une  »to do list » et ne pas oublier de la faire. Il y a donc un moment que Papi m’avait envoyé le EP de Seth Ect, «DiMethylTriptamine». J’ai pris le temps avant d’écrire sur celui-ci de m’informer un peu sur le groupe car il m’était totalement inconnu et il est mentionné que c’est un groupe d’Industrial Death/Black Métal en provenance de Dussëlldorf, Allemagne qui est actif depuis 2008. Quand je disais que Lex m’envoie des trucs aléatoires, là je me demandais bien outre la mention «Industrial», ce que je faisais avec un groupe dit death/black. D’habitude, il m’envoie quand même plus des trucs goth, EBM, etc. Enfin…

Aux premières notes de la première pièce, «Warning», j’ai trouvé cela très tribal comme musique. J’ai vite changé d’idée quand l’intro s’est terminée. C’est un mélange très spéciale de musique alternative, de symphonie métal et d’électronique. À ma grande surprise, le mélange est très bien fait. J’ai un petit peu de misère avec la voix alternative du chanteur qui, selon moi, n’a pas assez de grind et est trop chantée, mais ça c’est mon opinion.

La deuxième chanson ne m’a pas vraiment accroché comparativement au reste de l’album. J’avais l’impression d’avoir entendu ce genre de musique plusieurs fois. J’avais l’impression d’écouter un mélange de Combichrist et de Dimmu Borgir. Étonnamment, bien que je n’ai pas adoré la pièce en général, c’est celle où j’ai trouvé que le vocal était le plus agressif et le plus intéressant. Pour une pièce  »smooth », j’ai quand même aimé la mélodie en arrière fond qui rappelait les instruments du Moyen-Orient. Dans celle-ci, le côté électronique, de  »oua-oua » me tapait un peu sur les nerfs.

La troisième pièce, «Puparium», est une pièce qui me semble plus typique du Moyen-Orient, mais très percussive. Personnellement, j’ai adoré cette chanson là car elle était plus électronique aussi. L’évolution entre la musique traditionnelle et l’électronique se fait de manière très subtile. C’est très bien fait et excellent. Il y avait moins de musicalité métal dedans, puis ça fait du bien. Pour ma part, je la trouve parfaite pour faire une chorégraphie de baladi fusion.

La dernière pièce,«Snowflake’s creation», est ma préférée. Une excellente finale pour le EP, avec une introduction tribale et une petite touche électronique. Elle est très calme comme pièce, mais j’ai adoré l’inspiration créative qu’elle m’a donnée. J’ai bien aimé l’ajout de voix d’enfant et d’adulte qui  »clash » avec le reste de la pièce. À un moment, on entend un enfant (ou je ne sais pas trop quoi chanter), un peu dans le style de la pièce «First of the year» de Skrillex. De la manière que c’est apporté, rien n’était agressant. J’ai adoré comment la pièce se termine de manière calme et sereine.

En conclusion, j’ai trouvé le EP excellent. J’ai bien aimé le risque qu’ils ont pris à mélanger plusieurs styles différents. Même si je n’ai pas toute aimé les pièces, c’est un groupe que je vais continuer à suivre surtout s’ils vont vers le mélange de musique du Moyen-Orient et d’électronique industriel. C’est ce que j’ai aimé le plus.

Donnez vous la peine de découvrir une approche différente au métal en cliquant sur le lecteur ci-bas et je souligne que le EP est téléchargeable «À VOTRE PRIX».

Marie-Noëlle

 

 

Critique d’album: Asomvel – «Knuckle Duster»

Asomvel - Knuckle Duster

 

Asomvel

«Knuckle Duster»

Bad Omen Records

2013

Listes des pièces
«Dead Set on Livin’»
«Cash Whore»
«Sheep in Wolf’s Clothing»
«Trash Talker»
«Waster»
«Shoot Ya Down»
«Wrecking Ball»
«Knuckle Duster»
«Stranglehold»
«Final Hour»
«Hangman’s Rope»

 

Débutons par un petit résumé historique car l’épopée chaotique d’Asomvel dure tout de même depuis 22 ans. Le groupe de Harrogate, Angleterre a été formé en 1993 par Lenny Robinson (guitare), Jay-Jay Winter (bassiste/vocaliste) et l’ex-Cathedral/ Acid Reign, Mark Wharton, leur premier batteur. Selon les notes biographiques, une dizaine de batteurs se sont succédés avant l’enregistrement de leur premier demo en 2001 alors que le trio est complété par Klepto. Un deuxième démo (2005) et un EP (2007) suivent ensuite avec Del Nichol derrière les peaux. Le jeu de la chaise musicale derrière la batterie s’est poursuivi amenant Ian Wright sur le petit banc et leur premier album complet, «Kamikaze» sort en 2009. Une tragédie allait freiner leur lancée alors que leur frontman, Jay-Jay Winter, décédait en 2010 dans un accident de la route. La sortie en 2011 d’un EP posthume intitulé «Stare at death & Spit» contenant des enregistrements inédits avec Winter et des démos de 2005 aurait pu sonner le glas de la formation mais comme le dit Robinson lui-même,

Asomvel could’ve died with him, but I was never gonna let that happen. I had to stop the band until I could find somebody like Jay-Jay, cos he’s still a part of this band, he never left. Whoever is in this band needs to know they have to do it the way he wanted it doing. Conan came along and he was perfect, plus he always admired Jay-Jay‘s attitude.

Donc c’est avec une nouvelle vie, doté d’un nouveau line up (Conan assumant le rôle de bassiste/vocaliste et Wright ayant cédé son poste à Jay Hope) qu’Asomvel a fait paraître en 2013 «Knuckle Duster». Une belle façon de célébrer 20 ans d’existence que de revenir en force avec un deuxième album complet. Voici maintenant le moment de passer à ce que j’ai pensé de cet album.

 

OH YEAH!!! Rock&Roll!!!

 

Ça c’était la version abrégée de ma revue. La version longue suit.

Du rock&roll, c’est ce que le groupe Asomvel vous offre avec l’attitude punk&roll qui le caractérise depuis ses débuts. Dès l’ouverture de l’album, ça part en force avec «Dead cast on livin’». On a un beat qui donne le goût de branler selon le cas, la tête ou les fesses pendant que la bière coule à flot. Le vocal est éraillé juste ce qu’il faut pour donner l’impression de booze et boucane.

«Cash whore» augmente l’intensité et nous amène dans le monde de Motörhead avec un côté speed thrash qui plaira assurément et qui rappellera «Iron Fist». C’est immédiatement qu’on réalise que Conan a un peu de Lemmy dans la voix.

La 3ème, «Sheep in Wolf’s Clothing», continue le party et m’a agréablement rappelé, à cause de certains beat de drum, le très grand succès de Sweet, «Ballroom Blitz». Les riffs sont très rock mais en même temps la pièce n’oublie pas d’être heavy et surtout ça prend un solo car il y en a dans chaque pièce.

Je vous ai parlé plus tôt de branler les fesses et bien c’est le temps de vous laisser aller avec «Trash Talker».

Maintenant que vous avez bien dansé, ça vous tente de faire un tour de char, «Waster» est votre toune. Un slow pace heavy rock qui se donne quelques allures de southern rock et que vous pourrez mettre dans la portion blues rock de votre compilation de «tounes de char» avec «Cocaine» d’Eric Clapton et «Cinnamon Girl» de Neil Young.

Avec «Shoot you down», on retourne carrément dans l’univers Motörhead qu’on n’avait jamais vraiment quitté en fait. Tout dans l’attitude, le son et la drive sur l’album tourne autour de ça mais on s’en fout car c’est bon et entraînant. Jusqu’à date, tout baigne dans l’huile et c’est une chance car ça prend un bon graissage des vertèbres du cou pour tenir le rythme et fournir en headbanging et un bon huilage des pistons pour garder les RPM.

Aussi bête que ça puisse être, après plusieurs écoutes, je n’ai pu me débarrasser de l’impression que «Wrecking Ball» aurait pu très bien figurer en 1976 sur l’album «Rock and roll over» de Kiss au côté de «Take me», «Ladies Room» ou ma préférée «Making love». Le refrain en choeur y aide beaucoup. Certains doivent écarquiller les yeux mais considérez ça comme un gros compliment de ma part car cet album de Kiss figure toujours parmi mes favoris depuis que je l’ai reçu en cadeau en 1978.

La pièce-titre «Knuckle Duster» a une ambiance super cool de spy music. Du rock avec un côté Agent Orange pas pire trippant. Et si vous êtes encore dans votre voiture, qu’il doit donc être bon de voir défiler les kilomètres pendant que l’indicateur de vitesse vous indique que votre compte de banque en souffrira peut-être.

Ooopps, l’accélérateur s’enfonce un peu plus avec «Stranglehold», avec son beat crustpunk. Tsé la drive que peut avoir «Whiplash» de Metallica.

Avec «Final hours» et «Hangman’s rope», ça redevient plus rock et bien que je n’irais pas jusqu’à dire que l’album s’essouffle, c’est définitivement celles qui m’ont le moins plu. J’ai donc trouvé ça un peu décevant de finir l’album sur cette note bien que je ne les ai pas skipper, je dois le préciser. Et sûrement que ceux qui trippent plus rock en tireront leur compte avec plaisir.

En résumé, Asomvel offre un très bon album où tous les éléments du British Heavy Metal de la fin des années 1970 début 1980 sont présents. Vous aurez ainsi assez de riffs pour vous shaker la moumoutte ou les foufounes et c’est aussi comme je l’ai souligné à plus d’une reprise de la très bonne musique pour faire de la route même si ce n’est que pour vous rendre au dépanneur vous procurez quelques bières afin de reprendre l’écoute bien calé dans votre chaise de patio…

Ils ont un nouveau single, «Railroaded» paru fin 2014 via Knuckle Duster Management que je vous mets plus bas après «Trash talker». Vous constaterez qu’ils continueront de naviguer les mêmes eaux sur leur prochain album alors que la tradition de jongler avec le line up a aussi été maintenu.

Lex

 

 

En rafale d’avril

En rafale

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Nightwish – Endless Forms Most Beautif

Nightwish

«Endless Forms Most Beautiful»

Nuclear Blast

2015

 

Avec «Endless Forms Most Beautiful», Nightwish entre dans sa 3e époque. Il y a d’abord eu l’époque classique avec la chanteuse Tarja Turunen, ensuite la période d’expérimentation avec Anette Olzon, puis finalement l’époque hybride avec Floor Jansen, époque qui a débuté avec la sortie de cet album. Personnellement, mon époque préférée est la deuxième, celle où ont été pondus «Dark Passion Play» et «Imaginaerum», le dernier étant de loin le meilleur album de Nightwish. N’ayez crainte, je reste également un fan de l’époque classique, époque où ont été pondus la majorité des albums de Nighthwish contenant plusieurs classiques.

C’est donc avec grand plaisir que j’ai écouté ce dernier opus, puisqu’il retient et présente les meilleurs éléments des deux époques qui l’ont précédée. On y retrouve en doses bien balancées tout ce que l’on a aimé de Nightwish dans le passé. L’album est plus simple côté orchestration, ça laisse plus de place aux musiciens, c’est bien comme ça. La voix de Floor Jansen va à merveille avec le style musical de Nightwish. On l’avait d’abord observé dans le live «Showtime, Storytime» paru en 2013, et on en a la confirmation avec cet album.

Seul point négatif: J’aurais aimé que la voix du bassiste Marco Hietala soit plus utilisée, autant en contraste qu’en duo avec celle de Floor Jansen, comme ce fut le cas sur les deux derniers albums (pensez à «Ghost River» et à «I Want my Tears Back»).

Note: 9/10

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The Tangent – A Spark in the Aether

The Tangent

A Spark in the Aether

Inside Out Music

2015

 

Écouter The Tangent, c’est, comment dirais-je, un peu comme prendre une bière (ou deux, ou trois) le jeudi soir pour relaxer. Des fois, tu vas te sentir engourdi et un peu assommé («Aftereugene»), d’autres fois, ça va te réveiller et te rendre en feu pour le reste de la soirée («Codpieces and Capes»). En écoutant «A Spark in the Aether», tu vas passer par ces deux moods complètement à l’opposé à un moment ou un autre pendant l’album. Le point central de cet album est bien sûr «The Celluloid Road», qui est un chef-d’œuvre total, et qui m’a permis de me sentir un peu moins seul dans ce monde. Moi qui pensais être le seul à avoir un intérêt à parler dans le même 30 secondes de sujets complètement différents (ex : de Baseball, de Jurassic Park et du Pont Pierre-Laporte dans une même idée). Avec des paroles du genre «I’ve walked a walk with James Bond, seen Gandalf flip a bridge. Volkwagens that drive themselves and apes that freely talk. San Fransisco what a world, what a place, what a life!», je me sens rassuré.

Ce que j’aime aussi de The Tangent, c’est que dans les douze dernière années, le groupe a sorti 10 albums, tous aussi bon les uns que les autres (ou presque). Le groupe est constant et conserve une excellente moyenne au bâton, espérons qu’il continuera de composer sans compter.

Note: 10/10

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Crowned In Earth - Metempsychosis

Crowned in Earth

«Metempsychosis»

Sonic Mermaid Records

2015

 

À la première écoute de cet album, ma première pensée fut «enfin quelqu’un qui est capable de faire du prog comme dans les années 70!». Il y a de belles influences à la Pink Floyd, Genesis, et je dirais même Triumvirat (si tu ne connais pas ce dernier, va tout de suite écouter l’album «Illusions on a Double Dimple»!) En réécoutant, tu entends aussi d’autres influences de styles plus moderne, comme du doom et même de l’ambiant. Sors de ta zone de confort et va écouter ça! Mes chansons préférées: «But an Echo», «Summer’s Pride» et «Travelling Road».

Note: 8/10

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The Real McKenzies – Rats in the Burlap

The Real McKenzies

«Rats in the Burlap»

Fat Wreck Chords

2015

 

Là, on tombe dans le punk celtique. Depuis leur chef-d’œuvre «Off the Leash» en 2008, j’ai comme l’impression que The Real McKenzies sont sur une pente descendante, pas trop à pic, disons 1 ou 2% d’inclinaison, mais descendante tout de même. Ce n’est pas mauvais ce qu’ils font depuis, et «Rats in the Burlap» est certainement plus punk que ces prédécesseurs, mais j’ai de la difficulté à retrouver la magie qui m’a initialement fait tripper avec ce groupe. La cornemuse est malheureusement en arrière-plan sur cet album, et quand on l’entend, ce n’est que trop souvent en accompagnement générique. Cette vidéo de marde n’aide pas non plus:

 

 

Exercice intéressant à faire: Prenez votre chanson favorite de The Real McKenzies, mettez-vous des ouates dans la bouche et essayez de la chanter en prenant une voix qui est un hybride de la vôtre et de celle d’une poule (en bonus, vous pouvez faire la poule avec vos bras aussi en chantant). Vous devriez arriver à un résultat qui ressemble pas mal à la voix du chanteur du groupe.

Note: 6/10

Mathieu

Critique d’album: Horsehunter – «Caged in flesh»

Horsehunter - Caged in flesh

 

Horsehunter

«Caged in Flesh»

Magnetic Eye Records

2015

Liste des pièces
«Stoned to death»
«Caged in flesh»
«Nightfall»
«Witchery»

 

Formé en 2012, le groupe australien Horsehunter a vu 2014 s’avérer fructueuse avec des spectacles en support de gros noms dont notamment Sleep, Kylesa et High on Fire, en plus de faire paraître de façon indépendante en septembre leur premier album «Caged in Flesh» sous format digital. À noter que deux enregistrements précédents de l’album ont été scrappés avant que ce troisième devienne le bon.

Leur album a été remis d’actualité quelques mois plus tard suite à leur signature avec Magnetic Eye Record qui a fait paraître les copies physiques sous forme de CD et LP.

«Caged in flesh» ne contient que quatre pièces mais compte tout de même un peu plus de quarante-deux minutes au compteur. Paradoxalement, il y a trois pièces qui tournent autour de 17, 12 et 10 minutes respectivement et une pièce (la troisième) qui ne dépasse 3 minutes que de quelques secondes.

«Stoned to death» (ici on parle de weed et non de lapidation!!), la plus longue pièce avec un temps de 16:52, débute l’album avec un feedback aigu qui s’amplifie avant d’être rejoint par une pluie de cymbales puis la rythmique lourde et lente de la batterie annonce les couleurs, ce sera doomy avec juste ce qu’il faut de crasse sludge dans une approche qui ne sera pas sans évoquer les premiers albums de Black Sabbath. En plus, bien que différent à bien des égards, le vocal clair utilisé présente une approche lyrique, des teintes et les légers échos présents dans la voix d’Ozzy ce qui ne devrait pas déplaire mais ne durera pas… quoique la suite ne décevra pas. En effet, à 6:08 de la pièce, exit ce style tant vocal que musical alors que la transition dans la pièce nous amène des bouncings riffs stoner et le vocal se fait cette fois écorché. Cette portion de la pièce laissera toute la place à la guitare qui s’exécute avec brio nous offrant au passage un solo psychédélique. Je viens de dire qu’ils laissent toute la place à la guitare… et bien le vocal disparaîtra dès que commence le solo au milieu de la pièce. Puis un peu après la onzième minute, alors que je croyais la pièce terminée puisqu’un feedback distorsionné était le seul bruit restant depuis une vingtaine de secondes, ça repart tranquillement, très tranquillement et la pièce se modifie une autre fois et retourne aux ambiances doom/sludge du début mais cette fois, ça devient plus mélancolique avec le riff mélodique de guitare.

Comme vous pouvez le lire, Horsehunter présente en ouverture d’album une pièce complexe et variée qui, vous vous en doutez sûrement maintenant considérant la longueur des autres pièces, sera le modus operandi tout au long de l’album. Ils alterneront du sludge au stoner en gardant tout au long un fond doom et psychédélique. Il y aura même une passe drone accompagnée de vocaux hurlés dans la deuxième pièce qui donne tout son sens au titre de la pièce et installe un sentiment d’oppression malsain.

J’ai cependant une certaine retenue face à la structure de leurs compositions. On dirait qu’ils n’ont pas su passer du stade de pré-prod à pièce finie. Les pièces se présentent comme des collages de tableaux ce qui en tant que tel crée des pièces évolutives mais toutefois, s’il n’y a pas de continuité entre deux blocs musicaux de la même pièce mais qu’ils sont reliés par un fade out de distorsion, je ne vois pas ce qui en fait deux parties d’une même pièce, surtout si le fade out est réutilisé pour terminer la pièce. Donc, dans une écoute continue, il est impossible de discerner le passage d’une pièce à l’autre à cause de l’utilisation des fade out autant pendant les pièces qu’à la fin; ça fait comme si l’album n’était qu’une longue pièce de quarante-deux minutes qu’ils ont choisi de diviser en quatre titres de façon aléatoire à l’emplacement d’une des nombreuses transitions que comportent leurs compositions. Remarquez que je reste ouvert à ce que quelqu’un m’explique la différence entre un fade de milieu de pièce et un de fin. Je souligne ici, pour atténuer l’effet négatif de ce que vous venez de lire, qu’étant donné que l’album s’écoute comme s’il n’était qu’une longue pièce, c’est sûrement positif à quelque part.

Maintenant passons à la pièce d’une durée de trois minutes et des poussières, «Nightfall». Je dois dire que je m’attendais à un exercice particulier nécessitant sa mise en exergue en tant que pièce individuelle. J’ai plutôt eu droit à un interlude, différent seulement par le fait qu’il se fait à la guitare sans accompagnement. C’est un bel exercice mais ni plus ni moins que certains blocs introspectifs déjà identifiés dans les longues pièces et il aurait pu être inséré dans une de celles-ci car il constitue un bloc distinct de trois minutes comme la structure des pièces est montée.

Ça repart en force pour la dernière, «Witchery» qui offre le retour des ambiances à la Black Sabbath, plus agressives et syncopées. Encore une fois, ça mène vers une transition au milieu de la pièce (un fade) qui fera encore basculer l’atmosphère comme c’est la norme depuis le début de l’album. On comprend que la boucle est bouclée quand à 9:30, les notes laissent place à la distorsion qui ouvrait l’album. Remarquez que ç’aurait pu être un autre fade out transitoire de milieu de pièce mais après cinquante secondes de ce son, j’ai fini par comprendre que c’était fini!!!

Horsehunter a donc fait paraître un album où les ingrédients sont très intéressants. Quand il faut, le son est crasse et abrasif ou rond et bondissant, tout en ayant un bon mélange d’agressivité et de pesanteur, de vitesse et de lenteur et naturellement une bonne dose de mesures répétitives comme le veut le style. La rythmique de la batterie de Nick Cron présente plusieurs passes intéressantes parfois à la limite jazzy; les cordes, tant la basse que les guitares, offrent certains riffs qui vous rappelleront des trucs et d’autres dont vous apprécierez la tournure et bien que je ne sois pas un fan de solos de guitare (à cause du penchant «guitar hero»), ici le côté psychédélique de ceux-ci m’empêche d’être tanné; finalement, le vocal est partagé entre Michael Harutyunyan, guitariste, et Himi Stringer, bassiste, offrant une belle opposition complémentaire entre leur style respectif. Côté son, je dois avouer que tout est bien à sa place et j’ajouterai même qu’on distingue les cordes dans le mix; pas juste les guitares l’une de l’autre… même la basse.

Je termine en mentionnant que «Caged in flesh» est un bon premier album dont l’écoute est agréable à cause de tous les éléments mentionnés plus haut mais qui manque un peu de rigueur à mon oreille. J’en ai juste contre la structure et le format des pièces, le reste est excellent. Ça fait en sorte que paradoxalement, je donne une meilleure note aux divers blocs des compositions qu’à ce qu’ils forment en tant que titre individuel selon les divisions de l’album. Un peu plus de maturité (et peut-être moins de weed pour aider le focus) devrait j’imagine régler ça. Ce n’est tout de même qu’un premier album pour Horsehunter. La première pièce de l’album est la plus réussie selon moi.

Lex