Critique d’album: Horsehunter – «Caged in flesh»

Horsehunter - Caged in flesh

 

Horsehunter

«Caged in Flesh»

Magnetic Eye Records

2015

Liste des pièces
«Stoned to death»
«Caged in flesh»
«Nightfall»
«Witchery»

 

Formé en 2012, le groupe australien Horsehunter a vu 2014 s’avérer fructueuse avec des spectacles en support de gros noms dont notamment Sleep, Kylesa et High on Fire, en plus de faire paraître de façon indépendante en septembre leur premier album «Caged in Flesh» sous format digital. À noter que deux enregistrements précédents de l’album ont été scrappés avant que ce troisième devienne le bon.

Leur album a été remis d’actualité quelques mois plus tard suite à leur signature avec Magnetic Eye Record qui a fait paraître les copies physiques sous forme de CD et LP.

«Caged in flesh» ne contient que quatre pièces mais compte tout de même un peu plus de quarante-deux minutes au compteur. Paradoxalement, il y a trois pièces qui tournent autour de 17, 12 et 10 minutes respectivement et une pièce (la troisième) qui ne dépasse 3 minutes que de quelques secondes.

«Stoned to death» (ici on parle de weed et non de lapidation!!), la plus longue pièce avec un temps de 16:52, débute l’album avec un feedback aigu qui s’amplifie avant d’être rejoint par une pluie de cymbales puis la rythmique lourde et lente de la batterie annonce les couleurs, ce sera doomy avec juste ce qu’il faut de crasse sludge dans une approche qui ne sera pas sans évoquer les premiers albums de Black Sabbath. En plus, bien que différent à bien des égards, le vocal clair utilisé présente une approche lyrique, des teintes et les légers échos présents dans la voix d’Ozzy ce qui ne devrait pas déplaire mais ne durera pas… quoique la suite ne décevra pas. En effet, à 6:08 de la pièce, exit ce style tant vocal que musical alors que la transition dans la pièce nous amène des bouncings riffs stoner et le vocal se fait cette fois écorché. Cette portion de la pièce laissera toute la place à la guitare qui s’exécute avec brio nous offrant au passage un solo psychédélique. Je viens de dire qu’ils laissent toute la place à la guitare… et bien le vocal disparaîtra dès que commence le solo au milieu de la pièce. Puis un peu après la onzième minute, alors que je croyais la pièce terminée puisqu’un feedback distorsionné était le seul bruit restant depuis une vingtaine de secondes, ça repart tranquillement, très tranquillement et la pièce se modifie une autre fois et retourne aux ambiances doom/sludge du début mais cette fois, ça devient plus mélancolique avec le riff mélodique de guitare.

Comme vous pouvez le lire, Horsehunter présente en ouverture d’album une pièce complexe et variée qui, vous vous en doutez sûrement maintenant considérant la longueur des autres pièces, sera le modus operandi tout au long de l’album. Ils alterneront du sludge au stoner en gardant tout au long un fond doom et psychédélique. Il y aura même une passe drone accompagnée de vocaux hurlés dans la deuxième pièce qui donne tout son sens au titre de la pièce et installe un sentiment d’oppression malsain.

J’ai cependant une certaine retenue face à la structure de leurs compositions. On dirait qu’ils n’ont pas su passer du stade de pré-prod à pièce finie. Les pièces se présentent comme des collages de tableaux ce qui en tant que tel crée des pièces évolutives mais toutefois, s’il n’y a pas de continuité entre deux blocs musicaux de la même pièce mais qu’ils sont reliés par un fade out de distorsion, je ne vois pas ce qui en fait deux parties d’une même pièce, surtout si le fade out est réutilisé pour terminer la pièce. Donc, dans une écoute continue, il est impossible de discerner le passage d’une pièce à l’autre à cause de l’utilisation des fade out autant pendant les pièces qu’à la fin; ça fait comme si l’album n’était qu’une longue pièce de quarante-deux minutes qu’ils ont choisi de diviser en quatre titres de façon aléatoire à l’emplacement d’une des nombreuses transitions que comportent leurs compositions. Remarquez que je reste ouvert à ce que quelqu’un m’explique la différence entre un fade de milieu de pièce et un de fin. Je souligne ici, pour atténuer l’effet négatif de ce que vous venez de lire, qu’étant donné que l’album s’écoute comme s’il n’était qu’une longue pièce, c’est sûrement positif à quelque part.

Maintenant passons à la pièce d’une durée de trois minutes et des poussières, «Nightfall». Je dois dire que je m’attendais à un exercice particulier nécessitant sa mise en exergue en tant que pièce individuelle. J’ai plutôt eu droit à un interlude, différent seulement par le fait qu’il se fait à la guitare sans accompagnement. C’est un bel exercice mais ni plus ni moins que certains blocs introspectifs déjà identifiés dans les longues pièces et il aurait pu être inséré dans une de celles-ci car il constitue un bloc distinct de trois minutes comme la structure des pièces est montée.

Ça repart en force pour la dernière, «Witchery» qui offre le retour des ambiances à la Black Sabbath, plus agressives et syncopées. Encore une fois, ça mène vers une transition au milieu de la pièce (un fade) qui fera encore basculer l’atmosphère comme c’est la norme depuis le début de l’album. On comprend que la boucle est bouclée quand à 9:30, les notes laissent place à la distorsion qui ouvrait l’album. Remarquez que ç’aurait pu être un autre fade out transitoire de milieu de pièce mais après cinquante secondes de ce son, j’ai fini par comprendre que c’était fini!!!

Horsehunter a donc fait paraître un album où les ingrédients sont très intéressants. Quand il faut, le son est crasse et abrasif ou rond et bondissant, tout en ayant un bon mélange d’agressivité et de pesanteur, de vitesse et de lenteur et naturellement une bonne dose de mesures répétitives comme le veut le style. La rythmique de la batterie de Nick Cron présente plusieurs passes intéressantes parfois à la limite jazzy; les cordes, tant la basse que les guitares, offrent certains riffs qui vous rappelleront des trucs et d’autres dont vous apprécierez la tournure et bien que je ne sois pas un fan de solos de guitare (à cause du penchant «guitar hero»), ici le côté psychédélique de ceux-ci m’empêche d’être tanné; finalement, le vocal est partagé entre Michael Harutyunyan, guitariste, et Himi Stringer, bassiste, offrant une belle opposition complémentaire entre leur style respectif. Côté son, je dois avouer que tout est bien à sa place et j’ajouterai même qu’on distingue les cordes dans le mix; pas juste les guitares l’une de l’autre… même la basse.

Je termine en mentionnant que «Caged in flesh» est un bon premier album dont l’écoute est agréable à cause de tous les éléments mentionnés plus haut mais qui manque un peu de rigueur à mon oreille. J’en ai juste contre la structure et le format des pièces, le reste est excellent. Ça fait en sorte que paradoxalement, je donne une meilleure note aux divers blocs des compositions qu’à ce qu’ils forment en tant que titre individuel selon les divisions de l’album. Un peu plus de maturité (et peut-être moins de weed pour aider le focus) devrait j’imagine régler ça. Ce n’est tout de même qu’un premier album pour Horsehunter. La première pièce de l’album est la plus réussie selon moi.

Lex

 

Critique d’album: Rings of Saturn – «Lugal Ki En»

Rings of Saturn - Lugal Ki En

 

Rings Of Saturn

«Lugal Ki En»

Unique Leader Records

2014

 

Imaginez un scénario apocalyptique dans lequel la terre se fait attaquer et assiéger par une race d’êtres extra-terrestres. Ils débarquent d’au-delà la stratosphère à bord de leurs vaisseaux spatiaux, tirant des lasers sur tout ce qui bouge et semant la terreur à travers le globe. Tant bien que mal les humains tentent de les repousser mais ils sont trop nombreux et équipés d’outils et d’armes d’une technologie beaucoup trop avancée; impossible de rivaliser.

Maintenant, imaginez encore ce même scénario, et ajoutez-y une trame sonore. Le premier groupe qui devrait vous venir à l’esprit est sans aucun doute Rings of Saturn, formation californienne se spécialisant dans le métal technique ayant pour thèmes les formes de vies extra-terrestres à travers le vaste univers. Formé en 2009, ceux-ci ont mis au monde leur troisième opus au courant de l’année dernière, «Lugal Ki En», qui une fois traduit en français signifie Roi des Terriens, Seigneur du Monde Cosmique.

Le cerveau derrière ce chef d’œuvre, Lucas Mann (guitare), décrit le concept de l’album ainsi: longtemps après la conquête de l’humanité par les extra-terrestres, ils évoluent au point tel qu’ils maîtrisent dorénavant le temps et l’espace, et utilisent cette capacité pour livrer bataille aux anges et aux démons pour atteindre le statut de Dieux. Thèmes récurrents typiques de Rings of Saturn, tout tourne autour de la vie parmi les étoiles et les galaxies. Pour cet album, la formation peut remercier l’appui du batteur de Infant Annihilator et Black Tongue, Aaron Kitcher, qui a enregistré toutes les trames de batterie.

Ici, on parle de métal technique pur et dur; pas de place pour le prog. Alors pourquoi faire attendre les consommateurs avec une introduction lente, alors que l’on peut amorcer le premier titre avec des blast beats, du sweep et du tremolo picking? C’est à peu près ce qu’on dû penser les jeunes adultes composant le groupe, car l’écoute explose dès le tout début avec «Senseless Massacre». Au moins, ils jouent franc jeu et nous laisse savoir l’allure du reste de l’enregistrement. «Desolate Paradise», second titre, ne fait pas exception: une performance vocale puissante, un ton gras, une sonorité inhumaine et un talent palpable. Les breakdowns ajoutent à la pesanteur de la chanson alors que les guitares déferlent avec des duos de sweep précis et efficaces.

Le troisième titre est particulier, de part son introduction entre autre. En effet, «Lalassu Xul» débute avec une mélodie dépourvue de distorsion, mais tout de même dissonante. Cependant, quelques secondes suffises pour ramener la distorsion aux guitares et exploiter davantage les rythmes rapides à la batterie. Le mélange de vocaux gras et plus aigus forment une sonorité vraiment intéressante et agressive. Donc, quoi que dotée d’une introduction qui pourrait en laisser plus d’un perplexe, cette chanson est définitivement captivante. Et que dire de la suivante, «Infused», qui met à l’épreuve tout le talent distribué par chaque membre et par l’artiste invité, Rusty Cooley, connu pour sa présence notamment avec Austrian Death Machine. Connu comme l’un des guitaristes les plus agiles et rapides des États-Unis, Rusty, en coopération avec Lucas, vous renverseront avec leur pluie de solos, duos et de sweep, le tout séparé par un breakdown imposant au centre du morceau. Bref, sans aucun doute un morceau coup de cœur!

Disons les vraies choses: l’un des seuls côtés négatifs de «Lugal Ki En» est sa prévisibilité, qui, sans s’y aventurer, frôle la redondance. Cela n’enlève rien à son charme naturel, et les amateurs de métal technique en redemanderont. Les titres «Natural Selection», «Godless Times» et «The Heavens Have Fallen» font tous preuve d’une immense qualité musicale, avec des rythmes effrénés, des arpèges exploités à fond la caisse, des breakdowns imposants et ma foi, des vocaux hallucinants. Les californiens se sont même amusé à reprendre la chanson «No Pity For A Coward» du groupe très connu Suicide Silence. Une bonne interprétation, et une excellente façon de conclure l’album.

Rings of Saturn livre la marchandise. Ils ne cesseront jamais de surprendre, malgré les constants changements au sein de la formation, quoi qu’elle semble plus stable maintenant. Leur style particulier est accrocheur, et une belle évolution se laisse percevoir depuis leur premier album jusqu’à «Lugal Ki En». Une belle chimie est perceptible entre les membres et le résultat en reflète que de bonne choses. Le prochain ne se fera pas attendre très longtemps, car le nouveau guitariste, Miles Dimitri Baker (Interloper), laisse voir sur les réseaux sociaux que l’écriture va bon train. Sur ce, bonne écoute, on se donne rendez-vous au prochain!

Charles-Olivier

 

Critique d’album : Sviatibor – «Dans La Splendeur Des Dieux»

Sviatibor - À La Splendeur Des Dieux

 

Sviatibor

«Dans La Splendeur Des Dieux»

Endless Decrepitude Productions

19 avril 2015

 

Il m’arrive de fouiller sur Youtube, parmi des milliers et des milliers de vidéo, pour trouver un ou plusieurs groupes que je ne connais pas, peu importe le style de métal. Parmi ces groupes, il y en a que je me dis que le groupe est intéressant, bon, mauvais, pas trop mon genre ou que c’est excellent. Et ça, c’est tout l’effet du hasard et des fois je peux très bien tomber sur quelque chose d’exceptionnel. Aujourd’hui, j’ai décidé de faire une critique d’album d’un des groupes dont j’ai apprécié l’écoute et qui mérite une certaine attention.

Je vous présente Sviatibor, un groupe français qui vient de la ville d’Albi à environ 80 kilomètres au nord-est de Toulouse. C’est un groupe composé d’un seul membre, âgé de 17 ans, qui fait tous les instruments de musique sur sa discographie. Sviatibor existe depuis 2013 et a à son actif plusieurs singles, deux EP et quatre albums. Au début de sa carrière, les paroles de ses chansons étaient en anglais et il faisait de temps en temps une reprise de Burzum ou de Gorgoroth. Et peut-être que je vous entends dire:

Oui, mais quatre albums en peu de temps, c’est beaucoup.

Certes, ça peut être négatif, mais ça peut aussi être positif. Par exemple, Devin Townsend a sorti d’innombrables albums en très peu de temps de carrière. Il lui arrivait de sortir un album de son projet solo et un album de Strapping Young Lad dans la même année sans que ça soit redondant. Bref peu importe ce qu’on pense de l’effet d’une telle production et considérant, veuillez noter, que je ne connais pas les premiers albums, mon analyse va porter sur le quatrième et dernier album de Svatiabor intitulé «Dans La Splendeur Des Dieux» qui sortira le 19 avril sur le label Endless Decrepitude Productions. Voyons à quoi ressemble cet album…

«Dans La Splendeur Des Dieux» est un album avec uniquement cinq chansons. Pas beaucoup, mais dites-vous que les cinq chansons totalisent 1 heure, 1 minute et 47 secondes. Honnêtement, je n’ai pas vu le temps passé en écoutant l’album. Musicalement, c’est du black métal pagan et ambiant. Ma première crainte était que le côté ambiant allait prendre beaucoup plus de place que le côté pagan. J’ai entendu de nombreux groupes dans le genre où l’artiste va privilégier plus l’un que l’autre et c’est souvent le côté ambiant qui prend le dessus. Heureusement, ce n’est pas le cas ici. Il y a une bonne présence de l’ambiant, mais il accompagne très bien avec les autres instruments. C’est aussi grâce au côté ambiant que cet album est épique. Même lorsque ce côté est seul sur la pièce, ça ne m’a pas écœuré une seule seconde. Plusieurs fois je trouvais même que ça donnait un côté mystérieux et épique.

J’aime comment le jeune musicien varie les moments sur son album, c’est-à-dire qu’il y a souvent une période où c’est plus calme et d’autres où ça bouge plus. Le changement entre les périodes est superbe et ça fait en sorte qu’on n’entend pas la même chose pendant tout l’album. Pour la guitare, ils utilisent des riffs très intéressants, mais parfois, j’ai cru entendre certains riffs venant des groupes de black métal dépressif ou des groupes de la première génération de la scène norvégienne, dont l’influence de Burzum qui est très présente. Et il y arrive que c’est un peu répétitif, mais ce genre de détails est presque anodin quand tu apprécies énormément la musique qui joue dans tes oreilles. Cependant, ce que je soupçonne, c’est que la batterie vient d’un logiciel informatique. Pas que c’est nécessairement négatif, car il y a eu beaucoup de travail autour de sa programmation (si jamais la batterie est un logiciel informatique). Dans l’ensemble de son œuvre, les cinq chansons ont été extrêmement travaillées et le talent est exploité tout au long de cet album. Ma chanson préférée, c’est «Aux Rivages De La Terre», mais les autres sont aussi bonnes.

Pour la voix, je l’ai trouvé très intéressante parce que ça sonne, selon moi, dépressif et sinistre, tout comme les ambiances, ce qui concorde très bien avec la musique. Si on se concentre bien, on peut bien entendre ce que le chanteur dit sans lire les paroles. Et pour finir, il ne me semble pas avoir entendu son style de vocal dans un autre groupe, ce qui donne un côté plus original au contenu.

Au niveau de la production, le «mix» est véritablement impressionnant. J’imagine le temps que ça dû lui prendre pour avoir une qualité aussi exemplaire pour un groupe nouveau. La production est même supérieure à plusieurs groupes qui ont plus de budget et qui sont plus connus. On entend très bien tous les instruments et aucun d’entre eux n’enterre un autre. Pour un jeune groupe et venant d’un seul musicien âgé de 17 ans, c’est hallucinant comment sa production devrait être enviée par beaucoup de groupes métal sur la scène.

En conclusion, cet album est tout simplement magnifique. Le jeune musicien de 17 ans sait absolument faire un album splendide pour les oreilles en produisant un album de haute qualité que certains groupes plus connus ont de la misère à faire. Il a énormément de talent et il sait comment l’exploiter pour ressortir sur ce qui se fait dans le meilleur. Si les trois premiers albums sonnent comme cet album, je sens que ce groupe va devenir un de mes préférés dans le genre. J’espère entendre davantage de musique de la part de Sviatibor dans le futur, que le contenu reste aussi magnifique et qu’il essaie de toujours de mettre la barre haute album après album. «Dans La Splendeur Des Dieux» est pratiquement assuré de finir dans mon top 20 des meilleurs albums cette année. N’oubliez pas de vous procurer l’album en précommande ou à partir du 19 avril sous le label Endless Decrepitude Productions.

9,5/10

Marc=André Jobin

 

 

Critique d’album: Der Bassstimmführer – «Tanzbefehl» EP

Der Bassstimmführer - Der Tanzbefehl

Der Bassstimmführer

«Tanzbefehl» EP

Dark Tunes

2015

Liste des pièces
«Der Bassstimmführer»
«Der Tanzbefehl»
«Der Tonmeister»
«Die Verkehrskadettin»
«Der Lustknabe»

Je vous présente le premier EP du groupe DER BASSTIMMUFÜHRER, un duo de Francfort, en Allemagne. La formation a débuté en janvier 2013 mais par contre je n’en sais pas beaucoup plus et j’ai trouvé dommage de ne pas avoir été en mesure de trouver beaucoup plus d’informations. J’ai toutefois pu comprendre qu’il se présente comme l’essence de la scène noire et dansante. Vous comprendrez que j’ai dû sortir mon dictionnaire de langue allemande afin de saisir les titres des pièces.

Je ne veux pas rentrer dans les stéréotypes mais quand on écoute des formations allemandes de style EBM/ Techno/ DarkWave, on reconnaît rapidement les ambiances électroniques, les sons lourds et les voies criardes. Ce groupe n’est pas passé à côté de cela. Dès la première chanson, «Der Bassstimmführer», le beat, très percussif et répétitif, m’a donné envie d’aller me défouler sur une piste de danse. J’avais l’impression d’écouter du Nachtmahr mais de meilleure qualité.

La deuxième pièce, soit la pièce-titre du EP, m’a fait revenir à l’époque du Batcave avec des sons plus synthétisés et aigus. Un bel amalgame avec la voix toujours criarde et le fond percussif et répétitif. Malgré le retour dans le passé, j’ai été moins portée à me lever pour danser.

La troisième pièce, «Der Tonmeister»,  est beaucoup plus entraînante et lourde. Il y a un petit bruit de synthétiseur en arrière-plan qui distorsionne avec la basse très percussive. J’ai beaucoup aimé cette pièce-là.

«Die Verkehrskadettin» est ma favorite. J’avais l’impression d’être dans les années 90 avec les débuts de Terminal Choice (qui est l’un de mes groupes allemands préférés). Je ne sais pas si le son de guitare/basse que j’entendais était vrai ou synthétisé, mais ça ajoutait à la pièce. J’ai trouvé que la chanson était plus complexe et complète dans son ensemble. Il avait plus de variation musicales entre les moments percussifs et les  »bridges » électroniques. Elle est mon coup de cœur du EP.

J’ai trouvé «Der Lustknabe», dernière chanson du EP, beaucoup plus futuriste que les autres. Il y avait beaucoup plus d’utilisation de son électronique à la sauce techno. La voix était aussi plus harmonieuse que criarde. Même si je suis pourrie en allemand, je pouvais saisir les mots.

Je terminerai en ajoutant que c’est un groupe qui est à surveiller de près pour les personnes qui aiment les groupes Goth-Électronique allemands. Ils ont su créer une musique où aucune des chansons n’est pareille musicalement et ainsi le EP offrent des ambiances variées. Je trouve que le EP peut s’écouter tranquille à la maison, durant les longs voyages en voiture ou pour vous crinquer le ponpon juste avant d’aller danser.

Pour en écouter plus via Soundcloud si l’écoute du EP ci-bas vous en donne l’envie.

Marie-Noëlle

En rafale, janvier, février et mars!

En rafale

 

Me voici de retour avec ma chronique «En rafale» qui vous propose un survol de quelques parutions au cours des 3 mois que mentionne le titre. J’espère que vous apprécierez la diversité musicale que je vous présente et qu’à votre tour, vous ferez de belles découvertes. – Mathieu Audet

 

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Marilyn Manson - The Pale emperor

 

Marilyn Manson

«The Pale Emperor»

Hell, etc.

 

La musique du groupe Marilyn Manson a occupé une partie importante de mon adolescence. Je me souviendrai toujours de la première fois que j’ai entendu l’album «Antichrist Superstar». Cet album, ainsi que les deux autres qui allaient suivre, sont des milestones importants de la musique des années 1990. Les dix dernières années ont cependant été plus dures pour Manson, musicalement parlant. Les trois albums qui ont suivi «The Golden Age of Grotesque» ont été au mieux que très ordinaires. Le groupe se rattrape un peu (trop peu, trop tard) avec son 9e album intitulé «The Pale Emperor», mais on est encore à des lunes de son meilleur matériel. Ironiquement, les meilleures chansons sont les pistes acoustiques qui sont incluses avec la version deluxe. L’album porte bien son nom, car l’étoile de Manson pâli un peu plus à chaque année, et on se demande quand elle s’éteindra…

Note: 4 / 10

Date de sortie : 15 janvier 2015

 

 

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The Gentle Storm - The diary

 

The Gentle Storm

«The Diary»

Inside Out Music

 

Le nouveau projet d’Arjen Anthony Lucassen (Ayreon). Pour celui-ci, il fait équipe avec la talentueuse Anneke van Giersbergen. Bien qu’on reconnaisse son style de composition, ce projet se démarque assez bien de ce qu’il a fait avec Ayreon. C’est moins prog, plus rock et straightforward. Plusieurs instruments traditionnels sont utilisés, ce qui vient donner une touche intéressante à plusieurs pistes. L’album est séparé en deux disques, le premier contient les chansons en version acoustiques (gentle) et le deuxième contient les chansons en version rock (storm). C’est un beau bonus!

Note: 8 / 10

Date de sortie : 23 mars 2015

 

 

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Universe Effects - In the Haze that Surrounds Us

 

Universe Effects

«In the Haze that Surrounds Us»

Indépendant

 

Je dis souvent qu’il se fait de l’excellent prog à Québec, on a qu’à penser à Inner Odyssey, Piezo et Southern Cross. Universe Effects vient de s’ajouter à ce groupe sélect. Leur premier album «In the Haze that Surrounds Us» est solide, intéressant, bien composé et bien réalisé. Ils se sont même gâtés en engageant les services de Jens Bogren pour le mastering! La qualité de la composition et de la prestation est à souligner, en particulier pour un jeune groupe. La trilogie de chansons «Lost in Time», faisant au-dessus de 30 minutes, est le highlight de l’album. Je regrette de ne pas avoir pu assister au lancement de l’album, mais je ne manquerai certainement pas leur prochaine prestation live. À découvrir immédiatement!

Note: 9/10

Date de sortie : 25 février 2015

 

 

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Lonely Robot - Please come home

 

Lonely Robot

«Please Come Home»

Inside Out Music

 

Je ne connaissais pas ça (il s’agît d’un nouveau projet de John Mitchell, duh), je ne sais pas trop comment le décrire, mais j’ai aimé ça. La seule chose qui m’importe, c’est que le gars derrière ce projet soit au courant qu’il est un être humain et non un robot. Sinon le reste me va. Allez écouter ça, c’est robo-érotique.

Note: 8 / 10

Date de sortie : 10 mars 2015

 

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Beardfish - 4626-COMFORTZONE

 

Beardfish

«+4626-COMFORTZONE»

Inside Out Music

 

Allez, sortez de votre zone de confort.

 

Unhuman – Unhuman (2013) – Critique d’album

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Unhuman

«Unhuman»

2013

1. Chaotic Equilibrium
2. Douces Pensées…
3. Mutant Wars
4. Hallucinogenic Symphonia Delirium
5. Sécheresse
6. Once Again
7. [in]Human Being
8. État d’Contrôle
9. Psychotic Afterlife
10. Individual Timeless Reality

D’abord et avant tout, ce qui retient l’attention chez un consommateur de musique est l’art visuel présenté sur la pochette d’un album. De façon générale, ce dernier est très caractéristique et révélateur de ce qui attend l’oreille qui lui prêtera son écoute. Il est juste de dire que c’est bel et bien le cas pour l’album éponyme d’Unhuman, sorti à la fin du mois d’octobre 2013. La créature imagée sur le dessus de l’enregistrement, œuvre fièrement dessinée par l’artiste Xueguo Yang, laisse présager des passages qui sortent des conventions. Avis aux amateurs de sensations auditives; vous serez servis.

Ayant déjà produit deux démos, respectivement «Too Drunk For Nothing» en 1999 et «Individual Timeless Reality» en 2001, la formation québécoise relâche finalement leur premier album complet en 2013, titre partageant le même nom que le groupe. Fondateur et toujours à la tête de la formation, Youri Raymond (Guitare/Chant) est le principal intéressé quant à la composition musicale et l’écriture des paroles. En collaboration avec lui, on retrouve aussi Kevin Chartré (Guitare), Mathieu Bérubé (Basse) et Alexandre Dupras (Batterie).

L’album commence en force avec le titre «Chaotic Equilibrium», qui lève la barre assez haute en combinant une technique précise et des mélodies déchirantes, propres à leur style death métal unique. On parle ici d’un cinq minutes trente de pur orgasme tympanique alors que le déluge de riffs de guitares inhumains fait rage à travers les hauts-parleurs, maintenant utilisés à leur capacité maximum. Eh oui, dès la première piste, il est possible de comprendre l’origine du nom du groupe.

Suite à cette première chanson, il est naturel de se demander comment le reste l’album sera à la hauteur de ce qu’a laissé présager son introduction. Cependant, le vase débordant de talent qu’est Unhuman sait livrer la marchandise. Avec des titres introduits dans les premiers projets de la formation, comme «Mutants War», «Hallucinogenic Delirium Symphonia» (premièrement apparue comme «La Symphonie du Délire») ou encore «Sécheresse», les collectionneurs avides de nouvelles expériences auditives plus qu’hallucinantes seront d’autant plus charmés. Les cris puissants et viscéraux s’harmonisent à merveille avec les partitions de guitares, s’engageant à travers l’incomprise cacophonie musicale et dans le monde merveilleux du métal technique. Rythmes effrénés, précision exceptionnelle; bref, des musiciens extrêmement talentueux propriétaires d’instruments qui ne se voient pas ménagés.

Courte pause, peu après avoir franchi la piste médiane, offerte en introduction de «[in]Human Being», donnant un peu de repos aux oreilles tout en les gardant réchauffées pour le reste à suivre. Très courte pause effectivement, puisque les riffs lourds et les harmoniques reviennent assez rapidement prendre d’assaut les bandes audio. Concluant avec «Psychotic Afterlife» et «Individual Timeless Reality», l’énergie émise connaît un sommet. C’est un voyage hors de la stratosphère; si vous n’êtes pas encore tombés en bas de votre chaise, rien ne le fera! Une quantité d’informations auditives incroyable se bouscule, et une fois décortiquée, laisse place à un chef d’œuvre pour ce genre musical.

S’il n’est pas possible de décerner une note parfaite à un album de musique, celui décrit ci-haut s’en rapproche drôlement. C’est entre autre dû à la belle progression offerte tout au long de l’écoute, à la rapidité et l’efficacité de l’enchaînement des notes et pour l’assurance des instrumentistes qui se fait ressentir du début à la fin. Chapeau aux musiciens pour ce bel ouvrage. Leur prochain enregistrement sera un split en coopération avec le groupe ontarien Killitorous. Aucune date précise n’est évoquée à ce jour, mais il devrait faire surface au courant de l’année 2015. C’est un rendez-vous à ne pas manquer!

Charles-Olivier Giguère

Unhuman est un groupe non seulement délirant, hallucinant, psychotique – vous aurez compris que j’emprunte aux titres des pièces de l’album pour décrire le groupe 😉 – mais c’est aussi des musiciens dans la catégorie de l’élite, qui font de la musique à la fois mélodique, psychédélique, et tout à fait mémorable. L’album éponyme d’Unhuman est selon moi tout simplement un des meilleurs opus de cette décennie et c’est peu dire. C’est probablement l’un des ouvrages les plus remarquables à l’échelle de plusieurs décennies.

Malgré le côté extrême et déjanté, on retrouve derrière les paroles de Youri Raymond, bien sûr un côté engagé venant des frustrations vécues face à la société, mais également l’aspiration pour un monde meilleur pour tous les êtres vivants. Pour moi, l’image du terme Unhuman telle que je la perçois est une antithèse de l’humain corrompu d’aujourd’hui, un cri de rage pour dénoncer son inhumanité. Je crois qu’on peut le voir comme ceci en faisant travailler l’imaginaire: À une époque où l’humain est corrompu par le pouvoir, le capital et toutes les valeurs artificielles de notre quotidien qui nous éloignent des vraies richesses comme la fraternité avec les autres formes de vie qui nous entourent, c’est peut-être dans l’inhumanité que réside la clé des problèmes humains actuels.

Une chose est sûre à propos de la musique de ce groupe. Malgré son véhicule enragé et complètement brutal, une énergie positive émane de leur esprit de composition. On a droit durant cet album à des grooves très palpables et de quoi fendre jusqu’aux oreilles le sourire du mélomane, une orgie de mélodies minitieusement superposées dans une architecture qui fait ressentir l’euphorie. Le quatuor est tout aussi envoûtant dans chacun de ses quatre coins, alors que d’un coté, Mathieu Bérubé martèle la basse à 7 cordes avec une énergie frénétique, Alex Dupras bûche son drum avec une de ces palettes de grooves que vous ne retrouverez pas chez les grands détaillants, Kevin Chartré ajoute à tout cela son bagage de guitariste rempli de technique et Youri se déchaîne en double sur ses riffs de guitare sans ménagement et ses cordes vocales à la portée déstabilisante (n’ont-elles donc pas de limites?).

Avec au total trois titres en français sur l’album, le groupe ne néglige pas ses origines. Les titres «Mutants War», «Hallucinogenic Delirium Symphonia», «Once Again» et «Individual Timeless Reality» sont absolument mémorables, sans rien enlever au reste de l’album qui est tout autant de calibre de la première à la dernière pièce. Un album recommandé à tous les fans de death metal mais surtout a ceux qui cherchent quelque chose de rafraîchissant, car ce n’est pas n’importe quel death metal.

Francis LaBadie