by Louis Olivier Brassard Gelinas | Oct 23, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

BLACK EMPIRE
«Darkness is My Throne»
Indépendant/Self-Release
2015
Liste des pieces
«Eclipse»
«Smoke»
«Hell Earth»
«Darkness Is My Throne»
«Mort à la Patrie»
«Reaper»
«Traverse»
«Soulstorm»
«From Life to Essence»
«In Memoriam»
*Scroll down for English version
Après m’avoir impressionné il y a deux ans avec la parution de son premier album, «2000 AD», la formation Black Metal abitibienne BLACK EMPIRE revient à la charge cette année avec un second opus, «Darkness is My Throne».
Avec une production organique rappelant les efforts des maîtres suédois du genre dans les années 1990, le trio nous présente cette fois un effort beaucoup plus constant et solide que son premier album. Les mélodies de guitare sont accrocheuses, les hurlements râpeux solides et la batterie semble être installée directement dans mon salon quand j’écoute l’album. La basse est aussi bien présente, contribuant à rendre le son du groupe plus imposant.
Les compositions sont dans l’ensemble plus efficaces et matures que sur le premier opus, ce qui démontre une évolution bienvenue. Les fanatiques de groupes tels que Dark Funeral, The Black, Necrophobic, Dissection et consorts ne seront aucunement déçus par cet opus franchement réussi!
8,5/10
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
Having impressed me two years ago with the release of its first album, «2000 AD», the Black Metal outfit from Abitibi BLACK EMPIRE comes back in full charge this year with a second album, «Darkness is My Throne».
With an organic production recalling the efforts of the Swedish masters of the genre in the 1990s, the trio presents this time a lot more consistent and solid effort than its first album. The guitar melodies are catchy, the raspy screams are solid and the drum seems to be directly in my living room when I listen to the album. The bass is present as well, helping to make the sound more imposing.
The compositions are generally more efficient and mature than on the first album, demonstrating a beneficial evolution. Fanatics of bands such as Dark Funeral, The Black, Necrophobic, Dissection and others will not be disappointed by this definitely well done album!
8,5/10
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Sep 22, 2015 | Critiques, Critiques de Shows
VULCAIN avec RIOTOR, SACCAGE et CANCERIC à la Salle Multi de Québec, le dimanche 13 septembre 2015. Une présentation de Noise Isn’t Noise.

Après un passage au «Wings of Metal» à Montréal (dont vous pouvez lire la revue d’Antoine ici) et une visite à Ottawa, la légende du Heavy Metal français VULCAIN s’amenait à Québec pour la tournée 30 ans de «Rock n’ Roll Secours», en l’honneur de son premier album du même nom publié en 1984. L’ouverture de la soirée serait confiée aux tyrans de Riotor, aux escadrons de la fête infernale de Saccage et aux nouveaux venus du Death Thrash de Canceric. La table était donc mise pour une soirée de Métal intéressante et c’est ainsi que ma louve chasseresse et moi nous dirigeâmes vers les lieux des hostilités avec célérité malgré une température pluvieuse et fraîche.
En faisant notre entrée dans la Salle Multi, nous pûmes constater qu’elle était plutôt loin d’être remplie alors que l’heure prévue du début du spectacle approchait dangereusement. Spectacle un dimanche en période de rentrée scolaire, température moche, abondance de concerts métalliques dans les dernières et prochaines semaines; plusieurs facteurs pouvaient être à blâmer pour expliquer que la foule ne soit pas si imposante en nombre.
Probablement pour atteindre un quota plus favorable de participants, CANCERIC retarda son entrée en scène d’environ une demi-heure et commença enfin sa prestation devant un parterre décemment clairsemé, mais attentif. Fondé en 2013, le quintette montréalais se compose de William Pichette (chant), Julien Provost (guitare, chœurs), J-F Tremblay (basse «fretless») et Zack Osiris (batterie, chœurs). Leur musique est un assemblage de Death et de Thrash interprété avec une relative modernité et ceux-ci nous présentaient le 3 juillet dernier le EP «Annihilated Into Hellfire». Sur scène, le groupe se livra à un pilonnage très efficace à l’aide des motifs rapides et accrocheurs que contiennent ses assauts. Cependant, les membres s’envoyaient parfois des regards remplis de doute qui semblaient indiquer des difficultés. Pourtant, je ne notai aucun problème majeur dans leur prestation, peut-être était-ce dû à un problème à s’entendre sur la scène. Toutefois, le groupe sut attirer l’attention des spectateurs et réchauffer l’ambiance pour la prochaine troupe.
SACCAGE prirent place sur scène après une pause un peu longue. Saccage est un quatuor originaire de Québec qui fait dans le pas propre, le méchant et le je-m’en-foutisme festif. La bande se compose de Nath Botch (guitare), Dan Mécréant (chant), Phat Labrosse (basse) et Gauthier (batterie). Avec son Black/Thrash/Death/Crust simple et efficace, la troupe déclencha, aussitôt sa prestation entamée, des hostilités festives dans une foule bien compactée à l’avant de la scène. Saccage qui nous présentait en mai une compilation, sur PRC Music, «Vorace MMXV» une compilation du EP «Vorace» (2014) et de pièces live, aura donc enflammé les ardeurs des spectateurs présents. Les douches de bière et la brutalité furent donc à l’honneur pendant une courte performance qui ne laissa personne indifférent. Énergique, charismatique et irrévérencieux, le groupe fit même participer la foule en délire à ses chansons avec des micros pointés sur elle. En somme, ce fut une joyeuse dérape.
RIOTOR succéda à Saccage après une autre pause encore plutôt longue. La bande au son Death Thrash de la fin des années 1980, s’amenait sur scène dans l’intention de nous présenter son dernier bébé, l’album «Rusted Throne» disponible depuis le 20 juin dernier. Comme à leur habitude, Ismarevil (chant) et sa bande complétée par Kevinator (guitare), Gabrihell (guitare), Stefanatik (batterie) et Mikalcoholic (basse) ne lésinèrent pas sur la puissance sonore pour nous en mettre plein la figure. La violence fut inévitablement au rendez-vous et la prestation fut solide en tout point. Les hostilités et les douches de bière se poursuivirent sans relâche pendant un set d’une intensité sans équivoque. Le groupe se retira finalement sous les acclamations de la foule pour laisser place à la tête d’affiche.
VULCAIN commença donc sa prestation avec environ une heure de retard sur l’horaire de la soirée. Ce fut donc un crève-cœur de constater la désertion de la salle par une grande part des spectateurs lorsque le trio commença à s’exécuter passé 23 h 30. Malheureusement pour eux, Daniel Puzio (guitare, chant), Vincent Puzio (basse) et Marc Varez (batterie) étaient en grande forme et se lancèrent aussitôt dans une interprétation du succès «Rock n’Roll Secours» issu de l’album éponyme publié en 1984. La troupe parfois affublée du surnom de «Motörhead français», en raison de son Rock n’ Roll alourdi, fortement accéléré et de la voix de son chanteur-guitariste qui ressemble fortement à celle de Lemmy, mais qui se distingue tout de même de son inspiration principale par des paroles plus engagées et francophones, nous en livra ensuite pour notre argent avec une sélection impressionnante passant par toutes les époques de Vulcain. Malgré le fait que le public s’amenuisait au fur et à mesure de la performance en raison des horaires d’autobus et de l’heure tardive, ceux qui restèrent jusqu’à la fin ne ménagèrent pas leur enthousiasme envers les Parisiens. Ceux-ci nous achevèrent avec une reprise de Motörhead comme clin d’œil à leur réputation, soit une superbe version de «We are the Road Crew» en français!
Ce fut donc un concert mémorable rassemblant divers types de Métaux sous la férule de légendes du genre évoluant depuis 1981. Malgré une foule peut-être décevante par rapport à la capacité de la Salle Multi et aussi par rapport à la qualité des prestations offertes par les artistes invités. Un respect de l’horaire plus serré aurait certainement pu faire en sorte qu’il y ait plus de spectateurs pour la tête d’affiche bien que la case horaire choisie pour le concert n’était pas des plus favorables. En terminant, je désire remercier Dany Beauregard de Noise Isn’t Noise pour l’accès au concert.
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Sep 17, 2015 | Critiques, Critiques de Shows
Arkona, Heidevolk, Helsótt et The Dread Crew of Oddwood à la Salle Multi de Québec le Jeudi 10 septembre 2015. Organisé par District 7, une présentation de Envol et Macadam et Tremblay.

Depuis le premier passage d’Arkona en terre d’Amérique qui avait emmené la troupe à la défunte Agitée à Québec le 16 novembre 2011 pour un spectacle à l’atmosphère endiablée, Maria (Masha Scream) et ses sbires étaient forts attendus dans la Vieille Capitale. Ce sentiment d’attente fut amplifié par un second passage prévu en 2013, mais annulé à cause d’un problème de visa de travail. Or, jeudi dernier, la tournée nord-américaine d’Arkona était bien entamée et les fanatiques de la bande russophone s’armaient de pied en cap pour assister à une prestation rituelle épique.
Arrivés dans la Salle Multi peu avant 20h, ma guerrière païenne et moi eûmes le temps d’admirer la marchandise proposée par les différents groupes avant que les lumières de la salle ne soient tamisées pour faire place aux Californiens de The Dread Crew of Oddwood. La troupe affublée de costumes de pirates du 17e siècle menée par le «capitaine» Wolfbeard O’Brady évolue dans un style obscur qu’elle qualifie elle-même de Heavy Mahogany. Ma première réaction à leur musique absolument dépourvue des éléments traditionnels du Metal à l’exception de la batterie en fut d’abord une de surprise, parce que je m’attendais à quelque chose de plus Folk Metal, mais la musique de la troupe se révéla entièrement constituée d’instruments traditionnels du folklore et d’aucune trace d’électrification propre au Metal. Mandolines, orgue de barbarie et contrebasse menèrent donc le bal avec aplomb et des thématiques lyriques fantaisistes furent développées dans une atmosphère déjantée qui sembla cependant diviser la foule déjà nombreuse entre ceux qui se demandaient à quoi tout cela rimait et ceux qui semblaient amusés par le tout. Ma seule réserve réelle provint d’une sonorisation déficiente de la batterie pendant leur prestation ou encore d’une sur amplification des instruments à cordes qui enterrait la batterie et rendait les avalanches de notes composant les chansons du groupe parfois dures à suivre. En somme, ce fut une ouverture de soirée divertissante et festive qui fut un peu ternie par une sonorisation cahoteuse à mon avis.
Après un entracte plutôt court, Helsótt fit son entrée sur la scène de la Salle Multi pour sa première performance dans la Vieille Capitale. La troupe de Métal païen provient de Californie et a deux albums à son actif. Les membres sont : Eric Dow (voix gutturales), Mark Dow (guitare, chœurs), Mikey Muller (basse), Cooper Dustman (batterie), David Walston (guitare de tête) et Bri Steiner (voix soprano et flûte). Musicalement parlant, la troupe nous livra sans surprise un Death/Thrash mélodique teinté d’éléments folkloriques et païens. Les musiciens donnèrent donc une performance juste et énergique malgré le côté générique du son du groupe qui reste bien confortablement ancré dans les standards les plus communs du genre. Je restai donc circonspect devant si peu d’originalité, mais l’élément le plus dérangeant de leur prestation fut le manque de justesse vocale de leur chanteuse, surtout évident à partir du milieu de leur prestation. À sa décharge, elle ne fait partie du groupe que depuis juin et il est possible qu’elle ne s’entendît pas bien, cependant ses fausses notes incessantes à partir du milieu de leur prestation combinée à la répétitivité de certains motifs vocaux (des «ouououououou» dans presque toutes les pièces) me firent perdre patience avec le groupe. De plus, ses mouvements de scène digne d’un spectacle de «Disney on ice», faisant la vague des bras au rythme de la musique, tout comme sa tenue gothique à la Evanescence, décrédibilisèrent l’unité visuelle du groupe autrement pas mal plus intransigeante. En somme, pour moi ce fut le pire moment de toute la soirée et je ne pus m’empêcher de penser que bien des groupes locaux évoluant dans la même catégorie auraient pu faire beaucoup mieux.
C’était maintenant aux Néerlandais de Heidevolk de prendre place sur scène. Avec le départ récent de Reamon Bomenbreker (guitare) et de Mark Splintervuyscht (chant), la formation se présentait à Québec comme suit : Joost den Vellenknotscher (batterie), Rowan Roodbaert (basse), Kevin Vruchtbaert (guitare), Lars NachtBraecker (chant) et les remplaçants Jacco de Wijs (chant) et Kevin Storm (guitare). Avec leur Folk Métal païen empreint de lourdeur et d’arrangements vocaux raffinés et superbes, la troupe suscita les ardeurs de la fosse aussitôt leur prestation entamée. Le groupe continua de plus belle avec une prestation précise, puissante et variée qui alla piger dans les cinq albums de la formation réputée, ce qui donna lieu à des réactions enflammées du public et une ambiance survoltée. Peu familier avec la discographie du groupe et les connaissant plutôt de réputation, je fus enchanté par leur musique mélangeant plusieurs variantes de Métal à des influences païennes et folkloriques dans un tout cohérent et extrêmement efficace. Ce fut donc ma découverte de la soirée.
Le temps était maintenant venu d’accueillir la tête d’affiche de la soirée et on put aussitôt constater la fébrilité des spectateurs qui se dirigèrent rapidement à l’avant de la scène pour prendre Arkona en pleine gueule. Sans crier gare, l’introduction orchestrale retentit dans la salle et le groupe entama sa performance avec l’épique «Yav» de son dernier album du même nom. Choix audacieux puisque la pièce dure plus de treize minutes, mais choix judicieux, car elle fut livrée avec une énergie peu commune de la part de Masha, chanteuse et compositrice de la troupe. Cette énergie endiablée fut d’ailleurs la règle de sa part, tout au long d’un set composé des meilleures pièces du quintette. En effet, celle-ci donna une leçon à bien des «frontmen et frontwomen» en ne cessant de brasser la tête et de courir d’un bout à l’autre de la scène tout au long de la prestation. De plus, autant ses hurlements gutturaux caractéristiques que ses voix claires puissantes furent exécutés avec une justesse et un aplomb pratiquement surhumain. Les musiciens Sergei «Lazar» (guitare), Andrey Ischenko (batterie), nouveau venu depuis 2014 et Vladimir «Volk» (flûtes et cornemuse) ne furent aucunement en reste avec une performance d’une précision sans faille. La fosse circulaire donna lieu à des hostilités épiques tout au long de la prestation d’Arkona et fut d’une intensité qu’on voit rarement de nos jours, même dans des concerts de musique beaucoup plus extrême. Ce fut donc une prestation hautement appréciée pour Arkona.
En conclusion, hormis ma déception face à la prestation bancale de Helsótt, je fus pleinement satisfait par cette soirée consacrée au Métal teinté de Folklore et de Paganisme. Heidevolk aura été une superbe découverte pour moi, alors que les membres de Arkona auront à nouveau prouvé pourquoi ils méritent la couronne du Folk Métal Païen. The Dread Crew of Oddwood aura été un très bon divertissement en ouverture de soirée malgré une sonorisation déficiente des percussions. En terminant, j’aimerais remercier Karl-Emmanuel Picard de District 7 pour l’accès à la salle.
–Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Juil 30, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

AVERSION
«Aversion»
Indépendant/Self-released
Mars 2015
Liste des pièces :
«Espoirs Brisés»
«Flesh Of The Maggot»
«Pre-Life Nostalgia»
«Sacrifice»
«Your Hate Against Mine»
«Nie Udało Się»
«Stench Of Despair»
«Gangrene Harvest»
*Scroll down for English version
Depuis 2011, la formation montréalaise AVERSION a pris d’assaut la scène Black Metal québécoise avec des hymnes froids d’obédience scandinave teintés de certains aspects de Thrash Metal. Après une démo intitulée «Pre-life Nostalgia» (2013), la troupe menée par la chanteuse d’origine polonaise Vena Kava nous arrivait le 10 mai dernier avec un premier album de pleine longueur en carrière. La grande question était donc de savoir si AVERSION parviendrait à se démarquer dans la niche déjà extrêmement populeuse et malheureusement souvent infectée de médiocrité du Black Metal? D’entrée de jeu, la réponse sera positive!
En effet, sur son album éponyme, la formation complétée par Max Macabre (guitares), Nemrod (guitares), Leather King (basse) et Vilain (batterie) nous présente 8 titres se distinguant par des motifs de guitare accrocheurs tout en restant sombres, la voix râpeuse et tranchante de la sculpturale chanteuse et une batterie au jeu riche. Les compositions du groupe sont aussi caractérisées par des dynamiques intéressantes contenant des variations de tempos et de structures, évitant ainsi le piège de la monotonie.
Côté production, AVERSION opte pour la sobriété avec une sonorité organique et dynamique qui rend le tout humain et ne tombe pas dans une saturation à outrance ou une surproduction mécanique comme on en entend trop de nos jours. Le son ainsi obtenu est clair quoique comportant juste assez de saleté et naturel pour tous les instruments au risque de paraître un peu fade aux premières écoutes. La basse a aussi sa place dans le son d’AVERSION, ce qui n’est pas toujours le cas sur les albums Black Metal.
On est donc en présence d’un album de Black Metal qui se distingue par des compositions inspirées par les maîtres scandinaves du genre tout en comportant son originalité dans un côté accrocheur qui provient de certaines influences Thrash Metal se signalant par une concentration sur les tempos moyens et des motifs et solos de guitare agencés avec goût. Vilain ne se contente pas de pilonner tout sur son passage, mais sait aussi rajouter des passages plus «groovys» à la batterie ce qui enrichit grandement les compositions du groupe. Enfin, Vena Kava livre une performance exemplaire avec une voix agressive, très rauque, mais restant déchiffrable et mélodique à sa façon.
En somme, avec son album éponyme, AVERSION nous démontre tout son potentiel sur la scène Black Metal montréalaise. Avec des pièces accrocheuses, interprétées avec talent et à l’aide d’une production sobre et naturelle, le quintette a tout pour se distinguer de la masse des groupes Black Metal de la Belle Province. De plus, le groupe arrive à ce résultat tout en restant ancré dans la tradition d’inspiration scandinave que les amateurs d’arts noirs recherchent. L’album vaut le détour. Pour les résidents de Québec, AVERSION sera en spectacle avec NÄLZER, HAK-ED DAMM et PANZERFAUST le vendredi 31 juillet à l’Anti (anciennement l’Agitée) et ce sera samedi pour les Montréalais à l’Alizé.
8/10
Pièces favorites: «Espoirs brisés», «Your Hate Against Mine», «Nie Udało Się», «Gangrene Harvest».
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
Since 2011, the Montreal band AVERSION stormed the Quebec Black Metal scene with cold hymns of Scandinavian obedience tinged with some aspects of Thrash Metal. After a demo entitled «Pre-life Nostalgia» (2013), the band led by the singer of Polish origin Vena Kava arrived on May 10th with a first full length album. The big question was therefore whether AVERSION manage to stand out in the Black Metal niche already extremely crowded and unfortunately often infected by mediocrity? From the outset, the response will be positive!
Indeed, on its self-titled album, the outfit completed by Max Macabre (guitars), Nimrod (guitars), Leather King (bass) and Vilain (drums) presents 8 songs caracterized by catchy guitar patterns while still dark, the sharp and raspy voice of the sculptural singer and varied drum patterns. The compositions are also characterized by interesting dynamics that contain variations of tempos and structures, thus avoiding the trap of monotony.
On the production side, AVERSION opted for sobriety with an organic and dynamic sound that makes it human and does not fall in an excessive saturation or mechanical overproduction as we hear too much these days. The resulting sound is clear though with just enough dirt and feels natural for all instruments at the risk of sounding a bit bland at first listening. The bass also got its part of the spotlight in AVERSION, which is not always the case with Black Metal albums.
We are therefore in the presence of a Black Metal album that is characterized by compositions inspired by the Scandinavian masters of the genre while featuring its originality in a catchiness that comes from certain Thrash Metal influences noticeable with the focus on mid-tempos and guitar patterns and solos arranged with taste. Vilain is not content to pound everything in its path, but also knows how to add more groovy drum patterns which greatly enhance the compositions. Finally, Vena Kava delivers an exemplary performance with an aggressive voice, very hoarse, but still decipherable and melodic in its own way.
In short, with his self-titled album, AVERSION demonstrates its potential on the Montreal Black Metal scene. With catchy songs interpreted with talent supported by a sober and natural production, the quintet has all it takes to stand out from the mass of Black Metal bands of the Belle Province while remaining rooted in the Scandinavian-inspired tradition that lovers of the black art are looking for. This album is worth listening to. For the Quebec city residents, they’ll be performing with NÄLZER, HAK-ED DAMM et PANZERFAUST this Friday at l’Anti (formerly l’AgitéE) and the whole bunch of bands moves to Montreal to perform at l’Alizé on Saturday.
8/10
Favorite tracks: «Espoirs brisés», «Your Hate Against Mine», «Nie Udało Się», «Gangrene Harvest».
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Juil 30, 2015 | Critiques, Critiques de Shows, Uncategorized
Mutank, Black Absinthe, Python et Цар Стангра (Tsar Stangra) au Bar la Source de la Martinière à Québec le samedi 25 juillet 2015.

Avec la segmentation toujours plus apparente du Metal en une pléthore de sous-genres quasi indépendants les uns des autres, il est devenu de plus en plus rare de voir des alignements de spectacles vraiment diversifiés. Or, c’était précisément ce qui nous était offert samedi dernier alors que notre grand sage Lex Ivian, Stanislav Stefanovski (Phosphorus, Цар Стангра) et son complice Yvan Létourneau (Phosphorus, Dépérir) avaient concocté un premier concert pour le projet Black Metal païen à consonance bulgare Цар Стангра de Québec en invitant des groupes aussi différents que: Python (Heavy Metal), Black Absinthe (Heavy Metal) et Mutank (Crossover Thrash Metal). La table était donc mise pour une soirée haute en rebondissements.
Arrivés sur les lieux du crime vers 19 h 30, ma délicieuse métalleuse et moi eûmes le temps de lier des conversations avec les différents protagonistes de la soirée avant que Цар Стангра n’entame la soirée avec quelques minutes de retard sur l’horaire prévu de la soirée. J’étais très excité de voir le tout premier concert du duo devenu quintette pour la scène avec l’addition de Mike Raymond (batterie), Raphaël Raymond (guitare rythmique) et Marc-André Houle (claviers) à l’alignement original formé de Stanislav Stefanovski (basse, voix) et Dobrin Stoyanov (guitare soliste). Effectivement, j’étais très curieux de voir leur Black Metal païen entièrement chanté en Bulgare, dans la plus pure tradition du métal noir slave, transposé sur scène en sachant que la formation avait eu assez peu de temps pour préparer son premier rituel. Cependant, dès les premières notes de leur prestation, complimentées par une très bonne sonorisation de Matthieu Pettigrew (Valknacht), je pus constater que la troupe était prête pour l’attaque. Revêtus de maquillages cadavériques traditionnels, les membres du groupe menèrent leur prestation d’une musique imposante, dynamique et riche en atmosphères avec une belle assurance. Stan s’illustra très positivement à la basse et au chant, alors que Dobrin nous livra des solos superbes sur sa guitare fabriquée par ses propres soins. Le reste de la troupe joua son rôle avec talent et précision. Ce fut en somme un premier test réussi haut la main pour la formation qui lançait ce soir-là sa première démo sur CD intitulée «Xah Kybpam» (2015).
Le second groupe à venir prendre la scène était Python de Hamilton en Ontario avec son Heavy Metal traditionnel influencé par des groupes tels que Judas Priest, Iron Maiden, Black Sabbath et Led Zeppelin. Le quatuor formé en 2014 est composé d’Adam Peach (guitare, chant), Brandon Thomas (guitare), Max Colavecchia (basse) et Stewart Frontzak (batterie). La bande a un EP éponyme publié en 2014 à son actif. Sur scène la troupe nous entraîna dans ses motifs de guitare typiques et (un peu trop) répétitifs, entrecoupés de soli jumeaux dont le caractère épique était terni par une certaine prévisibilité. Le son était encore très bien balancé, mais un autre problème s’est pointé le nez car Brandon Thomas a cassé une corde au tout début de leur prestation, problème pour lequel il ne semblait pas voir prévu de solution de rechange et l’obligea à faire appel à la générosité du chanteur-guitariste de Black Absinthe. Autre ombre au tableau, j’ignore s’il est toujours comme ça, mais le batteur Stewart Frontzak avait, tout au long de la prestation, le visage las d’une personne qui souhaiterait être ailleurs et jouait de son instrument comme un adolescent qu’on contraint à faire un boulot dont il ne veut rien savoir, ce qui selon moi est insultant pour un public qui a payé pour voir ça. Sa performance fut musicalement correcte, mais pas plus. Enfin, le groupe ne possède aucune unité visuelle ou d’autres éléments distinctifs qui auraient pu accrocher mon attention, hormis la performance impressionnante du bassiste Max Colavecchia qui nous donne parfois l’impression que le groupe possède trois guitares. En somme, je crois que Python a encore du chemin à faire avant de devenir une force scénique et leur musique sans être mauvaise me sembla un peu générique et prévisible comme la bière Coors Light bue par leur chanteur-guitariste et publicisée par sa camisole.
Black Absinthe, power-trio de Heavy Metal originaire de Toronto, était le troisième groupe à fouler les planches du Bar La Source en cette soirée. La troupe fondée en 2011 compte en ses rangs Jack Cerre (guitare, voix), Kyle Scarlett (basse) et Austin Henderson (batterie) et à deux EP («Augusta» (2012) et «Noise Complaint» (2014)) et un album live («Live at Coalition» (2014)) à son actif. Sur scène, leur musique rassemblant des éléments de Thrash/Speed Metal et de Punk dans un Heavy Metal fédérateur et comportant une certaine originalité ramena un peu de piquant à la soirée après la lassitude que m’avait inspiré Python. La foule modeste, mais attentive signala son approbation avec des hochements de tête et quelques sursauts de violence à l’avant-scène. Le groupe nous livra avec aplomb et énergie ses pièces qui comportent chacune leurs particularités intéressantes que ce soit un passage up-tempo entraînant, ou une mélodie accrocheuse. En somme, la prestation de Black Absinthe fut pour moi le second bon moment de la soirée après le passage de Цар Стангра en début de soirée. Il restait maintenant à Mutank de maintenir la barre au même niveau.
Mutank s’amena bientôt sur scène pour nous présenter son Crossover Thrash Metal tout droit sorti des années 1980. Formation basée à Montréal, mais composée de membres provenant des Maritimes et principalement, semble-t’il, de Terre-Neuve, Mutank est composé de Stephen Reynolds (basse, voix), Amd Amd (batterie), Atsok (guitare) et Lee Whiskey (guitare). La troupe a deux sorties à son actif: la démo «Demo-lition» (2013) et l’album «M.E.C.H. Metal» (2014). Sur scène, le groupe s’amena avec une énergie débordante quoique le son fût un peu moins bien défini dans la salle que lors des trois groupes précédents. D’ailleurs, la voix du chanteur-bassiste était presque totalement inaudible par moments, malgré que ce qu’on pouvait en entendre semblait être très amoché par le spectacle de la veille à Montréal. Musicalement parlant, le groupe livra son Crossover Thrash avec conviction et solidité, mais cela ne suffit pas à cacher que leur musique s’inscrit très fortement dans un style et une période définie sans laisser beaucoup de place à l’originalité. En effet, une passe à la D.R.I par là, un solo à la Metallica période «Kill Em’ All» par ci et pourquoi pas un peu de Slayer pour lier le tout, Mutank rassemble tous ces éléments en les interprétant avec talent, mais en oubliant malheureusement d’y ajouter sa couleur propre. Le clou du spectacle fut certainement la performance du batteur de la formation avec sa rapidité et sa précision impressionnante.
En conclusion, ce fut une soirée en dents de scie qui eut lieu en ce samedi soir ensoleillé de juillet au Bar La Source. Entre les prestations solides et convaincantes de Цар Стангра et Black Absinthe, je fus carrément déçu par un Python en deçà du niveau de la soirée et relativement neutre par rapport à Mutank, malgré leur énergie et leur enthousiasme, car je m’attendais à quelque chose de moins générique. Tout cela ne m’empêcha aucunement d’apprécier cette soirée en bonne compagnie et j’aimerais remercier les organisateurs du concert pour l’invitation et l’entrée.
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas