by Louis Olivier Brassard Gelinas | Oct 29, 2013 | Critiques de Shows

(Toutes les photos du show disponible en suivant ce lien. Une entrevue avec Jesse, chanteur/guitariste de KEN Mode, est offerte à la fin de ce texte.)
En une journée particulièrement mouvementée dans la tour à bureau titanesque qui sert de siège social à la corporation multinationale Ondes Chocs, le PDG hyperactif Dave Rouleau entra dans mon bureau de façon impromptue en hurlant : « GÉLINAS!!! Lâche les photos de pitounes Black Metal, pis va interviewer Jesse Matthewson (guitare, voix) et couvrir le spectacle de son groupe KEN Mode à l’Agitée ce soir! Moi j’ai un souper important avec les actionnaires majoritaires! » C’est ainsi que je pris la direction du haut lieu de la culture souterraine de la ville de Québec, en compagnie de ma fidèle amazone.
L’entrevue précédemment évoquée étant originalement prévue pour 19 h 30, nous arrivâmes sur les lieux du massacre prévu un peu passé 19 h où je profitai de l’accès à la salle, gracieuseté de Karl-Emmanuel Picard de District 7 qui était sagement assis à la porte pour accueillir les spectateurs (merci beaucoup!). Puisque la soirée était encore jeune et que notre interviewé semblait être parti se nourrir, nous posâmes notre postérieur au bar, où nous fîmes le plein de houblon tout en parlant de musique poche, mais involontairement comique avec la barmaid. C’est alors que le photographe d’Ondes Chocs, Elliott Garneau, fit son entrée et qu’il me proposa gentiment de m’aider technologiquement à réaliser l’entrevue prévue avec Jesse. Cependant, le principal intéressé n’était toujours pas là, alors nous allâmes « humer » l’air automnal dehors pendant quelques minutes. Peu après notre retour à l’intérieur, nous aperçûmes les membres de la tête d’affiche arriver en retard sur l’heure prévue et je me précipitai donc pour remplir ma tâche. Une fois cette dernière terminée, je dus remonter l’escalier à la course, puisque Rope avait déjà entamé la soirée.
Avant de parler de leur prestation, je me dois de vous présenter ce groupe local brièvement. Rope est un groupe de Québec qui fait dans le D-beat (fusion de Death Metal primaire et de punk) et le Powerviolence. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ces genres, disons simplement qu’il s’agit de pièces simples, très courtes et violentes, interprétées avec un son gras et extrêmement sale et des paroles hurlées. Le groupe est formé de membres issus des formations Unfallen, Striver, Blacklashed, Punch Out et Revolt et comprend : Yann (Unfallen) au vocal, Matt à la batterie, Charles à la guitare, Jay à la guitare et Sam à la basse. Arrivé en haut je constatai, qu’ils avaient dû s’installer sur le plancher de l’Agitée en avant de la scène puisque cette dernière était trop petite pour accueillir tout le matériel des quatre groupes de la soirée. Cela avait malheureusement pour effet de compacter les nombreux spectateurs présents à l’arrière et sur les côtés, mais cela donna aussi une énergie punk appropriée à leur prestation qui se manifesta par des montées de violence dans la fosse. Je fus d’ailleurs impressionné par la performance très énergique du groupe, notamment Yann qui n’hésitait pas à violenter les spectateurs tout en poursuivant la démolition musicale entamée par leurs pièces superbement agressives et interprétées avec efficacité. Le groupe lançait d’ailleurs son premier EP, intitulé simplement MMXIII, ce soir-là et les amateurs du genre sont cordialement invités à se le procurer au prix que vous souhaitez sur le bandcamp du groupe.
Après une courte pause, ce fut au tour du quatuor Apes de prendre le crachoir, eux aussi installés directement sur le plancher de la salle. Apes est un groupe de Québec qui pratique un Grindcore sombre et violent. Le groupe a sorti son premier album cette année, enregistré au studio Broil et mixé par Raph Malenfant (The Aftermath). C’était la seconde fois que j’avais la chance d’assister à une de leurs prestations dans les derniers six mois et je fus surpris par l’énergie qu’ils démontrèrent cette fois. Si le chanteur, Alex, détonnait du reste du groupe lorsque je les avais vus en mai avec Despise You, car il était beaucoup plus énergique que les autres membres plutôt statiques, cette fois le groupe au complet semblait prendre son pied à présenter ses pièces directes et annihilatrices. Peut-être était-ce le fait de jouer parmi les spectateurs sans frontière entre la fosse et eux? Quoi qu’il en soit, leur performance fut enlevante, notamment lors de la participation de Cath, la vocaliste de la formation Striver, a une de leur pièce. De plus, leur utilisation de passages plus lents et pesants ajouta grandement d’atmosphère à leur prestation endiablée. Leur performance fut donc un succès démontré par une poursuite ininterrompue des hostilités dans la fosse. L’album du groupe pourra être téléchargé, moyennant une participation monétaire de votre choix, en suivant ce lien.
Le prochain groupe à prendre place sur scène (cette fois réellement sur scène hormis le vocaliste) fut Full of Hell, un quatuor de psychopathes provenant d’Ocean City au Maryland et de Pennsylvanie, pour ce qui est du chanteur. Ce groupe évolue dans un genre très original combinant des éléments de drone et de noise à un Death/Grind hyper agressif aux atmosphères nihilistes et démentes. La formation est composée de Dylan aux cris et aux gadgets électroniques, Spencer à la guitare, Brandon à la basse et Dave Bland à la batterie. En cette soirée, le groupe semblait s’être récemment échappé d’un asile psychiatrique à sécurité maximale tellement leur présence scénique et leur performance combinaient violence et démence palpable. Composé de pièces courtes et extrêmement agressives entrecoupées de bidouillage du chanteur sur un attirail de pédales et de boîtes d’effets électroniques, leur tour de chant fut un véritable mur de son érigé par l’expression des aspects les plus sombres de l’humanité. Le jeune chanteur passa le plus clair de son temps dans la fosse à violenter les spectateurs en hurlant tel un damné avec un regard rempli de démence et de rage. Cependant, je notai un certain déséquilibre en ce qui a trait au ratio de pièces présentées par rapport aux interludes bruitistes agressant, résultants de la manipulation desdits gadgets électroniques du chanteur. En effet, ces interludes me semblèrent beaucoup trop nombreux et longs, ce qui nuisit grandement à la fluidité de leur prestation. Pour ceux qui souhaiteraient plonger plus profond dans la folie humaine, suivez ce lien.
Après une dernière pause, c’était maintenant à KEN Mode de venir terminer la soirée en beauté. Pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore, cette formation provient de Winnipeg au Manitoba, existe depuis 1999 et à cinq albums à son actif dont les deux derniers, Venerable (2011) et Entrench (2013) ont largement été acclamés par la critique. Leur musique est un amalgame de Metal, de Hardcore, de Noise et de Progressif qui rappelle parfois les premiers efforts de Mastodon par sa combinaison d’un son sale et de voix hurlées râpeuses avec une musique techniquement avancée. Le groupe se constitue des frères Jesse Matthewson (guitare et voix) et Shane Matthewson (batterie) alliés à Andrew Lacour (basse). Excellente sur album, leur musique se transposa excessivement bien sur scène en ce jeudi soir. En effet, autant l’exécution et la présence scénique furent de haut niveau, ce qui permit au côté envoûtant de leur musique de ressortir et de plaire aux nombreux spectateurs présents. Il fut impressionnant de constater qu’avec seulement trois membres, KEN Mode arrive à produire une musique aussi riche et techniquement élaborée avec autant d’apparente facilité. De plus, ils furent favorisés par un son puissant et enrobant, comme pour tous les groupes de la soirée d’ailleurs, sûrement grâce au nouvel équipement sonore de l’Agitée. La seule réserve que je pourrais soulever fut la brièveté relative de leur performance (environ 45 minutes) qui aurait pu être rallongée d’un rappel compte tenu de la discographie bien garnie du groupe et de son talent. Je vous conseille fortement d’aller consulter leur bandcamp!
En somme, ce fut encore un excellent spectacle présenté par District 7 et la soirée fut un succès autant sur le plan de l’achalandage que des talents démontrés par les groupes à l’affiche. En terminant, je désire remercier Karl-Emmanuel Picard pour l’accès à l’équipe d’Ondes Chocs et Elliot Garneau pour les photos et le support technique de l’entrevue avec Jesse Matthewson!
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas
***Voici une entrevue de Jesse, chanteur/guitariste de KEN Mode, avec une sélection de leur dernier album (« Entrench »), ‘The Promises of God’, ainsi qu’une autre à la fin de leur album précédent (« Venerable »), ‘Obeying the Iron Will’.***
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Oct 29, 2013 | Articles Divers/Primeurs/Annonces

Chers lecteurs d’Ondes Chocs!
Je suis honoré de vous présenter aujourd’hui l’entrevue que j’ai menée avec le leader de Catuvolcus, Pierre-Alexandre Plessix, dans le cadre de la sortie de leur nouvel opus, Voyageurs de l’Aube. Prenez votre casque à plume, votre glaive et votre bouclier et plongez dans l’univers de la Gaule antique! Ensuite, Dave vous présente un vidéo qu’il a monté suite à sa présence en studio avec le band lors de l’enregistrement de la batterie avec Étienne Gallo!
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Winterthrone : Tout d’abord, Catuvolcus est un projet musical qui s’inscrit dans la lignée du Black Metal teinté de musique et de thématiques folkloriques, plus particulièrement le folklore gaulois et celtique. J’aimerais savoir d’où est venue l’idée d’exploiter ce filon à Warwick, au Québec, bien loin historiquement et géographiquement de la Gaule antique et plus largement que tu nous relates l’historique de la création du groupe en 2007; comment le groupe s’est formé et qui étaient les membres à l’origine?
Pierre-Alexandre Plessix: À l’époque j’étais lassé par ces groupes de Viking Métal qui était omniprésent, jusqu’en Chine même! C’était incroyable de voir l’engouement pour cette thématique. Je voulais partir un projet dans la veine Folk/Black par mes influences, mais je ne voulais pas que ce soit viking… Alors j’ai pensé à mes origines directes ! Je suis né à Pontoise en France et l’histoire a toujours occupé une place importante dans ma vie. D’ailleurs mon nom de famille signifierait « entrelacs de bois » en Gaulois. En 2007, j’ai formé le groupe en tant qu’one-man-band. J’ai sorti une première démo en mai 2008. Puis en fin 2008, 3 autres gars m’ont rejoint pour monter le projet live. J’ai rencontré le drummer après le secondaire, aux premiers jours du cegep à Victoriaville, un de ses potes étudiait en musique à Québec et s’est joint à nous en tant que guitariste puis un autre plus jeune que nous (15 ans à l’époque) s’est joint en tant que bassiste. À l’époque j’avais un album de composé, nous l’avons donc enregistré par nos propres moyens ici à Warwick et lancé en mai 2009.
W : D’après mes recherches, Catuvolcus était le Roi, avec un certain Ambiorix du peuple gaulois des Éburons au 1er siècle avant JC dont le nom ne nous est parvenu que grâce à trois mentions dans les Commentaires sur la guerre des Gaules de Jules César. Son nom signifierait en Celte : « Qui combat comme un faucon ». Est-ce bien de là que vous est venu le nom Catuvolcus, comment en êtes vous venus à choisir ce nom et que signifie t’il pour vous?
PAP : Exact ! Tu as raison. J’ai reçu par mon père un livre intitulé Celtes et Gaulois de Patrick Pion. C’est en le lisant que j’ai vu ce nom et qu’il s’est imposé comme entité pour mon projet. Il colle parfaitement à notre thématique, au combat, à l’histoire divulguée dans mes textes. La vie actuelle est un combat, celui qui s’y acharne réussi !
W : Je suis entré en contact avec votre musique lors de la sortie de votre EP intitulé Terres de sang en 2010. J’ai aussitôt été étonné par la qualité des compositions et aussi par leur agressivité sans compromis. En effet, beaucoup de groupes récents évoluant dans le même créneau musical que vous se replient sur l’utilisation de synthétiseurs à outrance et ont un son plutôt léger et festif alors que chez-vous, l’agression et le caractère haineux du Black Metal m’ont rappelé les premières heures du Pagan / Folk Black Metal des années 90. Des noms tels que Bathory et les premiers efforts de Behemoth me sont venus à l’esprit. J’aimerais que tu me parles des influences derrière votre son qui combine agression, mélodies folkloriques et une production moderne qui ajoute un caractère grandiose à votre musique.
PAP : Mes influences sont diverses, côté Black Metal, les groupes norvégiens m’ont influencés. Des groupes tel Myrkgrav, Enslaved, Windir et Borknagar. Mais aussi d’autres comme October Falls, Häive ou Wyrd. J’aime le mélange, j’aime la mélodie, l’acoustique et les ambiances. On retrouve tout ça dans la musique de Catuvolcus.
W : Tout comme plusieurs formations de Black Metal, Catuvolcus a connu plusieurs changements de membres au cours de son existence. Récemment, vous annonciez l’addition de deux noms très connus sur la scène métal québécoise, soit Étienne Gallo à la batterie et Dominic Forest Lapointe à la basse. Comment est-ce arrivé?
PAP : Je recherchais un batteur pour l’enregistrement, j’ai demandé à Benoît Saint-Jean (Talamyus) : « connais-tu un bon drummer qui pourrais jouer du black/folk? » Il m’a répondu: « mon drummer! » Il m’a alors filé le contact d’Étienne, on a parlé du projet, j’ai envoyé les maquettes de Voyageurs de l’Aube, il fut charmé, il a joint l’équipage sans douter et sérieusement c’est vraiment le matelot qui nous fallait! Avec son playing, son expérience et ses idées il vient vraiment donner un nouveau souffle à mes compos, c’est malade ! Pour la participation de Forest, c’est quasi identique, je cherchais un bassiste parce que Matrak (Chasse-Galerie) nous avait quittés. J’ai simplement demandé à Étienne : « connais-tu un bon bassiste? » De fil en aiguille voilà que Forest est dans le bateau ! Lui aussi s’est dit charmé par les chansons et lui aussi ajoute toute une autre dimension aux compositions. Certains aimaient le fait que la basse soit bien audible et en avant-plan sur Gergovia, ce sera pareil sur Voyageur de l’Aube. Chacun a son espace, le son est très riche, c’est rare dans le black métal. On brise les normes? On aime ça.
W : Cela m’amène à m’intéresser à votre processus créatif. Je sais que tu es le pilier créatif principal et fondateur de Catuvolcus, mais quel est l’apport des autres membres? Comment fonctionnez-vous pour la composition?
PAP : Vois-tu sur Gergovia, j’ai composé la moitié, l’autre a été faite par Maxime. Sur Voyageurs de l’Aube j’ai composé la musique et les paroles en entier. Mais je laisse le champ libre pour l’interprète. Le squelette est là, et chacun y ajoute sa chair et c’est que je trouve le plus intéressant. Je ne suis pas un drummer et encore moins un bassiste chevronné, sur Voyageurs de l’Aube chacun a apporté sa touche personnelle, c’est clairement la plus belle œuvre que Catuvolcus aura produite.
W : Tu as glissé un mot de ce que sera musicalement votre prochaine sortie, entre autres grâce à l’apport des deux grosses pointures qui ont rejoint votre formation, mais j’aimerais que tu nous approfondisses en quoi consistera Voyageurs de l’Aube? Combien de pièces se retrouveront sur cette sortie, quels sont les thèmes lyriques abordés et y’a t’il un concept unique comme sur Gergovia?
PAP : Musicalement, c’est un black métal plus progressif parsemé de subtilités. Beaucoup plus de chants clairs, l’acoustique est plus présente que sur Gergovia aussi. Je sentais nécessaire l’apport d’un violon, une nouvelle âme, un côté plus nostalgique. Il s’agit de 3 nouvelles pièces et d’un cover de Woods of Ypres. Ce sera un album court, environ 33 minutes. La thématique est spécifique comme sur Gergovia. Nous sommes en 56 av. notre ère. La guerre des vénètes vient d’être perdue. Le narrateur (l’écriture est à la première personne, une première pour Catuvolcus) ne voit aucune issue dans son entourage pillé, saccagé, non respecté. La seule issue est de quitter, s’effacer, s’enfuir loin pour oublier le fatidique avenir. C’est pour ça que j’écris : je quitte ces terres où j’ai vécu mon premier matin, vers ce havre où je connaîtrais la fin. Le narrateur n’a pas envie de revenir parce qu’il sait ce que sa terre lui réserve. D’ailleurs les textes sont à lire attentivement pour comprendre l’histoire. La troisième qui s’intitule Ressacs de l’Âme est à propos des retours d’esprits du voyageur, des questionnements, du doute. Finalement il se convainc que c’est le meilleur choix. Les paroles s’appliquent autant au passé qu’au présent.
W : Sur Gergovia, vous aviez bénéficié de la participation d’invités spéciaux sur certaines pièces; Barre Gambling de Daylight Dies avait ajouté des guitares acoustiques et Jake Rogers de Gallowbraid des chants clairs sur La Colline de Chanturge et Impetus. Est-ce une expérience que vous avez répétée sur Voyageurs de L’Aube et est-ce que ce genre de participation extérieure à votre musique est quelque chose de totalement planifié ou de plus improvisé?
PAP : J’ai décidé de continuer cette participation sur le nouvel effort. On retrouve donc Jake Rogers (Gallowbraid) aux chants clairs, Joel Violette (Thrawsunblat, Woods of Ypres) aux chants clairs également, Tim Rowland (Woccon) à l’acoustique et Carine Dubarry (An Norvys) au violon. Je dirais que c’est improvisé, ces invités sont heureux d’y participer et je suis heureux de les avoir à mes côtés.
W : Avec une formation « studio » complète, peut-on envisager de vous voir bientôt prendre la route et présenter votre musique sur scène? Et si oui, puisque vous vous êtes rarement produits sur scène et que votre musique a selon moi un grand potentiel de théâtralité, à quoi pourrait-on s’attendre d’un spectacle de Catuvolcus?
PAP : Non, pour l’instant nous sommes tous très occupés dans différents projets et autres groupes très actifs alors les plans pour se produire sur scène sont dans les oubliettes. Il y a aussi le fait que j’apprécie davantage le studio que le live alors je ne pousse pas dans ce sens. Je suis conscient que le live serait un plus, personne ne peut le renier, on verra ce que le temps nous offrira.
W : Un peu dans le même ordre d’idée que la question précédente, avec la formation studio qui s’est stabilisée et la sortie prochaine d’un mini-album, est-ce qu’un album pleine longueur commence à se pointer le nez à l’horizon et y a t’il des idées de concept qui commencent à se présenter?
PAP : En fait Voyageurs de l’Aube se veut un album complet. C’est un album avec un concept, de longues chansons qui dépasseront le standard d’un mini-album. Pour l’instant aucun plan n’est planifié pour un album futur. C’est plutôt une pause qui s’impose. Donc le groupe sera en hiatus après la sortie de Voyageurs de l’Aube. Encore une fois, on verra ce que le temps nous offrira, j’estime que nous avons été assez actifs les 6 dernières années, une pause dans le temps et dans les investissements sera appréciée, crois-moi !
W : Retournons d’ailleurs à Voyageurs de l’Aube et son processus de réalisation. Vous avez travaillé au Studio LaMajeure à Montréal. J’aimerais savoir comment s’est déroulé le processus, qui prendra en main le mixage et le mastering? Je sais que tes voix sont terminées d’enregistrer, mais reste-t-il des étapes à l’enregistrement?
PAP : Nous sommes entrés au Studio LaMajeure grâce à Deathbound Records. Cela a été une très belle expérience dans une ambiance très friendly, pas de stress. Olivier de Deathbound et Max notre guitariste étaient les techniciens en place. Ils ont tous les deux une formation en sonorisation alors ça été comme sur des roulettes. On a donc enregistré le drum et la basse directement là. Les guitares avaient été enregistrées plus tôt en mars pour servir de « ghost track » au batteur et au bassiste. Et comme je disais plus haut, tout ça dans une ambiance très amicale avec les gars de Deathbound, les bières de micro brasseries, le tout entremêlé de conneries, de conversations sérieuses et d’idées loufoques. J’ai vraiment aimé l’expérience d’avoir le band au complet dans la room, on peut jaser, s’échanger des idées, c’est simple et efficace. Pour ce qui est des vocaux, j’enregistre ça chez moi directement à Warwick, au calme dans une grange avec seul voisin des sapins et des feuillus ! Au moment où on se parle, on enregistre le violon sur Voyageurs des Brumes pt 2, j’attends aussi les vocaux clairs de Jake Rogers. Le tout devrait être prêt vers le 15 de juillet. C’est Maxime qui va s’occuper du mixage et du mastering, il possède des oreilles d’or, on se trompe pas avec lui, et comme c’est un gars du groupe il sait ce qu’on veut exactement alors le processus est facile.
W : J’aimerais que tu nous parle de votre association avec Deathbound Records, comment a t’elle commencée et comment cela a contribué à vos activités? J’ai aussi vu sur votre page facebook que vous travaillerez bientôt avec la maison autrichienne Tallheim Records. En quoi consistera cette association?
PAP : On peut remercier Facebook à ce stade haha! En début 2012 je cherchais un label pour sortir Gergovia. J’ai envoyé un e-mail avec notre portfolio à Metalodic Records, Maxence m’a répondu et a transféré les infos à Fred Funaro (Deathbound Records). Fred a été conquis dès les premières minutes, il ne cesse de le dire (haha). C’est certain qu’avec les efforts de Deathbound, on a eu de l’ «exposure » comme jamais, des critiques à foison, l’album a rejoint pas mal de gens, c’est vraiment ce qu’on recherchait. Comme tu le faisais remarquer, Deathbound Records s’associe à Tallheim Records pour la sortie digipak et vinyle de « Voyageurs de l’Aube » et ça va faire tourner notre nom en Europe encore un peu plus, quoi de mieux !
W : C’est intéressant que tu parles de vinyle pour votre prochaine sortie, car je suis personnellement un grand amateur du son vinyle. Était-ce quelque chose qui vous tenait à cœur, de sortir votre album en vinyle? Existe-t-il des versions vinyle de vos autres albums ou est-ce un projet de les sortir en vinyle un jour?
PAP : Oui, je trouvais ça nécessaire, l’engouement du vinyle est bel et bien là et ce format colle parfaitement à la sonorité de ce nouvel album. À l’ancienne, en analogue et comme la plupart des musivores, nous sommes des collectionneurs, posséder un vinyle est de loin plus personnel qu’un triste .zip de mp3. Pour l’instant nous n’avons pas de plans pour la réédition des albums précédents sous le format vinyle, mais j’aimerais bien avoir ça!
W : En lien avec la question des formats et des différentes plateformes sur lesquelles on peut compter aujourd’hui pour distribuer la musique, quelle est ton opinion sur l’état actuel de l’industrie musicale avec le piratage érigé en règle, les artistes qui comptent de plus en plus sur d’autres moyens que la vente de disque pour faire de l’argent…etc?
PAP : Cette infection est malheureusement le calque parfait de la société actuelle. Le «je le veux tout de suite, sans efforts et je ne veux pas payer cher». Alors voilà cette nouvelle vague de gens, qui, depuis leurs ordinateurs télécharge en masse, rapidement et sans payer. Certains disent : «je le downloade pour voir si c’est bon et je vais l’acheter après». À quoi je répondrais : bullshit. Il ne faut pas prendre les gens pour des cons, quand des groupes comme Suffocation ou The Black Dahlia Murder se plaignent c’est que la problématique est réelle… Guy Marchais faisait ressortir un bon point, on n’a pas les moyens de Metallica ou Beyoncé, on ne peut pas donner notre musique et compter s’équilibrer financièrement avec des spectacles avec 10 000 d’assistants, c’est impossible… Et laisse-moi revenir sur l’idée du calque de notre société, le paraître, les gens « like », font des éloges, envoient de bons commentaires mais ça finit là. C’est facile « liker » une page, acheter un album semble un fardeau. Les gens ne pensent pas au travail et aux investissements derrière une sortie d’albums. Le minimum de reconnaissance serait d’encourager financièrement…
W : Les hybrides entre folk/pagan et métaux de tous acabits jouissent d’une très grande popularité depuis la fin des années 1990. Beaucoup de groupes très populaires ont un penchant plus festif et se replie vers une musique légère, d’autres semblent avoir une tangente plus sérieuse et une approche musicale plus approfondie. Dans cet ordre d’idée, quels sont les nouveaux projets musicaux de ce courant qui attirent le plus ton attention actuellement?
PAP : Je te dirais que ce sont les groupes avec le plus de sérieux qui m’intéressent. J’ai tout de suite en tête Borknagar ou Vintersorg, Windir et même Myrkgrav. Je ne suis pas très fan de la musique festive ou folk métal… J’aime bien l’idée du folklore intégré à une musique métal, mais les groupes de l’heure qui percent me déplaisent, c’est rendu douteux, ça tourne toujours autour des mêmes sujets…rien de très exceptionnel. J’ai récemment découvert Arstidir Lifsins, un excellent projet de black/folk métal, ça vaut le détour, tu voyages avec leur musique…il y a du corps, il y a de l’âme
W : Plusieurs groupes du courant Pagan/Folk Black Metal, musicalement bien évalués comme Graveland, Temnozor, Nokturnal Mortum et bien d’autres ont souvent été accusés à tort ou à raison de faire la promotion d’idéologies d’extrême-droite ou même carrément du néonazisme. Quelle est ton opinion sur le rapprochement entre ce courant musical et ces idéologies pour le moins controversées?
PAP : La musique ne devrait pas se mélanger aux courants politiques, ça toujours été fait, ça se fait, ça continuera de se faire, mais de mon côté je ne supporte en aucun cas. Même pensée pour le racisme, je déplore cet état d’esprit. Je suis pour la fierté des origines, de la langue et de l’identité dans le respect d’autrui dans la mesure où l’autre te respecte aussi, ce qui est difficile aujourd’hui. J’ai pour dire que l’expansion et l’implantation de certaines religions sont le berceau de la haine raciale, ce sont surement tous des gens bien intentionnés, seulement mal guidés, instruits aveuglément. Que ce soit une religion ou une idéologie, un idéal peut faire cheminer sur des chemins erronés…
W : Puisque Catuvolcus sera en hiatus après la sortie de Voyageurs de l’Aube, est-ce qu’il y a d’autres projets musicaux auxquels tu te consacreras ou auxquels tu te consacres actuellement? Si oui, peux-tu nous en parler un peu?
PAP : Actuellement je prête ma voix sur The Foetal Mind, un projet de France. Je ne suis pas en quête de nouveaux projets. Mon principal et seul vrai canal d’expression est et restera Catuvolcus.
W : La période historique et les peuples auxquels vous vous intéressez dans Catuvolcus sont habituellement au maximum très superficiellement connus par le citoyen moyen occidental. De nombreuses causes expliquent cet état de fait et la Gaule n’est connue au Québec qu’à travers les albums D’Astérix, excellents quoique très caricaturaux et peu fidèles à la réalité. J’aimerais, si cela est possible, que tu joues au professeur d’histoire et que tu nous résumes la toile de fond historique et les acteurs dont tu t’es inspiré à travers la discographie de Catuvolcus?
PAP : C’est effectivement une période presque brocardée de l’histoire en général. La toile de fond de Catuvolcus est purement historique, les évènements sont réels et je brode une histoire autour. Je t’avouerais utiliser le plus souvent le livre écrit par César lui-même : Commentaires sur la Guerre des gaules. C’est le livre le plus complet sur le sujet, je lis aussi des livres d’historiens chevronnés tel Paul Eychart. Historiquement parlant, d’albums en albums les histoires se retrouvent entre -60 et -50 de notre ère, pendant la conquête des gaules par Jules César. Période marquée de victoires, de défaites, de joie, de tristesse, d’abandon… C’est tout ce que je tente d’exprimer par les textes et la musique de Catuvolcus.
W : Merci énormément pour l’entrevue! Y’a t’il quelque chose que tu voudrais rajouter pour les lecteurs d’Ondes Chocs.com?
PAP : J’aimerais remercier tous ceux qui nous supportent de loin comme de proche! On espère vous choyer avec le voyage qu’offre Voyageurs de l’Aube. Dans les magasins dès début Octobre 2013. Merci aussi à toi Louis-Olivier pour cette intéressante interview et à Dave Rouleau pour son immense travail qui porte fruit et son suivi pour le groupe qu’est Catuvolcus. Merci !

by Louis Olivier Brassard Gelinas | Oct 22, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Althotas
ResurrectDead
(2013)
Dans quelque endroit perdu de l’immense forêt boréale nord-côtière, dans la noirceur de poix d’une nuit sans lune, un rituel de création s’est déroulé dans la plus grande confidentialité. Les quatre goules composant l’entité maléfique se manifestant sous le nom de Althotas ont enfin décidé de nous présenter l’étendue de leur malveillance sonore, largement inspirée de la scène suédoise de Black/Death Metal des années 1990, après un silence radio de 12 ans. Le résultat gargantuesque de toutes ces années passées à développer des hymnes malsains en secret nous est donc présenté cette année sur un album double comprenant 18 pièces, habilement nommé Resurrectdead. Tentons maintenant de décortiquer ce dantesque album.
Tirant leur nom de groupe du titre d’une pièce de Hypocrisy se retrouvant sur le classique de 1993 intitulé Osculum Obscenum, il est relativement facile de situer d’où proviennent leurs inspirations musicales. En effet, Althotas pratique un hybride de Black Metal et de Death Metal qu’on croirait tout droit sorti de l’époque faste des années 1990, du côté de la Suède, avec d’excellentes formations telles que Necrophobic, Dissection, Hypocrisy et Dawn, par exemple. L’auditeur averti ne sera donc pas surpris, en écoutant ce disque, d’y retrouver: une production puissante, bien définie, mais conservant une distorsion et un côté malsain typiquement Black; un amalgame de motifs obscurs épiques en trémolo et de motifs plus «groovys» (lire :chug-a chug-a-chug) importés du métal de mort sur des rythmiques allant de lentes à moyennes, qui s’aventurent très rarement dans la rapidité extrême; et un chant hurlé râpeux typique du genre sur des paroles traitant de sujets horrifiques et sombres.
Cependant, malgré l’utilisation marquée de toutes les caractéristiques d’un genre très visité, Althotas réussi sans peine, de par la qualité de ses compositions épiques et puissantes à s’approprier ce style de fort belle façon. Effectivement, le groupe nous démontre, notamment avec les pièces Poltergeist Rebellion, In Phantom’s Domain, Creature of The Mist et Ever Winter Sorrow qu’il sait construire des pièces efficaces qui dévisseront assurément le cou des amateurs du genre grâce à leur atmosphère particulièrement sombre et méchante et leur interprétation exemplaire sans laisser place au superflu ou à aucune forme de technicité trop exacerbée au détriment de l’efficacité musicale. Il en découlera une constance étonnante tout au long des deux disques de l’album qui ne contiennent aucune pièce objectivement faible, aucun essoufflement à proprement parler.
Toutefois, cette qualité de constance et d’homogénéité deviendra aussi le talon d’Achille de Resurrectdead, et ce, en raison du contenu très chargé proposé par la formation originaire de Sept-Îles et à l’absence de variété. Avec plus de deux heures de contenu restant campé dans le Black/Death de tempo lent à moyen, il sera en effet difficile de passer à travers l’album d’un seul trait lors des premières écoutes et il sera aussi ardu de repérer des pièces qui se démarquent du lot, tant les collages sonores semblent s’imbriquer les uns dans les autres et finissent par former un tout difficile à différencier. Le groupe aurait donc peut-être eu avantage à élaguer un peu de contenu, quitte à l’étaler sur d’autres sorties afin de faire un album plus ventilé, plus facile à digérer. Or, on ne pourra pas reprocher à Althotas de ne pas avoir voulu mettre toute la gomme après une si longue absence sur album.
En somme, Althotas nous présente cette année un véritable monstre d’album qui plaira certainement aux fanatiques de Black/Death metal à saveur scandinave, en s’appropriant superbement bien un genre très visité. Faisant preuve d’un talent et d’une constance exemplaire, la formation arrivera sans peine à se démarquer sur la scène québécoise avec une musique habituellement réservée à des formations suédoises. Cependant, tel un repas sept services uniquement composés de steak et de pommes de terre, le manque de variation et la longueur de l’opus le rendront quelque peu difficile d’approche. Le tout sera donc à consommer à petites doses répétées!
8/10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Oct 19, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Catuvolcus
Voyageurs de l’Aube
2013
« Nous sommes en 56 av. notre ère. La guerre des vénètes vient d’être perdue. Le narrateur (l’écriture est à la première personne, une première pour Catuvolcus) ne voit aucune issue dans son entourage pillé, saccagé, non respecté. La seule issue est de quitter, s’effacer, s’enfuir loin pour oublier le fatidique avenir. C’est pour ça que j’écris : je quitte ces terres où j’ai vécu mon premier matin, vers ce havre où je connaîtrais la fin. Le narrateur n’a pas envie de revenir parce qu’il sait ce que sa terre lui réserve. »-Pierre-Alexandre Plessix (Catuvolcus)
C’est sur cette prémisse lyrique, formidablement bien décrite par l’auteur des lignes précédentes, que se fonde la toute dernière sortie de l’excellente formation québécoise de Folk/ Black Metal Catuvolcus, poursuivant son voyage musico-spatio-temporel à l’époque antique de la guerre des Gaules. Quatrième sortie en six ans d’existence pour le prolifique projet bénéficiant de l’addition récente de deux grosses pointures du Metal québécois au sein de ses rangs, soit Étienne Gallo à la batterie et Dominic « Forest » Lapointe à la basse, cet album saura’-il maintenir ou dépasser les hauts standards musicaux de ses prédécesseurs? C’est la question à laquelle votre humble serviteur tentera humblement de répondre au cours des prochaines lignes.
Tout d’abord, un bref coup d’œil à la liste des pièces contenues sur cet album permettra de constater qu’avec trois nouvelles pièces originales et une reprise du défunt groupe ontarien Woods of Ypres, l’excellente et agressive Thrill of The Struggle, pour un total d’environ trente-deux minutes de musique, permettra de constater qu’on se situe quelque part entre un EP et un LP. Le fanatique de Catuvolcus qui s’attendait à un contenu plus garni sera peut-être refroidi par un tel constat mais ses inquiétudes seront vite calmées par une première écoute. En effet, dès l’amorce des premières mesures de Voyageurs des Brumes part I, l’auditeur sera agréablement accueilli par une production impeccable au son chaud et organique qui complémente merveilleusement bien un Folk/Black Metal aux accents fortement progressifs et acoustiques. Effectivement, les trois pièces originales de l’album, notamment la superbe Ressacs de L’Âme avec ses douze minutes, constituent certainement les pièces les plus progressives et les plus élaborées composées par Catuvolcus jusqu’à maintenant. Les passages atmosphériques et acoustiques sont d’ailleurs beaucoup plus présents que par le passé et amènent une richesse magnifique au tout.
Second constat, l’apport des deux nouveaux venus au sein de la formation se fera aussi sentir immédiatement avec un jeu de basse fretless riche, élaboré et un jeu de batterie tout aussi intéressant qui évite le piège de l’excès de déclencheurs automatiques et le son plastique qui peut en résulter, pour une approche plus naturelle qui accentue merveilleusement bien ledit côté progressif des pièces. Les motifs de guitare épiques des deux protagonistes se retrouvent donc superbement rehaussés par une section rythmique hors du commun, notamment en ce qui concerne la batterie, comparativement aux deux sorties précédentes du groupe utilisant des percussions programmées. Je me dois d’ailleurs de noter les soli simples et efficaces de Maxime Côté, notamment le lead au début de Ressacs de l’Âme qui apporte une superbe atmosphère à la pièce.
En ce qui concerne le vocal, on reste en terrain Black Metal connu avec les hurlements râpeux de Pierre-Alexandre Plessix comme dominante, mais on a aussi droit à de très bons vocaux clairs, oeuvre des invités Jake Rogers (Gallowbraid) et Joel Violette (Thrawsunblast, ex-Woods of Ypres) qui viennent pimenter le tout et sont très bien mixés et intégrés au reste. De plus, la thématique lyrique mentionnée en introduction est formidablement bien illustrée avec des paroles francophones admirablement écrites qui plairont certainement aux férus d’histoire et à tous ceux qui aiment éplucher le livret en suivant les paroles. L’utilisation de la première personne du singulier permet à l’auditeur de bien entrer dans l’univers du personnage principal de l’histoire élaborée par Pierre-Alexandre Plessix avec un grand talent poétique.
En somme, Catuvolcus nous offre avec Voyageurs de l’Âme, son album le plus musicalement abouti et élaboré, le tout en seulement une trentaine de minutes de musique, et ce n’est pas peu dire compte tenu de l’excellence de ses efforts précédents. Les amateurs de Black Metal à saveur folklorique y trouveront un album riche, varié et formidablement bien composé complémenté par une production chaude, sans faille et des paroles superbes. La seule ombre au tableau sera, pour certains, la courte durée de l’album qui laissera probablement quelques auditeurs sur leur faim notamment en raison de la qualité phénoménale de la mise en bouche. Cela sera d’autant plus accentué par le fait qu’il s’agit de la dernière sortie de Catuvolcus avant un hiatus de durée indéterminée. Cet album a tout pour me faire souhaiter que cet hiatus se termine rapidement! À écouter en boucle! Gâtez-vous avec le vidéo de Voyageurs des brumes Pt I & II, réalisé par notre collaborateur Alex Deleon Cativo.
9/10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Oct 2, 2013 | Critiques de Shows

Comme je l’avais mentionné cet été dans ma revue du spectacle de Avantasia au Parc de la Francophonie, j’ai jadis été un fanatique de Powermetal européen et je n’ai aucunement honte de l’affirmer. Or, mon chemin de mélomane s’est détourné depuis un bon moment de ce sous-genre pour plusieurs raisons, ce qui ne signifie pas que je ne succombe pas parfois à la nostalgie en écoutant un des classiques du genre ou en allant assister à un spectacle d’un de ses grands maîtres. Ce deuxième cas de figure s’est présenté à moi jeudi dernier, lorsque le turbulent Dave Rouleau me demanda d’assister au spectacle des légendes de Helloween, qui s’arrêtaient à l’Impérial de Québec en compagnie d’un groupe de Thrash Metal dont je n’avais jamais entendu parler; les new-yorkais de Coldsteel. C’est donc avec joie, me rappelant le dernier passage flamboyant des Allemands à la Salle Albert-Rousseau en compagnie de leurs compères de Gamma Ray en septembre 2008, que je pris le chemin, seul cette fois, de la célèbre salle de spectacle de la Basse-Ville.
Arrivant sur place peu après l’ouverture des portes (18 h), je me dirigeai à l’intérieur après avoir bénéficié de l’accès à la salle accordé par Karl-Emmanuel Picard de District 7 (un gros merci!). Aussitôt, je rejoignis Marc Lavoie et Éloïse Chabot du Challenge Parkinson Metal près de l’entrée de l’arrière-scène et nous y discutâmes de divers sujets, dont le fait que seulement deux groupes étaient à l’affiche en cette soirée et que de très bons groupes de Québec, suggérés par District 7 pour compléter l’alignement, avaient été refusés par le management de la tournée. « Pas très sympathique tout ça! » me dis-je alors que les lumières se fermaient et que Coldsteel prenait place sur scène pendant une introduction épique au cours de laquelle le chanteur de la troupe agitait un drapeau du Québec. La salle étant à peine garnie au tiers, je me dirigeai dans la première ligne, suivi de peu par le photographe Alex Deleon-Cativo (Behind The Revolver) pour assister à la performance du groupe.
Coldsteel est un nom assez peu connu malgré le fait que le groupe a été fondé en 1986. En effet, évoluant d’abord comme un groupe hommage, la formation n’a jamais réussi à percer avec son matériel original, en raison de bien des facteurs dont la fermeture de son label (Turbo Music) juste avant une tournée européenne en 1992, et le groupe se sépara en 1993 pour cause de divergences musicales. Cependant, le groupe se réunit en 2012 et célébrait cette année la sortie de son tout nouvel EP America Idle en tournant avec Helloween en Amérique du Nord. Autre fait étonnant, en raison « d’engagements prioritaires » seul le chanteur original Troy Norr serait de la tournée et ses collègues (Eddie Campbell (guitare), Joe Shavel (guitare), Doug Odell (basse), Hal Aponte (batterie)) cèderaient leur place aux quatre membres du jeune groupe de Thrash Metal Progressif Sanitarius (http://www.metal-archives.com/bands/Sanitarius/13585), nommément : Robbie Padovano (guitare), Robb Quartararo (guitare), Stewart Ustick (basse ) et Dave Cordero ( batterie). Le résultat scénique de toute cette épopée me laissa plutôt perplexe. En effet, si le chanteur Troy Norr démontra un charisme impressionnant et un talent vocal certain, son attitude détonnait avec ses musiciens invités qui étaient énormément plus réservés, voire même invisibles à l’exception des guitaristes lorsqu’ils exécutaient leurs solos (seuls moments où ils bougeaient vraiment). Le chanteur, quant à lui, redoublait d’ardeur pour faire lever la foule en utilisant quelques phrases de français et en démontrant un entrain contagieux, mais tout cela ne suffisait pas à faire oublier la musique générique et médiocre qui nous était présentée. Effectivement, la musique de Coldsteel me laissa froid (Quel jeu de mot!), car il s’agit d’un Thrash Metal mêlé de Hard Rock sans originalité qui reste dans l’ombre des maîtres du genre en n’ayant rien de distinctif à proposer. De plus, de nombreux passages furent plutôt laborieux sur le plan de la synchronie, rappelant que ce qu’on avait devant nous n’était pas le groupe Coldsteel, mais son chanteur avec des musiciens invités. Malgré tout cela, le public de Québec fut magnanime et le groupe réussit partiellement à faire lever les spectateurs à l’avant-scène surtout grâce à Troy Norr qui alla chercher les spectateurs grâce à son charisme. Si Coldsteel vous intrigue, vous pourrez trouver des informations sur eux ici.



Suite à une pause d’une demi-heure au cours de laquelle je conversai de photographie avec Phil Rousseau avant de sympathiser avec Yvan Létourneau (Phosphorus) et Antoine Desgagnés (homme à la célèbre veste à écusson ), nous regagnâmes l’intérieur pour ne pas manquer le début de la prestation des légendes du Speed/Powermetal allemand qui n’ont plus besoin d’introduction. Quelle ne fut pas alors ma stupéfaction de voir que la salle était maintenant pleine aux deux tiers et que l’atmosphère s’intensifiait. Quelques minutes seulement après notre entrée, à 20h tapant, les lumières s’éteignirent et l’introduction se fit entendre, puis les membres de Helloween firent leur entrée avec la classique « Eagle Fly Free ». Aussitôt, n’ayant pas consulté la liste des pièces jouées au cours de la présente tournée, je me pris à penser que le groupe nous offrirait une manche de classiques mélangés à des pièces plus récentes et qu’étant donné l’heure précoce de leur entrée sur scène, ils joueraient pendant au moins deux heures. J’avais tout à fait tort. En effet, aussitôt la première pièce passée, Helloween se lança dans un set dominé par le dernier album Straight Out of Hell (2013), avec pas moins de six pièces de cet album. Les vieux classiques de l’ère Hansen-Kiske furent limités à quatre pièces issues de Keeper of The Seven Keys, Pt. 1 et Pt. 2 (« Future World », I’m Alive », « Eagle Fly Free » et « I Want Out »), le reste étant deux pièces de 7 Sinners (2010) (« Where The Sinners Go » et « Are You Metal »), « If I could Fly » (The Dark Ride( 2000)), «Power» (The Time of The Oath (1996)) et «Hell Was Made In Heaven» (Rabbit Don’t Come Easy (2003)). Compte tenu de la carrière trentenaire du groupe, la variété n’était donc pas au rendez-vous et leur prestation plutôt courte fut en plus rallongée par de nombreux procédés pour retarder au maximum l’orgasme musical qui n’arriva jamais dans mon cas, ce qui me laissa grandement sur ma faim. En effet, le groupe fit le choix de couper sa prestation en deux avec un solo de batterie trop long pour rien de Dani Löble (plus de cinq minutes en 4/4), ensuite le groupe interrompait presque chaque pièce pour jouer avec la foule et faire chanter les spectateurs, ce qui est bien plaisant une fois de temps en temps, mais qui se révéla agaçant lorsqu’utilisé de façon abusive et dans le but évident de rallonger une sauce un peu trop courte. Scéniquement parlant, le groupe performa comme à son habitude, de façon flamboyante et mouvementée avec un très bon contact avec la foule, qui démontra encore une fois que Québec est un très bon public pour le Powermetal. Sur le plan vocal, les choses furent toutefois moins évidentes. En effet, bien que ses collègues guitaristes, bassiste et batteur livraient une performance digne de leur statut, Andi Deris peinait de manière très évidente à rendre certains passages des chansons sur la note, et ce, autant dans les registres moyens qu’élevés. Je dois dire ici que selon moi, il n’a jamais été capable de rendre les pièces chantées originalement par Michael Kiske de façon convaincante, mais en cette soirée il peinait aussi dans ses propres chansons, ce qui semblait démontrer une fatigue vocale inquiétante. Cependant, son talent de frontman n’était aucunement affecté et il sut faire lever la foule avec son charisme impeccable. Comme mentionné plus haut, les spectateurs semblèrent tout de même apprécier le spectacle en chantant à tue-tête et en démontrant leur folie au parterre, mais pour ma part, lorsque le spectacle se termina à l’heure ridicule de 21 h 30, je ne pus faire autrement que de rester cruellement sur ma faim.
Setlist d’Helloween:
« Eagle Fly Free»
«Nabatea»
«Straight Out of Hell»
«Where the Sinners Go»
«Waiting For the Thunder»
Drum solo
«I’m Alive»
«Live Now»
«Hold Me in Your Arms»
«If I Could Fly»
«Hell Was Made in Heaven»
«Power»
Rappel:
«Are You Metal?»
«Dr. Stein»
«Future World»
«I Want Out»




En somme, ce fut malheureusement le spectacle le plus décevant auquel j’assistai cette année : une première partie médiocre, une sélection décevante de la tête d’affiche, les problèmes vocaux d’Andi Deris et une soirée beaucoup trop maigre pour les 45 $ en prévente et presque 60$ à la porte que coûtaient les billets. Il est d’autant plus étonnant et même choquant, dans ce contexte, que l’organisation de tournée de Helloween ait refusé d’inclure des groupes locaux supplémentaires pour donner plus de consistances à la soirée, d’autant plus que la région regorge de bons groupes qui correspondent aux sonorités recherchées par les amateurs de Powermetal et qui auraient certainement déclassé Coldsteel, qui n’était même pas vraiment Coldsteel, mais le chanteur de Coldsteel et des musiciens invités. Je me dois quand même de souligner le superbe travail d’organisation de Karl-Emmanuel Picard de District 7, qui aura tout de même fait de la soirée un succès sur le plan de l’achalandage. En terminant, je le remercie encore une fois pour les accès à l’équipe de Ondes Chocs, composée d’Alex Deleon-Cativo à la photo et de moi au chialage.
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas