Trois mousquetaires avec le patron, un vendredi soir…

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C’était un vendredi soir plutôt frisquet et sombre de la fin septembre. Une superbe petite amazone de cuir vêtue et son critique et grand escogriffe d’amoureux se dirigeaient allègrement vers un spectacle à l’affiche étonnamment diversifiée proposé par le sympathique Fred End de E.N.D. Productions. Arrivé à l’intérieur de l’Agitée peu après 19 h, le critique reçut la bénédiction de Fred pour avoir accès à la soirée (un gros merci!) et alla aussitôt se joindre à la bande de virtuoses d’Acédia attablée tranquillement dans le bar presque désert. Aussitôt, des conversations ludiques et sérieuses furent entamées pendant que divers visages connus faisaient leur apparition dans la salle : le mousquetaire anesthésié Pat Graham, le grand patron de la firme internationale Ondes Chocs; Dave Rouleau, Jonathan Gauthier (Haeres) et mon collègue de groupe Krist Godin (Endless Horizon). Le houblon coulait en cascade et des sorties enfumées eurent lieu avant que Shatter it All fasse son entrée en scène peu après 20 h.

Shatter it All est un trio qui nous provient de Saint-Hyacinthe et fait dans le Grindcore fortement teinté de Death Metal et de Thrash Metal agrémentés de quelques épices Black par moment. La formation se compose du rouquin barbu Mo Morel à la guitare et à la voix, de Dave Després à la batterie et de Doom Ostiguy à la basse et à la voix. Attaquant les spectateurs avec son mélange de musiques brutales interprété de façon précise, le groupe livra une performance endiablée qui fit le bonheur des quelques spectateurs présents (la foule était encore en train de grossir). Avec une bonne assurance scénique et un rendu efficace de ses pièces, la formation surprit grandement votre humble serviteur et lui donna envie d’aller découvrir leur matériel de façon plus approfondie. Shatter it All fut donc une agréable découverte de votre scribe et ceux-ci marquèrent encore des points en distribuant gratuitement leur nouvel EP Sacrifice of The Lunatics aux spectateurs. Malheureusement, le critique ne put mettre la main dessus puisqu’il n’en restait plus lorsqu’il se décida trop tard à aller voir Mo pour en avoir un. Les amateurs de Grindcore sont conviés à aller consulter cette page pour en savoir plus sur Shatter it All

Après une courte pause, c’était au tour des psychopathes musicaux d’Acédia de nous déballer leur sac à malices. Acédia est un quatuor de Québec qui pratique un Black Metal musicalement très élaboré basé sur une rythmique changeante, des influences jazz et classiques prédominantes et des thématiques lyriques dépressives et suicidaires. La jeune formation, qui a déjà un album à son actif (L’exil, 2012 disponible en téléchargement gratuit sur Bandcamp) et enregistre déjà son second album avec Antoine Baril derrière la console, est constituée sur scène de Zéphyros (Endless Horizon) à la batterie, Ascèse à la guitare de tête et au vocal, Erebos à la guitare rythmique et Christian Proteau à la basse. Très en forme et faisant preuve d’un talent musical hautement impressionnant, le groupe se lança dans une interprétation sans faille des titres les plus agressifs de son premier opus précédemment évoqué. Le public, maintenant beaucoup plus nombreux fut aussitôt conquis et éberlué par les prouesses sonores exécutées devant lui. Votre critique tatillon se doit de souligner, à ce chapitre, la performance épatante de Zéphyros à la batterie qui ne portait aucunement ombrage au jeu superbe de ses collègues avec leurs instruments à cordes dont Erebos avec son plaisir évident à jouer devant un public. Votre scribe put ainsi voir Pat Graham se délecter de la prestation d’Acédia et le troisième mousquetaire Pascal Chenard arriver au beau milieu de celle-ci et en être totalement impressionné. Pour terminer avec Acédia, l’agaçant rédacteur de ces lignes se doit de souligner l’amélioration flagrante de l’aisance scénique d’Ascèse par rapport à leur premier spectacle en avril dernier. En effet, celui-ci semblait beaucoup plus confortable avec le public et n’hésita pas à s’adresser à celui-ci entre les pièces, ce qui fut grandement apprécié. Ne perdez pas de temps et allez télécharger le premier opus d’Acédia sur Bandcamp, vous en serez marqués à vie!

Suite à la performance légendaire d’Acédia, le patron Dave Rouleau décida d’aller interviewer Shatter it All avec nul autre que votre dévoué rapporteur comme caméraman, pendant que les deux autres mousquetaires profitaient sans gêne de la pipe qu’il venait de bourrer d’une substance illicite. L’entrevue terminée, votre scribe constata avec stupeur que la pipée était vide et qu’Alcoholator jouait déjà à l’intérieur, il se précipita donc à l’intérieur pour aller assister à leur prestation. Avec un tel nom, il ne vous surprendra pas d’apprendre qu’Alcoholator fait dans le Thrash Metal de la vieille école en suivant à la lettre les codes développés par les maîtres de ce genre dans la décennie haute en couleur des années 1980. Le quatuor montréalais comprend Matt Butcher à la guitare et à la voix, Oli Whiskey à la guitare et aux chœurs, Gord à la basse et Phil Macht à la batterie. Bien que leur musique semblait souffrir d’une certaine linéarité et prévisibilité (qui sont inhérentes au style de prédilection du groupe) suite à celle présentée par le groupe précédent, celle-ci fut exécutée de manière extrêmement compétente et efficace par Alcoholator. En effet, le groupe donna une prestation endiablée et démontra son expérience de scène avec une attitude typiquement thrash très divertissante. Les spectateurs maintenant à leur maximum de la soirée s’en donnèrent d’ailleurs à coeur joie dans la fosse, ce qui démontre que la performance d’Alcoholator fut très appréciée. Si vous souffrez de la nostalgie de l’ère du Thrash Metal triomphant et des hymnes à l’alcool et au vice, allez jeter un coup d’œil du côté de cette page.

Après la performance d’Alcoholator, le patron d’Ondes Chocs fit ses adieux  à ses sbires pour aller couvrir un autre spectacle au Dagobert. C’est alors qu’Insurrection se prépara à présenter sa rébellion contre l’ordre établi, ce que les membres du groupe firent avec un talent foudroyant. Avant d’entrer dans le vif du sujet, Insurrection est un groupe originaire de Gatineau qui officie dans l’univers du Death Metal moderne teinté de quelques influences Hardcore modérées. Leur musique est technique sans être masturbatoire et donne une belle part aux motifs accrocheurs et à la langue française dans les paroles. Stef Jomphe (voix de tête), Mart Samson (guitare et support vocal), Vince Laprade (guitare et support vocal), Frank Girard (basse et support vocal) et Phil M. Latreille (batterie) sont les membres de cette formation forte de trois albums pleine longueur. Sur la scène de l’Agitée ces derniers opérèrent un véritable carnage mené de main de maître par Stef Jomphe et sa prestation psychotique et énergique à souhait. Les musiciens n’étaient aucunement en reste avec une prestation précise et mouvementée qui avait tout pour faire décoller le public. Tout au long de leur prestation, l’intensité ne se relâcha jamais d’un cran et la fosse se déchaîna à plusieurs reprises, ce qui est toujours très bon signe. Assistant à un spectacle d’Insurrection pour la toute première fois, votre humble critique fut donc ravi et fortement impressionné par le quintette qui est une véritable machine de guerre sur scène. Le nouvel album du groupe intitulé Prototype sera disponible dès le 15 octobre sur Galy Records et les fanatiques de bon Death Metal pourront découvrir cette troupe ici.

Un dernier entracte eut lieu et ce fut maintenant au tour des têtes d’affiche de la soirée, le quatuor Montréalais SpellDown, de monter sur les planches de L’Agitée pour nous présenter son Death/Thrash Metal aux motifs puissants. Groupe à l’historique mouvementé remontant jusqu’à 1996, SpellDown est le projet du guitariste-chanteur Alex Duhamel, accompagné d’Oscar Souto (Anonymus) à la basse, de Carlos Araya à la batterie et de Marco Paradis à la guitare. Comme évoqué plus haut, leur musique est un amalgame pesant de Thrah Metal et de Death Metal comptant sur l’apport de motifs de guitares à sept cordes, donc très lourds et sales. Sur scène le groupe nous présenta son matériel avec conviction et une aisance scénique proportionnelle à l’expérience de ses membres. La précision était aussi au rendez-vous et bien que plusieurs personnes désertèrent la salle en raison de l’heure tardive et de l’alignement peut-être un peu trop varié du spectacle, le groupe fut très apprécié des spectateurs qui firent le choix judicieux de rester pour assister à sa performance. La fosse fut ainsi infatigable et ses participants se rentraient dedans avec le sourire un de ceux-ci en perdit même la semelle de son soulier gauche, sans compter les bières renversées et les tables retournées. Ne connaissant le groupe que de nom et de réputation avant cette soirée, votre scribe fut donc très satisfait de sa découverte. Si SpellDown semble être votre tasse de thé, allez jeter un coup d’œil à cette page.

En somme, L’Agitée fut encore le théâtre d’un excellent spectacle de Metal très varié en cette soirée nuageuse de septembre et tous les groupes invités y présentèrent quelque chose d’intéressant dans leurs genres respectifs. Félicitation à Fred End pour sa bonne organisation et encore une fois merci pour l’accès donné aux membres d’Ondes Chocs!

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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De retour dans les années 1980

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C’est au cœur d’une semaine complètement rocambolesque que je décidai, à la suggestion du pertinent impertinent Dave Rouleau, de couvrir le spectacle des Suédois de Screamer. Ne connaissant ceux-ci que de nom et de réputation et désirant un divertissement dans une période extrêmement chargée de mon année, je me mis à fouiller dans leur répertoire et y trouvai un son N.W.O.B.H.M très intéressant. Effectivement, ce jeune groupe formé en 2009 présente une musique qui rappelle des groupes tels que Motorhead, Angel Witch, Diamond Head et Iron Maiden et le fait d’une façon extrêmement efficace. Le tout était donc fort approprié pour me faire oublier ma semaine de fou et c’est donc enthousiaste et accompagné de ma sauvage tigresse que je pris le chemin de la sempiternelle Agitée, en ce beau mercredi soir de septembre.

Arrivés sur les lieux du crime peu après 19 h nous nous introduisîmes à l’intérieur où nous pûmes saluer l’organisateur de cette soirée, Félix de Solaris Booking, qui me fit bénéficier de l’accès à la salle (merci beaucoup!). Aussitôt, je remarquai que la salle était dangereusement vide, à l’exception des membres des groupes qui joueraient ce soir là et de leur entourage. Parmi les quelques personnes présentes se trouvaient Marc Lavoie du Challenge Parkinson, avec qui j’allai converser en buvant une délicieuse bière, et je constatai aussi la présence de François C. Fortin derrière la console de son, ce qui est toujours bon signe! Ce fut ensuite aux membres en santé de Phosphorus de faire leur entrée dans la salle, eux qui avaient dû annuler leur prestation à ce même spectacle en raison d’ennuis de santé assez importants de leur batteur et des traitements qu’il devait subir. Il était donc intéressant de voir que les gars avaient le respect et la politesse de venir encourager les autres groupes avec qui ils auraient joué si le sort en avait décidé autrement. Donc, les langues se délièrent sous l’effet de l’alcool et de la bonne compagnie et une vingtaine de minutes après 20 h Fuck The Middle East s’installa sur scène pour ouvrir la soirée devant un public plutôt maigre, probablement en raison du soir de la semaine où le spectacle avait lieu et du contexte de rentrée scolaire.

Fuck The Middle East, un trio originaire de Trois-Rivières, est un hommage à Stormtroopers of Death (S.O.D.), le célèbre groupe de Crossover satyrique des années 1980. Formé de Jeff Houle à la basse (très connu pour sa grande implication dans le Trois-Rivières Metalfest), de Dominic Naud à la guitare et au vocal et de Stéphane Patry à la batterie, le groupe s’amusa ferme en reprenant le célèbre album Speak English or Die (1985) de son groupe fétiche en y ajoutant d’importantes surprises comme un medley des plus grands succès de Celtic Frost. Bien que je ne sois pas un maniaque des groupes hommage, la joyeuse performance du groupe, remplie d’humour au second degré, de cabotinage et d’interprétations plutôt solides des pièces choisies me plût et sembla faire le bonheur des quelques spectateurs présents qui ne se firent pas prier pour se brasser la tête à l’avant de la scène. Très en forme, les vétérans de la scène qui composent la formation firent montre d’une éthique de travail exemplaire en se donnant pleinement à leur performance malgré le faible nombre de spectateurs présents pendant celle-ci. Ce fut donc un moment très agréable comme mise en bouche à une soirée de Metal aux saveurs de la vieille école. Si vous recherchez un groupe pour une soirée hommage ou tout simplement pour démarrer la fête, allez voir ça.

Suite à une pause consacrée a diverses conversations et a quelques boissons rafraîchissantes, Tales of Destiny entama son tour de chant sur la scène de l’Agitée devant un public un peu mieux garni que précédemment. Fondé en 1995 (!), ce groupe de Power/Thrash Metal de la Côte-de-Beaupré a continué sa route malgré les nombreux changements de personnel et présente cette année son tout premier album intitulé Reign of the Eclipse et est maintenant formé d’Alexis Gaulin à la guitare, de Bruno Pouliot au chant, de Luc Coulombe à la basse, de Simon Vaillancourt-Girard à la batterie et d’Olivier Vaillancourt-Girard à la guitare. Composé de musiciens expérimentés et techniquement très talentueux, le groupe nous présenta une musique qui souffre quelque peu d’un caractère convenu. Effectivement, bien que les musiciens se démarquèrent par leur talent sur leurs instruments respectifs, leur musique combinant de fortes influences de Powermetal européen, particulièrement Helloween et quelques passages plus agressifs inspirés par le Thrash Metal des années 1980, resta en territoire défriché et malheureusement parfois prévisible. Cela dit, ce n’est pas nécessairement un problème pour tout le monde, puisqu’il s’agit de mes goûts personnels et que plusieurs des spectateurs présents semblaient conquis. Toutefois, bien que l’ensemble du groupe donna une prestation très énergique, le caractère statique de la performance du chanteur fut à mon sens un peu plus problématique. Bien que celui-ci livrait ses lignes vocales avec beaucoup de talent et de précision, sa tendance à regarder ses souliers et à rester immobile entre celles-ci n’aida pas du tout à déchaîner les spectateurs qui restaient à quelques mètres de la scène. J’aurais donc souhaité que le chanteur soit plus mobile et aille chercher les spectateurs, au moins avec plus de contacts visuels. Vous pourrez découvrir ce groupe et sa musique ici.

Après un dernier entracte passé sur la terrasse en bonne compagnie, les têtes d’affiche de la soirée s’installèrent sur scène et nous nous précipitâmes à l’intérieur pour ne rien manquer de leur performance. Comme je le disais en introduction, Screamer est un de ces jeunes groupes qui cherche à reproduire les sonorités du début des années 1980 et qui y arrive avec une très grande efficacité. Leur musique ne se démarque donc pas par son originalité, mais plutôt par la joyeuse nostalgie qu’elle fait naître dans l’esprit de l’auditeur. Le quatuor de Ljungby est composé de d’Anton Fingal à la guitare, de Christoffer Svensson à la basse et au chant, de Dejan Rosic à la guitare et du géant Henrik Petersson à la batterie. Possédant une impressionnante expérience de scène malgré sa jeune existence et fort de ses deux excellents albums pleine longueur, le groupe suédois nous asséna ses hymnes à la débauche avec une attitude démonstrative et une présence scénique digne des plus grands du genre. N’hésitant pas à foncer vers les spectateurs, maintenant beaucoup plus nombreux, à leur diriger des regards agressifs et à se déplacer sur scène le groupe sut donc garder les spectateurs en haleine du début à la fin de sa performance. Les spectateurs furent immédiatement conquis dès les premières notes et réagirent avec un bel entrain aux regards furieux du bassiste-chanteur, aux classiques mouvements synchronisés des guitaristes et aux martèlements précis du batteur tout accompli et bien emballé par un son très bien calibré de François C. Fortin et quelques jeux d’éclairage. Tout au long de leur set, on aurait facilement pu se croire revenus en 1980 dans un pub londonien, assistant à un des légendaires faits d’armes d’une des formations de la célèbre New Wave of British Heavy Metal, tellement la musique de Screamer et leur capacité à la rendre efficacement sur scène fonctionnait bien. Ce fut donc une mission formidablement bien accomplie pour les Suédois à leur deuxième passage dans la Capitale et je vous encourage à aller découvrir leur matériel, si ce n’est déjà fait.

En conclusion, ce fut une autre belle soirée Metal à l’Agitée quelque peu ternie par la participation timide en nombre des fanatiques de Québec. Il est vrai que le mercredi soir et que le contexte de la rentrée scolaire ont sûrement joué pour beaucoup dans ce cas, mais la qualité du groupe en tête d’affiche aurait dû attirer beaucoup plus de monde, sans compter le talent des deux groupes qui ont ouvert la soirée. En effet, bien que je ne fus personnellement pas totalement convaincu par Tales of Destiny, ce groupe possède un talent indéniable sur le plan musical qui gagnerait à être présenté de façon plus flamboyante sur scène et je me dois de souligner le malin plaisir que savent transmettre Fuck The Middles East avec leurs reprises de S.O.D.  En terminant, je désire remercier, encore une fois, Félix de Solaris Booking pour l’accès et l’excellente soirée.

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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Métal chez les Zonards

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 (Les photos de ce show par Ondes Chocs sont disponibles en visitant de lien)

 

La faune limouloise se faisait dorer la couenne, par une belle soirée ensoleillée alors que nous nous dirigions, ma délicieuse compagne et moi, vers un bar qui allait accueillir  probablement pour la première fois un spectacle de métal d’envergure moyenne. En effet, L’Autre-Zone étant connu comme un bar qui se divise en un pub au rez-de-chaussée et une discothèque à l’étage plutôt que comme une salle où se donnent des spectacles métalliques, je fus surpris lorsque j’appris la tenue en ces lieux d’un spectacle de l’un des groupes de métal québécois connaissant le plus de succès sur la scène internationale actuellement, produit par Solaris Booking. Rapidement, ma surprise fit place à une certaine excitation causée par les possibilités que cela pourrait ouvrir pour l’avenir compte tenu de la pénurie de salles de spectacle qui afflige la scène musicale souterraine de la Capitale nationale. C’est donc avec un enthousiasme gonflé par la qualité et la diversité de l’affiche de la soirée que nous entreprîmes la courte promenade pédestre entre notre domicile du célèbre quartier Limoilou et ledit bar.

Arrivés en vue de la terrasse de L’Autre-Zone passé 19 h, nous pûmes apercevoir un hyperactif personnage se lever et nous chahuter à grand renfort de simagrées, nul autre que l’ineffable Dave Rouleau. Les salutations passées je pus constater qu’il était attablé en fort bonne compagnie avec les membres et l’entourage de Behind The Revolver. Nous ne nous fîmes donc pas prier pour prendre place et déguster des cervoises à prix très modique avec eux. Après plusieurs intéressantes conversations et quelques consommations houblonnées, des notes de guitares parvinrent à nos oreilles, signe qu’il était temps de se diriger à l’intérieur pour monter à l’étage et assister à la performance du premier groupe de la soirée après avoir salué la gardienne des portes Dania Forget et Félix de Solaris Booking . Or, avant de parler de la prestation de Restless, il convient tout d’abord de décrire brièvement la salle qui deviendra certainement une alternative au seul endroit comparable Québec, soit l’Agitée. Alors que le rez-de-chaussée de l’Autre-Zone est de petite taille et configuré dans la plus pure tradition des pubs sportifs, l’étage est un vaste espace de forme carrée, comparable en taille à celui de l’Agitée, au centre duquel est installée une scène de taille très décente surmontée par des poutres d’acier sur lesquelles sont fixés de nombreux projecteurs. Le plafond est très haut et le mur du fond est entièrement fait de brique rouge. De part et d’autre de la scène se trouve deux bars et tout l’espace requis pour accueillir deux centaines de personnes. Enfin, la sonorisation de la salle allait se révéler très appropriée au cours de la soirée. Ces constatations faites, nous nous dirigeâmes à l’avant de la scène pour assister à la première représentation à vie de Restless.

Restless est un groupe de Québec qui pratique un Metalcore fortement teinté de Thrash à la Megadeth, Slayer et Metallica. Bien qu’ils ne les citent pas dans leurs influences, Pantera semble aussi avoir teinté leur approche musicale dans une bonne mesure, notamment en raison des nombreux « grooves » présents dans leurs compositions. La formation est composée de l’imposant JF Vignola au chant, de Sébastien Roberge à la basse, d’Andy Loiseau à la batterie et de Jeff Marcoux et Dany Dumont aux guitares. Jouant pour la première fois devant le public de Québec cette soirée-là, la formation démontra pleinement son potentiel avec une performance précise, solide et rondement menée. Présentant habilement ses propres compositions très efficaces, le groupe inclut aussi deux reprises intéressantes à sa manche, soit « Train » , des Vilains Pingouins, interprétée à la sauce métal avec force distorsions et « Holy Diver », du célèbre Dio, avec la voix agressive et rauque de JF Vignola. La seule ombre au tableau fut le caractère statique de la prestation du chanteur qui semblait parfois un peu mal à l’aise avec ses mains dans ses poches lors de ses interventions et tournait le regard vers ses musiciens qui se démenaient sur leurs instruments lors des parties instrumentales des pièces en négligeant d’aller chercher l’attention des spectateurs. Toutefois, cela est très compréhensible lors d’un premier spectacle et je suis certain que c’est un aspect qui sera amélioré lors des prochaines prestations du groupe. Vous pourrez en apprendre plus sur Restless ici.

Après un bref entracte consacré à une conversation avec le gérant de groupe Marc Lavoie et d’une consommation éhontée de substances illicites en compagnie de l’omniprésent Dave Rouleau, nous retournâmes à l’étage pour la performance du groupe le plus différent de la soirée; les guerriers vikings de Nordheim. Effectivement, le groupe de Folk Metal ressortait vraiment du lot en cette soirée consacrée à diverses variantes de Metalcore. Qu’à cela ne tienne, la formation composée de Waraxe (guitare, vocal), Fred (guitariste soliste), Benfok (basse, vocal), Thom (Claviers) et Lucas Biron (batterie) était  visiblement attendue par plusieurs des spectateurs présents et avec raison, puisque ce groupe est l’un des plus en vue sur la scène locale avec la parution de deux albums de qualité en carrière. Avec leur présence scénique exemplaire habituelle, le quintette se lança dans un set marqué par leur alliage de pièces légères et plus sombres. Le seul point négatif de leur prestation fut une faible qualité sonore pendant les trois premières pièces qui fut très bien corrigée par le technicien de son par la suite. Effectivement, les premières pièces du groupe furent ternies par un son distant et faible, comme si le technicien avait oublié d’ouvrir les haut-parleurs de la salle et qu’on ne percevait que le son des amplificateurs du groupe. Toutefois, étant donné la correction rapide du problème, le groupe put démontrer la pleine mesure de son talent au cours des pièces suivantes et les spectateurs en furent évidemment ravis de par leurs réactions intempestives et bruyantes après chaque chanson. Si vous ne connaissez pas encore Nordheim, allez immédiatement consulter cette page.

Suite à un autre entracte consacré au vice, nous remontâmes l’escalier du métal pour assister à la prestation de Behind The Revolver. Pour la seconde fois en quelques mois, la troupe metalcore composée de Yann Mottard au chant, Alex Deleon-Cativo à la basse, Rémy Bouthillette à la batterie, Mario Bouthillette et Tomy Robert aux guitares m’étonna par leur performance débordante d’énergie tout en étant réglée au quart de tour. Bénéficiant d’un son à tout casser et de la présence charismatique de son vocaliste, la formation se livra effectivement à une véritable entreprise de destruction sonore et visuelle à laquelle tous les musiciens se donnèrent cœurs et âmes. Je dois donc noter les performances démonstratives et précises des guitaristes et du bassiste qui ne négligèrent aucunement de regarder les spectateurs droit dans les yeux et de se déplacer à la grandeur de la scène. Le batteur martelait quant à lui ses instruments avec fureur tout en restant précis  pendant que le chanteur haranguait la foule sans ménager les déplacements et les contacts visuels avec les spectateurs. En somme, malgré toutes les réserves que l’on peut avoir face au genre musical pratiqué par Behind The Revolver, force est d’admettre que le groupe est une véritable machine de guerre sur scène, ce qui lui assurera sans aucun doute un avenir reluisant. Si vous êtes fanatiques du genre, je vous enjoins fortement à aller vous renseigner sur ce quintette de chez nous!

Après une ultime pause fumette où nous pûmes entr’apercevoir la statuaire Alissa White-Gluz (vocal) qui se ressourçait dans la ruelle à l’arrière du bar avant son entrée sur scène, nous reprîmes le chemin de la salle pour assister à la prestation des vedettes de The Agonist. Ne nécessitant aucune présentation, le quintette montréalais complété par Danny Marino (guitare), Chris Kells (basse), Pascal « Paco » Jobin et Simon McKay (batterie) nous prit à la gorge avec son assaut de Metalcore mélodique survitaminé. Encore une fois, le son était impeccable et lourd et le groupe qui jouit d’une importante notoriété internationale et d’une expérience de scène gargantuesque livra la marchandise avec précision et professionnalisme. Cependant, je fus quelque peu déçu par l’attitude froide de la chanteuse qui semblait se foutre éperdument des spectateurs pourtant nombreux et  très participatifs qui venaient voir son spectacle. En effet, celle-ci demeura visiblement émotionnellement détachée tout au long de la prestation et limitant ses interventions entre les pièces à des lieux communs. Entendons-nous bien, vocalement sa performance fut impeccable et magistrale, mais j’aurais aimé plus d’accessibilité et plus de contacts avec les spectateurs pendant le spectacle, car c’est ce qui ajoute à la spontanéité et à la magie de ces rencontres de fans métal. Il est clair qu’Alissa a un talent immense dans ce qu’elle fait, mais nous espérons que ce n’est pas ce talent et son succès à l’étranger qui semblent lui faire oublier que les fanatiques d’ici méritent aussi son attention.  Cela dit, l’ensemble du groupe donna une prestation du tonnerre qui démontre que son statut de groupe international est pleinement mérité.

En conclusion, ce superbe spectacle a démontré que L’Autre-Zone pourrait devenir une autre salle intéressante pour la tenue de spectacles métalliques à Québec. Cela sera d’ailleurs le cas avec la venue de Beyond Creation le 3 octobre prochain. De plus, ce spectacle aura permis à Restless de briser la glace à sa première prestation à vie et à deux groupes établis de Québec de démontrer tout leur savoir-faire. La seule véritable anicroche de la soirée aura été l’attitude snob de la chanteuse de The Agonist qui demeura totalement inaccessible pendant toute la soirée, y comprit lors de son passage sur scène alors que tous les membres des autres groupes étaient festifs  et sympathiques. En terminant, je désire remercier personnellement Félix de Solaris Booking pour l’accès à la soirée!

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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Source Métallique

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«Ostie de virus informatique de mes deux! » Telles furent mes pensées lorsque je constatai l’infection de mon principal outil de travail pour Ondes Chocs, peu avant de me rendre au fameux Bar La Source de la Martinière pour la première fois depuis douze ans afin d’assister à un spectacle de Thrash/Speed Metal monté par le sympathique Fred de END Productions qui m’y donnerait gentiment accès. Effectivement, mon ordinateur ne sévèrement infecté nécessiterait une visite d’au moins sept jours chez le docteur dont la salle d’attente était déjà trop remplie de patients à puces. Cela me ralentirait donc inévitablement dans la livraison de mes comptes-rendus de spectacle, mais qu’à cela ne tienne, ma lionne d’acier et moi prîmes le chemin du spectacle en question avec enthousiasme. C’est que je n’avais jamais eu la chance de voir ces trois groupes en spectacle, que je n’avais jamais vu de spectacle au Bar la Source et je n’avais jamais même entendu parler du premier groupe de la soirée, Sacrementor. Ce serait donc une soirée de première pour nous, ce qui est toujours très intéressant.

C’est donc pendant que bien des gens se dirigeaient vers Expocité pour assister à la représentation du has-been en chef, Brett Michaels anciennement de Poison et de ses rallonges capillaires, que nous priment le chemin dudit Bar La Source où nous arrivâmes vers la dix-neuvième heure du jour. Aussitôt en vue de la terrasse, quelle ne fut pas ma joie d’apercevoir une bande de poilus attablée autour de cervoises froides et me hurler « Oh yeah! Ondes Chocs! » En me rapprochant, je constatai qu’il s’agissait des membres de Sacrementor et de leur guitariste soliste de la soirée, nul autre que Stan Stefanovski de Phosphorus. Une deuxième surprise pour moi eut lieu lorsque je reconnus leur nouveau batteur, un musicien avec qui j’ai déjà partagé la scène lors d’un spectacle avec Necronomicon à l’Agitée le 25 février 2012, nul autre que l’ancien batteur de Blackwind, Pierro « Larcinoz » Chicoine. Les présentations faites, j’entamai une petite entrevue improvisée afin d’en apprendre plus sur Sacrementor avant que les membres du groupe ne se dirigent à l’intérieur pour leurs tests de son qui seraient complexifiés par l’équipement sonore spartiate de l’endroit. En effet, la salle n’est équipée que d’une micro-console sur le côté de la scène et de petites caisses de son et le son était réglé par les groupes eux-mêmes. Ensuite, ce fut au tour des membres de Demona d’arriver sur les lieux du crime, suivis de peu par le minibus de tournée de Skull Fist et ses graffitis décoratifs et les spectateurs, parmi lesquels de nombreux membres connus de la scène métal de Québec (toujours plaisant de voir les groupes s’encourager entre eux), commencèrent à affluer dans le bar un peu passé les vingt heures. Après des tests de son marqués par la difficulté à faire sonner le vocal par-dessus les guitares et la batterie sur une installation sonore destinée au karaoké, Sacrementor entama sa prestation.

Formée en 2007, Sacrementor est une formation de Thrash Metal de la vieille école originaire de Charny dont la dernière et seule parution est une démo de quatre pièces lancée en 2008 sous le titre Religious Warfare. Le groupe s’est récemment reformé après une période d’inactivité avec le fondateur Steve Roussin à la guitare, Louka Simard au vocal, Sébasto à la basse, Larcinoz à la batterie et comptait ce soir-là sur la présence de Stan Stéfanovski pour la seconde guitare. À leur premier spectacle avec ce nouvel alignement, Sacrementor nous livra une prestation très convaincante. En effet, malgré les limitations sonores de l’endroit qui handicapaient le vocal et quelques transitions un peu laborieuses en raison du fait que Larcinoz avait de la difficulté à entendre les autres musiciens, le groupe joua sa manche de façon exemplaire. Les deux guitaristes et le chanteur n’hésitèrent pas à quitter la petite scène et à se déplacer dans la fosse pour rejoindre les spectateurs avec de nombreux hochements de tête et de nombreux soli mémorables de guitare. De plus, ceux-ci eurent la bonne idée d’inclure deux reprises de Slayer qui furent très appréciées par le public. Je fus donc très agréablement surpris par la prestation de Sacrementor et je vous encourage fortement à aller consulter leur page facebook si vous êtes un amateur de Thrash qui respecte la tradition des années 1980.

Après une pause qui me permit de discuter avec le nouveau venu au sein d’Ondes Chocs avec son émission de radio «La Caverne», Bob Jr Girard (Ancestor’s Revenge), ce fut au tour de Demona de s’installer sur scène pour son tour de chant. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette formation Speed Metal dont le nom circule beaucoup depuis quelques années, faisons un peu d’histoire. Demona est né au Chili en 2007 comme projet solo de la guitariste-chanteuse Constanza « Tanza Speed » Godoy Diaz. Après plusieurs parutions en quelques années, celle-ci déménagea au Québec où elle unira sa destinée à celle de Gabriel « Gabrihell » Dufour (anciennement guitariste de Riotor) et poursuivra son projet avec l’ajout de son époux à la guitare soli, de Jean-François « Jeff Iron » Tremblay (ex-No Pity) à la basse et Antoine Pellerin (aussi de Soiled By Blood) à la batterie. En cette chaude soirée d’août, Tanza et ses acolytes livrèrent une prestation musicalement précise et puissante qui fut cependant quelque peu boudée par une bonne partie du public pourtant relativement nombreux. En effet, la plupart des spectateurs restaient en retrait les bras croisés devant le groupe qui présentait une manche exemplaire. Je me dois de noter, à ce titre, la précision et la puissance d’Antoine Pellerin derrière sa batterie, la justesse et le talent scénique de Jeff à la basse et les guitares admirablement bien agencées de Tanza et Gabrihell. Toutefois, je me dois aussi de souligner quelques réserves. La première a trait au manque de fluidité des interventions de Tanza qui se retournait souvent vers ses musiciens pour converser en catimini avec eux en semblant parfois ignorer le public. Celle-ci éprouva aussi certaines difficultés avec son micro, notamment vers la fin de leur performance lorsqu’elle déposa sa guitare pour une chanson où elle n’exécute que le vocal. Cela n’aurait pas été trop remarquable si elle n’avait pas clairement bougé son micro au dessus du moniteur pour le tester ce qui créait un désagréable retour de son. Les problèmes techniques arrivent à tout le monde, mais à mon humble avis il est préférable de ne pas trop mettre d’emphase sur ceux-ci lorsqu’ils surviennent pendant une pièce. Qu’à cela ne tienne, ce furent des désagréments mineurs, la prestation fut dans l’ensemble très bonne et je fus satisfait de mon premier spectacle de Demona. Plus d’information sur le groupe pourra être trouvée à partir de ce lien.

Après un dernier intermède, les Torontois de Skull Fist montèrent leurs impressionnants amplificateurs sur la petite scène de La Source pour mener leur très intense représentation. Ne reculant devant aucun cliché issu des années 1980, le groupe qui pratique un Heavy/Speed Metal directement inspiré des grands maîtres du genre a vu le jour en 2006 et compte dans ses rangs : Jackie Slaughter à la guitare et au chant, Johnny Nesta à la guitare, Casey Slade à la basse et Chris Steve à la batterie. Avant même la première note de leur set, les spectateurs, maintenant bien réchauffés, se massèrent devant la scène et les musiciens se lancèrent aussitôt dans une prestation hautement efficace et mouvementée. Bénéficiant d’une très grande expérience de scène ceux-ci étaient extrêmement précis, démonstratifs et à l’aise avec le public. On eut ainsi droit à de nombreuses péripéties, comme les classiques mouvements synchronisés des guitaristes, les regards frondeurs aux spectateurs et même un solo livré par Johnny Nesta sur les épaules de son comparse Jackie Slaughter qui restèrent impeccables malgré l’acrobatie ainsi réalisée. Les spectateurs étaient maintenant  superbement enthousiastes, comme s’ils s’étaient soudainement dégourdis et marquèrent leur appréciation du spectacle de fort belle et bruyante façon. Visiblement très contents des réactions engendrées par leur spectacle, les membres du groupe semblaient monter l’intensité de leur jeu d’un cran à chaque pièce, nous offrant même trois rappels qui achevèrent leur répertoire, comme le signala Jackie Slaughter avant l’ultime pièce de la soirée. La seule ombre au tableau de leur prestation fut, encore une fois, la faiblesse sonore du vocal qui nous empêcha de pleinement apprécier les cris haut perchés du chanteur. Ce fut cependant un désagrément mineur compte tenu de la performance de maîtres que nous offrit Skull Fist. Vers la fin de leur prestation on put même constater l’arrivée de quelques membres du public de Brett Michaels qui semblaient intrigués par cette musique elle aussi très inspiré des années 1980, mais beaucoup plus intransigeante. Découvrez tout sur Skull Fist en suivant ce lien.

Finalement, nous regagnâmes nos quartiers pleinement satisfaits par l’excellent spectacle que nous venions de voir et d’avoir découvert une nouvelle salle où pourraient avoir lieu des spectacles métalliques. Cependant, si le Bar La Source désire accueillir plus de spectacles, il serait préférable d’envisager une amélioration des installations sonores actuellement plutôt limitées. En terminant, je désire féliciter les trois groupes qui ont tous joué de manière très efficace et remercier chaleureusement pour l’accès à la salle. Longue vie au vrai Metal!

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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Hypnose souterraine

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Par un beau crépuscule d’août, un scribe et sa belle marchaient rapidement sur une artère commerciale achalandée de piétons. Arrivés devant leur lieu de destination à neuf heures, une salle de spectacle à la renommée grandissante couplée d’un restaurant de qualité, les deux protagonistes se heurtèrent à une porte close, fermée à double tour. À travers la glace, personne n’était en vue, mais nos deux comparses attendirent déterminés. Bientôt ils aperçurent une femme qui installait sa caisse et un pupitre afin d’accueillir les spectateurs pour une représentation musicale empreinte de lourdeur, de folie et de psychédélisme. Notre duo entra aussitôt la porte déverrouillée et le scribe utilisa le sortilège : « Sébastien Dallaire » qui lui permis d’avoir accès à la séance d’hypnose prévue (merci mille-fois!). Le scribe et son accompagnatrice fidèle descendirent un escalier et se retrouvèrent dans une pièce bétonnée rectangulaire affublée d’affiches aux couleurs criardes au milieu de laquelle trônait une colonne de béton et dans un coin, une batterie en cours d’installation. Quelques autres visages connus arrivèrent bientôt et les langues se délièrent sous l’influence du dieu houblon. L’attente de la première prestation se fit longuette, mais les invités n’en firent pas trop de cas et allèrent à l’extérieur aspirer des fumées diverses.

Vers onze heures moins quart, Xothogua s’installa sur l’absence de scène, devant une vingtaine de spectateurs, pour nous présenter sa mixture de Doom/Sludge/Stoner Metal aux ambiances opprimantes et hallucinogènes. Le quintette interpréta ses pièces pesantes et lentes avec précision et conviction, soulignons ainsi la performance énergique et démonstrative de Michelle à la batterie. Le son lourd et crasseux de la petite salle rendit aussi particulièrement justice aux compositions du groupe qui sonne de façon similaire sur album. Toutefois, le scribe fut moins convaincu par la présence scénique de la chanteuse Devo, qui partage ce rôle avec le bassiste de la formation, Ari. En effet, si celle-ci se démarque avec son alternance de murmures, de voix claires et de hurlements de démence efficaces combinés aux voix claires litaniques d’Ari, la posture statique, tournant le dos aux spectateurs qu’elle adopta pour l’ensemble de la prestation fut génératrice d’un certain ennui. Même s’il semble que cela soit intentionnel de sa part, comme votre serviteur a pu le constater en s’informant sur le groupe, cela eut pour effet, de cacher les autres musiciens à certains spectateurs et de donner un effet d’exclusion à ladite chanteuse. Malgré tout, musicalement parlant, la prestation de Xothogua fut excellente et après environ une demi-heure elle s’acheva sous les applaudissements des quelques admirateurs présents. Plus d’information sur Xothogua pourra être trouvée ici.

Après une brève pause, ce fut à Striver d’entamer son tour de chant avec son hybride d’Hardcore punk et de divers styles de métal qu’il serait trop long de nommer. Composé de titres très courts et rapides, leur demi-heure de performance fut d’une très grande efficacité grâce, entre autres, à la performance énergique et agressive de Cath à la voix criée. Celle-ci semblait effectivement en avoir gros sur le cœur (ce qui est excellent dans ce style) et sur le point de décapiter manuellement quiconque oserait lui tenir tête. Les autres musiciens du groupe ne furent pas en reste, nous livrant leurs pièces avec énergie et précision : Seb Dallaire à la basse, Math à la batterie et Jeff Émond à la guitare et au vocal, tous étaient dans la zone. Encore une fois, le son lourd et crasseux de la salle rendit service au groupe dont le style est favorisé par ce type de sonorités. De plus, les spectateurs semblèrent apprécier les pièces variées du groupe, malgré leur courte durée individuelle, qui alternent entre des passages lents et pesants et des sursauts de rapidité effrénés typiquement Hardcores qui surprennent l’auditeur à chaque fois. Votre humble scribe vous encourage donc à découvrir ce groupe de Québec qui a deux albums à son actif.

Suite à une seconde pause un peu plus longue, consacrée à l’installation des nombreuses pédales d’effets (guitares et vocales) et des instruments de Show of Bedlam, ladite formation montréalaise nous entraîna dans son univers où l’onirisme côtoie la folie et les hallucinations. Naviguant aux confins du Sludge, du Stoner, du Deathrock et du Doom Metal, Show of Bedlam nous offrit une courte prestation de très grande qualité marquée par la musique pesante et hypnotique de Guillaume Pilote à la guitare, Ari Isensee (Xothogua) à la basse et Math (Striver) à la batterie et par la voix démente et savamment gorgée d’effets de Paulina Richards dont la présence scénique illustre à merveille la thématique de maladie mentale, d’aliénation et de folie pure développée par le groupe. Les quelques spectateurs demeurèrent littéralement médusés par cette excellente représentation pendant que la formation s’exécutait avec brio. L’unique faiblesse de cette performance fut sa courte durée et bien des personnes présentes en aurait assurément pris plus. Qu’à cela ne tienne, le scribe impressionné se dirigea aussitôt vers la table de marchandise pour se procurer l’album de la formation intitulé Roont (2012) disponible sur vinyle! Vous pourrez écouter ce merveilleux opus et le télécharger ici en suivant ce lien.

En conclusion, ce fut une autre belle soirée pleine de découvertes musicales pour notre scribe et sa belle qui reprirent le chemin de la maison les yeux pétillants et rougis par certaines inhalations. La seule grande déception du spectacle, fut la maigre foule qui se déplaça pour trois excellents groupes émergents en un beau samedi soir. Renseignez-vous et encouragez la scène locale, pardi! Un gros merci à Sébastien Dallaire pour l’accès à cette superbe soirée.

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas