Un cirque psychotique dans un froid arctique

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(Toutes les photos du show sont disponibles ici)

 

 

Une caravane arrive à l’horizon, dans la froidure hivernale la plus intense. À l’intérieur, une troupe musicale aux allures de cirque des psychoses humaines, fébrile à l’idée de la soirée de représentation qui l’attend. Leur destination, une vieille ville fortifiée se pointe enfin le bout du nez et la caravane se gare près d’un débit de boissons alcoolisées, où ils se produiront, dans la Sibérienne nuit.

Quelques heures plus tard, un scribe quitte sa douillette demeure, dans la noirceur, bravant le froid pour couvrir ledit spectacle sans désarroi. À la dix-neuvième heure de la journée, il fait son entrée dans la taverne peu peuplée, à cette heure précoce de la soirée. Il y bénéficie aussitôt et avec révérence de l’accès à la salle, suivant un mot de passe secret, gracieuseté de District 7, incarné en cette soirée par Alexandre Beaudet. Bientôt rejoint par sa tigresse de cuir et d’acier vêtue, le scribe à l’esprit déjà ouvert par la déesse Marie-Jeanne, entame une beuverie le libérant des limites logiques de la jarnigoine. Peu après, la première troupe de la soirée entre sur scène sous le nom Dead Citizen, affublé de maquillage et de costumes d’apparences malsaines, voici ce qui s’en suivit.

Troupe musicale récemment constituée, Dead Citizen évolue dans l’univers sombre et mélancolique du rock alternatif lourd tout droit sorti des années 1990 et très certainement inspiré par des formations telles que Smashing Pumpkins, Tool et leurs complices. Leur musique basée sur les lignes de basses prenantes de Frédérick Bernier, bien appuyées par Philippe Drolet à la batterie et les guitares saturées planantes de Marc Gagnon, nous entraîna dans un univers torturé avec aplomb. Le chant varié très bien exécuté de Éric Molloy fut aussi un point fort de leur performance, tout comme sa présence scénique remplie d’un caractère démonstratif et de prestance. Cependant, quelques difficultés techniques avec le fil de la basse firent visiblement perdre patience au bassiste qui attira ainsi un peu trop l’attention sur ce problème qui était mineur pour la présente populace. Cela dit, le groupe réussit sans grande peine à soulever l’approbation de plusieurs des membres de la foule encore modeste, présente pour leur prestation. Les amateurs de rock alternatif sont conviés à consulter cette page dans les délais les plus hâtifs.

Une pause houblonnée et c’était au tour de Trobar de venir s’exécuter, sur la scène de l’Agitée. Musicalement, on évoluait maintenant dans les eaux du métal folklorique, plus précisément une combinaison de thrash métal progressif et de mélodies sorties du répertoire celtique. Sur scène, la prestation fut prolifique, d’une précision mathématique tout en restant magique notamment grâce à la présence ensorcelante de la flûtiste Pascale Lévesque et de ses envolées mélodiques. Furent aussi à l’honneur les rythmiques biens élaborées de Anaël Turcotte, soutenant les motifs de guitare souvent saccadés de Jean-Luc Déziel complétés à merveille par les claviers de Alexandre Levasseur, les lignes de basse de Vincent Roy et les grognements bien calibrés de Éric Albert Dastous. Votre humble serviteur fut cependant un peu moins convaincu par les voix claires de ce dernier, qui ne semblaient pas toujours accordées aux chœurs très bien exécutés de la flûtiste précédemment mentionnée. Qu’à cela ne tienne, l’ensemble fut des plus convaincants alors que la salle continuait à acquérir de nouveaux participants. Amateurs d’hydromel et de celtiques mélodies, Trobar vous convie à aller consulter cette page, sur votre boîte à classer les données et les images.

Un dernier entracte, et le cirque psychotique prenait place sur scène pour nous livrer le dernier acte. Unexpect, fut comme son nom le laisse supposer, l’auteur d’une surprise à chaque fois renouvelée, par la virtuosité de ses membres nous fûmes encore une fois époustouflés. Tirant d’abord des atouts récents de leurs manches bien garnies, les guitaristes Syriak et Artagoth jonglaient habilement avec les motifs, soutenus par les  funambules rythmiques de Landryx à la batterie et de Chaoth avec son immense et incompréhensible planche à neuf cordes. Leilindel, véritable reine issue d’un monde fantastique depuis longtemps enfoui dans les abysses de l’esprit humain, trônait quant à elle au centre de la petite scène, où elle nous faisait étalage de ses voix toujours aussi hallucinantes. Seule l’absence du violoniste Blaise Borboen-Léonard, souleva l’interrogation du scribe devant cette formidable démonstration. Néanmoins, toujours sur cette superbe lancée, le groupe puisa toujours plus loin dans ses tours, pour remonter avec nous leur évolution sans détour. Le tout était exécuté dans une abondance de mouvements chaotiques bien accordés à leur dédaléenne musique. L’excellente prestation attira les acclamations de la foule maintenant très compacte qui peuplait le lieu et déclencha même quelques hostilités dans la fosse déchaînée. La troupe montréalaise dépassa donc toutes les attentes en cette soirée à la chaleur suffocante, contrastant avec la froidure étouffante du dehors.

Maintenant bien réchauffés, le scribe et sa douce s’assoient au bar, accompagnés d’un grand rouquin du nom de Patrick Graham, s’abreuvant de potions de sagesse avant de rejoindre le froid macadam. Puis, les joues rougies par l’alcool, ils rentrent chez eux la tête encore envahie des pensées chaotiques du cirque psychotique.

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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Karma de folie inhumaine…

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(Toutes les photos du show par Alex Deleon sont ici)

 

Tous les genres musicaux du monde pourraient être placés sur un continuum, une ligne sans réelle fin qui irait des genres les plus orientés sur la simplicité et le dépouillement vers les genres plus orientés sur la technicité, la virtuosité et la performance. D’autres axes pourraient représenter l’émotion générée par la musique de très émotive à clinique ou encore le contenu philosophique qui peut s’y retrouver. Le Metal et ses nombreuses variantes n’échappent pas à cet état de fait et il contient lui aussi des branches misant sur une virtuosité et une technique exacerbée ainsi que d’autres branches plus orientée vers la simplicité. La première de ces catégories était admirablement bien représentée vendredi dernier à l’Agitée, dans un spectacle organisé par l’hyperactif Dave Rouleau qui visait ainsi à permettre à des groupes au talent épatant, mais qui n’ont peut-être pas encore la visibilité proportionnelle à ce talent, de se produire dans des conditions optimales. On aurait ainsi droit à la première représentation devant public de ButterButtButler, le nouveau projet Death/Thrash Metal humoristique de Jack Quan (ex-Daedalean Complex), au Death Metal mélodique très léché de Karmatik, à la folie meurtrière du Death/Grind de The Aftermath et finalement, au Death Metal technique et progressif (c’est un euphémisme) de Unhuman. C’est donc avec un enthousiasme certain que je quittai ma demeure en compagnie de ma fidèle douceur sur deux pattes pour me rendre sur les lieux de ce massacre.

Arrivés à L’Agitée vers 20 h, nous fîmes nos salutations d’usage aux quelques piliers de tavernes déjà sur place : Dave Rouleau, François C. Fortin à la console, Stéphane Simard (The Aftermath), William Lapointe (The Aftermath), Elliot Garneau le photographe d’Ondes Chocs, Antoine Baril (Symbolic, Deviant Process) du studio Hemisphere, JD Villeneuve (Deviant Process), Gilbert Gab Jay (The Outborn), Bob Jr. Girard (Ancestor’s Revenge) et le duo infernal du Challenge Parkinson Metal : Marco Chabot et Marc Lavoie. Trente petites minutes s’écoulèrent en cette poilue compagnie et le premier groupe de la soirée fit son entrée sur scène devant un public très bien garni.

Comme je le mentionnais d’entrée de jeu, ButterButtButler est le nouveau projet musical de Jack Quan, fondé comme projet solo après son départ de Daedalean Complex. Le projet est rapidement devenu un véritable groupe avec l’addition d’Olivier Genest (ex-Deviant Process) à la batterie et Ben Laroche à la basse. Le groupe joue un Death/Trash caractérisé par des paroles humoristiques et des pièces rapides, courtes et violentes. En cette soirée, le groupe en était à sa toute première prestation devant public et il l’amorça dans l’ironie avec une introduction orchestrale grandiloquente complètement et volontairement à côté de la plaque. Passé cette première farce que je trouvai personnellement comique, mais qui sembla avoir un effet mitigé chez les spectateurs, le groupe enchaîna avec ses compositions très bien rendues musicalement. Je me dois ainsi de noter, la performance précise et impressionnante du batteur qui n’enleva en rien à l’efficacité de ses deux comparses aux instruments à cordes. Le groupe nous offrit aussi plusieurs blagues vulgaires qui déridèrent les spectateurs, un solo de guitare impressionnant de Stéphane Simard comme invité sur la seconde pièce de leur prestation et la voix gutturale de Jean-Michel Morency (Squidmilk) qui interpréta une pièce après nous avoir gratifiés de son imitation désopilante d’Arnold Schwarzenegger. Le groupe passa donc le test du premier spectacle de belle façon, mais je fus un peu moins convaincu pas le caractère statique de la présence scénique de Jack Quan, lui qui nous a habitués à plus de mouvement dans son groupe précédent. Toutefois, je suis prêt à parier que cela sera amélioré au cours de leurs prochaines prestations. Si l’idée d’un Metal assez technique et humoristique vous attire, allez jeter un coup d’œil de ce côté!

Après une courte pause, c’était maintenant au tour de Karmatik de venir nous présenter son Death Metal mélodique et teinté d’influences progressives prédominantes. Cette formation de Québec existe depuis 2009 et est composée de : Carol Gagné (guitare, voix), Jean Michel Audet (guitare), Martin Gagné (batterie) et Gino Rochefort (basse, chœurs). Complexe tout en restant ancrée dans une musicalité très intéressante, la musique de Karmatik fit immédiatement monter l’ambiance de la soirée d’une coche. Bénéficiant d’un son presque irréel tant il était bon, les musiciens nous livrèrent leur prestation avec énergie et précision sans lésiner sur la présence scénique et le contact avec les spectateurs. Les guitaristes furent à L’honneur avec leurs sons de guitare riches et leurs solos remplis d’émotions bien transposées en musique. Je fus ainsi largement surpris par la qualité de cette formation que je ne connaissais que vaguement de nom. Leur performance fut aussi très appréciée par les spectateurs qui déclenchèrent quelques hostilités dans la fosse, un jeune homme se fendit même la main en s’imaginant dans un film de Bruce Lee avec ses amis karatékas à casquettes de baseball (sur une musique qui n’a rien à voir avec ce que les ninjas de moshpit aiment habituellement). Si vous aimez Death, les vieux In Flames, Dark Tranquillity et le Metal progressif  à la Dream Theater, vous serez servis par Karmatik!

Un petit entracte verdure et nous étions prêts pour la démence de The Aftermath. Pour ceux qui ne les connaîtraient pas, The Aftermath c’est une bande des psychopathes qui jouent un Death/Grind violent, survolté et complexe. Le quintette est composé de William Lapointe au vocal et à la démolition de salle, de David rousseau à la basse, d’Alexandre Savard à la batterie, de Stéphane Simard et Raphaël Malenfant aux guitares. Comme à son habitude, le groupe nous sauta au visage (au sens propre comme au figuré) avec son barrage de notes, ses mouvements frénétiques et sa rapidité incompréhensible. William Lapointe, cet énergumène à l’agressivité débordante se jetait partout comme un possédé et déchaîna les hostilités dans la fosse tout en entreprenant de démolir tout ce qui lui tombait sous la main. Accompagné de son acolyte Yannick Grenier (Unfallen, Rope) il terrorisa les spectateurs sans pitié. Malgré toute cette folie et ces frasques dignes de GG Allin, la prestation du groupe resta très précise musicalement et on eu droit à une démonstration de prouesse des guitaristes qui tiraient leurs notes aussi rapidement qu’une mitraillette. Si vous avez besoin de défoulement, allez-vous renseigner sur The Aftermath!

Un dernier petit entracte et nous étions partis pour une prestation complètement inhumaine avec le Death Metal technique et progressif d’Unhuman. Ce groupe originaire de Montréal a été originalement fondé en 1995, a sorti deux démos en 1999 et 2001, puis s’est fait discret jusqu’à cette année avec un album éponyme. La formation est désormais composée de Youri Raymond (Cryptopsy (guitare live)), à la guitare et au chant, de Kevin Chartré (Beyond Creation, Brought By Pain) à la guitare, de Matt « Babe » Bérubé (Porno Coma) à basse et d’Alex Dupras à la batterie. Aussitôt entré sur la scène, le groupe s’attaqua à nous démontrer sa virtuosité incroyable avec tous les instruments utilisés. Motifs de guitare à se nouer les doigts, soli impossibles et rythmiques jazzées ne furent que quelques exemples de l’attirail déployé par le groupe. Je fus aussi impressionné par la qualité et la variété des voix gutturales présentées par le guitariste-chanteur qui se livrait à cet exercice tout en jouant des partitions très élaborées avec sa guitare. Malgré toute cette virtuosité, le groupe ne sombra pas dans la masturbation en gardant un caractère « groovy » et en nous livrant des compositions qui ne s’étirent jamais inutilement. Les spectateurs furent comblés par ce qu’ils entendirent et demandèrent un rappel au groupe qui ne se gêna pas pour obtempérer. Je vous enjoins d’aller découvrir ce groupe si vous ne le connaissez pas!

En somme, ce fut une très belle soirée de Metal orientée sur le côté plus technique et progressif de cette grande famille musicale. Un gros merci et félicitation à Dave Rouleau qui a organisé ce spectacle avec dévotion et qui en a fait un succès avec 123 entrées à L’Agitée! Merci à Dania Forget à la porte, Alex Deleon Cativo pour nous rapporter la soirée à travers sa lentille et à tous les spectateurs qui se sont déplacés pour encourager quatre groupes québécois qui ont du talent à revendre.

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

Et la terre trembla pour l’éternité…

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C’est bien connu, lorsque les métalleux de Québec se rassemblent pour un bon spectacle, cela fait beaucoup de bruit et une atmosphère survoltée. Cependant, lorsqu’en plus ils le font pour une fichue de bonne cause, le moment a quelque chose de magique, d’unique et d’infiniment beau. C’est certainement cet objectif que visait Marco Chabot, un passionné de Metal malheureusement atteint de la maladie de Parkinson depuis plus de 10 ans, lorsqu’il a eu l’idée de produire un spectacle Metal dont les profits iraient tout droit à la recherche pour contrer cette horrible maladie dégénérative. Vendredi dernier avait donc lieu la troisième édition de ce louable évènement, tenu dans l’enceinte de l’Agitée, organisée avec l’aide de Marc Lavoie et Éloïse Chabot et animé par nul autre que notre mascotte-patron chez Ondes Chocs, j’ai nommé Dave Rouleau. De plus, cette édition du Parkinson Metal bénéficierait d’une affiche très relevée comprenant les excellents groupes québécois suivants: Aeternam, Vortex, Nordheim et Inextalis. Il était donc absolument hors de question que je manque cet évènement qui me permettrait de joindre l’utile à l’agréable en encourageant une bonne cause tout en festoyant de métallique façon.

C’est donc avec excitation que ma concupiscente épouse et moi prîmes le chemin maintes fois parcouru qui sépare notre modeste demeure de l’éternelle Agitée, en cette froide soirée de novembre. Après un ravitaillement gourmand et monétaire, nous arrivâmes sur les lieux du massacre vers 19h où nous pûmes saluer les quelques visages connus participant activement à la tenue de cette soirée soit: Marco Chabot, sa fille Éloïse, Marc Lavoie, Bob Jr Girard (Ancestor’s Revenge), Julien l’Arlequin à la porte (Ex-Morgue, Piezo) et François C. Fortin à la console. Puisque ce vendredi était aussi la journée internationale de la Stout, nous en profitâmes pour nous ravitailler de cette noire mixture tout en conversant avec les divers membres de la scène Metal de Québec qui faisaient leur arrivée à tour de rôle dans la salle: Stéphane Simard et JD Villeneuve de Deviant Process, la très dévouée Manon Rose Doucet des Studios de Musique du Québec, l’omniprésent Dave Rouleau, Luc St-Laurent et Alex Deleon-Cativo (Behind The Revolver) de Ondes Chocs. La salle fut bientôt très bien garnie en spectateurs et peu après 20h, Dave monta sur la scène pour nous présenter vigoureusement le premier groupe de la soirée: Inextalis.

Inextalis, anciennement connu sous le nom de Amnesia de 1995 à 2013, est une formation originaire de Sainte-Thérèse de Lisieux dont le changement récent de nom représente leur évolution d’un Black Metal mélodique et technique vers un Death Metal Progressif très mélodique et varié. Leur musique comprend des passages très agressifs typiques du Death Metal autant que des passages axés sur des mélodies et des voix claires qui vont parfois même faire penser à du Power/Thrash Metal. La formation surfe actuellement sur la sortie de son premier opus sous le nom de Inextalis, intitulé Catatonic Universe qui a obtenu une très bonne critique de la part de Luc St-Laurent sur Ondes Chocs. Le groupe est composé des mêmes membres que la dernière formation connue de Amnésia, soit: Pascal « Dark » Gagnon au chant, Éric Bédard comme guitariste soliste, Kevin Ouellette à la guitare rythmique et aux chœurs, Michaël Simard à la basse et Yannick Simard à la batterie. Sur scène, le groupe nous présenta une très belle performance convaincante, bénéficiant d’un son impeccable dû au travail toujours excellent de François C. Fortin à la console et aux nouvelles installations sonores de l’Agitée qui a ainsi fait un bond impressionnant à ce chapitre. Le groupe nous livra donc ses compositions avec précision et assurance, nous démontrant leurs grandes qualités musicales et leur expérience. Du côté de la présence scénique, je pus cependant noter une certaine nervosité de la part du chanteur Dark qui était un peu moins convaincant dans ses interventions entre les pièces que lorsqu’il chantait et semblait parfois un peu gêné devant la foule nombreuse. J’aurais aussi apprécié un peu plus de mouvement de la part des membres du groupe, une attitude un peu plus In your face, notamment en ce qui concerne le bassiste et le guitariste soliste qui, pour sa part, éprouva quelques problèmes techniques avec sa pédale de distorsion. Toutefois, ce sont des défauts mineurs qui seront certainement corrigés d’eux-mêmes au fur et à mesure des performances du groupe et je fus très satisfait de leur prestation dans l’ensemble. Vous pourrez découvrir ce groupe ici.

Après une brève pause et une autre présentation énergique de Dave Rouleau, c’était maintenant au tour des vedettes locales de Nordheim de venir s’exécuter sur la scène de l’Agitée. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore, cette formation de Québec œuvre dans un Folk Metal rappelant fortement Ensiferum avec un mélange d’aspects festifs et plus sombres. Waraxe (guitare rythmique, voix), Fred (guitariste soliste), Benfok (basse, vocal), Thom (Claviers) et Lucas Biron (batterie) sont les membres de ce groupe qui compte deux albums à son actif (Lost in The North (2010) et Refill (2013). Avant même que Nordheim ait produit la moindre note avec ses instruments, l’ambiance se déchaîna dans la salle, sûrement en raison des nombreuses caméras Go Pro maniées par des amis du groupe ou installées sur leurs instruments qui avaient pour but de capter la performance du groupe pour le vidéoclip de leur pièce Get Drunk Or Die Tryin’. La foule se compacta donc naturellement à l’avant et une fois de plus, le groupe nous livra une prestation extrêmement solide, autant au point de vue musical que du côté de leur présence scénique sans compromis et de leur talent pour provoquer la folie des spectateurs. Douches de bière, circle pits déchaînés et hochements de têtes effrénés furent au rendez-vous dans ce qui fut sans aucun doute la prestation la plus démente de la soirée. Aucun des spectateurs présents ne sembla rester indifférent devant cette performance mémorable et je suis prêt à parier que le groupe a récolté un nombre incroyable d’images savoureuses pour son vidéoclip. Vous pourrez suivre les activités du groupe sur sa page Facebook.

La chaleur était maintenant étouffante à l’Agitée et l’animateur de la soirée, après un petit concours de hurlements bien hilarant, nous présenta Vortex, un excellent groupe de Rimouski actif depuis 1998 qui n’a pas moins de cinq albums à son actif. Cette formation œuvre dans le Death Metal Mélodique teinté de quelques influences Metalcore et compte sur les services de Jean-François Côté au vocal, Francis Marmen à la batterie, Dany Lévesque à la guitare, Mathieu Duguay à la guitare et David Vaillancourt à la basse. Très en forme, le quintette nous frappa en plein visage avec une prestation remplie de mouvement et musicalement impeccable. Je dois noter à ce titre, la performance charismatique et débordante d’énergie du chanteur. Le bassiste fut aussi un véritable spectacle à lui seul avec son incapacité à rester en place plus de deux secondes couplée à son agilité sur son instrument. Francis Marmen me démontra également l’immensité de son talent de batteur, jouant avec ses baguettes comme si de rien n’était au milieu de rythmiques superbement exécutées. Enfin, que dire des guitaristes avec leurs envolées réussies, leurs riffs entraînants et leur assemblage indéchiffrable de pédales d’effets qui n’handicapaient en rien leur contact avec les spectateurs? Toutefois, je fus un peu déçu par la réaction un peu froide au début du public qui dû se faire semoncer pour s’avancer à l’avant et qui était notablement moins énergique et dément que pendant la performance de Nordheim. Mes chers amis, il faut bien accueillir les groupes de l’extérieur de Québec lorsqu’ils nous présentent une telle puissance scénique! Qu’à cela ne tienne, Vortex démontra l’étendue de son talent avec une conviction impressionnante et s’est sûrement fait de nouveaux fanatiques à Québec ce soir-là!

Une ultime pause débauche et Dave Rouleau monta faire un dernier tour de piste pour nous présenter les organisateurs et intervenants de la soirée et laisser Marco Chabot s’adresser aux spectateurs avant de laisser la place à Aeternam. Groupe parmi les plus prometteurs de la région de Québec, le quatuor formé en 2007 joue une musique qui combine le Death Metal rappelant le célèbre groupe polonais Behemoth et la musique traditionnelle d’influence moyen-orientale. Fort d’un premier album qui fut fort bien accueilli, Disciples of The Unseen (2010), le groupe a récidivé en 2012 avec l’excellent Moongod que je vous conseille fortement. La soirée était quelque peu spéciale pour Aeternam, puisqu’il s’agissait de son second spectacle seulement avec Matthew Sweeney comme guitariste soliste suite au départ du membre original Alexandre Loignon qui a décidé de se concentrer sur sa carrière professionnelle. Le reste de la formation a peu changé depuis l’arrivée de Maxime Boucher à la basse et aux chœurs en 2012, les deux autres membres originaux étant Ashraf Loudiy à la guitare et au chant et Antoine Guertin à la batterie. Le début de leur prestation, bien que très réussi musicalement, laissa entrevoir une certaine retenue des musiciens restant réservés et sur leur garde, probablement en raison de l’inévitable période d’adaptation que provoque l’arrivée d’un nouveau membre dans la formation. Cependant, la réponse de la foule, combinée au fait que le nouveau guitariste reprit assez rapidement son assurance, permit au groupe de se dégourdir en ce qui concerne la présence scénique. La performance du groupe fut donc à la hauteur de sa réputation et la fosse s’agita sans relâche tout au long de cette dernière. Comme tout au long du spectacle, le son fut d’une qualité exceptionnelle, permettant d’apprécier pleinement la précision et la qualité du jeu des membres du groupe. En somme, Aeternam nous prouva qu’ils n’ont rien à envier aux meilleurs groupes internationaux de leur créneau et les spectateurs quittèrent la salle dans l’euphorie après leur prestation. Si vous ne les connaissez pas encore, allez immédiatement corriger la situation ici!

En somme, avec une salle bien remplie et un spectacle d’une qualité formidable, le Parkinson Metal a été plus que jamais synonyme de succès pour cette édition. Les quatre groupes présents ont livré la pleine mesure de leur talent pour une cause noble et je souhaite que Marco Chabot, Marc Lavoie et Éloïse Chabot soient victimes de leur succès et qu’ils doivent déplacer l’évènement dans une plus grosse salle à la prochaine édition. En terminant, je souhaite remercier et féliciter les organisateurs, les spectateurs et les groupes impliqués. Vous contribuez non seulement à la recherche sur la maladie de Parkinson, mais vous prouvez aussi que la culture Metal peut accomplir des choses formidables. Tout pour fermer le clapet des détracteurs de notre genre musical de prédilection!

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

Critique d’Album: Pantheon of Blood – « Tetrasomia »

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Pantheon of Blood

« Tetrasomia » (EP)

2013

 

Comme je le mentionnais, il y a plusieurs mois déjà, en introduction de ma critique du dernier album de Panzerfaust, le Black Metal a ceci d’intéressant et de particulier qu’il s’agit plus d’une philosophie, voire même d’une religion que d’un simple style musical. Cela fait en sorte qu’il est possible d’emprunter de nombreuses avenues musicales différentes, pour illustrer et canaliser les côtés les plus obscurs de la nature humaine composant la quintessence du métal noir. Par exemple, plusieurs formations finlandaises telles que Beherit, Horna, Sargeist et Behexen, pour ne nommer que celles-là, ont développé depuis de nombreuses années un courant qui leur est propre à l’intérieur du Black Metal. En effet, ceux-ci ont choisi une approche philosophique chargée d’occultisme hermétique se traduisant par une musique très crue, dépouillée et simple caractérisée par des mélodies en trémolo hypnotiques et une atmosphère hautement malsaine. Originaire de cette scène, Pantheon of Blood s’inscrit très certainement dans cette tradition avec son second EP intitulé Tetrasomia.

Dès les premières notes de Thunder Alchemy, l’auditeur est accueilli par un son dépouillé, cru, mais qui retient une certaine chaleur malsaine. Bien que produites de façon indéniablement professionnelle, les quatre pièces qui composent le EP conservent leur spontanéité et leur côté organique à travers une économie évidente d’édition et un son en conséquence très naturel. Musicalement, on a droit à un Black Metal très traditionaliste, fondé sur de très belles mélodies de guitares saturées en trémolo. Celles-ci sont construites sur une section rythmique qui alterne des passages plus Rock n’ Roll caractérisés par un groove puissant, par exemple au début de Stigma ja Kolmikärki (signifiant grossièrement : « La stigmatisation et le Trident » en finnois) et des passages plus agressifs typiques du Black Metal. Le tout fonctionne merveilleusement bien avec une basse audible qui sait parfois se détacher des guitares pour amener une troisième ligne mélodique intéressante.

En ce qui concerne le chant, la puissance et l’agression sont au rendez-vous avec une dominante de cris perçants et bien malsains dans un registre élevé qui donnent au tout un côté mystique, voire torturé. Z, le vocaliste du groupe, amène aussi une certaine variété en en employant aussi des passages caractérisés par des grognements bas démentiels soutenus sur lesquels se superposent lesdits cris hauts perchés, comme dans la magnifique Monta Maailmaa Nähnyt (signifiant grossièrement : « Qui a beaucoup, beaucoup voyagé » en finnois). De plus, il fait aussi appel à des narrations mystérieuses en Finnois placées en arrière-plan comme sur l’hypnotique I.N.R.I. (Igne Natura Renovatur Integra).

En somme, Pantheon of Blood nous offre un second EP nous proposant une sélection de pièces au fort penchant mélodique qui tout en restant bien ancrées dans la tradition du Black Metal occulte finnois, restent diablement efficaces et bien construites. La principale réserve qui pourra être soulevée ici est qu’il s’agisse justement d’un mini-album de quatre pièces seulement, qui laissera les fanatiques du genre un peu sur leur faim. Après quatre ans d’activité pour ces démons finlandais, cet EP nous laisse désirer un premier album entier pour pleinement s’immerger dans l’occultisme de Pantheon of Blood, car quatre pièces de durée relativement courtes ne sont tout simplement pas suffisantes à cet effet. À consommer comme hors-d’œuvre à votre gnose cérémoniale!

7 /10

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

Retour aux sources à La Source…

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Par un samedi soir froid et pluvieux de la fin octobre, les vétérans du Heavy Metal francophone montréalais Potion 13 s’amenaient dans le fameux quartier Limoilou pour nous défoncer les tympans en compagnie des humoristes punk-métalleux de Urban Aliens et des non-moins vétérans « Thrashers » de The Affected, un groupe qui roule sa bosse depuis 1987 (!!!). Il n’en fallait pas plus pour que j’enfile mon attirail de guerrier et que j’enjoigne ma délicieuse lionne adorée de me suivre jusqu’au fameux bar La Source, situé juste en face du Colisée.

Arrivant sur place à l’ouverture des portes (21 h), nous entrâmes dans ledit lieu de débauche après avoir réglé nos entrées. À l’intérieur se trouvaient déjà quelques amateurs de métal et un visage familier en la personne de Elliot Garneau, photographe qui œuvre souvent pour l’équipe de Ondes Chocs. Nous en profitâmes aussi pour aller saluer la bassiste de Potion 13, Nathalie Baril qui est aussi connue en tant que relationniste pour BCI et qui était au cœur d’une séance photo improvisée avec son amie de Québec, Nathalie de Bourget, professeure de chant de tous types. Après avoir sympathisé, consommé quelques bières et brûlé des végétaux, arriva 22 h et The Affected s’installa sur scène pour déclencher les hostilités devant trente à quarante spectateurs.

Tout d’abord, The Affected est un quatuor originaire de Longueuil pratiquant un Crossover Thrash Metal francophone teinté d’influences progs particulièrement efficace. La formation a d’abord œuvré de 1987 jusqu’à une séparation quelque part entre la fin des années 1980 et les années 2000, ne produisant qu’une seule démo en 1989. Puis, le groupe s’est reformé en 2006 avec les membres originaux, hormis le bassiste chanteur des débuts. Aujourd’hui The Affected compte parmi ses rangs : Martin Pelletier (guitare, vocal), Mike Cope (guitare, vocal), Louis Bélanger (batterie, vocal) et Martin Ouellet ou Stéphane Gauthier (basse) (je crois que c’était Martin Ouellet ce soir-là!?). Le groupe a aussi sorti un album en 2012 qui n’est disponible que lors de leurs spectacles et sur lequel peu d’informations peuvent être trouvées en ligne, ce que je trouve un peu dommage. Sur scène, le groupe bénéficia d’une configuration de salle et d’un son largement amélioré par rapport au dernier spectacle métal que j’ai vu à La Source. En effet, la scène est maintenant placée tout au fond de la salle et l’installation sonore permettait d’entendre tous les instruments de façon équilibrée, y compris le vocal, contrairement au spectacle de Skull Fist cet été. Si on laisse de côté ces considérations techniques, je fus aussi agréablement surpris par la grande qualité de la prestation offerte par les quadragénaires, tant en ce qui concerne leurs excellentes compositions dans leur genre de prédilection qu’en ce qui concerne leur présence scénique. Ce second aspect fut d’ailleurs largement imputable à Martin Pelletier avec son jeu de guitare précis, sa voix criarde typique rappelant Nuclear Assault et ses interventions très comiques, ironiques et satyriques, qui firent mouche à tout coup. Le reste du groupe ne fut pas en reste, avec une performance digne des meilleurs groupes du genre. Je vous conseille d’aller écouter leur matériel sur leur page Facebook, vous ne serez pas déçus.

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Après un entracte, où je conversai brièvement avec Martin Pelletier, les dépravés provocateurs de Urban Aliens s’installèrent sur scène pour venir nous faire rire avec leurs blagues grivoises et nous divertir avec leur amalgame de Punk Rock et de métal extrême en joual qui a fait leur renommée. Pour ceux qui ignoreraient encore l’existence de cette formation relativement bien connue de la scène montréalaise, Urban Aliens évolue dans l’univers vulgaire du Deshmetal/Porncore et compte parmi ses rangs souillés de fluides corporels : Whoe Henry (guitare), Frank Da Skank (vocal), Fil Hermouth (guitare), Jizza Belle (basse) et JoeBlo Larosoir (batterie). Sur scène le groupe se livra à une divertissante représentation caractéristique de son genre avec son humour particulier et ses paroles vulgaires qui me firent bien marrer. Contrairement à certains groupes du genre, misant beaucoup plus sur l’humour que sur la qualité musicale de leurs représentations, Urban Aliens livra ses compositions simples et efficaces, basées sur des motifs punks et des passages plus agressifs flirtant avec le Thrash, le grindcore et le Death Metal, avec une précision et une efficacité proportionnelles à son expérience tout en évitant de se prendre au sérieux. Les membres du groupe firent aussi preuve d’une excellente présence scénique vivante et convaincante quoique le chanteur aurait pu en mettre un peu plus à ce chapitre. J’aurais effectivement apprécié des interventions plus comiques de sa part entre les chansons et plus de mouvement de sa part. J’eus aussi quelques réserves quant à son vocal clair, qui me semblait un peu faible en comparaison de ses voix hurlées. Toutefois, dans l’ensemble la prestation fut très divertissante et entraînante et je fus très satisfait de les voir en spectacle pour la première fois. Si vous aimez l’humour vulgaire et la provocation, voici leur page facebook.

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Une dernière pause et c’était maintenant aux expérimentés routiers de Potion 13 de venir nous livrer leur Heavy Metal classique exclusivement francophone sur leur scène décorée d’accessoires vaudous et de crânes. Roulant sa bosse depuis onze ans et s’étant attiré un important succès d’estime, inexplicablement parfois plus à l’extérieur de sa province d’origine qu’à l’intérieur de celle-ci, le quatuor montréalais se compose de Danielle Langlois au chant, de Brian Harps à la guitare, de Nathalie Baril à la basse et de Simon-Pierre Dubé à la batterie. Comme il a été mentionné plus haut, leur musique est un Heavy Metal de la vieille école qui a la louable particularité de n’être interprété qu’en québécois et qui rappelle Dio, Black Sabbath, Ozzy Osbourne, Iron Maiden et je dirais aussi Sortilège, l’illustre groupe français des années 1980. Sur scène leur performance fut endiablée, envoûtante et précise. Tout pour plaire aux trop peu nombreux spectateurs, sûrement en raison de la température morose qui régnait à l’extérieur. Tous les membres du groupe démontrèrent un formidable charisme, une énergie débordante et un plaisir contagieux à chaque pièce qui auraient pu servir de leçon à bien des groupes composés de membres beaucoup plus jeunes qu’eux. Aucun des succès du groupe ne fut oublié dans la sélection choisie et les spectateurs ne réclamèrent pas moins de trois rappels, ce qui força le groupe à rejouer deux de ses pièces à deux reprises. En somme, ce fut donc un formidable spectacle pour le groupe qui méritera une foule certainement plus nombreuse à son prochain passage à Québec. Vous pouvez vous tenir informé sur Potion 13 et leurs activités en suivant ce lien.

Pour conclure cette revue, ce fut une très belle soirée de métal au Bar La Source et les améliorations de taille qui ont déjà été apportées à la salle en ce qui concerne la disposition de la scène et le son en feront certainement une deuxième option intéressante par rapport à l’Agitée dans le contexte de pénurie de salles de spectacle de moyenne envergure que connaît la ville de Québec. De plus, les trois groupes ont très bien performé et ce spectacle m’aura permis de découvrir un excellent groupe dont je n’avais jamais entendu parler, The Affected. Félicitations aux trois formations!

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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