Le retour de Gorguts à Québec

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(Toutes les photos de la soirée sont disponibles en suivant ce lien)

Jeudi dernier, le Cégep de Limoilou a reçu de l’ostie de belle visite, les gars de Origin et de Gorguts se sont pointés pour détruire la place et saccager nos tympans.

 

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C’est aux gars de Unbreakable Hatred qu’est revenu l’honneur de déclencher les hostilités et comme toujours ils l’ont fait avec brio. Bien que leur performance ait été de courte durée et qu’ils aient éprouvé quelques problèmes techniques, les gars ont assuré, rendant justice à leur réputation de groupe fucking tight et précis.  Ils ont balancé leur death grind à la gueule du public, qui ne demandait pas mieux que de tout recevoir et qui à l’évidence en aurait prit encore plus. Ils ont aussi eu la gentillesse de nous présenter une nouvelle pièce qui se retrouvera sur leur prochain album prévu pour 2014 .

Le second groupe de la soirée, Nero di Marte, est un groupe Italien qui joue dans un registre bien différent de celui des autres bands présents durant la soirée. Pas de voix gutturales ni de grosse distorsion rappelant la douce mélodie d’une chainsaw en action. Non, on parle ici de métal progressif, bien droit et tout propre. Je me suis donné la peine d’écouter quelques-unes de leurs chansons avant le show … et ma réaction a été de me dire que bien que leur musique soit de grande qualité, ça ne passerait pas, la salle allait se vider. Erreur, en live le groupe se révèle bien plus intéressant que sur album, principalement grâce à ses riffs ambiants qui rappellent grandement l’atmosphère qui se dégage du dernier opus des almighty Gorguts. Selon moi, c’est cet élément qui leur a permis de sauver la face et de ne pas se faire huer… Bref leur performance fut somme toute assez intéressante même s’ils ne fittaient pas dans la soirée.

Après une courte pause, ce fut la machine de guerre nommée Origin qui embarqua sur le stage pour nous livrer son brutal death metal ultra technique. Jason Keyser et compagnie ont, comme à leur habitude, conquis la foule dès les premières notes jouées. Tout de suite, les moshpits et les stagedives ont commencé, pour ne plus s’arrêter. La foule du Cégep Limoilou a pu assister à une orgie de brutalité sonore et physique comme elle n’en avait pas vue depuis quelques années . Malgré un son un peu « boiteux », les gars ont livré la marchandise. Seul petit bémol, si l’on peut dire cela, est le fait qu’ils n’ait joué presque que des chansons des deux derniers albums Antithsesis et Entity, pas beaucoup de vieilles chansons. Mr. Keyser y est aussi allé de quelques conseils pour la foule, lui rappelant l’importance d’attraper les stagedivers et les bodysurfers et de ne pas « sacrer son camp » à la course comme des non-initiés qui n’ont jamais assisté à un show de métal… Bref, comme à chaque passage dans la vieille capitale, Origin a fait un tabac, s’attirant les louanges pleinement méritées des fans.

Finalement, le plat de résistance fut servi, les gars de Gorguts se sont pointés, ont joué et ont (re)conquis le public de Québec. Luc Lemay et compagnie nous ont joué leur dernier album, Colored Sands, en intégralité, nous offrant ainsi un voyage au cœur du temps et de l’espace, nous entraînant dans un maelström de dissonance brutale et d’ambiance envoûtante. Cela faisait quand même plusieurs années que le groupe n’avait fait de show à Québec, mais dès le début, la foule était conquise, oubliant instantanément cette trop longue absence et appréciant chaque note de façon extatique. Afin de maximiser son temps et ainsi  offrir une performance d’une durée respectable, les gars ont peu parlé avec la foule, enchaînant les tounes. Même si je suis surtout un fan du vieux Gorguts, les deux premiers albums, force est d’avouer que Luc Lemay a su s’entourer des meilleurs pour faire revivre Gorguts sous sa nouvelle forme de death technique/ambiant.  Mention spéciale au batteur John Longstrenght qui joue aussi dans Origin, le gars s’est tapé deux shows back to back, une vraie machine! Pour finir la soirée sur une note parfaite, les gars nous ont ressorti quelques chansons de leurs albums précédents, ainsi la foule a eu droit à des classiques tels que Obscura, Orphans of sickness et Inverted. Y’a pas à dire, plus ça change et plus c’est pareil. Jadis, Gorguts régnait au top de la scène death metal internationale, faisant honneur au Québec à travers le monde, et c’est encore le cas aujourd’hui!

Bref, la soirée a été excellente, les bands se sont surpassés et la foule a été contentée. Un gros merci aux organisateurs, District 7 Productions, et au Cégep Limoilou qui offre à la ville de Québec un beau cadeau, en lui donnant accès à une salle all-ages, qui en plus accepte les concerts de musique extrême!!

David-Alexandre

Entrevue – SixBrewBantha

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Entrevue SixBrewBantha

 

Voici mon entrevue avec les gars de SixBrewBantha, un groupe de (Hateful) Grindcore de Victoria. Les gars sont bien sympathiques et ils font du Grindcore très efficace. C’est un groupe à surveiller et selon moi une des valeurs sûres de la scène underground canadienne.

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D-A: Malgré le fait que vous soyez un excellent groupe canadien, vous n’êtes malheureusement pas encore bien connu au Québec, dîtes-nous ce qu’il y a à savoir sur SixBrewBantha?

SBB: Nous venons de Victoria en Colombie-Britannique et nous avons commencé en tant que duo en 2007 (guitare et batterie) pour devenir un trio en 2008. Nous avons effectué six tournées et avons sorti quelques records et c’est pas mal là où nous en sommes rendus. On aime des groupes comme No Comment, Discordance Axis, Nirvana, Liquid Swords(GZA). On aime aussi faire des house shows et se faire des potes. Nous n’aimons pas le racisme, la misogynie, l’homophobie, la fermeture d’esprit, les flics, le matérialisme, les conneries égocentriques et le Grindcore surproduit.

 

D-A: Sérieusement, d’où sort le nom du band, qui en a eu l’idée?

SBB: Le nom contient beaucoup trop de degrés de significations philosophiques pour qu’il puisse être concrètement expliqué durant une entrevue.

 

D-A: Vous êtes friands de splits. Vous en avez un bon nombre à votre actif. Prévoyez-vous en sortir d’autres sous peu et avec quels autres groupes voudriez-vous en faire un ?

SBB: Nous avons un split avec Agitate qui va finalement sortir en vinyle. Nous en avons un autre de prévu avec Suffering Mind (Pologne) qui est en réalisation. Nous sommes aussi en discussion pour sortir un split à trois avec les gars de Roskopp et Humming Bird of Death . Pour  le futur, nous prévoyons ralentir la cadence sur les splits pour nous focuser sur notre prochain LP. Mais sinon nous aimerions sortir un split avec des groupes tels qu’Abhorrence, Bloody Phoenix, Sète Star Sept et des tonnes d’autres avec lesquels ça n’arrivera sûrement jamais.

 

D-A: Vous êtes un trio, est-ce une situation volontaire?

SBB: C’est tout simplement que nous sommes des amis très proches et qu’il y a peu d’amateurs de Grind dans notre ville qui sont prêt à s’engager pour des tournées. Donc être un trio est ce qu’il y a de plus réaliste pour nous. Je doute qu’un jour nous ayons un bassiste, mais bon, il ne faut jamais dire jamais.

 

D-A: En 2012, pendant votre tournée aux États-Unis, vous avez eu un accident assez grave, que s’est-il passé exactement?

SBB: Un de nos pneus a éclaté pendant que nous étions sur une autoroute du Michigan ce qui a eu pour effet de renverser notre van. La jambe de notre guitariste a été endommagée, il a eu besoin de chirurgie. Mais grâce à des amis et à une levée de fonds en ligne, nous avons pu amasser assez d’argent pour racheter une autre van et nous avons ainsi pu continuer la tournée. Bien sûr c’était de la merde, mais les choses auraient pu réellement être pires. Nous nous considérons donc chanceux de nous en être sortis pratiquement sains et saufs et d’avoir reçu autant d’aide et de support durant cette période.

 

D-A: À l’endos de la pochette de votre démo Testosterone Effect, on peut trouver une adresse postale. Est-ce une vraie adresse ou juste une blague?

SBB: C’est une vraie adresse, c’est celle des parents à notre drummer. Nous aimons bien recevoir du courrier et nous encourageons fortement les gens à nous écrire par la poste.

 

D-A: Vous qualifiez votre musique de Grindcore haineux, est-ce que la haine est votre principal leitmotiv?

SBB: Le monde peut être un endroit merdique et déprimant. Notre musique est la réflexion de nos sentiments face à certains aspects négatifs de la vie, mais en général nous sommes des gens assez heureux et positifs. Le Grind est notre façon d’expulser la négativité hors de nous.

 

D-A: Vos artworks sont malades, qui les a faits?

SBB: Notre LP et notre split avec Agitate sont l’œuvre de Brendan Schieman. C’est vraiment un honneur d’avoir de tels artworks pour la pochette de nos records. Les autres covers ont été assemblés par notre drummer et ne sont pour la plupart que des images volées. Il a un bon œil pour les pochettes et dans l’ensemble nous sommes satisfaits du look de nos records. La pochette du prochain split a été faîte par Matt Sidney un gars de notre ville. Sérieusement la pochette est impressionnante. Nous aimons les pochettes faites à la main et nous avons la chance d’avoir pleins d’amis prêts à travailler avec nous.

 

D-A: La scène canadienne semble bien se porter depuis quelques années, qu’en pensez-vous?

SBB: Le Canada a des tonnes de groupes géniaux et sa réputation d’hotpsot pour du bon Grindcore est bien fondée. Nous ne sommes pas allés depuis quelques années dans l’est du pays, mais pour ce qui est de la Colombie-Britannique il y a des bons groupes tels qu’Obacha ,Shooting Spree, Bridgeburner, Subsist, Osk, Skuff, Ahna et bien d’autres encore.  Ailleurs au pays il y a Archagathus, Rape Revenge, Violent Gorge, Head Hits Concrete, Powercup, Detroit, Soil of Ignorance, Grotesque Organ Defilement (G.O.D), Mesrine, Disleksick, Suppressulant.

 

D-A: Vous avez fait des tournées au Canada et aux Etats-Unis, quelle est la suite des plans pour l’Amérique du Sud ou l’Europe?

SBB: Il y a eu des discussions avec des potes de Victoria, les gars de Iskra, pour une tournée de la côte ouest cet hiver. Nous voulons vraiment aller en Europe et nous commençons à travailler pour que cela se réalise en 2014. Nous espérons vraiment que ça va marcher. Nous voulons faire des tournées partout à travers le monde alors si les gens ont des offres qu’ils n’hésitent pas à nous contacter!

 

D-A: Des plans pour venir jouer au Québec sous peu?

SBB: Il n’y a rien de concret pour l’instant mais on aimerait vraiment ça! Nous avons faits quatre shows au Québec durant notre tournée à travers le Canada en 2010. C’était génial mais la distance est tellement longue et il y si peu de lieux pour des concerts qu’il est plus profitable pour nous de jouer aux États-Unis. Nous espérons trouver un moyen de venir éventuellement puisque nous avons plusieurs amis que nous nous sommes faits au Québec et il y a aussi les gens comme toi qui nous écrivent et que nous voudrions rencontrer en personne.

Un samedi soir lourd et sombre

Samedi dernier le Scanner a reçu la visite de trois excellents groupes, Milanku, Alaskan et Dark Circles, qui, selon l’avis des fans de Québec, ne viennent pas assez souvent. Retour sur une soirée que plusieurs attendaient et qui a été une réussite. Nous remercions D7i Records pour avoir organisé une belle soirée et nous avoir fait bénéficier des accès.

 

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C’est la formation Montréalaise Dark Circles qui a ouvert le bal avec son Crust/D-Beat incisif. Comme à son habitude le groupe a abandonné le stage pour jouer directement au niveau de la foule, laissant le drummer seul sur le stage. Bien que leur performance ait été somme toute assez courte , les gars ont bien starté la foule en donnant un show de qualité. Vu les réactions de la foule, on peut dire que les fans ont aimé et que ceux qui ne connaissaient pas le groupe ont eu une belle surprise. En voulez-vous une vous aussi. Leur EP de 3 pièces se télécharge « à votre prix ». Cliquez ce lien vers leur bandcamp.

 

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Par la suite ce sont les gars de Alaskan qui sont venus donner une leçon aux gens de Québec. Alaskan est un groupe en provenance d’Ottawa. En ce samedi soir pluvieux, l’atmosphère était parfaite pour un show d’Alaskan. La ville semblait prête à plonger dans les ténèbres et la démence. Les gars, bien que n’étant qu’un trio, ont donné une performance digne d’un groupe qui compterait le double de membres. Leur musique lourde et sombre teintée d’une aura de folie a su ravir les aficinonados de Québec. Comme cela avait été annoncé sur la page Facebook du spectacle, les gars ne passant pas souvent par Québec, ont décidé de jouer plusieurs ‘’classiques’’ et des chansons plus anciennes pour le plaisir des gens présents. Judicieuse idée qui a donné lieu à un show de qualité dont les gens de la foule se souviendront longtemps.  Nul doute qu’après cette soirée plusieurs vont espérer le retour du groupe sous peu. Vous pourrez patienter un peu en vous procurant leurs albums sur leur bandcamp. Toute leur discographie est disponible pour le prix qui vous chante.

 

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Le dernier band de la soirée, Milanku, était en ville pour faire le lancement de la version vinyle de leur album Pris à la gorge et aussi pour jouer dans la Vieille Capitale avant leur départ pour une tournée au Japon. La foule attendait avec impatience la prestation du groupe qui a su combler avec brio ses attentes. Les gars ont livré une performance de grande qualité, ils étaient satisfaits et contents d’être là et la foule le leur rendait bien. Avec leur post-rock mélodieux et planant les gars ont offert une belle prestation aux gens de Québec, qui en demandaient encore plus à la fin du set du groupe. Pris à la gorge est un album de qualité alliant avec brio lourdeur, mélodie et intensité. Je vous recommande fortement de vous le procurer. Allez écouter en cliquant ce lien.

 

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 David-Alexandre

Thrash de Belgique: Bursting en entrevue

Voici mon entrevue avec Bursting, un band de Thrash belge que j’ai rencontré à l’été 2012 lors d’un superbe périple sur le vieux continent. Ce sont vraiment des bons gars qui sont drôles, très accueillants, mais surtout qui sont sur la brosse pas mal, bref des bons vivants ! – D-A

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Entrevue – Bursting

 

Tout d’abord un petit historique du groupe Bursting qui est né dans les bas-fonds puants de la ville de Huy (entre Liège et Namur) en mai 2004.  Sur une idée de Stef (guitare) et de Rebhell (batterie) qui souhaitaient lancer un groupe de Thrash.  Peu après, Streel (basse) et Laurent (voix) ont intégré le groupe. David, la 2e guitare, a rejoint le groupe quelques mois plus tard.

Pendant quatre ans, le groupe se maintient, joue sur pas mal de scènes (« peu de groupes thrash en Belgique, donc plus facile pour nous »), participe à des concours, certains sont gagnés, d’autres pas (« il faut bien en laisser un peu aux autres aussi »).  Sur ce lapse de temps, nous avons enregistré un EP, « Vision of reality », et un album, « … And don’t deliver us from temptation ».  Juste après cet album, David les quitte pour raison personnelle (« pas trop de temps pour les répètes, les concerts, bref, la vie de famille a gagné cette bataille »).

Loin de se démoraliser, ils continuent et embarquent Alekseï en lieu et place de David.  Depuis 2008, ils continuent d’explorer les zones d’ombres du métal  (« à savoir les cafés concerts, les bars, les MJ (maison de jeunes), les festivals, … bref, on a encore du pain sur la planche. »)

Fin 2011/début 2012, ils ont sorti leur second album, « Cervical : 7’’, qui pour le moment a l’air de bien plaire aux kids.  Actuellement, ils sont en phase de composition pour sortir un EP de 5 titres, prévu théoriquement pour la fin de l’année 2013.

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– Pourquoi le nom Bursting, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Bursting (qui signifie éclatement au sens littéral) est un regroupement de potes aimant les mêmes choses : le métal, la bière, l’humour foireux, la déconnade, faire des bouffes entre nous et le Thrash surtout.  C’est Rebhell qui a trouvé le nom, nous voulions quelque chose de court, d’incisif et un brin violent.  Bref, on a fait un brainstorming où chacun a amené 5 noms de groupes et c’est « Bursting » qui a gagné la timbale. 

 

– Quelles sont vos inspirations, en dehors de la Jupiler (marque de bière)?

En fait, notre divine bière nous aide surtout dans la compo … cela dit, les paroles sont rarement écrites sous influence, mais les idées des morceaux le sont.  En dehors de la picole, nous abordons des thèmes qui sont parfois (rarement) sérieux comme des sujets sur la société (digne des groupes de Thrash), du métal en général et puis du foutage de gueule et notamment de l’invention la plus stupide (pour nous), à savoir les religions (sorry si j’en choque, mais c’est comme ça), nous traitons de sujets plus lights comme les MILF.

Bref, nous n’avons pas un seul terrain sur lequel basé nos paroles.

 

– Quand on jette un coup d’œil à vos pages sur Metal-ArchivesFacebook et votre site officiel, on voit que vous faîtes tous parti de divers groupes, alors soit que vous vous échangez les postes ou vous êtes tous une bande d’hyperactifs qui n’ont trouvé que la musique distortionnée comme  exutoire ?

En Belgique et plus particulièrement en Wallonie, il y a pas mal de groupes et nous nous côtoyons assez souvent dans les différents festivals…  il est vrai qu’on finit par bien se connaître.  À Huy, il existe 4 groupes plus anciens (Bursting, Catarrhal, Nevrlight Horizon et Slaughtery), nous sommes tous potes et certains se retrouvent dans plusieurs bands.

Il y a d’autres groupes plus jeunes, mais ils oscillent plus dans la lignée du « metal-core ».  Certains d’entre nous ont des boulots « physiques » et d’autres ont un job plus relaxant « physiquement » donc la ‘zique peut effectivement servir d’exutoire (ce qui est mon cas).

 

– Comment se porte la scène métal en Belgique? Il y en a une ?

Oh que oui, mais elle change, elle évolue selon les années et les lieux. On va dire qu’il y a la scène flamande et la scène wallonne même si j’ai tendance à croire qu’elles se rapprochent toutes deux.  De plus en plus de groupes wallons jouent en Flandre et de plus en plus de groupes flamands jouent en Wallonie … mais le nombre de groupes est assez élevé.  Il faut arriver à faire son trou comme on dit.  A Huy, il y a une scène bien atypique avec les 4 groupes nommés plus haut.  Il y en a pour tous les goûts.

 

– Vous avez participé à quelques fests cet été, comment ça s’est passé?

Nous avons joué à la Fiesta du Rock avec Channel Zero et Aqme notamment, pour le reste, nous avons été en voir quelques-uns … cela s’est passé comme d’habitude, la tête qui tourne le matin et un gros con qui fait tourner le plafond lorsque l’on s’endort. 

Sérieusement, cela se passe toujours bien, nous croisons les doigts pour que cela continue de la sorte, les gens viennent, bougent même s’ils ne te connaissent pas spécialement.  On se donne à fond et les gens le ressentent et te le rendent … c’est un bel échange, presqu’une communion (aaaah curé, sors de ce corps).  Après le concert, j’apprécie le contact avec le public pour échanger un mot, boire une chope (ou 2 ou 3 …), parler de musique, prendre de leur nouvelle (à force on finit aussi par les connaître).

 

– Des bons souvenirs ?

Dans nos shows, nous n’avons pas de mauvais souvenirs (genre bagarre ou autres dérivées), mais en voilà quelques-uns !  Nous avons ouvert pour des clubs de motards qui croyaient que nous allions reprendre du AC/DC, leurs têtes, ha ha ha ! C’était extraordinaire.  Au tout début, nous avons joué aussi pour des anniversaires sous une tonnelle dans un jardin.

Nous avons aussi joué pour un autre anniversaire pour un gars qui aimait le métal quand il était jeune (il s’était arrêté à Metallica au niveau puissance).  Là, on s’amène et se retrouve dans une salle de tennis métallique qui ressemble à un demi-fût.  Devant le court se trouve une tonnelle (encore) de 3m sur 4m.  On joue devant 5 adultes et 4 enfants, les autres sont postés dans la cafétaria située au-dessus attendant que les barbares aient fini de faire du bruit.  Il faut dire qu’avant nous, il y a eu un magicien et après nous, une danseuse du ventre.

Dernièrement, nous avons été joué dans un mariage où se trouvaient la plupart des politicards de notre région (et les alentours).

 

– En dehors de la musique, vous avez tous des vies ‘’normales’’ et des boulots à temps plein, par exemple Laurent (chanteur) est prof (tortionnaire de jeunes adolescents), comment concilier vous tout ça, les tournées, les pratiques, les enregistrements et la ‘’vraie’’ vie ?

Cela demande une sacrée organisation effectivement car nous sommes obligés de concilier avec les congés des uns et des autres; notez que le prof ne travaille qu’un jour sur deux.  En général, on se fait des concerts les vendredis, samedis et parfois le dimanche.  Il faut prévoir, s’envoyer des sms ou se téléphoner.  Nos répétitions étant fixes, on ne se casse pas trop la tête, on a un agenda et on fait pour un mieux pour tout le monde.

 

– Prévoyez-vous sortir de l’Europe pour faire des concerts ?

C’est dans l’idée, pour le moment, nous visitons un peu la France, nous allons aller en Hollande aussi et nous aimerions taquiner les Teutons aussi mais si une possibilité s’offre à nous pour aller jouer par hasard au Québec ou au Canada, nous ne dirions pas non.

 

– Vous avez déjà quelques releases à votre actif, mais maintenant que nous réserve Bursting pour l’avenir ?

Comme je l’ai mentionné plus haut, nous prévoyons un cinq titres (plus quelques bonus) pour la fin 2013.  Nous avons un contact avec un label italien mais cela ne veut rien dire pour le moment, nous préférons composer des morceaux sans trop de pressing et faire du son que nous aimons.  Pour la suite, quelques concerts sont prévus dans l’agenda mais certains sont encore secrets, les orgas veulent garder la surprise.

 

– Pourquoi avez-vous choisis de présenter vos œuvres en anglais ? Est-ce venu naturellement ou était-ce un choix volontaire ?

Nous trouvons que le métal en anglais «sonne» mieux qu’en français … bien que nous soyons fiers de notre langue.  Je ne vois pas d’autres explications.

 

– Dans l’avenir il y aura-t-il des chansons en français ?

Non, mais nous avons déjà fait des passages en wallon dans notre dernier album (dialecte typiquement belge du sud du pays).  Sinon, je ne pense pas que nous ferons un titre en français (en tout cas, pas dans l’immédiat).

 

– Un dernier mot pour les metalheads du Québec ?

Qu’est-ce que vous attendez pour nous inviter les mecs? On va venir vous le retourner votre beau Quebec !! Si vous voulez jeter un œil et une oreille, rendez-vous sur notre site officiel.  Pour les filles, vous trouvez nos corps affriolants, un petit mail à: bursting@hotmail.fr

Pour les mecs, si vous avez une envie de commander un CD, un t-shirt ou pour nous invitez pour une tournée, envoyez un mail à la même adresse email!

Pour le reste, stay metaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaal ! You rule, dudes !

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Editeur – Voici une update retrouvée sur leur page Facebook:

« Salut à tous, un peu de neuf … maintenant que c’est officiel, nous pouvons le dire : Bursting jouera au prochain Mass Deathtruction avec Unleashed et Death (même si certains vont dire que sans Chuck ce n’est plus death, hein), Enthroned et Azarath. »

 

 

 

Wormrot – Entrevue avec Ondes Chocs

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Voici ma petite entrevue avec Arif, chanteur  de la formation Grindcore de Singapour, Wormrot. Y’a pas à dire, en voilà une que j’suis fucking content d’avoir fait !!

 

1. Il est quand même très rare d’entendre parler d’un groupe de Grindcore ou de Métal en provenance de Singapour. Comment les choses se passent-elles, avez-vous des festivals de musique, des salles de concerts, avez-vous une scène underground ?

– Oui nous avons une scène underground, mais c’est très difficile d’avoir des endroits où jouer, les promoteurs et les propriétaires de bars/clubs  ne font pas vraiment dans la musique extrême. Sans parler du fait que les prix de location des salles et de l’équipement audio sont énormes, qui plus est il faut souvent louer les deux de façon séparée, ce qui bien sûr ne facilite pas notre tâche.

 

2. Est-ce facile de promouvoir la musique underground  à Singapour ?

– Le crowd est tellement petit que la promotion n’est pas très dure à faire.

 

3. Qu’espériez-vous au début en commençant le groupe, quelles étaient vos attentes à l’époque, sont-elles les mêmes aujourd’hui ?

– Nous voulions simplement faire connaître notre musique,  c’est ce que nous avons fait et c’est-ce que nous continuerons à faire quand nous recommencerons les tournées.

 

4. Maintenant que vous avez sortis deux albums, trois EPs et quelques splits/compilations, avez-vous le sentiment que les efforts donnés commencent à porter fruit ?

– Oui ! C’est très plaisant de savoir que des gens apprécient notre musique. Les réactions positives que suscitent notre musique nous prouvent que le dur labeur, tous les sacrifices, les privations que nous avons effectuées en tournée et en studio en valaient la peine.

 

5. Est-ce que c’est compliqué de jongler entre un emploi « normal’’, le service militaire (2 ans obligatoires à Singapour) et le fait d’être dans un groupe qui fait de la tournée ?

– Nous avons tous finis notre service militaire obligatoire en 2007. Nous devons encore servir deux semaines par année, pour les dix prochaines années. Mais normalement nous savons à l’avance à quel moment nous devrons servir, donc nous ne prenons tout simplement pas d’engagements durant cette période. Il y a eu une fois où mon service  militaire a foutu la merde, c’était en 2011, nous devions faire une tournée américaine avec les gars d’Exhumed. Comme je n’ai pas le droit de manquer mon temps de réserviste, nous avons dû annuler notre participation à la tournée. C’est chiant mais c’est la vie …

 

6. Bien des gens semblent vous voir comme les nouveaux porte-étendards du ‘’vrai’’ Grindcore, qu’en pensez-vous ?

– (rires)  Non, pas du tout, nous ne sommes que des fans de Grindcore qui jouent du Grindcore, c’est tout.

 

7. J’ai eu la chance de vous voir en show l’an passé au ExtremeFest édition Allemagne, je sais aussi que vous avez fait d’autres fests comme le Obscene Extreme. Comment était l’expérience : les fests, tourner en Europe ?

–  Depuis le premier jour, jouer en Europe a toujours été génial. La première fois c’était en 2009, nous avons obtenu une réaction positive et nous avons fait des rencontres intéressantes, nous n’en demandons pas plus. Nous avons fait tous les genres de salle en Europe : les sous-sols, les squats trop crasses autant que des grosses salles et des fests. Les gens ont apprécié Wormrot dès le début et ont été très supporters et hospitaliers avec nous.

 

8. Votre meilleur souvenir de l’Europe en 2012 ?

– Mec … il y en a trop, hahaha  ! La vie de tournée c’est des hauts et des bas, c’est une aventure. Je dirais que pour nous trois, le meilleur souvenir reste le Obsecne Extreme Festival. C’était notre dernière journée de tournée européenne ainsi que notre dernière tournée avant un long moment. Nous nous sommes laissé aller, nous avons chillé avec des potes et nous avons eu du bon temps.

 

9. Peu de temps après cette tournée, vous avez annoncé que le groupe allait être on-hold pour un temps indéfini, ce qui a pris la communauté punk/grind par surprise. Les rumeurs de séparation ont fusé sur le Net, les gens exprimaient leur déception sur les blogues,etc. Vous avez dû par la suite clarifier la situation, annonçant que Wormrot était loin de la fin, qu’il restait beaucoup de stuff to grind. Maintenant quant est-il ?

– Nous avons dû régler plusieurs problèmes financiers et personnels à Singapour, car la vie de tournée c’est très cher.  Durant les quatre années passées à faire des tournées en Europe, en Amérique et ailleurs en Asie, nous n’avions pas vraiment d’emploi, rien de stable du moins. Juste le permis de travail aux États-Unis coûte très cher et tu ne peux pas y aller sans ça, impossible. Bien sûr nous aurions pu y aller sans mais nous ne voulions pas prendre le risque d’y aller sans permis, de nous faire éjecter du pays et d’être encore plus dans la merde. C’est la même chose pour le Royaume-Uni. Il y a bien quelques pays en Europe qui ne demandent pas de permis de travail, mais il y a toujours d’autres coûts qui se rajoutent, tel que les billets d’avion. Nous avions bien sûr des petits boulots durant les quelques mois où nous n’étions pas en tournée, mais au final c’était juste assez pour payer les billets d’avion et les dépenses à l’étranger.

 

10. Vous n’avez jamais eu de bassiste dans le band, est-ce que cela va changer éventuellement ?

–  Nous n’en avons jamais eu et nous n’en aurons jamais  ! 😀

 

11. Quels sont les plans pour Wormrot pour les prochains mois/années ?

– Nous sommes présentement en processus d’écriture pour le 3e album, mais nous prenons notre temps, nous ne voulons pas faire du travail bâclé. Nous ne ferons pas de tournée pour les prochaines années, mais ce n’est pas la fin !

 

12. Vous allez certainement revenir en Amérique, est-ce  que le Canada et le Québec seront sur votre liste de places à visiter ?

– Bien sûr que nous allons revenir en Amérique, mais je ne sais pas pour le Québec, c’est la manager qui décide !

 

13. Un mot de la fin ?

– Nous ne sommes pas morts, loin de là. Nous espérons pouvoir revenir en force d’ici 2016 !

 

 

Désagréablement vôtre, D-A.

 

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