Municipal Waste//Ghoul//Necrot//Dead Heat @ Foufounes Électriques, Montréal – 20 février 2024

Voici le compte rendu de Dany Marchand et les photos prises par Martin Desbois lors du spectacle de Municipal Waste présenté par Extensive Enterprise au Foufounes Électriques de Montréal le 20 février 2024 et qui mettait également à l’affiche Ghoul, Necrot et Dead Heat.

Retour complet

Après quelques savoureuses bières dans le légendaire bar de renommée internationale. Accompagné de plusieurs figures de la scène locale et membres de la famille pwell on a du plaisir au pouce carré !

Alors que la porte s’ouvre tous font la file pour rejoindre la terre promise. Les métalleux, réunis pour cet évènement à guichet fermés, montent les marches pour la célébration ultime !

 

Dead Heat

La formation californienne, que je découvre ce soir pour la première fois, vient ouvrir le bal avec un style très éclectique aux saveurs très hardcore et crossover digne de figurer sur cette tournée avec Municipal Waste.

Sur scène reigne une énergie comparable aux concerts de la vague NYHC ainsi que les années dorées du thrash métal des premiers instants. Un vocal puissant et éraillé vient nous frapper de plein fouet. Sur des riffs de gratte discordants et entraineurs des guitares, vient s’appuyer une basse bien texturée et rapide.

La foule quoi que pas encore réchauffée donne déjà des signes de vie. Un percussionniste rapide et dangereux donne la cadence au vortex que crée Dead Heat en sol montréalais ce soir. Belle entrée en matière pour la suite !

 

 

 

Necrot

Sans tambour ni trompettes le retour du trio Necrot (aussi californiens) dans la métropole se matérialise devant nous. On sort un peu de la thématique crossover/thrash avec un death metal bien gras, mais aussi très mélodique.

Les pièces s’enchainent à un rythme effréné. Le frontman souligne sa joie de revenir encore une fois en peu de temps et annonce qu’ils reviendront bientôt en tant que tête d’affiche pour la prochaine tournée.

Le batteur a une intensité de jeu immense. Il ne tappe pas, il défonce ses peaux. C’est fort, violent et plaisant. On peut lire cette puissance sur son visage à chaque chanson jouée. Parlant de puissance, le volume de l’ampli de Sonny doit enterrer tous les moniteurs présents. Cependant on ne manque rien de son talent, surtout l’harmonie de ses solos épiques.

Une excellente performance fortement appréciée !

 

 

Ghoul

Un très long change-over parsemé de problèmes techniques nous transporte vers ce qui sera mon coup de cœur de la soirée

Au son d’une séquence de narration et de bruits post-apocalyptiques, un personnage masqué passe le balai avant d’être interpelé par un soldat Alien. Vite fait, le balayeur saute au visage du militaire et lui arrache une partie du visage qui pisse le sang sur la foule… Non ce n’est pas un abus de substance, mais bien l’introduction du 3e band californien à se produire.

Je connaissais le quatuor que via l’écoute des CD, mais c’est vraiment en live que la magie s’opère !

Cagoulés de vieux sac de patates avec des habits tous plus redneck les uns que les autres, mais ayant chacun leur identité, ils offrent d’entrée de jeu une performance théâtrale et dynamique de haut niveau !

Tout fan d’horreur y trouvera un plaisir malin à voir défiler sorcières, cyborg et autres monstres malsains qui enverrons dans l’assistance sang et autres restes humains.

Chaque musicien chante sa partie solo sur la plupart des compositions. Offrant ainsi une variété vocale très large. Musicalement, c’est aussi très polyvalent, thrash/death/black/hardcore avec touche d’humour incorporée.

Le concept est parfait et bien développé. À voir et revoir !

 

 

Municipal Waste

L’heure H a sonnée, de Richmond en Virginie, les nouvelles légendes du crossover débarquent enfin. Et immédiatement le party est dans la place, stage dive et body surfing accompagnent les circle pits de la première seconde à la dernière.

Le charisme de Tony est titanesque, un seul sourire et on a le goût de faire la fête à ses côtés. On a droit à plusieurs chansons sorties des plus récents albums jusqu’au premier, des morceaux qui n’ont pas été jouées depuis plus de 20 ans. Les membres n’ont rien perdu de leur énergie légendaire, les fiers porteurs du flambeau du crossover sont de véritables bêtes de scène. Un jeu droit et précis, voir même incisif.

Ce soir comme à chaque soir qu’ils sont de passage, tout dégénère. Même si le spectacle est sur scène, la foule montréalaise offre aussi un divertissement unique qui est visiblement bien accueilli par ceux sur scène. Les yeux écarquillés de Tony en disent long alors que les corps revolent de partout accompagné par des rouleaux de papiers cul ainsi que divers animaux gonflables.

Juste avant «the art of partying» le frontman fait la requête que les fans lui apporte du cannabis. Sa récolte est fructueuse car à son retour il allume 4 joints simultanément. Action bien sur engagée aussi dans l’assistance.

Il n’y a absolument rien de plus crédible que lorsque Municipal Waste affirme qu’ils ont une relation unique avec le Québec, jamais égalée ailleurs.

C’est comme un lendemain de brosse de retourner chez soi après une telle prestation enflammée !

 

-Journaliste: Dany Marchand
Photographe: Martin Desbois

Rotting Christ//Carach Angren, UADA et Gaerea @ Impérial Bell, Qc – 8 mars 2023

Voici le compte rendu de Dany Marchand et les photos prises par Charles-Alexandre Tourchot lors du spectacle de Rotting Christ présenté par District 7 Production à L’Impérial Bell de Québec le 8 mars 2023 et qui mettait également à l’affiche Carach Angren, UADA et Gaerea.

 

Ce soir, nous investissons le majestueux Impérial Bell pour une soirée froide et noire au son d’un buffet 4 services de Black Metal aux diverses saveurs. Le nombre de personnes présentes est acceptable, mais pas optimum, normal pour un mercredi soir, cependant c’est des fans fervents et fidèles au rendez-vous qui occupent le territoire de la fosse.

Gaerea

C’est cagoulé, avec le logo du band sur le devant de la cagoule, que se présente à nous le premier acte de violence de cette sombre assemblée musicale.

Sous un éclairage fort appréciable et soigné, nous pouvons admirer les pieds de micro personnalisés et conceptuels du groupe encore une fois relié au symbole mythique du quintette portugais.

Sur scène, c’est surtout le vocaliste Guilherme qui nous saute aux yeux et aux oreilles. Avec sa voix puissante et polyvalente, il épate notre ouïe, mais avant tout c’est sa gestuelle, sa présence scénique et sa chorégraphie qui gâtent notre visuel. Il bouge de manière reptilienne, vive et à la fois langoureuse (ce qui surprend énormément sur la scène black métal) rappelant le légendaire Jim Morrison et, par moments, même Marilyn Manson.

L’ensemble des cordes est d’une efficacité inattaquable, la musicalité est d’une mélodieuse violence accompagnant des arrangements harmonieux. L’anniversaire d’un des membres de cet ensemble est d’ailleurs souligné. Les percussions sont d’une lourdeur immense lorsque nécessaire et d’une rapidité déstabilisante par autres moments.

L’assistance est profondément conquise et surprise (pour ceux qui comme moi découvraient ce groupe ce soir). Les exclamations sont légions dans l’amphithéâtre, les yeux sont ébahis et les sourires omniprésents.

Des chants grégoriens sonnent le glas pour Gaerea qui maintenant se noie dans la pluie d’acclamations de la grande capitale. C’est presque une tragédie de les laisser partir tellement nous en aurions pris encore plus longtemps.

Wow, vraiment mon coup de cœur du jour et probablement de la saison. La foule impatiente au kiosque du groupe confirme le succès de leur prestation. Même moi j’ai fait la ligne pour un chandail superbe et un CD de leur plus récent album intitulé Mirage.

 

UADA

Après un excessivement long changement de ligne (40 min) apparemment relié à des problèmes techniques, le quatuor black métal mélodique américain se prépare à faire irruption sur les planches.

Une cérémonie de purification à l’encens est pratiquée alors que la séquence musicale d’introduction est jouée. C’est plongé dans un éclairage bleuté mettant en valeur les bannières représentant leurs emblèmes occultes, que nous voyons apparaitre les quatre musiciens vêtus de leurs costumes anonymes tels les nazguls de Tolkien.

Sans artifices ni préliminaires, comme à leurs habitudes, ils entament le déploiement de leur répertoire surtout axé sur leur plus récent album Djinn. Vu lors de leur dernier passage avec 1349 en octobre 2019, c’est avec de grandes expectations que j’attendais leur retour.

Fidèles à eux-mêmes la pénombre règne. Un cauchemar pour les photographes, mais une délicieuse ambiance cultiste pour les fervents réunis. Les screams agonisants comme on les aime sont acheminés à nous avec aisance et précision. Musicalement, j’adore leur nouveau son du dernier album, beaucoup plus atmosphérique et profond.

Des riffs de guitare tournant au vers d’oreilles supporté par la basse solide et les percussions éclatantes. Surement dû au retard sur l’horaire, c’est une prestation très abrégée qui nous est offerte. Comme prévu, une légère majorité de pièces récentes plus lourdes sont entrecoupées de classiques violents.

Niveau son et prestation, on ressent encore la présence de problème techniques à plusieurs reprises. Uada n’est pas reconnu pour leurs chorégraphies de scène extravagantes et ce soir ne fait pas exception à la règle, c’est très sobre et statique, ce qui crée un étrange conflit avec l’énergie du groupe précédent.

Ils repartent comme ils sont arrivés sans aucune fanfare ni roulement de tambour. L’anti-rockstarisme à son meilleur.

 

Carach Angren

9 h 25 La table est mise pour le théâtre de l’horreur de Carach Angren.

Le quatuor horrifique arrive enfin devant nous à la satisfaction de leurs disciples qui sont de retour pour les accueillir à nouveau. Claviers, keytare, corpse paints, latex et cuir. Nul doute, les Pays-Bas et le Mordor sont arrivés en ville et mordent avec leurs mâchoires d’acier le public québécois euphorique.

On monte l’intensité d’un cran, ça bouge aussitôt les premières notes jouées, la tension est palpable. Et on n’attend pas très longtemps avant l’explosion, car un Wall of death assez doux est invoqué après seulement deux pièces, mais néanmoins le moshpit prends vie… enfin !

La bannière derrière eux est d’une élégance funéraire. L’éclairage est plus généreux qu’à l’acte précédent, mais sans excès. La fraîcheur des sonorités de ce groupe est un des points forts ce soir, et l’utilisation qu’ils font de leurs instruments souvent non orthodoxes est recherchée et bien appliquée.

On sort le masque du roi des morts en moitié de répertoire, ajoutant encore un niveau supérieur au spectacle en nous immergeant dans leur angoissant monde de terreur. C’était la première fois que notre photographe assistait à un de leurs évènements et pour lui, ils devinrent automatiquement son coup de cœur de la soirée.

Une belle performance théâtrale dans son ensemble, même que Jesus Christ en personne est venu les rejoindre pour la chanson finale, le crucifié a bien sûr rapidement été lancé aux apôtres pour un body surfing en bonne et due forme.

Maintenant, on s’affaire à finaliser l’arrivée de la tête d’affiche.

 

Rotting Christ

10 h 28: Les portes du temple s’ouvrent pour nous. Une pseudo prière aux allures païenne est récitée en ouverture, découvrant un décor digne d’un culte celtique. Les vétérans s’installent confortablement devant nos oreilles offertes et nos yeux brillants. On les accueille encore une fois comme des amis de longue date, chaleureusement et affectueusement.

C’est la deuxième fois en moins d’un an qu’ils reviennent nous visiter, après leur halte triomphale durant la tournée « Devastation on the nation » en mai dernier. Les frères Tolis offrent une représentation sans faille et charismatique, comme toujours depuis 1987. Leur chimie sur scène fait office de preuve de leurs années de co-voiturage au volant de la machine de guerre qu’est Rotting Christ.

Parlant de charisme, nous ne pouvons ignorer la présence et la qualité d’animateur de foule de Van Ace. Comme un de mes vieux amis (JF Jalbert de Slaotvean/Ordoxe) l’a décrit durant le concert : « Il est beau, il est bon et il a les cheveux soyeux comme Brad Pitt dans Légendes d’automne ! ». On ne peut dire mieux ! Ce type est une bête de scène qui prend contrôle des projecteurs avec adresse.

Aux percussions, elles résonnent dans notre être avec une force qui va au-delà de l’échelle de Richter. Ce cher George excelle autant maintenant qu’en 2014 à donner le rythme cardiaque à chacun des concerts. 

Un seul bémol est l’heure avancée à laquelle ils jouent, ayant comme conséquence le départ de beaucoup de gens dans la salle. À 11 h 33, le tiers de la foule avait quitté le navire lorsque le rappel est entamé pour les forts qui étaient encore présents et toujours animés par la passion !

Un énorme merci à tous les bands et District 7 Production pour cette soirée plongée dans les ténébreuses mélodies de la crème du black métal.

Setlist
1.666
2.Kata Ton Daimona Eaytoy
3.Fire, God and Fear
4.Dub-sag-ta-ke
5.Apage Satana
6.Elthe Kyrie
7.Demonon Vrosis
8.Societas Satanas (Thou Art Lord cover)
9.Non Serviam
10.In Yumen-Xibalba
11.Grandis Spiritus Diavolos
12.The Raven
Encore :
13.Noctis Era

-Dany Marchand
Photos: Charles-Alexandre Tourchot

Powerwolf//Seven Kingdoms @ MTelus, Montréal – 24 février 2023

Voici la critique de Dany Marchand et les photos prises par Joé Lacerte lors du spectacle de Powerwolf présenté par Extensive Enterprise au MTelus de Montréal le 24 février 2023 et qui mettait également à l’affiche Seven Kingdoms.

L’odyssée de Dany et Joé reprend du service pour la première fois en 2023, on affronte ce soir le froid et le trafic du centre-ville de Montréal en lumière.

C’est salle comble ce soir pour accueillir, pour la première fois, la sensation allemande du Power Metal. Dans les murs du légendaire MTelus, l’amphithéâtre est plein, les guichets sont fermés, mais les regards et oreilles sont grands ouverts! Remercions Extensive Enterprise  et Napalm Records pour nous amener ce concert unique.

Joé notre photographe me fait remarquer la variété de tranches d’âge et de styles dans l’assistance. On y voit même beaucoup d’enfants, ce qui est rare, mais tout de même touchant à observer.

 

Seven Kingdoms

7 h 44 : L’hiver arrive.

Seven Kingdoms fait irruption en coup de tonnerre, sous une pluie d’acclamation.

Le quatuor américain fait un départ en force avec une pièce qui annonce les couleurs pour ce concert qui promet d’être rempli de sonorités épiques à la tonne.

On remarque l’absence de basse visuellement (car elle est séquencée), mais musicalement, le travail des guitaristes est si excellent qu’on occulte ce fait rapidement.

Arborant une tenue flamboyante et exposant une technique vocale encore plus brillante dotée d’une puissance titanesque, Sabrina Valentine possède autant de talent que de belle énergie déployée sur scène. D’ailleurs, la foule est réceptive au charisme de la maîtresse d’orchestre qui portait encore une fois ses pantoufles en burger qui ne laisse jamais personne indifférent lors de leurs concerts.

Les dites chaussures ont d’ailleurs été mentionnées lors de l’introduction de la reprise de Boys Of Summer, annoncée comme la preuve de l’assomption de leur côté « cheesy ». Le style musical du groupe est fort intéressant, même si dans les règles du power métal, déroge à plusieurs reprises pour donner une saveur exotique et plus agressive par moments.

Les solos en duo sont d’une beauté poétique pour les canaux auditifs, les guitaristes Camden Cruz (membre fondateur) et Kevin Byrd offrent une belle chorégraphie dynamique pendant que lancé de glowsticks est exécuté par la leader du band.

Le batteur Keith Byrd (frère du guitariste du même nom), est tel un diable hyperactif derrière ses percussions dont il a une maitrise parfaite.

Je ne connaissais pas Seven Kingdoms (ce qui me surprend, car ils ont mentionné que c’était leur première tournée en 13 ans), mais maintenant ils figurent très haut dans mon estime en tant que mon coup de cœur de la soirée.

Ils regagnent Westeros sous une ovation sonore et chaleureuse de la part de leurs nouveaux fans québécois.

Setlist :
1. Universal Terrestrial
2. Chasing The Mirage
3. The Water Dance
4. Valonqar
5. Love Dagger
6. Magic in The Mist
7. A Silent Remedy
8. Boys Of Summer
9. Diamond Handed
10. In The Walls

Powerwolf

Une scène aux décors majestueux avec une architecture digne des églises les plus luxueuses apparait devant nous.

La batterie et le clavier ont chacun leur plateforme élévatrice. Le thème visuel est du même niveau que la musique générée par nos nouveaux visiteurs d’une contrée éloignée.

La foule est impatiente et fébrile. L’ambiance est mise en place, on approche la flamme de la mèche…. ignition à 8 h 57 !

Entrée en scène théâtrale à la hauteur des attentes. Après la première pièce « Faster than the flame », nous avons droit à une allocution d’introduction dans la langue de Molière très bien maitrisée ! On enchaine les hits avec des exécutions sans aucune faille, un vrai champ de bataille musical!

18 de leurs classiques sont joués pour la première fois en sol canadien au grand plaisir des fans présents.

1. Faster Than the Flame
2. Incense & Iron
3. Army of the Night
4. Amen & Attack
5. Dancing With the Dead
6. Armata Strigoi
7. Bête du Gévaudan
8. Stossgebet
9. Demons Are a Girl’s Best Friend
10. Fire and Forgive
11. Where the Wild Wolves Have Gone
12. Sainted by the Storm
13. Resurrection by Erection
14. Blood for Blood (Faoladh)
15. Let There Be Night

Les trois généreux rappels :
(Agnus Dei)
16. Sanctified With Dynamite
17. We Drink Your Blood
18. Werewolves of Armenia
(Wolves Against The World)

L’assistance chante les paroles à l’unisson, même si les paroles sont soit en allemand, en anglais, en latin ou encore en français. Nul doute, tous les gens sont là pour enfin voir leurs idoles en chair et en rock. Parlant de pièce francophone, on nous fait offrande de «Beast of Gevaudan » en français, c’est reçu avec une immense appréciation visible autour de nous dans la fosse.

Le claviériste, Falk, est une bête de scène irremplaçable au spectacle, apportant un soutien solide à l’animation de foule. Le fou du roi parfait ! ( un rôle me rappelant celui de Flake de Rammstein). Aux cordes, les Greywolf donnent un exposé de leurs habiletés infinies. Tant dans la gestuelle théâtrale que la musicalité parfaite, les « frères » nous en mettent plein la vue et l’ouie. Encore une fois la basse est séquencée pour appuyer la puissance des guitares.

La métronomie immaculée de Roel brille de mille feux, chaque coup de baguette résonne dans nos cœurs donnant le rythme à notre délectation. Le son de la batterie est aussi d’une pureté onirique.

Atilla est un maitre du vocal, une voix divinement mélodieuse et forte. La polyvalence de son champ d’exploration du chant est impressionnante. Son interaction avec la foule est inégalable, il dirige les disciples du loup de puissance comme un dompteur de lions. Il est lui-même surpris de la réception des Québécois envers l’orchestre, ils sont accueillis en rois, voire en dieux.

L’amour est réciproque, car c’est avec 3 rappels que se termine cette grande messe du heavy metal.

Vraiment, pour une première, ce fut légendaire.

On a déjà hâte à la prochaine visite, merci les loups pour cette aventure fantastique en meute !

Katatonia//The Ocean Collective//Cellar Darling @ Impérial Bell, Québec – 15 novembre 2022

Voici le compte rendu de Dany Marchand les photos prises par Joé Lacerte lors du spectacle de Katatonia présenté par District 7 Production à L’Impérial Bell de Québec le 15 novembre 2022 et qui mettait également à l’affiche The Ocean Collective et Cellar Darling.

Critique

L’odyssée de Dany et Joé (chroniqueur et photographe) reprend pour un soir magique, le navire se dirige ce soir vers l’est, direction : Québec.

Bondée est l’Impérial Bell en cette soirée de doom, de folk et de métal plus texturé de douceur brutale agonisante. La population ce soir est très variée dans les âges et les genres. On peut voir les métalleux purs et durs affichant leurs couleurs autant que des gens au look plus classique, voir BCBG. La cause étant la large portée des styles musicaux qui nous sont présentés ce soir grâce à District 7 Production.

 

Cellar Darling

Quelle belle découverte qui vient enchanter mes oreilles ce soir.  Tout droit de la Suisse nous arrive cette bombe musicale issue des membres sortants du célèbre groupe Eluveitie. Les instruments sur scène sont nombreux malgré la présence de seulement quatre musiciens.

Et ce quatuor sait se servir de ses outils, aussi exotiques puissent-ils être. Anna Murphy, vocaliste et multi-instrumentiste extraordinaire, s’affaire à manier le Hurdy Gurdy (pour ceux qui se demandait « c’était quoi dont le nom de cte patente là ! »). Elle maitrise aussi le clavier de façon divine, tout comme la flute et bien sûr sa voix angélique hypnotisante.

Aux cordes et percussions, on nous fait tout autant voyager dans univers fantastiques, des mondes oubliés, des temps infinis et lointains. Avec des accords et rythmes tribaux ou langoureux, voire même planants, la troupe est une puissance naturelle lorsqu’elle s’unit dans un torrent musical de haute voltige.

Les admirateurs sont en totale transe devant un tel spectacle. Ma déception est encore plus grande d’être arrivé en retard pour entendre la totalité de leur répertoire interprété dans la grande capitale ce soir.

Vraiment leur départ de la scène m’a fait un pincement au cœur. Vivement un retour en mode tête d’affiche !

 

The Ocean Collective

Fumée, lumières faibles, éclairage stroboscopique l’arrivée sur scène du collectif berlinois n’est définitivement pas pour les épileptiques. Les premières notes suffisent pour donner le ton que la prestation aura pour les prochaines minutes à venir. C’est en français que Loïc nous souhaite la bienvenue, tout juste avant qu’un ouragan de son et d’émotions ne s’abattent sur nous, aussitôt on est frappés par la qualité musicale exceptionnelle bien représentée sur scène vis-à-vis ce que les albums nous offrent à la maison.

Malheureusement, quelques difficultés techniques telles que la perte de la basse et du micro principal en début de concert viennent tenter de briser le charme. Laissant place à une version instrumentale le temps de corriger le tir habilement par ces prodigieux maîtres d’orchestre. « The show must go on ».

Gestuelle de scène est plutôt statique, mais très intense à la fois, surtout du côté du vocaliste qui vit vraiment sa musique. D’ailleurs il sera de moins en moins stationnaire comme le concert avance, car il ira même d’un bon vieux saut de la scène tout droit dans la foule à un moment épique qui a enflammé la foule.

Les claviers sont très bien définis dans l’amalgame de sons éclatés et lourds. Une harmonie vocale peu orthodoxe exécutée avec talent dans des tons différents de la mélodie principale vient confirmer la maîtrise vocale impressionnante par tous les membres chantants.

À un certain moment, Loïc et Peter interchangent les rôles avec alors que le claviériste vient chanter et que le leader s’occupe des séquençages et les back vocaux pour le plaisir des yeux et des canaux auditifs.

On aurait aimé voir surgir Jonas de Katatonia et accompagner le groupe sur une de leurs compositions communes, mais ce sera pour une autre fois, car la formation nous quitte avec une assistance en délire.

Vraiment mon coup de cœur de ce soir va à ces monstres de créativité et de talent. À voir et revoir et revoir encore!

 

Katatonia

Depuis ma première écoute de la pièce Brave en 1996 que je désire voir les vétérans suédois du doom en spectacle. Ce soir on va pouvoir cocher cette case. C’est sous un éclairage froid digne du genre musical que les légendes de Stockholm apparaissent enfin sous les feux glaciaux de la scène.

La voix envoutante ou plutôt, les voix envoutantes, du quintette sont parfaites. La sonorité cristalline et la définition immaculée des instruments nous font frissonner. Nous avons droit à une sélection de morceaux les plus élaborés du catalogue énorme du groupe. Y allant de plusieurs classiques forts attendus tels que « My Twin » (que Jean-Daniel de notre webzine voulait entendre), mais rien du répertoire plus black/death métal des premières heures (hé non on n’a pas eu droit à Brave, à ma grande tristesse).

La majorité des hymnes entendus provenaient surtout de l’excellent album phare « The great cold distance » sorti en 2006. Jonas était dans une humeur festive, mentionnant à plusieurs reprises la présence du bar au fond de la salle.

C’est avec un généreux paquet cadeau de 20 chansons que le groupe finira par quitter une foule de fans totalement obnubilés par la prestance de nos idoles de la musique sombre et pesante, le tout avec comme dernier adieu la merveilleuse « Lethean ».

Lors de leur départ, on ne peut que saluer la force du guitariste Roger Öjersson, qui a tenu tout ce long concert malgré ses problèmes de santé. C’est canne à la main sous une rafale d’acclamation des amateurs de doom de la grande capitale qu’il quitte en guerrier !

Wow, quelle soirée riche en saveur pour l’ouïe que nous avons vécu ce soir.

Bonsoir, bonne nuit et à une prochaine odyssée!

-Texte: Dany Marchand
Photos: Joé Lacerte

Mercyful Fate//Kreator//Midnight @ Place Bell, Laval – 11 novembre 2022

Voici le compte rendu de notre journaliste Dany Marchand lors du spectacle de Mercyful Fate présenté par Evenko, Greenland Productions à la Place Bell de Laval le 11 novembre 2022 et qui mettait également à l’affiche Kreator et Midnight.

Critique

Ce soir, c’est un rendez-vous avec les légendes à la place Bell de Laval. Un concert alliant les figures de proue du métal des années 80, des icônes, voir, des monuments. Malgré le fait que l’évènement ait lieu un vendredi soir, je me surprends à observer des sièges vacants dans les estrades pour une soirée qui s’annonce pourtant historique.

Midnight

C’est cagoulés, vêtus de cuir, et prêts à tout détruire que le puissant power trio composé de trois frères d’armes (avec la puissance de feu d’une armée) font leur apparition. La qualité cristalline du son et de la texture des instruments aident encore plus à savourer le speed métal aux effluves de black métal de haut niveau performé devant nous. L’atmosphère créée par un éclairage sombre et glauque à l’image de la formation, vient parfaire le panorama obscure et culte.

Les riffs de guitares sont entraînants à outrance et joués avec un aplomb qui n’a d’égale que la basse omniprésente qui ne laisse aucun vide pour ce type de formation à trois. L’énergie sur les planches est d’une belle intensité fort incisive.

Athenar nous offre une troupe musicale de choix pour cette tournée qui nous interprète une sélection délicieuse de la large discographie d’une carrière cumulant près de 20 années d’existence déjà. C’est à coup de basse dans le front que le band quitte la scène sans grande révérence, ils sont fidèles à leur style franc et direct.

 

Kreator

En simplicité, voilà ce qui décrit le mieux l’arrivée des légendes du thrash métal teuton. Saluant la foule comme de vieux camarades de jeu avec le sourire, Mille et ses sbires sont heureux d’être de retour en sol québécois. Un retour effectué devant un décor magnifique composé d’éléments de la pochette de Hate Über Alles parsemé de cadavres drapés de rouge pendu ou empalés un peu partout sur la scène.

Plusieurs sièges sont vides, mais le parterre grouille de monde. On nous offre quelques mots en français pour présenter la pièce Strongest of the strong tiré du dernier album, rappelant du coup que leur seule date au Canada est au Québec.

Le groupe digne d’un potentiel Big Four allemand aligne classique par-dessus classique. Une petite déception pour moi est de ne pas avoir eu droit à un extrait de l’album Outcast. Cependant, je me plains le ventre plein, car j’ai pu vibrer avec la foule lorsque le drapeau de la haine fût brandi pour annoncer le morceau du même nom.

Tristesse de ne pas avoir de moshpit mentionné par deux fois par Mr Petrozza, bien sûr une salle avec des bancs est peu, voir, pas très appropriée à un tel rassemblement d’amateurs du genre. On annonce déjà le retour en 2023 avec une tournée où ils seront tête d’affiche, probablement avec en ouverture Lamb Of God ou Testament qui feront office de co-vedette sur les tournées State of Unrest et Klash of the Titans.

Pleasure To Kill viendra enfoncer le dernier clou, avec autorité, dans le cercueil de cette partie monstre du concert. Un tonnerre d’applaudissements chaleureux accompagnera le quatuor vers la sortie.

Charmant les fans aux cheveux les plus blancs autant que la jeune relève fringante, Kreator assure l’immortalité de son œuvre pour les décennies à venir.

 

MERCYFUL FATE

Un grand drapeau vient cacher notre vue, occultant ce qui se trame derrière. La foule ne se contient plus, le roi arrive bientôt avec son épique groupe tout droit sorti des abîmes les plus profonds de l’enfer. Ce drapeau est d’ailleurs pratiquement viral sur mes réseaux sociaux, car ce soir, tout le monde est là : amis, familles, artistes et compagnie.

L’impatience est palpable, certains fans ont peut-être un peu trop festoyé avant l’arrivée tant attendue, car la sécurité (renforcée dû au triste évènement survenu plus tôt dans la journée tout près) expulse plusieurs fêtards durant la soirée.

Alors que The Oath s’insinue dans nos canaux auditifs, le rideau se lève révélant une vue à couper le souffle représentant le toit de ce qui semble un château avec des escaliers de pierre de chaque côté. Au sommet un pentacle de Baphomet est illuminé et mis en valeur sous une énorme croix inversée elle aussi illuminée, Le King fait son apparition, en adoration devant ces derniers sigles du satanisme.

Comme arrière plan de scène, l’imagerie de l’album phare Don’t break the oath. Les notes vocales atteignant des seuils plus haut que la stratosphère fusent de toute part. Les guitares crachent des rythmiques et des solos solides comme le rock dans lequel la formation danoise a été bâtie.

La spectaculaire théâtralité du leader roi (et couronné) est un élément indispensable pour bien s’immerger dans le monde d’horreur classique mis en scène à Laval sous cette lune de novembre. Chaque instrument est facilement identifiable et clair pour des oreilles tant débutantes que professionnelles en sonorisation (chapeau à l’équipe aux consoles en passant).

Une sélection en mode Greatest Hits nous est lancée à la gueule tout au long de la généreuse performance. Melissa est admirablement interprétée tout autant qu’une nouvelle pièce qui n’a rien à envier aux tubes des premiers albums. Les frissons sont au rendez-vous et les spectateurs en redemandent.

Il est à noter que la majestueuse basse de Joey Vera (armored saint et fate warning) est une partie non négligeable du succès de cette tournée. À 66 ans, de voir un homme parcourir une si grande scène aussi longtemps en chantant avec une technique aussi spéciale tout en gardant la note est presque un exploit en soi !

To One Far Away sera l’hymne d’adieu pour ce soir alors que King Diamond prend le temps de bien saluer la foule qui attendait ce moment depuis bien trop longtemps. Le king est en forme et en voix, longue vie au roi !

Les paysans peuvent quitter le château, fiers de leur rencontre royale avec les légendes!

-Dany Marchand