Voici le compte rendu de Dany Marchand et les photos prises par Martin Desbois lors du spectacle de Municipal Waste présenté par Extensive Enterprise au Foufounes Électriques de Montréal le 20 février 2024 et qui mettait également à l’affiche Ghoul, Necrot et Dead Heat.

Retour complet

Après quelques savoureuses bières dans le légendaire bar de renommée internationale. Accompagné de plusieurs figures de la scène locale et membres de la famille pwell on a du plaisir au pouce carré !

Alors que la porte s’ouvre tous font la file pour rejoindre la terre promise. Les métalleux, réunis pour cet évènement à guichet fermés, montent les marches pour la célébration ultime !

 

Dead Heat

La formation californienne, que je découvre ce soir pour la première fois, vient ouvrir le bal avec un style très éclectique aux saveurs très hardcore et crossover digne de figurer sur cette tournée avec Municipal Waste.

Sur scène reigne une énergie comparable aux concerts de la vague NYHC ainsi que les années dorées du thrash métal des premiers instants. Un vocal puissant et éraillé vient nous frapper de plein fouet. Sur des riffs de gratte discordants et entraineurs des guitares, vient s’appuyer une basse bien texturée et rapide.

La foule quoi que pas encore réchauffée donne déjà des signes de vie. Un percussionniste rapide et dangereux donne la cadence au vortex que crée Dead Heat en sol montréalais ce soir. Belle entrée en matière pour la suite !

 

 

 

Necrot

Sans tambour ni trompettes le retour du trio Necrot (aussi californiens) dans la métropole se matérialise devant nous. On sort un peu de la thématique crossover/thrash avec un death metal bien gras, mais aussi très mélodique.

Les pièces s’enchainent à un rythme effréné. Le frontman souligne sa joie de revenir encore une fois en peu de temps et annonce qu’ils reviendront bientôt en tant que tête d’affiche pour la prochaine tournée.

Le batteur a une intensité de jeu immense. Il ne tappe pas, il défonce ses peaux. C’est fort, violent et plaisant. On peut lire cette puissance sur son visage à chaque chanson jouée. Parlant de puissance, le volume de l’ampli de Sonny doit enterrer tous les moniteurs présents. Cependant on ne manque rien de son talent, surtout l’harmonie de ses solos épiques.

Une excellente performance fortement appréciée !

 

 

Ghoul

Un très long change-over parsemé de problèmes techniques nous transporte vers ce qui sera mon coup de cœur de la soirée

Au son d’une séquence de narration et de bruits post-apocalyptiques, un personnage masqué passe le balai avant d’être interpelé par un soldat Alien. Vite fait, le balayeur saute au visage du militaire et lui arrache une partie du visage qui pisse le sang sur la foule… Non ce n’est pas un abus de substance, mais bien l’introduction du 3e band californien à se produire.

Je connaissais le quatuor que via l’écoute des CD, mais c’est vraiment en live que la magie s’opère !

Cagoulés de vieux sac de patates avec des habits tous plus redneck les uns que les autres, mais ayant chacun leur identité, ils offrent d’entrée de jeu une performance théâtrale et dynamique de haut niveau !

Tout fan d’horreur y trouvera un plaisir malin à voir défiler sorcières, cyborg et autres monstres malsains qui enverrons dans l’assistance sang et autres restes humains.

Chaque musicien chante sa partie solo sur la plupart des compositions. Offrant ainsi une variété vocale très large. Musicalement, c’est aussi très polyvalent, thrash/death/black/hardcore avec touche d’humour incorporée.

Le concept est parfait et bien développé. À voir et revoir !

 

 

Municipal Waste

L’heure H a sonnée, de Richmond en Virginie, les nouvelles légendes du crossover débarquent enfin. Et immédiatement le party est dans la place, stage dive et body surfing accompagnent les circle pits de la première seconde à la dernière.

Le charisme de Tony est titanesque, un seul sourire et on a le goût de faire la fête à ses côtés. On a droit à plusieurs chansons sorties des plus récents albums jusqu’au premier, des morceaux qui n’ont pas été jouées depuis plus de 20 ans. Les membres n’ont rien perdu de leur énergie légendaire, les fiers porteurs du flambeau du crossover sont de véritables bêtes de scène. Un jeu droit et précis, voir même incisif.

Ce soir comme à chaque soir qu’ils sont de passage, tout dégénère. Même si le spectacle est sur scène, la foule montréalaise offre aussi un divertissement unique qui est visiblement bien accueilli par ceux sur scène. Les yeux écarquillés de Tony en disent long alors que les corps revolent de partout accompagné par des rouleaux de papiers cul ainsi que divers animaux gonflables.

Juste avant «the art of partying» le frontman fait la requête que les fans lui apporte du cannabis. Sa récolte est fructueuse car à son retour il allume 4 joints simultanément. Action bien sur engagée aussi dans l’assistance.

Il n’y a absolument rien de plus crédible que lorsque Municipal Waste affirme qu’ils ont une relation unique avec le Québec, jamais égalée ailleurs.

C’est comme un lendemain de brosse de retourner chez soi après une telle prestation enflammée !

 

-Journaliste: Dany Marchand
Photographe: Martin Desbois