Voici la critique de Dany Marchand et les photos prises par Joé Lacerte lors du spectacle de Powerwolf présenté par Extensive Enterprise au MTelus de Montréal le 24 février 2023 et qui mettait également à l’affiche Seven Kingdoms.
L’odyssée de Dany et Joé reprend du service pour la première fois en 2023, on affronte ce soir le froid et le trafic du centre-ville de Montréal en lumière.
C’est salle comble ce soir pour accueillir, pour la première fois, la sensation allemande du Power Metal. Dans les murs du légendaire MTelus, l’amphithéâtre est plein, les guichets sont fermés, mais les regards et oreilles sont grands ouverts! Remercions Extensive Enterprise et Napalm Records pour nous amener ce concert unique.
Joé notre photographe me fait remarquer la variété de tranches d’âge et de styles dans l’assistance. On y voit même beaucoup d’enfants, ce qui est rare, mais tout de même touchant à observer.
Seven Kingdoms
7 h 44 : L’hiver arrive.
Seven Kingdoms fait irruption en coup de tonnerre, sous une pluie d’acclamation.
Le quatuor américain fait un départ en force avec une pièce qui annonce les couleurs pour ce concert qui promet d’être rempli de sonorités épiques à la tonne.
On remarque l’absence de basse visuellement (car elle est séquencée), mais musicalement, le travail des guitaristes est si excellent qu’on occulte ce fait rapidement.
Arborant une tenue flamboyante et exposant une technique vocale encore plus brillante dotée d’une puissance titanesque, Sabrina Valentine possède autant de talent que de belle énergie déployée sur scène. D’ailleurs, la foule est réceptive au charisme de la maîtresse d’orchestre qui portait encore une fois ses pantoufles en burger qui ne laisse jamais personne indifférent lors de leurs concerts.
Les dites chaussures ont d’ailleurs été mentionnées lors de l’introduction de la reprise de Boys Of Summer, annoncée comme la preuve de l’assomption de leur côté « cheesy ». Le style musical du groupe est fort intéressant, même si dans les règles du power métal, déroge à plusieurs reprises pour donner une saveur exotique et plus agressive par moments.
Les solos en duo sont d’une beauté poétique pour les canaux auditifs, les guitaristes Camden Cruz (membre fondateur) et Kevin Byrd offrent une belle chorégraphie dynamique pendant que lancé de glowsticks est exécuté par la leader du band.
Le batteur Keith Byrd (frère du guitariste du même nom), est tel un diable hyperactif derrière ses percussions dont il a une maitrise parfaite.
Je ne connaissais pas Seven Kingdoms (ce qui me surprend, car ils ont mentionné que c’était leur première tournée en 13 ans), mais maintenant ils figurent très haut dans mon estime en tant que mon coup de cœur de la soirée.
Ils regagnent Westeros sous une ovation sonore et chaleureuse de la part de leurs nouveaux fans québécois.
Setlist :
1. Universal Terrestrial
2. Chasing The Mirage
3. The Water Dance
4. Valonqar
5. Love Dagger
6. Magic in The Mist
7. A Silent Remedy
8. Boys Of Summer
9. Diamond Handed
10. In The Walls
Powerwolf
Une scène aux décors majestueux avec une architecture digne des églises les plus luxueuses apparait devant nous.
La batterie et le clavier ont chacun leur plateforme élévatrice. Le thème visuel est du même niveau que la musique générée par nos nouveaux visiteurs d’une contrée éloignée.
La foule est impatiente et fébrile. L’ambiance est mise en place, on approche la flamme de la mèche…. ignition à 8 h 57 !
Entrée en scène théâtrale à la hauteur des attentes. Après la première pièce « Faster than the flame », nous avons droit à une allocution d’introduction dans la langue de Molière très bien maitrisée ! On enchaine les hits avec des exécutions sans aucune faille, un vrai champ de bataille musical!
18 de leurs classiques sont joués pour la première fois en sol canadien au grand plaisir des fans présents.
1. Faster Than the Flame
2. Incense & Iron
3. Army of the Night
4. Amen & Attack
5. Dancing With the Dead
6. Armata Strigoi
7. Bête du Gévaudan
8. Stossgebet
9. Demons Are a Girl’s Best Friend
10. Fire and Forgive
11. Where the Wild Wolves Have Gone
12. Sainted by the Storm
13. Resurrection by Erection
14. Blood for Blood (Faoladh)
15. Let There Be Night
Les trois généreux rappels :
(Agnus Dei)
16. Sanctified With Dynamite
17. We Drink Your Blood
18. Werewolves of Armenia
(Wolves Against The World)
L’assistance chante les paroles à l’unisson, même si les paroles sont soit en allemand, en anglais, en latin ou encore en français. Nul doute, tous les gens sont là pour enfin voir leurs idoles en chair et en rock. Parlant de pièce francophone, on nous fait offrande de «Beast of Gevaudan » en français, c’est reçu avec une immense appréciation visible autour de nous dans la fosse.
Le claviériste, Falk, est une bête de scène irremplaçable au spectacle, apportant un soutien solide à l’animation de foule. Le fou du roi parfait ! ( un rôle me rappelant celui de Flake de Rammstein). Aux cordes, les Greywolf donnent un exposé de leurs habiletés infinies. Tant dans la gestuelle théâtrale que la musicalité parfaite, les « frères » nous en mettent plein la vue et l’ouie. Encore une fois la basse est séquencée pour appuyer la puissance des guitares.
La métronomie immaculée de Roel brille de mille feux, chaque coup de baguette résonne dans nos cœurs donnant le rythme à notre délectation. Le son de la batterie est aussi d’une pureté onirique.
Atilla est un maitre du vocal, une voix divinement mélodieuse et forte. La polyvalence de son champ d’exploration du chant est impressionnante. Son interaction avec la foule est inégalable, il dirige les disciples du loup de puissance comme un dompteur de lions. Il est lui-même surpris de la réception des Québécois envers l’orchestre, ils sont accueillis en rois, voire en dieux.
L’amour est réciproque, car c’est avec 3 rappels que se termine cette grande messe du heavy metal.
Vraiment, pour une première, ce fut légendaire.
On a déjà hâte à la prochaine visite, merci les loups pour cette aventure fantastique en meute !




