Voici le compte rendu de notre journaliste Dany Marchand lors du spectacle de Mercyful Fate présenté par Evenko, Greenland Productions à la Place Bell de Laval le 11 novembre 2022 et qui mettait également à l’affiche Kreator et Midnight.

Critique

Ce soir, c’est un rendez-vous avec les légendes à la place Bell de Laval. Un concert alliant les figures de proue du métal des années 80, des icônes, voir, des monuments. Malgré le fait que l’évènement ait lieu un vendredi soir, je me surprends à observer des sièges vacants dans les estrades pour une soirée qui s’annonce pourtant historique.

Midnight

C’est cagoulés, vêtus de cuir, et prêts à tout détruire que le puissant power trio composé de trois frères d’armes (avec la puissance de feu d’une armée) font leur apparition. La qualité cristalline du son et de la texture des instruments aident encore plus à savourer le speed métal aux effluves de black métal de haut niveau performé devant nous. L’atmosphère créée par un éclairage sombre et glauque à l’image de la formation, vient parfaire le panorama obscure et culte.

Les riffs de guitares sont entraînants à outrance et joués avec un aplomb qui n’a d’égale que la basse omniprésente qui ne laisse aucun vide pour ce type de formation à trois. L’énergie sur les planches est d’une belle intensité fort incisive.

Athenar nous offre une troupe musicale de choix pour cette tournée qui nous interprète une sélection délicieuse de la large discographie d’une carrière cumulant près de 20 années d’existence déjà. C’est à coup de basse dans le front que le band quitte la scène sans grande révérence, ils sont fidèles à leur style franc et direct.

 

Kreator

En simplicité, voilà ce qui décrit le mieux l’arrivée des légendes du thrash métal teuton. Saluant la foule comme de vieux camarades de jeu avec le sourire, Mille et ses sbires sont heureux d’être de retour en sol québécois. Un retour effectué devant un décor magnifique composé d’éléments de la pochette de Hate Über Alles parsemé de cadavres drapés de rouge pendu ou empalés un peu partout sur la scène.

Plusieurs sièges sont vides, mais le parterre grouille de monde. On nous offre quelques mots en français pour présenter la pièce Strongest of the strong tiré du dernier album, rappelant du coup que leur seule date au Canada est au Québec.

Le groupe digne d’un potentiel Big Four allemand aligne classique par-dessus classique. Une petite déception pour moi est de ne pas avoir eu droit à un extrait de l’album Outcast. Cependant, je me plains le ventre plein, car j’ai pu vibrer avec la foule lorsque le drapeau de la haine fût brandi pour annoncer le morceau du même nom.

Tristesse de ne pas avoir de moshpit mentionné par deux fois par Mr Petrozza, bien sûr une salle avec des bancs est peu, voir, pas très appropriée à un tel rassemblement d’amateurs du genre. On annonce déjà le retour en 2023 avec une tournée où ils seront tête d’affiche, probablement avec en ouverture Lamb Of God ou Testament qui feront office de co-vedette sur les tournées State of Unrest et Klash of the Titans.

Pleasure To Kill viendra enfoncer le dernier clou, avec autorité, dans le cercueil de cette partie monstre du concert. Un tonnerre d’applaudissements chaleureux accompagnera le quatuor vers la sortie.

Charmant les fans aux cheveux les plus blancs autant que la jeune relève fringante, Kreator assure l’immortalité de son œuvre pour les décennies à venir.

 

MERCYFUL FATE

Un grand drapeau vient cacher notre vue, occultant ce qui se trame derrière. La foule ne se contient plus, le roi arrive bientôt avec son épique groupe tout droit sorti des abîmes les plus profonds de l’enfer. Ce drapeau est d’ailleurs pratiquement viral sur mes réseaux sociaux, car ce soir, tout le monde est là : amis, familles, artistes et compagnie.

L’impatience est palpable, certains fans ont peut-être un peu trop festoyé avant l’arrivée tant attendue, car la sécurité (renforcée dû au triste évènement survenu plus tôt dans la journée tout près) expulse plusieurs fêtards durant la soirée.

Alors que The Oath s’insinue dans nos canaux auditifs, le rideau se lève révélant une vue à couper le souffle représentant le toit de ce qui semble un château avec des escaliers de pierre de chaque côté. Au sommet un pentacle de Baphomet est illuminé et mis en valeur sous une énorme croix inversée elle aussi illuminée, Le King fait son apparition, en adoration devant ces derniers sigles du satanisme.

Comme arrière plan de scène, l’imagerie de l’album phare Don’t break the oath. Les notes vocales atteignant des seuils plus haut que la stratosphère fusent de toute part. Les guitares crachent des rythmiques et des solos solides comme le rock dans lequel la formation danoise a été bâtie.

La spectaculaire théâtralité du leader roi (et couronné) est un élément indispensable pour bien s’immerger dans le monde d’horreur classique mis en scène à Laval sous cette lune de novembre. Chaque instrument est facilement identifiable et clair pour des oreilles tant débutantes que professionnelles en sonorisation (chapeau à l’équipe aux consoles en passant).

Une sélection en mode Greatest Hits nous est lancée à la gueule tout au long de la généreuse performance. Melissa est admirablement interprétée tout autant qu’une nouvelle pièce qui n’a rien à envier aux tubes des premiers albums. Les frissons sont au rendez-vous et les spectateurs en redemandent.

Il est à noter que la majestueuse basse de Joey Vera (armored saint et fate warning) est une partie non négligeable du succès de cette tournée. À 66 ans, de voir un homme parcourir une si grande scène aussi longtemps en chantant avec une technique aussi spéciale tout en gardant la note est presque un exploit en soi !

To One Far Away sera l’hymne d’adieu pour ce soir alors que King Diamond prend le temps de bien saluer la foule qui attendait ce moment depuis bien trop longtemps. Le king est en forme et en voix, longue vie au roi !

Les paysans peuvent quitter le château, fiers de leur rencontre royale avec les légendes!

-Dany Marchand