A.S.K//LES TABARNAKS//THE DEFAMED//MORSURE @ Taverne Royale, Trois-Rivières – 28 septembre 2024

Voici le retour de notre journaliste Christian Lamothe lors du spectacle de A.S.K. présenté à la Taverne Royale de Trois-Rivières le 28 septembre 2024 et qui mettait également à l’affiche Les Tabarnaks, The Defamed et Morsure.

 

A.S.K. Les Tabarnaks, The Defamed et Morsure
Rafale punk à Trois-Rivières

Avec la venue des bands Punk-rock des années 90 ou les sujets plus légers du type adolescent poseur-frustré pour s’être fait confisquer sa console de jeux pour ne pas avoir fait le gazon et qui le chante devant un piscine de Beverly Hills entouré de femmes en bikini qui tirent la langue pour faire ‘’bad girl’’. Je me suis distancier un peu du mouvement, cherchant un peu le prochain Dead Kennedys, the Exploited ou The Sainte Catherines, mais clairement à la mauvaise place. En rencontrant de plus en plus de groupes, je me rend compte de mon ignorance face au mouvement punk des vingt dernières années et c’est avec joie que je me laisse guider par mon désir de mélomane d’en apprendre plus, d’en entendre plus…le retour au source du punk avec des groupes actuels. Ce soir à la Taverne Royale, quatre groupes se présenteront devant nous avec cette énergie brute de ce que j’appelle le ‘’street punk vibe’’.

 

 

Morsure

Anthony Bernier – basse/voix
Yann Côté – batterie
Yan Rouleau Marquis – guitare/voix

Un punk francophone cynique, mais ne vous méprenez pas, ce ne sont en rien des bouffons. Le spectacle commence avec la pièce Pourquoi? Qui met l’ambiance dès le début et ce soir, on joue fort à la Taverne! Leurs textes ressemblent à ceux d’un chansonnier qui ‘’pète sa coche’’ et qui à la place de s’arracher les cheveux s’exprime en bon québécois dans toute ses intonations. La chanson qui reste ma préférée: Ben non voyons, un beau pied de nez à notre façon de nous mettre la tête dans le sable malgré ce monde qui va tellement tout croche. Anthony et Yan poussent leur voix à leur maximum et on accroche facilement à leur rythme. Je voudrais d’ailleurs donner mes félicitations à Yann à la batterie qui va être bientôt grand-père…et oui ainsi va la vie qui va! On jouera 3 pièces qui ne sont pas disponibles sur l’ Ep, mais celle qui a vraiment attiré mon attention est celle qui clôturera leur partie de spectacle: Vidange…Parfait pour moi et me donne clairement le goût qu’il l’enregistre. Morsure encore une fois, met la barre où elle se doit pour les autres bands qui suivront.

 

 

The Defamed

Kevin Jardim: guitare/voix
Will Cameron: guitare/voix
Sara Blair: batterie

Suite à la parution de leur album Stomp The Radio (2006) le groupe s’est dissout pour des raisons oubliées selon Sara avec qui je me suis entretenue avant le spectacle. Nous revoilà plusieurs années plus tard avec les membres initiales qui recommencent à faire compositions et spectacles à mon grand plaisir. Car ce soir le trio démontre une belle chimie et un entraint à performer ensemble. Une rythmique endiablée d’une sonorité punk rapide à chaques chansons. La voix crépitante de Will Cameron nous ramène à cette vibration de pur punk de garage qui nous donne le goût de brasser la cage. Y a t’il un style autre que le punk où un feedback venant des ‘’amplis’’ et finissant la chanson fait partie du spectacle? En tout cas, c’est parfait et ça sonne vraiment comme j’ai
envi d’entendre, cette sensation de désordre impulsif. Drunk and Beat, Fashion Pigs, Drunken Salute et Get the Fuck Outta my Face seront des pièces qui entrent clairement dans mon répertoire de chanson à écouter encore très bientôt. Beau travail et bravo pour votre retour sur scène!

 

 

Les Tabarnaks

Samcore biogrow Gagnon: batterie
Samuel Gervais: basse
David Tabarnaks: voix
Ronnie-James Martin: guitariste et voix (back)

On m’avait promit une nouvelle attitude face à leur musique. Moins happy punk et festif, pour un remodelage de son et du vocal pour un résultat plus  percutant, plus dur. C’est effectivement ce que nos punks de la région de Québec nous ont servi. David Tabarnaks, au micro, nous démontre sa capacité à se démener et attirer notre attention. Il n’est clairement pas un poseur et surtout, nous amène dans une dynamique de frontman impliqué dans musique et dans son spectacle. Même si on ferait ‘’MUTE’’ sur sa prestation, de le voir dans toute sa férocité et sa gesticulation, ça nous laisserait le goût de le regarder…Il a le showbizz dans le sang. Avec des titres comme la Baston, Fourmis Ouvrières et Cerveau de Jello, on n’est clairement pas dans un livre de Molière, mais bien dans une littérature de rue, bien québécoise et qui ne fait pas de compromis. J’ai bien hâte d’entendre du nouveau matériel, car du même
coup cela voudrait dire que je vais les revoir sur scène!

 

 

A.S.K.

Pat Molotov – guitare et voix
Christian Jean – guitare et voix
Jayson Hébert – basse et voix
Danick Rivet – batterie

Maintenant, le clou de la soirée, venant directement de Montréal. Nous voilà avec les si attendus Anarcho-Socialist Kidz (ASK). On parle ici d’un groupe de musique skinhead et là oui je sais vous vous posez probablement plusieurs questions? Non on ne parle pas de mouvement néo-nasi, mais bien du mouvement ‘’working-class’’ britannique ayant eu ses débuts dans les années 60. Donc on parle plus d’un mouvement d’engagement social que de regroupement fachiste, je veux que ce soit clair à ce sujet. De ce fait, on s’attend à des textes engagés et contestataires. Que ce soit en anglais ou en français les ASK nous donnent une prestation très coordonnée, bien ficelée, avec un rythme rapide et qui va du ska au punk plus traditionnel (old school). Ils vont nous jouer la presque totalité de leur album Unis – United et dans la salle plusieurs membres des groupes précédents se joignent à l’assemblée pour animer la piste de danse. Pat Molotov aussi membre du groupe Molotov (Oi!) guide ses acolytes dans des mélodies sans freins devant nos assoiffés de ‘’brasse camarades’’ de la salle tout le long du spectacle. Belle prestation solide. Pleine de sourires en cette belle soirée où la coupe Mohawk fait parure de royauté! Ce fut un scénario parfait pour se replonger, se ressourcer dans cette vibration punk que j’aimais tant dans les années 80.

Le punk n’est pas mort c’est clair. Par contre, un sujet est revenu à plusieurs reprises lors de discussions avec certains membres de groupe et l’organisateur de l’événement Ben Ouellette sur leur entourage dans le milieu punk, que ce soit à Trois-Rivières, Montréal ou ailleurs au Québec. Ce n’est pas d’hier que la consommation de drogue dure y est associée. Mais les nouvelles substances sur le marché font un ravage jamais vu auparavant et cette communauté semble en souffrir de façon considérable. Certaines personnes attendues ce soir sont possiblement dans ce cas. En rien je ne veux être moralisateur, tout au contraire. En fait, je veux en profiter pour vous sensibiliser à cette situation. Entre autres ici au Parc Champlain, on y voyait plusieurs regroupements de ceux-ci…il y en a moins, non pas parce que ça va mieux: il n’y a rien de mieux dans l’isolement. Soyons juste plus vigilant et oui il y a des ressources. De plus, des spectacles comme ce soir doivent être un moment propice pour tous pour briser cet isolement et se sentir accepté, même si on se retrouve dans une passe où l’on se sent dépassé. Toujours préférable d’être tout croche en vie, que tout droit, mais mort. Prenez soin de vous!

-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground

Chained by Illness: Nouveau EP: « Before the End » – 11 octobre 2024

Chained by Illness
Lumière sur le Ep: Before the End


Marilyn Ayotte: voix
Simon Paquet: guitariste
Jean-Philippe Dessureault: guitariste
Richard Guilbault: Bassiste
Simon Desaulniers: Batterie

C’est en 2022 que ce groupe trifluvien se forme, mais 2024 est bien l’année où la chenille sort du cocon pour faire sa première envolée avec ses deux premiers titres, soit: Invisible Disease et System Reject. Dès lors, à la première écoute, étonnamment surpris par le son de leurs premières esquisses , je m’assure d’être aux premières loges du premier spectacle du groupe. J’ai le sentiment d’avoir à ma portée un diamant à l’état brut. Marilyn Ayotte m’étonne par son chant qui non seulement est puissant, mais aussi diversifié par de passage doux au growling, par l’utilisation du fry, ses intonations et envolées qui tout à fait étonnantes, sur tout quand on apprend que son apprentissage fut très solitaire à ses débuts. Ses textes roulent dans sa tête, mais pour être entendue, Marilyn ne peut être seule et elle s’entoure de personnes importantes et qui sont déterminantes pour passer à l’étape suivante: devenir Chained by Illness . Jean-Philippe Dessureault, jeune compositeur-guitariste, se joint à elle et sera l’âme de la mélodie du groupe même s’il s’ouvre aux différentes suggestions des autres membres. On va chercher de l’expérience et du tonus en ajoutant Simon Desaulniers à la batterie (aussi membre de Northwalk) et Simon Paquet à la guitare (aussi membre de Darksider). On remplace rapidement le premier bassiste et cofondateur pour ajouter Richard Guilbault à la base, qui fut accepté à l’unanimité, car il était l’homme de la situation. J’ai envie de vous partager, pour ceux qui ne les connaissent pas, la première pièce qui m’a fait connaître ce groupe, voici Invisible Disease.

 

 

Nouveau EP


C’est le 11 octobre 2024 que ce groupe nous dévoile son premier EP intitulé Before the End. Ce sont quatre pièces puissantes qui vous donneront clairement le goût de suivre ce groupe en spectacle. EP produit par Fred A. Dubeau. La première pièce intitulée Finally Freed donne le ton sur la libération de l’esprit tourmenté. Autant au niveau instrumental, des textes et de la voix, on ressent une explosion, une délivrance déterminante et musclée. Si l’on n’est pas convaincu, c’est qu’on n’est possiblement pas un metalhead. Cette pièce nous dévoile la maîtrise et la polyvalence d’une chanteuse qui s’extériorise à pleine capacité. La pièce Again nous amène par la suite dans un combat à deux émotions qui se dévoilent, mais sans contradiction. Je crois que le mélange de cette pulsion agressive et la douceur dans la rémission seront une marque de commerce bien exploitée par Chained by Illness. Pour ma part, c’est la chanson Watch Out, brutale et lourde qui nous amène à une mélodie qui me fait penser à du Anneke van Giersbergen, mais de courte extase pour nous rebombarder par la suite, j’adore. Même si on parle d’Ep de quatre chansons, savoir qu’elle doit terminer sur une impression de grandiose est important et la chanson éponyme de l’ouvrage est parfaite. Avec une petite touche nu métal et ce son de batterie cérémonial lors des refrains, elle dégage se désire d’en vouloir encore plus, toujours plus…le papillon de métal a brisé ses chaînes.

J’ai posé quelques questions à Jean-Philippe Dessureault pour que vous introduire ce compositeur autodidacte de musique et guitariste de Chained by Illness

Ondes Chocs: De tous les genres musicaux qui existent, parle moi de la raison qui t’as amené vers le heavy metal?

Jean-Philippe Dessureault: ‘’ À mon adolescence, quand j’ai commencé à écouter de la musique, j’écoutais surtout du punk rock. C’était bien, mais il y manquait quelque chose. Un de mes amis de l’époque qui écoutait du métal y a vu une opportunité de convertir un nouvel adepte. Il m’a fait découvrir des groupes comme Metallica, Pantera, Children of Bodom, In Flames et ça y est, je venais de tomber dedans! J’étais vraiment impressionné par la rapidité, la technique et la virtuosité de plusieurs de ces musiciens!’’

O.C: Explique le cheminement de composition dans Chained by illness, comment ça se passe?

J.-P.D: ‘’J’ai composé la plupart des musiques. À mon arrivée dans le groupe, j’ai appris à connaître chacun des musiciens, leurs personnalités, leurs préférences musicales et leur vision de ce que devait devenir Chained by Illness. Ça m’a beaucoup influencé sur les compositions que j’ai faites. Je dirais que ma plus grande influence émane directement des autres membres du groupe. Pour le reste, je passe beaucoup de mon temps libre à élaborer des riffs dans mon bureau. Ce qu’il y a de bien aujourd’hui, c’est que pas mal tout le monde peut enregistrer ses idées directement chez soi alors je procède ainsi. Une fois que j’ai trouvé un riff qui me plaît, composer le reste de la chanson se fait assez rapidement. Après ça, je fais écouter ça aux autres membres et ils commencent à apprendre la chanson chacun de leur côté. Mari peut aussi commencer à écrire ses paroles alors quand on se voit pour jammer une nouvelle chanson, tout le monde l’a un peu déjà pratiqué chez lui alors on peut garder une bonne cadence’’.

O.C: Nous nous sommes rencontrés pour la première fois à la taverne Royale, c’était ton premier spectacle (de mémoire). Bientôt on ouvre pour Liva et le Metalfest, dans tout ça, comment se sent le réalisateur d’album, le musicien…Jean-Philippe?

J.P.D: ‘’Ta mémoire est bonne, c’était la première fois de ma vie que je montais sur un stage! Ouvrir pour Liva est un événement extraordinaire pour moi. Je les avais vu au Club Soda quand j’avais 19 ans et je me souviens encore de leur prestation! Leur nouvel album Ecce Mundus est excellent, j’ai très hâte de jouer avec eux et le show aura lieu le 2 novembre prochain au Clandestin à Victoriaville! Pour le Metalfest, disons que la scène métal actuelle est remplie de groupes très talentueux alors être choisi pour le Pré-fest, ça aussi c’est tout un honneur! Je me sens reconnaissant envers tous ceux qui nous supportent, tout ceux qui nous offrent ces opportunités et reconnaissant envers mes bandmates. Je veux vivre ça avec personne d’autres qu’eux!’’

 

J’ai aussi décidé de relancer l’écrivaine et chanteuse Marilyn Ayotte avec quelques questions pour votre curiosité.

Ondes Chocs: Parles-moi de ton cheminement entre la Marilyn qui est à l’écriture jusqu’à la Marilyn qui est sur scène.

Marilyn Ayotte: ‘’L’écriture c’est toujours la nuit quand j’essaie de comprendre mes émotions quand j’ai un trop plein d’angoisse dans ma tête, le chemin jusque sur la scène est très difficile, remplie d’anxiété de doute et dieu sait comment je suis malade avant et après le show. Sur scène j’essaie de rester concentré le plus possible dans mes chansons pour ne pas penser à mon anxiété et parfois j’arrive à décrocher et à me laisser emporter par le moment présent.’’

O.C: D’où est venu ton goût de chanter, d’aller chercher ce style de chant?

M.A: Je chante depuis que j’ai 7 ans environ j’ai toujours adoré la musique mais c’est vraiment à 11 ans que j’ai découvert le métal et que je suis tombé en amour avec le style, moi aussi je voulais chanter et crier !! Je trouvais que crier me permettait tellement de libérer ma rage et mon mal être de jeune ado angoissé !

O.C: Deux spectacles de fait, bientôt en première partie de Liva et on ouvre le Trois-Rivières Metalfest. Comment ça se passe pour toi dans cette nouvelle vie sous le feu des projecteurs et de l’attention des gens?

M.A: Je suis à la fois tellement heureuse de faire de la musique et tellement angoissée , je jongle entre ma passion de chanter et mes pensées anxieuses qui me veulent toujours du mal. Je n’aime pas être en avant sur scène c’est pas naturelle pour moi je n’est pas ça en moi d’être sous les projecteurs , mais c’est l’étape à franchir pour pouvoir être avec vous et vous partager notre musique, car un coup rendu je suis bien avec vous.’’


Donc voici la fin de cette chronique, vous voulez les entendre, le Ep: Before the End est disponible dès maintenant. Et vous avez deux dates importantes pour les voir ‘’live’’que je vais mettre ci-dessous. Venez encourager ce groupe de la mauricie qui représente très bien la scène locale et qui ne sont qu’à leur premier battement d’ailes.


-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground

Northwalk: 10e anniversaire @ Taverne Royale, Trois-Rivières – 21 septembre 2024

NORTHWALK, REVERSAL, PRIMAL HORDE et OFF&DEAD
10ième anniversaire – Harcore Style

Dix ans…dix ans d’espoir, d’émotions, de musique, d’écriture, d’enregistrements, de pratiques et de spectacles. Dix ans et on y est. Ce soir, Northwalk fête sa décennie d’existence et s’entoure avec trois autres groupes très bien choisis pour l’événement. Cette chronique vous fera part de l’implication de chacun et se terminera avec différentes questions posées à David Plante, qui nous donnera un bilan sur le groupe dans cette décennie de hardcore québécois.

 

OFF&DEAD

Charles Provencher: voix
Gabriel Paris: guitare
Steeven Jutras: basse
Étienne Raiche: batterie

Ce jeune groupe de Drummondville nous arrive avec leur album EP, WBNT, sorti cette année et ils vont nous en jouer la presque intégralité en désordre…ordre bien choisi. La fusillade musicale commence par une des premières chansons du groupe, soit: Craven qui tourne depuis 3 ans. La taverne, qui accueille déjà plusieurs arrivants fébriles, annonce à Trois-Rivières que ce soir, c’est ici que ça va brasser. Off&Dead est clairement le roulement de tambours qui annonce cette soirée de musique brutale. Je découvre comme la plupart des gens ce groupe dynamique, qui à l’arrivée de Love Hate me relance dans une vibration à la Pantera. Nous sommes tous attentifs mais avec la gêne du début de spectacle, on fait travailler le chanteur et on le met dans un rôle de motivateur. Il accepte le défi. Charles Provencher s’avance vers les curieux et peu à peu, en ramène plus d’un vers le devant de la scène. On enchaîne avec Parasite, pièce rapide, du moins qui est une accélération percutante et selon moi une pièce maîtresse pour un thrash solide quand le momentum s’y joint. Il nous font cadeau d’une nouvelle pièce, qui sera enregistrée bientôt du nom de Treachery, ce qui me fait dire qu’on va les revoir…Off&Dead, un nom à retenir.

 

PRIMAL HORDE

Jay Lapointe: basse
Nick James: guitare
Alexandre Cloutier: voix
David Comeau: batterie

J’ai eu la chance de les écouter avant de partir pour le show, à la dernière minute malheureusement, mais mon idée était claire, c’est du lourd. Primal Horde nous sert un hardcore qui ma fois a un enrobage proéminant de death métal. Alexandre Cloutier nous transperce le corps par une vocalise, un growling profond, noir et puissant et cela du début à la fin. Si l’écoute était faite sur mes écouteurs avant, rendu en spectacle, l’intensité était doublée. On y va dans le nouveau matériel avec les trois pièces de leur dernier démo paru en 2022: Blood Soaked, Killing Fields et la pièce éponyme Primal Horde. Si vous me permettez ce comparatif, ce groupe c’est The Ramones qui carbure au deathcore. Chansons courtes, on crache le venin et on passe à autre chose. C’est ce qui fait qu’il nous garde toujours alerte. De plus, niveau guitare, Nick James avec ses riffs endiablés et distorsions, donne une texture bien personnelle à chaque chanson. Si le diable est dans les détails, désolé Nick, tu sais où tu t’en vas ou du moins ta guitare!!! Très bon choix de groupe pour ce soir et on en est juste à la moitié!

Dans la salle, qui se remplit tranquillement au fur et à mesure que l’heure avance. On voit de plus en plus de gens s’approcher du ‘’stage’’ et les thrashers se font présents. Du fait qu’on est dans un show de brasse-camarades, nous voyons ce que j’appelle sympathiquement des ‘’Kung Fu Hardcore Kamikazes’’…vous savez, ces fameux adeptes de ‘’je frappes sur un fantôme, jusqu’à temps que je pogne du solide’’. Mais oui ça fait partie du spectacle, c’est bien ok ainsi. Le hardcore c’est aussi ça un moment de défoulement, tout en espérent que ça ne dégénère pas…moi ça me va. J’ai même vu un jeune individu terminer son kata brutal par un back flip. C’était une première pour moi, wow. Je me suis dit: ‘’hé bien voila la prochaine discipline pour les futurs jeux Olympiques: la gymnastique Hardcore’’. Après ce qu’on a vu du Hip Hop, au moins eux auraient le mérite de fournir eux-mêmes leur section paralympique en peu de temps…descriptions de l’ambiance avec un peu humour noir…oui oui, je sais: je reviens maintenant au spectacle.

 

REVERSAL

Francis Leblanc: voix
Pascal Rouleau – guitare
Johnny Bourgault: batterie
Marco Trudel: basse
Cédric Quaeybeur: guitare

Il y a de quoi qui se passe quand Reversal arrive: la scène semble trop petite ou on a mis le batteur en punition dans son coin. Pour le band, c’est sur le plancher avec le monde que ça va se passer. On entre dans un vague de ‘’old school hardcore’’, cette fameuse vision du temps ou les faux punks du Dimanche trouvaient le temps assez pénible: pas le temps pour les poseurs, 1-2-3: ça brasse!!! Francis me parlait de ses expériences du passé ici et aux États-Unis parmi les foules animées et on voit le résultat. Tous ont remarqué son aisance à chanter en plein milieu de la tempête avec un sourire de satisfaction et un intensité à livrer la marchandise. Même deux musiciens qui l’accompagnent, chacun avec leur micro, étaient bien près de lui sur ’’la piste de danse’’. Ils ne jouaient pas dans le pitt, ils étaient le pitt!!! On fait vraiment un mixte parfait des différents albums et le spectacle est apprécié, peu importe où tu te trouvais dans la taverne. Pour mon goût personnel, les chansons de l’album City Of Shadows me donnaient vraiment le goût de rentrer dans l’arène et faire un fou de moi (chose facile). Mais j’ai décidé de me garder une petite gène pour être apte à vous écrire dès le lendemain du spectacle. On parle de Reversal comme un groupe venant d’East Broughton. Dans les faits, ce sont de vieux camarades qui vivent maintenant un peu partout au Québec et réussissent à se rejoindre à Thetford Mines pour pratiquer pour nous en mettre plein les oreilles. Alors double raisons de vous dire merci, merci et merci pour avoir fait partie de cette superbe soirée.

 

NORTHWALK


David Plante: voix
Benjamin Doucet: guitare
JP Therrien: guitare
Francis Bergeron: basse
Simon Désaulniers: batterie

On arrive à notre groupe chéri de Trois-Rivières. Dix ans d’expérience et à la veille de faire leur première tournée Européenne (France Belgique, Luxembourg et Suisse). En plus ce soir, c’est la fête de David Plante, en fait c’est la fête à tous car ce party nous appartient clairement, car c’est Northwalk qui clôture. On prend part à la fanfare avec Make Believe du dernier Ep Steadfast paru en 2023. On y va à la pige surtout dans le répertoire des dernières années ou le son du groupe s’est durci, plus métal que punk dans la ‘’vibe’’ hardcore. L’assemblée en est ravie et acclame pièce après pièce. Through thick & thin est un train, mais qui semble avoir eu un effet non désirable pour David. Si la kryptonite est à Superman, il semble que l’air climatisé soit la bête noir du chanteur qui s’exprime sur son inquiétude pour sa voix. Mais vous savez, nous on n’a vu que du feu car il reprend de plus belle et nous martèle en décibel de sa position dominante avec tout ce qu’il a à donner. On finit en force avec Cutting ties et moi qui généralement reste au comptoir du bar au différents spectacles de la taverne; pas cette fois, je suis debout parmi l’audience qui à eu une soirée explosive et mémorable. Si vous y étiez, vous savez de quoi je parle. Belle soirée avec beaucoup de gens souriants avec qui partager à chaque entracte. Le dixième anniversaire de Northwalk est un franc succès.

Comme prévu, nous sommes rendus à l’entrevue écrite avec David Plante. Mais si vous voulez reposer vos yeux quelques instants de cette lecture en petits caractères et bien voici Flower par Northwalk, rafraîchi au goût de l’heure et mise en ligne il y a à peine deux semaines pour célébrer leur dixième anniversaire. N.B: On retrouve bien sûr la pièce sur Spotify.

 

Entrevue

Ondes Chocs: En 10 ans…Parle-moi de l’évolution de Northwalk en 10 ans, des membres, du groupe et implication.

David Plante: ‘’On a pas vraiment changé de line-up au fil des années si ce n’est que le drummer en 2019 qui a été remplacé par notre bassiste. Donc à 1 bassiste près c’est la même gang. Cependant, le style a beaucoup évolué. On a commencé avec un style plus hardcore punk, mais au fil du temps la petite touche de métal a pris le dessus. Au niveau de l’implication, depuis 2019 chacun des membres est plus impliqué dans l’écriture des chansons, même si c’est toujours Benjamin qui est le grand manitou.’’

O.C: En 10 ans…Parle-moi de ce que tu as vu de l’évolution du Hardcore au Québec.

David: ‘’Au Québec en général, plus qu’en région, il y a énormément de bands qui ont vu le jour. Quand je pense à Montréal depuis quelques années, c’est fou l’éclosion de bands. Bien entendu en région c’est plus difficile. Je crois que l’accessibilité aux shows pour les plus jeunes est très difficile donc ça ne nous aide pas vraiment. Quand on a commencé il y avait pas beaucoup de bands locaux si on peut dire, mais maintenant partout où on passe il y a
assurément au moins un band local sur le bill.’’

O.C: En 10 ans de création, quelles sont les 3 chansons dont tu es le plus fier et pourquoi?

David: ‘’Pour moi il n’y a aucun doute que c’est les chansons du dernier EP Steadfast. Lesquelles parmi les 4? Je dirais forcément Cutting Ties, Get Lost et Make Believe. Pour moi c’est nos tracks les mieux écrites et les lyrics qui parlent le plus à mon avis. C’est en partie à cause de notre collaboration avec Max Lacroix de House Of Gain Studio qui font que ces chansons-là sonnent différentes. Make Believe c’est bien pour le clin d’œil à la scène, aux posters, à nos 10 ans et à ceux qui portent fièrement la galoue dans le pit. Respect!’

O.C: En 10 ans, Quelles sont les plus belles expériences que tu as vécu sur scène avec Northwalk?

David: ‘’Les plus belles choses avec Northwalk sont à venir c’est sûr, mais je dirais d’avoir pu partager la scène avec des bands qui ont manqué ma vie est assurément la plus belle expérience. De créer des liens d’amitié avec ceux-ci et de même pouvoir compter sur leur aide parfois rend toute cette belle expérience là de Northwalk magnifique.’’

O.C: Si tu avais à former une tournée d’un  »Big Four » de Hardcore bands Québécois avec Northwalk, tu irais chercher quels bands et pourquoi?

David: ‘’A PERFECT MURDER, IN DYING DAYS, A DEATH FOR EVERY SIN, GET THE SHOT. Premièrement, Get The Shot parce que par défaut c’est le plus gros band hardcore Québecois de l’histoire. Qu’on aime ou pas, il n’y a aucun band ici qui a fait ce qu’ils ont fait et qu’ils continuent de faire. Ensuite APM, pour les mêmes raisons que GTS, mais à une époque différente ou que la scène n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. Je suis convaincu que si APM sortait Unbroken en 2024 ça exploserait! Et les deux derniers, c’est par nostalgie. J’ai eu la chance de jouer une fois avec Indying Days et ils avaient ce côté metal hardcore qui n’était pas encore très présent sur la scène. C’est un des précurseurs dans le genre pour le Québec. Finalement, ADFES.. ai-je besoin d’expliquer le pourquoi? Ces gars-là ont participé à l’éclosion de la scène ici et même en Amérique je dirais. Alors aucun doute que si un Big Four se devait d’exister c’est mon Headliner.’’

O.C: Si tu avais à rencontrer le David Plante d’il y a 10 ans avec le recule que tu as aujourd’hui, quels conseils judicieux lui donnerais-tu à ses débuts avec Northwalk?

David: ‘’Je regrette rien, mais je dirais, prends ton temps et surtout pratique!’’

O.C: On tourne la page sur la première décennie. Maintenant Northwalk, on s’en va où pour les prochaines années? (Défis, tournées, albums etc)?

David: ‘’On commence ça avec une tournée européenne cet automne. Ensuite on a encore quelques shows à travers la province et un peu en Ontario. Pour le futur plus lointain, je dirais l’écriture d’un nouvel album. On a déjà quelques tracks de composés et on compte bien ne pas chômer sur ça pour ensuite refaire des shows et probablement retourner le plus vite possible sur le vieux continent.’’

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’underground

LDAW//Voidchaser @ Café-Bar Zénob, Trois-Rivières – 13 septembre 2024

Voici le compte rendu de notre journaliste Christian Lamothe qui a assisté au spectacle de Voidchaser et Last Dance Among Wolves au Café-Bar Zénob de Trois-Rivières le 13 septembre 2024 présenté par Metal Shed Productions.

 

Retour sur le spectacle

Last Dance Among Wolves et Voidchaser au Zénob, l’antre du heavy metal!

J’ai vu et apprécié plusieurs spectacles au Zénob avec le temps. Des Gorilles aux Mains Rouges à Guhn Twei. Bien sûr j’avais doublement hâte d’y être, soit pour entendre Voidchaser pour la première fois. Un groupe de metal progressif, donc avec toute la technique qui s’impose. Pour ce qui en est de Last Dance among Wolves, la joie de vibrer sur leur metalcore festif et énergique. Mais je me disais, surtout pour le deuxième band, est-ce que le Zénob est un endroit propice? Avoir un groupe qui bouge et qui s’impose parfois à six ou sept au même endroit…dans une salle qui pourrait facilement déborder. J’étais
sceptique, du moins je pouvais leur donner le mérite d’être audacieux. Mais en même temps je me disais: ‘’c’est dans ta tête et on est plus à l’époque ou tu as fais du théâtre dans un bar de poésie…le Zénob c’est autre chose maintenant, vieux grincheux, casseux de party!!!’’ Ok d’accord, je descends les trois ou quatre marches et c’est parti, on est dans l’antre du heavy metal mode Zénob.

 

Voidchaser

Chad Bernatchez: Guitare (rhythm), vocal (lead)
Jeffrey Lehberg: guitare (lead)
Jici LG: basse, synthétiseur
Colin Macandrew: batterie (pour la tournée)

La série de spectacle The Only Human Tour s’arrête à Trois-Rivières. Voidchaser va mettre en valeur leur dernier EP nommé Solace. Par contre, le groupe décide de partir le bal avec certaines pièces composées avant cet album. Pour ma part, Jeffrey Lehberg est la star à la guitare qu’il maîtrise parfaitement. Mais chapeau à tout le groupe…ça sonne bien et la chimie entre les instruments est parfaite. Chad Bernatchez passe d’un chant clair au growling à la Johannes Eckerström (Avatar) avec une certaine aisance et au titre Tyrant je suis totalement gagné comme public.

Clairement, on parle plus d’un metal progressif qui correspond à un univers à la Devin Townsend qu’un Dream Theatre, si l’on veut se situer. On nous fait cadeau d’un solo technique par Colin MacAndrew à la batterie. Ce qui rend ce moment intéressant est entre autre relié à une utilisation massive de cymbales stacks ou effects stacks (son sec). Une séquence intrigante que j’adorerais voir de plus près une prochaine fois . Nous voila au moment où Voidchaser nous introduit à Solace. Une chanson en six parties et clairement, ça c’est la marque de commerce du rock progressif que je connais bien. On y va avec toute les nuances en douceur (Alien) pour frapper fort par la suite (Out of Here). On voit les doigts sur les guitares et basse se faire aller comme des pianistes sur du Vivaldi déchaîné. Ça travaille fort, ça sonne et les présents au Zénob sont emballés.

Mission accomplie par nos Chasseurs de Vide montréalais! Nous avons appris que l’album à plus de 100 000 vues sur spotify, wow et bravo! Voici la dernière vidéo du groupe, toute neuve: Valkyrie (en mode Minecraft).

 

 

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Last Dance Among Wolves

LuchaYan Duque: guitare
Gabriel « G.G. » Gagnon: voix
Dave « BRUTE » Lambert: basse
Steven « DUCK » Dokis: guitare
Mike « KAKU » Belhumeur batterie
Fr66z6 et Stardust: invités aux voix

Nous arrivons maintenant avec la meute de loups frénétiques qui s’alignent face à la Lune et le public du Zénob…c’est clair, il va y avoir un carnage musical, ça bouillonne de testostérone. Depuis peu Gabriel à perdu son coéquipier ‘’growler’’ Lil Joe Monster et ce soir il doit s’imposer comme le mâle Alpha au micro pour guider le reste de la troupe, ce qu’il fait avec brio. Tout le spectacle il est nez à nez avec le troupeau de fans qui s’agitent devant eux et lui il s’impose et domine. LuchaYan l’épaule sur les ‘’back vocals’’ toujours aussi masqué et rugissant. Fr66z6, rappeur solide, nous arrive avec ses ‘’Punch lines’’ et Mistery is over est une décharge électrique dans le Zénob. On décide de mettre le cover One Step closer (Linkin Park) en plein milieu du spectacle, pièce qui à toujours été jouée en rappel…et bien encore une fois la salle répond avec intensité.

Une nouvelle arrivée dans ce spectacle dément et qu’on remarque par sa prestance est Stardust, jeune pianiste avec 18 ans d’expérience. C’est pourtant au chant qu’elle va nous épater,avec un rugissement qu’elle m’avoua avoir pratiqué au parking du Costco dans l’auto de ses parents et dans sa douche. Ma foi, il semble que ce soit des studios parfaits, car ce soir sa présence et son scream détonnent et apportent une nouvelle dynamique. Musiciens et fans ne font qu’un dans le Zénob. On fini le spectacle avec une nouvelle pièce qui sera bientôt enregistrée; Shaped by Design et pour avoir entendu et vu la réaction de l’assemblé, Last Dance Among Wolves a encore frappé dans le mile. On se retrouvera bientôt pour une entrevue et aussi pour le lancement de leur prochaine vidéo à la mi-octobre. Ne manquez pas ça!

Mais quelle superbe soirée et oui, j’y crois: le Zénob est un endroit parfait pour TOUS les styles de heavy metal! Peut-être qu’après avoir lu
ma chronique, que vous vous êtes ennuyé ce vendredi, ailleurs ou seul chez vous. Vous vous sentez comme Beaudoin dans Cruising Bar…’’Yé
où le parti? C’est dommage, car encore un fois des groupes de l’Underground nous ont prouvé c’est quoi avoir du fun en communauté!

Soyez au prochain rendez-vous! Un grand merci à Patrock (Genetic Error, Darksider) pour avoir pris le temps de m’éduquer sur les Cymbales Stacks, c’est très apprécié!

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground

 

Guhn Twei//Destruction Derby @ Le Zénob, Trois-Rivières – 1 août 2024

Voici le compte rendu et une entrevue réalisés par notre journaliste Christian Lamothe lors du spectacle de Guhn Twei présenté au Café-Bar Zénob de Trois-Rivières le 1 août 2024 et qui mettait également à l’affiche Destruction Derby.

Guhn Twei et Destruction Derby

Nous avons eu la chance d’accueillir au bar Le Zénob, deux groupes épiques dans leur genre qui ont fait monter la température ce jeudi premier août. Deux formations complètement différentes, mais avec un désir conjoint de conquérir les âmes trifluviennes et de canaliser l’énergie collective pour créer une soirée parfaite malgré cette canicule estivale.

Cette chronique sera en deux parties. On parle bien sûr du spectacle, de l’ambiance et de la musique. Par la suite, je vous ai inséré ma rencontre avec Simon et David de Guhn Twei qui s’est faite une heure avant le spectacle. Une entrevue que j’ai essayé de vous synthétiser en laissant la chance à ceux-ci s’exprimer à leur guise. Un rendez-vous avec la conscientisation, mais surtout avec deux chics types.

 

Retour sur le spectacle

Destruction Derby

François Mackin -Batterie
Jimmy St-Amand -Voix et guitare

Ce duo de Montréal carburant à la nitro et au rock sans frein nous ramasse dans un spectacle sans boucane, mais avec la turbulence d’une course de bulldozers modifiés. Pourquoi on invite les ‘’boys’’ de Destruction Derby à différents événements? Tout simplement parce qu’ils font lever la place partout où ils vont et ça n’a pas fait exception ce soir au Zénob. Leur thématique est simple, bien huilée et la chanson Face à Face part la course musicale le pied au plancher. Le dynamisme et la complicité des deux coéquipiers est palpable et ça se ressent dans tout le Zenob. Les spectateurs sont pris dans cette frénésie d’un rock de garage qui se veut énergique. Même avec une pièce plus lourde comme Burnout, on ne ressent aucune perte de vitesse, en fait ce fut ma pièce préférée de leur répertoire de ce soir. Leur dernier album, Top Speed, est paru en 2019 et le groupe sait qu’il devra penser à revenir en studio bientôt. Mais pour l’instant, ils gagnent encore des fans que j’entends: ‘’Wow c’est quoi ce band là!’’ Clairement, c’est Destruction Derby qui encore une fois m’impressionne par leur efficacité et leur détermination à nous donner ce surplus d’adrénaline sans odeur de gaz!!!

 

Guhn Twei

Simon Turcotte- Bass et voix
Jeanne Perrin- Guitare
David Alisich-Bérubé- Batterie

Une tornade hardcore nous arrive de Rouyn-Noranda. On peut même parler de l’ouragan Guhn Twei qui passe dans les villes majeures du Québec depuis la sortie de leur deuxième album Capitale de l’Arsenic sorti en avril 2024. On attendait ce groupe médiatisé et reconnu pour leurs textes engagés et dénonciateurs. Les présents de la salle sont à quelques pas du chanteur. Il s’est entouré par des fans qui avaient très hâte d’entendre cette prestation et ça se sentait.

Corpocratie est la chanson qui part ce remous agressif et le Zénob répond avec acclamations. David Alisich-Bérubé à la batterie sonne brutal et magnifiquement synchronisé, on adore tous ce genre de ‘’drummer’’ qui martyrise son instrument tout en restant dans les temps. Deux seules pièces seront jouées du premier album Glencorruption, soit: Déluge et Tueurs d’Enfants.

Simon Turcotte prend le temps de nous parler du groupe et du contexte des chansons, le Zénob écoute. Surtout quand celui-ci fait un témoignage poignant sur l’erreur médicale lors de l’amputation de sa jambe: on aurait anesthésié la mauvaise… Ma mâchoire tombe par terre et on écoute James Bond… Allez lire le texte de cette pièce, vraiment… Sur une personne qu’il a connu à l’hôpital en ces moments les plus noirs…Oufff!  Lac Terreur nous arrive avec les douces paroles de Jeanne Perrin. Plus la chanson avance et plus la basse de Simon nous ramène à  l’angoisse qui valide les textes.

Petit mot sur le système de lumières synchronisées pour le spectacle de Guhn Twei, juste parfait pour les changements d’ambiance et pour avoir les yeux ouverts tout le spectacle. Vous avez visé juste et personne ne pourrait me dire le contraire. On ne fait qu’un dans le bar et on arrive à la fin… La chanson titre Capitale de l’Arsenic, tant attendue, le clou de la soirée, moment de bonheur bestial pour une soirée glorieuse qui valait toutes les sueurs du monde.

 

Merci aux deux groupes qui nous quittent pour un autre spectacle à Chicoutimi. Des soirées comme ça, on en prendrait tout le temps et au plaisir de se revoir! Maintenant comme écrit dans mon introduction, nous voilà rendu à la partie réunion au sommet avec Guhn Twei. En compagnie de Simon et David, je vous ai préparé une partie de leur histoire… Quelle histoire!

 

Rencontre avec GUHN TWEI

Ondes Chocs: ‘’Deux albums à un an d’intervalle, ce qui est très court comme délai. Parlez-moi de cette décision que vous avez prise pour la sortie de Capitale de l’arsenic qui suivait Glencorruption? »

Simon Turcotte:  » À la base, nous avons toutes enregistré les  »tounes » en même temps. On a enregistré 17 chansons, au début, moi et Dave, tout d’un coup. C’était censé être un long album et finalement on a trouvé que c’était trop long. Alors nous avons  »splitté » l’album en deux.’’

David Alisich-Bérubé reprend:‘ En plus le FME (Festival De Musique Émergente à Rouyn 2023) s’en venait et était une bonne opportunité pour un lancement d’album, mais à 17 tounes à enregistrer en dedans d’un mois…on s’est dit qu’on n’y arriverait pas à temps… Et c’est Simon qui à trouvé les tounes qui s’agencent bien ensemble ».

Simon: »...ont été composées dans la même période et enregistrées, c’est juste que pour Capitale de l’Arsenic après on a eu plus de temps pour peaufiner en studio et faire plus d’arrangements et revoir certaines parties dont les voix, mais tout part de la même inspiration, du même burst et de la même période ».

 

O.C.:  »Est-ce qu’il y avait des textes de composés avant l’éclatement sur le sujet de la Fonderie Horne? »

Simon:  »Pas tant! Tout ça c’est comme, il faut savoir par où on passe dans le contexte… L’été 2022, il y a le scandale de l’arsenic qui a explosé à Rouyn dans tous les médias et c’est devenu un débat public. À la même période, je venais de m’installer à Punk House (local de musique). Dave en même temps avait déménagé dans le même bloc pour monter son studio d’enregistrement. On a cliqué. On a jammé et décidé de former un band… Dans le contexte social, tout le monde parlait de ce qui se passait avec la fonderie, le taux d’arsenic dans l’air et c’était un gros débat public. Avec mon histoire à moi, qui a travaillé à la Fonderie Horne plus jeune… Une année après j’ai eu un diagnostic de cancer, un long combat avec la maladie, cinq ans dans les hôpitaux, un sarcome dans la cuisse droite et après cinq cancers, on m’a amputé la jambe au complet. Quand on a partie Guhn Twei, ça faisait 2 ans que j’avais été amputé. Veux, veux pas toutes les question de cancer c’était quelque chose de personnel pour moi et avec le contexte de l’époque, un nouveau band… Mais ce n’est pas comme si on s’était assis moi et Dave puis on se dit qu’on va se partir un band politique, engagé, pour dénoncer Glencore. Ce n’est pas ça qui s’est passé. On est parti un band pour faire un show que l’on s’était fait offrir à Rouyn. C’est juste venu de même… Après la troisième ou quatrième chanson Eau de fonte qui parlait vraiment de ce sujet là et ça c’est fait de façon naturelle. Un band qui parle de ça avec ma situation, ça fait parler, surtout à Rouyn ».

Guhn Twei attire les médias et se retrouve impliqué avec de nombreux regroupements comme groupe Mères au front de Rouyn-Noranda et soutenue par différents organismes comme le Petit Théâtre du Vieux-Noranda. Ils font un spectacle devant la Fonderie Horne et deviennent une forme d’emblème musical.  Simon m’expose le fait que d’avoir des textes en français rejoint les gens. Le message  »dans ta face » est clair.

 

O.C.:  »Est ce que vous considérez vos albums comme un cri du cœur ou une déclaration de guerre?’’

Simon:  » C’est ni l’un ni l’autre, c’est pas ça qui se passe. On fait de la musique, c’est un exutoire, David, c’est à travers l’instrumental, moi je fais les paroles. Moi, je ne pourrais pas parler d’autre chose, c’est ça mon histoire et ça ne serait pas authentique de parler d’autre chose, c’est ce que j’ai connu les cinq dernières années. J’ai eu le mot cancer pendant des années et on reste à Noranda. La fonderie, on l’entend tous les jours. Je composais la musique de Guhn Twei et j’entendais l’usine en arrière.’’

D’ailleurs c’est David qui nous explique à quel point, juste ouvrir la fenêtre du studio nous donne droit à la présence sonore de l’usine. Ce qui lui a donné le goût d’enregistrer et de mettre à quelques reprises sur les albums (en arrière plan) le son de cette machine industrielle qui est si présente dans le paysage de leur coin de pays. Ils se considèrent beaucoup plus comme des interprètes que des revendicateurs. La chanson Capitale de l’Arsenic a été une des dernières pièces composées et enregistrées. Elle fut en réponse aux évènements qui ont suivi l’exclusion du groupe du Alien Fest dû à la pression de  certains commanditaires. J’ai trouvé mes deux interviewés tellement calmes, sereins et confiant face à cette tornade médiatique qui à suivie le groupe au Québec et qui a même intéressé les médias anglais canadiens. Ils disent s’être fait décrire de façon adéquate. De toute façon, en ce qui concerne le festival, les raisons données étaient inscrites noir sur blanc et personne ne pouvait se cacher. Guhn Twei n’en est ressorti que plus fort. Et partout où ils se présentent, le message passe, car chaque région a son histoire similaire. Les shows deviennent des moments de partage de part et d’autre, peu importe la destination. En construisant son exutoire personnel, Simon semble avoir créé un investigateur d’une soupape collective dans ses paroles et spectacles.

Ce que j’ai adoré entendre de ce jeune chanteur est quand il me parle de sa démarche personnelle:  »…de canaliser tout ça, pis de le mettre dans mon band avec Dave et que je trouve une façon que ça sorte, pis que ça devienne du positif. C’est ce qui m’amène à continuer…d’être, comme hier à quatorze heure de chez nous devant une soixantaine de personnes qui connaissent nos chansons, pis qui trippe avec nous autres et que c’était juste une façon de me sortir tout ça de la tête, ben c’est beau là. Ça ne vient pas de quelque chose de beau, mais là ce l’est!’’

Quand je parle de bon coup, pour eux c’est clair: De partir en tournée présentement. Un douze jours qui présentement se passe entouré d’un public réceptif et énergique . Les membres de Guhn Twei sont heureux de leur pari, car partir en tournée, financièrement, en est un. Mais la réponse est là et leur motivation de continuer l’est d’autant plus.

Quelle belle rencontre avant le spectacle au Zénob, avec ce band d’Abitibi. Vous n’avez pas eu la chance de les voir? Il est toujours temps pour vous d’aller les écouter d’ici le temps qu’ils reviennent par chez-vous. Encourageons la relève!

 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground