Northwalk: 10e anniversaire @ Taverne Royale, Trois-Rivières – 21 septembre 2024

NORTHWALK, REVERSAL, PRIMAL HORDE et OFF&DEAD
10ième anniversaire – Harcore Style

Dix ans…dix ans d’espoir, d’émotions, de musique, d’écriture, d’enregistrements, de pratiques et de spectacles. Dix ans et on y est. Ce soir, Northwalk fête sa décennie d’existence et s’entoure avec trois autres groupes très bien choisis pour l’événement. Cette chronique vous fera part de l’implication de chacun et se terminera avec différentes questions posées à David Plante, qui nous donnera un bilan sur le groupe dans cette décennie de hardcore québécois.

 

OFF&DEAD

Charles Provencher: voix
Gabriel Paris: guitare
Steeven Jutras: basse
Étienne Raiche: batterie

Ce jeune groupe de Drummondville nous arrive avec leur album EP, WBNT, sorti cette année et ils vont nous en jouer la presque intégralité en désordre…ordre bien choisi. La fusillade musicale commence par une des premières chansons du groupe, soit: Craven qui tourne depuis 3 ans. La taverne, qui accueille déjà plusieurs arrivants fébriles, annonce à Trois-Rivières que ce soir, c’est ici que ça va brasser. Off&Dead est clairement le roulement de tambours qui annonce cette soirée de musique brutale. Je découvre comme la plupart des gens ce groupe dynamique, qui à l’arrivée de Love Hate me relance dans une vibration à la Pantera. Nous sommes tous attentifs mais avec la gêne du début de spectacle, on fait travailler le chanteur et on le met dans un rôle de motivateur. Il accepte le défi. Charles Provencher s’avance vers les curieux et peu à peu, en ramène plus d’un vers le devant de la scène. On enchaîne avec Parasite, pièce rapide, du moins qui est une accélération percutante et selon moi une pièce maîtresse pour un thrash solide quand le momentum s’y joint. Il nous font cadeau d’une nouvelle pièce, qui sera enregistrée bientôt du nom de Treachery, ce qui me fait dire qu’on va les revoir…Off&Dead, un nom à retenir.

 

PRIMAL HORDE

Jay Lapointe: basse
Nick James: guitare
Alexandre Cloutier: voix
David Comeau: batterie

J’ai eu la chance de les écouter avant de partir pour le show, à la dernière minute malheureusement, mais mon idée était claire, c’est du lourd. Primal Horde nous sert un hardcore qui ma fois a un enrobage proéminant de death métal. Alexandre Cloutier nous transperce le corps par une vocalise, un growling profond, noir et puissant et cela du début à la fin. Si l’écoute était faite sur mes écouteurs avant, rendu en spectacle, l’intensité était doublée. On y va dans le nouveau matériel avec les trois pièces de leur dernier démo paru en 2022: Blood Soaked, Killing Fields et la pièce éponyme Primal Horde. Si vous me permettez ce comparatif, ce groupe c’est The Ramones qui carbure au deathcore. Chansons courtes, on crache le venin et on passe à autre chose. C’est ce qui fait qu’il nous garde toujours alerte. De plus, niveau guitare, Nick James avec ses riffs endiablés et distorsions, donne une texture bien personnelle à chaque chanson. Si le diable est dans les détails, désolé Nick, tu sais où tu t’en vas ou du moins ta guitare!!! Très bon choix de groupe pour ce soir et on en est juste à la moitié!

Dans la salle, qui se remplit tranquillement au fur et à mesure que l’heure avance. On voit de plus en plus de gens s’approcher du ‘’stage’’ et les thrashers se font présents. Du fait qu’on est dans un show de brasse-camarades, nous voyons ce que j’appelle sympathiquement des ‘’Kung Fu Hardcore Kamikazes’’…vous savez, ces fameux adeptes de ‘’je frappes sur un fantôme, jusqu’à temps que je pogne du solide’’. Mais oui ça fait partie du spectacle, c’est bien ok ainsi. Le hardcore c’est aussi ça un moment de défoulement, tout en espérent que ça ne dégénère pas…moi ça me va. J’ai même vu un jeune individu terminer son kata brutal par un back flip. C’était une première pour moi, wow. Je me suis dit: ‘’hé bien voila la prochaine discipline pour les futurs jeux Olympiques: la gymnastique Hardcore’’. Après ce qu’on a vu du Hip Hop, au moins eux auraient le mérite de fournir eux-mêmes leur section paralympique en peu de temps…descriptions de l’ambiance avec un peu humour noir…oui oui, je sais: je reviens maintenant au spectacle.

 

REVERSAL

Francis Leblanc: voix
Pascal Rouleau – guitare
Johnny Bourgault: batterie
Marco Trudel: basse
Cédric Quaeybeur: guitare

Il y a de quoi qui se passe quand Reversal arrive: la scène semble trop petite ou on a mis le batteur en punition dans son coin. Pour le band, c’est sur le plancher avec le monde que ça va se passer. On entre dans un vague de ‘’old school hardcore’’, cette fameuse vision du temps ou les faux punks du Dimanche trouvaient le temps assez pénible: pas le temps pour les poseurs, 1-2-3: ça brasse!!! Francis me parlait de ses expériences du passé ici et aux États-Unis parmi les foules animées et on voit le résultat. Tous ont remarqué son aisance à chanter en plein milieu de la tempête avec un sourire de satisfaction et un intensité à livrer la marchandise. Même deux musiciens qui l’accompagnent, chacun avec leur micro, étaient bien près de lui sur ’’la piste de danse’’. Ils ne jouaient pas dans le pitt, ils étaient le pitt!!! On fait vraiment un mixte parfait des différents albums et le spectacle est apprécié, peu importe où tu te trouvais dans la taverne. Pour mon goût personnel, les chansons de l’album City Of Shadows me donnaient vraiment le goût de rentrer dans l’arène et faire un fou de moi (chose facile). Mais j’ai décidé de me garder une petite gène pour être apte à vous écrire dès le lendemain du spectacle. On parle de Reversal comme un groupe venant d’East Broughton. Dans les faits, ce sont de vieux camarades qui vivent maintenant un peu partout au Québec et réussissent à se rejoindre à Thetford Mines pour pratiquer pour nous en mettre plein les oreilles. Alors double raisons de vous dire merci, merci et merci pour avoir fait partie de cette superbe soirée.

 

NORTHWALK


David Plante: voix
Benjamin Doucet: guitare
JP Therrien: guitare
Francis Bergeron: basse
Simon Désaulniers: batterie

On arrive à notre groupe chéri de Trois-Rivières. Dix ans d’expérience et à la veille de faire leur première tournée Européenne (France Belgique, Luxembourg et Suisse). En plus ce soir, c’est la fête de David Plante, en fait c’est la fête à tous car ce party nous appartient clairement, car c’est Northwalk qui clôture. On prend part à la fanfare avec Make Believe du dernier Ep Steadfast paru en 2023. On y va à la pige surtout dans le répertoire des dernières années ou le son du groupe s’est durci, plus métal que punk dans la ‘’vibe’’ hardcore. L’assemblée en est ravie et acclame pièce après pièce. Through thick & thin est un train, mais qui semble avoir eu un effet non désirable pour David. Si la kryptonite est à Superman, il semble que l’air climatisé soit la bête noir du chanteur qui s’exprime sur son inquiétude pour sa voix. Mais vous savez, nous on n’a vu que du feu car il reprend de plus belle et nous martèle en décibel de sa position dominante avec tout ce qu’il a à donner. On finit en force avec Cutting ties et moi qui généralement reste au comptoir du bar au différents spectacles de la taverne; pas cette fois, je suis debout parmi l’audience qui à eu une soirée explosive et mémorable. Si vous y étiez, vous savez de quoi je parle. Belle soirée avec beaucoup de gens souriants avec qui partager à chaque entracte. Le dixième anniversaire de Northwalk est un franc succès.

Comme prévu, nous sommes rendus à l’entrevue écrite avec David Plante. Mais si vous voulez reposer vos yeux quelques instants de cette lecture en petits caractères et bien voici Flower par Northwalk, rafraîchi au goût de l’heure et mise en ligne il y a à peine deux semaines pour célébrer leur dixième anniversaire. N.B: On retrouve bien sûr la pièce sur Spotify.

 

Entrevue

Ondes Chocs: En 10 ans…Parle-moi de l’évolution de Northwalk en 10 ans, des membres, du groupe et implication.

David Plante: ‘’On a pas vraiment changé de line-up au fil des années si ce n’est que le drummer en 2019 qui a été remplacé par notre bassiste. Donc à 1 bassiste près c’est la même gang. Cependant, le style a beaucoup évolué. On a commencé avec un style plus hardcore punk, mais au fil du temps la petite touche de métal a pris le dessus. Au niveau de l’implication, depuis 2019 chacun des membres est plus impliqué dans l’écriture des chansons, même si c’est toujours Benjamin qui est le grand manitou.’’

O.C: En 10 ans…Parle-moi de ce que tu as vu de l’évolution du Hardcore au Québec.

David: ‘’Au Québec en général, plus qu’en région, il y a énormément de bands qui ont vu le jour. Quand je pense à Montréal depuis quelques années, c’est fou l’éclosion de bands. Bien entendu en région c’est plus difficile. Je crois que l’accessibilité aux shows pour les plus jeunes est très difficile donc ça ne nous aide pas vraiment. Quand on a commencé il y avait pas beaucoup de bands locaux si on peut dire, mais maintenant partout où on passe il y a
assurément au moins un band local sur le bill.’’

O.C: En 10 ans de création, quelles sont les 3 chansons dont tu es le plus fier et pourquoi?

David: ‘’Pour moi il n’y a aucun doute que c’est les chansons du dernier EP Steadfast. Lesquelles parmi les 4? Je dirais forcément Cutting Ties, Get Lost et Make Believe. Pour moi c’est nos tracks les mieux écrites et les lyrics qui parlent le plus à mon avis. C’est en partie à cause de notre collaboration avec Max Lacroix de House Of Gain Studio qui font que ces chansons-là sonnent différentes. Make Believe c’est bien pour le clin d’œil à la scène, aux posters, à nos 10 ans et à ceux qui portent fièrement la galoue dans le pit. Respect!’

O.C: En 10 ans, Quelles sont les plus belles expériences que tu as vécu sur scène avec Northwalk?

David: ‘’Les plus belles choses avec Northwalk sont à venir c’est sûr, mais je dirais d’avoir pu partager la scène avec des bands qui ont manqué ma vie est assurément la plus belle expérience. De créer des liens d’amitié avec ceux-ci et de même pouvoir compter sur leur aide parfois rend toute cette belle expérience là de Northwalk magnifique.’’

O.C: Si tu avais à former une tournée d’un  »Big Four » de Hardcore bands Québécois avec Northwalk, tu irais chercher quels bands et pourquoi?

David: ‘’A PERFECT MURDER, IN DYING DAYS, A DEATH FOR EVERY SIN, GET THE SHOT. Premièrement, Get The Shot parce que par défaut c’est le plus gros band hardcore Québecois de l’histoire. Qu’on aime ou pas, il n’y a aucun band ici qui a fait ce qu’ils ont fait et qu’ils continuent de faire. Ensuite APM, pour les mêmes raisons que GTS, mais à une époque différente ou que la scène n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. Je suis convaincu que si APM sortait Unbroken en 2024 ça exploserait! Et les deux derniers, c’est par nostalgie. J’ai eu la chance de jouer une fois avec Indying Days et ils avaient ce côté metal hardcore qui n’était pas encore très présent sur la scène. C’est un des précurseurs dans le genre pour le Québec. Finalement, ADFES.. ai-je besoin d’expliquer le pourquoi? Ces gars-là ont participé à l’éclosion de la scène ici et même en Amérique je dirais. Alors aucun doute que si un Big Four se devait d’exister c’est mon Headliner.’’

O.C: Si tu avais à rencontrer le David Plante d’il y a 10 ans avec le recule que tu as aujourd’hui, quels conseils judicieux lui donnerais-tu à ses débuts avec Northwalk?

David: ‘’Je regrette rien, mais je dirais, prends ton temps et surtout pratique!’’

O.C: On tourne la page sur la première décennie. Maintenant Northwalk, on s’en va où pour les prochaines années? (Défis, tournées, albums etc)?

David: ‘’On commence ça avec une tournée européenne cet automne. Ensuite on a encore quelques shows à travers la province et un peu en Ontario. Pour le futur plus lointain, je dirais l’écriture d’un nouvel album. On a déjà quelques tracks de composés et on compte bien ne pas chômer sur ça pour ensuite refaire des shows et probablement retourner le plus vite possible sur le vieux continent.’’

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’underground

LDAW//Voidchaser @ Café-Bar Zénob, Trois-Rivières – 13 septembre 2024

Voici le compte rendu de notre journaliste Christian Lamothe qui a assisté au spectacle de Voidchaser et Last Dance Among Wolves au Café-Bar Zénob de Trois-Rivières le 13 septembre 2024 présenté par Metal Shed Productions.

 

Retour sur le spectacle

Last Dance Among Wolves et Voidchaser au Zénob, l’antre du heavy metal!

J’ai vu et apprécié plusieurs spectacles au Zénob avec le temps. Des Gorilles aux Mains Rouges à Guhn Twei. Bien sûr j’avais doublement hâte d’y être, soit pour entendre Voidchaser pour la première fois. Un groupe de metal progressif, donc avec toute la technique qui s’impose. Pour ce qui en est de Last Dance among Wolves, la joie de vibrer sur leur metalcore festif et énergique. Mais je me disais, surtout pour le deuxième band, est-ce que le Zénob est un endroit propice? Avoir un groupe qui bouge et qui s’impose parfois à six ou sept au même endroit…dans une salle qui pourrait facilement déborder. J’étais
sceptique, du moins je pouvais leur donner le mérite d’être audacieux. Mais en même temps je me disais: ‘’c’est dans ta tête et on est plus à l’époque ou tu as fais du théâtre dans un bar de poésie…le Zénob c’est autre chose maintenant, vieux grincheux, casseux de party!!!’’ Ok d’accord, je descends les trois ou quatre marches et c’est parti, on est dans l’antre du heavy metal mode Zénob.

 

Voidchaser

Chad Bernatchez: Guitare (rhythm), vocal (lead)
Jeffrey Lehberg: guitare (lead)
Jici LG: basse, synthétiseur
Colin Macandrew: batterie (pour la tournée)

La série de spectacle The Only Human Tour s’arrête à Trois-Rivières. Voidchaser va mettre en valeur leur dernier EP nommé Solace. Par contre, le groupe décide de partir le bal avec certaines pièces composées avant cet album. Pour ma part, Jeffrey Lehberg est la star à la guitare qu’il maîtrise parfaitement. Mais chapeau à tout le groupe…ça sonne bien et la chimie entre les instruments est parfaite. Chad Bernatchez passe d’un chant clair au growling à la Johannes Eckerström (Avatar) avec une certaine aisance et au titre Tyrant je suis totalement gagné comme public.

Clairement, on parle plus d’un metal progressif qui correspond à un univers à la Devin Townsend qu’un Dream Theatre, si l’on veut se situer. On nous fait cadeau d’un solo technique par Colin MacAndrew à la batterie. Ce qui rend ce moment intéressant est entre autre relié à une utilisation massive de cymbales stacks ou effects stacks (son sec). Une séquence intrigante que j’adorerais voir de plus près une prochaine fois . Nous voila au moment où Voidchaser nous introduit à Solace. Une chanson en six parties et clairement, ça c’est la marque de commerce du rock progressif que je connais bien. On y va avec toute les nuances en douceur (Alien) pour frapper fort par la suite (Out of Here). On voit les doigts sur les guitares et basse se faire aller comme des pianistes sur du Vivaldi déchaîné. Ça travaille fort, ça sonne et les présents au Zénob sont emballés.

Mission accomplie par nos Chasseurs de Vide montréalais! Nous avons appris que l’album à plus de 100 000 vues sur spotify, wow et bravo! Voici la dernière vidéo du groupe, toute neuve: Valkyrie (en mode Minecraft).

 

 

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Last Dance Among Wolves

LuchaYan Duque: guitare
Gabriel « G.G. » Gagnon: voix
Dave « BRUTE » Lambert: basse
Steven « DUCK » Dokis: guitare
Mike « KAKU » Belhumeur batterie
Fr66z6 et Stardust: invités aux voix

Nous arrivons maintenant avec la meute de loups frénétiques qui s’alignent face à la Lune et le public du Zénob…c’est clair, il va y avoir un carnage musical, ça bouillonne de testostérone. Depuis peu Gabriel à perdu son coéquipier ‘’growler’’ Lil Joe Monster et ce soir il doit s’imposer comme le mâle Alpha au micro pour guider le reste de la troupe, ce qu’il fait avec brio. Tout le spectacle il est nez à nez avec le troupeau de fans qui s’agitent devant eux et lui il s’impose et domine. LuchaYan l’épaule sur les ‘’back vocals’’ toujours aussi masqué et rugissant. Fr66z6, rappeur solide, nous arrive avec ses ‘’Punch lines’’ et Mistery is over est une décharge électrique dans le Zénob. On décide de mettre le cover One Step closer (Linkin Park) en plein milieu du spectacle, pièce qui à toujours été jouée en rappel…et bien encore une fois la salle répond avec intensité.

Une nouvelle arrivée dans ce spectacle dément et qu’on remarque par sa prestance est Stardust, jeune pianiste avec 18 ans d’expérience. C’est pourtant au chant qu’elle va nous épater,avec un rugissement qu’elle m’avoua avoir pratiqué au parking du Costco dans l’auto de ses parents et dans sa douche. Ma foi, il semble que ce soit des studios parfaits, car ce soir sa présence et son scream détonnent et apportent une nouvelle dynamique. Musiciens et fans ne font qu’un dans le Zénob. On fini le spectacle avec une nouvelle pièce qui sera bientôt enregistrée; Shaped by Design et pour avoir entendu et vu la réaction de l’assemblé, Last Dance Among Wolves a encore frappé dans le mile. On se retrouvera bientôt pour une entrevue et aussi pour le lancement de leur prochaine vidéo à la mi-octobre. Ne manquez pas ça!

Mais quelle superbe soirée et oui, j’y crois: le Zénob est un endroit parfait pour TOUS les styles de heavy metal! Peut-être qu’après avoir lu
ma chronique, que vous vous êtes ennuyé ce vendredi, ailleurs ou seul chez vous. Vous vous sentez comme Beaudoin dans Cruising Bar…’’Yé
où le parti? C’est dommage, car encore un fois des groupes de l’Underground nous ont prouvé c’est quoi avoir du fun en communauté!

Soyez au prochain rendez-vous! Un grand merci à Patrock (Genetic Error, Darksider) pour avoir pris le temps de m’éduquer sur les Cymbales Stacks, c’est très apprécié!

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground

 

Guhn Twei//Destruction Derby @ Le Zénob, Trois-Rivières – 1 août 2024

Voici le compte rendu et une entrevue réalisés par notre journaliste Christian Lamothe lors du spectacle de Guhn Twei présenté au Café-Bar Zénob de Trois-Rivières le 1 août 2024 et qui mettait également à l’affiche Destruction Derby.

Guhn Twei et Destruction Derby

Nous avons eu la chance d’accueillir au bar Le Zénob, deux groupes épiques dans leur genre qui ont fait monter la température ce jeudi premier août. Deux formations complètement différentes, mais avec un désir conjoint de conquérir les âmes trifluviennes et de canaliser l’énergie collective pour créer une soirée parfaite malgré cette canicule estivale.

Cette chronique sera en deux parties. On parle bien sûr du spectacle, de l’ambiance et de la musique. Par la suite, je vous ai inséré ma rencontre avec Simon et David de Guhn Twei qui s’est faite une heure avant le spectacle. Une entrevue que j’ai essayé de vous synthétiser en laissant la chance à ceux-ci s’exprimer à leur guise. Un rendez-vous avec la conscientisation, mais surtout avec deux chics types.

 

Retour sur le spectacle

Destruction Derby

François Mackin -Batterie
Jimmy St-Amand -Voix et guitare

Ce duo de Montréal carburant à la nitro et au rock sans frein nous ramasse dans un spectacle sans boucane, mais avec la turbulence d’une course de bulldozers modifiés. Pourquoi on invite les ‘’boys’’ de Destruction Derby à différents événements? Tout simplement parce qu’ils font lever la place partout où ils vont et ça n’a pas fait exception ce soir au Zénob. Leur thématique est simple, bien huilée et la chanson Face à Face part la course musicale le pied au plancher. Le dynamisme et la complicité des deux coéquipiers est palpable et ça se ressent dans tout le Zenob. Les spectateurs sont pris dans cette frénésie d’un rock de garage qui se veut énergique. Même avec une pièce plus lourde comme Burnout, on ne ressent aucune perte de vitesse, en fait ce fut ma pièce préférée de leur répertoire de ce soir. Leur dernier album, Top Speed, est paru en 2019 et le groupe sait qu’il devra penser à revenir en studio bientôt. Mais pour l’instant, ils gagnent encore des fans que j’entends: ‘’Wow c’est quoi ce band là!’’ Clairement, c’est Destruction Derby qui encore une fois m’impressionne par leur efficacité et leur détermination à nous donner ce surplus d’adrénaline sans odeur de gaz!!!

 

Guhn Twei

Simon Turcotte- Bass et voix
Jeanne Perrin- Guitare
David Alisich-Bérubé- Batterie

Une tornade hardcore nous arrive de Rouyn-Noranda. On peut même parler de l’ouragan Guhn Twei qui passe dans les villes majeures du Québec depuis la sortie de leur deuxième album Capitale de l’Arsenic sorti en avril 2024. On attendait ce groupe médiatisé et reconnu pour leurs textes engagés et dénonciateurs. Les présents de la salle sont à quelques pas du chanteur. Il s’est entouré par des fans qui avaient très hâte d’entendre cette prestation et ça se sentait.

Corpocratie est la chanson qui part ce remous agressif et le Zénob répond avec acclamations. David Alisich-Bérubé à la batterie sonne brutal et magnifiquement synchronisé, on adore tous ce genre de ‘’drummer’’ qui martyrise son instrument tout en restant dans les temps. Deux seules pièces seront jouées du premier album Glencorruption, soit: Déluge et Tueurs d’Enfants.

Simon Turcotte prend le temps de nous parler du groupe et du contexte des chansons, le Zénob écoute. Surtout quand celui-ci fait un témoignage poignant sur l’erreur médicale lors de l’amputation de sa jambe: on aurait anesthésié la mauvaise… Ma mâchoire tombe par terre et on écoute James Bond… Allez lire le texte de cette pièce, vraiment… Sur une personne qu’il a connu à l’hôpital en ces moments les plus noirs…Oufff!  Lac Terreur nous arrive avec les douces paroles de Jeanne Perrin. Plus la chanson avance et plus la basse de Simon nous ramène à  l’angoisse qui valide les textes.

Petit mot sur le système de lumières synchronisées pour le spectacle de Guhn Twei, juste parfait pour les changements d’ambiance et pour avoir les yeux ouverts tout le spectacle. Vous avez visé juste et personne ne pourrait me dire le contraire. On ne fait qu’un dans le bar et on arrive à la fin… La chanson titre Capitale de l’Arsenic, tant attendue, le clou de la soirée, moment de bonheur bestial pour une soirée glorieuse qui valait toutes les sueurs du monde.

 

Merci aux deux groupes qui nous quittent pour un autre spectacle à Chicoutimi. Des soirées comme ça, on en prendrait tout le temps et au plaisir de se revoir! Maintenant comme écrit dans mon introduction, nous voilà rendu à la partie réunion au sommet avec Guhn Twei. En compagnie de Simon et David, je vous ai préparé une partie de leur histoire… Quelle histoire!

 

Rencontre avec GUHN TWEI

Ondes Chocs: ‘’Deux albums à un an d’intervalle, ce qui est très court comme délai. Parlez-moi de cette décision que vous avez prise pour la sortie de Capitale de l’arsenic qui suivait Glencorruption? »

Simon Turcotte:  » À la base, nous avons toutes enregistré les  »tounes » en même temps. On a enregistré 17 chansons, au début, moi et Dave, tout d’un coup. C’était censé être un long album et finalement on a trouvé que c’était trop long. Alors nous avons  »splitté » l’album en deux.’’

David Alisich-Bérubé reprend:‘ En plus le FME (Festival De Musique Émergente à Rouyn 2023) s’en venait et était une bonne opportunité pour un lancement d’album, mais à 17 tounes à enregistrer en dedans d’un mois…on s’est dit qu’on n’y arriverait pas à temps… Et c’est Simon qui à trouvé les tounes qui s’agencent bien ensemble ».

Simon: »...ont été composées dans la même période et enregistrées, c’est juste que pour Capitale de l’Arsenic après on a eu plus de temps pour peaufiner en studio et faire plus d’arrangements et revoir certaines parties dont les voix, mais tout part de la même inspiration, du même burst et de la même période ».

 

O.C.:  »Est-ce qu’il y avait des textes de composés avant l’éclatement sur le sujet de la Fonderie Horne? »

Simon:  »Pas tant! Tout ça c’est comme, il faut savoir par où on passe dans le contexte… L’été 2022, il y a le scandale de l’arsenic qui a explosé à Rouyn dans tous les médias et c’est devenu un débat public. À la même période, je venais de m’installer à Punk House (local de musique). Dave en même temps avait déménagé dans le même bloc pour monter son studio d’enregistrement. On a cliqué. On a jammé et décidé de former un band… Dans le contexte social, tout le monde parlait de ce qui se passait avec la fonderie, le taux d’arsenic dans l’air et c’était un gros débat public. Avec mon histoire à moi, qui a travaillé à la Fonderie Horne plus jeune… Une année après j’ai eu un diagnostic de cancer, un long combat avec la maladie, cinq ans dans les hôpitaux, un sarcome dans la cuisse droite et après cinq cancers, on m’a amputé la jambe au complet. Quand on a partie Guhn Twei, ça faisait 2 ans que j’avais été amputé. Veux, veux pas toutes les question de cancer c’était quelque chose de personnel pour moi et avec le contexte de l’époque, un nouveau band… Mais ce n’est pas comme si on s’était assis moi et Dave puis on se dit qu’on va se partir un band politique, engagé, pour dénoncer Glencore. Ce n’est pas ça qui s’est passé. On est parti un band pour faire un show que l’on s’était fait offrir à Rouyn. C’est juste venu de même… Après la troisième ou quatrième chanson Eau de fonte qui parlait vraiment de ce sujet là et ça c’est fait de façon naturelle. Un band qui parle de ça avec ma situation, ça fait parler, surtout à Rouyn ».

Guhn Twei attire les médias et se retrouve impliqué avec de nombreux regroupements comme groupe Mères au front de Rouyn-Noranda et soutenue par différents organismes comme le Petit Théâtre du Vieux-Noranda. Ils font un spectacle devant la Fonderie Horne et deviennent une forme d’emblème musical.  Simon m’expose le fait que d’avoir des textes en français rejoint les gens. Le message  »dans ta face » est clair.

 

O.C.:  »Est ce que vous considérez vos albums comme un cri du cœur ou une déclaration de guerre?’’

Simon:  » C’est ni l’un ni l’autre, c’est pas ça qui se passe. On fait de la musique, c’est un exutoire, David, c’est à travers l’instrumental, moi je fais les paroles. Moi, je ne pourrais pas parler d’autre chose, c’est ça mon histoire et ça ne serait pas authentique de parler d’autre chose, c’est ce que j’ai connu les cinq dernières années. J’ai eu le mot cancer pendant des années et on reste à Noranda. La fonderie, on l’entend tous les jours. Je composais la musique de Guhn Twei et j’entendais l’usine en arrière.’’

D’ailleurs c’est David qui nous explique à quel point, juste ouvrir la fenêtre du studio nous donne droit à la présence sonore de l’usine. Ce qui lui a donné le goût d’enregistrer et de mettre à quelques reprises sur les albums (en arrière plan) le son de cette machine industrielle qui est si présente dans le paysage de leur coin de pays. Ils se considèrent beaucoup plus comme des interprètes que des revendicateurs. La chanson Capitale de l’Arsenic a été une des dernières pièces composées et enregistrées. Elle fut en réponse aux évènements qui ont suivi l’exclusion du groupe du Alien Fest dû à la pression de  certains commanditaires. J’ai trouvé mes deux interviewés tellement calmes, sereins et confiant face à cette tornade médiatique qui à suivie le groupe au Québec et qui a même intéressé les médias anglais canadiens. Ils disent s’être fait décrire de façon adéquate. De toute façon, en ce qui concerne le festival, les raisons données étaient inscrites noir sur blanc et personne ne pouvait se cacher. Guhn Twei n’en est ressorti que plus fort. Et partout où ils se présentent, le message passe, car chaque région a son histoire similaire. Les shows deviennent des moments de partage de part et d’autre, peu importe la destination. En construisant son exutoire personnel, Simon semble avoir créé un investigateur d’une soupape collective dans ses paroles et spectacles.

Ce que j’ai adoré entendre de ce jeune chanteur est quand il me parle de sa démarche personnelle:  »…de canaliser tout ça, pis de le mettre dans mon band avec Dave et que je trouve une façon que ça sorte, pis que ça devienne du positif. C’est ce qui m’amène à continuer…d’être, comme hier à quatorze heure de chez nous devant une soixantaine de personnes qui connaissent nos chansons, pis qui trippe avec nous autres et que c’était juste une façon de me sortir tout ça de la tête, ben c’est beau là. Ça ne vient pas de quelque chose de beau, mais là ce l’est!’’

Quand je parle de bon coup, pour eux c’est clair: De partir en tournée présentement. Un douze jours qui présentement se passe entouré d’un public réceptif et énergique . Les membres de Guhn Twei sont heureux de leur pari, car partir en tournée, financièrement, en est un. Mais la réponse est là et leur motivation de continuer l’est d’autant plus.

Quelle belle rencontre avant le spectacle au Zénob, avec ce band d’Abitibi. Vous n’avez pas eu la chance de les voir? Il est toujours temps pour vous d’aller les écouter d’ici le temps qu’ils reviennent par chez-vous. Encourageons la relève!

 

-Christian Lamothe, chroniqueur de l’Underground