by Dave Rouleau | Mar 7, 2014 | Articles Divers/Primeurs/Annonces

Avec déjà les deux premières rondes du concours En Route Vers le Heavy Montréal 2014 du côté de Montréal dans le passé, je me réveille et vous fait une petite présentation des deux bands qui ont gagné et ensuite on s’attaque aux deux soirées de l’Est du Québec que j’animerai et qui seront présentées le vendredi 7 mars au Dagobert de Québec et le 8 mars à la Place Nikitoutagan de Jonquière, une première forée de ce concours hors de la métropole et je crois que c’est vraiment cool que le promoteur, Evenko, donne la chance aux bands du reste de la province une réelle chance de se faire voir et découvrir dans un festival tel que le Heavy Montréal.
Lors de la première ronde du concours le 1er février chez nos amis montréalais, Karkaos a réussi à remporter les honneurs de la soirée contre des formations telles que Valfreya, The Unconscious Mind et Your Last Wish. Ils lancent leur album « Empire » ce vendredi au Petit Campus de Montréal et ne manquez pas mon entrevue avec Samael et Veronica qui sort demain sur le Ondes Chocs Channel.
Lors de la 2e soirée, les groupes étaient plus ‘core’, un peu moins épique, mais tout aussi efficace et Red Skies a réussi à en sortir vainqueur contre les bands suivants: NoDirection Home, Endvade et This Town Going Under. Ils ont sorti « Identitas 2.0 » au début de l’année et je dois avouer que j’aime beaucoup leur Metalcore, ils n’ont pas peur d’incorporer des mélodies et leur approche générale est très mature et professionnelle. Allez les encourager le 12 avril prochain au il motore de Montréal alors qu’ils filmeront un vidéo officiel et ils ont besoin de VOUS.
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Maintenant que nous savons qui sont les deux premiers bands qui se rendent en finale du côté de Montréal (il reste bien sûr deux soirée encore pour compléter la soirée ultime), on s’attarde aux deux premières soirées de la première édition du concours en dehors des balises de Montréal et je commence avec celle de vendredi qui aura lieu au Dagobert dès 20h! Rappelez-vous que les soirées offrent des juges qui dévoileront leurs appréciations (ou non…) directement après les performances des bands, et ce devant toute la foule. Lors des deux soirée décrites ci-dessous, Alex Erian (Obey the Brave, Despised Icon), J-F Michaud (Evenko) et Karl-Emmanuel Picard (District 7 Production) seront les personnes chargées de décider un vainqueur et partager leurs opinions.
Québec, 7 mars 2014
Du côté de Sky For Sinners, le band de Québec va très certainement attirer les foules comme ils le font d’habitude avec un base de fans impressionnante pour un groupe local. Les chants de « S-F-S » se feront aussi entendre très fort comme avant tous les shows et leur musique métal/core a même été travaillée par Glen Robinson, le renommé producteur, sous la forme de « Haeresy Reborn », une nouvelle production de leur ancien stock. Tout comme Red Skies, leur approche professionnelle devrait résonner avec les juges du concours. Voici cet album en écoute et aussi leur clip pour ‘Inner Vision’
Hunt the Shark sera aussi sur place pour espérer fouler les planches du Festival estival et c’est avec leur Metal/Hardcore qu’ils essayeront d’impressionner la foule. Leur formule est claire et simple, écrire des pièces qui fusent les breakdowns avec des refrains accrocheurs. Ils sont sur le volume II de la Compilation Underground Scene que Yannick Karl Giguère a préparé. Ils ont sorti trois tracks sur Bandcamp et en voici une pour vous préparer à la chanter.
Frozen Fear tentera d’utiliser son beat un peu plus alternatif afin de se démarquer des autres et leur album « Raised By Hollywood » est une bonne manière de les connaître. En voici des extraits.
Feels Like Home s’est rendu jusqu’en finale de l’Omnium du Rock lors de l’édition précédente et c’est grâce à leur travail acharné que leur musique s’est rendu aussi loin. Les boys font dans le Metalcore et je vous présente ci-dessous le lyric-video de ‘Gamebreaker’ et aussi notre JamSpace que nous avons préparer et diffuser l’année dernière.
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Saguenay, 8 mars 2014
Goodbye Sparta offre une version moins technique de August Burns Red, un Metalcore qui n’a pas peur des mélodies et le chanteur Bruno Girard est un ancien membre de Ryder, XspendX, Aeris, Black Palace Symphony et Atlantis Gates. Je m’énerve tellement, je vais les laisser vous expliquer ce que 2014 leur réserve:
2014 sera une grosse année pour nous ! On participe à plusieurs concours, Notre EP est sortit des beau chandails neufs seront a vendre mais surtout plain de belle date de show. Grâce a notre association avec Hellstorm Recordz /Hellstorm Productions nous sillonnerons les routes du Québec et ce très bientôt. Voici quelque endroit ou nous nous arrêterons. Les dates restent à confirmer ainsi que lesline up mais les salle sont déja en négociation!
Mai : Montréal et St-Jean sur le richelieu
Août : Petawawa + stop en chemin pour un show
Septembre : Baie-Comeau et Rimouski
Octobre : Thetford mines / St-Georges de Beauce
Octobre : Saguenay / Alma
Trop drôle la définition de Krystalian sur leur page facebook: « Band Metal aux tendences Death-Mélodique avec des parcelles Trash et Prog !? » Voici ci-bas ce qu’il veulent dire dans ce vidéo enregistré live en 2013. Ils participent aussi au concours Landmark et sont finalistes pour la soirée qui aura lieu à l’Impérial très bientôt. De ce que j’ai pu entendre, et ce n’est vraiment pas beaucoup malheureusement, c’est très bien monté comme beat et très probablement un des bands au Québec que j’ai le plus hâte d’entendre en version studio professionnel. Le talent est là, mais on a besoin de quoi de concret pour faire une critique édifiante.
Who Cares?
Je dois avouer que je n’ai jamais vu Who Cares? en show encore et c’est gênant de le dire, surtout que je les ai découvert en 2013 et je suis devenu accroc de leur compilation de tracks sous la forme de « Creation ». C’est du Death/Grind extrêmement bien exécuté et qui me garde attentif à chaque track, ce qui n’est pas donné à tous les bands. Là niaisez pas et aller chercher le beat GRATUITEMENT de ce band du Saguenay et donnez leur l’accueil qu’ils méritent ce samedi dans leur patelin!
Pour les fans de Métal européen comme In Flames et Soilwork, Beyond Fiction devrait vous donner un semi-croquant avec leur travail méticuleux pour la composition. « Proximity Effect » est sorti en 2012 et du nouveau stock est déjà prêt pour enregistrement. L’album est disponible pour écoute/téléchargement GRATUIT ci-dessous.
Morningless s’amène avec un style similaire au groupe précédent, un Death métal mélodique qui sera aussi à Québec le 18 avril prochain avec Jupiter’s Red Eye en première partie. Ils sont de Dolbeau et ont du nouveau stock aussi en préparation, donc on peut présager une année 2014 forte pour le Death Métal au Saguenay.
Celtique, folk, pagan, mettez-leur les catégories que vous voulez, Trollwar se démarque à plusieurs niveaux, dont leur performance en show, ce qui devrait donner une lutte intéressante avec les autres styles présents samedi. « Earthdawn Groves » est sorti en 2013 et vous remarquerez que leurs fans sont énergiques et passionnés. C’est de la musique de party et si vous voulez comprendre leur univers un peu mieux, je vous offre leur vidéo officiel de ‘Trollka’ sous le lecteur Bandcamp!
by Dave Rouleau | Mar 6, 2014 | Articles Divers/Primeurs/Annonces, Critiques d'Albums

Karkaos
« Empire »
2014
Par où commencer? Bien d’abord, comme je parlais dans mon entrevue avec Irish Moutarde hier au Corsaire, il ne faut pas juger un livre par sa couverture, mais il est clair qu’une expérience complète avec un artiste ou un band commence avec le premier coup d’oeil sur leur pochette de vinyle, CD, cassette ou même le cover que l’on aperçoit lorsque la page Bandcamp se dévoile sous nos yeux. Ceci dit, je vais débuter avec une pointe au artwork qui a été choisi par Karkaos pour promouvoir leur premier LP, « Empire », dans le monde entier. Avec tout le respect que je vous dois et surtout la critique qui suit de votre musique… what were you thinking? Je n’ai pas de problème avec le concept, mais sa réalisation laisse à désirer et mettons quelque chose au clair: je n’aurais pas fais mieux, j’ai de la misère à faire un cercle digne de ce nom! Cependant, la première impression est un contraste clair avec la musique qui se fait entendre pendant que l’on essaye d’apprécier ce qui se passe avec nos yeux. Bon, fallait que ça sorte. Faites-vous en pas, it only gets better from here.
N’en déplaise aux haters, on ne doit pas juger la musique avec le nombre de notes qui est joué à la seconde/minute, mais bien dans son ensemble et son habileté à créer un ensemble qui est mémorable, créatif et intéressant. Si un band le fait d’une façon technique, je leur lève mon chapeau. Si, comme Karkaos, vous mélangez la simplicité avec des arrangements plus complexes, vous m’avez définitivement conquis.
Plus d’une fois les poils sur ma nuque se sont dressés lors de mes nombreuses écoutes de leur excellent album et ce n’est pas peu dire, car je consomme une quantité complètement débile de musique dans une semaine et tout comme mes albums classiques de mon jeune temps, je prends un malin plaisir à écouter « Empire » même quand je ne dois pas le faire pour une raison un peu plus professionnelle comme écrire cette critique. On parle ici d’un métal mélodique et je mets l’emphase sur MÉLODIQUE, car l’union de Vince Harnois (guitare) et Véronica Rodriguez (vocal) est une mélodie en soit et la plupart des pièces un petit bijou que vous voudrez entendre encore et encore.
Si vous étiez un fan de leur premier EP, « In Burning Skies », vous allez adorer la progression du band avec les moments plus ‘noirs’ qui le sont encore plus et des mélodies vocales qui vont vous garder éveiller la nuit, mais le tout servi de manière épique et très mature.
Le tout commence avec une intro, ‘Ode To La Resistance’, et le thème se poursuit avec ‘Leap of Faith’ et son début qui fait penser à une armée qui avance et s’installe pour son attaque finale et c’est exactement ce qui arrive avec un cri de guerre de Veronica et toute sa cavalerie qui tire en même temps, juste avant d’entamer leurs attaques répétées sur l’auditeur, mais en gardant toujours le fil conducteur qui est de créer une musique qui est pesante, mais sans jamais tomber dans l’exagéré.
‘Depths of Madness’ a surement été écrite pour me rendre fou, car bien que nous l’avons lancé sur la Compilation Métal Carnage, je suis encore accroché à celle-ci même après tant d’écoutes, une composition extrêmement efficace qui résume bien l’album en entier.
‘The Condemned’ et ‘Echoes of Perpetuity’ nous rassure que le côté heavy et la rapidité de la formation est toujours en place et ne changera pas. Ça devient aussi au courant de l’album une petite faiblesse, car ‘Awaiting the Clock’s Last Turn’ et ‘Eden’ nous servent des mélodies un peu réchauffées quand on porte attention à celles développées au début de ce nouvel album. Cette dernière s’en sort avec son côté épique et sa mid-section extrêmement bien balancée et travaillée, mais le plus de huit minutes de durée est un peu trop par rapport au contenu. Six minutes et un peu moins de répétition aurait aussi fait l’affaire, mais les mordus ne seront pas déçus si ils en veulent encore et encore.
Il est important de souligner l’apport de Sébastien Bélanger-Lapierre, Normand Martel et Eddie Levitsky aux keyboards, drums et basse, respectivement. Les trois ne tombent pas dans l’excès, mais s’assurent de bien compléter les guitares et vocals avec brio, il n’a clairement pas d’égo dans ce lot et c’est tout un avantage. C’est la force de Karkaos, soit créer un ensemble extrêmement bien ficelé qui ne peut tout simplement pas vous laisser indifférent. Impossible.
Sous la supervision de Jef Fortin derrière la console, le band s’est assuré un mix qui frappe fort et qui est très bien balancé. Son travail avec la voix de Veronica tout au long de cet opus et aussi l’ajout de layers comme la chorale entendue sur ‘Leap of Faith’ est plus qu’impressionnant, car il a su faire progresser la chanteuse dans la bonne direction et c’est à ce niveau que le band frappe fort, car il sait prendre avantage d’un de leurs atouts et c’est tout à leur honneur…. USE IT! Les growls sont menaçants et les mélodies extrêmement efficaces, même quand elle doit atteindre des notes plus hautes pour s’assurer une bonne exécution, comme ‘The Condemned’ et ‘Echoes of Perpetuity’.
Un modus operandi s’installe plus l’album avance, mais qui a dit qu’on voulait avoir de quoi de différent? Ils jouent avec leurs forces et celles-ci sont nombreuses, ce qui empêche de tomber trop dans la répétition, mais comme mentionné plus haut, il y en a et on ne peut pas passer à côté. Allez les encourager lors de leur lancement le 7 mars 2014 au Petit Campus et aussi lors de la finale montréalaise du concours En Route Vers le Heavy Montréal, car ils ont gagné la première ronde le 1er février dernier!
8.5/10
Dave Rouleau

by Lex Ivian | Mar 6, 2014 | Critiques, Critiques de Shows
On vous a déjà fait le coup de la revue de spectacle conjointe, et bien c’est ce qu’on vous propose encore cette fois alors que le Dr Light et moi-même (Lex) discutons de ce spectacle auquel nous avons assisté.

Soirée ténébreuse aux maquillages macabres qui s’annonce avec quatre groupes de black metal unis pour une mini-tournée intitulée Infernal Alliance Tour: Hollow, Obscursis Romancia, Daedalean Complex et Black Empire. C’est une des dernières soirées de temps doux avant le retour du froid qui décide de s’éterniser un tantinet. Après un petit goûter de mâles (ailes de poulet BBQ, saucisses avec moutarde de Dijon et bières), c’est en direction du Cabaret Underworld, sur la rue Ste-Élizabeth que nous nous dirigeons. Encore un accompagnateur différent ce soir, question d’optimiser les nouveaux fans potentiels de la scène underground metal à Montréal.
À notre arrivée, Lex m’attend à la porte puisqu’il y avait un malentendu relativement à mon accès. Nous en profitons en attendant pour jaser un peu et mon comparse nous confie que ça fait plus de 25 ans qu’il n’a pas mis les pieds dans une telle salle de spectacle pour voir ce genre de show. Il semble par conséquent relativement enthousiaste. En ce qui me concerne, je sais d’emblée que je serai ravi par Obscursis Romancia pour les avoir vu il n’y a pas si longtemps aux Foufounes Électriques. Pour ce qui est des autres groupes, Hollow avait fait excellente impression au Wacken Metal Battle de 2013 et Daedalean Complex ont des vidéoclips avec des images à couper le souffle (si vous n’avez pas encore vu, allez voir!). Black Empire me sont cependant tout à fait inconnus, ne serait-ce que je sais qu’ils viennent de Rouyn-Noranda. (Ah oui, nous avons décidé de faire un co-revue de spectacle, Lex et moi. Je m’adresserai donc directement à lui pour corroborer ou infirmer mes propos.)
Lex: Je suis arrivé à l’Underworld une quinzaine de minutes avant l’heure annoncée pour le spectacle et j’en profite pour demander si le nom du Doc est sur la guestlist ce qui n’est pas le cas lorsque la demoiselle à la porte vérifie la liste. Légèrement contrarié, plus par la nécessité de régler la situation si près du début de la soirée que par cet oubli en lui-même qui est plus fréquent qu’on aimerait, je me mets donc à la recherche de Eddy (Snow de Hollow) qui devait s’être occupé de l’accès pour le Doc. Apparemment il était à donner une entrevue et personne ne savait où il était exactement. Je décide donc d’aller attendre le Doc en bas sur le trottoir en fumant une cigarette. Ça faisait peut-être 10 minutes que j’y étais lorsque j’ai vu le Doc virer le coin avec son comparse. Le temps de faire les présentations, lui expliquer la situation et finir nos cigarettes, on entreprend l’ascension des 6 volées de marches qui nous mènera à l’Underworld, 3 étages plus haut. J’ai toujours aimé ce petit paradoxe. Une fois de retour dans la salle, le Doc patiente à l’entrée pendant que je me mets en quête de Eddy qui, cette fois se trouve à la table de marchandise de Hollow. Tout avenant comme à l’accoutumée à l’écoute de mon exposé de la situation, il me précède à l’entrée et fait admettre le Doc pendant que les premières notes du début du spectacle retentissent du fond de la salle.
Dr. Light: Les musiciens de Black Empire sont efficaces et rendent un black metal constant, fidèle aux racines de ce sous-genre. Des mélodies lourdes et agressives, des riffs de guitares et de basse à la fois simples et rapides, peut-être un peu redondants par moment. Mais c’est caractéristique de Black Empire et leur son est constant du début à la fin, avec quelques petites variantes ici et là, dont un solo assez brutal qui arrive à la suite d’une petite pause presque silencieuse. Leur présence sur scène est un peu timide, pas très mouvementée, mais somme toute très correcte même si quelques permutations auraient ajouter à l’aspect visuel. À noter la meute de photographes en herbe qui ont pratiquement monopolisé le devant de la scène durant l’intégralité de la prestation de Black Empire. Je n’avais jamais vu cela pour une première partie dans une aussi petite salle! Qu’en penses-tu Lex?
Lex: J’ai constaté en les voyant sur scène que je les avais déjà vu la dernière fois qu’ils sont venus à Montréal, en 1ère partie de Eclipse Eternal aux Katacombes. Je savais donc à quoi m’attendre côté black metal old school mais la fois précédente, ils n’étaient que 3 alors qu’un 2ème guitariste, Zhorgh, prend place sur scène pour cette prestation. Donc côté musical, Black Empire nous ont effectivement servi une attaque directe et brutale qui ne fait pas dans le fla-fla et le klin-klin. Des riffs straightforward parsemés de quelques solos ici et là, maintenant un atout de plus avec l’ajout d’une seconde guitare. Et un drummeur qui varge sa vie avec une technique que lui seul connait. Les gars se sont plantés dans notre face, ont fait ce qu’ils avaient à faire avec juste ce qu’il faut de contact avec la foule puis on s’est rendu compte que leur demi-heure était écoulée. C’est drôle pareil que même si ça l’a un côté répétitif, le temps passe vite quand même parce que ça l’a aussi ce petit côté hypnotique. (Le Doc approuve!)
Dr. Light: Au premier entracte, nous allons nous ressourcer en houblon et en tabac question d’être prêts pour la suite. Et ça fait aussi du bien d’aller prendre l’air lorsqu’il fait 0 degré Celsius en plein mois de février… À noter que jusqu’à maintenant, la nostalgie et l’agrément sont au rendez-vous pour mon comparse: il a adoré la prestation de Black Empire! C’était, pour reprendre ses propres mots, « exactement ce qu’il avait besoin d’entendre ».
Retour à l’intérieur et Daedalean Complex mettent leur matériel en place sans perdre une seconde. La transition s’est fait relativement rapidement et la deuxième prestation peut donc commencer. Mise en scène assez inattendue: le batteur arrive sur scène en laisse, traîné par une dominatrice qui asperge les gens de lumière avec un spot light. La belle est casquée d’un masque à gaz, ce qui contraste originalement avec sa silhouette et son habillement moulant qui invite à la volupté. Je n’ai pas capté cela sur caméra question de vous teaser un peu… Côté musical, parce qu’il ne faut pas oublier que malgré ce coup de théâtre, il y a un groupe de musique qui nous exécute une prestation musicale, Daedalean Complex nous jouent un black metal assez différent de Black Empire. C’est beaucoup, beaucoup plus progressif. Cela sans compter les nombreux passages où il y avait littéralement de la musique electro/techno/trance pour introduire des morceaux ou encore créer des interludes originaux. Les samplings sont d’ailleurs présents tout au long de leur performance, question de pallier à l’absence d’un claviériste, denrée plus rare dans le monde du metal. Peut-être aussi est-ce délibéré… Lex, es-tu au courant?
Lex: Daedalean Complex était moins metal et plus goth mettons quand je les ai connus et les samplings ont toujours été importants surtout depuis que Daedalus a pris le vocal, évidemment puisqu’il fait les claviers en studio mais se concentre sur le vocal en spectacle. Pour ma part, j’ai toujours aimé leur style musical et j’apprécie leur nouvelle orientation un peu plus black qui me fait penser surtout à un groupe comme Kovenant dont l’album Animatronic figure parmi mes préférés.
Dr. Light: J’aime bien l’ensemble de leur set. C’est fidèle à ce que j’avais entendu d’eux et c’est très varié. Je ne sais cependant que penser de la belle qui reste sur scène tout au long de leur performance. Certes, l’idée de départ était intéressante, mais de là à danser langoureusement sur du black metal pendant 30 minutes, c’est un peu tiré par les cheveux… D’autant plus que ça peut détourner l’attention de plusieurs spectateurs masculins de la prestation musicale en elle-même.
Autre élément qui ne concerne pas directement le groupe: plus haut, j’ai parlé des nombreux photographes lors du set de Black Empire, eh bien cette fois c’était la folie parce qu’il y avait en outre deux caméramens « professionnels ». Je mets professionnels entre guillemets parce que, outre la qualité de leurs caméras (qui devaient valoir entre 2000 et 5000$), les caméramen ne tenaient pas du tout compte de leur environnement et se foutaient éperdument des gens autour. Je comprends bien le désir de tourner les meilleures images possibles, mais c’est aussi agréable de se respecter entre preneur d’images, non? Pour ma part, je me fais une règle d’or de ne pas cacher le champ de vision d’une autre caméra ou encore de tâcher d’échanger ma place question de pouvoir avoir le maximum de prises de vue. J’essaie aussi de ne pas filmer du début à la fin en étant à l’avant-scène. Mais qui suis-je pour juger ainsi, moi qui ne fais que des montages bénévolement et pour le plaisir…? Lex, t’es de mon avis ou bien je suis dans le champ?
Lex: Pour ce qui est de la demoiselle, eh bien il y a ce petit côté à la musique goth/industrial… Pour ce qui est des caméramen, il y en avait qui étaient particulièrement irrespectueux et je trouve ça platte. C’est pour ça que les gros shows, ils doivent s’enlever dans les jambes après 3 tounes. Y’a un public qui veut voir le show. Faut croire que ce n’est pas une idée qui leur vient naturellement.
Dr. Light : Toujours est-il que j’ai bien hâte de voir leurs images cependant, pour apprécier la qualité que ces engins hors de prix (en ce qui me concerne) peuvent permettre de donner comme résultats. De toute manière, même si j’avais les moyens de me payer ce genre de trucs, pas sûr que j’amènerais cela dans un show metal où tout peut arriver à tout moment, surtout en première rangée.
Pour en revenir et terminer sur mon appréciation de Daedalean Complex, je puis dire que j’ai fortement apprécié la diversité de leur set et leur côté progressif électro.
Lex: D’accord avec toi là-dessus aussi que Daedalean Complex valent la peine d’être découverts, ne serait-ce que parce qu’ils offrent une musique différente à ce qui se fait généralement ici. Allez écouter leur nouvel album, Rise of Icarus. Et surtout parce qu’ils ont une présence scénique qui, même sans une demoiselle, est solide. Daedalus s’est même permis quelques incursions dans la foule. Mention plus qu’honorable à leur guitariste de remplacement, Fred Bédard, qui n’était toutefois pas en terrain inconnu étant le producteur dudit album. Juste comme ça, je lui aurais imaginé un maquillage pour la tournée. Je trouve toujours que ça fait « Little League » de l’aréna du coin quand il y en a un qui n’a pas le même uniforme que le reste de l’équipe. Bon, les délais n’ont peut-être pas laissé le temps d’y penser ou peut-être était-ce une volonté commune de ne pas faire plus d’efforts pour une meilleure intégration étant donné que la situation n’est que temporaire. N’empêche… Je suis un peu vieux jeu là-dessus et je crois que le look d’un groupe l’emporte. Qu’auraient pensé les fans de GWAR si le remplaçant était monté sur scène non déguisé!!!? Enfin, certains argumenteront que ça n’a rien changé à la prestation, que Fred torche même sans maquillage. Je répondrai que oui c’est vrai mais je n’écoutais pas un cd, je regardais un spectacle.
Dr. Light: Deuxième entracte. Clope. Bière. Troisième groupe: Obscursis Romancia. En ce qui me concerne et ça n’enlève absolument rien aux trois autres groupes, c’est la pièce de résistance. Il faut dire que j’ai un faible pour les claviéristes qui torchent live. Leur son puissant et mélodique est tout simplement époustouflant. Malgré quelques petits problèmes techniques aux drums, c’est une prestation assez impeccable en même temps qu’incroyable que nous ont servi Obscursis Romancia. D’ailleurs, pendant cette intermède imprévu, Fred, le lead guitariste, s’est permis un petit solo spontané que j’ai croqué sur le vif en images. Ah oui, je ne vous ai pas dit qu’il y a un montage vidéo de la soirée à la fin du texte.
Les musiciens sont en délire total pendant leur performance et la foule idem. Un dynamisme exemplaire malgré le niveau technique relevé de chacun de leurs morceaux. J’en suis encore et toujours flabbergasté. Lex, t’as quelque chose à ajouter?
Lex: Finalement, je ne fais que t’approuver depuis le début et je poursuivrai dans la même veine car Obscurcis Romancia font partie de ces groupes qui m’ont accroché à un moment donné parce qu’ils faisaient, ici en terre québécoise, une musique que j’avais déjà connue via des groupes internationaux; dans leur cas, Cradle of Filth et Dimmu Borgir. La présence de Pascal aux claviers est définitivement un must dans ce groupe tant sa présence est captivante. Pas que les autres en donnent pas parce que c’est un groupe de vétérans dynamiques sur scène qui savent donner un spectacle -je resouligne le solo improvisé de Fred– mais il n’y a pas de doute qu’il y a du délire aux claviers. C’est aussi pour eux que le délire s’est installé dans la fosse et ça l’a été le vrai début des hostilités pour la foule qui était quand même assez statique jusqu’à présent.
J’appréciais aussi que la majorité de leurs pièces étaient en français sur leur éponyme de 2002. D’ailleurs, l’annonce par Francis, leur chanteur, qu’ils allaient nous jouer La sombre mélodie du barde noir, un incontournable à mon avis, me fait toujours plaisir tout comme ce fut le cas lors de leurs 2 autres spectacles auxquels j’ai assisté dernièrement, dont celui où le Doc les avait découvert en ma compagnie aux Foufounes Électriques.
Dr. Light: Troisième et dernier entracte. Fumer. Boire. De retour à l’avant-scène pour le début du set de Hollow, headliner de la soirée. Je suis toujours impressionné par les détails du maquillage des musiciens qui ne se limite pas au visage mais qui inclut le haut du corps au complet. C’est une œuvre d’art en soi au plan visuel. Au plan musical, Hollow poursuit dans la même veine que Obscursis Romancia excepté qu’il n’y a pas de claviériste ni de deuxième guitariste, ce qui n’enlève absolument rien à l’intensité et à la virtuosité de leur performance. À un certain moment, Eddy (Snow, le bassiste) se permet même une passe à la Michael Angelo Batio sur son manche (en alternant les accords de chaque côté du manche… regardez la vidéo vous allez comprendre, c’est à 28min:39sec.). Il faut dire que de plus en plus de guitaristes font ce mouvement aujourd’hui, mais de voir un bassiste s’exécuter, ça surprend et c’est beau à voir. Comme pour Daedalean Complex, des samplings servent en guise d’ambiance et de clavier. Autre élément commun à ces derniers, quelques clean vocals sont saupoudrés ici et là dans une sauce plutôt agressive et gutturale. Je suis amplement satisfait de l’ensemble. Et toi Lex?
Lex: Hollow, c’est de la bombe visuelle, c’est sûr. Félicitations à Bob « Skelton » Tremblay qui exécutait ces oeuvres d’art dans le tour camper de Hollow stationné sous l’Underworld (paradox again!!), compresseur installé dans la remorque arrière. Que d’organisations!! Je leur lève mon chapeau… euh, ma tuque!! Côté performance, c’est surtout entendre les cleans de Mott que j’attendais. Il y a 2 pièces où ceux-ci sont particulièrement présents sur leur nouvel album, Mordrake, à paraître en 2014 dont Snow, bassiste, m’a fait parvenir les pièces. J’étais donc à l’affût de ces pièces pour pouvoir comparer. Il possède une belle voix sur l’album et j’avais peur qu’elle soit trop arrangée mais non, je dois dire bravo à Mott car le gars sait chanter. Pour le reste, personne ne niera le talent indéniable de Cadaver à la guitare. Je trouve qu’il est peut-être un peu trop souvent en solos et riffs techniques mais de toute façon, c’est ce qui fait la particularité de leur musique dont la backtrack d’arrangements de claviers complète l’ensemble. Une performance qui montre encore une fois qu’ils sont eux aussi parmi les fortes présences de la scène québécoise.
On a eu une soirée qui tombait bien sous le thème de l’Alliance Infernale avec 4 groupes qui touchaient le black metal à leur façon: de pur et dur à la Black Empire au plus goth avec Daedalean Complex en passant par ses côtés symphoniques à la Obscurcis Romancia pour terminer par une attaque des putréfiés de Hollow et leur black deathisé symphonique. Une soirée où les yeux autant que les oreilles -et aussi l’estomac- en ont eu tout leur soûl.
En terminant, un merci spécial à Eddy de Hollow et Fred de Obscurcis Romancia qui nous ont permis d’avoir les accès et aussi un gros merci à tous les musiciens de chacun des groupes de cette soirée qui fut mémorable et agréable à bien des égards.
Dr Light et Lex
by Alex Deleon Cativo | Mar 6, 2014 | Articles Divers/Primeurs/Annonces, Critiques, Critiques de Shows

Credit: Metal En Imagenes
Brreee…changement de température assez drastique, moi qui s’était habitué à des températures aux alentours des 35°C. Reste que je suis assez content de me retrouver dans mes propres affaires et le jam avec mon band le jour même de mon retour m’a fait du bien!
J’ai passé 2 semaines (17 Février au 3 Mars) au El Salvador en Amérique Centrale à visiter ma famille ainsi que le pays. Mon cousin (Neto) en a profité pour me faire découvrir la scène metal locale du Salvador. Changement de programme par rapport à ce qui était prévu pour le festival initial, dû à une seconde ronde électorale qui est prévue le 9 mars, l’endroit où se tient les votes ne doivent pas être occupé 15 jours avant et après. Malheureusement (pour moi), la 19e édition du El Salvador Metalfest (l’affiche présentée plus bas) est reportée au 5 avril prochain. Malgré tout, l’organisateur, Rockers Morazan, a eu l’alternative de produire un plus petit festival avec des bands locaux le 2 mars (ça on n’a pas trouvé l’affiche). Ce qui me donna tout de même la chance de voir la culture métal Salvadorienne!

Le show est prévu pour 2p.m., ce qui me laisse le temps de préparer mes bagages avant le spectacle car mon retour se fait le lendemain. J’arrive sur les lieux accompagné de mon cousin (Neto), mon frère (Edgar), ma blonde (Ophe) vers 2h30.
A mon arrivée, une petite foule, tous vêtus de noir, avec un style plus oldschool/thrash metal, vêtus de cuir, studs, longues bottes, tendance encore plus années 80, boivent tranquillement leurs bières. Parmi eux, un seul intrus, un évangélique en train de protester contre la culture heavy metal en proclamant ses banales phrases saintes… mais personne ne semble lui porter attention. Nous nous dirigeons vers l’entrée, le prix, seulement 4$ par personne et on nous distribue des flyers des show a venir.
Une fois a l’intérieur, je me dirige vers la merch où beaucoup de t-shirts, de cd de Metallica, Iron Maiden sont en vente et étonnamment, des cassettes. La bière est plus que abordable! On parle ici de 1$ la bière et de 1.30$ la grosse (sans tip), quelle aubaine, ahaha!!
Mon cousin prend le temps de me présenter à l’organisateur de l’événement, un petit brin de jasette! Il m’explique la raison pourquoi le festival de la veille a dû être déplacé et m’avertit que le spectacle commencera lorsqu’il y aura plus de gens à l’intérieur du site. Quelques dizaines de minutes passent et le promoteur prend la parole sur le stage remerciant tous ceux qui sont présents de s’être déplacer, certains du Guatemala, d’autres de plus loin dans le Salvador et ceux du Canada!!!
Le 1er band à monter sur scène est Aurora (*le lien reverbnation proposé est en construction mais c’est le seul que nous avons trouvé) avec comme vocaliste une jeune femme et un second chanteur au clavier. À l’écoute des premières notes, j’associe leur style à Nightwish, mais on s’entend que le calibre est loin d’être à leur hauteur. Un son de mauvaise qualité, mais je m’y attendais. Nous sommes quand même dans un pays où la population n’a pas un revenu très élevé contrairement à nous, ainsi les équipements sont de moindre qualité. Tout de même je m’efforce de laisser ce détail de côté. Le groupe donne une bonne prestation et termine avec un cover de Therion que la foule semble apprécier ! (Voir vidéo)
Rebelion embarque ensuite sur scène. Plus de gens sont maintenant arrivés mais laissent l’avant-scène vide. Le band enchaîne leur musique l’une après les autres, un bon rock qui semble être connu par les fans. Le chanteur y va d’un vocal assez clair chantant en Espagnol. (voir vidéo)
Le 3e band est Soomdraw. A première vue, le groupe semblait avoir du potentiel, mais avec une intro en queue de poisson, on entend peu de distortion. Je porte moins d’attention à ce groupe. J’en profite pour aller me chercher quelques breuvages. J’paie la traite à tous ceux qui m’accompagnent pour seulement 4$. J’en reviens pas encore, ahahah‚ c’est pas à Québec que j’paierais des tournées de même.
A mon retour, le 4e band s’installent. A peine la première note de jouer que pour la première fois, je vois les karatemen à l’attaque. Ça m’a l’air prometteur. Repugnant Disorder y vont d’un Grindcore assez efficace. Ça me met le sourire dans face. Ayant déjà fait la première partie du groupe Suffocation auparavant, le band semble avoir leur crowd bien à eux. Malgré un son lamentable, le tout se replace après 2-3 tounes. Le moshpit lui ne s’arrête pas et me fait rire de la façon qu’ils pit. Vous pouvez voir des extraits vidéo dans le montage plus bas.
Quelques joint s’allument autour de moi et c’est ensuite à Hemisferium à rocker la place. Un peu plus roder que les groupes précédents, ils y vont avec un powermetal efficace. Ayant leur propre soundman, je peux davantage profiter de leur musique et des solos à répétition du lead guitariste!
Après ce band, on s’enligne lentement pour notre départ vers 18h30. Malgré qu’il reste quelques bands au programme, ma dernière soirée est déjà bookée! J’aurai au moins eu la chance d’avoir un aperçu de leur scène metal et ce fut un plaisir de le partager avec vous.
Voici les photos de l’événement par Metal En Imagenes en suivant ce lien.
Alex
by Dave Rouleau | Mar 5, 2014 | Photos Ondes Chocs
Voici les photos du show de Dance Laury Dance/Aly the Band/Angels Can Kill qui avait lieu le 1er mars 2014 à Place Nikitoutagan de Jonquière. Merci à Dave Maltais pour le bon travail et Alain Tremblay pour les accès, très apprécié. On vous rajoute aussi du stock afin de mieux connaître les bands!

Dance Laury Dance
Aly the Band
Angels Can Kill
by Maxime Lecavalier | Mar 5, 2014 | Chroniques, Entrevue
Felix « Fix » Latraverse est un artiste québécois très productif avec une façon thrash/punk d’aborder le black metal (Depravation et Hymen); gore/grind d’aborder le death metal (Koudkouto Dangorj), ou encore expérimental et psychédélique de disjoncter (Trisotist), le tout avec une touche d’humour et beaucoup d’originalité.

Voici quelques pièces pour vous familiariser avec ses divers projets dont I am my own path (and my path is God) de Koudkouto Dangorj et Angel’s reject de Délétère.
Et 2 textes pour ceux qui veulent en savoir plus après avoir lu l’entrevue.
Review du show Délétère, Aversion, MASS, Folk You le 13 juin 2013
Autre entrevue avec Fix datant de novembre 2010.
Mais c’est Neurasthene (son projet solo maintenant devenu un groupe à part entière) qui, en premier lieu, a capté mon attention.

1. Pour commencer, veux-tu parler de ton cheminement musical? Depuis quand t’intéresses-tu à la composition, quels ont été tes projets dans le passé?
Mon premier groupe de musique a été Hymen vers l’âge de 15 ans avec lequel j’ai eu la chance de partager la scène avec plusieurs groupes de renommée internationale dont SIGH (japon), KRISIUN (Brésil), et -du Québec évidemment- MARTYR et NECRONOMICON. J’ai eu d’autres projets death et black (Koudkouto Dangorj, Depravation et Blood Plot) avec des chums mais aucun album ou spectacle n’ont été produits avec ceux-ci.
2. Jusqu’à tout récemment, tu étais actif avec Délétère, projet de « crust black metal de soulons« . Quelques concerts, un démo intitulé White Crow. Dis-en plus sur l’évolution du projet et comment s’est passé l’enregistrement… pourquoi avez vous changé de nom?
C’est pas parce que la bouteille de Comet était finie qu’on s’est empêché d’aller enregistrer White Crow en juin 2012. En 2013, on a décidé de prendre un deuxième guitariste (Chtev). On travaille sur le prochain album. On commence à enregistrer bientôt. Malheureusement, un autre groupe nommé Délétère a débuté dans la ville de Québec et nous avons décidé de changer de nom même si nous existions avant l’autre Délétère car ce nom est libre de droit… alors nous avons décidé de reprendre le nom du projet perso que j’avais parti en 2008 soit NEURASTHENE.
3. As-tu un message à passer par ta musique? De quoi t’inspires-tu pour composer?
Il y a certainement un message dans les paroles mais nous voulons surtout faire une musique qui s’éloigne des artifices contemporains et reconstituer un certain revivalisme de l’idéologie des premiers groupes Black Metal des années 80, en parlant de sujets plus concrets de manière explicite et/ou poétique. Ces premiers groupes étaient constitués de véritables marginaux désespérés par l’avenir de notre société.
Je crois que le Christianisme est assez à terre et que la haine devrait être dirigée envers tout ce qui tente de subordonner l’humain: le gouvernement, TOUTES les religions, le contrôle mental par le biais des médias et la surconsommation. Au Québec, on a en ce moment beaucoup plus de problèmes avec l’islamisme et je trouve stupide les gens qui copient le mouvement Black Metal scandinave de « brûlage d’église » car pour ces pays nordiques, ces actions portaient une signification beaucoup plus éloquente que pour nous. Leurs actions étaient intimement en lien avec l’américanisation de l’Europe pendant les années 80 et le désir de retourner à leur vraie culture païenne polythéiste. Nous avons certainement eu des problèmes avec le Christianisme… mais haïssons donc TOUTES les religions également à la place de taper sur ceux qui sont déjà affaiblis!!!
Le Black Metal et ses adeptes ont souvent peur de provoquer en allant plus loin et préfèrent de loin s’attaquer aux plus faibles et n’iront pas s’attaquer au gouvernement pour ne pas avoir l’air « punk » ou bien ils n’iront pas haïr d’autres religions que la leur pour ne pas avoir l’air raciste, mais à mes yeux, haïr uniquement le Christianisme, c’est un manque de conscience sociale et ça fait preuve d’un manque de créativité car c’est de copier les groupes Européens de Black Metal. Entendons nous bien que je parle d’idéologie et non pas d’apparence… je suis juste tanné d’entendre des gens dire : « nous ne sommes pas vraiment satanistes » ou des athées dire qu’ils croient en Satan. Quand j’entends ça, je trouve que ça fait « wanna be« .
4. Donc Neurasthene aura un esprit de révolte contre l’establishement religieux, politique et financier?
En fait, je ne pense pas nécessairement aborder le sujet dans les paroles, mais c’est ce que je pense. Qu’on le veuille ou non, ça se reflète dans la musique.
Ou plutôt, le fait de ne pas aborder le satanisme ou le thème anti-chrétien se justifie par l’abandon de ce dit thème afin de ne pas faire comme tous les autres bands…
5. Mais le nouveau Neurasthene va continuer sur les bases de Délétère? J’imagine que vous allez reprendre des tounes?
En fait, je trip sur la défonce de Délétère mais je ne sais pas trop de quoi ça parle!
Ça parle de la nature humaine en générale, de la dégénérescence. Je fais affaire avec des paroliers parfois.
6. Veux-tu me parler un peu plus de ces groupes fondateurs du Black Metal des années 80, de ce que tu perçois de leur révolte et de comment ils t’influencent. Non pas pour partir un débat anthropologique, mais plutôt de ton point de vue personnel? Et aussi, de comment tu perçois le satanisme qui est avant tout lié au cheminement propre à chaque individu?
Pour les bands, je pensais à Hellhammer, Death SS, Venom, Bathory et Mayhem. Ils m’influencent car eux n’étaient pas influencés. Le problème, c’est qu’à toutes les fois qu’un style musical nait, l’entertainment américain se l’approprie. On transforme la mini révolution que veut amener le style et on l’adoucit avec une sauce populaire.
Ça fait ça depuis le début du Tin Pan Alley, les grandes compagnies américaines juives réussissent toujours à renverser le mouvement révolutionnaire.
On l’a vécu avec les hippies, on l’a vécu avec les punks.
Le satanisme s’est transformé en mode et aujourd’hui, il y a des pentacles dans les clips de chanteuses pop etc (tel Kei$ha, You gonna die young).
L’entertainement s’est approprié le satanisme.
Le satanisme, à la base c’est »tu es ton propre dieu », mais là, le concept est utilisé pour rendre les gens idiots…
Quand j’écoute les premières tounes de black metal des groupes que j’ai nommés plus haut, ça me donne un feeling que je n’ai pas avec d’autres. J’écoute souvent les nouveaux trucs qui sortent mais l’âme du Black Metal n’y est pas ou du moins, l’âme selon ma définition.
Akitsa et Vordr font partie des rares bands qui l’ont encore.
La grosse différence, c’est le feeling que la musique donne. Le nouveau Black Metal (DSBM) a tendance à soutirer ton énergie
tandis que le vieux t’en donne; juste au point de vue des lyrics ou du groove.
Quand tu compare, avant c’était comme « hey on va tuer les douchebags pis lets go, on met des bottes à cap ». Maintenant, le message du nouveau Black Metal, c’est comme « Ah je suis tellement sombre, je met un chandail fishnet« .
Dead (de Mayhem) s’est suicidé parce que cet esprit là est mort.
C’est mon point de vue sur la vague plus depressive du Black Metal. Je pense qu’il y a moyen de faire du Black Metal sans tomber dans l’apitoiement et la dévalorisation!
6. Mais il y a tout de même une certaine beauté dans le DSBM. D’en parler peut faire une catharcis. Ceux qui se sentent rejetés par la société ont tendance à vouloir tout détruire, d’autres à vouloir se détruire…
Tout à fait!
J’ai été influencé par cette vague mais je ne publierai jamais de chansons officielles de ce que ça a donné. Je préfère sortir des chansons qui brassent un peu plus.
Je viens d’en ré-écouter plusieurs et justement je me disait: Merde, ça donne tellement envie de se tirer une balle, par prudence je suis mieux de garder ça dans l’ordi.
L’album que je t’avais envoyé en 2008 par contre est bien dosé à ce niveau! C’est pas trop smooth.
7. Je sais que l’histoire t’intéresse. Quelle est la vision à travers ton art qui se rattache à ta vision du monde moderne? Est-ce qu’une époque de notre histoire te fascine?
Aucune époque en particulier, elles me dégoutent toutes également.
Par rapport à ma vision sur mon art, je fais seulement ce qui me plait et je me fous bien de tout le reste. Je ne recherche aucunement la reconnaissance de qui que ce soit. Dans ce sens, je contredit l’esprit d’acceptation qui règne chez tout artiste qui désire être aimé par le grand public, constituant ainsi une certaine vision du monde moderne. En général, je n’aime pas ce que les gens aiment musicalement…je recherche l’authenticité et l’originalité.
8. Le black metal puise ses racines dans la noirceur, l’occultisme et le blasphème. As-tu une vision spirituelle qui s’imprime dans ton art?
Tout à fait, je mets mes pensées dans ma musique… c’est par ce moyen que je m’exprime.
9. Veux-tu parler de Koudkoto Dangorj? Et Depravation?
Koudkouto Dangorj prépare un nouvel album. Depravation n’existe plus depuis environ 3 ans.
10. Un nouvel album avec Koudkouto Dangorj, encore avec Lord Crucifyx?
Quand mon lapin va mourir, on va faire un album vu que l’autre album, c’était quand mon chat est mort, Black on l’trouve pu.
Ca va être avec Lord Crucifyx, qui chante maintenant dans Endless Rebirth.
11. Que penses-tu de l’humanité?
Nous sommes constitué d’eau…. cette eau a, qu’on le veuille ou non, déjà passé par un rectum. Human Being= 70% rectum + 30% Shit!
12. Donc, selon toi l’humanité a-t-elle encore une chance de s’épanouir ou si elle est déjà condamnée?
Aucune chance, elle est condamnée… chaque jour est un recommencement: on est des grosses machines à marde!
13. Quels sont tes projets pour le futur?
Je joue dans Haeres et Aborgnon, deux autres groupes de Black Metal de la ville de Québec et j’aimerais faire beaucoup de spectacles avec ces deux groupes ainsi que Neurasthene… je m’ennuie beaucoup de faire des shows.
Neurasthene jouera pour le Black Metal Origines IV, vendredi, 28 Mars 2014 à Montréal;
samedi, 29 Mars 2014 à Québec.
by Dave Rouleau | Mar 5, 2014 | Photos Ondes Chocs
Voici les photos du show de Between the Buried and Me/Deafheaven/Intronaut/The Kindred qui avait lieu le 27 février 2014 à l’Impérial de Québec, une présentation de District 7 Production, que l’on remercie d’ailleurs pour les accès. Le travail de Stéphane Demers est encore en vedette ci-dessous (si vous le voyez, vous y demanderez si il a hâte d’avoir sa nouvelle lentille!) et j’en profite pour vous offrir quelques liens intéressants afin de connaître les bands si ce n’est pas déjà fait.
Voici aussi la critique audio du show:

Between the Buried and Me
Deafheaven
Intronaut
The Kindred
The Kindred était anciennement appelé Today I Caught the Plague et ils sont un produit canadien (Ottawa)! Voici leur explication pour le changement de nom et aussi un extrait de leur nouvel album sorti le 25 février 2014.
After 5 years of touring and creating music under Today I Caught the Plague, we have collectively decided it’s time to move on. This is a choice we’ve made as a group and is definitely one we had some difficulty making, although we are happy we made it. There have been no changes to members and no plans to stray away from our style of writing and performing music. We are still the same people, with the same creative ideas and aspects that have led you to believe in our music over the last 5 years. We will now, and for the rest of time, be known as…THE KINDRED.
by Dominic Simard | Mar 5, 2014 | Critiques d'Albums

Inward / Outward
Mire
Date de sortie: 18 mars, 2014
Self-Release
Believe Digital
C’est après un énorme travail chirurgical que le groupe MIRE nous offre l’album Inward / Outward muni d’une qualité sonore exceptionnellement réussie.
L’album de quarante et une minutes nous expédie vers un univers aérien viscéralement énergique. On constate évidement les similitudes avec Tool et A Perfect Circle qui sont souvent très flagrantes. Les mélodies, les accords, les feedback et les effets de guitare sont presque identiques que ceux d’Adam Jones. Les liens avec l’univers des projets de Maynard James Keenan se retrouvent aussi dans les jeux et les effets de la basse, dans la technique du batteur et aussi dans les ambiances comme dans leur pièce Upheaval et de Convolution avec des bruits stridents de porte grinçante, de vent, de bruits industriels en même temps que des respirations de masque à gaz et des planchers qui craquent. La structure de la première partie de l’album Inward / Outward est très influencée par le début de 10 000 Days, le plus récent album de Tool.
L’angoisse et l’agressivité sont très présents au cours de l’écoute. Avec ces touches prog/métal hypnotisantes, les gars nous amènent dans un voyage spatial et dans un ensemble de différentes émotions. Les mélodies de piano sont toujours bien reçues, particulièrement dans Open Circle qui fait agréablement frissonner. On y sent bien la recherche, la symbiose entre les évolutions d’accords, les mélodies de basse, l’intensité des percussions et la puissance du chant de J.P. Lachapelle. Les ambiances atmosphériques et introspectives font penser parfois à l’énergie que dégage la nouvelle vague de métal de Russian Circle, God is an Astronaut, Isis, Explosions in the Sky etc.
“We created this with our guts and have dared to explore a less common style of metal where the music is less obvious and sometimes requires the individual to have more than one listen before being able to grasp and really appreciate every musical element,” dit Dave Massicotte à propos de l’album.
Bref, il n’est qu’agréable de voir que ce style de musique soit exploité au Québec. Les gars étaient de passage à Québec cet été au Dagobert et espérons qu’ils vont revenir bientôt nous voir.
Vous pouvez regarder leur vidéo clip Limitless Pt. 2 au ou écouter les extraits de leur album ci-dessous.
7/10
Dominic Simard