Critique d’Album: Artificial Brain – « Labyrinth Constellation »

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Artificial Brain

« Labyrinth Constellation« 

Profound Lore Records

2014

 

Extrême, sombre et lugubre sont là les premier mots qui me sont venus à l’esprit quand j’ai écouté pour la première fois ce petit bijou. Signés sous Profond Lore Records, Artificial Brain nous ont offert cette année leur premier full-length nommé « Labyrinth Constellation« . Initiative du guitariste Dan Gargiulo (Revocation) et du vocaliste Will Smith (ex-Biolich), ils ont su façonner avec brio une symbiose parfaite entre le death métal, le black métal et le métal chaotique.

« Labyrinth Constellation » évolue au travers d’une sonorité et d’une atmosphère désenchantée, malsaine et chaotique. Ce qui m’a le plus heurté et cela sans aucun équivoque, c’est la couleur et l’énergie que l’album dégage! Il est doté d’un son cru, organique, regorgeant de relief et de dynamisme. Une sonorité que certaines personnes diront similaire aux groupes Ulcerate ou Gorguts. En même temps, il est bondé de mélodies et d’arrangements qui poussent l’auditeur dans un état second. Un état qui pour ma part était planant, pensif et serein. Spécialement dans « Hormone’s Echoe« , longue de 6 minutes et trente sept secondes, elle instaure une paix intérieure et une espèce de nostalgie chaleureuse. Totalement à l’opposé dynamique de « Hormone’s Echoe« , il y a « Bastard Planet« . Probablement la chanson la plus brutale de l’album, il y règne en son sein un chaos organisé de blastbeat et d’acrobatie musicale.

Un autre point qui m’a aiguillonné sont les efforts fait autour des instruments. Dès le début, j’ai été fasciné par la sonorité live et acoustique de la batterie. Une sonorité qui accentue et amplifie l’atmosphère sombre et unique de l’album. Manifestement Keith Abrami (batteur actuel) n’y est pas allé par quatre chemins pour nous démontrer son savoir faire! Avec une approche death très prononcée, il explose le mix à l’aide d’une grosse caisse écrasante et d’un caisse claire agressive. Il a su me faire voyager d’un bout à l’autre de l’album au travers de blastbeat, de grind et de groove assez singulier! Pour finir, j’avoue sans honte avoir été charmé par son style de jeu.

Poursuivons avec la basse et les guitares. La basse, pour sa part, reste plutôt discrète. Malgré tout, elle fait ce qu’une basse doit faire. Sans excès, elle crée en collaboration avec la batterie un plancher solide comme le roc qui a l’effet d’un ouragan dans la tête de celui qui écoute. Les guitares de leur côté, sont imbibées de riffs techniques et brutaux qui épousent merveilleusement bien les courbes cassées d’accords cinglants, de mélodies vaporeuses et dissonantes. La majeure partie de ces mélodies reste très simple mais si efficace. Elles tournent et tournent sans cesse dans la tête comme une comptine macabre de film d’horreur. Notamment dans la pièce « Moon Funeral » où elle est à la fois funeste et mordante. Guidée par un jeu de batterie groove et pesant, elle se fraie un passage direct vers l’âme de quiconque.

N’oublions pas les vocaux! Dans l’ensemble, ils restent très bien fait! Ils sont un heureux mélange de voix désincarnés venues d’outre-tombe, de chants gutturaux très graves et de cris aigus et plaintifs. Il y a aussi, à plusieurs moments, des passages travaillés avec des effets plutôt discrets mais très efficaces. En général, je ne suis pas un fanatique d’effets rajoutés mais dans le cas de « Labyrinth Constellation« , elles rajoutent un relief  intéressant. Malgré tout ceci, il y aurait juste un petit bémol en lien avec le vocal. Il est peut-être un peu trop en retrait selon moi. Il fait plus office d’instrument secondaire que de vocal. Ils ont peut-être laissé un peu trop de place aux instruments.

Pour conclure, « Labyrinth Constellation » a été pour moi une écoute vraiment rafraîchissante. Différent des albums metal surproduits sortis cette année, il est imparfait et vivant. C’est pourquoi je lui donne un 9 sur 10!

Olivier Bourgeois

Critique d’album: Witch Mountain – « Mobile of Angels »

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Witch Mountain

« Mobile of Angels« 

2014

87%

*An english version follow the french text

 

Embarquons dans la Witchmobile!

 

Suite à leur superbe troisième album intitulé « Cauldron of the Wild », le quartet de Portland, Oregon récidive avec leur nouvel album. Malgré que je considère que « Mobile of Angels » n’est pas aussi fort que son prédécesseur (qui était un de mes albums fétiches de 2012), cet album reste néanmoins un opus de qualité d’un des bands doom métal les plus pertinents de sa génération.

D’une façon, cet album ne semble pas autant enraciné dans le traditionalisme qu’auparavant. Pas que Witch Mountain n’ait jamais été un groupe recelant de l’originalité, loin de là, ils en ont toujours eu leur lot, mais je sens qu’ils ont atteint le sommet de leur développement ici. La particularité principale des Américains reste leur chanteuse, la magnifique Uta Plotkin enchaîne nous offrent encore une fois des cadeaux vocaux, une vraie Mère Noël de tout ce qui est lent et ténébreux. J’ai déjà dit qu’elle était une des meilleures voix du métal dans ma critique précédente et mon opinion est inchangée, sa livraison orale est d’une puissance pure et inégalée et est nourrie de blues (penser à Janis Joplin ici) d’une profondeur immense et elle brille presque partout. Je vais admettre que je ne suis pas le gros fan de ses vocales harsh (seulemement sur une chanson, « Can’t Settle« , mais c’est probablement parce qu’on ne peut entendre sa merveilleuse voix claire pendant ce moment, car objectivement sa voix plus extrême passe le test. Il y a toujours de la beauté dans l’obscurité et la colère.

Je fus dévasté (d’accord, peut-être pas, mais j’aime les hyperboles) lorsqu’il ont annoncé le départ de Plotkin après leur tournée nord-américaine en compagnie de Nik Turner’s Hawkwind (à voir à Montréal en compagnie de nos héros doom locaux Cauchemar). Bien qu’elle n’était pas une membre fondatrice du groupe, elle a été selon moi l’esprit enchanteur de montagne de la sorcière depuis leur retour en 2011 avec « South of Salem« . Selon moi, c’est elle qui rendait la musique du band reconnaissable et qui poussait leurs frontières créatives vers leur paroxysme. Je ne sais pas comment cette perte sera comblée, s’il existait quelqu’un d’irremplaçable dans le doom, c’était bien Uta. Elle va nécessairement se concentrer sur Aranya, son projet expérimental, donc tout n’est pas perdu!

Les guitares de Rob Wrong sont pesantes en pépère et possèdent la dose parfaite de distorsion bluesy pour entailler le bouclier de Steve Rogers d’une façon ultra Américaine. Je prévois qu’il va peut-être retourner au micro, car il chantait avant l’arrivée d’Uta et ses vocaux n’étaient pas mal du tout. Bien que la subtilité n’est pas un de leur point fort, les solos de Wrong sont bien souvent empreints d’une sonorité improvisé (et c’est pas mal plaisant); il est quand même capable d’impressionner avec sa retenue à plusieurs endroits comme la touchante pièce « The Shape Truth Takes » et ses moments calmes. La section rythmique de Nathan Carson (un important promoteur et agent d’artistes, un gars pas mal cool overall) et Charles Thomas (le bassiste du trio doom/stoner Blackwitch Pudding, à découvrir simplement pour leur nom cocasse) fonctionne bien malgré qu’elle n’attire pas l’attention. Je dirais que c’est la faute au mix de l’album qui est si bien fait qu’il est difficile de discerner des éléments précis de ce spécimen. Les musiciens se complémentent bien et créent un tout cohérent.

L’album est un peu trop court selon moi surtout que c’est le dernier moment avec Uta. Je voulais au moins une cinquantaine de minutes de bon stuff! « Mobile of Angels » est composé de longues pièces (7 à 10 minutes) exception faite de la chanson titre qui est une sorte d’interlude expérimental et doux qui m’a rappelé le duo québécois Menace Ruine. L’album commence et termine avec ses deux meilleures chansons, mais je crois que les trois au milieu sont relativement plus faibles. « Psycho Animundi » possède une section calme vraiment géniale et démontre tout ce que le band est capable de faire du haut de ses 9 minutes. Malheureusement la plus longue chanson de l’album « Your Corrupt Ways » est quand même ennuyeuse et traîne en longueur, elle n’est pas aussi bonne que la chanson « Aurelia » sur l’album précédent. « Mobile of Angels » souffre du fait qu’il n’a pas de gros morceaux catchy comme « Wing of the Lord » ou « Shelter« , mais il explore d’autres sensibilités et il est plus sombre et introspectif.

Finalement, c’est une bonne fin pour l’ère Uta Plotkin de Witch Mountain même si je souhaitais que l’album aie plus de contenu, c’est quand même mince, deux chansons de plus m’auraient rassasié et aurait pu démontrer l’entièreté de leur personnalité. Malgré que mon appétit n’est pas entièrement comblée, le niveau de composition de l’album place le groupe dans les hautes sphères du doom. Je ne sais pas trop quoi l’avenir leur réserve, c’est à voir!

 

 

ENGLISH VERSION

 

Witch MountainMobile of Angels (2014) / 87%

 

To the witchmobile!

 

Following their superb 2012 album « Cauldron of the Wild« , the Portland, Oregon fourtet comes back with this new album and while it’s a bit of a letdown compared to their previous opus (one of my favorite albums of 2012), it’s still a high quality album from one of the most pertinent doom band of the their generation.

In a way, « Mobile of Angels » doesn’t seem to be as rooted in traditionalism as their previous one was. Not that the band didn’t have its own originality beforehand, of course, since they had plenty but I feel the band really developed their sound to its peak on this album. The main idiosyncrasy is their singer, Uta Plotkin is once again delivering all the goods, she’s even better than Santa Claus at her job. I already said that she’s the best singer in metal in my previous review and I stand by my word, her powerful vocals are equally bluesy and profound and she shines literally everywhere. I’ll admit I’m not a big fan of her harsh vocals (only on one song, « Can’t Settle« ) but that’s because we can’t hear her beautiful cleans while she’s doing them! I guess there’s beauty in darkness and anger.

I was pretty much devastated (okay, maybe not but I like hyperboles) when they announced Uta‘s departure from the band after their current North American tour with Nik Turner’s Hawkwind (at least I’ll get to see them for the third time.) Even though she wasn’t a founding member of Witch Mountain, for me she’s been the spiritual core of it since their return with « South of Salem » in 2011. She’s what made the band truly distinguishable and pushed their boundaries to their maximum capabilities. I have no idea how’s the band to cope with this loss. In my opinion if there’s currently someone in doom metal who is irreplaceable, it was her. I guess she’ll concentrate her efforts on the excellent experimental project Aranya so everything isn’t lost!

The guitars of Rob Wrong are heavy and they possess the right amount of bluesy distortion force to dent Steve Rogers’ shield in the purest American tradition. I also expect him to return to the microphone as his vocals weren’t bad at all on their debut album already more than a decade ago. Even if subtlety isn’t the band’s strong suit, I mean his solos are basically blues improvisation (and that’s obviously awesome), he still managed to impress with his restraint on the extremely touching « The Shape Truth Takes« . The rhythm section of Nathan Carson (who’s also an important promoter and all around cool dude) and newcomer Charles Thomas (coming from the cool stoner/doom band Blackwitch Pudding) is effective while not flashy. Don’t get me wrong they’re noticeable enough but I think the album is so rightfully mixed that it’s easier to see it as whole and hard to dissect like a rare specimen.

The album is a bit too short for my taste especially if it’s Uta‘s last moment with the Mountain, I wanted at least fifty minutes of goodness! It’s composed of long songs (seven to ten minutes) except the title track which is some sort of experimental soft interlude. The album starts and ends with its two best songs but I think the three in the middle are a bit weaker. « Psycho Animundi » has a very impressive calm part, super heavy riffs and the wailing vocals of Uta, pretty much everything that made the band a good one. Unfortunately, the longest track « Your Corrupt Ways » is kind of boring and drags, it’s not as good as « Aurelia » on the previous album. « Mobile of Angels » doesn’t have huge catchy numbers like « Wing of the Lord » or « Shelter« , it’s exploring other forms of sensibilities and it’s darker and brooding.

All in all, it’s a good end for the Plotkin‘s era of Witch Mountain but I wish the album had more content to offer, it feels pretty slim in my opinion, two more songs would had been ideal for me. Perhaps to showcase all the abilities the band has been known to have. Even though my appetite is still there, this album still shows a level of quality songwriting that puts them in the higher echelons in the doom metal world.

Antoine Richard

Critique d’album: Black Pestilence – « In defiance »

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Black Pestilence

« In Defiance« 

2013

 

Adding new Ingredients to an Already Classic Recipe!

Emerging from the unlikely place of Calgary Alberta, Canada, a region best known for its conservative politics and popular Country music, BLACK PESTILENCE reveal a staunch foot in both the Black Metal and Punk genres. Shooting from the hip, the threesome have already penned a steady flow of recordings since 2009’s “Vice” and show no signs of “slowing down”, having released a split with Villainizer earlier this year in May, a rapid follow up to the album I’m gonna talk to you about.

Last year’s “In Defiance” marks the band’s third full length and commitment to the Dark One while raising awareness about social injustice. Of course, blending the likes of Black Metal and Punk isn’t new. TOXIC HOLOCAUST, SCUM and SHITFUCKER have all experimented with such angles. But, what set BLACK PESTILENCE apart are the subtle inclusions of Industrial, orchestration and Crossover. Sure, “Vicious Life”, “Toxic Underground” and “Engulfed by Sin” all harbor strong affinities towards a DIY attitude and “stick it to the Man” but other cuts like “Uprising”, for instance, offer something more. Here, the juxtaposition of darker hues is combined with grand cinematic flourishes that elevate the song to higher pastures! The keys also rear their “ugly heads” on “Serpentine Power” but they’re used sporadically and don’t take away from the overall potency of the song.

With a clear production that’s somewhat questionable for this style, “In Defiance” is a satisfying listen, especially if one is in the market for a “BELPHEGOR meets THE RAMONES”! Upon an initial spin, vocalist Valax comes across between the raspy vomit of Jeff Walker (era Heartwork) and MARDUK’s ex-vocalist, Legion, especially on album closer, “Greed For Greed”, yet another soulful number that charms the listener with a nice mid-way break of atmosphere and tremolo guitar picking.

If BLACK PESTILENCE continue down this path adding their own take to the already tread path of others, more and more people WILL take notice!

Standout Tracks: “Uprising”, “Serpentine Power”, “Greed For Greed

8.5/10

Chris

 

 

Les « Elles » du Métal

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StOrk

« Broken Pieces« 

MUSO Entertainment

2014

 

Trente-cinq ans, c’est incroyablement jeune pour partir. C’est hélas ce qui est arrivé le 15 avril dernier alors que le guitariste Shane Gibson, que certains fans ont connu avec Korn, s’est éteint des suites de complications en raison d’un caillot sanguin. Désagréable aléa du destin, Gibson n’aura pas eu le temps de voir paraître « Broken Pieces« , deuxième album du groupe métal/progressif StOrk qui est apparu sur les tablettes une dizaine de jours plus tard. C’est donc avec cet événement tragique en tête qu’on tend l’oreille à ce qui s’est transformé, en quelque sorte, en testament musical.

Toutefois, soyons clairs, StOrk c’était plus que Shane Gibson. Pour ce projet il était accompagné de musiciens de haut calibre : le batteur Thomas Lang qui a travaillé avec une kyrielles d’artistes – nommons Robert Fripp, Paul Gilbert, Glenn Hughes et le Vienna Art Orchestra en particulier – et le bassiste Kelly T. LeMieux qui a entre autres travaillé avec le même Gilbert et également Dave Mustaine. Alors que le premier album du groupe était totalement instrumental, ce deuxième [et dernier?] essai voit l’entrée en scène de la chanteuse VK Lynne (Vita Nova, From Light Rose the Angels). Au menu? Des prouesses musicales formidables, de l’excentricité et une bonne dose de sonorités inhabituelles, mélangeant dissonance et fusion des composantes.

J’aime bien avoir tapé spontanément le mot «fusion», preuve que parfois les doigts sur le clavier ne font tout simplement que suivre les oreilles. En effet, même si j’ai accolé une étiquette au groupe dans mon introduction, celle-là tient à bien peu et ne peut servir que de mince base pour décrire StOrk, dont le son se situe aux carrefours de multiples genres. La pièce « StOrk »  nous accueille lourdement, la guitare de Gibson étant placée bien en avant, et nous découvrons ainsi le talent du regretté musicien, capable de briller autant sur l’aspect technique que sur l’aspect sonore. La différence par rapport au premier album instrumental se fait aussi rapidement sentir, VK Lynne démontrant de nouveau sa grande versatilité vocale, capable de chanter dans les tous les registres.

Ensuite vient « Pillow Person » qui, encore tout en lourdeur, s’aventure sur un terrain plus psychédélique, avec un son de guitare grinçant et une rythmique omniprésente. Thomas Lang est littéralement étourdissant derrière les fûts, non seulement en raison de sa grande dextérité, mais surtout en raison de sa grande inventivité, amenant les mélodies à un autre niveau en ne faisant pas que les supporter, mais bien en les enrichissant. La pièce « Bat« , quant à elle, prend une tournure surprenante; s’amorçant sur une douce introduction nous suggérant que l’on aura affaire à une chanson plus mélodique – l’un des créneaux privilégiés de la chanteuse -, on se retrouve rapidement à flirter avec le progressif moderne, plus particulièrement avec les œuvres de la période 1995-2003 de King Crimson ou avec une basse qui pourra évoquer Primus, où LeMieux démontre que la solide rythmique n’est pas seulement l’affaire de son collègue tenant les baguettes.

Si « Heretic » continue dans cette veine lourde, on peut relaxer un brin grâce à « Paper Angels« , chanson plus planante et mélodique. On peut cette fois porter notre attention davantage sur la mélodie que sur la démonstration technique, nous renforçant dans notre certitude de côtoyer plusieurs genres à la fois. Nous revenons rapidement en territoire connu avec « Chainsaw Serenade« , personnellement ma pièce préférée du disque, qui place toute la force des musiciens en avant, la batterie s’y faisant étourdissante, la guitare et la basse venant bien supporter le travail de Lang qui transporte la chanson avec ses changements de rythme, bien en phase avec le chant de VK Lynne qui prend ici des accents plus saccadés et rageurs, elle qui démontre encore une fois qu’elle est littéralement une chanteuse «caméléon», pouvant exceller dans tous les registres.

Question d’apporter encore plus de couleurs à l’ensemble, Shane Gibson apporte même sa contribution au chant, faisant amende honorable en apportant une touche plus agressive à « Delusional« , les chants féminin et masculin se complétant plutôt bien. Gibson fait presque cavalier seul derrière le micro sur « Given Away » où il chante de manière plus posée, bien supporté par VK qui se contente de renforcer son compère en apportant sa voix discrètement en renfort. Le guitariste s’illustre ensuite de manière brillante sur « Mine« , où il utilise encore une fois son instrument de manière colorée, parfois à la manière de Tom Morello de Rage Against the Machine. C’est toutefois sur le brillant exercice de style qu’est « U » que le disparu nous réserve ses plus belles envolées; cette courte pièce instrumentale se révèle être une habile démonstration technique, à la fois intense et relaxante, qui fera le délice de tout amateur de guitare, peu importe ses allégeances musicales.

Si « Overflow » poursuit dans la veine plus calme apportée par « U« , « How Old are You » nous ramène en univers connu, c’est-à-dire en mettant à l’avant une guitare lourde, une section rythmique étourdissante comme toujours, et en venant encore une fois nous rappeler la brillante idée qu’ont eu les leaders Lang et Gibson de s’adjoindre les services d’une chanteuse qui amène sans l’ombre d’un doute la musique à un autre niveau tout en brisant l’impression de vide qui peut s’installer à la longue sur un album totalement instrumental. Surprenamment, « Broken Pieces » est fermé de manière quasi-acoustique par la pièce-titre, ce qui contraste fortement avec le contenu offert sur le reste de l’album.

À mesurer les mérites de tous les membres du groupe, on peut mettre en exergue le fait que StOrk est une réunion d’individus possédant une grande expertise dans leurs champs respectifs. Toutefois, rien ne garanti qu’une réunion de grands musiciens sera toujours fructueuse en raison parfois de conflits d’ego ou de mauvaise entente artistique. Ce n’est pas le cas ici, alors qu’on peut percevoir au contraire que les pièces du casse-tête s’imbriquent parfaitement, faisant de « Broken Pieces » un album solide et bien structuré, riche en rebondissements.

En conclusion, j’ajouterais que, déjà un événement tragique en soi, le décès de Gibson pourrait également entraîner des dommages collatéraux c’est-à-dire provoquer le démantèlement de la formation. En effet, la chanteuse VK Lynne, évoquant que ce dernier était l’esprit derrière le groupe, a décidé de quitter le bateau avant le début de l’été. Que feront les membres qui restent? Pour l’instant, les mises à jour se poursuivent sur les réseaux sociaux et la page web officielle du groupe, laissant planer un espoir qu’il y a peut-être un futur pour StOrk

Stéphan

 

 

 

Critique d’Album: Horrendous – « Ecdysis »

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Horrendous

 « Ecdysis« 

Dark Descent Records

(2014) 

Note: 97%
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L’apex du death metal en 2014…

 

Malgré que j’avais apprécié le début « The Chills«  du trio Américain (côte est), il manquait un petit quelque chose pour les distinguer de la vague impressionnante de bands s’inspirant du death metal old school. Avec leur deuxième long jeu, un tour de force génial, ils vont se positionner sur la carte métal mondiale ou du moins, gagner une dose de respect incommensurable.

Le côté thrash d’Horrendous a essentiellement disparu pour laisser la place à une grosse dose de death métal mélodique Suédois (penser ici à « The Gallery » de Dark Tranquillity ou au vieil At the Gates) avec les solos de guitares émotionnelles, mais complexes et les vocaux grognés, profonds, mais agréables. Oui, leur son est relativement plus accessible, mais ce n’est pas une stratégie marketing frauduleuse pour gober les supporteurs d’Arch Enemy, c’est simplement un son plus distingué qui s’apparente, encore une fois, aux progressions psychédéliques des deux ténors modernes de Suède que sont Tribulation et Morbus Chron.

Donc, oui un album de death progressif autant psychédélique pourrait faire peur à certains puristes du genre, mais je considère que la nouvelle formule a subit un choc transitionnelle en douceur. On pouvait déjà entendre quelques tendances de démarcation sur leur premier opus, mais ils sont relevées au grand jour ici. Élaborons sur les ingrédients qu’ils nous ont dénicher pour nous cuisiner « Ecdysis » (terme signifiant la mue des insectes, crustacés ou arachnides). Pas vraiment appétissant en fin de compte, désolé pour cette métaphore!

Premièrement, le maigre ajout de voix claires hypnotiques (écouter «Nepenthe») ajoute un côté formidable et c’est définitivement un aspect que le groupe aurait intérêt à développer! Cela m’a même semblé inspiré de la mode rock occulte de la dernière décennie. 99% du temps, les vocaux sont des vocaux death primitif (voir Morbid Angel ou Deceased) qui fessent.

Deuxièmement, les compositions recèlent (en plus de l’influence de Göteborg) des touches (presque) fusion à la « Focus«  de Cynic ou d’Atheist, les deux géants Américains qui ont fait les beaux jours du death progressif des années quatre-vingt-dix sont bien présents! Écouter «Pavor Nocturnus» pour entendre ces riffs à la Paul Masvidal d’antan!).

Troisièmement, nous avons deux interludes instrumentaux venant décontenancer l’auditeur et tenant leur rôle de havre de paix entre les moments plus robustes de l’album. La première «The Vermillion» rappelle Opeth (se souvenir de «Requiem» et «Patterns in the Ivy») et la deuxième «When the Walls fell» est sensiblement une pièce heavy métal traditionnel ornée d’un solo juteux.

Toutefois, n’ayez crainte, c’est encore du métal extrême que nous offre les Américains. Les tempos peuvent être très rapides, mais Horrendous n’a pas peur de ralentir et offre des gros riffs pesants (voir «Resonator».) C’est encore un groupe qui a un noyau death métal très solide et l’évolution qu’il a subi n’a pas encore réussi à en édulcorer l’essence au maximum. Selon moi, ils ont ajouté suffisamment de nouvelles influences pour créer un album presque parfait.

C’est du matériel de haut calibre et d’une rare fraîcheur qui deviendra sans nul doute un classique du genre dans la décennie à venir, comme la plupart des albums sortis par l’excellent label Dark Descent Records qui ne fait que choisir le meilleur du death et du black métal ces temps-ci. L’album d’une durée de 43 minutes (durée optimale pour un album death métal) contient son lot de chansons mémorables, mais notons «The Stranger» qui ouvre le bal et qui pourrait presque être considéré comme death/doom. La production est judicieuse, la basse et la batterie sont subtiles, mais poignantes et les guitares alternent entre fruitées, claires et vicieuses et viscérales.

Un album essentiel et une énorme surprise pour 2014 qui est sans nul doute une année digne de Satan avec la sortie d’excellent album death métal par Teitanblood, Domains et Incantation.

 

 

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Horrendous – « Ecdysis » – Dark Descent Records (2014) / 97%

 

The death metal apex of 2014

 

The debut album of this American trio (East Coast) The Chills was pretty good but I thought Horrendous was lacking something necessary to distinguish themselves from the impressive wave of old school death metal bands. With their second full lenght, a brillant tour de force, they’ll gain an enviable position on the worldwide metal map or at least, gain an immeasurable dose of respect!

The thrashy side of Horrendous has mostly disappeared and to take its place, the band has integrated an healthy quantity of Swedish melodic death metal (think of Dark Tranquillity‘s The Gallery or early At the Gates) with their emotional but complex guitar leads and their growled, deep but appreciable vocals. Yes, their sound might be more accessible but it’s not a marketing scheme to gain the fanbase of Arch Enemy or the likes, it’s simply a more illustrious sound akin to the psychedelic progression of the modern Swedish tenors of Tribulation and Morbus Chron.

So, yes a progressive death metal that is widely psychedelic could scare some purists but I think their new formula had a very mild transformation. We were already able to hear some tendencies on their debut album but here, they’re revealed for everyone to see. Let’s elaborate on the ingredients the musicians used to cook us Ecdysis (this term means the sloughing of skin of Arthropod and the likes.) Ok, man, not really appetizing, sorry for this metaphor!

Firstly, the meager addition of clean vocals (listen to “Nepenthe”) adds a wonderful side to the band and it’s definitely an aspect I’d like them to explore thorougly. It always seem that they’re into this big occult rock trend of the last decade or so. Anyway, 99% of the time, their vocals are of primitive death metal delivery kind (think of Morbid Angel or Deceased) and they fucking rock.

Secondly, their compositions contain (mixed with the Gothenburg infuence) some fusion touches à la Focus (the Cynic album, obviously) or even some Atheist. The two progressive death giants are really present here! Listen to “Pavor Nocturnus” and check out these old school Paul Masvidal inspired riffs!

Thirdly, we have two instrumental interludes and they made me lose my composure a little. They serve as little haven of peace between the hard hittin’ moments of the album. The first one “The Vermillion” reminded me of Opeth (remember “Requiem” or “Patterns in the Ivy”) and the second “When the Walls Fell” is pretty much a heavy metal piece ornated with a juicey guitar solo.

Nevertheless, don’t be scared, it’s still an extreme metal offering. The tempos are fast but Horrendous aren’t afraid of slowing things down and offer heavy riffs (see “Resonator”). It’s still a band with a very solid death metal core and their evolution hasn’t toned down their essence that much yet. In my opinion, they added the right amount of new stuff to make an almost perfect album.

It’s high caliber material and it’s really goddamn fresh, I’m pretty sure it will become a classic in the decade to come like most of what Dark Descent Records is releasing nowadays, they’re choosing the best of black and death has to offer. The 43 minutes album (the optimal length of a death metal album) has its fair share of memorable tracks but let’s use “The Stranger” as its best cut, the first song on the album could almost be considered death/doom if I stretch my genre classification a little. The production is wise (clean or rough at the appropriate moments), the bass and the drums are subtle but grasping and the guitars are alternating between fruity & clear and vicious and visceral.

An essential album and a big surprise for 2014 which is without a doubt a great year for death metal with the releases of excellent albums by Teitanblood, Domains and Incantation.

Critique d’album: Too Late The Hero – « The Elevator Pitch »

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Too Late the Hero

The Elevator Pitch” Ep

Self-Released/Independent

2014

 

Forming in 2003, Maine’s TOO LATE THE HERO has steadily climbed the ranks of the post-Hardcore/Metalcore ladder to reach soaring heights. Already touring stateside with LAMB OF GOD, and releasing three full lengths, the band has now issued their second EP in, “The Elevator Pitch” which features six short blasts of energetic bombast that you can get at your price on their bandcamp! Just click on the player at the end of this review.

Rooster Cogburn” starts the proceedings quite nicely, immediately taking charge with a nice array of cleanly sung melodic sections when vocalist, Jared Wilbur, isn’t spewing forth his “guts”. Polished and cleanly produced the song is representative of the EP as a whole; aggressive, jarring and frantically played guitar riffs dance through hoops while the drums are precise, courtesy of Aaron Caple, offering fans ample reason to “dive into the pit”!

As the EP unfolds, there is a sense or familiarity throughout that renders the experience slightly generic. Well played and highly moving, “Taste of Iron”, “The Elevator Pitch” and “Eminent Philosopher/Cannibal” all carry a sense of rebellion but unfortunately follow a formulaic pattern of angst-ridden verses that are met with the “yearning chorus”. However, there are unique moments where gang vocals creep their way into the fold which is interesting enough to maybe be explored further?

For the average Hot Topic fan, the EP may appeal to their sensibilities but those looking for something outside the box or something with a bit more teeth, TOO LATE THE HERO may need to investigate other territories to differentiate themselves from the pack. Granted, Wilbur’s vocals do lend a dramatic feel (and definitely are a highlight) while the solos may be exploited more to garner the group room to explore more possibilities.

Standout Tracks: “Rooster Cogburn”, “Artistic License to Kill

7/10

Chris