by Olivier Bourgeois | Sep 12, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Artificial Brain
« Labyrinth Constellation«
Profound Lore Records
2014
Extrême, sombre et lugubre sont là les premier mots qui me sont venus à l’esprit quand j’ai écouté pour la première fois ce petit bijou. Signés sous Profond Lore Records, Artificial Brain nous ont offert cette année leur premier full-length nommé « Labyrinth Constellation« . Initiative du guitariste Dan Gargiulo (Revocation) et du vocaliste Will Smith (ex-Biolich), ils ont su façonner avec brio une symbiose parfaite entre le death métal, le black métal et le métal chaotique.
« Labyrinth Constellation » évolue au travers d’une sonorité et d’une atmosphère désenchantée, malsaine et chaotique. Ce qui m’a le plus heurté et cela sans aucun équivoque, c’est la couleur et l’énergie que l’album dégage! Il est doté d’un son cru, organique, regorgeant de relief et de dynamisme. Une sonorité que certaines personnes diront similaire aux groupes Ulcerate ou Gorguts. En même temps, il est bondé de mélodies et d’arrangements qui poussent l’auditeur dans un état second. Un état qui pour ma part était planant, pensif et serein. Spécialement dans « Hormone’s Echoe« , longue de 6 minutes et trente sept secondes, elle instaure une paix intérieure et une espèce de nostalgie chaleureuse. Totalement à l’opposé dynamique de « Hormone’s Echoe« , il y a « Bastard Planet« . Probablement la chanson la plus brutale de l’album, il y règne en son sein un chaos organisé de blastbeat et d’acrobatie musicale.
Un autre point qui m’a aiguillonné sont les efforts fait autour des instruments. Dès le début, j’ai été fasciné par la sonorité live et acoustique de la batterie. Une sonorité qui accentue et amplifie l’atmosphère sombre et unique de l’album. Manifestement Keith Abrami (batteur actuel) n’y est pas allé par quatre chemins pour nous démontrer son savoir faire! Avec une approche death très prononcée, il explose le mix à l’aide d’une grosse caisse écrasante et d’un caisse claire agressive. Il a su me faire voyager d’un bout à l’autre de l’album au travers de blastbeat, de grind et de groove assez singulier! Pour finir, j’avoue sans honte avoir été charmé par son style de jeu.
Poursuivons avec la basse et les guitares. La basse, pour sa part, reste plutôt discrète. Malgré tout, elle fait ce qu’une basse doit faire. Sans excès, elle crée en collaboration avec la batterie un plancher solide comme le roc qui a l’effet d’un ouragan dans la tête de celui qui écoute. Les guitares de leur côté, sont imbibées de riffs techniques et brutaux qui épousent merveilleusement bien les courbes cassées d’accords cinglants, de mélodies vaporeuses et dissonantes. La majeure partie de ces mélodies reste très simple mais si efficace. Elles tournent et tournent sans cesse dans la tête comme une comptine macabre de film d’horreur. Notamment dans la pièce « Moon Funeral » où elle est à la fois funeste et mordante. Guidée par un jeu de batterie groove et pesant, elle se fraie un passage direct vers l’âme de quiconque.
N’oublions pas les vocaux! Dans l’ensemble, ils restent très bien fait! Ils sont un heureux mélange de voix désincarnés venues d’outre-tombe, de chants gutturaux très graves et de cris aigus et plaintifs. Il y a aussi, à plusieurs moments, des passages travaillés avec des effets plutôt discrets mais très efficaces. En général, je ne suis pas un fanatique d’effets rajoutés mais dans le cas de « Labyrinth Constellation« , elles rajoutent un relief intéressant. Malgré tout ceci, il y aurait juste un petit bémol en lien avec le vocal. Il est peut-être un peu trop en retrait selon moi. Il fait plus office d’instrument secondaire que de vocal. Ils ont peut-être laissé un peu trop de place aux instruments.
Pour conclure, « Labyrinth Constellation » a été pour moi une écoute vraiment rafraîchissante. Différent des albums metal surproduits sortis cette année, il est imparfait et vivant. C’est pourquoi je lui donne un 9 sur 10!
Olivier Bourgeois
by Olivier Bourgeois | Juil 14, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Madball
« Hardcore Lives«
Nuclear Blast USA
2014
Véritable fer de lance du NYHC, Madball nous reviens en force en 2014 avec un nouvel opus bien singulier. Sorti le 27 juin dernier, « Hardcore Lives » m’a littéralement fait bouillir les trippes! Encore une fois, ces ambassadeurs du Hardcore new-yorkais ont su livrer la marchandise à bon port. Déjà deux années se sont écoulées depuis la sortie de leur dernier EP , « Rebellion« . Donc, inutile de mentionner que tous attendaient avec impatience ce nouvel ouvrage.
Produit et enregistré par Ken Susi (Unearth), « Hardcore Lives » m’a complètement désarçonné dès la première seconde avec sa sonorité crue et agressive. Ce son qui ferait remonter en n’importe qui cette rage viscérale typique au genre. Sans aucune délicatesse, la batterie et la basse forment un imposant plancher rythmique qui te percute comme un coup de bar de fer en pleine figure tout en laissant au riff de guitare l’aisance de s’enchaîner dans une fluidité pesante, intense et cristalline.
Autre aspect de l’album qui m’a percuté est le volet lyrics et vocal! Incontesté dans les poids lourds de l’écriture, Freddy Cricien a su encore une fois nous exprimer avec clarté une colère positive au travers d’écrits gorgés d’espoir et de revendication. Sans relâche ni essoufflement, il est parvenu à percer mon âme du bout de sa plume. Tout spécialement dans les chansons « True school« , chanson dans laquelle Freddy Cricien chante en tandem avec son homonyme californien, Scott Vogel (Terror) et « Born Strong » où il partage le micro avec la délicieuse mais féroce Candace Puopolo (Wall Of Jericho).
Bref, sans rien réinventer, « Hardcore Lives » est positif, vrai et rempli de surprises! Je conseille fortement et sans aucun doute cet album à tous. C’est pourquoi cette petite bombe se mérite un 9/10.
Olivier
by Olivier Bourgeois | Juil 3, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Fallujah
« The Flesh Prevails«
Unique Leader Records
2014
Pour les gens qui ne connaissent pas très bien ces petits Einstein du métal moderne, voici en quelques lignes qui ils sont et d’où ils viennent. Formé en 2007, à San Francisco, Fallujah était alors composé d’Alex Hoffman, Scott Carstairs, Tommy Logan, Dan Wissinger et Suliman Arghandiwal. Plutôt deathcore à la base, ils changèrent rapidement de cap en 2010 avec leur deuxième démo sur lequel on trouve les pièces « Prison of mind » et « Hallucination« . Pièces qui seront réenregistrées ultérieurement sur leur premier album nommé « The Harvest Wombs« . Ne cessant d’innover, ils sortent en 2013 « Nomadic« , un EP plus progressif que l’album précédant et doté d’une sonorité se rapprochant beaucoup plus du son actuel du groupe.
Ce qui nous conduit directement à la bombe atomique nommé « The Flesh Prevails » qui sortira le 22 juillet prochain. Pour être sincère, j’ai été atomisé dès la première écoute par le mix. Il est limpide, ouvert et confortable même à haut volume. Sur l’album rien, n’est laissé derrière, même pas la basse qui au contraire prend d’avantage d’ampleur que dans le passé, au travers de lead et solo très bien fais. La batterie, monstrueusement grosse et organique, me fait frissonner à tous les coups. Andrew Baird (batteur actuel) a su être très créatif avec sa pédale double et ses blast beat à la pelletée! Sans toutefois être excessif, il a su faire la balance entre un jeu death, groove, lourd et ambiant.
Poursuivons cette critique avec le duo du tonnerre que font Scott Carstairs et Rob Maramonte! «Jouissif» est le mot tout désigné pour décrire le travail qu’ils ont fait sur cet album! Des riffs imposants, pesants, rapides, volatiles! Des riffs à la fois techniques et planants sans toutefois être évasés! Bref, un travail de maître.
Finalement, rien de mieux qu’un vocal cru, large et guttural accompagné de paroles chuchotées et de chants d’Ève pour boucler la boucle de l’atomisation signé Fallujah!
Pour conclure, le groupe a su lever la barre de l’excellence à un tout autre niveau avec cet opus de haut calibre. Opus que je conseille aveuglement à tous les cheveux longs du Québec. Je donne une note bien méritée de 9.5 sur 10 à ses génies de San Francisco.
Olivier