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Artificial Brain

« Labyrinth Constellation« 

Profound Lore Records

2014

 

Extrême, sombre et lugubre sont là les premier mots qui me sont venus à l’esprit quand j’ai écouté pour la première fois ce petit bijou. Signés sous Profond Lore Records, Artificial Brain nous ont offert cette année leur premier full-length nommé « Labyrinth Constellation« . Initiative du guitariste Dan Gargiulo (Revocation) et du vocaliste Will Smith (ex-Biolich), ils ont su façonner avec brio une symbiose parfaite entre le death métal, le black métal et le métal chaotique.

« Labyrinth Constellation » évolue au travers d’une sonorité et d’une atmosphère désenchantée, malsaine et chaotique. Ce qui m’a le plus heurté et cela sans aucun équivoque, c’est la couleur et l’énergie que l’album dégage! Il est doté d’un son cru, organique, regorgeant de relief et de dynamisme. Une sonorité que certaines personnes diront similaire aux groupes Ulcerate ou Gorguts. En même temps, il est bondé de mélodies et d’arrangements qui poussent l’auditeur dans un état second. Un état qui pour ma part était planant, pensif et serein. Spécialement dans « Hormone’s Echoe« , longue de 6 minutes et trente sept secondes, elle instaure une paix intérieure et une espèce de nostalgie chaleureuse. Totalement à l’opposé dynamique de « Hormone’s Echoe« , il y a « Bastard Planet« . Probablement la chanson la plus brutale de l’album, il y règne en son sein un chaos organisé de blastbeat et d’acrobatie musicale.

Un autre point qui m’a aiguillonné sont les efforts fait autour des instruments. Dès le début, j’ai été fasciné par la sonorité live et acoustique de la batterie. Une sonorité qui accentue et amplifie l’atmosphère sombre et unique de l’album. Manifestement Keith Abrami (batteur actuel) n’y est pas allé par quatre chemins pour nous démontrer son savoir faire! Avec une approche death très prononcée, il explose le mix à l’aide d’une grosse caisse écrasante et d’un caisse claire agressive. Il a su me faire voyager d’un bout à l’autre de l’album au travers de blastbeat, de grind et de groove assez singulier! Pour finir, j’avoue sans honte avoir été charmé par son style de jeu.

Poursuivons avec la basse et les guitares. La basse, pour sa part, reste plutôt discrète. Malgré tout, elle fait ce qu’une basse doit faire. Sans excès, elle crée en collaboration avec la batterie un plancher solide comme le roc qui a l’effet d’un ouragan dans la tête de celui qui écoute. Les guitares de leur côté, sont imbibées de riffs techniques et brutaux qui épousent merveilleusement bien les courbes cassées d’accords cinglants, de mélodies vaporeuses et dissonantes. La majeure partie de ces mélodies reste très simple mais si efficace. Elles tournent et tournent sans cesse dans la tête comme une comptine macabre de film d’horreur. Notamment dans la pièce « Moon Funeral » où elle est à la fois funeste et mordante. Guidée par un jeu de batterie groove et pesant, elle se fraie un passage direct vers l’âme de quiconque.

N’oublions pas les vocaux! Dans l’ensemble, ils restent très bien fait! Ils sont un heureux mélange de voix désincarnés venues d’outre-tombe, de chants gutturaux très graves et de cris aigus et plaintifs. Il y a aussi, à plusieurs moments, des passages travaillés avec des effets plutôt discrets mais très efficaces. En général, je ne suis pas un fanatique d’effets rajoutés mais dans le cas de « Labyrinth Constellation« , elles rajoutent un relief  intéressant. Malgré tout ceci, il y aurait juste un petit bémol en lien avec le vocal. Il est peut-être un peu trop en retrait selon moi. Il fait plus office d’instrument secondaire que de vocal. Ils ont peut-être laissé un peu trop de place aux instruments.

Pour conclure, « Labyrinth Constellation » a été pour moi une écoute vraiment rafraîchissante. Différent des albums metal surproduits sortis cette année, il est imparfait et vivant. C’est pourquoi je lui donne un 9 sur 10!

Olivier Bourgeois