No Step Back//Seventy Minus One//Slackin’ Idle @ Bar Le Saint Donna, Donnacona – 11 avril 2026
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Les trois groupes de la soirée dégageaient une énergie brute et introspective, une trame sonore intense qui plongeait dans une certaine « sombritude cervicale » qui ne s’adressait pas à « monsieur / madame tout le monde ».
Si le commun des mortels savait… S’ils savaient tout ce qui bouillonne dans l’underground. C’est une marmite de structures complexes et des musiciens au talent hallucinant.
Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils manquent!
Le trio Présages ouvrait avec son death metal post apocalyptique en français pour nous conduire directement, sans escale, jusque dans notre propre abysse. En ce début de printemps, leurs atmosphères grises et bleues m’ont rappelé que les jours mornes de l’hiver seraient bientôt du passé, mais, tout comme nos tourments, ils allaient inévitablement être de retour. C’est une valse qu’il faut apprivoiser, des sentiments qu’il faut accueillir sans les laisser nous envahir. Le soleil brillera ou il nous brûlera.

La première expression à émaner de ma bouche après le set de RGRSS a été : « Ça rentrait au poste! » Et j’avais effectivement l’impression d’avoir syntonisé le bon poste. Tout résonnait à la bonne fréquence et, malgré la quantité de notes livrées, le tout était un death metal technique digestible et aéré. J’ai adoré leur groove à la Morbid Angel et les nouvelles compos étaient solides. Trois des membres du groupe font aussi partie d’Intonate. Allez y jeter une oreille!

Pour le lancement de « Gateway », leur quatrième album studio, Phobocosm ont monté un spectacle intime et ténébreux. Si de l’extérieur les non initiés auraient pu crier au secours pour être délivrés de ce chaos total étourdissant, les mélomanes présents ont acclamé leur précision chirurgicale qui a tout foudroyé sur son passage. J’ai dû me déplacer vers la console de son pour mieux entendre la voix d’Etienne qui résonnait tel un vent de la mort derrière le mur de son des guitares omniprésentes.
Une foule concentrée sur la prestation plutôt que dans l’action où la qualité des auditeurs l’a emporté sur la quantité.
Les gens qui me disent qu’évoluer au sein de la scène métal c’est niché n’ont même pas idée à quel point ce l’est.

-Lou-
Texte et photos
Voici les photos prises par Cynthia Côté lors du spectacle de Chemicide présenté par Metal Tours ‘n’ Concerts à la Taverne 666 de Rimouski le 5 avril 2026 et qui mettait également à l’affiche Anti-Criss et Riotor.
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-Photographe: Cynthia Côté
Bonsoir à tous, c’est Dave.
Le 3 avril dernier se tenait, au Piranha Bar, la finale québécoise du Wacken Metal Battle, un concours d’envergure dont le gagnant obtient une place sur la scène du célèbre festival Wacken Open Air, en Allemagne.
La soirée a débuté avec la prestation de Burning Attic. Malgré quelques difficultés techniques en début de performance, le groupe a su rapidement se ressaisir et offrir une prestation solide. Le chanteur s’est démarqué par son intensité, tandis que les guitaristes ont livré des passages techniques impressionnants. La section rythmique, composée de la basse et de la batterie, a contribué à créer un son puissant et bien structuré.
Le deuxième groupe, Stregoneria, a ensuite pris le relais avec une performance énergique et bien préparée. La formation a proposé un répertoire incluant des influences thrash, en plus d’interactions marquées avec le public, notamment un wall of death. Le chanteur, Roberto, s’est illustré par une présence scénique remarquable et une interprétation vocale agressive, bien appuyée par des musiciens précis et efficaces.
Pour finir, le troisième et dernier groupe, Born Broken, n’avait qu’un objectif : tout donner pour impressionner les juges. Mission accomplie. Une performance explosive, avec deux guitaristes ultra solides, une section rythmique qui frappait tel un marteau le ferait et un vocal particulièrement violent. Les gars bougeaient partout sur scène, livrant une prestation intense du début à la fin.
En conclusion, c’était une soirée de feu avec des bands qui se sont donnés à 100 %. Félicitations à tous les participants, et surtout à la formation BORN BROKEN qui est le grand gagnant de cette finale québécoise. Bonne chance pour la suite au niveau canadien… et peut-être bien jusqu’au Wacken.
-David Cesare
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-Photographe: Martin Desbois
Guhn Twei
Une ville, une mine, un cancer
Slam Disques
11 mars 2026
Liste des pièces
1. Ville fantôme
2. Coquerelles
3. Une ville, une mine, un cancer
4. À bout de souffle
5. Culture du silence
6. 101 Avenue Portelance
7. Les oiseaux vont mourir au Lac Osisko
8. Neige noire, nuit blanche
9. Patient no. 1852606
10. Doux souvenirs de l’abattoir
11. Code blanc
12. Phase terminale
13. Suicide collectif
Lien pour achat / Link for purchase :
https://guhntwei.bandcamp.com/
Il y a des albums qui divertissent, d’autres qui impressionnent. Puis il y a ceux qui frappent là où ça fait mal. Avec ce nouvel album, le groupe abitibien Guhn Twei ne cherche clairement pas à plaire : il cherche à réveiller.
Avec Une ville, une mine, un cancer, le groupe ne sort pas simplement un nouvel album : il lance une roche. Paru le 11 mars 2026, cet album est un cri engagé aussi brutal que nécessaire, un manifeste qui refuse de séparer musique et réalité. Un doigt pointé directement vers une réalité que plusieurs préfèrent ne pas regarder trop longtemps : une ville façonnée par l’industrie minière, une population qui vit avec des conséquences et surtout un silence collectif qui devient, tranquillement, complice.
Dès les premières secondes de « Ville fantôme », le ton est donné. Pas de détour poétique ni d’allégorie confortable : on parle d’une ville façonnée par l’industrie minière, d’une population qui respire plus que de l’air, et d’un système qui préfère fermer les yeux plutôt que de ralentir les machines. Le groupe transforme ce malaise collectif en une décharge de riffs abrasifs, rapides, parfois presque claustrophobiques.
Musicalement, l’album frappe vite et fort. Les pièces dépassent rarement les trois minutes, mais chacune agit comme un coup de masse. « Coquerelles », « Culture du silence » ou encore « Les oiseaux vont mourir au Lac Osisko » avancent avec une urgence presque suffocante. La production est volontairement rugueuse, laissant toute la place à la rage. Rien ici n’est poli pour plaire : chaque distorsion semble vouloir gratter la rouille d’un système trop longtemps accepté.
Mais là où Une ville, une mine, un cancer devient vraiment percutant, c’est dans son propos et dans son absence de compromis. Depuis ses débuts, Guhn Twei utilise sa musique comme une arme contre la pollution associée à l’industrie minière de Rouyn-Noranda et les conséquences sanitaires qui en découlent. Ce militantisme n’est pas un simple slogan marketing : il vient d’une expérience vécue et d’une colère bien réelle. Là où plusieurs groupes préfèrent camoufler leurs messages derrière des métaphores vagues, Guhn Twei frappe directement. Pas de filtre. Pas d’ambiguïté. Le message est clair : quand une communauté doit choisir entre son gagne-pain et sa santé, il y a déjà quelque chose de profondément brisé.
L’album atteint d’ailleurs un sommet avec « Suicide collectif », longue pièce finale qui agit presque comme un constat amer. Après la furie des pistes précédentes, le groupe y étire la tension pour laisser planer une question dérangeante : combien de temps une communauté peut-elle tolérer continuer à accepter l’inacceptable avant que tout cela devienne…une forme de suicide lent?
Au final, Une ville, une mine, un cancer n’est pas un album confortable. C’est un album qui dérange, qui accuse et qui refuse les compromis. Mais c’est justement pour ça qu’il est essentiel. Dans un paysage musical souvent trop prudent, Guhn Twei rappelle que le métal peut encore servir à quelque chose : dire tout haut ce que plusieurs préfèrent taire. Déranger, dénoncer et secouer les consciences.
9/10
-Vicky Fillion