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«Ostie de virus informatique de mes deux! » Telles furent mes pensées lorsque je constatai l’infection de mon principal outil de travail pour Ondes Chocs, peu avant de me rendre au fameux Bar La Source de la Martinière pour la première fois depuis douze ans afin d’assister à un spectacle de Thrash/Speed Metal monté par le sympathique Fred de END Productions qui m’y donnerait gentiment accès. Effectivement, mon ordinateur ne sévèrement infecté nécessiterait une visite d’au moins sept jours chez le docteur dont la salle d’attente était déjà trop remplie de patients à puces. Cela me ralentirait donc inévitablement dans la livraison de mes comptes-rendus de spectacle, mais qu’à cela ne tienne, ma lionne d’acier et moi prîmes le chemin du spectacle en question avec enthousiasme. C’est que je n’avais jamais eu la chance de voir ces trois groupes en spectacle, que je n’avais jamais vu de spectacle au Bar la Source et je n’avais jamais même entendu parler du premier groupe de la soirée, Sacrementor. Ce serait donc une soirée de première pour nous, ce qui est toujours très intéressant.

C’est donc pendant que bien des gens se dirigeaient vers Expocité pour assister à la représentation du has-been en chef, Brett Michaels anciennement de Poison et de ses rallonges capillaires, que nous priment le chemin dudit Bar La Source où nous arrivâmes vers la dix-neuvième heure du jour. Aussitôt en vue de la terrasse, quelle ne fut pas ma joie d’apercevoir une bande de poilus attablée autour de cervoises froides et me hurler « Oh yeah! Ondes Chocs! » En me rapprochant, je constatai qu’il s’agissait des membres de Sacrementor et de leur guitariste soliste de la soirée, nul autre que Stan Stefanovski de Phosphorus. Une deuxième surprise pour moi eut lieu lorsque je reconnus leur nouveau batteur, un musicien avec qui j’ai déjà partagé la scène lors d’un spectacle avec Necronomicon à l’Agitée le 25 février 2012, nul autre que l’ancien batteur de Blackwind, Pierro « Larcinoz » Chicoine. Les présentations faites, j’entamai une petite entrevue improvisée afin d’en apprendre plus sur Sacrementor avant que les membres du groupe ne se dirigent à l’intérieur pour leurs tests de son qui seraient complexifiés par l’équipement sonore spartiate de l’endroit. En effet, la salle n’est équipée que d’une micro-console sur le côté de la scène et de petites caisses de son et le son était réglé par les groupes eux-mêmes. Ensuite, ce fut au tour des membres de Demona d’arriver sur les lieux du crime, suivis de peu par le minibus de tournée de Skull Fist et ses graffitis décoratifs et les spectateurs, parmi lesquels de nombreux membres connus de la scène métal de Québec (toujours plaisant de voir les groupes s’encourager entre eux), commencèrent à affluer dans le bar un peu passé les vingt heures. Après des tests de son marqués par la difficulté à faire sonner le vocal par-dessus les guitares et la batterie sur une installation sonore destinée au karaoké, Sacrementor entama sa prestation.

Formée en 2007, Sacrementor est une formation de Thrash Metal de la vieille école originaire de Charny dont la dernière et seule parution est une démo de quatre pièces lancée en 2008 sous le titre Religious Warfare. Le groupe s’est récemment reformé après une période d’inactivité avec le fondateur Steve Roussin à la guitare, Louka Simard au vocal, Sébasto à la basse, Larcinoz à la batterie et comptait ce soir-là sur la présence de Stan Stéfanovski pour la seconde guitare. À leur premier spectacle avec ce nouvel alignement, Sacrementor nous livra une prestation très convaincante. En effet, malgré les limitations sonores de l’endroit qui handicapaient le vocal et quelques transitions un peu laborieuses en raison du fait que Larcinoz avait de la difficulté à entendre les autres musiciens, le groupe joua sa manche de façon exemplaire. Les deux guitaristes et le chanteur n’hésitèrent pas à quitter la petite scène et à se déplacer dans la fosse pour rejoindre les spectateurs avec de nombreux hochements de tête et de nombreux soli mémorables de guitare. De plus, ceux-ci eurent la bonne idée d’inclure deux reprises de Slayer qui furent très appréciées par le public. Je fus donc très agréablement surpris par la prestation de Sacrementor et je vous encourage fortement à aller consulter leur page facebook si vous êtes un amateur de Thrash qui respecte la tradition des années 1980.

Après une pause qui me permit de discuter avec le nouveau venu au sein d’Ondes Chocs avec son émission de radio «La Caverne», Bob Jr Girard (Ancestor’s Revenge), ce fut au tour de Demona de s’installer sur scène pour son tour de chant. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cette formation Speed Metal dont le nom circule beaucoup depuis quelques années, faisons un peu d’histoire. Demona est né au Chili en 2007 comme projet solo de la guitariste-chanteuse Constanza « Tanza Speed » Godoy Diaz. Après plusieurs parutions en quelques années, celle-ci déménagea au Québec où elle unira sa destinée à celle de Gabriel « Gabrihell » Dufour (anciennement guitariste de Riotor) et poursuivra son projet avec l’ajout de son époux à la guitare soli, de Jean-François « Jeff Iron » Tremblay (ex-No Pity) à la basse et Antoine Pellerin (aussi de Soiled By Blood) à la batterie. En cette chaude soirée d’août, Tanza et ses acolytes livrèrent une prestation musicalement précise et puissante qui fut cependant quelque peu boudée par une bonne partie du public pourtant relativement nombreux. En effet, la plupart des spectateurs restaient en retrait les bras croisés devant le groupe qui présentait une manche exemplaire. Je me dois de noter, à ce titre, la précision et la puissance d’Antoine Pellerin derrière sa batterie, la justesse et le talent scénique de Jeff à la basse et les guitares admirablement bien agencées de Tanza et Gabrihell. Toutefois, je me dois aussi de souligner quelques réserves. La première a trait au manque de fluidité des interventions de Tanza qui se retournait souvent vers ses musiciens pour converser en catimini avec eux en semblant parfois ignorer le public. Celle-ci éprouva aussi certaines difficultés avec son micro, notamment vers la fin de leur performance lorsqu’elle déposa sa guitare pour une chanson où elle n’exécute que le vocal. Cela n’aurait pas été trop remarquable si elle n’avait pas clairement bougé son micro au dessus du moniteur pour le tester ce qui créait un désagréable retour de son. Les problèmes techniques arrivent à tout le monde, mais à mon humble avis il est préférable de ne pas trop mettre d’emphase sur ceux-ci lorsqu’ils surviennent pendant une pièce. Qu’à cela ne tienne, ce furent des désagréments mineurs, la prestation fut dans l’ensemble très bonne et je fus satisfait de mon premier spectacle de Demona. Plus d’information sur le groupe pourra être trouvée à partir de ce lien.

Après un dernier intermède, les Torontois de Skull Fist montèrent leurs impressionnants amplificateurs sur la petite scène de La Source pour mener leur très intense représentation. Ne reculant devant aucun cliché issu des années 1980, le groupe qui pratique un Heavy/Speed Metal directement inspiré des grands maîtres du genre a vu le jour en 2006 et compte dans ses rangs : Jackie Slaughter à la guitare et au chant, Johnny Nesta à la guitare, Casey Slade à la basse et Chris Steve à la batterie. Avant même la première note de leur set, les spectateurs, maintenant bien réchauffés, se massèrent devant la scène et les musiciens se lancèrent aussitôt dans une prestation hautement efficace et mouvementée. Bénéficiant d’une très grande expérience de scène ceux-ci étaient extrêmement précis, démonstratifs et à l’aise avec le public. On eut ainsi droit à de nombreuses péripéties, comme les classiques mouvements synchronisés des guitaristes, les regards frondeurs aux spectateurs et même un solo livré par Johnny Nesta sur les épaules de son comparse Jackie Slaughter qui restèrent impeccables malgré l’acrobatie ainsi réalisée. Les spectateurs étaient maintenant  superbement enthousiastes, comme s’ils s’étaient soudainement dégourdis et marquèrent leur appréciation du spectacle de fort belle et bruyante façon. Visiblement très contents des réactions engendrées par leur spectacle, les membres du groupe semblaient monter l’intensité de leur jeu d’un cran à chaque pièce, nous offrant même trois rappels qui achevèrent leur répertoire, comme le signala Jackie Slaughter avant l’ultime pièce de la soirée. La seule ombre au tableau de leur prestation fut, encore une fois, la faiblesse sonore du vocal qui nous empêcha de pleinement apprécier les cris haut perchés du chanteur. Ce fut cependant un désagrément mineur compte tenu de la performance de maîtres que nous offrit Skull Fist. Vers la fin de leur prestation on put même constater l’arrivée de quelques membres du public de Brett Michaels qui semblaient intrigués par cette musique elle aussi très inspiré des années 1980, mais beaucoup plus intransigeante. Découvrez tout sur Skull Fist en suivant ce lien.

Finalement, nous regagnâmes nos quartiers pleinement satisfaits par l’excellent spectacle que nous venions de voir et d’avoir découvert une nouvelle salle où pourraient avoir lieu des spectacles métalliques. Cependant, si le Bar La Source désire accueillir plus de spectacles, il serait préférable d’envisager une amélioration des installations sonores actuellement plutôt limitées. En terminant, je désire féliciter les trois groupes qui ont tous joué de manière très efficace et remercier chaleureusement pour l’accès à la salle. Longue vie au vrai Metal!

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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