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 (Les photos de ce show par Ondes Chocs sont disponibles en visitant de lien)

 

La faune limouloise se faisait dorer la couenne, par une belle soirée ensoleillée alors que nous nous dirigions, ma délicieuse compagne et moi, vers un bar qui allait accueillir  probablement pour la première fois un spectacle de métal d’envergure moyenne. En effet, L’Autre-Zone étant connu comme un bar qui se divise en un pub au rez-de-chaussée et une discothèque à l’étage plutôt que comme une salle où se donnent des spectacles métalliques, je fus surpris lorsque j’appris la tenue en ces lieux d’un spectacle de l’un des groupes de métal québécois connaissant le plus de succès sur la scène internationale actuellement, produit par Solaris Booking. Rapidement, ma surprise fit place à une certaine excitation causée par les possibilités que cela pourrait ouvrir pour l’avenir compte tenu de la pénurie de salles de spectacle qui afflige la scène musicale souterraine de la Capitale nationale. C’est donc avec un enthousiasme gonflé par la qualité et la diversité de l’affiche de la soirée que nous entreprîmes la courte promenade pédestre entre notre domicile du célèbre quartier Limoilou et ledit bar.

Arrivés en vue de la terrasse de L’Autre-Zone passé 19 h, nous pûmes apercevoir un hyperactif personnage se lever et nous chahuter à grand renfort de simagrées, nul autre que l’ineffable Dave Rouleau. Les salutations passées je pus constater qu’il était attablé en fort bonne compagnie avec les membres et l’entourage de Behind The Revolver. Nous ne nous fîmes donc pas prier pour prendre place et déguster des cervoises à prix très modique avec eux. Après plusieurs intéressantes conversations et quelques consommations houblonnées, des notes de guitares parvinrent à nos oreilles, signe qu’il était temps de se diriger à l’intérieur pour monter à l’étage et assister à la performance du premier groupe de la soirée après avoir salué la gardienne des portes Dania Forget et Félix de Solaris Booking . Or, avant de parler de la prestation de Restless, il convient tout d’abord de décrire brièvement la salle qui deviendra certainement une alternative au seul endroit comparable Québec, soit l’Agitée. Alors que le rez-de-chaussée de l’Autre-Zone est de petite taille et configuré dans la plus pure tradition des pubs sportifs, l’étage est un vaste espace de forme carrée, comparable en taille à celui de l’Agitée, au centre duquel est installée une scène de taille très décente surmontée par des poutres d’acier sur lesquelles sont fixés de nombreux projecteurs. Le plafond est très haut et le mur du fond est entièrement fait de brique rouge. De part et d’autre de la scène se trouve deux bars et tout l’espace requis pour accueillir deux centaines de personnes. Enfin, la sonorisation de la salle allait se révéler très appropriée au cours de la soirée. Ces constatations faites, nous nous dirigeâmes à l’avant de la scène pour assister à la première représentation à vie de Restless.

Restless est un groupe de Québec qui pratique un Metalcore fortement teinté de Thrash à la Megadeth, Slayer et Metallica. Bien qu’ils ne les citent pas dans leurs influences, Pantera semble aussi avoir teinté leur approche musicale dans une bonne mesure, notamment en raison des nombreux « grooves » présents dans leurs compositions. La formation est composée de l’imposant JF Vignola au chant, de Sébastien Roberge à la basse, d’Andy Loiseau à la batterie et de Jeff Marcoux et Dany Dumont aux guitares. Jouant pour la première fois devant le public de Québec cette soirée-là, la formation démontra pleinement son potentiel avec une performance précise, solide et rondement menée. Présentant habilement ses propres compositions très efficaces, le groupe inclut aussi deux reprises intéressantes à sa manche, soit « Train » , des Vilains Pingouins, interprétée à la sauce métal avec force distorsions et « Holy Diver », du célèbre Dio, avec la voix agressive et rauque de JF Vignola. La seule ombre au tableau fut le caractère statique de la prestation du chanteur qui semblait parfois un peu mal à l’aise avec ses mains dans ses poches lors de ses interventions et tournait le regard vers ses musiciens qui se démenaient sur leurs instruments lors des parties instrumentales des pièces en négligeant d’aller chercher l’attention des spectateurs. Toutefois, cela est très compréhensible lors d’un premier spectacle et je suis certain que c’est un aspect qui sera amélioré lors des prochaines prestations du groupe. Vous pourrez en apprendre plus sur Restless ici.

Après un bref entracte consacré à une conversation avec le gérant de groupe Marc Lavoie et d’une consommation éhontée de substances illicites en compagnie de l’omniprésent Dave Rouleau, nous retournâmes à l’étage pour la performance du groupe le plus différent de la soirée; les guerriers vikings de Nordheim. Effectivement, le groupe de Folk Metal ressortait vraiment du lot en cette soirée consacrée à diverses variantes de Metalcore. Qu’à cela ne tienne, la formation composée de Waraxe (guitare, vocal), Fred (guitariste soliste), Benfok (basse, vocal), Thom (Claviers) et Lucas Biron (batterie) était  visiblement attendue par plusieurs des spectateurs présents et avec raison, puisque ce groupe est l’un des plus en vue sur la scène locale avec la parution de deux albums de qualité en carrière. Avec leur présence scénique exemplaire habituelle, le quintette se lança dans un set marqué par leur alliage de pièces légères et plus sombres. Le seul point négatif de leur prestation fut une faible qualité sonore pendant les trois premières pièces qui fut très bien corrigée par le technicien de son par la suite. Effectivement, les premières pièces du groupe furent ternies par un son distant et faible, comme si le technicien avait oublié d’ouvrir les haut-parleurs de la salle et qu’on ne percevait que le son des amplificateurs du groupe. Toutefois, étant donné la correction rapide du problème, le groupe put démontrer la pleine mesure de son talent au cours des pièces suivantes et les spectateurs en furent évidemment ravis de par leurs réactions intempestives et bruyantes après chaque chanson. Si vous ne connaissez pas encore Nordheim, allez immédiatement consulter cette page.

Suite à un autre entracte consacré au vice, nous remontâmes l’escalier du métal pour assister à la prestation de Behind The Revolver. Pour la seconde fois en quelques mois, la troupe metalcore composée de Yann Mottard au chant, Alex Deleon-Cativo à la basse, Rémy Bouthillette à la batterie, Mario Bouthillette et Tomy Robert aux guitares m’étonna par leur performance débordante d’énergie tout en étant réglée au quart de tour. Bénéficiant d’un son à tout casser et de la présence charismatique de son vocaliste, la formation se livra effectivement à une véritable entreprise de destruction sonore et visuelle à laquelle tous les musiciens se donnèrent cœurs et âmes. Je dois donc noter les performances démonstratives et précises des guitaristes et du bassiste qui ne négligèrent aucunement de regarder les spectateurs droit dans les yeux et de se déplacer à la grandeur de la scène. Le batteur martelait quant à lui ses instruments avec fureur tout en restant précis  pendant que le chanteur haranguait la foule sans ménager les déplacements et les contacts visuels avec les spectateurs. En somme, malgré toutes les réserves que l’on peut avoir face au genre musical pratiqué par Behind The Revolver, force est d’admettre que le groupe est une véritable machine de guerre sur scène, ce qui lui assurera sans aucun doute un avenir reluisant. Si vous êtes fanatiques du genre, je vous enjoins fortement à aller vous renseigner sur ce quintette de chez nous!

Après une ultime pause fumette où nous pûmes entr’apercevoir la statuaire Alissa White-Gluz (vocal) qui se ressourçait dans la ruelle à l’arrière du bar avant son entrée sur scène, nous reprîmes le chemin de la salle pour assister à la prestation des vedettes de The Agonist. Ne nécessitant aucune présentation, le quintette montréalais complété par Danny Marino (guitare), Chris Kells (basse), Pascal « Paco » Jobin et Simon McKay (batterie) nous prit à la gorge avec son assaut de Metalcore mélodique survitaminé. Encore une fois, le son était impeccable et lourd et le groupe qui jouit d’une importante notoriété internationale et d’une expérience de scène gargantuesque livra la marchandise avec précision et professionnalisme. Cependant, je fus quelque peu déçu par l’attitude froide de la chanteuse qui semblait se foutre éperdument des spectateurs pourtant nombreux et  très participatifs qui venaient voir son spectacle. En effet, celle-ci demeura visiblement émotionnellement détachée tout au long de la prestation et limitant ses interventions entre les pièces à des lieux communs. Entendons-nous bien, vocalement sa performance fut impeccable et magistrale, mais j’aurais aimé plus d’accessibilité et plus de contacts avec les spectateurs pendant le spectacle, car c’est ce qui ajoute à la spontanéité et à la magie de ces rencontres de fans métal. Il est clair qu’Alissa a un talent immense dans ce qu’elle fait, mais nous espérons que ce n’est pas ce talent et son succès à l’étranger qui semblent lui faire oublier que les fanatiques d’ici méritent aussi son attention.  Cela dit, l’ensemble du groupe donna une prestation du tonnerre qui démontre que son statut de groupe international est pleinement mérité.

En conclusion, ce superbe spectacle a démontré que L’Autre-Zone pourrait devenir une autre salle intéressante pour la tenue de spectacles métalliques à Québec. Cela sera d’ailleurs le cas avec la venue de Beyond Creation le 3 octobre prochain. De plus, ce spectacle aura permis à Restless de briser la glace à sa première prestation à vie et à deux groupes établis de Québec de démontrer tout leur savoir-faire. La seule véritable anicroche de la soirée aura été l’attitude snob de la chanteuse de The Agonist qui demeura totalement inaccessible pendant toute la soirée, y comprit lors de son passage sur scène alors que tous les membres des autres groupes étaient festifs  et sympathiques. En terminant, je désire remercier personnellement Félix de Solaris Booking pour l’accès à la soirée!

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

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