Critique d’Album: Soiled By Blood – « Serving the Bowels of God »

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Soiled By Blood

«Serving the Bowels of God»

2014

Unleash The Underground Records

 

 «Intro»
«Post-Mortal Incubation»
«Kill Them All»
«Mechanical Evisceration»
«Intro»
«Junkies Apocalypse»
«T-Chain Men»
«Intro»
«Compulsive Dismemberment»
«Barbed Wire Beating»
«Evil Mass Murder»
«Suicidal Despair»

 

Formé en 2008, le quintette de Death Metal brutal de Québec, Soiled By Blood, nous présente cette année son tout premier album en carrière. Pour ce faire, la troupe a soigneusement assemblé une collection de ses meilleures compositions accumulées en cinq ans d’existence pour en faire un opus particulièrement agressif subtilement intitulé « Serving the Bowels of God« . Nous proposant donc cette offrande au sein d’un mouvement aussi saturé que celui du Death Metal actuel, la question est donc de savoir qu’est-ce qui distinguera ou mettra en valeur leur album par rapport aux autres du même acabit?

Premier élément de réponse: Soiled By Blood présente, sur son premier effort, des pièces individuellement très bien construites basées sur des motifs au groove entraînant. En effet, de « Post-Mortal Incubation » avec sa section centrale mid-tempo qui vous brisera le cou, à « Suicidal Despair. avec son rythme effréné et son motif principal de guitare hautement accrocheur, Soiled By Blood réussit rapidement à nous accrocher avec des pièces possédant chacune leur petit élément distinctif qui vous fera hocher de la tête encore et encore. Le groupe laisse donc de côté la masturbation technique que bien des groupes de Death privilégient aujourd’hui pour se concentrer sur des grooves puissants qui leur donnent une atmosphère et une personnalité propre. Les musiciens évitent donc un piège récurrent en s’appliquant à se mettre au service des pièces et non l’inverse. Cela aura le double effet de faire de cet album un disque accrocheur et de lui donner une forte valeur de réécoute.

La deuxième grande force de « Serving the Bowels of God » réside dans sa production impeccable et aérée, œuvre de François C. Fortin sur un mix préliminaire fait par Michaël Chamberland. Effectivement, comparativement à bien des groupes du genre qui souffrent d’un excès de compression ou d’une surproduction, Soiled By Blood bénéficie ici d’un son bien défini, puissant et enveloppant tout en conservant un côté méchant de la vieille école qui contribue grandement à lui donner de l’impact. Ainsi, on pourra distinguer clairement et apprécier la performance de chaque musicien: les superbes grognements et hurlements barbares de Alex-Antoine Chamberland, les guitares graves et incisives de Michaël Chamberland, la basse sinistre et puissante de Charles Côté et les percussions précises, organiques et violentes de Antoine Pellerin. De plus, la conservation d’un certain aspect rugueux dans la production ainsi que l’utilisation d’intermèdes et d’introductions permettent de bâtir une atmosphère sinistre qui convient parfaitement bien au Death Metal particulièrement vil présenté par le groupe.

En somme, aucune faiblesse objective ne pourra être soulevée face à un tel étalage de violence accrocheuse et admirablement bien produite. Ainsi, bien que Soiled By Blood ne réinvente pas son genre musical de prédilection, le groupe arrive à en tirer le meilleur qu’on peut en tirer à son tout premier effort en carrière. Cet album laisse donc envisager un avenir brillant pour la bande de Québec. À déguster avec votre prochain dépeçage de cadavre à la tronçonneuse!

Pièces favorites: « Post-Mortal Incubation« , « Mechanical Evisceration« , « Compulsive Dismemberment« , « Barbed Wire Beating » et « Suicidal Despair »

8/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
 
 

La Maléfique Trinité

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C’est dans une grande et belle salle disposée telle une caverne à flanc de colline, au pied d’un escalier dédié à l’ascension de cette dernière, qu’étaient conviées les noires légions de Québec, samedi dernier, pour la livraison de trois nouvelles offrandes musicales, un rituel habilement organisé par Charles «Ghorn» Benoît et Max «Voldsom» Craig des Productions Metallum. En effet, cette soirée était dédiée au lancement des tout nouveaux opus de trois formations québécoises œuvrant dans le spectre du Black Metal, c’est-à-dire ceux de Valknacht (Le Sacrifice d’Ymir), Haeres (Trom) et Ordoxe (Beyond Mankind). La table était donc mise pour une soirée de débauche comme je les aime puisque chacune des formations disposerait d’un temps de scène de qualité dans la magnifique Salle Multi pour nous présenter des pièces de leur nouvelle offrande sonore diabolique ainsi que de leurs albums passés, tout en nous présentant un bel et irrésistible étalage de marchandises nouvelles pour alléger notre porte-monnaie. À ce chapitre, Matrak et sa légendaire panoplie de produits Hymnes d’Antan seraient d’ailleurs de la partie puisque deux des artistes de sa bannière (Ordoxe et Haeres) étaient de l’alignement dudit rituel. C’est donc avec hâte que ma sombre déesse et moi prîmes le chemin de la Salle Multi en cette douce soirée de mars.

Arrivés sur les lieux peu après 18 h 30, je bénéficiai de l’accès gracieusement offert par les Productions Metallum, puis ma délicieuse compagne et moi pûmes engager de nombreuses conversations intéressantes, nous abreuver de délicieux houblon avec une sélection de bière de la Micro-Brasserie l’Alchimiste et faire quelques emplettes aux tables de marchandises avant que Ordoxe ne prenne place sur scène pour ouvrir les hostilités vers 19 h 45.

Pour ceux à qui la formation trifluvienne serait encore étrangère, Ordoxe est un quatuor formé par Jean-François Jalbert (Ex-Slaotvean) (guitare et vocal), Samuel Landry (Horfixion) (guitare), JD Bergeron (Ex-Haeres) (basse) et Steve De Cotret (Ex-Strigampire) (batterie). Fondé en 1989 comme un projet solo de Jean-François Jalbert, Ordoxe a alterné entre activités et mise en veilleuse pendant de nombreuses années en raison de la popularité de l’autre projet principal de son créateur, soit Slaotvean, mais à tout de même réussi à mettre au monde deux albums en 2006 (Sorrick Ked Tho) et 2007 (Magnum Opus) avant de renaître définitivement sous sa forme actuelle à la faveur de la séparation de Sloatvean, avec l’album Nihil en 2012. Sur scène, les membres de Ordoxe venaient nous présenter leur tout nouvel album Beyond Mankind (que j’ai pu écouter à quelques reprises sur You Tube avant de me le procurer ce soir-là) qu’ils avaient lancé la veille à Trois-Rivières, leur ville natale et qui présente un Black Metal teinté de certaines influences Thrash et Death, beaucoup plus varié en structures que leur offrande précédente, étant quant à elle axée sur  un Black Metal cru et plus classique. Entamant leur prestation musicalement très solide avec la première pièce de leur nouvel effort, «Obsessions», le groupe dû rapidement faire face à un petit problème technique avec la pédale de distorsion de Samuel. Cependant, le groupe ne se laissa pas démonter et poursuivit son assaut sonore avec aplomb, bénéficiant dans la salle d’un son très bien défini de la part de François C. Fortin. Sur scène par contre, le groupe me dit subséquemment avoir éprouvé quelques difficultés à s’entendre. Suivirent donc plus de nouvelles pièces et quelques pièces de l’album précédent toutes jouées avec dextérité et précision. Toutefois, côté présence scénique le groupe semblait quelque peu fatigué de sa soirée de la veille au début de la prestation avec une attitude plutôt réservée. Les choses s’améliorèrent heureusement au fur et à mesure que la prestation avançait lorsque les membres du groupe semblèrent se dégourdir un peu et donner plus d’énergie aux nombreux spectateurs déjà présents dans la salle. Somme toute, ce fut donc une prestation convaincante de Ordoxe, nous présentant ses nouvelles pièces avec efficacité et avec la qualité de ces dernières je suis sûr qu’un bel avenir attend encore Ordoxe, malgré leur expérience déjà grande. Suivez leurs activités ici.

Après un court entracte, Haeres se présenta après une longue absence scénique pour nous présenter Trom, le successeur de son premier opus de 2011 intitulé Héritiers du Sang Noir. En effet, il y a un bon moment (depuis 2012 si je ne m’abuse) que le quintette de Black Metal mélodique n’avait pas foulé les planches de Québec et la formation a depuis quelque peu changé avec le départ de JD Bergeron de son poste de bassiste. En effet, Sryzir est passé de la guitare à la basse et le reste de la formation se présente comme suit: Fix (Neurasthene, Folk You) à la guitare; Voldsom (Ex-Chasse-Galerie) à la guitare, aux choeurs et à la composition; Ghorn au vocal et aux textes; Goathier (Aborgnon, Saccage) à la batterie. Avant le spectacle, j’avais eu la chance d’écouter deux nouveaux morceaux se retrouvant sur le nouvel album du groupe, soit «Patriote» et «Au crépuscule» et celles-ci laissaient entrevoir du nouveau matériel aux mélodies élaborées qui serait très intéressant à voir transposé sur scène. C’est cependant avec «La Cité Dolente» de son premier album que le groupe fit son entrée. Entrée fracassante, puisque cette pièce est certainement ma préférée de leur album précédent. Formidablement énergique sur scène, le groupe se lança ensuite dans une sélection plus orientée sur son nouvel album, brièvement interrompue par un discours patriotique de Voldsom qui ne trouva malheureusement qu’un écho mitigé au sein de la foule. Très mouvementée et agressive leur prestation fut enlevante malgré quelques petites imperfections sans grande gravité, puisque la majeure partie du nouveau matériel présenté était inconnue aux oreilles des spectateurs. Cependant, il y eut deux sursauts de tension quelque peu surprenants entre des membres du groupe, deux pièces avant la fin de la prestation et à la toute fin de leur spectacle, ce qui créa un peu de malaise dans la foule. Encore une fois le son de la salle était très bien balancé, mais les musiciens semblaient quant à eux avoir de la difficulté à s’entendre mutuellement, ce qui me fut confirmé par des membres du groupe plus tard. Hormis les quelques anicroches soulignées plus haut, les nombreux spectateurs présents apprécièrent la prestation en n’hésitant pas à s’esquinter mutuellement et à hocher frénétiquement de la tête tout en hurlant leur appréciation à la moindre occasion. Ce fut donc en somme une prestation réussie en ce qui à trait à la réaction du public et à la présentation du nouveau matériel excellent du groupe. J’espère donc que certaines tensions affichées entre les membres du groupe ne nuiront pas à l’avenir de la formation qui doit se produire dans le cadre du concours En Route vers HeavyMtl 2014 au Dagobert le 4 avril prochain. Suivez Haeres ici.

Après une dernière pause, c’était maintenant aux Vikings de Valknacht de venir nous exploser la tronche avec leur Black Metal païen agressif et épique. Formation existant depuis 2005, Valknacht est dirigée par Thorleif (vocal) et a connu quelques changements récents de membres avec le départ de sa flûtiste et vocaliste Vervandi et de son claviériste Blodorn. Le groupe est donc actuellement complété par Froidure (guitare), Dörv (guitare), Siger (basse) et Matoleos (batterie). Sur scène, le groupe fait donc maintenant appel à des séquences de clavier, de flûte et d’orchestration et à une «clic-track» dans les oreilles du batteur pour compenser le départ des deux musiciens. En outre, le groupe venait nous présenter son excellent nouvel opus (dont vous pouvez lire ma critique ici), Le Sacrifice d’Ymir, déjà son troisième album en carrière. Les raisons étaient donc bonnes de venir se placer en avant de la scène pour admirer le spectacle qui allait se présenter à nous. Immédiatement, le groupe se lança avec vigueur et précision dans une sélection qui allait se révéler être sans contredit le meilleur moment de la soirée. En effet, bien que le groupe ait perdu deux morceaux, l’emploi de séquences et de métronome le força à une précision impeccable, malgré le fait que le groupe ait toujours été très précis sur scène, qui permit aux musiciens de s’abandonner pleinement au mouvement sur scène. Le résultat fut une prestation magique et puissante qui déclencha la folie des spectateurs. Principalement axée sur le nouveau matériel du groupe, la sélection comprit l’excellente «De murmures et de givre», l’épique «Le Sacrifice d’Ymir» et la fameuse «Sur les ruines de Rome»Vervandi monta sur scène pour exécuter ses cris perçants qui nous donnèrent des frissons dans le dos, parmi tant d’autres. La foule apprécia tellement le spectacle qu’elle réclama un dernier rappel avec force au groupe qui ne s’attendait visiblement pas à tant d’enthousiasme, mais qui s’exécuta quand même, laissant tomber le métronome et les séquences pour la violente «Saxon’s Will» de l’album Chants de Guerre (2011). Le groupe nous prouva donc qu’il méritait pleinement sa position de tête d’affiche de la soirée avec une prestation impeccable autant du point de vue de la présence scénique que du point de vue musical. Je vous enjoins d’aller visiter cette page si ce n’est déjà fait!

En conclusion, ce triple lancement fut une belle réussite tant au point de vue de l’affluence, de la qualité des trois œuvres présentées que de la qualité des prestations livrées par les trois groupes présents. Cette soirée a prouvé à tous que la scène Black Metal québécoise est bien vivante et a beaucoup d’avenir devant elle dans toutes ses déclinaisons. De plus, la Salle Multi a encore démontré son potentiel pour les spectacles métalliques, ce qui me fait me demander pourquoi elle n’est pas plus utilisée pour des spectacles devant un public de tous âges. J’ai donc déjà hâte au Black Metal Origines IV qui y sera présenté par les Productions Metallum le 29 mars prochain. En terminant, je désire remercier chaleureusement Charles Benoît et Max Craig pour l’accès à la soirée et l’organisation impeccable de ce spectacle.

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

L’empire de la noirceur dans le vide dédaléen des romances obscures

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David « Daedalus  » Habon, membre fondateur, chanteur et claviériste du groupe Daedalean Complex, conviait les amateurs de musique sombre de Québec au premier spectacle de la tournée « Infernal Alliance. Au menu; une première prestation dans la vieille capitale pour Black Empire (Rouyn-Noranda); un retour des figures cadavériques de Hollow; un autre passage pour les romantiques psychotiques de Obscurcis Romancia et une première prestation en tête d’affiche en 2014 pour les vedettes locales de Daedalean Complex. De plus, l’impétueux Dave Rouleau m’avait chargé d’interviewer les sympathiques membres de Black Empire dont j’avais déjà connu deux des membres en partageant la scène avec leur autre groupe, Cryptik Howling, lors de la troisième édition du Black Metal Origines en mars 2013. C’est donc  avec un enthousiasme aucunement affecté par le cocktail de précipitations tombé au cours de la journée que ma féline métalleuse et moi quittâmes notre tanière limouloise pour rejoindre le fameux débit de boisson du quartier Saint-Roch connu sous le nom de L’Agitée.

 

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Arrivés sur les lieux du crime peu avant 20h, nous eûmes le temps de sympathiser avec Emmanuel « Audeath » Audet (Black Empire, Cryptyk Howling), Sébastien « Zhorgh » Gagnon (Black Empire, ex-Cryptik Howling) et Idrys (Daedalean Complex) avant de monter au premier étage pour commencer à étancher notre soif de houblon, tout en assistant aux tests de son. En effet, en raison des mauvaises conditions routières de la journée, un peu de retard avait été pris sur l’horaire de la soirée et les groupes se dépêchaient à compléter les préparatifs avant le début du spectacle. Vers 20h40, les membres de Black Empire prirent place sur la scène et lancèrent les hostilités devant une foule à la taille quelque peu décevante.

Fondé en 2001 dans la petite ville minière de Duparquet en Abitibi, Black Empire est un groupe qui joue un Black Metal à la scandinave typique. Comme démontré sur le premier opus complet de la formation intitulé 2000 AD lancé le 19 octobre 2013, leur musique est un assemblage efficace de motifs tout droit sortis de l’esprit sombre du début des années 1990 tout en gardant un côté  mélodique et accrocheur très intéressant. La formation actuelle de Black Empire est un quatuor composé de: Audeath à la guitare et au vocal, Julius à la batterie, Zhorgh à la guitare et Morhatous à la basse. Pour son premier passage en carrière à Québec, le groupe nous démontra rapidement qu’il était prêt à tuer. En effet, leur courte prestation fut rondement menée, précise et enlevante malgré une sonorisation manquant parfois de définition. De plus, les membres du groupe me dirent avoir eu une grande difficulté à s’entendre mutuellement en raison des deux seuls moniteurs de scène désuets et en état de décrépitude de l’endroit. Dans ces conditions, le groupe assura donc de très belle façon avec énergie et talent. Les quelques spectateurs présents semblèrent d’ailleurs apprécier la prestation y allant de moulins à vent chevelus et de violence amicale. Plusieurs furent cependant importunés par un individu au comportement erratique, visiblement fortement intoxiqué par je ne sais quelle substance qui malmenait les autres personnes présentes sans se rendre compte d’une hostilité grimpante à son égard. Ce fut donc une ouverture de tournée, une ouverture de soirée et une première prestation à Québec extrêmement réussie pour Black Empire qui s’apprête déjà à enregistrer, à partir du 2 mars prochain, un second opus complet. Vous pouvez suivre les activités de ces Nordiques en suivant ce lien.

 

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Après une très courte pause, c’était maintenant aux Montréalais de Hollow de venir nous livrer leur mélange de Black Metal symphonique et de Death Metal mélodique. C’était la deuxième fois que j’assistais à un de leur spectacle, suite à leur passage de l’an passé en compagnie de Einherjer dans les mêmes lieux et je dois dire bien honnêtement que je les attendais de pied ferme. En effet, si j’avais été impressionné par la performance scénique et le talent de ce groupe lors de ce précédent spectacle, leur style musical m’avait moins convaincu de sa pertinence puisqu’un peu trop proche de ses influences évidentes telles que Cradle of Filth et Children of Bodom. Aussitôt arrivée sur scène, la troupe composée de Blaac (batterie), Cadaver (guitare soli), Mott (vocal) et Snow (basse) se fit remarquer encore une fois pour son talent scénique: superbes maquillages corporels cadavériques appliqués au airbrush, énergie contagieuse et performance musicale accomplie. Le groupe s’appliqua ainsi à nous livrer efficacement, précisément et de façon très mouvementée les pièces de son répertoire passé ainsi que des pièces de son futur album entrecoupées d’interventions charismatiques du chanteur. La foule qui s’agrandissait lentement mais sûrement apprécia grandement le spectacle, mais fut encore une fois importunée par l’idiot du village décrit précédemment. Toutefois, celui-ci fut cette fois chassé de la fosse après avoir bousculé les photographes présents(es) à grand renfort de coups de pieds au derrière et s’enfuit sans demander son reste, réalisant sans doute enfin qu’il dérangeait tout le monde. Une performance très convaincante pour Hollow en somme, bien que subjectivement et personnellement parlant je sois moins attiré par leur style musical. De plus, encore une fois, le son souffrit un peu d’indéfinition et les séquences orchestrales employées par le groupe étaient bien souvent enterrées sous le reste de l’ensemble sonore. Quoi qu’il en soit, si vous êtes un fanatique de sombre symphonie et de virtuosité mortelle, Hollow est certainement un des meilleurs groupes du genre au Québec et vous pourrez en découvrir plus sur eux sur leur page facebook.

 

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Après un entracte un peu plus long que le précédent, c’était au tour de Obscurcis Romancia de venir s’exécuter sur la scène de L’Agitée. Originaire de Longueuil, Obscurcis Romancia existe depuis 1997 et pratique un Blackened Death Metal à tendance symphonique, marqué par des claviers néo-classiques. Après une démo, un EP et un album intitulé Theater of Deception en 2012, la formation peut se targuer d’être une des plus vieilles formations québécoises du genre à être encore active. Les membres de Obscurcis Romancia sont: Rémi Vallières (basse), Jean Rufiange (batterie), Pascal Lechasseur (clavier), Frédéric Le (guitare soli), Stéphane Breton (guitare rythmique) et Francis Tremblay (vocal). Aussitôt arrivés sur scène, la formation se lança dans un assaut musical qui me rappela immédiatement les quatre premiers opus de la bande à Dani Filth: grandiose virtuosité au clavier, motifs de guitare mélodiques en trémolo sur des phrases longues et voix alternant entre un guttural à la Deicide et un cri haut perché. Pour ma première fois avec le groupe, j’appréciai donc le talent musical et scénique de la formation bien que comme dans le cas de Hollow, je fus moins attiré par le style de musique que le groupe pratique. En effet, j’ai autrefois bien aimé cet assemblage de symphonie, de virtuosité et de noirceur, mais mes goûts ont évolué vers une forme plus directe et pure de méchanceté. De plus, les pièces jouées par le groupe me semblaient être très semblables les unes aux autres. Cela dit, ce sont des commentaires biens subjectifs de ma part puisque la prestation de Obscurcis Romancia fut très bien menée par des musiciens de talent, particulièrement le claviériste qui est impressionnant à voir jouer et leur performance fut d’ailleurs le moment le plus peuplé de la soirée. Plusieurs des spectateurs démontrèrent d’ailleurs clairement leur appréciation de ladite prestation en s’entrechoquant joyeusement et en hochant la tête comme des possédés. Côté son, il était cependant parfois difficile de différencier les deux guitares et le clavier semblait parfois manquer de jus dans la sonorisation quelque peu approximative qui dura toute la soirée. Enfin, si vous êtes fanatiques de symphonies, de claviers virtuoses et de sombres mélodies, Obscurcis Romancia est pour vous et allez consulter leur page Facebook si vous ne les connaissez pas encore.

 

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Une dernière pause et c’était maintenant le tour des citoyens locaux de Daedalean Complex de prendre le crachoir. Le quintette de Québec qui a commencé sa carrière en 2007 sous le signe du Goth Metal a connu une transformation dans les dernières deux années qui l’ont mené à une refonte de sa formation et une évolution vers une forme de Black Metal gothique sur son second album intitulé The Rise of Icarus (2013). De plus, quelle ne fut pas ma surprise lorsque je constatai un nouveau changement dans la formation scénique de Daedalean Complex. En effet, un des deux « nouveaux » guitaristes de la formation, Doom6, était remplacé par Fred Bédard (ex-Moonlyght, ex-Nephusim) qui a réalisé ledit dernier album de la formation et il en ira de même pour les prochains spectacles comme l’annonça Daedalus (Vocal, claviers et orchestration studio) pendant la prestation du groupe. Comme à son habitude la prestation de Daedalean Complex fit une belle place à la théâtralité avec une introduction où Idrys (batterie) escorta jusque sur scène, une séduisante pin-up gothique légèrement vêtue et affublée d’un masque à gaz. Celle-ci allait aussi danser sur scène pour le reste de la prestation, pour le plaisir de nos yeux. Hautement professionnel, le groupe nous livra une sélection précise de trois quarts d’heure environ des meilleures pièces de son répertoire. Le public, malheureusement visiblement dégarni par la sempiternelle heure du dernier autobus, démontra son appréciation du spectacle par des hostilités dans la fosse et des cris bien sentis. Seule ombre au tableau, quelques problèmes techniques affectèrent légèrement la performance du groupe. Effectivement, le micro sans fil du leader de la formation ne fonctionnait pas au début et le micro fourni par la salle rendit l’âme alors qu’il ne restait qu’un seul couplet à la dernière pièce du spectacle. Ce fut donc une autre très belle prestation pour Daedalean Complex et une très belle ouverture de tournée provinciale pour eux.

 

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Immédiatement après la prestation de Daedalean Complex, je me retrouvai dans la loge avec Julius et Audeath de Black Empire pour une petite entrevue qui sera publiée sous peu sur Ondes Chocs. Puis, après quelques autres breuvages alcoolisés, nous rentrâmes au bercail après cette belle soirée de métal sombre et gothique. En somme, ce fut une un très beau commencement pour le Infernal Alliance Tour  malgré un achalandage que l’on pourrait qualifier d’un peu décevant en regard de la qualité des groupes présents. Cependant, il faut tenir compte qu’il y avait aussi un spectacle de Voivod et Dance Laury Dance au Théâtre Petit Champlain ce soir-là ce qui a possiblement influé sur la participation des métalleux de Québec. Cet état de fait semble de plus en plus prévalent dans une ville moyenne où les spectacles sont de plus en plus concentrés les mêmes soirs, ce qui fait une plus petite part de gâteau pour tout le monde. En terminant, je désire remercier chaleureusement David « Daedalus » pour les accès à la soirée et les gars de Black Empire pour l’entrevue très intéressante.

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

Critique d’Album: Cursed 13 – « Triumf »

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Cursed 13

« Triumf »

Carnal Records

2013

Liste des pièces
No Return
Dead and Gone
Death N Roll
I Love Cyanide
Aska till aska (preludium till)
Frälst av Eld
När Marorna Kallar
Seductress
Requiem/Victory
Agitator (upptakt till Vrede)
Vrede

 

 

D’abord conçue en 1998 sous le nom Cursed 666 comme un projet solo de Heljarmadr (guitares, voix) (Domgård, Grá, ex-Diabolic Lust), la formation Black Metal suédoise Cursed 13 sortait enfin, au mois d’octobre 2013, son premier album complet en carrière. Pompeusement intitulé Triumf, ce premier album peut être vu comme un véritable test pour une formation ayant connu une gestation si longue, parsemée en chemin de deux démos, d’un EP et d’un split avec Domgård. Or, dès la première écoute dudit opus, il apparaît évident que le groupe n’a aucunement raté son coup.

Tout d’abord, dès le motif de guitare saccadé d’introduction de No Return, l’auditeur remarque une recherche esthétique qui vise à s’affranchir des standards habituels du Black Metal scandinave. En effet, la première pièce laisse entrevoir d’importantes influences Doom Metal, accentuées par un accordement en dessous du Mi standard et une production moderne laissant toute la place aux basses tout en conservant un côté rugueux et sombre typique du Black Metal. De plus, on remarque une approche des structures musicales simple et directe qui laisse une grande place à un groove superbement efficace qui se poursuivra sur toute la durée de l’album. Puis, Dead and Gone commence et on constate que le groupe sait varier les styles en nous proposant des influences allant jusqu’au Stoner. Ainsi, le groupe parvient à éviter le piège de la répétition et de l’ennui en nous présentant des facettes différentes de sa musique presque à chaque pièce, que ce soit un Black N’ Roll rappelant les derniers efforts de Satyricon, mais avec une encore plus grande efficacité sur Death N Roll, un Blackened Doom puissant sur I Love Cyanide, ou encore un Black Metal infusé de nettes influences industrielles à la Rammstein sur Agitator (upptakt till Vrede) et Vrede.

Ce qui surprend le plus lors de l’écoute de l’album est l’efficacité avec laquelle le groupe sait présenter ses influences variées dans un tout cohérent. Cursed 13 s’appuie pour cela sur une base solide: des motifs de guitare riches, variés et superbement agencés; une basse vibrante et bien présente qui accentue les grooves efficaces du groupe; une batterie organique qui évite d’en faire trop pour se concentrer sur l’efficacité; un vocal râpeux typique qui éructe des paroles agressives et résolument sombres. L’ajout d’interludes électroniques bien placés et de solos de guitare à l’approche très rock viennent compléter cette mixture gagnante. La seule faiblesse objective qu’on pourra souligner est que sur un album réfléchi et calculé en fonction de l’efficacité et de la simplicité tel que Triumf, il manque ce petit grain de folie ou d’abandon qui aurait pu amener l’album à un niveau supérieur. Le groupe pèche donc peut-être par excès de retenue. De plus, la finale abrupte de l’album fait en sorte que l’auditeur a l’impression d’être laissé en plan avant d’avoir rassasié son appétit. Comme si l’ensemble de l’album nous emmenait vers quelque part, mais nous laissait tomber juste avant d’arriver à destination. Qu’à cela ne tienne, il s’agit tout de même d’un premier effort très prometteur pour la troupe de Stockholm.

En somme, Cursed 13 nous offre un premier album qui saura ravir les amateurs de Black Metal qui recherchent une approche variée, orientée sur le groove et efficace sortant des schémas habituels du genre. La formation démontre donc avec cet opus qu’un futur prometteur s’étale sous ses pas et réussit là où plusieurs groupes, tels que Satyricon par exemple, semblent s’être quelque peu perdus récemment. Triumf est donc un album très efficace et facile à digérer qui pourra être dévoré avec appétit.

7,5/10

Pièces favorites: Dead and Gone, Death N’ Roll, I Love Cyanide et Frälst av Eld

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

Vikings, anges de la mort et coït interrompu à l’Impérial

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Where the fuck is Death Angel on your fucking promo????!!!

 

Dans l’univers du Metal, peu de groupes peuvent se passer de présentations autant que Children Of Bodom. En effet, avec son cocktail unique, que l’on pourrait qualifier d’Extreme Power Metal (je trouve personnellement que cette appellation est plus juste dans le cas de COB que celle de Death Mélodique) composé de virtuosité à la guitare et au clavier, de mélodies accrocheuses, d’agression et de voix tirant sur le Death et le Black Metal, la troupe d’assassins du Lac Bodom menée par Alexi Laiho a connu une popularité immense dès son second opus en carrière, le très acclamé Hatebreeder (1999). Or, après son excellent quatrième album intitulé Hate Crew Deathroll (2003), la formation a opéré un changement de direction qui lui a aliéné une bonne part de ses fanatiques de la première heure en raison d’une simplification abusive de sa musique et une concentration sur des aspects lyriques plus mainstream probablement destiné à lui ouvrir le marché du Metal commercial avec les albums Are You Dead Yet (2005), Blooddrunk (2008) et Relentless Reckless Forever (2011). Toutefois, la formation semble être revenue plus près de ses racines avec son nouvel album sorti en 2013 intitulé Halo of Blood. Un peu de la même façon, l’organisation locale de production Capitale du Metal, fondée par des passionnés de Metal de Québec en 2002, a connu un départ fulgurant au moins jusqu’au milieu des années 2000 avec l’objectif apparent d’amener des spectacles Metal que l’on pourrait qualifier d’envergure moyenne internationale dans la vieille capitale qui ne connaissait pratiquement avant que les spectacles de groupes métalliques locaux ou les spectacles de méga vedettes au Colisée. De plus, l’organisation a aidé des nombreux groupes locaux à percer au grand jour en les jumelant à des têtes d’affiche internationales dans le passé et en utilisant son site web et son forum, jadis incontournable, pour critiquer leurs albums et parler de leurs activités. 

Cependant, depuis quelques années des lacunes semblent être apparues dans le fonctionnement de cette organisation qui ont un peu terni sa réputation au sein des amateurs de Metal de la Capitale, desquels j’ai souvent entendu les commentaires suivants: les mêmes groupes internationaux qui reviennent sans cesse, des manques en ce qui concerne la promotion des évènements causant des passages à vide dans certains cas (venue de Hypocrisy ou de Enslaved à l’Impérial en tête d’affiche par exemple) et un abandon virtuel des groupes locaux qu’on ne voit pratiquement plus dans les spectacles de Capitale du Metal et sur leur site web, ce que je trouve très dommage. Ainsi, quelle ne fut pas ma stupeur de constater qu’en ce qui concerne le premier spectacle de la tournée de Children Of Bodom, très peu de publicité semblait avoir été faite à l’exception de la création d’un évènement Facebook et de mentions sur le site et la page Facebook de Capitale du Metal. Malgré le fait que je me rende dans au moins un spectacle de Metal par semaine à Québec, je n’ai vu aucune affiche, ni aucun flyer de ce spectacle et aucune mention n’avait été faite que Death Angel, un groupe de Thrash Metal célèbre, serait de la partie sur ledit évènement Facebook. Enfin, aucun groupe local n’avait été prévu pour ouvrir la soirée alors que la ville fourmille de groupes qui pourraient très bien être jumelés à ce genre de spectacle, ce qui est triste, mais incombe possiblement aussi à l’organisation de la tournée Halo Of Blood Over North America ou à une question logistique. Tout cela me faisait craindre un insuccès de foule qui nuirait à la venue d’autres événements futurs avec des groupes de Metal du même calibre, événements qui semblent d’ailleurs de moins en moins fréquents depuis environ quatre ans à Québec.

Heureusement, je m’étais trompé et quelle ne fut pas ma surprise, en arrivant dans  l’Impérial à 19 h au bras de ma déesse de cuir vêtue, de constater qu’il ne restait qu’une centaine de billet en vente et qu’il y a avait une file devant le guichet, malgré le peu de publicité visible dans les mois avant le spectacle, le fait que c’était la Saint-Valentin et la tempête hivernale qui avait fait rage ce matin-là. Je saluai Josianne Daigle qui me donna accès à la salle, une gracieuseté de Alain Gagnon de Capitale du Metal, et nous entrâmes sans tarder dans la salle où se faisaient déjà entendre les notes de l’introduction de Týr dans un début de spectacle à une heure quelque peu précoce pour un vendredi soir de tempête.

Fondée en 1998, Týr est une formation Folk Metal provenant des Îles Féroé qui a choisi une approche Heavy/ Power Metal à laquelle elle incorpore des éléments de musique traditionnelle de ses îles natales. Avec sept albums en carrière, le groupe jouît d’une solide réputation et j’étais heureux de voir ce quatuor composé de Heri Joensen (guitares et chant), Terji Skibenaes (guitares et chœurs), Gunnar H. Thomsen (basse et chœurs) et Amon Ellingsgaard (batterie et chœurs) sur scène, pour la première fois dans mon cas. Menée par des musiciens d’expérience plaquant des structures et des mélodies accrocheuses, la performance du groupe fut extrêmement entraînante. Je trouvai la musique du groupe très intéressante, car elle marie le côté mélodique du Heavy/ Power traditionnel à un son plus sombre et puissant que la moyenne, grâce à la présence de deux guitares sept cordes qui ajoutent des textures plus grasses à la musique. Cependant, je fus un peu déçu par la sonorisation qui ne rendait pas tout à fait justice aux compositions du groupe. En effet, la batterie était beaucoup trop forte dans le mix (un aspect récurrent des nombreux spectacles que j’ai vu à l’Impérial) ce qui nous empêchait parfois de clairement distinguer la guitare rythmique et le vocal du chanteur. Seuls les solos de guitare arrivaient à se frayer un chemin au-dessus de la batterie assourdissante, probablement en raison de l’emploi d’overdrive par les guitaristes. Le groupe démontra aussi une très bonne présence scénique et ne lésina pas sur l’énergie, ce qui fit que lorsqu’ils terminèrent leur prestation après seulement trente maigres minutes, je fus laissé sur mon appétit. Effectivement, j’en aurais pris beaucoup plus, ce qui signifie que ce fut une mission accomplie pour Týr qui se retira sous un tonnerre d’applaudissements. Malheureusement, je n’ai pas pu avoir accès au setlist de leur prestation.

Après une quinzaine de minutes d’entracte, c’était maintenant aux vétérans californiens du Thrash Metal, Death Angel d’entamer leur tour de chant. Fondé à San Francisco en 1982 par de jeunes adolescents d’origines philippines, Death Angel a connu des débuts fulgurants en pratiquant une forme très intransigeante et sombre de Thrash Metal avant de s’éteindre en 1991 avec la soudaine perte de popularité de ce genre. Cependant, le groupe s’est reformé en 2001 à l’occasion d’un concert-bénéfice pour aider Chuck Billy de Testament à surmonter son cancer. Depuis, Death Angel a continué sa route, enchaînant à nouveau les albums et les tournées. Le groupe est mené par les deux membres « originaux »: Rob Castevany (guitares) et Mark Osegueda (chant) jumelés aux « nouveaux venus »: Ted Aguilar (guitare), Damien Sisson (Basse) et Will Carrol (batterie). Sans compromis et évidemment apparenté stylistiquement à la musique pratiquée par Slayer, Death Angel nous offrit trois quarts d’heure de démolition totale menée par une présence scénique puissante et le charisme impressionnant de son chanteur. Devant une salle maintenant quasiment pleine, le quintette se donna corps et âme pour démontrer que sa vigueur d’antan n’est pas éteinte et que sa musique est toujours aussi efficace devant public. Les spectateurs réagirent de façon frénétique et les hostilités ne connurent pas de répit dans une fosse hautement périlleuse et violente, notamment sur la classique Mistress of Pain. Après un solide « mash-up » de The Ultra-Violence (Intro) et Thrown To The Wolves, le groupe se retira devant un public en délire. La table était donc drôlement bien mise pour Children Of Bodom qui avait la pression de dépasser une prestation complètement débile de Death Angel.

Setlist de Death Angel :

«Left for Dead»
«Son of the Morning»
«Claws In So Deep
«Succubus»
«Execution – Don’t Save Me»
«The Dream Calls for Blood»
«Mistress of Pain»
«The Ultra Violence Intro / Thrown To The Wolves»

Après une demi-heure de pause, les Finlandais de COB se présentèrent sur scène visiblement en grande forme pour le premier spectacle de la tournée et contrairement à quelques-unes des quatre fois précédentes où je les ai vus, les petits sacripants ne semblaient pas trop intoxiqués par l’alcool ou d’autres substances. Aussitôt, on eut droit à une surprise de taille, le groupe nous interprétait l’excellente « Sixpounder » de l’album « Hate Crew Deathroll » plutôt que d’ouvrir avec une pièce du  dernier album, ce à quoi on aurait pu s’attendre sur le premier spectacle de la tournée dudit album. On aurait donc droit à un setlist varié qui comprendrait environ deux pièces de chaque album de la discographie des assassins du Lac Bodom à l’exception de « Something Wild (1997)» et «Blooddrunk» desquels ils n’interprétèrent qu’une seule pièce chacun, «Are You Dead Yet » et le dernier « Halo of Blood» avec trois pièces chacun. Comme je le disais, le groupe était en très grande forme et cela parût dans leur performance hautement énergique, charismatique et très précise au plan musical. Toutefois, contrairement à son habitude, le groupe ne nous offrit pas de solo de batterie et très peu de moments typiques ou Alexi Laiho rejoint Janne Warman pour un échange de solo épique. Qu’à cela ne tienne, la performance de grande qualité souleva littéralement la salle pratiquement comble qui ne se gêna pas pour hurler, brasser et s’entrechoquer tout en levant le poing à la gloire du célèbre groupe. Côté son, les choses étaient un peu moins nettes avec des guitares parfois mal définies, trop fortes ou pas assez fortes, comme si le technicien de son jouait constamment avec ses réglages. Le son du vocal variait lui aussi constamment, parfois imperceptible dans un mix enterré sous la batterie. Cependant, la performance solide du groupe était là pour nous le faire oublier jusqu’à ce que le groupe termine sa performance en queue de poisson. En effet, le groupe se retira après l’excellente « Downfall » pour revenir avec un rappel décevant ne comprenant que la médiocre « In Your Face ». Le groupe allait donc se sauver sans nous interpréter un autre classique tel que « Bed Of Razors », « Silent Night, Bodom Night », « Kissing The Shadows », « Needled 24/7 » ou encore « Deadnight Warrior » et j’en passe. Une seule de ces pièces aurait pu rajouter une cerise sur le sundae, mais le groupe se sauva à l’arrière-scène à 22 h 20 sans demander son reste sur « (You Gotta) Fight For Your Right (To Party!) » des Beastie Boys en arrière-plan sonore. Tout pour nous démontrer que les nombreux éloges à la foule de Québec par Alexi Laiho et Henkka Seppälä dans sa traditionnelle adresse en français à la foule, n’étaient que des paroles. Bref, une très bonne performance, mais un petit manque de générosité et une finale décevante pour des spectateurs dévoués.

 

Setlist de Children Of Bodom :

«Sixpounder»

«Living Dead Beat»

«Bodom Beach Terror»

«Halo of Blood»

«Scream for Silence»

«Hate Crew Deathroll»

«Lake Bodom»

«Follow the Reaper»

«Dead Man’s Hand on You»

«Are You Dead Yet?»

«Blooddrunk»

«Angels Don’t Kill»

«Towards Dead End»

«Hate Me! »

«Downfall»

Rappel:

«In Your Face »

 

En conclusion, le premier spectacle de la tournée « Halo Of Blood Over North America 2014 » fut généralement un succès malgré les aléas du son et une fin de performance un peu décevante pour la tête d’affiche. De plus, malgré une promotion honnêtement peu élaborée, Capitale du Metal a pu compter sur la popularité de la tête d’affiche pour obtenir une salle pleine. Cependant, je crois humblement que si l’organisation souhaite continuer à être un chef de file dans l’organisation de tels spectacles elle devrait apporter quelques petites améliorations sur cet aspect. Par exemple, il serait bien de mentionner tous les groupes présents sur l’évènement Facebook du spectacle, d’accentuer la visibilité du spectacle et de faire plus de rappels sur les médias sociaux que seulement en faire un la veille. Ces lacunes sont dommages, parce qu’autrement Capitale du Metal est une force sur le plan organisationnel et pourrait continuer de prendre de l’ampleur. Enfin, j’en place une pour la scène locale en disant que ça serait très plaisant que les prochains gros spectacles de CDM soient ouverts par des groupes locaux de talent, ce qui serait un très bon coup de pouce pour eux. De plus, il serait plaisant qu’ils augmentent la visibilité de la scène locale sur leurs pages au lieu de mettre l’emphase que sur les gros groupes de l’extérieur. En terminant, je désire remercier chaleureusement Alain Gagnon de Capitale du Metal pour l’accès à cette soirée!

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas