David « Daedalus » Habon, membre fondateur, chanteur et claviériste du groupe Daedalean Complex, conviait les amateurs de musique sombre de Québec au premier spectacle de la tournée « Infernal Alliance. Au menu; une première prestation dans la vieille capitale pour Black Empire (Rouyn-Noranda); un retour des figures cadavériques de Hollow; un autre passage pour les romantiques psychotiques de Obscurcis Romancia et une première prestation en tête d’affiche en 2014 pour les vedettes locales de Daedalean Complex. De plus, l’impétueux Dave Rouleau m’avait chargé d’interviewer les sympathiques membres de Black Empire dont j’avais déjà connu deux des membres en partageant la scène avec leur autre groupe, Cryptik Howling, lors de la troisième édition du Black Metal Origines en mars 2013. C’est donc avec un enthousiasme aucunement affecté par le cocktail de précipitations tombé au cours de la journée que ma féline métalleuse et moi quittâmes notre tanière limouloise pour rejoindre le fameux débit de boisson du quartier Saint-Roch connu sous le nom de L’Agitée.
Arrivés sur les lieux du crime peu avant 20h, nous eûmes le temps de sympathiser avec Emmanuel « Audeath » Audet (Black Empire, Cryptyk Howling), Sébastien « Zhorgh » Gagnon (Black Empire, ex-Cryptik Howling) et Idrys (Daedalean Complex) avant de monter au premier étage pour commencer à étancher notre soif de houblon, tout en assistant aux tests de son. En effet, en raison des mauvaises conditions routières de la journée, un peu de retard avait été pris sur l’horaire de la soirée et les groupes se dépêchaient à compléter les préparatifs avant le début du spectacle. Vers 20h40, les membres de Black Empire prirent place sur la scène et lancèrent les hostilités devant une foule à la taille quelque peu décevante.
Fondé en 2001 dans la petite ville minière de Duparquet en Abitibi, Black Empire est un groupe qui joue un Black Metal à la scandinave typique. Comme démontré sur le premier opus complet de la formation intitulé 2000 AD lancé le 19 octobre 2013, leur musique est un assemblage efficace de motifs tout droit sortis de l’esprit sombre du début des années 1990 tout en gardant un côté mélodique et accrocheur très intéressant. La formation actuelle de Black Empire est un quatuor composé de: Audeath à la guitare et au vocal, Julius à la batterie, Zhorgh à la guitare et Morhatous à la basse. Pour son premier passage en carrière à Québec, le groupe nous démontra rapidement qu’il était prêt à tuer. En effet, leur courte prestation fut rondement menée, précise et enlevante malgré une sonorisation manquant parfois de définition. De plus, les membres du groupe me dirent avoir eu une grande difficulté à s’entendre mutuellement en raison des deux seuls moniteurs de scène désuets et en état de décrépitude de l’endroit. Dans ces conditions, le groupe assura donc de très belle façon avec énergie et talent. Les quelques spectateurs présents semblèrent d’ailleurs apprécier la prestation y allant de moulins à vent chevelus et de violence amicale. Plusieurs furent cependant importunés par un individu au comportement erratique, visiblement fortement intoxiqué par je ne sais quelle substance qui malmenait les autres personnes présentes sans se rendre compte d’une hostilité grimpante à son égard. Ce fut donc une ouverture de tournée, une ouverture de soirée et une première prestation à Québec extrêmement réussie pour Black Empire qui s’apprête déjà à enregistrer, à partir du 2 mars prochain, un second opus complet. Vous pouvez suivre les activités de ces Nordiques en suivant ce lien.
Après une très courte pause, c’était maintenant aux Montréalais de Hollow de venir nous livrer leur mélange de Black Metal symphonique et de Death Metal mélodique. C’était la deuxième fois que j’assistais à un de leur spectacle, suite à leur passage de l’an passé en compagnie de Einherjer dans les mêmes lieux et je dois dire bien honnêtement que je les attendais de pied ferme. En effet, si j’avais été impressionné par la performance scénique et le talent de ce groupe lors de ce précédent spectacle, leur style musical m’avait moins convaincu de sa pertinence puisqu’un peu trop proche de ses influences évidentes telles que Cradle of Filth et Children of Bodom. Aussitôt arrivée sur scène, la troupe composée de Blaac (batterie), Cadaver (guitare soli), Mott (vocal) et Snow (basse) se fit remarquer encore une fois pour son talent scénique: superbes maquillages corporels cadavériques appliqués au airbrush, énergie contagieuse et performance musicale accomplie. Le groupe s’appliqua ainsi à nous livrer efficacement, précisément et de façon très mouvementée les pièces de son répertoire passé ainsi que des pièces de son futur album entrecoupées d’interventions charismatiques du chanteur. La foule qui s’agrandissait lentement mais sûrement apprécia grandement le spectacle, mais fut encore une fois importunée par l’idiot du village décrit précédemment. Toutefois, celui-ci fut cette fois chassé de la fosse après avoir bousculé les photographes présents(es) à grand renfort de coups de pieds au derrière et s’enfuit sans demander son reste, réalisant sans doute enfin qu’il dérangeait tout le monde. Une performance très convaincante pour Hollow en somme, bien que subjectivement et personnellement parlant je sois moins attiré par leur style musical. De plus, encore une fois, le son souffrit un peu d’indéfinition et les séquences orchestrales employées par le groupe étaient bien souvent enterrées sous le reste de l’ensemble sonore. Quoi qu’il en soit, si vous êtes un fanatique de sombre symphonie et de virtuosité mortelle, Hollow est certainement un des meilleurs groupes du genre au Québec et vous pourrez en découvrir plus sur eux sur leur page facebook.
Après un entracte un peu plus long que le précédent, c’était au tour de Obscurcis Romancia de venir s’exécuter sur la scène de L’Agitée. Originaire de Longueuil, Obscurcis Romancia existe depuis 1997 et pratique un Blackened Death Metal à tendance symphonique, marqué par des claviers néo-classiques. Après une démo, un EP et un album intitulé Theater of Deception en 2012, la formation peut se targuer d’être une des plus vieilles formations québécoises du genre à être encore active. Les membres de Obscurcis Romancia sont: Rémi Vallières (basse), Jean Rufiange (batterie), Pascal Lechasseur (clavier), Frédéric Le (guitare soli), Stéphane Breton (guitare rythmique) et Francis Tremblay (vocal). Aussitôt arrivés sur scène, la formation se lança dans un assaut musical qui me rappela immédiatement les quatre premiers opus de la bande à Dani Filth: grandiose virtuosité au clavier, motifs de guitare mélodiques en trémolo sur des phrases longues et voix alternant entre un guttural à la Deicide et un cri haut perché. Pour ma première fois avec le groupe, j’appréciai donc le talent musical et scénique de la formation bien que comme dans le cas de Hollow, je fus moins attiré par le style de musique que le groupe pratique. En effet, j’ai autrefois bien aimé cet assemblage de symphonie, de virtuosité et de noirceur, mais mes goûts ont évolué vers une forme plus directe et pure de méchanceté. De plus, les pièces jouées par le groupe me semblaient être très semblables les unes aux autres. Cela dit, ce sont des commentaires biens subjectifs de ma part puisque la prestation de Obscurcis Romancia fut très bien menée par des musiciens de talent, particulièrement le claviériste qui est impressionnant à voir jouer et leur performance fut d’ailleurs le moment le plus peuplé de la soirée. Plusieurs des spectateurs démontrèrent d’ailleurs clairement leur appréciation de ladite prestation en s’entrechoquant joyeusement et en hochant la tête comme des possédés. Côté son, il était cependant parfois difficile de différencier les deux guitares et le clavier semblait parfois manquer de jus dans la sonorisation quelque peu approximative qui dura toute la soirée. Enfin, si vous êtes fanatiques de symphonies, de claviers virtuoses et de sombres mélodies, Obscurcis Romancia est pour vous et allez consulter leur page Facebook si vous ne les connaissez pas encore.
Une dernière pause et c’était maintenant le tour des citoyens locaux de Daedalean Complex de prendre le crachoir. Le quintette de Québec qui a commencé sa carrière en 2007 sous le signe du Goth Metal a connu une transformation dans les dernières deux années qui l’ont mené à une refonte de sa formation et une évolution vers une forme de Black Metal gothique sur son second album intitulé The Rise of Icarus (2013). De plus, quelle ne fut pas ma surprise lorsque je constatai un nouveau changement dans la formation scénique de Daedalean Complex. En effet, un des deux « nouveaux » guitaristes de la formation, Doom6, était remplacé par Fred Bédard (ex-Moonlyght, ex-Nephusim) qui a réalisé ledit dernier album de la formation et il en ira de même pour les prochains spectacles comme l’annonça Daedalus (Vocal, claviers et orchestration studio) pendant la prestation du groupe. Comme à son habitude la prestation de Daedalean Complex fit une belle place à la théâtralité avec une introduction où Idrys (batterie) escorta jusque sur scène, une séduisante pin-up gothique légèrement vêtue et affublée d’un masque à gaz. Celle-ci allait aussi danser sur scène pour le reste de la prestation, pour le plaisir de nos yeux. Hautement professionnel, le groupe nous livra une sélection précise de trois quarts d’heure environ des meilleures pièces de son répertoire. Le public, malheureusement visiblement dégarni par la sempiternelle heure du dernier autobus, démontra son appréciation du spectacle par des hostilités dans la fosse et des cris bien sentis. Seule ombre au tableau, quelques problèmes techniques affectèrent légèrement la performance du groupe. Effectivement, le micro sans fil du leader de la formation ne fonctionnait pas au début et le micro fourni par la salle rendit l’âme alors qu’il ne restait qu’un seul couplet à la dernière pièce du spectacle. Ce fut donc une autre très belle prestation pour Daedalean Complex et une très belle ouverture de tournée provinciale pour eux.
Immédiatement après la prestation de Daedalean Complex, je me retrouvai dans la loge avec Julius et Audeath de Black Empire pour une petite entrevue qui sera publiée sous peu sur Ondes Chocs. Puis, après quelques autres breuvages alcoolisés, nous rentrâmes au bercail après cette belle soirée de métal sombre et gothique. En somme, ce fut une un très beau commencement pour le Infernal Alliance Tour malgré un achalandage que l’on pourrait qualifier d’un peu décevant en regard de la qualité des groupes présents. Cependant, il faut tenir compte qu’il y avait aussi un spectacle de Voivod et Dance Laury Dance au Théâtre Petit Champlain ce soir-là ce qui a possiblement influé sur la participation des métalleux de Québec. Cet état de fait semble de plus en plus prévalent dans une ville moyenne où les spectacles sont de plus en plus concentrés les mêmes soirs, ce qui fait une plus petite part de gâteau pour tout le monde. En terminant, je désire remercier chaleureusement David « Daedalus » pour les accès à la soirée et les gars de Black Empire pour l’entrevue très intéressante.
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas


























