Genetic Error: lancement de l’album Fake World

Genetic Error, lancement de l’album Fake World

 

 

André Lachance – basse/voix
Louis-Simon Bellerose – guitare/ voix(back)
Patrock Béliveau – batterie

 

À une époque lointaine, où les abonnements aux cassettes Columbia faisaient rage, naquit un groupe perturbant sur la scène locale. Avec un son mutant entre punk,thrash et metal, ils nous introduisent à leurs textes sur le chaînon manquant social que nous sommes comme société. Ils traversent les époques dans le monde de l’underground pour en devenir un emblème québécois. Leur résilience nous amène fin 2024 avec un nouvel album nommé Fake World avec un spectacle de lancement qui ne devrait tarder. Cette chronique présente justement l’album et vous fournit toutes les informations nécessaires pour voir ce groupe légendaire. Bienvenue dans le monde thrash difforme de Genetic Error.

Mais avant de s’avancer sur ma description de l’album, j’ai interpellé Louis-Simon Bellerose pour qu’il puisse nous entretenir sur la venue de celui-ci.

Ondes Chocs: Parle-moi de la création de l’album Fake World. Comment s’est passée sa réalisation?

Louis-Simon Bellerose: ‘’Je te dirais que l’album a été composé en majorité, entièrement entre l’été 2019 et jusqu’à décembre 2023. On est entré en studio à la fin du mois et il y a même une pièce comme Evil Walking, la section du milieu de la  »tune » où tu entends le sampling d’un politicien qui parle…toute cette section là a été composée pratiquement en studio. Il y a des paroles qui ont été modifiées aussi en studio. Je te dirais que l’album, on l’a travaillé jusqu’à la dernière seconde. Pis aussi, une affaire qui est à souligner, c’est que la pandémie a été bénéfique pour ça, parce qu’avant, on avait souvent, du moins, on essayait de faire des spectacles en même temps qu’on essayait de composer. Vu qu’on ne se voit pas énormément non plus, moi j’ai d’autres projets, André est souvent sur la route avec son emploi. Quand on se voyait, on n’avait pas le choix, si l’on avait un spectacle à répéter, on ne pouvait pas s’abandonner à la composition tant que ça. Quand la pandémie est arrivée, ça a vraiment donné un  »go » pour composer parce qu’on avait rien que ça à faire. C’est vraiment un travail d’équipe entre moi, André et le drummer qu’on avait à l’époque, de 2019 à aller jusqu’en 2021, qui s’appelle Stéphane Desbiens. Le gros des  »tunes », on les a composées avec lui. Pis Pat (Patrock) est arrivé en novembre 2022  et il se les ait vraiment appropriées parce que, rendu là, on avait toutes nos tunes. Ils se les ait approprié d’une belle manière et moi ç’a été l’affaire qui m’a dit que Pat c’était le bon gars pour nous parce qu’il est entré dans les nouvelles tunes de façon très à l’aise…il a mit son  »feel » à lui et ça vraiment aidé à ce que l’album est devenu finalement. Les paroles, c’est une collaboration entre moi et André en particulier, surtout nous qui avons écrit les paroles…je te disais que l’album à été composé  en majorité pendant la pandémie, une  »tune » comme Beast, si tu écoutes les paroles comme il le faut, ça ressort un peu là dedans…ça paraît qu’on était dans la pandémie.’’

 

Fake World

Jour après jour, il est ‘’l’homme de la rue’’, anonyme. Il fait ce qui doit faire dans un monde froid et qui apporte tant de non-sens. Soumission au maître, travail encore et encore dans une société où il est un numéro. La routine du dominé dans un monde d’illusion de liberté. Un univers qu’il accepte, par faiblesse, par manque de vision ou par confort dans son mode d’esclave rémunéré. Une satire sur notre mode de vie et notre conformisme, notre inaction, dans une société de brouillards et de fausses aspirations. La matrix qui nous endort et pour nos propres raisons; on ne veut plus se réveiller. Un début d’album qui rentre dedans et ce n’est que le début, en spectacle, je m’attends à voir des gens dans un thrash endiablé!!! Solo de guitare: sur la coche, superbe exécution.

 

Life

Une chanson positive…aller vers l’avant, nous n’avons pas le temps broyer du noir sur le passé. Le temps va avec ou sans nous et c’est à nous d’avoir le focus. Une chanson qui nous amène dans une nuance de rift et de changement de rythme. Probablement ma préférée de l’album, juste au niveau percussion c’est vraiment excitant. Un superbe travail de Patrock à la batterie. J’ai les pieds qui sautillent tout seul en écoutant ce morceau…je suis excellent en air drumm, pour ceux que ça intéresse. Si c’est pas déjà fait, pas encore écouté? Voici ci-bas, Life, juste pour vous!

 

 

Tétanisé

En français, svp!!! L’histoire d’une chenille qui est bien dans son cocon, pas certaine de vouloir devenir un papillon car il vient juste de se faire poser le Wifi. Le mirage du confort pour être assis dans de quoi de chaud un peu trop longtemps. La thématique du pris au piège par son propre mode de vie hyperconnecté, mais seul. Un voyage cérébral anxiogène, mais sans mouvement. Belle description de la paralysie devant l’écran dans un départ musical ténébreux et inquiétant et qui change de vitesse avec un puck hardcore… j’aimerais avoir une vidéo de celle-là. Un feeling à la Groovy Aardvark et d’autres du genre qui nous interpellent tellement. Sans aucun doute, on se rappelle que ça peut brasser en ‘’francophone »!

 

Evil Walking

Musicalement, on ressent l’empressement de façon militaire ou machinale d’aller dans le même sens d’une marche rapide. Sur un texte qui nous interpelle sur notre impuissance collective face aux maîtres décideurs de notre fausse démocratie. J’ai particulièrement aimé la venue d’une ambiance sludge qui précède le discours d’un politicien. Ce qui donne une belle nuance à la chanson. Un moment plus dépressif dans la désolation de la conscience momentanée pour revenir au rift du début…comme si ce moment de conscience n’avait servi à rien, sauf nous rappeler de notre statue sociale.

 

29

Rapidement, en écoutant et en m’appropriant le texte de cette chanson, je me suis rendu compte de son importance. Que c’était une dédicace, un hommage ou une lettre à un vieux chum. J’ai décidé humblement de ne pas la décrire et de laisser plutôt André Lachance vous présenter le visage sous le 29.

 

Ondes Chocs: Concernant le titre 29, j’avais une bonne idée du fait que c’était en lien avec Marc-André Fortin, votre premier batteur. Puisque tu en fais un hommage, peux-tu nous en parler un peu pour nous le faire connaître?

André Lachance: ‘’ J’ai connu Marc-André, j’avais dix-huit ans. Il était au conservatoire de Trois-Rivières en même temps que mon mentor Mario Prudhomme, celui qui m’a appris à jouer de la basse. On avait de la difficulté à se trouver un drummer qui était prêt à mettre du temps pour monter de quoi de sérieux. Un jour Mario m’a dit: ‘’on va aller jammer chez un gars qui étudie en musique avec moi’’. Dans sa cave, à quatorze ans, il jouait l’album Moving Pictures de Rush intégralement. La chimie s’est installée sur le champ. Marc-André était sans doute l’un des meilleurs drummers du Québec. Son professeur à l’université lui avait dit que c’était lui qui en avait à lui apprendre. C’est alors qu’on a décidé de faire cette tune (29) qui immortalise celui qui fut la colonne vertébrale de Genetic Error.’’

 

 

Beast

Une chanson qui sent effectivement le Covid, comme disait Louis-Simon. Ce moment de chaos et de totalitarisme de cette époque pas si lointaine est imprégné dans les textes. Sous une musique intelligente qui change constamment, je suis envahi par un « Voivod feeling », comme on dit: ça groove ! Puisqu’on parle du Covid, je ne pouvais passer par-dessus le dernier arrivé 2022 dans ce trio trifluvien. Pendant que les microbes, paranoïas et directives se dissipent, nous voilà avec un vent de fraîcheur lors de l’arrivée de Patrock Béliveau pour compléter notre trio mutant. Pour mieux vous le présenter, je lui ai posé une question sur son arrivée dans le groupe.

 

Ondes Chocs: Tu es déjà impliqué avec Darksider et Sons of Seth. Parle moi de ta décision de faire partie de Genetic Error?

Patrock Béliveau: ‘’André m’a contacté pour faire une session studio pour le nouvel album et j’ai dis oui et que même je suis partant pour être dans le band même pour des gigs. Il m’a dit qu’il aimerait ça et qu’il n’osait pas demander vu que j’étais déjà dans Darksider et de paraître du gars qui vole les musiciens des autres bands. Darksiders et Genetic on avait déjà fait plus d’un show ensemble, donc on se connaissait déjà et j’ai toujours trouvé Genetic un band intéressant et impressionnant. La composition, je la laisse à André en Lewis vu qu’ils sont dans le band depuis plus longtemps que moi. Je fais l’ensemble de mes Beats, mais parfois, André ou Lewis ont des exigences de Beats pour fitter avec leurs riffs.  Le challenge, je dirais, c’est surtout d’enfiler les souliers de Marc-André Fortin pour les compos originales. M.-A. était un Drummer hors pair et c’est gratifiant qu’on me laisse jouer ses compos. Je ne suis pas à la hauteur de M.-A et il a tout mon respect. Je ne l’ai pas connu malheureusement, mais j’en ai entendu parler et c’est vite devenu une idole pour moi.’’

 

Making a Full of Yourself

Une thématique qui nous rappelle que, si l’on est génétiquement tout croche, notre psyché peut l’être encore plus. Notre défaillance en communication et surtout de rumination compulsive qui nous amène des états complètement autodestructeurs.

Le texte est très large, ce qui nous permet de nous l’approprier dans notre propre vie  et notre propre miroir qui nous donne ce si détestable reflet. Vouloir exister sans s’humilier par l’affirmation de soi est un art. J’adore les changements de tempo, cette émotion de changement, ce rythme qui parfois me donne des vibrations à la Dead Kennedys. Belle performance du trio pour la coordination de cette chanson et quelle belle façon de terminer l’album.

Terminé pour la chronique, mais ce n’est que le début pour l’album Fake World. La date à retenir pour le lancement est le 7 décembre 2024, à l’Entité. Le 27 décembre, ce sera au tour de l’Anti-Bar à Québec de les recevoir. Quelle belle façon de terminer l’année. L’album est disponible sur plusieurs plateformes…, mais il faut absolument aller les voir en spectacle. Quand un groupe culte de l’underground comme Genetic Error sort un album, ça se fête ensemble!

 

-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground

 

Lancement de Chaos Wasteland avec Pit Striker et invités @ Steak Liquide, Trois-Rivières – 16 novembre 2024

Voici le retour de notre journaliste Christian Lamothe lors du spectacle de lancement du premier album de Chaos Wasteland présenté au Steak Liquide de Trois-Rivières le 16 novembre 2024 et qui mettait également à l’affiche Pit Striker.

 

Chaos Wasteland et Pit Striker
Lancement d’album dans une soirée Thrash

On attendait cette sortie d’album et, enfin, c’est au Steak Liquide sur Des Forges, Trois-Rivières que ça s’est passé le 16 novembre. C’est devant amis, membres de la famille, fans, des curieux, membres d’autres bands (Chained by Illness, Outlying,…) que le premier album de Chaos Wasteland a son baptême de feu. On a même invité les enfants terribles de Québec, Pit Striker, pour avoir une soirée où le thrash metal est souverain.

 

Pit Striker

Rémi Lavertu : Chanteur
Ben Lessard : Basse
Anthony Martineau : Batterie
Yannick April : Guitare
Alexandre Lessard : Guitare

Quand l’on veut mettre la place sens dessus dessous dès le début, on demande à une formation comme Pit Striker d’ouvrir la marche. On les connaît  depuis la sortie de leur Ep Happy Thrash Friend sorti en 2024. Depuis, le nom circule: un groupe à voir. Après une solide prestation au Quartier de Lune à Québec, j’attendais une autre prestation brutale de leur part et c’est ce qu’on a eu! Rien ne les arrête, ni la fièvre matinale de Yannick April, ni le micro qui lâche en pleine prestation et qui ne fait même pas broncher Rémi Lavertu qui, avec un sourire en coin, reprend comme si rien ne s’était passé. Ce sont des professionnels, des ‘’bad ass’’ et de solides performeurs. Ils en profitent pour tester du nouveau matériel avec See you at 4Pm, Summer Beach Party fub et 2 Minutes for Roughing. Ces trois pièces se retrouveront sur le prochain EP qui est prévu pour le début de 2025. C’est dans la continuité du thrash rythmé avec une instrumentalisation solide qu’ils nous ont habitués. Le nouveau matériel se mélange parfaitement avec les chansons de leur album. On m’a glissé l’information du fait qu’on serait à cogiter sur la mise en œuvre d’une vidéo pour une de ces pièces. Mais je n’en dis pas plus, car je veux garder le  suspense! Dans la salle, ceux qui connaissent le groupe les adorent à nouveau et ceux qui les découvrent sont maintenant fans. Le nouveau matériel se mélange parfaitement avec les chansons de leur album. Pour moi, un festival de thrash metal au Québec, ça se fait avec Pit Striker, point à la ligne.

 

 

Chaos Wasteland

Isaï Flamand- voix
Léo G. Wolf- guitare
Niko Bélanger- guitare
Samuel Ragnarson – basse
James Foster- batterie

Voici arriver nos musiciens à la Mad Max, nos jeunes thrasheurs trifluviens qui sont enfin prêts à nous en mettre plein les oreilles. L’album Chaos Wasteland est à l’honneur, mais c’est avec War Crimes de leur Ep Bloodlust qu’ils déclenchent les hostilités. Je ne sais pas si dans le curriculum exigé pour devenir bassiste de ce groupe, il doit y avoir le fait qu’on ait un pan de mur. Il semble que le nouveau membre du groupe, Samuel Ragnarson soit dans la même veine du moins! Mais sans tomber dans le farfelu, le stage semble si petit et Isaï, lui-même un colosse, aime mieux chanter parmi les spectateurs et, quand il sent que ça ne brasse pas suffisamment, il leur rappelle par sa participation active qu’on est dans un show de thrash. Par moment, je me suis installé sur le côté de la scène pour admirer le travail de James Foster à la batterie, qui fait un superbe travail, très talentueux à la percussion… un diable dans l’eau bénite comme on pourrait dire. Des chansons comme Hellraiders, Ripped & Sliced et Wreckmobile déclenchent l’euphorie parmi les thrasheurs qui s’amusent grandement. Moi, bien assis au bar, j’ai aussi un plaisir fou de voir le mouvement et surtout tant de personnes qui ont du bon temps. Pour donner un punch de plus Territorial Pissing de Nirvana est joué ‘’Chaos Wasteland style’’ avec Léo G. Wolf qui la fait en duo avec Isaï, un moment fort qui est payant pour eux et que vous pouvez retrouver sur l’album disponible à cette date. On termine la soirée avec Wendigo. On oublie souvent le travail de la guitare rythmée et je veux saluer Niko Bélanger pour son travail toujours solide. Pour moi ne pas la jouer serait un outrage et la mettre en finale était parfait.

 

Ce fut une première pour moi au Steak Liquide et j’ai aimé mon expérience de ce bar du centre-ville. Les prestations admirables des deux groupes sur place ont sûrement fait toute la différence. Je trouve pertinent de défier les critiques de Chaos Wasteland à faire mieux pour animer une salle. Car il semble bien en contrôle de leur thrash chaotique, mais, pour moi, il faut les voir en spectacle avant de dire quoi que ce soit sur ce groupe. Si c’est la brutalité qui vous dérange, je connais une émission qui s’appelle la Voix. Si vous voulez un défoulement total, il y a Pit Striker et Chaos Wasteland!

-Christian Lamothe, Chroniqueur thrash de l’underground

Messe Noire//Asgard//Nekrograal @ Rock Café Le Stage, Trois-Rivières – 26 octobre 2024

Voici le compte rendu de Christian Lamothe et les photos prises par Pierre-Luc Forest lors du spectacle de Messe Noire, Asgard et Nekrograal présenté au Rock Café Le Stage de Trois-Rivières le 26 octobre 2024.

 

La noirceur envahit le Café Rock le Stage

Presque une décennie s’écoule entre la création du groupe Messe Noire et l’arrivée de son premier album. En ce 26 octobre 2024, les chariots des damnées sortent des abysses et nous amènent dans une soirée de black metal. Chacun à leur façon, les trois groupes nous imposent leur vision, leur style et leur ambiance. Bienvenue dans un monde où le maquillage blanc et noir est roi.

 

Nekrograal

Clairement, Nekrograal, que ce soit en anglais ou en français n’y va pas de finesse, mais seulement de brutalité. Pour les curieux qui arrivent, on se rend rapidement compte qu’on n’est loin d’un spectacle gothique. Est-ce qu’on peut considérer cela pour de l’extreme death metal? Peut-être ou ce n’est que l’enfer qui nous vomi son excédent de maudits. Dans leur passage, qui fut passablement rapide, nous avons eu l’honneur d’avoir un hommage à Amon Amarth et un nouveau titre Ass and Cock. Voilà, c’est fait…le ton de la soirée a été mis sur table et nous voilà entouré par les adeptes du genre…nous nous enfonçons dans les ténèbres.

 

 

Asgard

Avec un nom aussi connu dans la mythologie norse, vous imaginez un peu de quoi traite leurs sujets. Par contre, nous sommes loin du ménestrel troubadour qui nous invite à des chansons à répondre. Ce groupe nous interpelle à s’initier à une ambiance d’incantations et de ressourcement dans une thématique où les rites anciens avaient non seulement leur place, mais aussi leurs symboliques ancrées dans leur  façon d’être. Ce soir, nous avons la joie d’avoir Mitch de Necronomicon à la batterie avec ceux-ci: tout un appui! Asgard profite de cette soirée pour nous amener plusieurs titres de leur album
Northland Pagan Storm paru en mai 2024.

On est maintenant avec un groupe qui va chercher dans les nuances du style. Avec Time To Provocation on joue entre nostalgie et saccage. Le vocal de Martyr, entre le fry scream et le tunnel throat scream crée cette ambiance de crypte où l’on performe une cérémonie ancestrale…parfaite pour une thématique aussi prononcée. Bien sûr, que je pourrais vous écrire pendant des heures sur la mythologie viking, dont leurs textes prennent sources, mais j’aimerais juste vous dire que le mixte tradition et black metal se marient drôlement bien dans leur performance. Je dois aussi les applaudir pour nous avoir dévoilé et joué une pièce, Waves of Jormundgardr, qui se retrouvera sur un prochain album. L’ambiance du clavier avec Imhotep, le back vocal de Blod et l’orchestration générale est très appréciée par tous. Beau travail aux vikings ‘’Vinelandais’’ de notre capitale de Québec!

 

 

Messe Noire

Trois-Rivières nous amène maintenant son groupe le plus sombre. Une fête funèbre pour la sortie de l’album Ceremonial Death. Une des raisons qui fait que l’album a été si long à produire est clairement liée au divers projet de chaque individu, soit Death (Steve de Cotret) avec Strigampire, Damn avec Satanic et Félix Morneau avec Nekrograal. Mais Morbid, tiens bon avec ce groupe, son projet et le moment est maintenant arrivé…Messe noire se propage comme une peste sur les réseaux et maintenant devant nous en direct du Stage! On avait promis l’intégralité de l’album et on livre la marchandise.

Les nombreux présents sont dans l’ambiance et je dirais que leur son, surtout au vocal, est plus agressif que sur l’album, Sans en perdre de ses nuances. Macabre Prémonition et Flesh Offerings me donnent deux fois plus raison d’être mes préférées quand je les entends en spectacle. Je ne crois pas qu’on attendra un autre dix ans pour le prochain album, car déjà ils sont en composition et nous présente un premier titre: Damnation Spell…très satisfaisant

 

Me voilà bien bien rassasié de pensées impures, de dévotions aux anciens dieux et de maléfices. Une soirée presque parfaite, si ce n’est que de sorcière démente et du froid, annonce de la saison où la noirceur prédomine. Pour ceux qui veulent revoir rapidement Messe Noire, il est à noter qu’ils seront présents à la Sainte-Paix (Drummondville) en décembre, un vendredi 13!!!

 

-Journaliste: Christian Lamothe, Chroniqueur des damnés de l’underground
Photographe: Pierre-Luc Forest

Deadman’s Prophecy//Dynasty//Terror Symphony @ Taverne Royale, Trois-Rivières – 12 octobre 2024

Deadman’s Prophecy, Dynasty et Terror Symphony
Taverne Royale – Trois-Rivières – 12 octobre 2024

Cela faisait un bout que je voulais revoir les Deadmen qui sillonnent le Québec depuis la parution de leur album The Vanishing Dawn en mars 2024. De plus Dynasty, ce jeune band de Montréal dont j’ai entendu beaucoup de bien entre les commentaires sur le web et certaines discussions. En ce qui concerne Terror Symphony, que j’avais vu au Sonum Fest 2024 à Québec. J’avais hâte que performe à nouveau ce groupe constitué d’universitaires en musique et de voir leur cheminement depuis ces cinq derniers mois.

 

Terror Symphony

– Renaud Dubé: voix
– Roxanne Forget: voix
– Damien Sudre: guitare
– Félix Doyon: guitare
– Soleil Anker-Baril: basse
– Matthias Goubet: batterie

Quand Renaud et Roxane chantent sur le même ton, leurs voix pourraient très bien se marier à plusieurs styles. Ils ont choisi le metal à notre plus grande satisfaction et le growning ‘’punch’’ en maître à cette occasion. Dès leur première chanson Retaliation le groupe démontre la capacité de nous en mettre plein les oreilles une musique sophistiquée et nuancée. Le duo de guitariste, Damien et Félix, montre l’amour de leur instrument à cordes, chacun à leur tour ils prennent le devant et exposent leurs connaissances techniques. Don’t look at me est la chanson pour moi qui les fait briller. En mai, Deception fut la première chanson de cette formation montréalaise qui m’a marqué et ce fut avec plaisir qu’ils nous l’ont offert encore ce soir. Ils nous font cadeau d’une nouvelle pièce, mais cette fois-ci en français: Épopée, qui se veut de raconter une histoire de chevalerie fantastique et cela complète très bien leur partie et d’ailleurs on retrouve cette chanson sur plusieurs plateforme  musicale sur le web…soyez curieux. On parle avec eux et on voit que de la musique ils en voient et en mangent. C’est charmant de voir la jeunesse si motivée et ils me promettent que de nouvelles pièces seront bientôt disponibles, Nous allons suivre ça.

 

Dynasty

Math Lorrain : voix/guitare
Math Gervais : guitare
Sam Dumoulin : batterie
Xavier Duchesne : basse

À peine commencé, je tombe en adoration face à la sonorité de la guitare Jackson RR24 de Matt Lorrain. Un son qui rend nostalgiques tous les metalheads des années 80, ça part avec Slavery et l’on est attentif. Dans mes notes que je relis c’est marqué ‘’Drum Drum Drum’’ pour une très bonne raison que je me rappelle très bien: le dynamisme et le spectacle donné par Sam Dumoulin à la batterie qui martyrise son instrument et qui s’amuse avec les spectateurs. Un vrai showman qu’on voit rarement à la percussion, belle belle job Sam! De plus à la basse, Xavier Duchesne se fait remarquer par son puissant ‘’back vocal’’ qui met du tonus, de l’impact lors de ses interventions. Pour un fan de Old school Metal, plein de moments satisfaisants. En fait, plus ça avance et plus on met de la présence et le solo  sur Ever broken est particulièrement savoureux. À l’arrivée de Children of the brave ça monte d’un cran pour aller en finale avec Releace the Demon parfait pour terminer en beauté et surtout un impact clair.

 

 

Deadman’s Prophecy

Carl Rodrigue Basse-Voix
Dave Lambert guitare-voix(back)
Francis de Carufel: batterie

Je les avais déjà vus à l’Entité et au Café Rock le Stage, mais je n’avais pas eu la chance de faire une chronique sur leur passage. Un metal lourd et gras à souhait avec un cowboy qui nous brutalise avec son vocal de ‘’monsieur pas content’’. Ils en ont fait du chemin depuis le Québec Rock Contest et la machine est bien huilée. Quoi de mieux que de commencer en puissance avec Cannibal qui met la barre haute dès le début. On se déchaîne avec Clock, aussi une pièce du dernier album The Vanishing Dawn, qu’on peut aussi voir dans un vidéo de tournée…mais ma foi, toujours plus intéressant de l’écouter en direct avec la mesure du trio qui nous transperce de vibrations ‘’heavy’’. Le rift de Broken Body rentre dans la place comme un marteau piqueur et j’adore ses nuances, probablement ma préférée du band. Dave Lambert est intense à la guitare et il faut rappeler qu’il peut jouer aussi de la basse, de la batterie et récemment s’initie au clavier…un homme-orchestre bientôt! Toujours plaisant de les voir et en spectacle et je leur souhaite une tournée hors du Canada, car personne n’est prophète dans son pays même pour un homme mort ils ont le potentiel, clairement.

 

-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground

 

 

A.S.K//LES TABARNAKS//THE DEFAMED//MORSURE @ Taverne Royale, Trois-Rivières – 28 septembre 2024

Voici le retour de notre journaliste Christian Lamothe lors du spectacle de A.S.K. présenté à la Taverne Royale de Trois-Rivières le 28 septembre 2024 et qui mettait également à l’affiche Les Tabarnaks, The Defamed et Morsure.

 

A.S.K. Les Tabarnaks, The Defamed et Morsure
Rafale punk à Trois-Rivières

Avec la venue des bands Punk-rock des années 90 ou les sujets plus légers du type adolescent poseur-frustré pour s’être fait confisquer sa console de jeux pour ne pas avoir fait le gazon et qui le chante devant un piscine de Beverly Hills entouré de femmes en bikini qui tirent la langue pour faire ‘’bad girl’’. Je me suis distancier un peu du mouvement, cherchant un peu le prochain Dead Kennedys, the Exploited ou The Sainte Catherines, mais clairement à la mauvaise place. En rencontrant de plus en plus de groupes, je me rend compte de mon ignorance face au mouvement punk des vingt dernières années et c’est avec joie que je me laisse guider par mon désir de mélomane d’en apprendre plus, d’en entendre plus…le retour au source du punk avec des groupes actuels. Ce soir à la Taverne Royale, quatre groupes se présenteront devant nous avec cette énergie brute de ce que j’appelle le ‘’street punk vibe’’.

 

 

Morsure

Anthony Bernier – basse/voix
Yann Côté – batterie
Yan Rouleau Marquis – guitare/voix

Un punk francophone cynique, mais ne vous méprenez pas, ce ne sont en rien des bouffons. Le spectacle commence avec la pièce Pourquoi? Qui met l’ambiance dès le début et ce soir, on joue fort à la Taverne! Leurs textes ressemblent à ceux d’un chansonnier qui ‘’pète sa coche’’ et qui à la place de s’arracher les cheveux s’exprime en bon québécois dans toute ses intonations. La chanson qui reste ma préférée: Ben non voyons, un beau pied de nez à notre façon de nous mettre la tête dans le sable malgré ce monde qui va tellement tout croche. Anthony et Yan poussent leur voix à leur maximum et on accroche facilement à leur rythme. Je voudrais d’ailleurs donner mes félicitations à Yann à la batterie qui va être bientôt grand-père…et oui ainsi va la vie qui va! On jouera 3 pièces qui ne sont pas disponibles sur l’ Ep, mais celle qui a vraiment attiré mon attention est celle qui clôturera leur partie de spectacle: Vidange…Parfait pour moi et me donne clairement le goût qu’il l’enregistre. Morsure encore une fois, met la barre où elle se doit pour les autres bands qui suivront.

 

 

The Defamed

Kevin Jardim: guitare/voix
Will Cameron: guitare/voix
Sara Blair: batterie

Suite à la parution de leur album Stomp The Radio (2006) le groupe s’est dissout pour des raisons oubliées selon Sara avec qui je me suis entretenue avant le spectacle. Nous revoilà plusieurs années plus tard avec les membres initiales qui recommencent à faire compositions et spectacles à mon grand plaisir. Car ce soir le trio démontre une belle chimie et un entraint à performer ensemble. Une rythmique endiablée d’une sonorité punk rapide à chaques chansons. La voix crépitante de Will Cameron nous ramène à cette vibration de pur punk de garage qui nous donne le goût de brasser la cage. Y a t’il un style autre que le punk où un feedback venant des ‘’amplis’’ et finissant la chanson fait partie du spectacle? En tout cas, c’est parfait et ça sonne vraiment comme j’ai
envi d’entendre, cette sensation de désordre impulsif. Drunk and Beat, Fashion Pigs, Drunken Salute et Get the Fuck Outta my Face seront des pièces qui entrent clairement dans mon répertoire de chanson à écouter encore très bientôt. Beau travail et bravo pour votre retour sur scène!

 

 

Les Tabarnaks

Samcore biogrow Gagnon: batterie
Samuel Gervais: basse
David Tabarnaks: voix
Ronnie-James Martin: guitariste et voix (back)

On m’avait promit une nouvelle attitude face à leur musique. Moins happy punk et festif, pour un remodelage de son et du vocal pour un résultat plus  percutant, plus dur. C’est effectivement ce que nos punks de la région de Québec nous ont servi. David Tabarnaks, au micro, nous démontre sa capacité à se démener et attirer notre attention. Il n’est clairement pas un poseur et surtout, nous amène dans une dynamique de frontman impliqué dans musique et dans son spectacle. Même si on ferait ‘’MUTE’’ sur sa prestation, de le voir dans toute sa férocité et sa gesticulation, ça nous laisserait le goût de le regarder…Il a le showbizz dans le sang. Avec des titres comme la Baston, Fourmis Ouvrières et Cerveau de Jello, on n’est clairement pas dans un livre de Molière, mais bien dans une littérature de rue, bien québécoise et qui ne fait pas de compromis. J’ai bien hâte d’entendre du nouveau matériel, car du même
coup cela voudrait dire que je vais les revoir sur scène!

 

 

A.S.K.

Pat Molotov – guitare et voix
Christian Jean – guitare et voix
Jayson Hébert – basse et voix
Danick Rivet – batterie

Maintenant, le clou de la soirée, venant directement de Montréal. Nous voilà avec les si attendus Anarcho-Socialist Kidz (ASK). On parle ici d’un groupe de musique skinhead et là oui je sais vous vous posez probablement plusieurs questions? Non on ne parle pas de mouvement néo-nasi, mais bien du mouvement ‘’working-class’’ britannique ayant eu ses débuts dans les années 60. Donc on parle plus d’un mouvement d’engagement social que de regroupement fachiste, je veux que ce soit clair à ce sujet. De ce fait, on s’attend à des textes engagés et contestataires. Que ce soit en anglais ou en français les ASK nous donnent une prestation très coordonnée, bien ficelée, avec un rythme rapide et qui va du ska au punk plus traditionnel (old school). Ils vont nous jouer la presque totalité de leur album Unis – United et dans la salle plusieurs membres des groupes précédents se joignent à l’assemblée pour animer la piste de danse. Pat Molotov aussi membre du groupe Molotov (Oi!) guide ses acolytes dans des mélodies sans freins devant nos assoiffés de ‘’brasse camarades’’ de la salle tout le long du spectacle. Belle prestation solide. Pleine de sourires en cette belle soirée où la coupe Mohawk fait parure de royauté! Ce fut un scénario parfait pour se replonger, se ressourcer dans cette vibration punk que j’aimais tant dans les années 80.

Le punk n’est pas mort c’est clair. Par contre, un sujet est revenu à plusieurs reprises lors de discussions avec certains membres de groupe et l’organisateur de l’événement Ben Ouellette sur leur entourage dans le milieu punk, que ce soit à Trois-Rivières, Montréal ou ailleurs au Québec. Ce n’est pas d’hier que la consommation de drogue dure y est associée. Mais les nouvelles substances sur le marché font un ravage jamais vu auparavant et cette communauté semble en souffrir de façon considérable. Certaines personnes attendues ce soir sont possiblement dans ce cas. En rien je ne veux être moralisateur, tout au contraire. En fait, je veux en profiter pour vous sensibiliser à cette situation. Entre autres ici au Parc Champlain, on y voyait plusieurs regroupements de ceux-ci…il y en a moins, non pas parce que ça va mieux: il n’y a rien de mieux dans l’isolement. Soyons juste plus vigilant et oui il y a des ressources. De plus, des spectacles comme ce soir doivent être un moment propice pour tous pour briser cet isolement et se sentir accepté, même si on se retrouve dans une passe où l’on se sent dépassé. Toujours préférable d’être tout croche en vie, que tout droit, mais mort. Prenez soin de vous!

-Christian Lamothe, Chroniqueur de l’Underground